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ŒUVRES
DE
HENRI POINCARÉ
PARIS. — IMPRIMERIE GAUTHIER-VILLA RS
Quai des Grands-Augustins, Si
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ŒUVRES ■^^-
HIC
HENRI POINCARÉ *^
PUBLIÉES
SOUS LES AUSPICES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
PAK
LA SECTION DE GÉOMÉTRIE
TOME VII
PUBLIÉ AVEC LA COLLABORATION
DE
JACQUES LÉVY
ASTRONOME A l'OBSERVATOIRE DB PARIS
PARIS
GAUTHIER-VILLARS, ÉDITEUR
LIBRAIRE DU BUREAU DES LONGITUDES, DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE
Quai des Grands-Augustins, 55
1952
Copyright by Gauthiei'-Villars, igSî.
Tous droils de Iradnclion, de reproduction et d'adaptation rcseivép pour tous pays.
MÉCANIQUE CÉLESTE
ET
ASTRONOMIE
AVANT-PROPOS
La quatrième Section des Œuvres de Henri Poincaré, qui comprend
les Tomes VII et VIII, groupe ceux des Mémoires qui traitent princi-
palement de Mécanique analytique, de Mécanique célesle et d'Astro-
nomie. Il est fait constamment appel dans ces Mémoires à des travaux
d'Algèbre et d'Analyse figurant dans les Sections précédentes, notam-
ment sur les courbes définies par les équations différentielles et sur les
séries trigonomélriques, qu'on trouvera dans les Tomes I et IV des
Œuvres. Inversement, le présent Tome contient, entre autres, les
théories des coefficients de stabilité, des formes de bifurcation, des
équations aux variations, des invariants intégraux, des propriétés des
solutions de l'équation de Mathieu. Le caractère d'unité qu'offre
l'œuvre de Henri Poincaré, qui se traduit par exemple par la résolution
d'un problème du Calcul des variations au moyen de considérations
empruntées à l'Électrostatique, ainsi qu'on le verra plus loin, rendait
impossible une nette délimitation des différentes Sections.
J. L.
ANALYSE
DE SES
TRAVAUX SCIENTIFIQUES
Faite Pau Henri POINCARÉ (').
Acta Matkcniatica, t. 38, p. lo^-n^ (1921J
MÉCANIQUE CÉLESTE.
XVII. — Généralités sur les équations de la Dynamique
et de la Mécanique céleste [164, 166, 183, 187, 278,280].
Les équations de la Dynamique présentent des propriétés remarquables qui
ont été mises en évidence par Jacobi dans ses Vorlesungen.
Quelles sont les conséquences plus ou moins immédiates de ces propriétés?
Quel parti peut-on en tirer pour la mise en équation des problèmes de Dyna-
mique et en particulier des problèmes de Mécanique céleste? Telle est la
première question dont je veux parler ici.
J'ai été amené à passer en revue les principales propriétés des équations
canoniques [183,278]. Les propriétés sont classiques; et je n'ai eu qu'à perfec-
tionner certains détails; en me servant surtout du caractère bien connu qui
(') On n'a reproduit ici que les extraits de celte Analyse qui concernent les matières traitées
dans le présent Volume. Les Mémoires figurent sous les numéros qu'ils portent dans la biblio-
graphie qui suit l'Analyse. (J. L.)
H. P. — VII. I
5 ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES.
permet de reconnaître si un cliangemenl de variables conserve la forme
canonique des équations.
Ce genre de transformations facilite la mise en équation du problème des
trois corps; c'est ce que j'ai montré [164, 187]. On sait que dans le procédé
classique on rapporte toutes les planètes à des axes mobiles passant par le Soleil
L'inconvénient est que la fonction perturbatrice n'est pas la même pour toutes
les planètes. Un autre procédé consiste à rapporter chaque planète au centre
de gravité du système formé par le Soleil et toutes les planètes inférieures à celle
(]ue l'on considère. L'inconvénient est évité, mais la fonction perturbalrice est
un peu plus compliquée. J'ai proposé un troisième procédé, dans lequel les
coordonnées de chaque planète sont rapportées au Soleil, et sa vitesse à des
axes fixes.
Malgré les travaux dont les équations canoniques ont été l'objet depuis
Jacobi, toutes leurs propriétés ne sont pas connues, ou plutôt on n'a pas insisté
sur toutes les formes que peuvent revêtir ces propriétés et qu'il peut être utile
de connaître. Si par exemple ou étudie les équations aux variations des équa-
tions de la Dynamique, c'est-à-dire les équations qui définissent une solution
infiniment peu différente d'une solution donnée, on rencontre des propositions
importantes sur lesquelles j'ai attiré l'attention [183, 278].
D'un autre côté, j'ai été amené à introduire une notion nouvelle, celle des
invariants intégraux [183, 280]. Ce sont certaines intégrales définies simples ou
multiples qui demeurent constantes, quand le champ d'intégration varie confor-
mément à une certaine loi définie par une équation différentielle. Si par
exemple on envisage les équations différentielles relatives au mouvement d'un
fluide incompressible, le volume est un invariant intégral.
Les équations canoniques de la Dynamique possèdent des invariants inté-
graux remarquables et l'existence de ces invariants jette une grande lumière sur
leurs propriétés.
Pour en finir avec ces généralités sur les équations de la Dynamique et le
problème des trois corps, je signalerai un dernier travail [lG(i]. On sait que
Bruns a démontré que le problème des trois corps ne saurait admettre d'autre
intégrale algébrique que les intégrales classiques. Malheureusement dans sa
démonstration subsistait une lacune grave et particulièrement délicate à
combler. J'ai été assez heureux pour mettre la belle et ingénieuse démonstration
de M. Bruns à l'abri de toute objection.
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES. 3
XVIII. — Problème des trois corps ; propriétés qualitatives
[38, 92, 163, 167, 183. 204, 278, 280].
Ce qui va suivre est le développement naturel des méthodes dont il a été
question plus haut au paragraphe V et leur application à la Mécanique céleste.
J'ai montré de diverses manières [183, 278] qu'en dehors des intégrales
classiques le problème des trois corps n'admet pas d'intégrale analytique et
uniforme, et il en résulterait que la plupart des séries proposées jusqu'ici pour
l'intégration de ce problème, de même que celles dont il sera question dans le
paragraphe suivant ne sont pas convergentes et ne peuvent être utilisées que
dans un calcul approché.
D'après ce qui précède, il semble qu'il soit impossible en général d'exprimer
les dislances mutuelles des astres par des séries purement trigonomélriques
convergentes. Mais il est des cas particuliers où les séries aux(|uelles on est
conduit ne contiennent qu'un seul argument et où leur convergence est évi-
dente. En effet, j'ai démontré [38, 92] (jue, dans le problème des trois corps,
on peut choisir les éléments initiaux du mouvement de telle façon que les
distances mutuelles des trois niasses soient des fonctions périodiques du temps.
On est ainsi amené à une solution particulière du problème, que l'on peut
appeler périodique.
Ces solutions périodiques sont de trois sortes : dans les unes, les inclinaisons
sont nulles et les excentricités très petites; dans d'autres, les inclinaisons sont
nulles et les excentricités finies; dans d'autres, enfin, les inclinaisons sont finies
et les excentricités très petites.
Je suis revenu [183, 278] sur ces solutions périodiques et je les ai étudiées
en détail. Les procédés dont je me suis servi pour démontrer leur existence
sont très simples et se ramènent au calcul des limites.
Mais on peut arriver à cette démonstration par une voie toute différente,
qu'il pourra être souvent utile d'adopter, mais dont je n'ai pas encore tiré tout
le parti possible. Supposons par exemple que l'on recherche les géodésiques
d'une surface indéfinie présentant la même forme générale cju'un hjperboloïde
à une nappe. On sera certain alors qu'il doit y avoir une géodésique fermée
(correspondant à une solution périodique) parce que, parmi toutes les courbes
fermées que l'on peut tracer sur la surface et (pii en font le tour, il doit y en
avoir une qui est plus courte que toutes les autres.
4 ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES.
Los mômes principes sont susceptibles d'êlre appliqués à divers problèmes
de Mécanique, grâce au principe de moindre action que l'on peut employer soit
sous la fornif que lui a donnée Hamllton, soit sous celle que lui a donnée
Mauperluis. Je n'ai fait qu'esquisser celle méthode dont il y a sans doute
encore beaucoup à tirer.
Outre les solutions périodiques, les équations du problème des trois corps
admettent aussi d'autres solutions remarquables que j'appelle asympto-
tiques [ 183, 278]. Ce qui caractérise ces solutions c'est qu'elles se rapprochent
indéfiniment d'une sûluliou périodique, ou bien qu'elles s'éloignent sans cesse
d'une solution périodique dont elles sont infiniment rapprochées pour < =^ — oo.
D'autres solutions remarquables sont plus difficiles encore à apercevoir [280].
Je citerai d'abord les solutions périodiques de deuxième espèce, caractérisées
par ce fait que deux des corps se rapprochent périodiquement de façon à
presque se choquer.
Nous avons encore les solutions périodiques de deuxième genre; si l'on fait
varier d'une manière continue un des paramètres dont dépend le problème, par
exemple l'une des masses, on voit une solution périodique du premier genre se
déformer d'une façon continue, sa période restant égale à T. A un certain
moment, cette solution se dédouble pour ainsi dire, ou plutôt se détriple, je
veux dire qu'à un certain moment on a trois solutions périodiques très peu
différentes; l'une d'elles a encore pour période T, les deux autres ont pour
période un multiple de T. Ce sont les solutions périodiques du deuxième genre.
Je parlerai enfin des solutions doublement asymptotiques. Pour <= — oo ,
elles sont infiniment voisines d'une solution périodique, puis elles s'en éloignent
beaucoup, ensuite elles s'en rapprochent de nouveau, de telle sorte que pour
i =+ 00, elles en sont encore infiniment voisines.
Pour étudier les propriétés et les rapports de ces différentes solutions, je me
suis servi des invariants intégraux. Ces rapports sont très compliqués, de sorte
que celte étude est éminemment propre à mettre en évidence la difficulté du
problème des trois corps.
Je n'ai pu résoudre rigoureusement et complètement le problème de la stabi-
lité du système solaire, en entendant ce mot dans un sens strictement mathé-
matique. L'emploi des invariants intégraux m'a cependant permis [183, 280]
d'atteindre certains résultats partiels, s'appliquant surtout au problème dit
restreint, où les deux corps principaux circulent dans des orbites sans excen-
tricité, pendant que le corps troublé a une masse négligeable. Dans ce cas, si
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES. 5
on laisse de côté certaines trajectoires exceptionnelles, dont la réalisation est
infiniment peu probable, on peut démontrer que le système repassera une
infinité de fois aussi près que l'on voudra de sa situation initiale. C'est ce que
j'ai appelé la stabilité à la Poisson.
XIX. — Problème des trois corps ; développements approchés
et applications [47, '.l7, 115, 133, 119, 15S, 159, 1«, 208, 210, 214,
215,216,279].
Tous les théorèmes dont il a été question dans le paragraphe précédent ont
un caractère commun, ils sont rigoureus. Ceux dont je vais parler maintenant
ne seront en général qu'approchés et auront par conséquent avant tout un
intérêt pratique. Ce sont cependant les seuls dont les astronomes fassent et
puissent faire elTeclivement usage.
Dans quelles conditions ces séries divergentes peuvent-elles cire utilisées
avec succès ? C'est ce que j'ai cherché à éclaircir ([279], Chapitre intitulé Calcul
formel). J'ai montré dans quelles limites cet emploi est légitime, comme l'est,
pour citer un exemple célèbre, celui de la série de Stirling, et j'ai fait voir que
les règles du calcul de ces séries sont les mêmes que celles de séries ordinaires.
J'ai justifié ainsi l'emploi que font les astronomes de ce genre de développe-
ments; et en particulier des développemenis trigonoméiriques. J'ai cherché en
outre à perfectionner les méthodes qui permettent de les former.
Rappelons en quelques mois comment le problème se pose.
On ne peut résoudre le problème des n corps que par approximations succes-
sives, et la première idée qui s'est présentée a consisté à développer les coor-
données des astres en séries ordonnées suivant les puissances des masses. C'est
sur cette idée qu'est fondée toute la Mécanique céleste ancienne. Mais quels que
soient les services qu'aient rendus autrefois ces anciens procédés et qu'ils soient
capables de rendre encore, on n'a pas lardé à s'apercevoir de leur insuffisance
et de leur impuissance à donner une approximation indéfinie. Dans les dévelop-
pements auxquels ils conduisent, on voit en efl'et le temps entrer non seulement
sous les signes sinus et cosinus, mais en dehors de tout signe trigonométrique.
Ce fait suffit pour démontrer que le champ où les anciennes mélhodes
conservent leur efficacité, quelque étendu qu'il puisse être, est certainement
limité.
C'est ce qui explique les efforts qu'ont faits les géomètres pour remplacer
6 ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES.
les séries anciennes par des développemenls purenienl Irigonométriques. Dans
ces derniers temps, ou a proposé deux méthodes remarquables qui paraissent
atteindre complètement ce but. La première esi celle de M. Gjldén, qui est
fondée sur l'emploi des fondions elliptiques; la seconde est celle de
M. Lindsledt, dont je me suis surtout occupé.
Dans celle dernière méthode, un artifice ingénieux permet à chaque approxi-
mation de faire disparaître les termes séculaires qui peuvent s'être introduits.
Il est aisé de voir que cet artifice réussira toujours s'il n'y a qu'un lei'me à faire
disparaître; mais il n'en serait plus de même s'il s'était introduit à la fois deux
termes séculaires. Il est facile de vérifier d'ailleurs que, dans les premières
approximations, on n'a à se débarrasser que d'un seul terme; mais on peut se
demander s'il doit en être toujours ainsi. Un examen superficiel pourrait faire
croire le contraire, et même M. Lindsledt était disposé à penser que sa méthode
ne réussirait que s'il n'v avait entre les arguments aucune relation linéaire.
Je suis parvenu à démontrer que le terme séculaire qui peut apparaître à
chaque approximation est toujours unique et que, par conséquent, la méthode
de M. Lindsledt est toujours applicable [07]. Pour cela, j'ai eu recours à un
théorème qui semblait ne se rapporter eu aucune façon à la question, c'est-
à-dire au théorème de Green.
J'aurais pu également, comme je l'ai fait ensuite [llo, 133], employer les
invariants intégraux ou bien me servir des théorèmes de Jacobi sur les équations
de la Dynamique.
La méthode de M. Newcomb est fondée sur les mêmes principes; mais elle
s'applique plus naturellement aux cas les plus généraux du problème des trois
corps. J'y ai apporté de notables perfectionnements [183, 279, 208]. La même
question se posait que pour la méthode de M. Lindstedl. On pouvait disposer
de certaines arbitraires pour faire disparaître les termes séculaires; mais il y
avait deux fois plus de termes à faire disparaître que d'arbitraires. Heureusement
chaque fois que Ton fait disparaître l'un de ces termes, un autre disparaît spon-
tanément. Je me suis servi de la méthode de Jacobi [279] pour démontrer celte
disparition spontanée et la possibilité du développement. Une fois celle possi-
bilité établie, j'ai donné ([279], Chapitre XIV) le moyen de former effective-
ment et directement les séries.
Il y avait là toutefois un grave inconvénient, puisqu'il fallait dans deux
analvses entièrement séparées démontrer la possibilité du développement et en
calculer les coefficients. Ayant remarqué qu'une certaine expression devait être
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES. 7
difféienlielle exacte, j'en ai profité pour modifier la mélhode ([279], Chap. XV).
Gerlaines intégralions peuvent être évitées et remplacées par des diflerenliations
ou des opérations algébriques; il en résulte d'abord que la possibilité du déve-
loppement devient presque évidente. De plus les calculs sont simplifiés. La
partie la plus pénible du calcul, bien qu'elle ne présente aucune difficulté théo-
rique, est en effet la substitution des valeurs approchées des variables dans
les deux membres des équations difi'érentielles. La mélhode nouvelle permet de
diminuer de près de moitié le nombre de ces substitutions.
Mais on peut aller plus loin encore dans celte voie. C'est ce que j'ai montré
plus tard [208J. Je me suis servi d'une expression différentielle exacte analogue
à celle dont je viens de parler et j'ai pu diminuer encore le nombre des substi-
tutions et des intégrations. On remarquera que le théorème de Poisson (inva-
riabilité des grands axes en tenant compte du carré des masses) devient
presque intuitif.
Tous ces procédés se trouvent en défaut quand les moyens mouvements sont
près d'être commensurables. 11 faut alors employer une méthode dérivée de celle
do Delaunay. Dans l'invention première de celle méthode, j'ai été devancé de
quelques jours par M. Bohlin, mais j'y ai apporté divers perfectionnements on
me servant toujours des mêmes principes. Je me bornerai à dire que cette
mélhode permet de discuter les cas singuliers dits « de libration » où il y a
commensurabilité exacte entre certains mouvements moyens.
Quelle relation y a-t-il entre toutes ces méthodes et avec les anciens procédés?
Telle est la question que je me suis posée [210], et j'ai montré qu'on pouvait
envisager certaines séries qui embrassent pour ainsi dire toutes ces méthodes.
En groupant les termes d'une certaine manière, on retombera sur les anciennes
méthodes. Avec d'autres modes de groupement, on tombera sur la méthode de
Newcomb, ou bien encore sur celle de Bohlin.
Tous ces procédés s'appliquent naturellement à la Lune. Dans la théorie
de cet aslre, ils sont même plus nécessaires que partout ailleurs. C'est dans les
théories lunaires les plus récentes, comme celles de Hill et de Brown, que l'on
voit le mieux l'importance des solutions périodiques dont j'ai parlé plus haut.
J'ai donné [214] une mélhode pour déterminer le mouvement du périgée de la
Lune qui diffère de celle de Hill. Mais j'attirerai plutôt l'attention sur un
autre Mémoire [216] où j'applique à notre satellite les procédés du
Mémoire [208]. Ces procédés seraient surtout utiles pour obtenir un dévelop-
8 ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES.
pement purement littéral des coordonnées de la Lune. J'ai signalé eu passant
diverses circonstances curieuses et presque paradoxales.
Toutes les séries tlont je viens de parler ne peuvent être employées qu'au
point de vue du calcul formel et par conséquent du calcul approché. J'ai
insisté à diverses reprises sur ce point important [ 183, 278, 279, 158, 159].
Toutes ces méthodes si diverses peuvent être employées pour se servir
mutuellement de vérification, sans trop de calculs supplémentaires. Je citerai
surtout un procédé de vérification fondé sur l'emploi des invariants inté-
graux [l-i9).
XXI. — Équilibre d'un flmde en rotation et figure des planètes
[54, 56,63, 72,91, ',i5, 96, 108, 111, 203,212].
Je me suis occupé également d'une autre question de Mécanique céleste que
l'on peut énoncer ainsi :
Une masse fluide homogène ou hétérogène est animée d'un mouvement de
rotation autour d'un certain axe. De plus, ses molécules s'attirent d'après la
loi de Newton. Quelles sont les formes d'équilibre qu'elle peut affecter?
C'est là un problème qui a beaucoup occupé les géomètres depuis plus d'un
siècle et demi, et dont l'importance se comprend sans peine.
Dans le cas de l'homogénéité, auquel nous nous restreindrons, deux solutions
étaient depuis longtemps connues : l'ellipsoïde de révolution et l'ellipsoïde à
trois axes inégaux de Jacobi. Mais les conditions de stabilité de l'équilibre
n'avaient pas été étudiées.
On ignorait s'il y avait d'autres formes possibles quand M. Mathiessen et,
après lui. Sir W. Thomson, annoncèrent l'existence de figures annulaires d'équi-
libre. Mais la démonstration donnée par ces deux savants n'était pas parfaite-
ment rigoureuse; d'ailleurs, M. Mathiessen supposait a priori que la section
différait très peu d'une ellipse. J'ai montré [63] que cette hypothèse, légitime
quand la section de l'anneau est très petite, est erronée dans le cas général, ce
qui rend très douteuse l'existence de certains anneaux très aplatis que le savant
de Rostock avait appelés anneaux p.
J'ai donc cru nécessaire de faire une étude plus approfondie de ces figures
[S4, 94, 95]. J'ai mis à l'abri de toute objection la démonstration de leur
existence et montré comment on peut en déterminer les principaux éléments
avec une approximation indéfinie.
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES. 9
Pour la détermination de ces cléments, j'ai fait usage d'une méthode que
M"° Kowalevski avait déjà employée dans son Mémoire sur l'anneau de Saturne
et qui est fondée sur le développement des périodes d'une fonction elliptique
en séries ordonnées suivant les puissances croissantes du module.
Il convient d'observer que ces anneaux sont des figures d'équilibre instable.
Dans un Mémoire plus étendu [72], j'ai repris la même question, en déve-
loppant les résultats obtenus dans deux Notes antérieures [56]. Une première
difficulté se présentait sur ma roule. Quand il s'agit d'intégrer de simples équa-
tions difTérenlielles, la méthode des approximations successives est parfaitement
justifiée, parce que l'existence de l'intégrale a été tout d'abord rigourement
démontrée. Il n'en est plus de même dans le problème actuel qui est beaucoup
plus compliqué; il peut rester au sujet de la légitimité de celte méthode
quelques doutes qu'il s'agissait d'abord de dissiper. Pour démontrer rigoureu-
sement l'existence des diverses solutions du problème, j'ai employé un procédé
tout à fait analogue à celui dont j'avais fait usage dans mes recherches sur les
solutions périodiques du problème des trois corps et où je prends pour point
de départ un théorème de M. Kronecker.
On reconnaît d'abord que les diverses figures d'équilibre d'une masse fluide
forment des séries linéaires; dans une même série, ces figures dépendent d'un
paramètre variable. Telles sont la série des ellipsoïdes de révolution et celle des
ellipsoïdes de Jacobi. Mais il peut arriver qu'une même figure appartienne à la
fois à deux séries différentes. C'est alors une C\^\ire à^ équilibre de bifurcation.
A chaque figure est attachée une suite infinie de coefficients, que j'appelle
coefficients de stabilité, parce que la condition de la stabilité est qu'ils
soient tous positifs. Quand un de ces coefficients s'annule, c'est que la figure
correspondante est de bifurcation.
Ainsi, si en suivant une série de figures d'équilibre on voit s'annuler un des
coefficients de stabilité, on saura qu'il existe une autre série de formes d'équi-
libre à laquelle appartient la figure de bifurcation.
Un autre résultat, c'est que les deux séries linéaires dont celte ligure fait
partie échangent leur stabilité. Si, en suivant l'une des séries, on ne rencontre
que des équilibres stables jusqu'à la figure de bifurcation, on n'y trouvera
plus ensuite que des figures instables. Les figures stables appartiendront à
l'autre série.
Ces principes, appliqués à divers problèmes déjà traités par Laplace, m'ont
permis d'en compléter la solution.
H. P. — vit. 2
10 ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES.
Poiii- li'oiivor li's fornii's d'cHiuilibre d'une masse tluide on rotation qui
diffèrent peu d'un ellipsoïde, il faul rechercher si, parmi les ellipsoïdes de
révolulioa et ceux de Jacobi, il y a des (igurcs de bifurcation. Pour cela il faut
calculer les coeflicients de stabilité de ces ellipsoïdes. On trouve que ces coefli-
cients dépendent des fonctions de l^amé.
J'ai donc dû faire de ces fonctions une étude approfondie. J'ai démontré
d'une manière nouvelle que ces poljnomes ont toutes leurs racines réelles et
j'ai étudié la manière dont ces racines se répartissent.
En égalant à zéro les divers coeflicients do stabilité, on obtient des équations
qui sont transcendantes, mais qui peuvent néanmoins se discuter d'une manière
complète. Cette discussion montre que, parmi les ellipsoïdes de révolution,
comme parmi les ellipsoïdes de Jacobi, il j a une inimité de figures de
bifurcation.
Il résulte de là qu'il y a d'antres formes d'équilibre que les ellipsoïdes et les
anneaux. Ces figures nouvelles sont en nombre infini; elles sont convexes et ont
toutes un plan de symétrie. Quel([ues-unes n'en ont qu'un; d'autres sont de
révolution; d'autres enfin ont plusieurs plans de symétrie passant par l'axe.
Il restait à étudier les conditions de stabilité de l'équilibre. J'ai distingué, à
l'exemple de Sir W. Thomson, la stabilité séculaire, qui subsiste lorsqu'on
tient compte de la viscosité, el la stabilité ordinaire, qui n'a lieu que lorsqu'on
néglige celle résistance. En ce qui concerne la première de ces stabilités, j'ai
montré qu'elle appartient aux ellipsoïdes de révolution, moins aplatis que celui
qui est en même temps un ellipsoïde de Jacobi, et que les ellipsoïdes de Jacobi,
qui satisfont à une certaine condition, en jouissent également. Les autres ellip-
soïdes sont instables et il en est de même des figures annulaires. Quant aux
autres figures nouvelles que j'ai découvertes, elles sont toutes instables, à
l'exception d'une d'entre elles qui est pour ainsi dire pirifcirme.
J'ai donné aussi une méthode pour déterminer les conditions de la stabilité
ordinaire, mais je n'en ai fait qu'une application partielle qui permet, toutefois,
de reconnaître que cette stabilité peut subsister quand la stabilité séculaire
a cessé.
.le ne puis d'ailleurs mieux résumer tous ces résultats qu'en faisant l'hypo-
ihèse suivante :
Imaginons une masse fluide se contractant par refroidissement, mais assez
lentement pour rester homogène et pour que la rotation soit la même dans
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES. 1 I
loules ses parties. D'abord 1res voisine d'une sphère, la figure de celle masse
deviendra un ellipsoïde de révolution ([ui s'aplatira de plus en plus; puis, à un
cerlaiu moment, se transformera en un ellipsoïde à trois axes inégaux. Phis
tard, la figure cessera d'élre ellipsoïdale et deviendra piriforme, jusqu'à ce
qu'enfin In masse, se creusant do plus en j)lus dans sa partie médiane, se scinde
eu deux corps distincts et inégaux.
L'hypothèse qui précède ne peut certainement s'appli(juer au système
solaire. Quelques aslronomcs ont pensé qu'elle pourrait être vraie pour
certaines étoiles doubles, et que des étoiles doubles du type de (3 de la Lyre
présenteraient des formes de transition analogues à celles dont nous venons de
parler.
Dans un de ces Mémoires [9i]i j ai montré qu'aucune forme d'équilibre
stable n'est possible si la vitesse de rotation dépasse une certaine limite.
On peut faire de ce principe une application aux anneaux de Saturne.
Clerk Maxwell a démontré que ces anneaux ne peuvent être solides et que, s'ils
sont fluides, leur densisé ne peut dépasser les 3/ioo de celle de la planète.
D'autre part [96], je démontre que, si les anneaux sont fluides, ils ne peuvent
être stables que si leur densité est supérieure au 1/16 de celle de Saturne.
L'analyse semble donc confirmer l'hypothèse de M. Trouvelot, qui considère
les anneaux comme formés d'une multitude de satellites extrêmement petits et
ne croit pas pouvoir expliquer autrement certaines apparences observées.
J'ai donné [108] une démonstration plus simple d'un théorème de
M. LiapounofT, en vertu duquel la sphère correspond au maximum de la
fonction potentielle, et je suis encore revenu à diverses reprises sur des ques-
tions analogues [111, 212] en donnant quelques égalités et inégalités curieuses.
M. Radau avait remarqué qu'aucune hypothèse ne peut rendre compte à
la fois de l'aplatissement adopté et la valeur observée de la précession. Dans
deux articles consacres à la figure de la Terre [203], j'ai confirmé la conclusion
de M. Radau.
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES.
BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX DE MÉCANIQUE CÉLESTE
RELATIVK A
L'ANALYSE DE SES TRAVAUX I>ab Hiînri l'OlNCARÉ.
XVII. — Généralités sur les équations de la Dynamique
ET DE LA mécanique CÉLESTE.
fl64] Sur une forme nmn'elle des équations du problème des trois corps (C R.
Acad. Se, t. I"2;?, 1896, p. i()3i-lo35).
[16GJ Sur la méthode de Bruns (Ibid., t. 123, 1896, p. 1224-1228).
[183] Sur les problèmes des trois corps et les équatious de la Dynamique {Acta
Math., t. 13, 1890, p. 1-270).
[ 187] Sur une forme nouvelle des équations du problème des trois corps {Bull, astron.,
t. 1-4, 1897, p. 53-67).
[278, 280] Les méthodes nouvelles de la Mécanique céleste, t. I (1892) et t. III (1899),
Paris.
XVIII. — Problème des trois corps; propriétés qualitatives.
[38] .Sur certaines solutions particulières du problème des trois c>rps (C, R. Acad.
Se, t. 97, i883, p. 251-252).
[92] Sur certaines solutions particulières du problème des trois corps {Bull, astron.,
t. I, iS8j, p. G5-74)-
[1C3] .Sur les solutions périodiques et le principe de moindre action {C . R. Acad. Se,
t. 123, 189(5, p. 915-918).
[167] Les solutions périodiques et le principe de moindre action {Ibid., t. 124, 1897,
p. 713-716).
[1*3] Cf. supra.
[204] Sur le problème des trois corps {Bull, astr., t. S, 1891, p. 12-24)-
[278, 280] Cf. supra.
XIX. — Problème des trois corps; développements approchés et applications.
[47] .Sur une équation différentielle {C. R. Acad. Se, t. 98, 1884, p. 793-795).
[97] Sur une méthode de M. Lindstedt {Bull, astron., t. 3, 1886, p. 57-61).
[11b] Sur les séries de M. Lindstedt {C. R. Acad. Se, t. 108, 1889, p. 21-24).
[133] Sur l'application de la méthode de M. Lindstedt au problème des trois corps
{Ibid., t. 114, 1892, p. i3o5-i3o9).
[149] Sur un procédé rie vérification, applicable au calcul des séries de la Mécanique
céleste (Ibid., l. 120, 189J, p. 57-59).
[138] Sur la divergence des séries de la Mécanique céleste {Ibid., t. 122, 1896,
P- 497-499)-
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES. l3
[159] Sur la divergence des séries trigonométrîques {Ibid., t. Mi, 1896, p. 557-559).
[183] Cf. supra.
[208] Sur IHntégration des équations du problème des trois corps {Bull, asiron.,
t. 14, 1897, p. 241-270).
[210] Sur la façon de grouper les termes des séries trigonométriques qu'on rencontre
en Mécanique céleste {Ibid., t. 13, 1898, p. 289-810).
[214] Sur le mouvement du périgée de la Lune {Bull, astron., t. 17, 1940, p. 87-104).
I 213] Sur le déterminant de Hill {Ibid., t. 17, 1900, p. i34-i4-^)-
[2IG] Sur les équations du mouvement de la Lune {Ibid., t. 17, 1900, p. 167-204).
|279] Les Méthodes Nouvelles de la Mécanique céleste, t. II, Paris, i8g3.
XXI. — EoUILIDRE d'un FLIIDE EN ROTATION ET FIGURES DES PLANÈTES.
[3i] Sur Véquilibre d'une masse Jluide animée d'un mouvement de rotation (C.B.
Acad. Se, t. 100, i8S5, p. 346-348).
[SG] Id., (Ibid., t. 100, iS8J, p. 10G8-1070 et t. 101, i885, p. 307-809).
[63] Sur l'équilibre d'une masse Jluide en rotation {Ibid-, t. 102, 1886, p. 970-972).
[72] Sur Véquilibre d'une masse Jluide animée d'un mjuvement de rotation
{Acta Math., l. 7, i885, p. 269-380).
[94] ]d.,(Bull. astron., l, 2, i885, p. 109-118).
[95] Id., (Ibid., t. 2, i885, p. 4o5-4i3).
[9G] Note sur la stabilité de l'anneau de Saturne (Ibid., t. 11, i885, p. 5o7-5o8).
[108 j Sur un théorème de M. LiapiunoJJ', relatif à l'équilibre d'une masse Jluide
{C. B. Acad. Se, t. 104, 1887, p. 622-625).
[III] Sur l'équilibre d'une masse hétérogène en rotation {Ibid., t. lOG, 188G,
p. 1571-1574).
[203] Sur la figure de la Terre (Bull, astron., t. 6, 1889, p. 5-ii et 49-Go).
[212] Sur l'équilibre d'un Jluide en rotation {Ibid., t. 16, 1899, p. 161-1G9).
Le présent Volunie contient tous les Mémoires mentionnés ici, ;i l'exception de
ceux portant les n"" 96, 203, 2I'4., 21."), 216, qu'on trouvera dans le Tome VIII des
Œuvres. Il contient aussi ceux que II. Poincaré a publiés depuis 1901, époque à
laquelle remonte son Analyse. L'ordre que nous avons adopté pour la publication
est très sensiblement celui que E. Lebon a fixé dans la bibliographie se trouvant
dans son Volume : Savan/s du jour : Henri Poincaré, 2'' édition, Paris, 1912;
toutefois, les Mémoires qui figurent à cette bibliographie dans la Section Séries
de la division Mécanique céleste sous les n"'* 10, 13, 11, 12 ont paru antérieure-
ment dans les OEuvres : les deux premiers dans le Tome I, pages 162 et i64, les
deux autres dans le Tome IV. Ils n'ont pas été reproduits, pages 585 et 588. (J. L. )
SUR
L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE
AiM3IÉE D'UN MOUVEMENT DE ROTATION
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 100, p. 346-3^8 (9 février i885).
Dans la deuxième édition de leur Traité de Philosophie naturelle,
MM. Tail ol Thomson énoncent sans démonstration le résultat suivant, au
sujet de la figure d'équilibre d'une masse (luide homogène, dont toutes les
molécules s'attirent suivant la lf)i nevvtonienne et qui est animée d'un mouve-
ment de rotation autour d'un axe. Outre les figures ellipsoïdales bien connues,
il j a, d'après les géomètres anglais, une autre forme d'équilibre, qui consiste
en une surface annulaire de révolution analogue à un tore.
.Fe suis parvenu à retrouver la démonstration du résultat de MM. Tait et
Thomson en m'appujanl sur le principe suivant, qu'il est aisé d'établir
rigoureusement :
Si un système quelconque, on équilibre stable sous l'action de certaines
forces, vient à être soumis à des forces perturbatrices infiniment petites, il y
aura, pour ce nouvel état de forces, une nouvelle position d'équilibre stable
infiniment voisine de la première.
.J'ai cherché ensuite à déterminer les principaux éléments de la surface
annulaire d'équilibre. A cet effet, j'ai choisi les unités de masse et de temps de
telle façon que la densité de notre masse fluide soit égale à i et que l'unité de
force soit l'allraclion nevvtonienne de deux unités de niasse à l'unité de
dislance. C'est ce qui est le plus convenable dans une étude théorique.
J'appelle Ii la distance du centre de gravité de la section méridienne à l'axe
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. i5
de révolution. La section méridienne admet un axe de symétrie qui est la
perpendiculaire abaissée de son centre de gravité sur l'axe de révolution.
J'écrirai l'équation de cette section méridienne, en prenant pour pôle le centre
de gravite, et pour axe polaire l'axe de symétrie. L'équation s'écrira alors
p = r -H fi cos 2 o -I- Y cos 3 9 -i- . . . ,
r, 6 et y étant des constantes telles que les rapports i, , !^, -^, ... soient
très petits.
Cela posé, j'ai négligé d'abord (3, y, ... de façon que la surface se réduise à
un tore de rayons R et /•, et j'ai cherché à exprimer le potentiel V en un point
quelconque de la surface du tore. J'y suis arrivé à l'aide des séries qui donnent
les périodes K cl K.' d'une fonction elli[)tique, développées selon les puissances
de A"- et de logA". < )n trouve que \^, qui ne dépend évidemment que de l'angle 9,
r R
peut se développer suivant les puissances de ;•, de jj > de log - et de cos(p. Les
coefficients de cette série s'expriment par des intégrales définies.
Si l'on tient compte des quantités appelées plus haut j3, v, ..., on devra
ajouter à V certains termes correctifs. Il faudra enfin disposer de la vitesse
angulaire w et des coefficients 3 et y, de façon que l'expression
. V H ( R -I- s cos i )'-
soit indépendante de 9. (3n trouve ainsi (')
'"-=2 R-^r^--^)
en négligeant des termes de l'ordre de ,tt, log .
On obtient de même
6 H , 8 R ,, r^
■^=T6R^'"S^^'^R^'
K étant une constante numérique qui s'exprime par une intégrale définie.
Les autres coefficients y, 5, . . . sont infiniment petits par rapport à p, de
sorte que la section méridienne peut être assimilée à une ellipse dont l'aplatis-
•. 5w-
sement serait — — .
4;i
(') Cette formule et les suivantes ont été légèrement modillées par H. F'oincaré. lo/r ci-après,
p. 23, et aux Notes, Figures annulaires. (J. L.)
i6 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
Le moment de la qunnlilé de mouvement est appioxiinalivement
2 T.'- ,-■' IV J\ log ^^ = M r R J\ log ^ ,
M désignant la masse du fluide.
La même méthode pourrait s'appliquer à une autre solution du même
problème, énoncée également sans démonstration par MM. Tait et Thomson et
où la masse fluide se répartit en plusieurs anneaux concentriques.
Je n'ai pu encore approfondir la question de la stabilité de ces masses
annulaires. J'ai fait seulement, en passant, une remarque que je crois nouvelle.
Si la vitesse angulaire rsi est supérieure à y/27: (avec les unités adoptées), il
n'y a plus pour la masse fluide aucune lîgure d'équilibre stable possible.
SUR
L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE ELUIDE
ANIMÉE D'UN MOUVEMENT DE ROTATION ^
Bullclhi rixlioiiomiquc. 1. ',', p. 109-1 in (mars i885j.
On s'est préoccupé depuis loagtemps de déterminer ies figures d'équilibre
d'une masse fluide homogène donl toutes les molécules s'allirenl d'après la loi
newtonienne et qui est animée d'un mouvement de rotation autour d'un axe.
On est même arrivé assez promplement à deux solutions du problème, les
ellipsoïdes de révolution et les ellipsoïdes de Jacobi; mais on ignorait jusqu'à
ces derniers temps s'il existait d'autres figures d'équilibre possible. Dans la
dernière édition de leur Traité de Philosophie naturelle (1''' vol.. Il" Part.,
p. 332), MM. Tait et Thomson ont énoncé sans démonstration un certain
nombre de résultats fort intéressants. Ils annoncent, par exemple, trois classes
nouvelles de figures d'équilibre, à savoir :
1" Un système de deux ou plusieurs masses sphéroïdales, animé d'un mou-
vement de rotation commun autour d'un certain axe dans l'espace.
a° Une surface annulaire de révolution, analogue à un tore.
(') Je viens de recevoir coinmu:ucation d'un Mémoire de M'"» de Ko\v.Tlewski dont je n'aviiis
pas connaissance au moment où j'ai rédigé le présent travail. Ce Mémoire, intitulé Zusdtze und
Bemerkungen zu Laplace's Untcrsuchung iiber die Gestalt der Saturnsringe, a été écrit en
i8-| et envoyé à cette époque à l'Université de Goltingeu; mais il vient seulement d'être
imprimé dans le n° ÎGiS des Astronomis'he Nachrichten. Bien que le problème traité par la
savante mathématicienne ne soit pas tout à fait le même que celui dont je me suis occupé, son
analyse se rapproche beaucoup de la mienne et je n'ai ,ijouté que peu de chose aux résultats
qu'on pourrait facileinenl déduire de son Mémoire.
II. P. - VU. 3
i8 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
y Un sysléme de plusieurs anneaux concenlriques, animés d'une même
vitesse de rotation autour de leur axe commun.
.le n"ai rien à ajouter sur la première solution, qui est celle à laquelle on est
conduit en envisageant le système d'une planète et d'un satellite dont l'excen-
Iricité serait nulle et dont les deux vitesses de rotation seraient égales entre
elles et à celle de révolution; ou bien encore le système de plusieurs masses se
mouvant en restant en ligne droite, conformément au principe du Chapitre VI
du livre X de la Mécanique céleste de Laplace.
Mais je crois utile de revenir sur la deuxième solution, en donnant une
démonstration du résultat de MM. Tait et Thomson et en cherchant à déter-
miner approximativement les principaux éléments de la figure annulaire
d'équilibre.
Dans des questions de cette nature, on ne peut compter sur les méthodes
d'approximation successive pour démontrer rigoureusement la possibilité
d'une solution. Il faut au contraire faire usage de considérations de continuité,
ainsi que je l'ai fait dans ma Note sur certaines intégrales particulières du
problème des trois corps (' ). L'existence de la solution une fois rigoureusement
établie, on se sert ensuite des méthodes habituelles pour la calculer approxi-
mativement.
.le choisirai les trois unités fondamentales de longueur, de temps et de
massse de telle façon que la densité de la masse fluide que je considère soit
égale à i et que l'unité de force soit l'attraction newlonienne de deux unités
de masses à l'unité de dislance. J'envisagerai une figure annulaire de révolution
très peu dillérenle d'un tore. J'appellerai Pi la distance du centre de gravité de
la section méridienne à l'axe de révolution. Je supposerai de plus que la
perpendiculaire abaissée sur l'axe de révolution de ce centre de gravité soit un
axe de symétrie de cette section méridienne.
Il reste à écrire l'équation de la section méridienne. Pour cela je prendrai
pour pôle le centre de gravité et pour axe polaire l'axe de symétrie de celte
section, et j'aurai pour celle équation, en appelant p et cp les coordonnées
polaires, (^)
P z= r -i- 'iii COS 2 tp -H [i3 COS 3 9 -<-... -I- pn cos /l Ç -J- . . .
(') Œuvres de H. Poincaré, ce Tome, p. 35.?.
f) Voir aux Notes, Figures nnnu/aires.
SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation. ig
Je supposerai que les rapports ^ > ^' sont très pelils, ainsi que la vitesse
angulaire de rotation '>k
J'envisagerai le potentiel V et l'énergie potentielle W :
r<lin rdmdm
dm ei dm' désignant deux éléments de masse de notre lluide, A étant la distance
de l'élément dm au point P dont les coordonnées sont a-, y et z, et o étant la
distance des deux éléments dm et dm'. Le potentiel V est une fonction de x, r
et ;, tandis que W est une constante qui ne dépend que de la forme de la
surface.
Pour que la surface soit une iigure d'équilibre, il suffit que l'expression
2
où I est le moment d'inertie de la surface par rapport à son axe de révolution,
voie s'annuler toutes ses dérivées premières par rapport à Pi et aux |'b.
Etudions donc les variations de cette expression quand on fait varier o), ;•. R,
et les |3„, et montrons que ces dérivées devront s'annuler pour des valeurs de
ces quantités variables satisfaisant aux conditions de grandeur relative que
nous nous sommes imposées.
Soient dS et dS' deux éléments <le l'aire de la section méridiennii, y ely' les
distances de ces éléments à l'axe de révolution. Ces éléments engendreront par
leur révolution deux anneaux infinitésimaux dont les niasses seront
•i = 2-Kjdii el 2 t: y' dS' = }J.' ■
Soient a et 6 la pins petite el la plus grande distance de ces deux anneaux
infinitésimaux, M(«, b) la moyenne arithmético-gcomélrique de Gauss de ces
deux distances. L'énergie potentielle provenant de l'attraction mutuelle de ces
deux anneaux s'écrira
|JI[X' [jiijl' J
où
,/z a-
=/'
\Jz{i-z){z-
b'-
La théorie des fonctions elliptiques nous enseigne que, lorsque x est très
petit, J peut se mettre sous la forme
z (x) log.r -I- '\i( r ),
20 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
9 el •]> étant des séries ordonnées suivant les puissances de x et dont il est aisé
de calculer les coefficients. Le terme de degré le moins élevé dans cette expres-
sion est — losf ~, • Nous aurons
° i6
W = //' ^^'^ = II',:: v/— .1 ./S ./S'.
Si l'on réduisait \/Yy' à sa valeur approchée H, et J à sa valeur approchée
trouverait
log — ou encore 2 log — > on trouverait
W
Nous pourrons donc poser
W = 4:t /^R log — rfS </S'h- \V ,
W r
le rapport -^ étant de même ordre de grandeur que „ ■
On trouve, d'autre part, sans trop de difficultés,
'\ll f^^os-d^d> = -^^ (log— + - j + -__ vp^_ _,j^w ,
W" contenant en facteurs des puissances supérieures des (3.
Pour le moment d'inerlie I on trouve
I = irtî/ir-iR^-i-^RrA-t- V .
1' s'annulant avec les p.
Nous poserons, pour abréger
w^-^
1
Pour qu'il y ait équilibre, il suffit que, pour toute déformation virtuelle
infiniment petite de notre surface, la variation ôU soit nulle. Or toute défor-
mation virtuelle peut être considérée comme la somme de deux autres que nous
pourrons étudier séparément.
Dans la première déformation, R reste constant. La variation âU dépend
alors des variations des quantités (3. Si, d'autre part, nous appelons M la masse
totale de notre fluide, nous aurons
m = ..=r(,-^^5;M)
SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
Il suit de là que, si R est constant, il devra en être de même de
On peut donc écrire
'°s— ^-P'■^(«-■-l°»77)-^T'"-*-^•
^ = -'■"^
Dans cette formule on a posé
/. = 8e*". Io= zî /2/-§R3h- - RrJ V
et le rapport yy est infiniment petit.
Soit Uy la valeur de U quand on y annule tous les (3; soit Ui la valeur de U
quand on donne aux p des valeurs telles que
K étant une quantité très petite, mais d'ordre moindre que jy On trouve alors
U,-Lio= AK + U', -U'o,
A étant un coefficient négatif dépendant de R et de r^- On en déduit, en tenant
compte des hypothèses faites sur les grandeurs relatives des quantités K et U' :
U, < U„.
D'où cette conséquence, que, si l'on fait varier les [3 d'une manière continue,
la quantité ipi ne pourra devenir plus grande que Kr^, sans que U passe par
une valeur inférieure à Uo; ce qui prouve que la fonction U doit admettre un
maximum pour des valeurs des p inférieures àr„\/K et par conséquent très
petites. Ce maximum que j'appelle u est fonction de R, /'„ el co.
U reste à étudier la deuxième espèce de déformation de la surface annulaire,
pour laquelle R et par conséquent ro varieraient pendant que la section méri-
dienne resterait semblable à elle-même. Il faut montrer qu'on peut trouver des
valeurs de R et des (3, telles que la variation ôU soit également nulle pour les
deux espèces de déformations, c'est-à-dire que l'on ait à la fois
Or il est aisé de vérifier l'égalité
dV M^ I , Â'R
rfR=-8r. Rl'°S— +co^MR + H,
aa SUR L'EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
H représentant un ensemble de termes négligeables devant les deux termes
conservés et À' une constante facile à déterminer.
Supposons que, R restant conslnnl, on fasse varier oo; u sera alors une
fonction de (o, mais pour des valeurs suffisamment grandes de o (lesquelles
satisfont pourtant aux conditions de grandeur relative que nous nous sommes
imposées) -^ sera certainement positif, et pour des valeurs assez petites de w,
-j|j sera certainement négatif. Donc, à chaque valeur de R correspond une
valeur de w telle que l'on ait à la fois
y = u, -j=- = o. c. 0- r- !>•
«R
L'existence de la forme annulaire d'équilibre étant ainsi rigoureusement
établie, il nous reste à en déterminer approximativement les éléments. A cet
efl'et, nous abandonnerons la fonction VV dont nous nous sommes servis
jusqu'ici pour considérer le potentiel V.
Je considère d'abord le tore et j'étudie l'expression du potentiel V en un
point de sa surface; ce potentiel est évidemment une fonction de l'angle tp qui
définit la position du point de la surface sur la section méridienne. En partant
de l'expression que j'ai donnée plus haut pour l'intégrale J, je suis arrivé à
montrer que V pouvait se mettre sous la forme ( ' )
= r- l i„ -
l'i In?
v„ et Vi étant des séries ordonnées suivant les puissances de j, et de coscp.
Les coefficients de ces séries s'expriment par des intégrales définies et les
premiers termes sont
„ , 8R on r- ;: r-' , SU
V = ;: /■- log h ^ -=7 CCS 9 -=r cos <p log h. . .
^ r i6R 2R ^ " r
Il faut ensuite introduire dans celle expression les termes correctifs qui
proviennent des coefficients que nous avons appelés P, c'est-à-dire que nous
devons maintenant tenir compte de ce fait que notre figure annulaire n'est pas
exactement un tore. Comme on voit sans peine que les coefficients (3,, (î-, , . . .
sont très petits par rapport à p^, nous négligerons ces coefficients ainsi que le
carré de (5.j.
Cl Voir aux Notes, Figures nnnulairrs.
SUR L'EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 23
Les termes correctifs que nous nous proposions de calculer se réduisent
alors à
■ L'OS 2 C.
2
L'expression du potentiel V étant ainsi corrigée, nous pouvons écrire les
conditions d'équilibre. r_,a condition nécessaire et suffisante est, en effet, que
l'expression
\ (H -h rcosz -h % cos 2 o cos o ■+- m cos 3 ç cos o -t- . . . )
soit indépendante de l'angle cp. Dans l'expression précédente nous négligerons
/'■' o
tous les termes qui contiennent en facteur - ou jS:,, (3,, . . . , ou (3;, ou o)'-p2.
Elle ne contiendra plus alors que des termes en coscp ou cos2(p. Egalons à zéro
les coefficients di' cusç» et cos2œ. Nous obtiendrons les deux équations
suivantes :
2 R ^ ;■ i6 I!
cj'- ;cB.>r /•'• in /•■' , 8 H
g étant exprimé par une intégrale définie.
On lire de là les valeurs approximatives de oj- et de pj :
- =-v, lo.s l) et
2 R2 \ ■ /• 8 /
j /-^ , AR
76Ri'°« — '
h étant une constante numérique exprimée par une intégrale définie.
On voit ainsi que la section méridienne peut être assimilée à une ellipse dont
l'aplatissement est approximativement -j—- Quant au moment de la quantité de
JOJ-
mouvement, il a pour valeur asymptotique
/■
M.-RV'^(.og^-i)
ce qui montre que ce moment croît indéfiniment quand R croît lui-même,
tandis que la vitesse angulaire tend au contraire vers zéro.
Les mêmes méthodes sont applicables à la troisième solution de MM. Tait et
Thomson, qui est celle où la figure d'équilibre est formée de plusieurs anneaux
concentriques. L'existence de la solution se démontrerait comme plus haut.
Nous allons chercher à en déterminer les éléments.
Nous prendrons seulement deux anneaux que nous assimilerons à des tores
24 SUR L'ÉQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
de ravoas r el R , ;• et R, en négligeant les aplatissements des sections méri-
diennes. Ces deux lores devront avoir un plan de symétrie commun, perpendi-
culaire à l'axe. IN'ous appellerons o l'angle que fait avec ce plan de symétrie le
rayon qui joint un point M de la surface du tore au centre de la section
méridienne correspondante; nous appellerons de même o' l'angle analogue
pour le second tore. Nous supposerons R > R'. Nous appellerons \u le
potentiel en un point de la surface du premier tore et V'„ la valeur du potentiel
en un point de la surface du second tore. Nous trouverons, en nous bornant
aux premiers termes :
,., .SR r. r- ,/, 8R' qX ., is H - r'- r coi t.
N, = .r-log— --^,eosç(^log— -.^^.rMog^--^-^ R-R '
Soient u et w' les vitesses de rotation des deux tores ; il faudra pour l'équilibre
que les deux expressions
Vo -I ( R -H r cos 3 ). V'o H — — ( R' -f- r cos :' i
soient indépendantes de o et o'. ce qui nous donne les deux équations
n/-3 >. ij r.r-r
w- t\ r — — — log — ■; T—, = o
2R " r H — R' / , _^\
Si l'on veut que oj = '»', il faut donc que l'on ait
.M = .= rr'(R_R;(^log-.-^log — j,
M étant la masse totale du fluide. Cette équation montre que R — R' doit être
très petit par rapport à R, ou bien que l'on doit avoir approximativement
r r
R ^ F'
Si en effet R — R' n'est pas très petit par rapport à R, le produit --rr'(R — R')
est de même ordre de grandeur que r-R, W-R', où M, et par conséquent le
dernier facteur du second membre, doit être fini.
Je réserve pour un article ultérieur la discussion de la stabilité de ces figures
d'équilibre. Je me bornerai, pour terminer, à faire la remarque suivante qui.
malgré sa simplicité, n'a pas été faite encore à ma connaissance.
SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation. 25
Si la vitesse angulaire 'jj dépasse une certaine limite, il n'v a aucune figure
d'équilibre stable possible (').
En effet, pour que l'équilibre soit stable, une condition nécessaire, mais non
suffisante, c'est que la résultante de l'attraction et de la force centrifuge, qui
doit être normale à la surface d'équilibre, soit dirigée vers l'intérieur de la
masse.
Soient V le potentiel dû à l'attraction, 'ai la vitesse angulaire, /• la dislance à
l'axe, et posons
2
Les composantes de la force seront -3-1 -j-i -j^ et la force estimée suivant la
normale -;— • On aura d'ailleurs
dn
I ,/ïC; r/ti' ^-\' ritx ,jt\-
- -f- 2 0»'.
d--\
d'- L d- 1
d-y
d-\
d-\
-, !- ■> W- —
dx-
dv'- dz'-
dx'-
dv^-
dz-
Le théorème de Green donnera donc
/^^... = M(2M-i..
l'intégrale étant étendue à tous les éléments de la surface d'équilibre. Si
donc 'jj>y/2-, l'intégrale sera positive; il sera donc impossible que -3— soit
toujours négatif, ce qui est nécessaire pour que la résultante de toutes les forces
soit toujours dirigée vers l'intérieur de la masse. L'équilibre stable est donc
impossible. c. p. r. d.
\'oir aux Notes, A/asses fluides en rotation 1 résultats dûers •
H. P. — VII.
SUR
L'ÉOUILIBHE D'UNE MASSE FLUIDE
ANIMÉE D'UN MOUVEMENT DE ROTATION
Bulletin (islroDomique, t. '2, p. 4o5-4'3 (septembre i885).
Dans le travail que j'ai récemment publié sur le même sujet ('), je n'ai
pas donné les détails des calculs. Bien que mou analyse diflere peu de celle
qu'à employée M""^ de Kowalewski dans ses recherches sur l'anneau de
Saturne, il ne sera peut-être pas inutile de revenir sur ces détails, ne fût-ce
que pour faire voir quelles sont les simplifications qui peuvent être dues aux
hypothèses que l'on a droit de faire sur l'extrême petitesse de certaines
quantités.
Il s'agit d'abord de calculer le potentiel du tore. Soient O le centre du tore,
C le centre d'un cercle méridien, M un point quelconque du plan de ce cercle,
R la distance OC, oj l'angle du plan OCM avec un plan méridien fixe, x cl y
les coordonnées rectangulaires du point M rapporté à deux axes passant par le
point G, le second parallèle à l'axe du tore. Les coordonnées de M rapportées à
trois axes rectangulaires dans l'espace seront alors (R + .z')cosw, (R + a;) sinoo et r.
Nous poserons de plus
A = p cos cp, .K = p sin ç
et nous appellerons r le rayon du cercle méridien du lore, de telle sorle que
l'équation du tore, dans ce système particulier de coordonnées, se réduira
à 0 = r.
f'j Bulletin aslronomiqut:, t. 2, p. loj (OEiivrex di' II. Poinrnré, ce Tome, p. t-;).
SUR L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 27
Pour évaluer le potenliel du tore par rapport au point M, nous décompo-
serons la surface du cercle nicridiea en une infinité d'éléments infiniment
petits d'ji' . CliacuQ de ces éléments engendrera, par sa révolution autour de
l'axe, un anneau élémentaire. Soient x' et y' les coordonnées de l'élément dut'
rapporté aux deux axes rectangulaires définis plus haut, rf/-/. la masse de
l'anneau élémentaire correspondant, dV le potenliel de cet anneau. V le
potenliel du tore complet. Soient enfin
a = \l{x — x' )--^ yr — y y-, /' = ^/(2R -I- a: -I- x )- -\- (y — ,l'')-
la plus petite et la plus grande distance du point M à l'anneau considéré,
et M(a. b) la moyenne arithmético-géomélrique de ces deux dislances. On
trouvera, en conservant les mêmes unités que dans le Mémoire cité,
rfuL = 2 !r( K -I- J-' ) (h')'. f/\ = . . ' '^ , , V = / (/\ .
M('-', b) J
La théorie des fonctions elliptiques nous apprend que l'on a
S„ et S, étant des séries ordonnées suivant les puissances de j- La même
théorie nous donnerait également les coefficients de ces séries; mais je vais
indiquer un autre moyen de les calculer.
Soit
I .\o . " Al u- , a B|i Bia^
Vi{,i,b) h "h 6'' "6 b b"-
Remplaçons dans cette identité a par \/ab et b par "— — , il viendra
A^o ,__« A'i a , « B'o B'i a
M i \J.ab, —
= -r log ,- -4- -r-r I02
b\ b "b 62 "b h 6=
Mais on a
M(«, 6) = m(v/«^^')'
Les deux séries doivent donc être identiques; ce qui conduit aux identités
Bo = Aolog4 -^ 2B0,
o = — Ao-h 4 A,,
o = — 2A0— Ao log4 -+- 4 Ai log4 -- 3B0+ 8B|.
28 SUR L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
On a donc
eu uégligeanl les ternies de l'ordre de ^^ log -•
11 reste à déterminer A,,. Four cela nous appliquerons un cas particulier du
théorème de Green, c'est-à-dire le théorème du flux de force. Considérons un
cercle de rayon très petit décrit autour de l'élément c?co'. Ce cercle engendrera
par sa révolution un tore enveloppant l'anneau élémentaire considéré. En un
point de ce tore, a sera très petit et peu différent du rayon du cercle méridien,
b diffi'Tcra peu de 2(R-\-x'). La surface du tore sera donc 471"^! (R + ar');
l'attraction exercée par l'anneau c?/jl sur un point du tore différera peu de
A 0 r/'X A 0 '/[J-
ab 2a( l\ ■+- y )
ce qui fait pour le tlux de force — 271- A^ dix. Or ce (lux doit être égal, d'après
le théorème de Green, à i^ndiJ.. On a donc
A„ = -^
Nous poserons, pour abréger
^ = :i:-+-x', ^=)_y',
et nous trouverons aisément les développements suivants :
■^_l L + Jl + JL
h 2R 4R2 8R:' 16 R^''
4R- I 3| 3?2 3^2
b^ 2R 4R2 4R-' 16 RI
i ,0.1^ - _ J_ + ill _ Jl_ 4R: ,
h " b \K"- 16 R" i6R-i 6^'
log3«- ? ^ 7^= '- -
b 4R= i6R3 t6R-'
En tenant compte de ces développements, on trouve avec le même degré
d'approximation que plus haut
; = :rî7 'oSôt; - Toi 'ogrrû JTm ^"Sttts - tâî» '"g^TR -" «ITs ^°=
AoM(a,6)~2R °8R 4R2^2aR 8R3^2fjR 16R' ^2aR HR' =2aR
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 29
On trouve ensuilfi
_ / ■ 4(R^.£')c^cu' 'iY _ _ UH-t-x';
""",' AoM(a.6) ' riV) "" \oM(a. b}'
(.)n en déduit, toujours avec le même degré d'approximation,
J'ai écrit cette dernière formule, pour abréger, en prenant 2R pour unité de
longueur, quitte à rétablir plus tard l'homogénéité.
Pour obtenir la valeur de V lui-même, il reste à calculer un certain nombre
d'intégrales doubles de la forme suivante :
/
3(./-"', y' ) \tf^ - (/m
étendue à tous les éléments rfu' de la bection méridienne du tore. Une pareille
intégrale n'est autre chose que le poleulicl logarithmique du cercle méridien
par rapport au point M supposé attiré en raison inverse de la distance, et de
telle sorte que la densité de la matière attirante soit égale à ©(a?', y')- Si celle
densité est uniforme en tous les points également distants de G, le polenliel
est le même que si toute la masse était concentrée au centre G du cercle
méridien. On a donc
Siyestnul sur la circonférence du cercle méridien, c'est-à-dire poura;'-'-!- )■'-'= r-,
l'intégration par parties donne
On trouve de même
■ ' J dx"'dy "''■•' ^ '' '^^ dx'" dy" " z 7
pourvu que / soit nul ainsi que ses m -\- n — 1 premières dérivées
pour r" 4- .r'- = r2.
3o SUR L'ÉQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Ces formules doniu'nl
/ lus cAo' — -/■- log-- )
J " X a
// '.. '■-,^ 1 "• / - f'* 1 f
(./• --I- )• -) loff— f/to = — loff-)
2 3 2
r / ■■> '.. .,N 1 " J ' ^'■' 1 P
I (.!•--(-)- — r-)]0S~dM— 102-5
.' ■ 2 ■> a
J' / '.) '■> ■. \.. 1 " I t ~ '''' 1 P
(./;--i- ) - — /■-)-loj<- (Ao = - - log •
J'appliquerai maintenant la formule (i) en diiférentiant la troisième des
inlcgrales précédentes par rapport à x', ou par rapport à i ', et la quatrième
deux fois par rapport à r': j'obtiendrai ainsi
X lo" t/M = ) 1 I y \os— av) = ,
X 2 ,- J ' J- 2 p
/'/'., '. ., NI " J / , r -., , '1,1 '^f'' i;0S2Ç
2 ( (.;■ --h 1 ■— /•-) log- aw + 'i / X -^ log- (Ao = ^;
d'où je tire
/ .(• - log- (Im = —^ log -— ,
J a. I « 1 2 p -
/ V - log- dM = — — log- H ^•
..' ' =< I ^ ■- P"
Si nous supposons que le point M est sur la surface du tore de telle façon
que 0 = /•, ces formules se simplifieioul un peu, de sorte qu'on aura
■ , , /-/■■> cos ç
ffw = - ;■■ OU!- Zi log : ■ i
j^lo,
/, " , , ,, r / S cos2 9\ /i cos 2 s
/„, , « , , ,, r fi C0S2(p\ ,/l 00S2(b\
ÇMog-rfo. = .,'. log-(- - ^j ^r.,-^- - ^^j,
/ a- log - rfio' =--;■' log — h-;-',
^ a 2 X
Toutes ces intégrales sont des fonctions linéaires de cos 9 et COS29; si nous
les substituons dans l'expression de V, nous trouverons
V = F -T- G cos 9 -I- H cos 2 ç.
F, G et H étant indépendants de cp; on a, en rétablissant l'homogénéité
2 K >•"■■ , r r.r^ „ 3 n r' , 2 u F!
K " 2 !z H 2 H 2 R- /■
SUR L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 3l
,u étant une constante facile à calculer d'après ce qui précède. Ouant à F, il
n'intervient pas dans la suite et nous n'écrirons que son terme principal qui
2 1 i^ P'
est 2nr^ loe
° r
Supposons maintenant que la niasse considérée, au lieu d'aflecler la forme
du tore dont l'équation était p = ;■, prenne la forme d'une surface de
révolution S, peu différente de ce tore, et ayant pour équation
c = /■ -I- p, COS 2 i -(- 'j3 COS 3 S + . . . -I- [îi COS i Ç -f . . . .
Nous pourrons alors regarder l'attraction de cette masse comme la somme de
l'attraction du tore et de la différence entre la surface S et le tore. Nous
appellerons ôV le potentiel dû à cette différence, V le potentiel du tore par
rapport à un point de sa propre surface, et V + A^' le potentiel du tore par
rapport à un point de la surface S, de sorte que le potentiel total par rapport à
un point de la surface S sera
V-+-AV + oV= r^do)',
l'intégrale du second membre étant étendue à tous les éléments cIm' de la
section méridienne de la surface S. Mais, les (3 étant très petits, nous
pourrons, dans le calcul de W et de oV, ne tenir compte que du terme
1 1 'A' • 1 <' AT ■ •
principal de -r—, qui est — 2 'ogs-R* i^ous trouverons ainsi
AV = an/- log 271 r- log — = — 2 ;iri[jjCos jo,
en négligeant les carrés de p. On trouve encore avec le même degré
d'approximation
/•
0 V = — 2 r
, ,, Slll
4K 2
^{[iiCOsis')dtf',
si l'on observe que, poui' les éléments de la difl'érence entre la surface S et
le lore, on peut écrire
On peut écrire également
SV = - 2 r f lop
. fJ
sin-
2
dut' = r df'^^i COS i<f'
(2|ii,- l'os! 9 cosf Y -t- S fi,- sinif) sint'oi <
3i SUR L ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Ciîtte intéjïrale pout s'évaluer sans peine. Ou a, en ell'et,
1 v^ z" ,, , , I xT'e'"''
Dij — - =7 — ) cl 1111 os 7. = y — 1
OU, en égalant les parlies réelles
1 , . b v^ iju< n 0
log loR sin - = 7
On en déduit
log sin -co«iO = . et, oV = > î-i, i-
2 / .^ t
Il reste donc
V — AV-4-SV= l''-i- Gcojo -I- H ros29 + 27t/-ï: ij-cosj'o ( - — i )•
D'autre part, le potentiel dû à la force centrifuge a pour valeur, en appelant n
la vitesse de rotation et en nt^gligeant w'-^
— (K -+- x)- = — ( R-H j -I- «-R7-COSII - j-r- cosaif.
Pour que l'équilibre ail lii'u, il faut que l'expression
V -4- AV -^ 3V -4- ■"-( R -+-xy-
2
soit indépendante de cp, ce qui nionlrc d'abord que, avec le degré d'appro-
ximation adopté, tous les (3 sont négligeables, sauf (So, c'est-à-dire que la
section méridienne peut être regardée comme une ellipse dont l'aplatissement
r
En égalant à o les coefficients de cos» et cos2o, on obtient les deux équations
( i -I- n- R r = H — - /• i.. -! — 7- r- = o,
'1
d'où l'on tire
et approximativement
. _ 2n-
Ces résultats ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux de mon premier
travail, par suite d'une faute de calcul que j'v avais commise.
SUR L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 33
Occupons-nous maintenant du cas où la masse fluide est répartie en deux
volumes annulaires séparés, peu différents de deux tores. J'appellerai R et r
les deux rayons du plus grand de ces deux tores, R' et ;■' les deux rajons du
plus petit. Le potentiel, en un point de la surface du premier tore, sera égal au
potentiel dû à son attraction propre, c'est-à-dire à F + Gcoscp (en négligeant
H et les termes du même ordre, c'est-à-dire de même ordre que jt^ log - ) . plus
le poteatiel dû ù l'aLtraclion du second tore, que je puis réduire à son terme
principal, si rp est assez petit. Si l'on observe que la distance d'un point
du premier tore au second est à fort peu prés R — R' -I- /• cosq, on verra que ce
terme principal peut s'écrire
SR' , , 8R' 2-r'2rcos3
"K- H'-H/cos? ^H-H' R-R'
Il faut pour l'équililjre que ce potentiel augmenté de — (R-l-j")- soit indé-
pendant de <p; on doit donc avoir
an ;-'2 r
G + ^^i^'-RTHr^"-
Si l'on appelle G' et n' les quantités qui sont au second tore ce que G et n sont
au premier, on trouvera de même
r-' '.>r>' • 'i-T^I-'-r'
On a d'ailleurs
„ 2 71 r' ,
2Kr^ r 2 Jt /• » r
v étant une constante facile à calculer. Si donc on veut que les deux vitesses de
rotation n et n' soient les mêmes, il faut que l'on ait
r- , r r- r' r //'- r' \
En appelant
la masse totale du fluide, nous pouvons écrire
M = 2..RR'(R-R')(glog^-^log-^),
ce qui est la formule que j'avais donnée à la fin du travail cité.
HP— VII. 5
SUR
LÉOUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE
ANIMÉE D'UN MOUVEMENT DE ROTATION
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 100, p. 10O8-1070 (20 avril 188Ô).
Une masse fluide homogène dont toutes les molécules s'attirent d'après la loi
de Newton, et qui est animée d'un mouvement de rotation uniforme autour
d'un axe, est susceptible d'une infinité de (igures d'équilibre. Les seules qui
aient été signalées jusqu'ici sont l'ellipsoïde de révolution, l'ellipsoïde de
Jacobi et les figures annulaires de MM. Tait et Thomson, que j"ai étudiées en
détail dans une Note récente, insérée au Bullelin astronomique ('). Mais le
problème admet une infinité d'autres solutions.
Je considérerai dos séries linéaires de figures d'équilibre, c'est-à-dire des
séries telles, qu'à chaque valeur de la vitesse de rotation corresponde une
figure, et une seule, ou un nombre fini de figures, et que ces figures d'équilibre
varient d'une façon continue quand on fait varier cette vitesse. Ainsi les
ellipsoïdes de révolution forment une série linéaire, les ellipsoïdes de Jacobi en
forment une autre. Il peut arriver qu'une même figure appartienne à la fois à
deux séries linéaires. Ainsi il y a un ellipsoïde de révolution qui est en même
temps un ellipsoïde de Jacobi.
Je me suis alors proposé de rechercher s'il existe des séries linéaires de
figures d'équilibre parmi lesquelles il y en ait une qui se réduise à un ellipsoïde.
(') Œuvres de II. l'oiiiraré, ce l'ome, p. 17.
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 35
On arrive aisément au résultai suivant : Soient p, y/p- — b-, \/p- — c^ les trois
axes de l'ellipsoïde, et soit R une fonction de Lame quelconque. On devra
avoir
Ja W-J(?--—bn(9-—c-) Jn
Réciproquement, on arrive à démontrer que, si, pour une des fonctions
de Lamé, les axes d'un ellipsoïde de révolution ou d'un ellipsoïde de Jacobi
satisfont à l'équation (i), cet ellipsoïde appartiendra non seulement à la série
des ellipsoïdes d'équilibre, mais encore à une autre série linéaire de figures
d'équilibre non ellipsoïdales.
J'ai discuté les équations (i) dans le cas des ellipsoïdes de révolution aplatis.
Posons
b = o, c = I , p = \ k- + 1 ,
\\ = {le--^lf -^^—^ (t = o, I, 2, ..., «)•
Nous n'aurons à considérer que les valeurs de n au moins égales à 2. Nous
trouverons que l'équation ( i ) n'a pas de racine quand i -'r n est impair et en a
une, et une seule, quand «' + /i oil pair. Ainsi à tout système de nombres
entiers i et n, tels que
« > 2, i ^ n, î'^o J j ^ « (mod 2)]
correspond une série linéaire de figures d'équilibre. Il faut faire exception
pour le cas de i=zo, n ;= 2 ; la racine de l'équation (i) correspondante ne
donne pas de série nouvelle de figures d'équilibre. Elle correspond à l'ellip-
soïde de révolution dont la vitesse de rotation est maximum. Dans le cas
de i := n = 2, on retrouve les ellipsoïdes de Jacobi.
Si t:=o, les figures d'équilibre correspondantes seront de révolution.
Elles ne le seront pas dans le cas contraire.
Le même procédé peut servir pour déterminer les conditions de stabilité
de l'ellipsoïde de révolution. MM. Tait ol Thomson ont annoncé que les
ellipsoïdes de révolution que l'on rencontre, en partant de la sphère et en
allant jusqu'à celui qui est en même temps un ellipsoïde de Jacobi, sont tous
stables, et que les autres sont séculairement instables.
Pour établir ce résultat, il suffit de montrer que, parmi toutes les
36 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
équations (i), celle ijiii a la plus grande racine est celle qui correspond au cas
de «':::= n = 2, OU bien encore que tous les rapports
[ / E^ /( ( m od a )]
/c^ + I
vont constainiueul en croissant quand /.' croil de zéro à l'infini. ( )r cela est aisé
à vérifier.
Il est possible que les séries linéaires de figures d'équilibre que j'ai signalées
plus haut contiennent des figures stables; mais il est certain au moins que
celles de ces figures qui diffèrent peu de l'ellipsoïde, et qui sont les seules que
nous connaissions un peu, sont toutes séculairemeut instables (à l'exception,
bien entendu, des ellipsoïdes de Jacobi).
11 y aurait intérêt à répéter, pour les ellipsoïdes de Jacobi, la discussion que
je viens de faire pour les ellipsoïdes de révolution, d'autant plus que, parmi
les figures d'équilibre que l'on découvrirait ainsi, il y en a qui sont stables.
C'est ce que je chercherai à faire dans une Communication ultérieure, si
l'Académie veut bien le permettre.
SUR
L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE
ANIMÉE D'UN MOUVEMENT DE ROTATION
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 101, p. 307-303 (27 juillet 188.)).
Dans une Communication faile à l'Académie le 20 avril i885 ('), j'ai
montré qu'une masse fluide homogène, soumise à l'allraction nevvtonienne et
animée d'un mouvement de rotation, était susceptible d'une infinité de
figures d'équilibre, outre celles qui sont déjà connues. J'en al défini un certain
nombre qui, sans être ellipsoïdales, difl'èrcnt infiniment peu d'un ellipsoïde de
révolution. J'ai montré que ces figures nouvelles étaient instables.
J'ai reconnu depuis qu'il existe également des ellipsoïdes de Jacobi apparte-
nant en même temps à une série linéaire de figures d'équilibre non
ellipsoïdales.
Soient p, y/p- — u-, y/p- — c- les trois axes de l'ellipsoïde; soitR une fonction
de Lamé quelconque de p; soit
dp
S ={2n-hi)l\ f —
V^P-— 6-)(p-— c'^)
la fonction S conjuguée de II d'après la notation de Liouville. Nous distin-
guerons les fonctions
ainsi que les fonctions R,, R,, ..., R„, ... définies comme il suit : la
(') QEui'res de H. Poincarè, ce Tome, p. 34.
3S SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
tonclioii R„ sera une fonclion de Lamé d'ordre n ne contenant en facteur
ni \'p- — c'-, ni \/p-' — b- et ne s'annulant que pour des valeurs de p- comprises
entre zéro el b''. Pour toute valeur n, il j en a toujours une et une seule;
Si, So, Sj, . . ., S„ seront alors les fonctions conjuguées de Ri, Rj, . . ., R».
Gela posé, tout ellipsoïde de Jacobi satisfera à la condition
fil Si _ R,S,
3 ~ 5 '
s'il satisfait en outre à la condition
Ci') Ri Si __ R/i S„
il appartiendra à la fois à deux séries linéaires de figures d'équilibre : à savoir,
la série des ellipsoïdes de Jacobi, et line série de figures i„ non ellipsoïdales.
Quel que soit n, il y aura toujours un ellipsoïde de Jacobi satisfaisant à la
condition (i). Nous a\ons donc démontre l'existence d'une infinité de figures
d'équilibre nouvelles ^3, 2.,, . . . , i„.
La figure 2„ a mêmes plans de symétrie que l'ellipsoïde si n est pair; si «est
impair, elle est symétrifjue par rapport aux plans des xy et des xz, mais non
par rapport au plan des yz.
Les figures i;, sont stables, toutes les autres sont instables.
Les ellipsoïdes de révolution sont stables, s'ils sont moins aplatis que celui
qui est en même temps un ellipsoïde de Jacobi (c'est ce que sir W. Thomson
avait déjà démontré en supposant qu'on imposait à la masse fluide comme
liaison la condition de rester ellipsoïdale; cette condition n'est pas nécessaire).
Les ellipsoïdes de Jacobi sont stables s'ils sont moins allongés (suivant le
grand axe) que celui qui appartient en même temps à la séris des figures ^3.
Pour résumer les résultats obtenus, faisons l'hypothèse suivante :
Supposons une masse fluide homogène, se contractant par un refroidisse-
ment, et imaginons que ce refroidissement soit assez lent pour qu'elle conserve
un mouvement de rotation uniforme dans toutes ses parties et que l'homogénéité
subsiste constamment.
Il arrivera alors que cette masse, d'abord presque sphérique, affectera la
forme d'un ellipsoïde de révolution dont l'excentricité ira sans cesse en
croissant, jusqu'à ce qu'elle atteigne la valeur 0,81 ; la masse deviendra ensuite
un ellipsoïde de Jacobi puis une figure ij. Pour expliquer grossièrement la
déformation qu'elle subit alors, imaginons que l'ellipsoïde soit coupé en deux
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. Sq
moitiés par un plan perpendiculaire au grand axe. En devenant une figure l-.^,
l'une des moitiés de l'ellipso'ide s'aplatira et se rapprochera de la forme hémi-
sphérique, l'autre moitié s'allongera au contraire de plus en plus. 11 est difficile
de dire ce qui arrivera ensuite si le refroidissement continue, mais l'examen
des figures 2;, porte à croire que la masse ira en s'étranglant dans sa petite
moyenne pour se partager ensuite en deux masses isolées et inégales.
SUR
L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE
ANIMÉE D'UN MOUVEMENT DE ROTATION^')
Acta Mathcniiitirii . t. 7. p. 25f)-38o (i6 septembre i88j)
TABLE DES MATIERES.
P.iges.
I. Introduction 4i
II. Equilibre de bifurcation 43
III. Échange des stabilités 5o
IV. Cas d'un nombre infini de variables 55
V. Première application : figures annulaires 62
VI. Exemples d'éi|uilibres de bifurcution 67
\'II. Stabilité de l'équilibre relatif 70
VIII. Fonctions de Lamé 76
IX. Détermination des coefficients de stabilité 86
\. Discussii)n de l'équation fondanienlale 93
XI. Ellipsoïdes de révolution ijS
XII. Ellipsoïdes de Jacobi 107
XIII. Petits mouvements d'un ellipsoïde ii3
XIV. Stabilité des ellipsoïdes 127
XV. Conclusions i3g
(') Manuscrit remis le iGjuilIel i885.
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
I. — Introduction.
Quelles sont les figures d'équilibre relatif que peut atfecter une masse lluide
homogène dont toutes les molécules s'attirent conformément à la loi de Newton
et qui est animée autour d'un certain axe d'un mouvement de rotation uni-
forme ?
Quelles sont les conditions de stabilité de cet équilibre?
Tels sont les doux problèmes qui forment l'objet de ce Mémoire.
On en connaît depuis longtemps deux solution : l'ellipsoïde de révolution et
l'ellipsoïde à trois axes inégaux de Jacobi. Je me propose d'établir qu'il y en a
une infinité d'autres,
Mais je vais avant d'aller plus loin signaler un certain nombre de résultats
que l'on trouve dans le Treati.se on Nalutal Philosophy de MM. Tait et
Thomsou, 2" édition, §778. Sir William Thomson énonce la plupart de ces
propositions sans aucune démonstration; pour quelques-unes d'entre elles, il
renvoie à des Mémoires plus étendus insérés au Philosophical Transactions.
Voici ces résultats, qui doivent nous servir de point de départ.
a. L'ellipsoïde de révolution aplati est une figure d'équilibre toujours stable,
si l'on impose à la masse fluide la condition d'an"ecter la forme d'un ellipsoïde
de révolution.
b. Si nous imposons à notre masse la condition d'être de révolution, mais
non plus celle d'être ellipsoïdale, on trouve, si le moment de la quantité de
mouvement est assez grand, deux figures d'équilibre : une figure annulaire qui
est stable et une figure ellipsoïdale qui est instable. (Nous verrons dans la suite
de ce Mémoire qu'il y en a une infinité d'autres parmi lesquelles il y en a de
stables grâce à la condition imposée à la masse de rester do révoluliou.)
c. Il existe également des figures d'équilibre, probablement instables, où la
masse se subdivise en plusieurs anneaux concenlri([ues.
d. La figure annulaire d'équilibre est stable si l'on impose à la masse la
condition de rester de révolution, et probablement instable si l'on supprime
cette liaison.
e. Si l'on impose à la masse la condition d'être ellipsoïdale, mais non d'être
de révolution, l'ellipsoïde de révolution est stable, si l'excentricité est inférieure
à 0,8127 et instable dans le cas contraire. (Nous verrons dans la suite de ce
H. P. — Vit. G
42 SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
Mémoire quo les coiidilioiis de sl;il>ilil(i reslenl les mêmes si l'on ne s'impose
aucune liaison. ")
L'ellispoïde de Jacobi esl toujours stable, si l'on impose à la masse la
condilioQ d'être ellipso'idale.
f et g. L'ellipso'i'de de Jacobi, si l'on ne s'impose aucune condition est
certainement instable dans certains cas, bien qu'il soit probablement stable
dans d'autres. (Nous démontrerons dans la suite de ce Mémoire qu'il v a
efTeetivemenl des cllipso'ides de Jacobi qui sont stables.)
Une autre forme d'équilibre stable, si le moment de la quantilé de mou-
vement esl assez grand, sera celle où la masse se subdivise en deux corps
isolés, comparables à une planète et un satellite dont les vitesses de rotation
seraient égales entre elles et à celles de révolution.
h. Il existe également des configurations où le fluide se subdivise en plus de
deux masses détachées, mais elles sont instables.
/. 11 subsiste une importante lacune entre le plus grand moment de la
quantité de mouvement qui correspond à un ellipso'ide de Jacobi stable cl le
plus petit moment qui correspond à l'équilibre stable de deux masses isolées.
Il y aurait intérêt à combler cette lacune par des figures intermédiaires. (J'ai
fait à la fin de ce Mémoire une tentative dans ce sens, mais je n'ai réussi pour
ainsi dire qu'à amorcer le problème et à indiquer la voie à suivre.)
y. Si l'énergie avec un moment donné esl un minimum ou un maximum,
l'équilibre est stable, pourvu que le liquide soit parfaitement dépourvu de
viscosité. Il est probable qu'il est instable si l'énergie esl un « minimax » mais
cela n'a pas encore été démontré. (Nous verrons dans la suite de ce Mémoire
un exemple où l'équilibre est stable à la condition que le fluide soit aft^o/MmenZ
dépourvu de viscosité et bien que l'énergie soit un « minimax »).
/.'. Si le liquide est visqueux, et si peu qu'il le soit, l'équilibre sera
certainement instable si l'énergie est un maximum ou un minimax, et certaine-
ment stable si elle est un minimum.
Je donnerai dans la suite de ce travail la démonstration de quelques-unes
des propositions que sir William Thomson avait sculemenl énoncées, et je les
complélerai même sur divers points, comme je l'ai déjà indiqué dans les
parenthèses que j'ai intercalées dans le précédent exposé.
Je démontrerai aussi l'existence de figures d'équilibre tout à fait difTérontes
de celles dont parlent MM. Tait et Thomson.
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 43
J'ai déjà donné dans le Bulletin Astronomique (') une courte Note où
j'étudie plus en détail l'anneau simple ou multiple dont il est question dans le
passage cité plus haut (6, c et d).
Dans celle étude, je me suis rencontré avec M"" Kowalevski qui avait déjà
employé les mêmes procédés d'analyse dans un Mémoire sur l'anneau de
Saturne, qui avait été communiqué en 1874 à l'Université de Gôltingen et qui
n'a été imprime qu'en i885 dans les Astrononiisclie Nachrichten.
II. — Équilibre de bifurcation.
Considérons d'abord le cas où il s'agit d'un équilibre absolu et d'un système
dont la position est définie par n quantités x^^ x^. . . ., x„. Supposons qu'il y
ait une fonction des forces F(:ri, x-2, . . . , x,,) de façon que l'équilibre ait lieu
quand toutes les dérivées de celte fonction s'annulent et qu'il soit stable quand
cette fonction est maximum. Je supposerai qu'outre les quantités Xi, Xo, .. ., Xn,
il entre dans la fonction F un paramètre variable y, de telle sorte que les"
valeurs des x qui correspondent à l'équilibre dépendent de ce paramètre j'.
Supposons que y ait une valeur déterminée; les équations d'équilibre :
dxi dxi ' ' ' dxn
auront un certain nombre de racines; quand on fera varier y^ (si P' est une
fonction holomorphe des x et des >', ce que nous supposerons d'abord), ces
racines varieront d'une manière continue. Nous aurons ainsi un certain
nombre de séries linéaires de racines :
-^■1= ?-2[(j), j-.2= 022(7), ..., .r„=92«(r);
.ri = ?ii(/), 2-2= 9/c2(.k), ..., ar„ =(?<•„ (7).
Dans chacune de ces séries linéaires, x,, x-i, ...^Xn sont des fonctions
continues du paramètre y. Pour certaines valeurs de y, deux ou plusieurs
racines peuvent se confondre. Quelle est la condition pour qu'il en soit ainsi ?
boit A le déterminant (onclionnel des n dérivées —, — -, -7—1 ■■■i—, — par
ax\ dxi ax„ '
rapport aux n vari;ibles Xi. x^, • . -jX,,, ou, en d'autres termes, le hessien de
{') Œuvres de H. Poincaré, ce Tome, p. 17.
44 SUR L'ÉQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
la fonction F par rappori à ces n vai'ial)les. La condition nécessaire et suffisante
pour que deux ou plusieurs racines se confondent, c'est que A soit nul.
Supposons que pour une certaine valeur a de r, pour laquelle \ s'annule,
p racines des équations (i) viennent à se confondre, ou en d'autres termes,
qu'une même racine appartienne à la fois à p séries linéaires. Parmi les
p racines qui appartiennent à cesyj séries linéaires, il j en aura 2^ qui seront
imaj^inaires et /> — 2q qui seront réelles pour j)- < a ; il j en aura d'outre part
2 ;• qui seront imaginaires et/> — 2/' qui seront réelles pour^>- y..
Si/? = 2, <jr = /■:= o, les racines des deux séries linéaires sont réelles, et l'on
a ainsi une racine c|ui appartient à la fois à deux séries réelles.
.Si /> = 2, (yf ^ o, /= I , les racines sont toutes deux réelles pour j- < a, et
toutes deux imaginaires pour j' >■ a. Quand j)' en croissant atteint et dépasse la
valeur a, deux racines réelles se confondent, puis deviennent imaginaires.
Si /> =: 3, ^ = /■ := I , il y a pour y ■< « et pour j' > a, une racine réelle et
deux imaginaires, de sorte que la racine qui correspond à j' = a n'appartient
qu'à une seule série réelle. Mais il est aisé de voir dans ce cas que A s'annule
sans changer de signe.
Il est inutile de citer d'autres cas particuliers, j'arrive tout de suite au
résultat général que j'ai en vue. Soit
(2) •'■1= 9lO'). ^2=92(7), •••, Xn=^n{y)
une série linéaire de racines; tpi, cp», . . . , <p„ étant des fonctions continues et
uniformes de j'. Supposons de plus que pour les valeurs de y voisines de a,
qu'elles soient inférieures ou supérieures à cette quantité, les fondions cp,,
9.,, ..., On restent réelles. Si l'on substitue dans A(.ri, a;.), . . . , :r„ ; r), 0\,
92, ...,0n à la place de x^,.x-2, ■■■, Xn, cette fonction A ne dépendra plus
que de y. Je suppose que pour j' = a, la fonction A(j') change de signe.
Je dis alors que la racine 91 (a), 90(0:), . . . , o„(s£) appartiendra non seulement
à la série (2) mais à une autre série linéaire de racines réelles.
Avant de démontrer ce résultat général, donnons quelques exemples. Soit
Y ■= kx\+ -xl — y'^X', — a.rx-.
Il vient pour les équations d'équilibre :
iCi = o, .Tî = zh />•■- -t- X T ;
d'où
A = 1 A ^2 = =h 4 '^ vO" + ^y-
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 45
Pour les valeurs de y comprises cnlre zéro et — a les valeurs de x-2 sont
imaginaires; elles sont réelles pour les autres valeurs de y. Pour y^o, et
pour y = — <x, les racines passent du réel à l'imaginaire ou réciproquement;
c'est aussi pour ces mêmes valeurs que A s'annule.
Faisons en particulier : ar=o; il y aura deux séries linéaires de positions
d'équilibre :
(2) Xi=0, .i-2=7
et
(3) ^1 = 0, Xi = — y.
Considérons la première de ces séries; pour chacune des positions qui lui
appartiennent on aura
A = 4 Av.
Quand y variera depuis — oo jusqu'à + oo , les valeurs de x, et de x» resteront
réelles, mais quand y passera par zéro, A cliangera de signe. Donc en vertu du
principe que je viens d'énoncer, la position d'équilibre qui correspond à la
valeur jK^ G, c'est-à-dire
Xi = O, X-i = o,
appartiendra non seulemenl. à la série (a), mais encore à une autre série
linéaire de positions d'équilibre. Il est aisé en effet de constater qu'elle
appartient également à la série (3).
Soit maintenant
a;*
4 -^
Les équations d'équilibre deviennent
Xi = o, xl = y'-
Il n'y a qu'une série de positions d'équilibre réelles, à savoir :
xi = o, A-.. = y,
et l'on voit que ces positions restent réelles quand y varie de — oo à +oo.
Aucune de ces positions ne peut donc appartenir à plusieurs séries de positions
d'équilibre réelles comme cela avait lieu tout à l'heure. Cependant
A = 6 Xy''
s'annule pour j' = o, mais sans changer de signe.
Pour démontrer ce principe que je viens d'énoncer et d'illustrer par quel-
ques exemples, je supposerai que « = i, de telle façon que je n'aie plus que
46 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
deux variables : x qui djlinit la position du syslèine et le paramétre y. On aura
^ dx^
el l'équation d'équilibre sera
(/F
— =F'(,r,r) = o.
L'équation F'(a;,j') = o jiourra être considérée comme représentant une
courbe plane C. Soit a? = cp(}') une fonction uniforme, réelle, finie et continue
de j' qui satisfasse à l'équation
F'[90),j] = o.
L'équation x^o[y) représentera alors une des branches B de la courbe C.
Soit M(x =: a, y^ (3) un des points de celte branche de courbe. Supposons
que lorsqu'on suit cette branche de courbe, on voie d changer de signe au
moment où l'on franchit le point M. Je dis qu'il passera par le point M une
autre branche de la courbe C.
Soient en effet P le point de la branche B qui a pour ordonnée y = P — £ et Q
le point qui a pour ordonnée jk = (3 + 6 (e étant très petit). Ces deux points
sont réels, puisque par hypothèse s(j') est une fonction réelle àe y. Je suppose
par exemple qu'au point P, -j-;:^ = A soit positif, et négatif au point Q.
Par les points P et Q, je mène des parallèles à l'axe des x et je prends sur
dx
r^ncifif* (^Inn/^ Cl If» nnint P pcï ni-iA? vnicin fia F* In nApiv/^a nr
dx-
dx
ces parallèles deux points P' et Q' à gauche de P el de Q. Au point P, -7- est
fi- P
nul et -j—^ positif; donc si le point P' est assez voisin de P, la dérivée première
d¥
■y sera négative. On verra de la même façon que si le point Q' est assez
voisin de Q, -7- y sera positive. Allons du point P' au point Q' en suivant une
courbe qui s'éloigne très peu de la branche B, mais qui ne coupe pas celte
dF
branche; cela est toujours possible. Nous verrons -r— changer de signe; il faut
1 ' . • dF , , ,
donc qu a un certain moment-^ s annule et par conséquent que nous traver-
sions une branche de la courbe C. Il y a donc une seconde branche de cette
courbe qui vient passer par le point M.
En d'autres termes, ce point M est au moins un point double delà courbe G;
je puis même affirmer que c'est un point multiple d'ordre pair.
Il est à remarquer que dans la démonstration précédente, nous n'avons pas
été obligés de supposer que la fonction F est holomorphe, mais seulement
SUR l'Équilibre d"une masse fluide en rotation. 47
qu'elle est fmie et continue ainsi que ses dérivées des deux premiers ordres.
II j a un cas particulier sur lequel il est nécessaire d'attirer raltenlion. Soit
Nous avons une première série de positions d'équilibre réelles qui nous sont
données par l'équation :c = o. Comme A s'annule avec j, il doit passer parle
point x^y =^0 une seconde branche de la courbe C et en se reportant à la
valeur de -;- ) ou voit nue cette seconde branche n'est autre chose que la droite
d.c ^
y ^o. Cette droite ne représente pas une série linéaire de positions d'équilibre
analogue à celles que nous avons rencontrées jusqu'ici. C'est une série de
positions d'équilibre indifférent; car si y s'annule, l'équilibre subsiste quel
que soit x.
Supposons maintenant que la fonction F ne contenant toujours qu'une seule
variable x, dépende non plus d'un seul paramètre j', mais de deux paramètres
yi et jKa- Nous pourrons regarder :r, j'i et i'2 comme les coordonnées d'un
point dans l'espace; alors l'équation
rfF _
dx
représentera une surface S dont chacun des points correspondra à une position
d'équilibre.
L'équation
A = — =0
dx"-
représenlera une seconde surface S'. Supposons que l'on considère une nappe N
de la surface S représentée par une équation
oîi cp est une fonction finie, continue et réelle de j'i et à^ y.,. Supposons que
cette nappe soit coupée par la surface S' et de telle sorte que A change de signe
quand on traverse la surface S' en suivant la nappe N. Alors la courbe d'inter-
section de N et de S' est une courbe double (on multiple d'ordre supérieur,
mais pair) de la surface S, par laquelle vient passer une autre nappe N' de celte
surface S.
11 suffit en effet pour être ramené au cas d'un seul paramètre, de supposer
entre j'i et j-._, une relation linéaire
_)•, = ay«-\- h
48 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
ou eu d'autres lertnes, de eouper les surfaces S el b' par un plan quelconque
parallèle à l'axe des x.
Ou arriverait iWideuiuienl à un ràsullal analogue dans le cas où l'on aurait
p paramètres )',, t-j, . . . ,yi,.
Supposons maintenant n = i; de telle façon que nous ayons deux variables
X\ et Xj définissant la position du système, et un seul paramétre^'. Je regar-
derai alors Xi, x-î et r comme les coordonnées d'un point dans l'espace. Les
équations d'équilibre :
r/F dV
représenteront alors deux surfaces Si el Sj dont l'intersection sera une courbe
gauche C. Soient
(4) ■■'•1= 9iO)' oc,= a.,{y)
deux fonctions finies, continues el réelles de r et supposons que ces équations
(4) représentent une branche B de la courbe C. Soit M un point de cette
branche B; supposons ([ue si l'on suit la branche B dans le sens des y
croissants, on voie A changer de signe au moment où l'on franchit le point M.
.Soient P et Q deux points de B ayant pour ordonnées j' ^ [3 — i, y ^^ -\-e;
(l'ordonnée du point M étant J' = (3). Au point P, A sera par exemple positif,
et négatif au point Q.
S'il en est ainsi, je dis qu'il passera par le point M une seconde branche de
la courbe C.
En eflet, par les divers points de l'arc do courbe PQ faisons passer des plans
parallèles au plan des XiX-i et dans chacun de ces plans décrivons une circon-
férence de rayon ;• ayant son centre au point correspondant de l'arc PQ. Ces
diverses circonférences engendreront une certaine surface ^ qui sera double-
ment connexe et limitée par les deux circonférences K et K' qui ont pour
centres les points P et Q. De plus, d'après ce mode de génération aucun point
de la branche B n(^ peut se lrouv(!r sur la surface i.
Pour trouver le nombre des points d'inlerseclion de celte surface S avec la
courbe C, il faut maintenant chercher ce que M. Kronecker appelle [Berliner
Monatsberichte, mars 1869) la caractéristique du système des surfaces 2, S
et Si. Le nombre des points d'inters(!clion de ces trois surfaces (ou si l'on
vent de la surface i et de la courbe C) qui satisfont à certaines conditions,
diminué du nombre des points d'intersection qui ne satisfont pas à ces mêmes
conditions, est ligal d'après le Mémoire cité de M. Kronecker à une certaine
SUR L EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 49
intégrale. Celle intégrale est prise le long des limites du doniiiine —, c'est-
à-dire le long des deux circonférences K et K'.
L'espace pourra être regardé comme partagé eu quatre régions a, b, c, d
suivant le signe des deux fonctions -; — et -r— • Dans la région a, par exemple,
les deux fonctions seront positives: dans la région b, -r- sera positif et -;—
' ^ ' aXi, ^ r/x-2
négatif, etc. A étant positif nu point P, on rencontrera en suivant la circon-
férence K les quaire régions dans l'ordre circulaire abcd, pourvu toute-
fois que /■ soit suffisamment petit. Nous supposons qu'on ait parcouru R de
façon à laisser à sa gauche le domaine i. L'intégrale de M. Rronecker le long
de K. est alors égale à i . A étant négatif au point Q, on renconlrera en suivant
R' les quatre régions dans l'ordre circulaire adcb, si l'on décrit cette circon-
férence dans le même sens que R. Mais si l'on veut laisser le domaine — à sa
gauche, il faut décrire R' en sens contraire et alors les quatre régions se
succèdent dans l'ordre abc/. L'intégrale est donc encore égale à i et l'intégrale
totale est égale à 2.
Le nombre des points d'intersection de 2 et de C est donc au moins égal à 2 ;
et aucun de ces points ne peut appartenir à B. 11 faut donc que par le point M
passe une seconde branche de la courbe C. c. o. f. d.
(Dans le cas où le théorème de M. Rronecker s'applique à une multiplicité
à deux dimensions et à deux fonctions X et Y, et où par conséquent son inté-
grale doit être prise le long d'une courbe fermée, on voit aisément que cette
iniégrale est égale à la demi-différence du nombre de fois que .. saute de — 00
à +00 et du nombre de fois que ,. saute de 4- 00 à — 00 . )
Le résultat s'étendrait sans peine au cas où nous aurions un plus grand
nombre de variables. Le théorème de M. Rronecker serait en effet encore
applicable.
Résumons les résultats de ce paragraphe.
Les formes d'équilibre du système considéré sont données par les «équations
d.r, d.v-i ' ' ' dx'„
Ces 71 équations auront un certain nombre de solutions réelles et quand y
variera d'une façon continue, ces solutions varieront elles-mêmes d'une façon
continue Je manière à former diverses séries linéaires de formes d'équilibre .
H. p — vu.
5o SUR L'EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
11 pourra d'ailleurs arriver qu'une uièine forme d'équilibre apparlienue à la
fois à deux ou plusieurs séries linéaires. Nous dirons alors que c'est une fo?' me
de bifurcation. On peut, en eflel, pour unu valeur de )• infinimenl voisine de
celle qui correspond à celle forme, trouver deux formes d'équilibre qui dif-
fèrent infiniment peu de la forme de bifurcation.
Il peut arriver également que deux séries linéaires de formes d'équilibre
réelles viennent, quand on fait varier y, à se confondre, puis à disparaître,
parce que les racines des équations d'équilibre deviennent imaginaires. La
forme d'équilibre correspondante s'appellera aXovs forme limite.
Une forme d'équilibre ne peut être une forme de bifurcation ou une forme
limite qu'à la condition que A soit nul. Il résulte de là que si les équations
d'équilibre admettent pour une certaine valeur de i' une solution pour laquelle
A ne soit pas nul, elles en admettront encore une et inliniment peu différente
de la première, pour les valeurs de y suffisamment voisines de celle que l'on
avait considérée d'abord. En effet s'il n'en était pas ainsi, la forme d'équilibre
qui correspond à la première solution serait une forme limite, ce qui exigerait
que A fiit nul.
Si l'on suit une série linéaire de formes d'équilibre réelles en faisant varier 7-
et que l'on voie A s'annuler et changer de signe, la forme d'équilibre corres-
pondante ne peut être une forme limite puisque les formes d'équilibre très
voisines qui appartiennent à la série linéaire sont supposées réelles. II résulte
de ce qui précède que c'est toujours une forme de bifurcation.
Si, enfin, en suivant une série linéaire de formes réelles, on voit A s'annuler,
mais sans changer de signe, on est sûr, pour la raison que je viens de dire, que
la forme correspondante n'est pas une forme limite. Elle peut être une forme
de bifurcation, mais il n'en est pas toujours ainsi.
III. — Échange des stabilités.
Considérons la forme quadratique
* =7, / . XfX/ a = \,-i h; /. =1, 2, ..., Il )
^U ri Xi dXk
contenant les n indéterminées X), X^., . . ., X„. Cette forme aura pour dis-
criminnni A.
Pour que l'équilibre soit stable, il faut et il suflil (puisqu'il s'agit d'un (''qui-
SUR l'Équilibre dune masse fluide en rotation. 5i
libre absolu) que la ionclion des forces F soit maximum, cesl-à-dire que la
forme «t soit définie négative.
Imaginons qu'on ait décomposé la forme <I> en une somme de n carrés :
<I) = So:,Y,- ^ (1=1,2, /i),
OÙ \, est une fonction linéaire des X. Supposons que parmi les coefficienls c,
que j'appellerai coefficienls de stabilité, il y en ail v positifs el « — v négatifs.
A sera positif si n — v est pair, et négatif si « — v est impair. A sera nul quand
un des coefficients x s'annulera. Enfin il y aura stabilité si tous les coefficients
de stabilité sont négatifs. 11 est inutile de faire observer que le nombre v est
indépendant de la manière dont la forme <I» a élé décomposée en carrés.
Supposons que pour .rj = 3^., := . . . := x„ = o, y = o, on ait une forme d'équi-
libre de bifurcation, c'est-à-dire aue les n dérivées partielles -r— s'annulent
ainsi que A. Je dis que nous pourrons toujours supposer que l'on a aussi
dxi dxk
{i>,n
En ell'et, cela revient à dire que la forme "I» ne conlieut pas de termes rectangles ;
or, s'il n'en était pas ainsi, on pourrait toujours décomposer la forme *b en
carrés, comme on l'a dit plus haut, c'est-à-dire qu'on pourrait, par une trans-
formai ion linéaire, faire disparaître les termes rectangles. Les coefficienls de
stabilité sont alors -r^i -r^ , • • . - ——7 ■ Pour que A s'annule, il faut el il suffit
qu'un ou plusieurs de ces coefficienls s'annulenl. Supposons par exemple que
-T-rr s'annule et que les autres coefficienls ne s'annulent pas. Supposons enfin
(tX\
que la fonction F soit holomorphe el puisse se développer suivant les puissances
de X et de y.
De l'équation-; — = 0 nous tirerons x-i en fonction holomorphe de Xt.
.Z;,, . . ■ , Xn et )'. Pour que cela soit possible, il suffit que -j-rr ne soit pas nul,
ce qui a lieu en ellél. Substituons ensuite partout à la place de Xo la valeur
dV
ainsi trouvée. De l'équation-; — = o, nous tirerons ensuite X\ en fonction
holomorphe Aq X\,,x r„ et )•. Cela est encore possible parce que -r-^ n'est
pas nul. On continuera de la sorte jusqu'à ce qu'il ne reste plus que deux
dY
variables .ri el r et une seule équation d'équilibre -7 — = o. ( )uanl à x-,.
' ' dx I ^
52 SUR L EQUILIBRE D UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
,r;;, r,M les autres équations d'équilibre, résolues comme on vient de le
dire, les fournissent sous la forme
(i) .(•,.= Ço(xi, r), X3= =3(j-,, _)■;, ..., ,r„= 9„(_j.-,, i).
les o étant liolomorphes.
Quant à l'équation y^ = o, elle s'écrira, toutes réductions faites.
(2) o = 'i-x'l -h 2b.i:,y ■+■ c )■-+ 6,
0 représeiiinni uu ensemble de termes de degré supérieur au second en x, ei y.
On voit que si ,ri et y sont les coordonnées d'un point dans un plan, cette
équation représente une courbe à point double, ce qui montre de nouveau que
la forme d'équilibre considérée est une forme de bifurcation. Nous sup-
poserons { ' )
b- — tic > o.
Nous tirerons alors, de l'équation (2), .r^ en fonction de ^' de deux manières
différentes
(3) . ;r, = 0iO'). .r, = 4'.,(/),
les ■]) étant holomorphes. Les deux équations (3) jointes aux équations ( i ) nous
donnent les deux séries linéaires de forme d'équilibre.
Formons A et considérons le d'abord comme fonction de x,, x-^. ■ . . . x,, et i'.
En remplaçant Xn Xn par leurs valeurs tirées des équations (1), A ne sera
plus fonction que de Xt et de y cl l'on reconnaîtra aisément que
A = 2M{ (lu:, -+- h y ) H- Ai,
M étant le produit des n — 1 dérivées -i—^i -r-^i • • • 1 -t-t et A) étant un ensemble
de termes de degré supérieur au premier.
L'équation A =: o représentera alors une courbii A passant pai' l'origine dans
lo plan des x, y et l'équation fa) représentera une courbe C formée de deux
branches B (!t B'. Les équations de ces deux brandies de courbe qui ne sont
autres que les équations (3) pourront s'écrire
' = >-(-^-f-->^.- ■'■. = .'•(
^i_ ,■■ - ï- •■■.,» .._..! ~i>--\''0--
(') Si O- — ac est nul, Im forme J'équilibre e»l eu yénunil une Inruic limite; ccponiljint. 'Ili
est de Ijifuication dans certains cas exceptionnels. (.1. L.).
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 53
Y, et V.j étant des termes de degré supérieur au premier. Si dans l'expression A
on remplace x, par 'L, ( )-) ou par '^^(y), on trouve
A = ± 2M \/6=— acj -H A>,
Aj représentant un ensemble de termes de degré supérieur au premier. Le
signe + se rapporte à la substitution de '!),, c'est-à-dire à la branche B el le
signe — à la substitution de iJ^-2, c'est-à-dire à la branche 15'.
Ainsi, que l'on suive la branche B ou la branche B', on verra A changer de
signe en même temps que )■. De plus pour toutes les valeurs de )•, voisines de
zéro, A a des valeuis de signe contraire, selon qu'on suit la branche B ou la
branche B'. Par exemple, pour )■ positif, A sera positif sur la branche B et
négatif sur la branche B'; pour }■ négatif, ce sera le conlraire, A sera négatif
sur la branche B et positif sur la branche B'.
Supposons qu'à l'origine, un des coefficients de stabilité soit nul (ce qui est
conforme à l'hypothèse faite plus haut), que v de ces coefficients soient négatifs
et n — V — I positifs. Dans le voisinage de l'origine, il y aura toujouis (par
raison de continuité) v ou v + 1 coefficients de stabilité négatifs. Si v est pair,
il y en aura v toutes les fois que A sera positif el v + i toutes les fois que A sera
négatif. Ce sera le contraire si v est impaii-.
Il résulte de là que, si pour y positif, on a v coefficients négatifs sur la
branche B et v + 1 coefficients négatifs sur la branche B', ce sera l'inverse
pour r négatif et l'on aura alors v + 1 coefficients négatifs sur la branche B et v
sur la branche B'. Si au conlraire on a pour t positif, v-j- 1 coefficients négatifs
sur la branche B el v sur la branche B', on aura inversement, pour j- négatif,
V coefficients négatifs sur la branche B et v -f- i sur la branche B'.
Pour qu'il y ait stabilité, il faut et il suffit que tous les coefficients de stabi-
lité soient négatifs. Si donc pour y positif il y a stabilité sur la branche B et
instabilité sur la branche B', ce sera l'inverse pour y négatif. De même si pour
y positif il y a instabilité sur la branche B et stabilité sur B', ce sera encore
l'inverse pour i- négatif. En d'autres termes, il y a éc/iange des stabilités entre
les deux branches B et B' au moment où elles se croisent.
Pour établir ce résultat, j'ai supposé, non seulement que Fêlait continue
ainsi que ses dérivées des deux premiers ordres, mais encore que cette fonction
était holomorphe. Cette hypothèse n'est nullement nécessaire. Pour le faire
voir, je vais reprendre le raisonnement en supposant n ^ \ .
Dans ce cas, la courbe C se réduit à une courbe i)lane el A à —, — Soit O le
54 SUR L'ÉQUILIBRE DUNF. MASSE FLUIDE EN ROTATION.
. point du pian qui correspond à la l'orme d'équilibie de biliucaliou. Uu point ( )
comme centre, décrivons un -cercle R de rayon très petit. Ce cercle K rencon-
trera la courbe C en un certain nombre de points. Il résulte du raisonnement
du paragraphe précédent, que si un arc de courbe joint deux points de C où le
signe de A}' ne soit pas le même, cet arc devra couper la courbe C en un nombre
impair de points: et que si au contraiic A}'a même signe aux deux extrémiiés.
l'arc de courbe considéré devra couper C en un nombre pair de points. Donc si
l'on envisage les différents points d'interseclion de C et de K dans l'ordre où l'on
rencontre en suivant le cercle K, on verra que S^■ v sera alternalivcment positif
et négatif. Le nombre total des points d'intersection est donc pair. Si n-ous
supposons en particulier que deux branches de courbe seulement viennent
passer au point (), nous aurons alors deux poinis d'intersection «i el a., oii y
sera négatif et deux points d'intersection (3, et p^, où;;)' sera positif. La branche
0(3) devra alors être regardée comme le prolongement de la branche «lO; de
même que 0^.> comme le prolongement de oi.^O. Je suppose, pour fixer les
idées, qu'en a,, A soit positif. Alors d'après la règle qui précède, A sera négatif
en X.,. négatif encore en S, et positif en |3^, ce qui confirme le résultat précé-
demment obtenu. Il serait aisé, d'après les considérations que je viens d'exposer,
de voir ce qui se passerait si plus de deux branches de courbes venaient passer
en O.
Nous avons dit plus haut que si en suivant une série réelle de formes d'équi-
libre, on voyait A s'annuler sans changer de signe, on ne pouvait affirmer que
la forme correspondante fût une forme de bifurcation. Nous pouvons remar-
quer que A peut de deux manières s'annuler sans changer de signe. Il peut
arriver ou bien que plusieurs coefficients de stabilité s'annulent sans changer
désigne; ou bien que deux (ou un nombre pair) de ces coefficients changent
de signe. Dans le premier cas, nous ne pouvons en effet rien affirmer; voyons
ce qui se passe dans le second.
Nous supposerons pour fixer les idées que
— =o (f^Ai, -—- = ---^=(1.
rf^F d- 1- , rf2 F
r/:rr"' (/xl"""- ■■•' d^,<°-
11 arrivera alors que des n — a équations d'équilibre
dV_ _ dV_ _ _ dV _
(lx< d.r, ' ' ' d.r,, ~
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 55
on pourra tirer x-^, x:,, . . ., Xn en fonctions holoaiorplies de j"i, Xi ety. Si
dans les deux autres équations d'équilibre
<1V_ _ (JV__
ft.T , (Ix-l
on substitue ces valeurs de X3, x-,, .... x,,, ces équations deviennent
( 4 ) il»! -i- 'Pî = o, <I>', -I- '!>.; = o,
où <1>| et «t'i représentent un ensemble de termes du deuxième degré en
Xu ^2, )■ et <I>2 et <I>','un ensemble de termes de degré supérieur au second;
(si l'on suppose comme plus haut que la position d'équilibre envisagée soit
a?| ^ a:., = . . . ^ Xn=^y = 0).
Regardons X|, Xo Q^ y comme les coordonnées d'un point dans l'espace. Les
deux équations (4 ) représenteront deux surfaces ayant chacune à l'origine un
point conique du deuxième ordre. L'intersection de ces deux surfaces sera la
courbe C. On voit que par l'origine passeront quatre branches de la courbe C,
réelles ou imaginaires. IMais une de ces quatre branches est certainement réelle,
puisque j'ai supposé au début qu'on a pu suivre, dans le voisinage de la position
d'équilibre envisagée, une série de formes d'équilibre réelles. Il faut donc qu'il
V ait une autre des quatre branches qui soit réelle. La forme d'équilibre envi-
sagée est donc do bifurcation.
D'où la conclusion suivante :
Pour qu'une forme d'équilibre appartenant à une série linéaire réelle soit de
bifurcation, il suffit, non seulement que A change de signe, mais que l'un
quelconque des coefficients de stabilité change de signe.
IV. — Cas d'un nombre infini de variables.
Les problèmes traités dans les deux paragraphes précédents ne présentent
aucune espèce de difficulté. Malheureusement, lorsqu'on recherche la figure
d'équilibre d'une masse fluide soumise à diverses forces, la question est beau-
coup plus compliquée. En effet, la figure d'une pareille masse dépend, non pas
d'un nombre fini de variables x,, x.,, .... x.,. mais d'un nombre infini de
variables.
Supposons par exemple une aire piano A peu ditléiente d'un cercle ; l'équation
56 SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
de la courbe tjui liuiite celte aire plane pourra s'éciire, en coordonnées
polaires (p et o) :
p = r -i- [il cos z -h Pi cos 29-1-...-:- [in cos no + . . .
- •;, «in 9 -t- •■;■< sin ?. ç -1-. . . -t- "j'n sin/iç -; . . . ,
les p et les y élanl très petits par rapport à /■, el la ligure do l'aire plane
dépendra des coefficients ;■, 3 et y qui sont en nombre inlini.
Supposons que tous les éléments de l'aire A s'attirent en raison inverse des
distances el en raison directe de leurs suifaces. 11 résultera de cette attraction
une énergie potentielle W qui sera représentée par l'intégrale suivante :
*=.f
cIm do)' log — )
du> et <iw' étant deux éléments quelconques de l'aire A et A la distance de ces
deux éléments. On reconnaît alors que W est une fonction holomorphe de r,
des (3 el des y. Je veux dire que si l'on fait varier seulement un nombre fini >i
de ces coefficients, les autres restant constanls, W sera une fonction liolo-
inorphe des n coefficients variables.
Supposons que les [3 et y étant regardés comme très petits, ou calcule
l'intégrale W en négligeant les cubes des (3 et des y. On trouvera
W
On pourra tirer de là la conclusion suivante :
Si l'on suppose que l'aire A soit assujettie à être équivalente à une aire
donnée Txr'l de telle sorte que
et qu'en même temps (3( el y, soient assujettis à être nuls, le cercle dont le
rayon est ro sera une forme d'équilibre de l'aire A.
On déduit de (i) que
et en négligeant toujours les cubes des [3 el des y
Il est d'ailleurs aisé de voir que si l'on regarde W comme une fonction d'un
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. .'J7
nombre fini des coefficienls (3 et ■•, les autres coefficients restant constants, on
aura
d^W d^-W d^W ,/ i
o> -TUT =-j::r =''■'• i
d%d^„ ' d[.l dfl »V«
d- W d'- W
dlit dpn ,hi d-^t
11 résulte de là que la série infinie
-^/•;ii;(;i^+v^)Q-i) («=2,3,...)
joue le même rôle que jouait la forme quadratique *t dans le paragraphe pré-
cédent, avec cette difierence, qu'au lieu d'un nombre fini de variables X,,
Xo, .... X„, il y entre un nombre infini de variables (3„ et '■„■
Les coefficients de stabilité sont alors les quantités t:;;; ( — i). On voit
que tous ces coefficienls sont négatifs, de telle façon que l'équilibre est stable.
Cet exemple permet de voir comment la notion des coefficienls de stabilité
peut s'étendre au cas où l'équilibre dépend d'un nombre infini de conditions.
On peut de même étendre à ce cas la notion des formes d'équilibre de bifur-
cation et des foruies d'équilibre limite. Supposons eu eflet que les forces aux-
quelles sont soumis les éléments de l'aire A dépendent d'un paramètre jk- Pour
chaque valeur de y nous aurons un certain nombre de formes d'équilibre.
Lorsque y variera, ces formes varieront aussi, en général d'une manière
continue. On aura ainsi un certain nombre de séries linéaires de formes
d'équilibre. Pour chacune de ces séries, les coefficients (3 et y seront des fonc-
tions finies, continues, uniformes et réelles de y. Il pourra arriver alors que
quand y tendra vers une certaine valeur a, deux formes d'équilibre réelles,
appartenant à deux de ces séries linéaires, tendront à se confondre. Lorsque y
aura dépassé cette valeur a, il arrivera, ou bien que les deux formes d'équilibre
envisagées disparaîtront et cesseront d'être réelles, ou bien qu'elles resteront
réelles et cesseront de se confondre. Dans le premier cas, on aura une forme
d'équilibre limite. Dans le second cas, une forme d'équilibre de bifurcation.
Rien n'est donc changé à ces définitions qui restent les mêmes que dans les cas
précédemment examinés.
Il reste à étendre les résultats du paragraphe précédent au cas qui nous
occupe actuellement. Il faut montrer que :
1 ' Pour une forme d'équilibre limite, l'un des coefficients doit s'annuler.
H. p. — VII. s
58 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
a" Si l'oa suil une série linéaire de formes iJ'c([iiiIibre el si l'on voit un des
coefficients de slabililé chantier de signe, la forme qui correspond à la valeur
de )■ pour laquelle se fait le changement de signe est une forme de bifurcation.
3" La loi de l'échange des stabilités s'étend au cas qui nous occufie.
Nous démontrerons ces trois propositions en partant de l'hypothèse sui-
vante :
Le nombre des variables étant infini, celui des coefficients de stabilité devra
également être infini; mais je supposerai que parmi les coeflicieiits. il n^r en
a qu^un nombre fini de positifs.
J'appellerai x\. x-.., . . ., x^, ■ ■ ■ les variables qui définissent la forme du
système et }' un paramètre dont dépendront les forces qui agissent sur ce sys-
tème. Je supposerai que ces variables ont été choisies de telle sorte que pour
la forme d'équilibre envisagée el que nous appellerons A, on ail
o = >• = Xi = a:-2 = . . . = x„ = . . . .
Si dans la fonction des forces F(x, i) on fait j- ^ o, nous pouvons encore
supposer que les variables jc aient été clioisies de telle sorte que l'on puisse
écrire, en négligeant les cubes des quantités x supposées très petites :
l-'(x, o) = \ + 3.1X1^ y-ixi-i- .. .-t- oi.„Xf,-\- a„_,.i.ï,-j_^, -i- . . . -1- ■j.pxfi-h....
Nous supposerons, conformément à l'hypothèse faite plus haut, que parmi
les n coefficients «f, y.^, . . . , st„ il peut y en avoir de positifs ou de nuls, mais
que tous les coefficients suivants z„+i, <Z;,+'j, . . . , y.,,, . ■ . sont négatifs.
Avant d'aller plus loin, je dois faire une autre remarque. Quand nous
n'avions qu'un nombre fini de variables, nous regardions la fonction F comme
définie pour toutes les valeurs de x, ou du moins pour toutes les valeurs suffi-
samment petites de ces variables. 11 n'en peut plus être de même ici. La fonc-
tion F ne sera définie que quand une certaine série à termes positifs
(2) Àl I .i'i i -t- À2 I i-2 i -•- Xs I .-Cs I -4-. . .-f- /.„ I X„ I -<-. . .
sera convergente. Le chois des variables x étant encore arbitraire dans une
certaine mesure, nous pouvons supposer qu'on les ait choisies de façon que
tous les À soient égaux à 1 .
Cela posé, nous pouvons passer à la démonstration des trois propositions
énoncées ci-dessus.
I" Je dis d'abord que si aucun des coeflicienti^ a n'est nul, la forme A ne
SUR l'Équilibre dune masse fluide en rotation. 69
pourra èlre une forme limite, c'est-à-dire que pour des valeurs de t très petites
(mais d'ailleurs positives ou négatives), le sjstème sera susceptible d'une
forme d'équilibre très voisine de celte forme A.
Pour le démontrer, je vais introduire dans le système des liaisons exprimées
par les équations suivantes :
.r, = r,, .r.,= y.j. .... x„=r„,
ji, J-.J, . . ., fa étant des constantes que nous regarderons comme données.
Les conditions de l'équilibre du système, assujetti à ces liaisons, dépendront
naturellement du choix des n + 1 paramètres y, Vi, jo, .... r„ et elles seront
exprimées par les équations en nombre infini :
Dans le cas particulier où
y = Vt = )., = . . .= v„= o,
l'équilibre aura lieu pour
c'est-à-dire en même temps que l'équilibre du système supposé libre. Mais il y
a une différence importante entre les deux cas. L'équilibre du système libre est
instable parce que parmi les coefficients «i, a.,, . . ., a,,, il y en a de positifs.
L'équilibre du système à liaisons sera stable parce que tous les coefficients y.n+\i
3.11+i, . . . , ^p, ■ ■ ■ sont négatifs.
Je dis que pour les valeurs des m + 1 paramètres y suffisamment voisines
de zéro, le systèm,e à liaisons sera susceptible d'une forme d'équilibre stable
très voisine de la forme A. Eu d'autres ternies, si l'on fait
(3) ' .v = fi, 7i = Pi, ■•■, Jtt=8„,
on pourra prendre les [3 assez petits pour que la fonction F soit susceptible
d'un maximum (en tenant compte des liaisons) et pour que ce maximum ait
lieu pour des valeurs des x aussi petites que l'on veut.
Appelons en effet D le domaine comprenant tous les systèmes de valeurs des
variables Xn+i, Xn+2f • • -, a?^, • ■ • qui sont telles que la série
(4) — a-n+ix'j;^, — a„^nx'^_^.,— . . .— XpxJ, — . . .
soit convergente et ait une somme plus petite que e. La limite du domaine D
r.o SlIR I. ÉQUILIHRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
se composera d'un iloniaine d coiupreuaui Lous les systèmes des valeurs des x
tels que la série (4) soil convei-genle el ait une somme égale à £.
Quand les )■ sont nuls, la fonction F est égale à A quand les x sont nuls, et
à A- — z-'-Z quand les x appartiennent au domaine <3 (Ç étant un infiniment
petit d'ordre supérieur à celui de z). Donnons maintenant aux i- les valeurs (,]).
I,a fonction F étant continue, nous pourrons prendre les (b assez petits pour
que F dillère aussi peu que nous voudrons de A quand les x sont nuls, et aussi
peu que nous voudrons de A — £ + Ç quand les x appartiennent au domaine d.
On pourra donc prendre les |3 assez petits pour que F soil plus grand quand
les X sont nuls qu'en aucun point du domaine o.
11 en résulte que la fonction F prendra en certains points du domaine D des
valeurs plus grandes qu'en aucun des points de la limite de ce domaine. Il faut
donc conclure qu'en un certain point du domaine D, la fonction F atteint un
maximum. Il est nécessaire toutefois, pour que cette conclusion s'impose, que
l'on admette que la fonction F ne va pas en augmentant indéfiniment à mesure
que la série (2) devient de moins en moins convergente. Il y aurait bien des
objections à faire, mais on ne saurait exiger en Mécanique la même rigueur
qu'en Analyse pure pour ce qui concerne l'infini.
Le principe auquel nous sommes ainsi conduits peut s'énoncer ainsi ;
Si un système mécanique quelconque, et en particulier une niasse iluide,
est en équilibre stable sous l'action de certaines forces, et si l'on vient y
appliquer en outre des forces perturbatrices infiniment petites, ce système
prendra sous l'action de ces forces une figure d'équilibre stable infiniment peu
différente de sa figure primitive.
Se ne crois pas qu'on puisse le mettre sérieusement en doute, malgré les
objections dont je viens de parler et qui sont de nature à intéresser plutôt
l'analyste que le mécanicien.
Cela posé, la forme d'équilibre stable du système à liaisons doit être regardée
comme définie; elle le sera, par exemple, par les équations
Les fonctions (j> seront des fonctions continues des (5 el elles s'annuleront avec (3
quelles que soient les valeurs de (3i, 3^, . . . , j3„.
Si nous substituons dans F ces valeurs des a;„.i, x„+-i-, ■ ■ ■ ■ Xp, . . . , cette
fonction ne dépendra plus que de (3, ^^, [3,, . . . , (3„.
11 faut maintenant chercher quelles valeurs on doit donner à p,, (3.j, . . ., |3„
SUR L EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 6l
pour que l'équilibre subsiste (saas toutefois rester stable) quand on supprime
les liaisons. 11 faut pour cela que l'on ait
^ _ OF _ _ dV _
Eu d'autres termes, il faut considérer que, les x étant délinis par les équa-
tions (5), la figure du système ne dépend plus ((ue des n variables pj, [3.,. .... p,,,
et il faut chercher les conditions d'équilibre du système ainsi défini.
Je veux faire voir (jue pour les valeurs de (3 voisines de zéro, ce système
admet une forme d'équilibre. Pour cela il me suffit, puisque ce système ne
dépend plus que d'un nombre fini de variables, de chercher les coefficients de
stabilité pour (3 = o.
Or pour 3 = o, puisque les fonctions o s'annulent, on a
2, ,3;-!-.
'n Pô •
Z étant un ensemble de termes d'ordre supérieur au second par rapport auv |j.
Les coefficients de stabilité sont donc y,, ao y.,, et, coninie aucun d'eux
n'est nul, la forme d'équilibre considérée ne peut être une forme limite, et
l'équilibre sera encore possible pour les valeurs de ^ voisines de zéro.
Ainsi, même lorsque la forme du système dépend d'un nombre inlini de
variables, une ligure d'équilibre ne peut être une figure limite à moins que l'un
des coefficients de stabilité ne s'annule.
2" et ■>" Il resterait à établir les deux autres propositions énoncées plus haut.
Ou les démontrerait par une méthode absolument identique. On introduirait
dans le système les liaisons
^6) ■'.-■. = [il, .'>.= 'fi^., ..., .?-•„= p„,
de façon que la forme d'équilibre A devienne stable. On trouverait alors que
pour
y = ?, a.'i= [il, x„= j3„
le système à liaisons est susceptible d'une position d'équilibre stable définie
par les équations
(5) .7:„H, = v«.i([î. ["^1, •••■ ,''»);
Si l'on suppose maintenant les x assujettis à ces équations (5), mais que
l'on supprime les liaisons (6), la fonction F ne dépend plus que des (3, la figure
du système ne dépend plus que de n variables, (^n est donc ramené au cas
fia SUR L'ÉQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
(J uu nombre liai Je variables, aiitjuel les propositions énoncées s'applicpienl
d'elles-mêmes.
En résumé, il résulte tles considérations exposées dans ce paragraphe que
les résultats des paragraphes II et [II s'étendent au cas d'un système dont la
figure dépend d'une infinité de variables, et en parliculior nu cas d'une masse
fluide soumise à diflérentes forces.
V. — Première application.
MM. Tail et Thomson ont annoncé sans démonstration que, paiini les ligures
d'équilibre dont est susceptible une masse fluide animée d'un mouvement de
rotation, il y a une figure annulaire de révolution.
On peut démontrer ce résultat en appliquant les principes exposés dans les
trois paragraphes précédents.
Je considère une masse fluide homogène égale à M et animée d'une vitesse
de rotation &) autour d'un axe quelconque que je prendrai pour axe des z. Je
suppose que toutes les molécules de cette masse s'attirent conformément à la
loi de Newton. Je choisirai les unités de telle façon que la densité du fluide
soit égale à i, et que l'attraction de deux unités de masse à l'unité de distance
soit égale à l'unité de force.
Je puis assujettir la masse fluide à afl'ecter la forme d'une figure de révolu-
tion. Si l'équilibre a lieu en tenant compte de cette liaison, il arrivera, en vertu
de la nature même du problème, que l'équilibre subsistera encore quand elle
sera supprimée. Cette liaison ne change pas les conditions d'équilibre, elle
n'inllue que sur les conditions de stabilité dont nous ne nous occuperons pas
pour le moment.
Soit R la dislance à l'axe du centre de gravité de la section méridienne et
-ri; l'aire de cette section. On aura
(l) M = i;i2r2H.
Le plan des xy sera le plan perpendiculaire a l'axe et passant pur ce contre
de gravité. J'assujettirai encore, pour simplifier un peu les calculs qui vont
suivre, la (igure de la masse fluide à rester symétrique par rapport au plan
des xy- H est clair que si l'équilibre a lieu avec cette liaison, il subsistera
encore sans celte liaison.
l'onr définir la section méridienne, je me servirai des cooidonnées polaiies p
SUR L'ÉQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 63
et cp, en |)i'enaiil le pôle au centre de gravité et l'axe polaire dans le plan des xy.
Soit
p = /• H- |j l COS Cf + p2 COS 2 9 - ... -H [j,, COS /t ç ~r . . .
l'équation de la section méridienne.
Ecrivons que l'aire de cette section est égale à Trr,^, il viendra
(2) r^^r--^-^.
Écrivons que le centre de gravité de cette section est au pôle, il viendra
(3) '--.31 + r(Pifi5-i- [i2p3-i-...+ (3„p„+, -i-.. . ) -+- S = o,
S étant une série convergente dont les termes sont homogènes et du troisième
degré par rapport aux ,3.
J'ai à rechercher s'il existe une ligure d'équilibre peu différente d'un tore.
Je dois donc supposer que les j3 sont très petits par rapport à r.
Je supposerai de plus que les rapports r- et par conséquent -^ sont très petits,
ainsi que sj.
Cela posé, soit I le moment d'inertie de la masse fluide par rapport à l'axe.
Soit
( ■ dm il III
w
=./
l'énergie potentielle duo à l'altraction nevvtonienne (où dm et dm' sont deux
éléments quelconques de la masse et A la distance de ces deux éléments).
Soit - I l'énergie potentielle due à la force centrifuge. L'équilibre aura lieu
quand la variation première de l'expression
U = w + ^ I
2
sera nulle.
iVous allons encore introduire une liaison nouvelle. Nous supposerons que /o
et par conséquent R sont assujettis à conserver des valturs données. Cette
liaison, à la différence des précédentes, change les conditions d'équilibre.
Posons
V ' '-0
64 SUR L'ÉQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Il viendra ('), eu tenant compte de {2).
B -- C -H ^^^^ ( a ri IV' -+- - H rj ) -^ w^ D.
Dans cette équation, A désigne une conslanic lumiérujue qu'il est inutile de
déterminer davantage: B est un ensemble de termes contenant ri en facteur:
G est un ensemble de termes de degré supérieur au second par rapport aux ,3;
enfin D est un ensemble de termes s'annulant avec les 3.
Nous donnerons à A la même valeur dans les é(|uations (4 ) et (5). Il viendra
alors
On trouve aisément
1 = - / U-'o- (/s -h 1',- / H-p-' coso i/z -h - - 1 Hp* cos-ç ''r + ~^ 1 p-'cos^ çt/ç.
^11 «-Il "' *^ii ^ it
Mais les équations (2) et (3) peuvent s'écrire
/ p= (/ç. = 2 K ;• j , / p-' cosç c/o = o,
de sorte qu'il reste simplement
D = ^-R I ( pi — rj j cos- 9^/0-4-^ / ( p-' — r^ ) cos= ç c/i.
JNous prendrons
de sorte que V sera désormais déterminé.
Comme r„ et R sont provisoirement regardés comme des constantes, le
maximum de U aura lieu en même temps (|ue celui de V, de sorte que l'équi-
libre de notre système à liaisons aura lieu dans les mêmes conditions que si V
était la fonction des forces.
.Supposons que dans V, on fasse r„^= o, il viendra
,, i ^ „/i \ G 1 7t"-oj'^ -^ -ov- r/pf N
^ = 4 ^ --^H" -T^ ÂTTiï ^ :î — -" î — ./ (fe -T"^"^ ''^
('; ^''y(/■ aux .Nolub, iiguici n/uiit/uiix's.
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 65
Si nous faisons encore to ;= o, il viendra
Si l'on lient compte de l'équation (3), il vient
E étant un ensemble de termes du second degré au moins par rapport à yo, ys, —
On peut donc écrire
F étant un ensemble de termes du troisième degré au moins par rapport
à ys) T3j • • • •
Cette équation prouve que si l'on fait co ^= /„=; o, la fonction V est suscep-
tible d'un maximum ([ui est atteint quand tous les y s'annulent. Les coefficients
de stabilité sont
I I I
--I, ^— I, ..., --I, ....
Comme aucun de ces coefficients n'est nul, la forme d'équilibre correspon-
dante ne pourra être une forme limite, c'est-à-dire que pour les valeurs très
petites de r^ et de w, le système à liaisons considéré sera susceptible d'une
forme d'équilibre, pour laquelle les y auront des valeurs très petites.
On aura alors pour cette forme d'équilibre
(6) yu= ?/,('-o, w),
(B„ étant une fonction continue de i\ et de u s'annulant avec ces variables.
Il reste à chercher quelle valeur il faut donner à ro pour que l'équilibre sub-
siste encore quand on supprime la liaison que nous avions provisoirement
introduite, et quand on n'assujettit plus /"o et R à avoir des valeurs données.
Supposons qu'on remplace dans U les y par leurs valeurs (6) et R par sa
valeur tirée de l'équation (i). Alors U ne sera plus fonction que de /'o et de w,
et l'on aura la condition pour que l'équilibre subsiste après la suppression de
la liaison, en écrivant
. ^ dl]
Je dis que pour les valeurs très petites de w, il y aura toujours une valeur
H. p. — VII. Q
66 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
très potite de l'o pour laquelle celle coiulilion (y) sera remplie. Nous pourrons
écrire
(8) U = Ar5log~^ + — P + C.
Les lelires A, a et B désignent des constantes ne dépendant que de M et C un
ensemble de termes très petits par rapport aux deux premiers quand To et co
sont très petits. Inutile d'ajouter que les lettres A, B et C n'ont plus la même
signilîcation que dans la première partie de cette démonstration.
Soit s une quantité très petite que nous regarderons comme constante et qui
sera telle que
aAs log — — 3 As = o.
° S-l S"
Nous allons faire varier ;'o depuis 2S jusqu'à zéro. Pour r« ^ 2S, les deux pre-
miers termes de l'expression (8) se réduisent à
4A.- logg^ + 3^ A.- log - - - A.-= — A.- log - + S,.
Pour rii = 5, ces deux mêmes termes se réduisent à
..1 « ii„i « 3.„ 4**„i <5f f.
AsMog— + - A.ç= log - — - As"-= — sMog ^ -I- So.
° S'i 2 s' 4 32 ° ^3
Enfin pour /-q^ o, on a U =; -f- 00 . Dans ces égalités, Si et Sa désignent des
termes très petits par rapport a s- log - •
On a donc :
pour /•„ ^ 25 :
pour r„ = s
pour r,i^ o
U— ^-— 5Mog-= v"^ '"?
J2 s' 32
1 00 . a 52 „ , a
32 ' " 5:1 ^ 32 * '"^ s» ^ -- '
-, 100 , a
2i et 2j sont des ensembles de termes très petits par rapport à 5'- log — > et qui
n'influent pas sur le signe de l'expression
1 00 , a
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 67
Celte expression est donc posilive pour /o ^ 25, négative pour ro= .y et posi-
tive pour /■o= o. Elle s'annule donc deux fois quand l'o varie de 2S à zéro; sa
dérivée -; — doit donc s annuler une fois dans le inème intervalle.
C. Q. F. D.
Ainsi pour une valeur donnée très petite de w, on peut trouver un système
de valeurs de r„ et des y qui satisfasse aux conditions d'équilibre, et cela après
suppression de la liaison que j'avais d'abord provisoirement introduite.
11 en résulte qu'une masse fluide animée d'un mouvement de rotation est
susceptible d'une forme annulaire d'équilibre, qui d'ailleurs est probablement
instable.
J'ai donné une esquisse de la présente démonslralion dans le Tome 2 du
Bullelin Astronomique ('). J'ai donné également dans ce même Volume une
façon de calculer approximativement les éléments de celte figure annulaire.
L'analyse que j'ai employée pour déterminer ces éléments présente les plus
grandes analogies avec celle dont M™" Kowalevski a fait usage dans ses recherches
sur lanneau de Saturne;.
VI. — Exemples d'équilibres de bifurcation.
Dans les n"" 27 et 28 du Livre III de la Mécanique céleste, Laplace Iraite le
problème suivant : Une sphère solide de densité p et de rayon c est recouverle
d'une couche fluide homogène de densité i. Quelle est la figure d'équilibre de
cette couche fluide? Quelle sera à l'état d'équilibrt; la forme de la surface
libre de celle couche ?
Une des formes d"é(|uilibre est évidemment une sphère concentrique à la
sphère solide, auquel cas l'épaisseur de la couche fluide est uniforme.
On peut se demander s'il y en a d'autres. Pour cela appelons
r= «(l-Haj)
la distance au centre d'un point quelconque de la surface libre. On dévelop-
pera j^ en série de fonctions sphériques
y = Yo-H Y,-i-. ..-H Y,-H-. . .
(') mCuvri-'s de H. Poincaré, ce Tome, p. 17.
68 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
el réquation d'(W]iiililu-i', comme riiidiquc Ijaplace, page 8- (édition de 18-8),
s'écrira
(0 o = [(,_p)5 + 2]Y„-.(,-p);^Y, + [(,-p)g-2]Y. + ...
pourvu loiitetois que l'on néglige le carré de oe.
Quant à l'énergie potentielle, elle a pour expression
W = A -^-:<-^y" [(p,-i )YÎ+ (p,- ^) Yi+. . . j rfo
en négligeant le cube de oc. A est une constante et l'intégrale est étendue à tous
les éléments c/w de la surface sphérique {Cf. Résal, Mécanique céleste.,
i", édition, p. 238).
J'ai posé pour abréger
,_p, = (,_p)^£..
Cette expression de W montre qu'on a une forme d'équilibre quand tous les Y
s'annulent, c'est-à-dire quand l'épaisseur de la couche lluide est uniforme. Les
coefficients de stabilité sont
3 3
Pi — Il pi — 7' •••) pi — ; — ■' ■•••
L'un d'eux s'annulera si l'on a
pi =
V étant un entier positif. A chaque valeur de pi correspond une forme d équi-
libre parfaitement définie qui est la sphère. Ces sphères formeni une série
linéaire de figures d'équilibre réelles. Si donc l'un des coefficients de stabilité
s'annule, c'est que la sphère correspondante est une forme d'équilibre de
bifurcation.
Etudions d'un peu plus près ce qui se passe. Dans le u° 27, Laplace suppose
que la couche fluide considérée est assujettie à conserver une figure de révo-
lution autour de l'axe des z. Dans cette hypothèse, la fonction sphérique Yv se
réduit au •>'"""' polynôme de Legendre, de sorte qu'il n'y a qu'un seul coeffi-
cient de stabilité qui soit égal à p, ; ( )n est ainsi ramené au cas le plus
simple, celui où un seul coefficient de stabililité s'annule et où la forme de
ijifurcalion appartient à deux séries linéaires de forme d'équilibre réelles.
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 69
Laplace semble dire qu'il ne peut y avoir en général ([u'iine seule forme
d'équilibre lorsque l'on n'a pas
3
pi =
2V -I- I
el que lorsque celte relation a lieu, il y a deux formes d'équilibre, puisque xy
est susceptible de deux valeurs, dont l'une est donnée par la supposition
de y = o, el dont l'autre est donnée par la supposition de )• égal au v'"'""' poly-
nôme de Legendre.
Ce passage a dû paraître obscur à plus d'un lecteur. En effet Laplace ayant
négligé les puissances supérieures de a, ce coefficient n'intervient plus dans
l'équation d'équilibre (i); il semble donc qu'on puisse le choisir arbitrai-
rement, et alors on n'aurait plus deux figures d'équilibre, mais une infinité,
qui seraient comprises dans l'équation générale
,) =XY„
X étant une constante arbitraire et Y,, le v"*™" polynôme de I^egendre.
3
Il semblerait donc que pour les valeurs de pi différentes de — 1 la sphère
serait la seule figure d'équilibre possible, et que pour les valeurs de p, de la
forme — j il v aurait une infinité de figures d'équilibre indiiî'érent. Mais les
2V -f- 1 •^ D 1
termes de degré supérieur en x empêchent qu'il en soit ainsi.
Pour les valeurs de pf très voisines de ; — 1 il y a deux figures d'équilibre :
l'une est une sphère, et l'autre est très peu différente d'une sphère. Toutes
deux se confondent pour
3
pi =
2V -H I
Il y a cependant une exception; pour v = 1 , on trouve pi = i . La densité de la
sphère solide étant alors la même que celle de la couche fluide, le sphéroïde
est homogène, el l'équilibre subsistera quand la surface libre, au lieu d'être
une sphère concentrique à la sphère solide, sera une sphère dont le centre sera
quelconque (pourvu toutefois que les deux sphères ne se coupent pas).
L'équilibre est donc indifférent. I*our pi=i, la figure formée parles deux
sphères concentriques esl donc encore une figure de bifurcation, mais on se
trouve dans un de ces cas exceptionnels que j'ai signalés au paragraphe IL
Celte figure appartient bien encore à deux séries linéaires de formes d'équi-
libre. Mais il n'arrive plus, comme cela a lieu d'ordinaire, que pour chaque
70 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
valeur pi voisine lie i, on trouve dans chacune des deux scories une figure
d'équilibre et une seule. Une seule des deux séries présente ce caractère;
l'autre est une série de formes d'équilibre indifférent qui correspondent toutes
au cas de pi ^ I .
Dans le n" 28, Laplace passe au cas où la ligure d'équilibre n'est plus
assujettie à être de révolution. Dans ce cas il y a p.v + i fonctions sphériques Y^
linéairement indépendantes. Donc quand p, devient égal à — — i il y a 2v-f-i
coefficients de stabilité qui s'annulent à la fois. Donc pour les valeurs de pi très
voisines de ; > il y a non pas deux figures d'équilibre peu dillérentes d'une
sphère, mais un plus grand nombre. Il y en a même une infinité, si l'on tient
compte de ce fait que si Ion a une figure d'équilibre non sphérique, l'équilibre
subsiste quand on oriente celle figure d'une manière quelconque.
Je pense que ces remarques suffiront pour éclaircir ce qu'il pouvait y avoir
d'obscur dans le texte de Laplace.
VII. — Stabilité de l'équilibre relatif.
Il est très facile de trouver les conditions de stabilité de l'équilibre absolu
d'un système matériel rapporté à des axes fixes; pour qu'un tel équilibre soit
stable, il faut et il suffit que la fonction des forces soit maximum. Mais le
problème de la stabilité de l'équilibre relatif d'un système matériel rapporté à
des axes mobiles est infiniment plus compliqué. Cette théorie n'a jamais, à ma
connaissance, été convenablement traitée que dans le Treatise on Natural
Philosophy de MM. Tait et Thomson. Elle repose sur la distinction de la sta-
bilité séculaire et de la stabilité ordinaire; j'en vais rappeler les principaux
résultats, en donnant sur un point des compléments qui me seront utiles dans
la suite.
Supposons que la position du système envisagé par rapport aux axes mobiles
soit définie par n variables j"i, x^. . . ., x,,, choisies de telle sorte que l'équi-
libre ait lieu pour
j;i = xo = . . . = ,r„ = o.
.Si l'on dérange très peu le système de sa position d'é(|uilibre, les valeurs de Xi,
x^i^ . . ., .r„ seront très petites et, si \\n\ néglige les carrés de ces quantités, les
équations dilférentielles qui en définiront les variations seront linéaires.
SUR L EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 7I
On irouvera donc
x,='^A,„[i, m Je'".' 1 i = 1, ■}, ..., n; m = i, 2, .... 2«).
Dans celle formule les A„i sonl des constanles d'intégration, les [i, m] el Ics/.„i
sont des constantes qu'il esl aisé de déduire des équations difTérenlielles du
problème.
Si tous les ).„, sonl purement imaginaires, il v a stabilité. Si tous les }.„, ont
leur partie réelle nulle ou négative, il y a encore stabilité (et ce cas peut se
présenter si l'on tient compte des résistances passives, telles que la viscosité des
liquides). Si enfin un des l„i a sa partie réelle positive, il y a instabilité.
F^es X„, sont donnés par une équation algébrique de degré 2n, de sorte que
pour trouver les conditions de stabilité, il suffit de discuter cette équation en 1.
Nous supposerons que toutes les forces réelles auxquelles le système est
soumis sont les actions mutuelles de ses parties, de telle sorte que le moment
de la quantité de mouvement du svstéme soit constant. Parmi ces forces réelles,
nous distinguerons les forces indépendantes de la vitesse qui devront admettre
une fonction des forces dépendantes de la vitesse, c'est-à-dire les résistances
passives dues à la viscosité. Le travail de ces dernières forces doit toujours être
négatif.
Outre les forces réelles, le système sera soumis à deux sortes de forces
apparentes : la force centrifuge ordinaire, indépendante de la vitesse, el la
force centrifuge composée, dépendante de la vitesse; le travail de celte dernière
est toujours nul.
Soit T la demi-force vive el U l'énergie potentielle due à toutes les forces
indépendantes de la vitesse, y compris la force centrifuge ordinaire. Si nous
négligeons, comme il convient de le faire, les puissances supérieures des x el
si nous supposons que U soit nul dans la position d'équilibre, T sera une forme
quadratique par rapport aux a:'-=^ —j^ et U une forme quadratique par rapport
aux Wi-
Nous poserons selon l'usage
de sorte que les équations différentielles s'écriront
dpj^ __d\}_ >hri _ dT
lù ~~ dxt'^ " ~dt ~ dfi'
72 SUR L EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Uaus CCS cqualioos les \i représenlenl renseiiible des ternies provenant des
forces dépendantes de la vitesse. Si l'on néglige les puissances supérieures
des X, les V slm-ouI linéaires par rapport aux p. Les équations difiérenliellos
seront donc linéaires.
Dans le cas de l'équilibre absolu, c'est-à-dire si le mouvement de rolalionest
nul, il faut et il suffit pour la stabilité que la fonction des forces soit un
maximum, c'est-à-dire que la forme quadratique U soit définie positive.
Celte condition est encore suffisante, mais elle n'est plus nécessaire, s'il y a
un mouvement de rotation. Ainsi, pour parler le langage des paragraphes pré-
cédents, si tous les coefficients de stabilité sont négatifs, il y aura certainement
stabilité, mémo dans le cas d'un mouvement de rotation.
Dans un très grand nombre de problèmes, on peut négliger la viscosité; si
dans cette h^-pothèse l'équilibre relatif est stable, il y aura stabilité ordinaire;
si l'équilibre reste stable quand on tient compte de la viscosité, il y aura
stabilité séculaire.
Il peut y avoir stabilité ordinaire sans qu'il y ail stabilité séculaire; il arrive
alors, si la viscosité est très faible, ce qui est souvent le cas, que la figure du
système se maintiendra pendant fort longtemps, mais finira toujours par être
bouleversée.
Pour qu'il y ait stabilité séculaire, il faut et il suffit que la forme U soit
définie positive, c'est-à-dire que tous les coefficients de stabilité soient
négatifs.
Les conditions de la stabilité ordinaire sont beaucoup plus compliquées.
Bornons-nous à dire que celle stabilité ne pourra jamais avoir lieu si le nombre
des coefficients de stabilité qui sont positifs est impair.
Tels sont les résultats très précis que l'on trouve démontrés dans l'Ouvrage
de MM. Tait et Thomson. Il y a toutefois une importante restriction à faire et
sur laquelle je désirerais attirer l'aUention. L'argumentation de MM. Tail
et Thomson repose tout entière sur cette hypothèse que le travail de la visco-
sité est toujours négatif (et non pas nul) pour tous les mouvements possibles.
Il n'en est pas toujours ainsi.
Supposons par exemple une masse fluide isolée dans l'espace. Si cette masse
se déplace sans se déformer, ce mouvement ne sera contrarié par aucune résis-
tance passive analogue à la viscosité. Le travail de la viscosité sera alors nul et
non pas négatif. Nous devons donc, si nous voulons appliquer le théorème
de MM. Tail et Thomson, supposer qu'on a introduit dans le système des
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 73
liaisons telles que la masse fluide ne puisse se déplacer sans se di'^former. Si
l'on fait cette hypothèse, la proposition est applicable, et l'on peut dire que les
conditions de stabilité sont les mêmes si l'on tient compte à la fois de la
viscosilé et de la force centrifuge composée, ou bien si l'on néglige à la fois
ces deux forces.
Avant de terminer ce qui concerne cette stabilité de l'équilibre relatif, je dois
examiner un cas parti-culier. Supposons qu'à l'état de l'équilibre relatif, le
système envisagé affecte une figure de révolution autour de l'axe des z. Pour
simplifier l'exposition, nous supposerons qu'à l'état d'équilibre, toute la
matière du système soit uniformément répartie sur n circonférences parallèles
dont les rayons seront ri, rn, ..., Vn- Soit m une molécule appartenant au
parallèle de rayon r,-. Supposons que l'on déplace cette molécule de telle façon
que sa distance au plan des xy augmente de s,-, sa distance à l'axe des z
augmente de a,- et qu'enfin le dièdre du plan mOz avec le plan xO z augmente
de — '• Si les quantités ?<,-, Zi et r,- sont les mêmes pour toutes les molécules
d'une même parallèle, le système adeclera encore, après cette déformation, une
figure de révolution. Si l'on suppose de même que —r^ = u\
sont les mêmes pour toutes les molécules d'un même parallèle, la demi-force
vive totale du système a pour valeur
A(, A2, ..., A„ étant n constantes que nous regarderons comme données.
Enfin l'énergie potentielle U ne dépendra que des u et des 5, tant que les
quantités m,-, c, et Zi conserveront la même valeur tout le long d'un parallèle.
Les équations du mouvement seront alors, en supprimant toute viscosilé :
r/-ui d\} ,'/•'/ , <^I'-Vi . dui , d-Zi d\i
^'~rrr =— Zi iKiW-j-i A,— ^— = 2 A, (0—7-, A,— ;— = j-t
dl- diii dl dt- dt dr- dzC
w désignant la vitesse angulaire de rotation due au mouvement d'entraînement.
Ces équations sont linéaires en «/,, c, et Zi. On y satisfera en posant
Ui=aiCOS/.t, ;,= 6,cos?. ;, (',= 2 a,- r- sin Xz
et une condition nécessaire pour qu'il y ait stabilité, c'est que les valeurs de 1
qui permettent de satisfaire de la sorte à nos équations différentielles soient
toutes réelles. On voit par ces équations que si les conditions initiales du mou-
H. P. - VII. ,0
ditj I dvi I dzi
~dt '^'^''~dt~^'''dt
^4 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
veinent sont toiles que «,-, c,, :;/, u\ , v\ , z\ soient les mêmes toul le long d'un
parallèle, il en sera encore de même au bout d'un lemps quelconque et le
système restera de révolution.
On [)ourra trouver pour >, un certain nombre de valeurs distinctes que
j'appellerai ±: ).i, ± Xj, ... el l'intégrale générale des é([uations proposées en
supposant ijue le système reste de révolution sera
Ui= 2,^P"'P COS(Apt-\-Ef,),
(I)
:,■ = V B;, 6,7, cos ()./,/-!- £/,)>
/'
<■/ = 2 <o^ B,, Y^ ?iii ( >v' ' + £/>)>
les B/, et les s,, étant 2/) constantes d'intégration.
Mais on doit avoir
T-+-U = C,
C étant une constante. Il est facile de voir que si U n'est pas une forme définie
positive, on peut choisir les conditions initiales du mouvement de telle sorte
que la constante C ait le signe que l'on veut. On trouve
T = Do-f- 2Dpros2(X^Z + £,,) + S D;,^ cos[(X,, -1- X,)< + £^-4- E,]
(j = Eo+ 2E^ cos2().p« H- i,,)-h S(E/,^ ou E^,./ ) cos [( À,, -4- 1^)1 -+- ip±s^].
On a donc
Do + Eo = G, D,, -+- E^ = o, Dp^ -h iip.f = o, D^„, + E^„^ = o.
On trouve d'ailleurs en faisant attention à la nature des formes T et U et à la
forme des équations (i) :
D„= ^BJ-ï^p,
p
2 Eo = 2 B/, A , ( 'i.'j, afp + XJ, bfp -\- \ m"- afp ).
2 '^'/' = — 2 ^'^ '■'^ "'> "*" '''' ^'^' ~ '' "'' "''' ^'
SUR l'Équilibre dune masse fluide en rotation. 76
On lire de là
(2) DoH-E„-2B;,(D,,h-E,,) = SB^A,/.M«,>+6,7.),
el d'autre pari
Do+ E„- SB^(D,,-i- E^) = C.
Les coefficients A,- sont essentiellement positifs. Si donc les l^ sont tous
r(^els, le second membre de (2) est essentiellement positif. Mais nnus avons vu
que C peut devenir négatif à moins que la forme U ne soil définie positive. Si
donc cette forme n'est pas définie positive (au moins tant que le système est
assujetti à rester de révolution) il ne peut y avoir stabilité.
Cette démonstration se trouve, sauf la forme et les notations, dans la Méca-
nique céleste de Laplace (Livre i\', Chap. II, n° lA).
On doit donc conclure que si un système affecte, à l'état d'éijuilibre relatif,
une figure de révolutiou, cet équilibre ne jouira pas même de la stabilité
ordinaire, si l'équilibre du système n'est pas stable quand on supprime la force
centrifuge composée et qu'on introduit des liaisons assujettissant le système à
rester de révolution autour de l'axe des z. II faut toutefois observer à quelle
condition ce théorème de Laplace est applicable. II pourrait se faire que l'un
des 1 fût nul et alors le raisonnement précédent tomberait de lui-même. Il
pourrait y avoir encore stabilité en ce sens que la figure extérieure du système
demeurerait toujours très peu différente de la figure primitive; mais les divers
parallèles tendraient à tourner avec des vitesses différentes.
Il reste à examiner si les théorèmes établis dans les paragraphes précédents
subsistent encore dans le cas de l'équilibre relatif. Le premier d'entre eux,
d'après lequel, si un des coefficients de stabilité change de signe quand on
suit une série linéaire de figures d'équilibre, la forme correspondante est de
bifurcation, subsiste évidemment, car le mouvement de rotation et la force
centrifuge composée ne changent pas les conditions d'équilibre et n'ont
d'influence que sur les conditions de stabilité.
Quant au second théorème, c'est-à-dire au principe de l'échange des stabi-
lités, il subsiste encore en ce qui concerne la stabilité séculaire dont les condi-
tions ne sont pas non plus changées par la force centrifuge composée.
Il subsiste même en ce qui concerne la stabilité ordinaire, mais seulement à
la condition qu'un seul des coefficients de stabilité s'annule à la fois. Nous
avons vu en effet qu'il ne peut y avoir même stabilité ordinaire quand un seul
coefficient de stabilité (ou plus généralement un nombre impair de ces coeffi-
cients) est positif et les autres négatifs.
76 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
VIII. — Fonctions de Lamé.
Après ces longs prolégomènes, j'arrive à l'objet principal de ce travail.
Nous nous occupons de délerininer la forme d'équilibre d'une masse lliiide
homogène dont toutes les molécules s'attirent d'après la loi de Newton et qui
est animée d'un mouvement de rotation uniforme autour de l'axe des z. Si nous
ne nous occupons que des conditions d'équilibre en laissant de côté la question
de stabilité, nous n'avons pas à tenir compte de la force centrifuge composée,
et nous pouvons traiter le problème comme s'il s'agissait de l'équilibre absolu
d'une masse ILiide soumise seulement à l'attraction nowlonienne et à la force
centrifuge ordinaire.
Nous connaissons déjà plusieurs séries linéaires réelles de ligures d'équi-
libre, ce sont les ellipsoïdes de révolution et les ellipso'ides de Jacobi. La figure
de ces ellipso'ides dépend de la vitesse angulaire de rotation w qui jouera ici le
même rôle que jouait le paramètre k dans les paragraphes II, IH et IV.
Nous pouvons, sans restreindre la généralité, imposer à notre masse fluide
certaines liaisons. L'axe de révolution que nous avons pris pour axe des z, peut
être regardé comme fixe. Nous regarderons également comme fixe le centre de
gravité de la masse. Cela ne suffit pas encore pour notre objet; si l'on se
bornait là en effet, on pourrait faire tourner l'ellipso'ide de Jacobi d'un angle
quelconque autour de l'axe des s sans que l'équilibre cesse. Ou aurait donc pour
chaque valeur de w une infinité d'ellipso'ides à trois axes inégaux qui satisfe-
raient à la question. Afin d'éviter cette circonstance, qui sans pouvoir causer
de véritables difficultés, nous gênerait dans l'exposition, nous assujettirons
notre système à une liaison de plus, en supposant que le plan des xz soit un
des trois plans principaux d'inertie. 11 résultera de cette hypothèse que si un
ellipso'ide à trois axes inégaux satisf;iil à la f[uestion, ses trois axes d inertie
seront les trois axes de coordonnées, cl de plus le même ellipso'ide satisfera
encore à la question quand on l'aura fait tourner de 90° autour de l'axe des z.
Dans ces conditions, voici les résultats bien connus de la discussion des
équations d'équilibre.
Quand w'- croît depuis zéro jusqu'à 47rXo,0()3, il y a quatre ellipso'ides qui
satisfont à la fjueslion, à savoir doux ellipsoïdes de révolution et deux
ellipsoïdes de .Jacobi. Ces deux derniers ne dilTcrenl l'un de l'autre que par
leur position, et l'on passe de l'un à l'autre par une rotation de r)o° autour de
l'axe des s.
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 77
Pour 0)2= 4^1 X 0,093, les deux ellipsoïdes de Jacobi se confondeal entre eux
el avec un des deux ellipsoïdes de révolution que nous appellerons l'ellipsoïde E.
Quand co^ croît de /^n x 0,0098 à 471 X 0,112, il y a deux ellipsoïdes de
révolution qui satisfont à la question.
Pour co2^47'XO)'i2 les deux ellipsoïdes de révolution se confondent en
un seul E'.
Pour Cl)- > 4^^ X o, I 12, il n'y a plus d'ellipsoïde satisfaisant à la question.
Pour parler le langage des premiers paragraphes, il y a quatre séries
linéaires de figures réelles d'équilibre depuis w-^o, jusqu'à ci)'- = 47r X 0,09;
il n'y en a plus que deux depuis to- = 4^ X 0,09 jusqu'à w- = ^n x 0,0 1 1 , et
il n'y en a plus du tout à partir de cette dernière valeur.
L'ellipsoïde E' est une forme limite puisque, en faisant croître to-, on voit les
deux ellipsoïdes réels de révolution se confondre a\ec E' pour devenir ensuite
imaginaires.
L'ellipsoïde E est à la fois une forme de bifurcation, (puisqu'il appartient à
la fois à la série des ellipsoïdes de révolution et à la série des ellipsoïdes de
Jacobi et une forme limite, (puisque, en faisant croître w-, on voit les deux
ellipsoïdes réels de Jacobi se confondre avec E pour devenir ensuite
imaginaires).
( )utre les ellipsoïdes, on sait qu'il existe des figures annulaires d'équilibre,
dont nous avons parlé dans le paragraphe V. Nous nous proposons de
rechercher s'il existe en outre des séries linéaires de figures convexes d'équi-
libre non ellipsoïdales. Pour cela nous chercherons à reconnaître si parmi les
ellipsoïdes de révolution et ceux de Jacobi, il y a des formes de bifurcation.
Pour arriver à ce résultat, il faut calculer les coefficients de stabilité de ces
ellipsoïdes et rechercher dans quels cas ils s'annulent. On verra plus loin que
ces coefficients dépendent des fonctions de Lamé, mais nous allons d'abord
rappeler les résultats si remarquables des travaux de Lamé el de Liouville au
sujet de ces fonctions.
Nous emploierons dans ce qui va suivre les notations de Liouville dans ses
lettres à Brachet (/. Math, pures et appl., 1™ série, t. 11, 1846). Rappelons
ces notations.
On donne à l'équation de l'ellipsoïde considéré la forme
^ -f- ■/"., -4- /" , =1 (C2>62)
p2 pi — 0- f- — c-
78 SUR l'équilibre d"une masse fluide en rotation.
el l'oii dëlinit la posilioii d'un point sur cet elli])S(jïc]e par les deux autres coor-
données elliptiques p. et v.
Une fonction de Lame d'ordre n est une fonction R de l'une des quatre
formes
R = P„, R = ^,y_6=p„_,, R = v'f-i-c-^P,,-,, R = \/{f'-b-^){f--c-^) P„_2
(où P„ désigne un polynôme de degré n en p) et satisfaisant à l'équation
différentielle
(>) (P— 6^)(P— c=)2+(2p-^-6^-c=)p^ =[«(«+i)p-^-B]R
(B étant une constante convenablement choisie).
Avant d'aller plus loin, indiquons quelles sont les diverses formes qu'il peut
être utile de donnera l'équation (i).
Nous poserons
pi = y/p- — 6-, p2 = V'p- — c- ;
R = pTo= p[Ti = p2T2= p, P2U0 = PP2U1 = ppi U2.
L'équation peut alors se mettre sous la forme générale
(1') (<!'-+- /"J' + 9) -^ + (^''+ PO' ^ =(lla"--t-K)V.
Dans celte équation générale, cr représente l'une des variables p, pi ou pa,
et V l'une des sept fonctions R, ï ou U. On a d'ailleurs
a = 2, Il = «(/i + i) si V = R;
ï = 4, H = „(„H-,)_2 si V = T;
a = 6, Il = /i(/i-i-i) — 2 si V = U.
D'autre part
/> = — (6-+C-), q = b'-c'- si <T = p ;
p = ib- — C-, q =— b-{c-— b'-) si 'j=pi;
p = 2C- — b-, q = c'-{c-^b'-) si a = po.
Si par exemple cr = p, on obtient :
^ = p, si V = R,
'^ = p — le'-. si V = Ti,
p = 3/), si V = U.
Enfin on trouve
K=— B, si V = R, !i = p;
K= — (B — c2), si V = T|, " = ?;
K=-(B-9), si V = Uo, a==p;
K = — [H -+- n(/î -Hi)^2], si V = R, 1 = pi,
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 79
Pour achever de définir la fonction R, nous supposerons
lira — = I pour p = 00.
A chaque fonclion R correspondent deux fonctions M et N que l'on obtient
en changeant dans R, p. y/p- — b- et ^p'- — c- en p., ^p.- — b- et y/C- — fx-^ en
ce qui concerne M, et en v, y/6'- — v-', y/c- — v'- en ce qui concerne N.
A chaque fonclion R correspondra en outre une fonction S de p définie par
l'équation
S = (2« + i)R f ''^
et satisfaisant comme R à l'équation (i).
Liouville pose de plus
P h
1 =
P v/(p2-6'-)(p---c-^) v'(P'-6'^)(p--c-) v^(p---K-)(p''— v'O
P est la distance du centre de l'ellipsoïde au plan tangent.
Liouville trouve ainsi les équations suivantes :
rrl'WW d<,y' _ 4-RSiVlN
Dans celle équation (2) on considère deux points de l'ellipso'ïde ayant pour
coordonnées elliptiques p, }!., v et p, p.' et v'; M, N et / sont les fonctions définies
plus haut de [x et de v; M', N' et l' sont des fonctions correspondantes de p.' et
de v'; A est la distance des deux points p, v et p.'', v'; rftij' est un élément de la
surface de l'ellipso'ïde ayant pour centre le point p', v' et l'intégrale est étendue
à tous les éléments diJ de l'ellipso'ïde.
Liouville trouve encore
(3) /J'/Mi\M,Nir/oj = o,
où (io) est un élément de l'ellipsoide; /, M, N, Mi et N, les fonctions définies
plus haut des coordonnées p. et v du centre de cet élément. M et N sont deux
fonctions de Lamé conjuguées; Mi et Nj sont deux autres fonctions de Lamé
également conjuguées, mais qui doivent être différentes des premières.
Liouville démontre de plus que la fonction R est constamment positive et
croissante quand p varie depuis +c jusqu'à +00. Pour les valeurs p = o,
p = ±6, />= i:c, une des deux fonctions R ou -7-\/'{^'- — b-) (p'-' — c'-') doit
s'annuler.
8o SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
Il me reste à parler des équations qui diitcrminent la conslanle 15.
CKerclioas quelle est la condition pour que l'équation (i') soit satisfaite par
un polvnome de degré A, (où X = «, si V = R; ou n — i si V = T; on n — 2
siV = U).
Posons à cet effet
\' = a^ -I- Y i a'~- -H y» s'"'' -H • . • + ".'x cr^'"-"-
Nous prendrons X^2/. si 1 est pair et À = 2/. + i si A est impair. Nous
trouverons alors en substituant ce polynôme à la place de V dans l'équation ( 1')
et idenliliant les deux membres
<I>7,,-, -t-(/.'r— k)-;i-\- î 87,-1 = o
il> = ( ), — 2 £ — 2 ) ( À — 2 J -t- a — 3 ) — H
(4) { I [i\ (' = 0, I, 2, ...,x).
1' =/>(>■ - 2î') y- - 2 j - n- j- j
\ e =(>. — 2t -t- 2)(X — 2t -m;
L'équation (4) est une sorte de relation de récurrence qui permet de calculer.
de proche en proche les coefficients y, en parlant des valeurs initiales "u^ ',
Y_j^o. On trouve ainsi yt sous la forme d'un pol_ynome de degré i en A".
Comme on doit avoir -'x* 1 ^ o, la valeur de k (et par conséquent celle de B) se
trouve donnée par une équation algébrique de degré x + i.
Nous avons vu plus haut que la fonction R peut prendre l'une des quatre
formes
K=I'„, R= v/F^^6^P,,-,,
A ces quatre formes correspondront quatre équations en B qui seront respecti-
vement de degré
si n est pair, et de degré
n
n
n
— t
et
2
2
2
I n-
— et —
si n est impair, et (jue j'appellerai pour abréger (Ej), (Eo), (E;,) et (E..,).
Pour former l'une de ces quatre équations, on formera l'équation (i') de façon
que la fonction V doive être un polynôme entier et l'on en déduira les équa-
tions (4) correspondantes. Il est à remarquer que chacune de ces quatre
équations peut être ainsi construite de trois manières différentes. En ellel,
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 8i
pour chacune de ces quatre formes de la fonclionRon peut écrire l'équation (i)
de trois manières différentes, selon que l'on choisit pour variable indépen-
dante p, Pi ou P2.
Lamé a démontré que ces quatre équations (E) ont toutes leurs racines
réelles. Liouville, en rappelant ce résultai, ajoute que la méthode de Sturm y
aurait conduit plus rapidement. Comme il ne donne pas d'autre détail, il ne
sera peut-être pas inutile d'éclaircir sa pensée par quelques explications.
Si l'on revient aux équations (4), on verra que le coefficient O y est toujours
négatif et le coefficient 0 toujours positif. Si donc on suppose que q soit
négatif, les fonctions y,- qui sont, comme on l'a vu, des polynômes entiers de
degré / en B, jouissent de la propriété caractéristique des fonctions de Slurm,
c'est-à-dire que, quand •-, s'annule, y,+i et yi'-i sont de signes contraires. On
voit de plus que si le coefficient de /.' dans yj est positif, le coefficient de A'*'
dans y,_Hi sera négatif et réciproquement. On peut donc appliquer le raison-
nement de Sturm à la suite yx+i, yx, • • •> '{-i, yii yn- Mais on peut toujours
supposer que q est négatif; il suffit pour cela de prendre pi pour variable indé-
pendante. C'est ainsi que la méthode de Sturm est applicable aux équations qui
nous occupent.
D'ailleurs, si q est négatif, et si l'on élimine les y entre les équations (4) par
le moyen d'un déterminant, l'équation (E) ainsi obtenue aura la même forme
que « l'équation en S » que l'on rencontre quand on recherche les axes
principaux d'une surface du deuxième ordre.
Voici une autre démonstration du même théorème, que je crois nouvelle et
qui pourra nous être utile.
Dans le cas de h- = c-, on a ainsi que Liouville l'a montré :
]i = [n{n ~\- i) — i'^]c' (i = o, i , 2, . . ., n),
i
_ _ ( p'- — c" )- rf'+"(p2— c')"
~ ln{2n —\) . . .{n — ' -(- i ) rt'p'+''
Dans le cas de b- = o, on a
B = j2 c - ( J = o, I , J ,...,« ),
i
j(^ (pl-^c-y di+"{fl-\-c"-)
iniyin — :)...(« — f-Hi) f/p' *-"
Ainsi pour 6-= c^ les racines des équations (Ei) et (E,-, ) sont
/l(/l-Hl)c-, [«(« -hl) — 4]c-, ..., [«(« H- i) — 4^"-]c- (2A-^«),
H. p. — VII. II
/03fc7
82 SUR LÉQUILIBKE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
ei celles des équations (E^) el (E;, ) soûl
( /)(« -H O — i]c-. f n(«, H- i) — i)|c- I /M n -H r 1 — (■iA- -+- I )■- |c- (■> /i -h i -_:^ n).
Ainsi si l'ou envisage seulement les équations (Ei) et (E^) par exemple, les
racines de ces deux équations seront toutes réelles et se sépareront mutuel-
lement.
Faisons varier b- d'une manière continue depuis su limite supérieure c-
jusqu'à sa limite inférieure zéro. Les racines des deux équations (E,) et (Ej)
varieront d'une manière continue. Pour qu'elles cessassent d'être toutes réelles,
il faudrait que deux racines de (Ei) ou deux racines de (E,) devinssent égales.
-Mais pour que cela fût possible, il faudrail d'abord que les racines des deux
équations cessassent de se séparer mutuellement. Pour qu'elles cessassent de se
séparer, il faudrait (|ue l'une des racines de (E| ) devint égale à ime des racines
de(Eo:).
Or je dis que cela est impossible. Soit en ellét B une racine que nous
supposons appartenir à la fois à (E,) et à (Ej) et envisageons l'écjuation (i)
correspondante.
Celte équation admeltia deux intégrales, l'une de la forme 1',,, l'autre de la
forme \/ o- ^ c- l'/,^i. Soient 11 el lii ces deux intégrales. On peut former uue
équation linéaire du troisième ordre, à coefficients rationnels et admettant pour
intégrales les cari-és des intégrales de (i). Un système fondamental d'inlégrales
sera R-, RRi et R^. Cette équation admettrait donc comme intégrales deux
polynômes entiers R- et Pif essentiellement distincis.
Mais l'équation (i) admet, oulre l'intégrale R, l'intégrale S définie plus haut
el qui est telle que
liniSp"'' = i pour i = x.
L'équation du Iroisiéuie ordre dont nous venons de parler .ulmeltra donc
comme système fondamental d'intégrales R-*, RS, S-. Si nous convenons de
dire qu'une fonction F de p est de degré/» en p si le rapport de F à p'' tend vers
une limite finie quand p croit indéfiniment, il résulle de ce qui précède que les
trois intégrales R-'. RS el S- sont respectivement de degré 2/(, — i et
— (2/1 + 2). Une intégrale quelconque de l'équation du troisième ordre sera
uue combinaison linéaire de K-, RS et S'-'; elle sera donc, à moins d'être identi-
•juement nulle, de l'un des trois degrés 2 n, — 1 et — (2/4 + 2).
Or R- — -RJ qui est une de ces intégrales, ne peut être ni de degré — 1 , ni de
degré — (2/1 + 2) puisque c'est un polynôme entier; ni de degré 2/i, puisque
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 83
le premier terme de R- esl p-" de même ((ue le premier Icrme de R^, de sorte
que les termes de degré 2.11 disparaissent dans R- — R^. Il faut donc que
li^— h; = o (.11 U = Ki,
ce tjui esl impossible et contraire aux h\potliéses faites plus Laul. Nous devons
donc conclure que les racines des écpiations (E,) et (E2) sont toutes réelles et
se séparent mutuellement, (pielle que soit la valeur dt^ b-.
Cela va nous permettre de distinguer les unes des autres les diverses
fonctions R.
Nous écrirons R,*,. L'indice supérieur /, sera égal à 1, 2, 3 ou 4 selon que R
sera de la forme
P„, ou \ p'- — 6-P„-_i, ou v'p" — «-''-r',,— 1, ou y/(p- — 6'-,)(p- — c-)l'„_2.
L'indice n indiquera le degré de la fonction R, cnlin l'indice / devra être choisi
de telle sorte que R,,,- se réduise à
A (p- — c- )- U''+" ( p- — c- )" pour b" = c-,
A désignant un coefiicient constant dont on Irouvera plus haut la valcm-, et le
signe D'^" exprimant qu'on doit elVecluer « '+ 71 dilVérentiations par rapport à p.
On voit aisément d'après ce qui précède que la fonction R',f| est parfaitement
déterminée. Pour b- ^ o on trouve
Ht,V,= A(pS-c-^f D/+''(pi + c=)",
oii j a une valeur que nous allons déterminer.
On voit aisément que i est pair si A' =1 ou 4 et impair si A" =^ 2 ou 3; tandis
que j est de même parité que n, si A = i ou 2 et de parité différente si k = 3
ou 4- De plus, pour une même valeur de A", les valeurs dey devront croître
quand celles de i décroîtront. On a donc :
si A' = I ou 3 : 1 -t-y = « ;
si A: = 2 ou \ : i -h J = n -+-i.
Nous pouvons déduire de là quelques propriétés des fonctions R. Combien
l'équation
(5) iv/;',= o
[où le preuiier membre est supposé débarrassé du facteur radical y'p- — b',
y^p- — c- et y/(p^ — ^^) {p^ — (^')' qu'il pourrait contenir, ainsi que du fadeur p
84 SUR l'équilibre dune masse fluide en rotation.
s'il Y 1* lii'iij auia-l-elle de racines réelles et conimenl ces racines seront-elles
distribuées? Nous prendrons pour inconnues p- et non pas p. Faisons d'abord
6'=c-. Ou verra que l'éiiualion admettra l racines égales à c- et n racines
comprises entre zéro et c'-.
Si nous faisons ensuite b'^o, on verra que rétiualion admelira ï' racines
égales à zéro et yj' comprises entre zéro et c-'.
Les valeurs des nombres 5, t), ^' et r/ noiis seront données par le tableau
suivant, où la première colonne donne la valeur de /.', la seconde le reste de n
à 2 et les ([iiatre autres les valeurs des quatre nombres : i — ai;, n — i — 2/),
/ — 2^', n—j — in.
I . o. (I. 11. (1. o ;
I . 1 . o. I , I , o;
:>.. o, I, I. ■<, ci;
2, I, I, I), I, o;
3, ". 1 , I . I , I ;
,3 , I , I , (I , o . I ;
4, o, 2, o, I, i;
4, I, 2, 1, >, I.
Ce tableau montre que l'on a toujours
Qu'arrive-L-il maintenant pour les valeurs de b- comprises entre zéro et c^ ?
Pour une pareille valeur, l'équation ne peut avoir de racine multiple, car si
pour une certaine valeur de p, R et -3- s'annulaient à la fois, le coefficient
/2 R
de —7^ dans l'équation (1) devrait être nul également, ce qui entraînerait
(j- = /;- ou C-.
D'autre part aucune des racines de l'équation ne peut être égale à zéro, à b'^ ou
à C-; car si l'on forme l'équation déterminante de l'équation (i) pour les
points p = ± 6, p =± c, on trouve que les racines de cette équation détermi-
nante sont zéro et -• D'ailleurs, comme on a supposé qu'on enlevait dans
l'équation (5) le facteur p s'il s'y trouvait, il ne pourrait arriver qu'il y restât
ensuite, que s'il y entrait au carré avant qu'on ne l'eût enlevé. Or nous venons
de voir que cela ne peut être.
On doit donc conclure que lorsque b- décroît depuis c- jusqu'à zéro,
l'équation (5) aura ci racines réelles entre zéro et />- et /)i racines réelles entre
6^ et c^ et que ces deux nombres ^j et yj, demeureront invariables.
SUR L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 85
l'oiir 6-^ c-', il arrivera que les rn racines comprises entre b- et c- devien-
dront égales à c-; on pourrait supposer aussi qu'un certain nombre de racines
d'abord imaginaires, ou non comprises entre 6- et c- tendent aussi vers c-
quand h- tend vers c-, de sorte qu'on aurii
Quant aux l, racines comprises entre zéro et b-, elles resteront comprises
entre zéro et c'; on pourrait supposer toutefois que quelques-unes d'entre elles
se réduisent à r-'; on aura donc
Supposons maintenant que b- tende vers zéro; il arrivera que les tj racines et
peut-être d'autres tendront vers zéro, et (pie les rn racines resteront comprises
entre zéro et c-, quelques-unes d'enire elles pouvant se réduire à zéro. ( )n
aura donc
Mais si d'autre part un observe que l'on a
on verra qu'on doit avoir constamment
'^ii — ; — ^ r 41 — ç = r,.
Il en résulte que l'équation (5) a toujours toutes ses racines réelles et comprises
entre zéro et c-; quant au nombre de racines comprises entre zéro et 6-, ou
entre //- et r- . il est donné par le tableau précédent.
Si pai' exemple n est pair, l'équation RJ/!=o aura — — racines comprises
entre zéro et b- et - comprises entre 6-' et c- (').
Je ne veux pas, pour le moment du moins, m'étendre plus longtemps sur les
propriétés générales des fonctions de Lamé; je me bornerai à rappeler les deux
résultats suivants qui sont bien connus.
En premier lieu, B est toujours compris entre zéro et n(n -+- i)c'-.
En second lieu, une fonction quelconque de y. et de v, pour les valeurs de v
comprises entre zéro et b- et pour celles de p. comprises entre b- et c-, peut
C) Ces résultats ont clé donnés par M. Klein, i|ui y a été conduit par des considérations un
peu diOrérentes.
86 SUR L'EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
luijoiirs l'-tro (ltWelop|)(^e en une séri(> de la forme iA,M,N,, où A, désigne nii
coeflicieul constant, pendant que M, et N,- désignent doux fondions de Lamé
conjuguées de fx et de v.
IX. — Détermination des coefficients de stabilité.
Considérons un ellipsoïde fluide et homogène en équilibre sous l'action de
l'altraclion newtonienne et de la force centrifuge. Supposons qu'il subisse une
déformation infiniment petite, sans que son volume change, et cherchons à
évaluer le travail des forces qui agissent sur le corps pendant cette déformation
infiniment petite. Soit
X'- r- :■-
p- p2 — /y- p- — c-
l'ellipsoïde envisagé et soient ;j. et v les coordonnées elliptiques qui définissent
la position d'un point sur cette surface. .Soit Ç la distance de l'ellipsoïde à la
surface déformée comptée sur la normale à l'ellipsoïde; soit ^ la résultante de
l'attraction el do la force centrifuge en un point de la surface de l'ellipsoïde à
l'étal d'('quilibro; cette résultante est comme on sait normale à l'ellipsoïde.
Soit enfin d'j) un élément cpielconque de la surface de l'ellipsoïde. Pendant la
déformation, une molécule quelcon((ue peut être regardée comme soumise à
trois forces : à l'attraction de l'ellipsoïde supposé fixe, à l'attraction du bourrelet
infinitésimal formé par la dillérencc entre la surface déformée et l'ellipsoïde, el
à la force centrifuge. Si nous considérons un point matériel (pelconque de
masse i et que nous appelions A sa distance à Lin éloineut (pielcon(|ue dm' de la
masse de l'ellipsoïde et r sa distance à l'axe dos j; si nous posons (')
/" '//ti (')- /■'-
la variation de V mesurera précisément le travail des forces agissant sur ce
point matériel et ducs à l'attraction de l'elli()soïde et à la force centrifuge, en
laissant de côté l'attraction du bourrelet dont nous venons de parler.
Il résulte des hypothèses faites, (pie sur toute la surface de l'ellipsoïde, la
fonction V a uuo valeur constante fpie nous appellerons V,,. Si au lieu d'un
(') On remarquera que je désigne par w la vitesse de rotation et par rfio un clément île
rcllipsoïde; par \i. une des coordonnées elliptiques et par d[i. un élément du bourrelet. Il n'en
peut résulter aucune confusion, puisr|uc les iliirerentielles de w el de \i. nVnlrcnt p.is rians li'
calcul.
SUR L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 87
point situe sur l'ellipsoïde, nous envisageons un point M intiniment voisin de
cette surface, nous abaisserons du point M sur l'ellipsoïde une normale MM' de
longueur infiniment petite 1. La valeur de la fonction g au point M sera préci-
sément aussi la valeur de la dérivée de la fonction \, estimée suivant la
nt)rmali'. ( )n aura donc au point M, en négligeant les inliniinent petits du
deuxième ordre
Quelle est maintenant l'énergie potentielle totale de la niasse fluide déformée ?
,,,.,,,, . , .1 rrdtndin , , ,
L énergie due a 1 attraction seule aura pour expression - // dm et dm
étant deux éléments quelconques de la masse lluide et A la dislance de ces deux
éléments. L'énergie due à la force centrifuge sera / ~r'-dm, r étant la
distance de l'élément dm à l'axe des .:. r..e double de l'énergie potentielle totale
sera donc
y. \\ = // / ft'r-i/iii.
J'appellerai W,, la valeur de W dans l'étal d'équilibre, c'est-à-dire quand la
figure de la masse fluide se réduit à l'ellipsoïde.
Mais nous devons distinguer parmi les éléments de la niasse fluide, les
éléments de l'ellipsoïde que j'appellerai dm et dm' , et les éléments du bourrelet
que j'appellerai rffjt et d[i.' . Parmi ces éléments, il j en aura de négatifs, puisque,
le volume ne changeant pas pendant la déformation, on doit avoir
On a donc
,,, (Tdmdni {T dm du! (T dm d\x fP du. dii.' T „ , , C
.^V^„=ffËIIll!!!^^f,y.,.dm,
ce fpii peut s'écrire
«r -ixr H' dm' d\x r . , , /r^'!^'^.^
2 W = 2 Wo + 2 |/ ■—- -!- / to- r- d[x -^ Il ,
OU puisque
„ f" dm' (')- r-
on aura
' dix d'x'
) \N = o VV„ -I- 9 I \' d\x — Il
88 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
Considérons un élf^monl (|uelconque d(<i île la surface de l'ellipsoïde. Menons
par les divers points de cet élément des iioriimles à l'ellipsoïde. Nous aurons
ainsi déterminé une sorte de cylindre inliniiiienl délié et dans lequel nous
découperons une tranche infiniment mince en le coupant par deux plans situés
à des dislances À et >. -j- d'i. du cenlie de l'élément d(^ et parallèles au plan de
cet élément. Si ')■ est compris entre zéro et i^, la tranche ainsi découpée dans ce
cylindre appartiendra à notre bourrelel; co sera un de nos éléments c?p., de
sorte que nous pourrons écrire
Nous écrirons de même
iNous aurons donc pour trouver 1 expression de VV à calculer les deux intégrales
' '/À (Al) li'h' </(!)'
fvdXcho et jj '■
Mais ?i étant très petit, on a comme on a vu
ce qui donne pour la première intégrale
/ Vu dix — f S '■ "'' ^"•
Le premier terme est nul; le second peut s'écrire
- \ s "'"^ / '■ "''■ ou bici] — I è> v
(fu).
Il reste à calculer la seconde intégrale. Nous remarquerons que \ et ^' étant
très petits, on peut considérer A comme représentant non pas la distance des
éléments dp. et rfp.', mais celle des éléments du et dw qui en didère très peu.
A est alors indépendant de \ et de /.' et l'on peut écrire
fP djj. dix' ^ jV dM f/oj' ;"^^^ f^ d)'= if ''^" '^"'' '''''
Il reste donc finalement
\v w ^ r y. I , ' (rdi,idM'tX:
w = w„ --js^- ''"' + - jj — ^— ■
Avant d'aller plus loin, il faut calculer g. La force g peut être décomposée
en trois composantes dirigées suivant les trois axes des x^ des y et des z. La
composante parallèle à l'axe des x par exemple, est parallèle à la coordonnée x
du point d'application. De mêmi' pour les >\v\\\ autres composantes.
SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation. fi.)
Si donc on appelle a, 5, y les cosinus directeurs de la normale cl A', A', A"
trois constantes, on aura
gy. = kx, i^H = k'y, g"; = k" z.
Mais l'équation de l'ellipso'ide est
ce qui donne
b- 0- — c-
a = :î p B = - p
p =
/
On a donc
S- 1
Arp-: _ k'(p-^—ù') _ k"{'S^—c-)
Si nous reprenons les notations du paragraphe précédent et que nous écrivions
/= , '' =,
p \/p- — 6- ) ( p- — c- ,1
il viendra
K. étant nue nouvelle constante ne dépendant que de &, b et c.
Il reste à déterminer cette constante. Pour cela il suffit de calculer l'expression
de ^ à l'exlrémité de l'axe des z\ dans ce cas, ^ se réduit à l'atlraclion dt^
l'ellipsoïde et peut s'écriic
II- du
4rpv/p^-6HV-'^^ /
\ [ p- — c- -I- ( c- — 6- ) u- ] ( p'- — c2 H- c- u- )
D'ailleurs on trouve aisément
1= ' ■
Il vient donc, par une transformation simple de l'intégrale,
^/ = 4-(p-— f-) / , ' ' ^=-
La fonction \/p- — c- est une fonction de Lamé que nous appellerons R, ; c'est
d'ailleurs la fonction que nous avions désignée dans le paragraphe précédent
par la notation plus compliquée : R',",- Nous chercherons à éviter les triples
H. P. — VII. 12
1)0 SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
indices toutes les fois qu'il ne seront pas nécessaires et nous rangerons les
fonctions de Lamé dans un ordre quelconque; nous les appellerons R|,
U.j R, Nous poserons donc
Si d'autre part, nous envisageons la fouclion Si conjuguée de Ri, nous aurons
r ' ,11
iîi = 3 V -/- — c- / . •
On a donc à l'extréinilé de l'axe des ; :
et comme nous avons vu plus haut que l;1 est une constante, nous pourrons
conclure que gl conserve celle valeur sur toute la surface de l'ellipsoïde.
y
Développons maintenant ^ qui est une fonction de ;j. et de v en une série
convergente de la forme suivante : 2A,M,N,-, A, étant des constantes et M,, >i,
des fonctions de Lamé. Cela est loujonrs possible, comme nous l'avons dit à la
lin du paragraphe précédent. Nous aurons donc
C = i;\,Mi,-.N,-,
et de même
r'= 2a,7'm; n;.
On tire de là
j g ';^ rfo) = 2] T" y é'^' ''"' -^'^ ^'f -*-]^ A ,■ A <. ^ gn Ck,^ M, N, Mi N;(.
y,ç--^%/io=2^'^l'MSiy/M?!Vfrf<o-^2A(A*|;:R,S.y/MiN,MiNx^/w.
Si l'on observe que
il reslc
Cg^di^i^ ^rRiS.SA;- /"mfN,-^/a).
ou
ou
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
On Iroiive d'autre pari
JE4^ = ..v.u/
A
lus Jeux indices i et A pouvaiU cire égaux ou dillerenls. Mais on a
J A ~ -'n -h-i
On a donc
. // A J ? n -^ 1
Si « esl différent de A", on aura
Il reste donc
JJ A ' J ' ' 2 " H- I
On arrive donc fiaalement à l'expression suivante pour VV :
■> ' , ' \ i ■'. Il -h l f
n est bien entendu le degré de la lonclioii de Laïué R,.
Nous pouvons considérer la foruie de la surface déformée comme définie par
les coefficients A,. Les coefficients de stabilité seront alors
-'"/(^-îî^) »■.-.•■
Pour qu'un des ellipsoïdes puisse être une forme de bifurcation, il faut que
l'un de ces coefficients s'annule, c'est-à-dire que l'on ait
H, S, H,S,-
3 2 « -f-I
pour l'une des fonctions R,.
D'après cela, il y a un des coefficients qui est toujours nul, c'est celui qui
correspond à j = i. Cela était aisé à prévoir. En effet on peut déplacer l'ellip-
soïde parallèlement à lui-même et parallèlement à l'axe de révolution sans
changer l'étal d'équilibre. Si l'on imprime ainsi à l'ellipsoïde un mouvement de
translation infiniment petit et parallèle à l'axe des -, et si l'on appelle Ç la
distance des deux ellipsoïdes infiniment voisins comptée suivant la normale,
on a eu négligeant les infiniment |)etils du deuxième ordre :
r=A,/M,N,.
ç)2 SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
A,- étaut une consliinle. Coinnie lo> deux ellipso'idos sont des surfaces d'équi-
libre, il faul donc bien que le coetficicul de stabilité qui correspond à i -^ i
s'annule. \ a-t-il des cas où d'autres coefficients de stabilité s'annulent '.' c'est
ce que nous csaminerons dans les paragraphes suivants.
On peut arriver à l'équation (i) par une autn; voie un peu plus simple et
que j'aurais même préférée si je ne me réservais d'e\amineiplus loin la f|uestion
de stabilité.
Supposons que l'on ajoute à l'attraction newlonienne et à la force centrifuge
qui agissent sur la masse fluide, des forces perturbatrices quelconques, mais
très petites. La masse fluide prendrai alors une forme d'équilibre très peu difle-
rente de l'eliipso'ide. Celte forme sera unique si aucun des coefficients de
stabilité ne s'annule; elle sera mal déterminée en général, si l'un de ces coeffi-
cients est nul.
Nous reprendrons les mêmes notations que plus haut et nous définirons la
surface d'équilibre déformée par la valeur de t que nous développerons en
série comme précédemment :
les A,- étant des coefficients infiniment petits qu'il s'agit de déterminer pour
définir la nouvelle forme d'équilibre. Soit comme plus haut V le potentiel dû
à l'aliraction de l'ellipsoïde et à la force centrifuge, c le potentiel dû à l'attrac-
tion du biiurrelet, i' le potentiel ilTi aux forces perturbatrices. On devra avoir
sur toute la nouvelle surface d'équilibre :
Ca) V -H r -f- 1-' = const.
Mais on a, puisque X. est infiniment petit,
et de plus
■ XI dw
=/^
A étant la distance d'un point quelcon(|iie '\y\ bourrelet au |)()iul envisagé de la
nouvelle surface libre; mais comme Ç est infiniment petit, on peut remplacer
ces deux points par leurs projections sur l'eliipso'ide. A est alors la distance de
deux points de l'eliipso'ide et l'on a
'■ =iu ^ 'J — Â — = ' "2; ■.» + , •
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 93
Nous pouvons écrire d'ailleurs
les B, t'iani des coefficienls très petits que l'on peut regarder comme donnés.
L'équation (2) pourra alors s'écrire, et remplaçant^ et Ç par leurs valeurs,
_ If BiS.y A;M,N,^-4;ry A;R,S,M,N, ^V B;Mil\', = consl.
i ZU ^ -> n ■+- I .^W
Nous identifierons dans les deux iiiemlircs les coefficients de M,-N, et il viendra
\ .! :> n -hl /
Ces équations détermineront complètement les coetficieiits A, et par consé-
quent lu nouvelle forme d'équilibre, à moins qu'on n'ait
, , Kl S, R;Si
C'est donc là aussi la condition pour que l'un des coefficienls de stabilité
s'annule.
X. — Discussion de l'équation fondamentale.
Nous avons maintenant à rechercher si l'équation
, , H, S, l-v,S,
(•) -3- - 777^^7 = "'
où p- est rincoiinue admet des racines comprises entre + lï- et +00.
Parlons d'abord de l'équation plus générale
Ht Si RiS,-
(2) F =
2 m + 1 - r>.n-i-i
n et m étant les degrés des fonctions R, et R^. Le premier membre F tend vers
zéro quand p croît indéfiniment, car les fonctions R^Sa et R,Sj sont de degré
— i en p, comme on l'a vu dans le paragraphe précédent. Si Ra et R, con-
tiennent en facteur y/p- — r-, F s'annule encore pour p- = c^.
On a d'ailleurs
F ^ St 1 _ Ri' ^ __!
R^. R/, ^m-hi Kl R,- 2/? -t-i"
Les racines de l'équation
F
'" R!="
94 SUR L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
qui sont siipéi-ieures à c- soni le> nuMiics que celles de l'équation (a); en ellel
R* peut s'annuler pour &-'= c-, niais jaumis pour p- > r-.
Si nous voulons séparer les racines de l'équalion (3), il suffit d'appliquer le
ihéorénic de RoUe et d'écrire que la dérivée du premier uicnibrc de (3) est
nulle. On olilieni aiu'-i l'é<[ualion
d_ Si IV y Si S,- V H" _
da ( ■> m -+- I ) Ux- R| rfp (-.'n -hi ) H, (-.ui -h i ) H, f/p H'i ~
-Mais on a, d'après la définition uicuie des fondions b :
(/Si — 1 ,/ S, — I
rh (2 m -I- I ) Ha k^ V ^?- — ^-MP' — c- j "'? ('• "~'> ''"' H r v/ (p- —b-^) (i2 — C-)
Il reste donc
7 k;
= o,
ce qui e.\j)rinie que le rapport —- passe par un tuaxiniuiii ou minimum, car S
ne peut s'annuler.
Nous pouvons donc énoncer le résultai suivant :
Les racines de l'équalion (a) supérieures à c-, en laissant de côté la racine c-
si elle existe, sont séparées par les racines de l'équation
dp R| - "'
ce qui peut encore s'écrire
(4) h; H* - H',. H; = o,
où
u;.= '-^-, 3=r-_±_
(jherclioiis luainlcnnnt à séparer les racines de l'équation (4) elle-iiicmc.
Pour cela annulons la dérivée du premier membre par rapport à £. 11 viendra
( j) H" 1{/ — U/, H, = o,
où
iMais l'équation ( i ) du paragraphe VUl peut s'écrire
en ce qui concerne 1«, cl
l'i'^, = \ rni m -t- i)p- — Kx | li/,
SUR L'EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. ()5
en ce qui concerne R/,. L'équation (5) devient ainsi, en supprimant le facteur
lîjli/, qui ne peut s'annuler pour les valeurs supérieures à c- ;
(6) \ n(n -hi) — /«(/// -t- i)]p-~ 13,+ B/,.= o.
Il est clair qu'une pareille o(jualion no peut avoir qu'une racine supérieure
à c'^. L'équation (4) aura donc au plus deux racines égales ou supérieures à c-,
et l'équation (2) aura au plus trois racines supérieures à c- (sans y comprendre
la racine c- si elle existe, mais en y comprenant la racine 00 ).
Si l'équation (4) n'a aucune racine supérieure à <■-, le rapport |^ est toujours
croissant ou toujours décroissant quand p' croît de c- à l'infini.
Supposons par exemple qu'il soit toujours croissant. On aura alors
7i^nj>"' ''^'" '7pR|<°'
l'expression ki est donc toujours décroissante etcomme elle tend veis zéro [imir
p = 00, elle doit toujours être positive. On a donc F > o.
Revenons en particulier à l'équation ( 1 ) et supposons
Kt= K,= v'r--
Supposons d'abord que 1'», contienne ou lacleur yp- — c-, nous pourrons
écrire
'"T"
o étant un facteur qui pourra être p, p \' p" — ■ b- ou y p-* — b- et F, étant un
polynôme entier en p-. L'équation P,=:o n'est autre que l'équation [S) du
paragraphe VIII, débarrassée des facteurs que nous sommes convenus tle lui
enlever. Nous avons vu que cette équation a toutes ses racines réelles et
(|u'elles sont comprises entre zéro et c'-. L'équation ' ^ o aura donc aussi
toutes SOS racines réelles et comprises entre zéro et c'-' ; d'où il résulte ([ue, p-
croissant de r-' à + 00 , P,- sera constamment croissant. Il en est de même de p
et de \/p^ — b- et par conséquent de o et de 7-^ = cp P,-. 11 en résulte que si R,
contient ^p^ — c' en facteur, l'équation (i) n'a aucune racine supérieure à c-
et que son premier membre est toujours positif.
Supposons maintenant que R, ne contienne pas y/p^ — c^ en facteur. Quand
0 est très grand, on peut regarder - comme un infiniment petit du pi'emier
ordre.
gfi SUR L'ÉQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
On a alors en négligeant les infiniment petits du deuxième ordre :
HiSi=R(S/=-) d'où — = -\ô~- "■
p i ■.> /; -H I p \ û ■' « -H I /
Le premier membre de ( i ) est donc toujours positif, à moins que n ne soit
ésral à i .
Pour p-=zc-, Ui S| s'annule et par hypothèse R,S; ne s'annule pas; le
premier membre est donc négatif. Ainsi-la substitution de p-:=r'-' et d'une
valeur de p- |)ositive et très grande donne des résultais de signe contraire; le
nombre <lcs racines de l'équation ( i ) supérieures à r- et finies sera donc
impair.
Ornons avons vu (juc le nombre des rarines supérieures à r- étail au plus
égal à ô. en y comprenant la racine p-'i=a) ; si l'on ne tient pas compte de
cette racine, le nombre des racines sera au plus égal à 2; et comme il doit être
impair, il faut qu'il soit égal à i .
Nous avons laissé de côté le cas où /i = i auquel correspondent deux fonc-
tions R/, à savoir
R,.= P, R,= v/p°— 6'^
Il est aisé de voir que quand p^ croît depuis r- jusqu'à +00, les rapports
et ' vnni toujours en décroissant. On doit donc conclure que
y?' — c- v'p- — c-
l'équation ( i ) n'a aucune racine finie et plus grande que c-, et que son premier
membre est toujours négatif.
Voici donc en résumé quel est le nombre des racines de l'équation ( i ) finies
et supérieures à c- :
R, divisible par y/p- — c-'; pas de racine; premier membre positif;
R, non divisible par \/p- — c^ ; « > i ; une racine;
Ri non divisible par yp- — c^; n = i; pas de racine; premier membre
négatif.
Revenons maintenant au cas général, et cessons de supposer que R/= R( ;
qu'arrive-t-il alors de l'équation (2) ?
Soit d'abord « > to, et supposons que R, soit divisible par ^p- — c- et que
R/, ne le soit pas. On voit alors tout do suite que F est positif pour p"= c'- et
pour p^ très grand et positif. L'équation (2) n'a donc pas de racine finie et
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 97
supérieure à c-, ou bien elle en a deux. Quant au rapport jr-') il est nul pour
p-^c' et infini pourp- = co ; il est donc croissant pour les valeurs de p^ très
peu supérieures à c- et pour les valeurs très grandes. Donc dans les cas où
l'équation (2) a deux racines, il doit en être de même de l'équation (4) elle
rapport 5^ doit présenter un maximum et un minimum.
Supposons maintenant que R/, soit divisible par y p- — c^ sans que R, le soit.
Alors pour p- ^ c-, on a
F<o;
pour p- positif et très grand,
F> o;
il y a donc un nombre impair de racines, et comme ce nombre ne peut
dépasser 2, il faut qu'il soit égal à i .
Supposons maintenant que R^, et R/, soient tous deux divisibles par y/p- — c-
ou ne le soient ni l'un ni l'autre; on aura alors pour p- = c- :
Il est possible que cette même équation (4) puisse avoir une autre racine supé-
rieure à c'-, mais elle n'en peut avoir qu'une. Pour qu'elle en ait une, il faut
d'abord que l'équation (6) en ail une, c'est-à-dire que
(7) • B,-— Bi> [«(rt -Hi) — m(m + i)]c^
Cette condition est d'ailleurs suffisante. Si cette condition est remplie l'équa-
tion (2) pourra avoir une racine. Dans le cas contraire elle n'en aura aucune.
D'ailleurs il en est encore de même si, la condition (7) n'étant pas remplie, R,
est divisible par ^p- — c- sans que Ra le soit.
Dans le cas de 71 := //i, qu'il nous reste à examiner, l'équation (6) qui se
réduit à
B,-Bi,= o
ne peut avoir aucune racine. L'équation (4) ne peut donc en avoir qu'une et
l'équation (2) en aura également une au plus.
Si de plus R, et Pi/, sont tous deux divisibles par y/p- — c-, ou ne le sont ni
l'un ni l'autre, le premier membre de (4) s'annule pour p'-=:c- et ne peut
avoir d'autre racine. L'équation (2) n'en a donc aucune.
Si R, est divisible par yp- — c- et que R* ne le soit pas, il peut y avoir zéro
ou une racine. Il n'y en a pas si ~ est plus petit que i pour p positif et très
H. P. — VII. ,3
98 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
grand. 11 v eu a une dans le cas contraire; car alors pour les valeurs très
grandes de p, F est négatif, et pour p'-^c-, on voit aisément que F est positif.
En résumé on a
si rt > /« : R/ div. R<- non div. o ou 2 racines;
si n > m : R, non div. R^ div. i racine;
si n > m : Rj div. R^ div. o ou i racine;
si n > m : R; non div. Rj non div. o ou i lacine;
si n = m : R( div. R^ non div. o ou i racine;
si n = m : R, non div. Ri div. o ou i racine;
si n = m : R/ div. R^; div. o racine ;
si n = ni : R/ non div. Rj non div. o racine.
XL — Ellipsoïdes de révolution.
Parmi les ellipsoïdes aplatis de révolution qui sont des figures d'équilibre
de notre masse fluide, j en a-t-il qui sont des figures de bifurcation ?
Pour étudier ces ellipsoïdes nous prendrons pour variable indépendante
\/e-' — c-* que nous appellerons A" à l'exemple de Liouville et non plus p^i, afin
d'éviter l'indice 2. Nous prendrons c pour unité de longueur, de telle sorte que
c- = I . On aura alors
i
Rj „= A(A:-+ i)'-D/+"(A-+ i)", où (-(-y'=/i ou /i-ni,
A étant une constante et D un indice de dérivation par rapport à A".
A une même fonction
(i) A(A-'^-t-i)-D-'+«(A-5-+-i)"
correspondent en général deux fonctions de Lamé distinctes, à savoir :
R/'/-/',»i et RJ+,_y^„ si /--(-" est pair
et
R«-/,n et R^+i_/^„ SI J -t- n est impair.
A chaque fonction (i) correspondront donc deux coefficients de stabilité que
j'appellerai pour abréger By„ et Cy,„. Il y a exception quand j = o. Dans
ce cas en efTet, à une fonction (i) ne correspond qu'une seule fonction de
Lamé R,' „ si n est pair et R^ ^ si n est impair, et par conséquent ne correspond
qu'un seul coefficient de stabilité.
Quand on fait croître w depuis zéro jusqu'à une certaine valeur w,,, on
trouve comme figures d'équilibre deux ellipsoïdes de révolution qui se con-
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotatIdn. 99
fondent pour w = W(, et disparaissent pour (•> > 0)0. A chaque valeur de w < wo
correspondent donc deux valeurs de k el il est aisé de voir que pour to = o, ces
deux valeurs sont A" = o el A' = 00. Pour co = coq, ces deux valeurs se confondent
en une seule, Ao. 11 j a donc deux séries linéaires ^ et -' de formes d'équilibre
réelles, la série i comprenant les ellipsoïdes tels que A<;A"o, el la série ^',
les ellipsoïdes tels que A > Ao-
L'ellipsoïde A =: A'o est une forme limite.
Si l'on fait varier A depuis zéro jusqu'à + ao , on voit l'ellipsoïde, d'abord
infiniment aplati, se rapprocher ensuite indéfiniment de la sphère. En même
temps w croît d'abord de zéro à Uq et décroît ensuite de to„ à zéro.
Si en suivant la série i ou la série i', on voit un des coefficients de stabilité
changer de signe, l'ellipsoïde correspondant sera une forme de bifurcation.
Les deux coefficients de stabilité Bj^n et Cy,n que je viens de définir sont
toujours égaux entre eux. Quelle est la condition pour que ces coefficients
s'annulent ? L'équation By_n=o n'est autre que l'équation (i) du paragraphe
précédent. D'après la discussion de ce paragraplie, on voit que le coefficient
Bj^n s'annulera pour une certaine valeur de A, si j -+- n est pair et si n est plus
grand que 1, et ne s'annulera jamais si celte condition n'est pas remplie. Cette
même discussion montre que ce coeHicient change de signe en s'annulanl.
Donc l'ellipsoïde correspondant est de bifurcation.
Ainsi à tout système de nombres j et n tels que
(2) y = '* (moda), n>i
correspond une valeur de A qui annule deux coefficients de stabilité et par
conséquent un ellipsoïde de bifurcation.
Il v a exception pour le système
y = o, n = 2.
L'ellipsoïde correspondant est l'ellipsoïde oj ^ co„. A" = Ao dont nous avons
parlé plus haut. C'est une forme limite et non une forme de bifurcation.
Un autre système intéressant est le suivant :
J = 2, n = 2.
L'ellipsoïde correspondant est celui qui appartient à la fois à la série des ellip-
soïdes de révolution el à celle des ellipsoïdes de Jacobi.
Soient deux nombres y el n quelconques, satisfaisant aux conditions (2);
soit Ky,„ la valeur de A qui annule le coefficient By,,, et iîy_„ la valeur de co cor-
respondante.
tOO SUR L EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Faisons mainionaul
W = !>/,„ -t-£,
£ élanl une quantité iufiniiuoni petite; à cette valeur de w correspondront deux
formes d'équilibre, nu ellipsoïde de révolution E et une figure <!> très peu diffé-
rente. Eludions de plus près colle lîj^ure <I>. Nous définirons cette figure de la
fitçon suivante : menons à l'ellipsoïde E nue normale quelconque. Nous défi-
nirons le point lie l'ellipsoïde qui esl le pied de celte normale par deux coor-
données o et ^; cp sera l'angle formé par le plan qui passe parle point considéré
et l'axe des z avec le plan des xz, et p. sera la deuxième coordonnée elliptique
comprise entre 6- = o et c- == i . Je prendrai sur cette normale une longueur Ç.
La position d'un point dans l'espace sera ainsi définie par les trois coordonnées
Ç, fx (!t ©, et c'est dans ce système de coordonnées que je vais écrire l'équation
de la figure •!•. Au système de nombres y* et n correspondent deux fonctions de
Lamé ainsi ([u'on l'a vu :
RI .111 3 p. [(• .lU i.
auxquelles il faut adjoindre leurs conjuguées :
/ Ml "u :) pt M- "" *.
,3s ) '"«-/,« "^^ '"«+!-/,«'
^ ' ) N' "!' ■•' et N- "" *■
Les deux fonctions M sont égales cuire elles et s'obtiennent en remplaçant
dans la fonction R correspondante A' par \/i — p.-, et les deux fondions N sont
égales, l'une à cosjw, l'autre à siny'cp.
L'équation de la figure >b pourra alors s'écrire
Ç = /(A,M,N,-+- AîMîN.,)
en négligeant les infiniment petits du deuxième ordre (s étant du premier
ordre). Dans cette équation / a le même sens que dans le paragraphe VIII;
Ml, N,, M2 et No sont les fonctions (3); A, et A., sont dtiux constantes infini-
ment petites du premier ordre et dont le rapport est arbitraire.
Posons
A| = Ooos),, A«=0.sinX,
0 étant une constante infiniment petite dépendante de £, et 1 étant une constante
arbitraire; il viendra, en remplaçant M,, N|, M^ et N-, par leurs valeurs :
(4; ï = o/cos(y?-/.)M,
la fonction M s'oblenant comme je l'ai dit plus haut.
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. ioi
Si l'équation (4) élail, l'équation exacte de la (igure «I», celte équation prou-
verait que la figure «ï» jouirait des symétries suivantes :
1° Si y := G, la figure •& serait de révolution autour de l'axe des z.
2° Sij n'est pas nul, la figure <I> ne changerait pas quand on la ferait tourner
autour de l'axe des z d'un angle ^"; elle admettrait y plans de sjmétrie passant
par l'axe des -, de façon que l'angle dièdre de deux de ces plans de symétrie
consécutifs soit -"-•
y
3° Goinmey-l-rt est toujours pair, le plan des x)' serait aussi un plan de
symétrie.
4° Enfin si y est pair, l'axe des z serait un axe de symétrie, et l'origine un
centre de symétrie.
Mais l'équation (4) n'est qu'une équation approximative de la figure <I>. Pour
l'établir, nous avons négligé les infiniment petits du deuxième ordre; de sorte
qu'on peut se demander si ces diverses symétries subsisteront encore quand on
étudiera l'équation exacte de la figure <I> et qu'on tiendra compte des termes
d'ordre supérieur. La réponse à cette question doit être affirmative.
Pour s'en assurer, voici quel artifice on doit employer. Supposons qu'on
introduise dans le système des liaisons auxiliaires et qu'on assujettisse la masse
fluide à présenter les symétries que nous venons d'énumérer. Je dis que, même
avec ces liaisons supplémentaires, l'ellipso'ide qui correspond à la valeur lS.j,n
de /{ et à la valeur i2y „ de w sera encore une forme de bifurcation.
En elTet nous avons vu au paragraphe IX qu'une surface très peu différente
de cet ellipsoïde peut être définie par la dislance Ç d'un point de cette surface
à l'ellipsoïde (comptée sur la normale à l'ellipsoïde) et que cette dislance Ç
elle-même est donnée en fonction des coordonnées elliptiques sous la forme
d'une série convergente
Mp et N/, étant des fonctions de Lamé, de telle sorte que la surface en question
sera déterminée par la connaissance des coefficients A^. INons avons vu ensuite
dans le même paragraphe que l'énergie potentielle totale W pouvait s'écrire,
en négligeant les cubes des coefficients Ap :
(5) W=\V„+i:A;,Bp,
les Bp étant les coefficients de stabilité; de plus, avons-nous dit, pour que
102 SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
l'ellipsoïde soil une figure de bifurcation, il faut et il sulTil que l'un des By,
s'annule.
Qu'arrive-t-il maintenant quand on introduit des liaisons dans le système?
Supposons d'abord qu'on assujettisse la masse fluide à être de révolution
autour de l'axe des z et symétrique par rapport au plan des xy. Comment ces
conditions s'exprimeront-elles analytiquemenl? Elles signifieront que tous les
coefficients A^ sont assujettis à être nuls, sauf ceux qui correspondent à une
fonction Mp dont les nombres caractéristiques ji et n, satisfassent à la
condition
j\ = o, /ii==o (mod2).
Que faut-il maintenant pour que l'ellipsoïde soit de bifurcation quand on
envisage l'équilibre d'une masse fluide assujettie à ces liaisons? Il suffit que
dans l'expression (5), le coefficient Bp de l'un des termes AJ^ qui ne sont pas
assujettis à être nuls, change de signe.
Nous avons supposé que pour l'ellipsoïde k =Ky^„, le coefficient de stabilité
défiai par les deux nombres y et n s'annulait; si nous avons
j = o, /! = o ( mod 2 )
ce coefficient de stabilité est un de ceux qui multiplient un terme A^ non
assujetti par les liaisons à être nul.
Si donc on envisage l'équilibre du système soumis aux liaisons que nous
venons d'énumérer, l'ellipsoïde A"= K,,,,, sera encore une figure de bifurcation.
Pour la valeur de
(D = £!„,„-)-£
on aura donc deux formes d'équilibre du système à liaisons, à savoir un
ellipsoïde et une figure <!•' très peu difTérente.
La figure <&', à cause des liaisons mêmes auxquelles elle est supposée assu-
jettie, sera de révolution et symétrique par rapport au plan des xy. Mais par
suite de la nature même de ces liaisons, la figure <I>' qui est en équilibre en
tenant compte des liaisons, restera en équilibre quand on les supprimera. Ce
ne peut donc être que la figure <!• elle-même qui se trouve ainsi être de révolu-
tion quand j est nul.
Supposons maintenant que y ne soit pas nul.
Assujettissons le système aux liaisons suivantes; la masse devra admettre
pour plans de symétrie le plan des xy et les y plans :
i =^s-r (A = o, 1,2, ..., J — 1).
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. io3
Ces conditions Iraduiles analytiqueinent signifient que tous les coefficients A,,
sont assujettis à être nuls, sauf ceux qui correspondent à une fonction Myj dont
les nombres caractéristiques y'i et rii satisfont à la condition
j\^o (mody), y'i -h «isa o (mod2).
De plus nous avons vu que parmi les fonctions N, les unes sont de la forme
cosy'cp et les autres de la forme sinja; les coefficients de ces dernières seront
tous assujettis à être nuls.
Pour que l'ellipsoïde soit de bifurcation quand on considère l'équilibre d'une
masse soumise à ces liaisons, il faut et il suffit qu'on voie s'annuler l'un des
coefficients de stabilité B^, qui multiplie un terme A^ que les liaisons n'assu-
jettissent pas à être nul.
Pour l'ellipsoïde A'^Ky,,, les deux coefficients de stabilité définis par les
deux nombres J et n s'annulent ; or l'un d'entre eux multiplie un terme A^ que
les liaisons n'obligent pas à s'annuler.
Donc, même dans le système à liaisons, l'ellipsoïde Ky,„ sera une forme de
bifurcation. Si l'on fait
on aura deux formes d'équilibre du système à liaisons, à savoir un ellipsoïde et
une figure $' très peu différente.
La figure <b', en vertu de ses liaisons mêmes, aura y 4- i plans de symétrie.
Mais ces liaisons sont de telle nature que l'équilibre de la figure <b' subsistera
quand on les supprimera. La figure <ï>' n'est donc autre chose que la figure $
elle-même qui doit ainsi avoir y -+- i plans de symétrie.
Je vais maintenant expliquer pourquoi les liaisons, dont il vient d'être
question, sont telles que si une masse fluide est en équilibre en tenant compte
de ces liaisons, l'équilibre subsistera encore quand on les supprimera.
Pour simplifier l'exposition, je supposerai un seul plan de symétrie P qui
pourra être, soit le plan des xy, soit un plan passant par l'axe des z.
La condition d'équilibre de la masse fluide supposée libre, c'est que le
potentiel V, dû à l'action de toutes les forces qui agissent sur une molécule du
fluide, soit constant sur toute la surface libre.
Si l'on assujettit la masse fluide à être symétrique par rapport au plan P,
cette condition se trouve un peu modifiée. Soient V le potentiel en un point
quelconque de la surface libre, V le potentiel en un autre point de cette
:o4 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
surface, svmélri(]iie ilii premier par rapport au plan 1'; la nouvelle condition
d'équilibre sera
V + V"= consl.
Supposons que cette condition soit remplie et que la masse fluide se trouve
en équilibre sous l'action des forces extérieures et des liaisons, et soit par
conséquent symétrique par rapport au plan P. Si les forces extérieures se
réduisent à l'attraction et à la force centrifuge, elles seront elles-mêmes symé-
triques par rapport au plan P et l'on aura par conséquent V = V, d'où l'on
déduit V = consl. Cette condition montre que l'équilibre subsistera encore
quand on supprimera les liaisons. c. q f. u.
Il résulte de cette discussion que les symétries que nous avions été conduit
à attribuer à la surface <t, en partant de l'équation (4) qui n'était qu'approxi-
mative, lui appartiennent rigoureusement, même quand on tient compte des
termes d'ordre supérieur qui entrent dans son équation exacte.
Nous allons nous occuper maintenant de démontrer un résultat qui nous
sera utile dans la suite.
Si k est positif et très grand, l'ellipso'ide est très voisin de la sphère et tous
les coefficients de stabilité sont négatifs. Si l'on fait décroître A", il arrivera un
moment où un ou deux de ces coefficients s'annuleront. Quel sera le premier
de ces coefficients qui changera ainsi de signe? Je dis que ce sera celui qui
correspond aux nombres
y = 2, n = 2.
Appelons en effet R2 la fonction de Lamé correspondante et Sn sa conjuguée.
Nous aurons
Soit maintenant R,- une autre fonction de Lamé et S,- sa conjuguée. Nous aurons
/'
R,= \{k'--hifDJ+''{k"--hi)",
A étant une constante. Nous supposerons que j + n est pair, sans quoi le
coefficient correspondant à R,- ne s'annulerait jamais.
Il s'agit de démontrer que la racine Ko 2 de l'équation
H, S, R,So
— 5- =°
est plus grande que la racine Ky,„ de l'équation
R.S, R/S,
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. io5
R S ri ■ S
Pour cela il suflit de démontrer que l'expression '."''' '-^-^ csl louiours
positive, ou bien encore que le quotient p-' est toujours croissant.
Nous distinguerons trois cas.
i" Supposons d'abord y > I .
Il vient alors
^ = A(A-2 + i) - D/+"(A=-+-i)".
A est une constante positive; (A-+ i) ' se réduit à i ou est toujours croissant;
enfin le dernier facteur DJ^"(k- -\- \)" est un polynôme entier en /: dont tous
les coefficients sont positifs et est par conséquent toujours croissant.
c. Q. F. D.
2" Supposons maintenanty =o; 71 =: 2/).
Il vient alors
R, (A-'-Hi)
La dérivée logarithmique du premier membre est doue
D-^/'+'(k'--\-iy-r -ik
■'D=F(FTTp k- -H i ■
Je veux démontrer qu'elle est positive, c'esl-à-dire que
F = ( A-- -H I ) DV^+i — 2 A- DV' > o,
où D-/' et D'-'-"*' désignent les dérivées d'ordre 2/> et2/> + i de (A-+ a)-''. On
trouve
(/,2+l)V>=^^^,^yj_^^,/c^/ (y = o, 1,2, ...,2/-.),
d'où
Von! 'yn \
jL^ q\ {■!]) — q)\(}.q — ■>p)\ ^' ^'' '
Nous écrirons pour abréger
D2/'= Zi\,ik"-i-"-P
et il viendra
F = (k"--\- i)7:\^(->q —lp)k'-l-V'-i — ikZk^k-'J--l'.
Le coefficient de k"-i~'-P'^^ dans F sera donc
(2g' — 2/)— 2)A^-f-(2g' — 2/7-f- 2)A,+i.
Pour que F soit toujours positif, il suffit que tous ces coefficients soient
H. P. — YII. i4
io6 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
positifs, (^r comme tous les A,, sont positifs, il ne peut y avoir de doute que
si 20 — 2p — 2 est négatif, c'est-à-dire pour q - p. Le coefficient de F devient
alors
2A;:,+1— 2A;,.
Si nous écrivons iju'il est positif, il viendra
A/j + l > A;,
ou bien
?./) ! (2yO -I- 2) ! 1p\lp\
i ^
(/)+i)!(/)-i)!2! P'-P'-
ou bien encore
(2/> + 2)(2y0-l-l) l_
MP + l) P .
011 enfin
p(2p + l)>ï,
ce qui est évident ; donc F est toujours positif. c. q. f. d.
3° On peut supposer enfin
y = i, n = 2p-i-i.
Il viendra
ou en désignant simplement par D'^ la /,'""'" dérivée de (A--+- i)-''"^*
R , _ Kir^p+--
dont la dérivée logarithmique est
DV+3 A-
Uip+i A-2 -I- 1 '
pour qu'elle soit positive, il faut que
F =(A-2-+-i)D2/'+3— /irD2/'+2 >o.
Or on a
^ ' ^ q\{2p -^l~ q)\ '
d'où
D=.- =y A,A-.-.- =y —, — (^p^^y-^f'- k^.,-.,,.
jLà ' ^Uq\{ip -^\ — q)\{lq — ip '—■1)\
(q =p + 1, p-\-ï, ..., ip + i).
Il vient donc
F = (A-=-(- I )i; Ay(25r — ip — ■i)k^i-''-n-^ — Â-SAyA-^-V'-ï.
SUR L'ÉQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 107
Le coefficient de /;-'i--i'-' dans F sera donc
K,,{iq — ip — 'i) + kri + i{'iq — 2p).
Ce coefficient ne pourrait être négatif que si l'on avait
2 <7 — ?.j» — 3 < o,
ce qui ne peut avoir lieu (jue pour q ^ p -\- i .
Le coefficient de F devient alors
Ecrivons que ce coefficient est positif, il viendra
^ (2/) ^i)! (-.'p -h 2) ! ^ (2p H-i)! (ip ■+- 4) !
" (p^i)lpl ^^(p-hiy.{p-i)\2l
ou
3 _^(2/>-t-3)(2/>-f-4)
p p-^'^
ou
/)(2/> + 3)(2/)-)-4) — 3(/?-l-2)>0
ou
4/)-|-+-i4/-2+9/) — 6>o,
inégalité qui est vérifiée même pour y? = i.
Donc F est encore positif. c. q. f. d.
Nous devons conclure de cette discussion que si l'on fait décroître k depuis
+ 00 jusqu'à zéro, de façon que l'ellipsoïde d'abord très voisin d'une sphère
s'aplatisse de plus en plus, on rencontrera une infinité d'ellipsoïdes qui appar-
tiendront à d'autres séries linéaires de figures d'équilibre. Le premier que l'on
rencontrera ainsi sera celui qui appartient à la série des ellipsoïdes de Jacobi
et qui correspond au cas dey = /t = 2,
Xn. — Ellipsoïdes de Jacobi.
Nous allons rechercher maintenant si parmi les ellipsoïdes de Jacobi il y a
des formes d'équilibre de bifurcation.
Nous poserons comme dans le paragraphe précédent
p- = k'-h c-, c- = l
et nous ferons varier b- depuis zéro jusqu'à c-= i .
A chaque valeur de b- correspondra une valeur de k, que j'appellerai H et
lojj si'R l'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
qui sera telle que l'ellipsoïde dont les axes sont /», y/A'-+c- — b- el y/A- +
soit un ellipso'ide de Jacobi.
^^)yous quelle relation lie b' à II.
Parmi les fonctions de Laine du deuxième ordre, je citerai la suivante
py,''p'- — 6'-. Nous l'appellerons R3; eu ell'et si l'on l'ait 6-'=o, elle se réduit
à A"-H-i ; c'est donc bien une des deux fonctions que nous avons appelées R»
dans le paragraphe précédent el qui se réduisaient toutes deux à A-+ 1 pour
6*:=o; nous réserverons la notation Rj à la seule fonction p\p" — 6", à
laquelle correspondront une fonction So et deux fonctions
Mo = ;ji v/jA-i— 6^, N.; = V \,lb-— V-.
Si l'on fait tourner l'ellipso'ide E d'un angle infiniment petit autour de l'axe
des z, de façon à lui faire occuper la position E'; puis que Ion ai)pelle Ç la
distance des deux ellipso'ides E et E' comptée normalement à l'un d'eux, on
trouvera aisément
Ao étant une constante inlinimeut petite.
Mais si l'ellipso'ide E est un ellipso'ide de Jacobi, son équilibre sera indif-
férent et ne sera pas altéré quand on fera tourner la figure d'un angle
quelconque autour de l'axe des z. L'équilibre subsistera quand on fera varier Ao
d'une manière quelconque. Donc le coefficient de stabilité correspondant devra
être nul, c'est-à-dire que l'on devra avoir
P., S, R,S,
Telle est l'équation qui lie H à b- et qui exprime que l'ellipsoïde E est un
ellipsoïde de Jacobi.
Cela montre qu'à chaque valeur de b- correspond une valeur de II et une
seule. Lorsque b- tend vers c-, cette valeur de H tend vers zéro. On sait en
effet que quand oj tend vers zéro, le rapport du petit axe au mojcn, dans
l'ellipsoïde de Jacobi, tend vers l'unité et que le rapport du petit axe au grand
tend vers zéro.
l'our qu'un ellips(jïde de Jacobi soit de bifurcation, il faut qu'un autre de ses
coefficients de stabilité s'annule, ce qui exige que l'on ait
R,S, R2S2 R,S,
(2) — - — = — i^ — = )
n étant l'ordre de la fonction R,.
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. I09
L'équation
(3) 5:ili__ML = o
^ ' i in -h 1
aura une racine que j'appellerai K,, pourvu que R, ne soit pas divisible par
y/p- — c'\
Les équations (2) se réduiront donc à H = K,. Pour 6-=o, on revient au
cas du paragraphe précédent, et l'on a vu à la fin de ce paragraphe que H>K,-,
car la plus grande des valeurs de k pour lesquelles un coefficient de stabilité
s'annulait était précisément Ko, 2 c'est-à-dire H.
Voyons maintenant ce qui se passe pour ^- := c- = i .
'1 ■
La fonction R; se réduit à A(p'- — i)-D'^"^"(p- — i)", h élanl un entier plus
petit que n. En particulier Rj se réduit à (p- — i)'. Il résulte de là que si h
n'est pas nul, l'équation (3) est satisfaite pour p- z= i . Par conséquent pour
b- =z c-, K; devient nul el égal à H.
Au contraire si /( = o, R,- se réduit à AD"(p- — i)" et R, est positif et par
conséquent plus grand que H.
Si donc h est nul, l'équation H = K; est satisfaite au moins une fois, el
certainement un nombre impair de fois.
Nous pouvons discuter également l'équation
,,, n,s, R,S,-
(4) —- = o.
0 2/1-1-1
Nous devons rechercher d'abord dans quels cas le rapport ^ est toujours
croissant.
Si nous laissons de côté comme il convient les fonctions Pi, divisibles par
y/p^ — c-, la fonction R, peut afTecter quatre formes différentes, à savoir
^i= (p-—«i)(p'— «2)- ••(?=—='/>),
si /i = 2p, et
R/= p(?-— «i)(p- — «2 )■■•(?-— a/,),
R;= v/p^-^^(p^-3;,)(f5-ao)...(p^-ï;,)
si n = ip -\- I . Les a sont des quantités positives comprises entre zéro et c- el
que je suppose rangées dans l'ordre décroissant.
Tous les a étant plus petits que c-, tous les facteurs p- — a seront croissants
quand p- croîtra de c- à +00. De même tous les a. élanl positifs, le rapport
no SUR L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
sera conslammenl croissant. Enfin le rupporl spra croissant si a
est plus grand que b-.
Dans les quatre cas possibles, nous pourrons écrire
H/ p-— «1 p-— «2 , ., , , „ .
o
p; =(p- — «^(p'— «i)-- ■i?-—^p-i)>
R,- p- — «1 , „ > , „ s
R- = -7^^=(P — «O-'-Cp-— «/-).
\ ?' — "
R ,■ p-— g 1 „ V / „ V
j^_ = -^-(p— ='0..-(p— V)-
Tous ces facteurs seront croissants si a^ est plus grand que 6-, ou bien encore
si R, est divisible par y/p- — b-. Dans ces deux cas le rapport ^ sera toujours
croissant.
11 suit de là que l'équalion (4) ne pourra avoir de racine que si R, n'est
pas divisible par yp- — b- et a tous ses zéros inférieurs à b-. Les seules fonc-
tions R,- qui satisfassent à ces conditions, sont celles que nous avons représentées
par la notation RJ „ et qui pour b- = c-= i se réduisent à AD"(p- — i)". Les
équations (2) ne peuvent donc être satisfaites si R/ n'est pas égala RJ, „, et
si R,= RJ „, nous avons vu qu'elle peuvent toujours l'être.
Il resterait à établir qu'elles ne peuvent l'être que d'une seule manière.
Bien que diverses raisons me fassent penser qu'il en est probablement ainsi,
je n'ai pu encore le démontrer rigoureusement. Il y aurait surtout intérêt à
établir cette proposition en ce qui concerne In plus simple de toutes les fonc-
tions RJ „, c'est-à-dire en ce qui concerne
jp[ôf-—2{b'--hc°-)-h \/ib' — yO-c--h 4c»].
Il faudrait pour cela des calculs qui seraient sans doute fort longs, mais qui ne
seraient pas inextricables.
Soit Cn le coefficient de stabilité qui s'annule quand les équations
R.S, ^ RîS^ ^ Ri,nSi,„
3 5 J n -H I
sont satisfaites.
Supposons que b- croisse depuis zéro jusqu'à i ; nous verrons tous les
coefficients €„ s'annuler successivement.
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. m
On peut se demander quel est celui qui s'annule le premier. Je vais démontrer
que c'est Gj.
Il suffira pour montrer qu'il en est ainsi, d'établir que le rapport rj^ (où n>/))
est toujours croissant quand p- croît de c- à l'infini.
On le vérifie aisément quand b'-^ o et quand 6- = c'-.
Supposons maintenant que b- soit quelconque. Soient B,i et B^ les valeurs
R'
de B qui correspondent aux fonctions RJ^ et RJ,,,. Pour que le rapport— -f^ ne
fût pas constamment croissant, il faudrait, comme on l'a vu au paragraphe X,
que l'équation en p-
<]; = [/!(« -h I) -/)(/)+ I)]?'- (B„- B^) = o
eût une racine supérieure ù c-. Je dis que cela est impossible.
En eflel l'expression suivante :
s'annule pour p- := b- et pour p- = c- ; car ces valeurs annulent à la fois °'"
et^.
de.
Il faut donc que dans l'intervalle compris entre b- et c-, l'expression
„ t "''^o.n _ n 1 '(-^l,p _ ,1, r. I RI
Oi/^ -7--' "^O.n ~T7% — V*'u,«''o,/;
s'annule au moins une fois. Or RJ „ et RJ ne peuvent s'annuler puisque tous
leurs zéros sont inférieurs à b- . Donc 4' devra s'annuler pour une valeur de p-
comprise entre 6- et c-; cette expression, qui est du premier degré en p- nu
pourra donc pas s'annuler pour une valeur p- plus grande que c-.
c. Q. F. D.
JNous devons donc conclure que C;, est le premier coefficient qui s'annule.
Les ellipsoïdes de Jacobi pour lesquels un des coefficients Cn s'annule sont
des ellipsoïdes de bifurcation. A chacun de ces coefficients correspond donc
une nouvelle série linéaire de formes d'équilibre. Que savons-nous sur les
figures qui font partie de ces différentes séries linéaires?
Soit (On la valeur de la vitesse angulaire pour laquelle le coefficient G»
s'annule; soit t une quantité infiniment petite. Pour la vitesse angulaire co„ + £,
il y aura deux figures d'équilibre possibles, à savoir un ellipsoïde et une
surface S qui en diffère infiniment peu et qui a pour équation
(5) ^ = 8/mi,,n;,,.
112 SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
Dans celle équation, Ç, 0 et / ont la même signification que dans le paragra])lie
précédent, et MJ „, N^^ sont les fonctions conjuguées de ,RJ „. La fonc-
tion M^ „ ne contient en facteur ni \/c- — p.- ni \/p-- — 6-'; de même la fonc-
tion NJ „ ne contient en facteur ni y/c'-' — v- ni y/6- — v-. Donc Ç ne change pas
quand un de ces quatre radicaux change de signe, c'est-à-dire quand y se
change en • — i', ou bien z en — z.
Gela veut dire que les plans des xz et des xj sont des plans de symétrie de
la surface S.
Si maintenant n est pair, MJ „, NJ „, et par conséquent Ç ne changent pas
quand on change fj. en — p. ou v en — v; cela revient à dire que Ç ne change pas
quand on change a; en — ar ou que la surface S est symétrique par rapport au
plan des_)'^.
Cette symétrie n'a pas lieu si n est impair; Ç se change alors en — Ç quand a;
se change en — .r.
Ainsi la surface S admet, si n est pair, les mêmes plans de symétrie que
l'ellipsoïde dont elle dérive, et si n est impair, elle n'est symétrique que par
rapport aux plans qui sont perpendiculaires au petit axe et à l'axe moyen. Dans
tous les cas, elle est symétrique par rapport au grand axe.
Ce grand axe n'est pas l'axe de rotation et si n est impair, la surface S n'est
pas symétrique par rapport à l'axe de rotation. Il est vrai que l'équation (5)
sur laquelle nous venons de nous appuyer pour établir ces résultats n'est
qu'approximative et qu'on y a négligé les quantités de l'ordre do 0'-'. Mais on
montrerait par un raisonnement, de tout point semblable à celui du paragraphe
précédent, que les symétries auxquelles nous conduit l'équation approxima-
tive (5) subsisteraient encore si on la remplaçait par l'équation exacte de la
surface S.
Cette surface a donc rigoureusement deux plans de symétrie si n est impair,
et trois si n est pair.
Parmi les surfaces S, nous distinguerons la surface ij qui correspond au
coefficient de stabilité C3. Quelle est son intersection avec l'ellipsoïde dont elle
dérive? Pour avoir celte courbe, il suffit d'écrire que Ç esl nul, ou que
Ml,, = o, NJ_, = o,
ce qui donne
/ = o, ■/ = + !/
j,^„_ .. _-^., c-)- s/46'-7 6--^c--^-i-4c\
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. ii3
Celle inlerseclion se compose donc de l'ellipse principale, section de l'ellipsoïde
par le plan des yz, el de deux lignes de courbure de cet ellipsoïde.
Cela n'est vrai, bien entendu, qu'approximativement et en négligeant le carré
de 0.
La figure représente en projection sur l'un des deux plans de symétrie la
surface -j et l'ellipsoïde dont elle dérive.
Le contour apparent de l'ellipsoïde est représenté en trait pointillé, le contour
apparent de i.i el l'interseclion des deux surfaces en trait plein. On a couvert
de hachures la portion de la surface ^3 qui est vue à travers l'ellipsoïde.
Fig. I.
On voit d'après cette figure comment on passe de l'ellipsoïde de Jacobi à la
surface 2a- La plus grande portion de la matière semble se rapprocher de la
forme sphérique, tandis que la plus petite portion de celte même matière sort
de l'ellipsoïde par l'cxlrémilé du grand axe, comme si elle voulait se séparer de
la masse principale. Qu'on me pardonne d'employer un langage aussi dépourvu
de précision mathématique.
XI IL — Petits mouvements d'un ellipsoïde.
Imaginons d'abord une masse fluide homogène rapportée à des axes fixes; et
supposons que ses molécules s'attirent suivant la loi de Newton el que chacune
d'elles soit soumise en outre à une force dont les composantes suivant les trois
axes soient ocx, j3 y et y^. Les coefficients a, (3 et y devront être choisis de telle
sorte que la masse soit en équilibre absolu sous la forme de l'ellipsoïde
c-i—b-^
Supposons maintenant que la masse soit dérangée de cette position d'équilibre,
H. P. — VII. i5
Il4 SUR L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
de telle façon t\\\ù les coordonnées de la molécule {x, y, z) deviennent x-\-Sx,
y -h oy, z -+- oz. Nous imaginerons que ôx, ô}', ô; sont tels que
àx d.f -h 5 y cl Y -h oz t/z = (/a
soit une dillérenlielle exacte el que
.^ </o ., dm , (/ta
OX — ~-, 0)- = -p-) ÙZ = ^' ■
dx ' dy ilz
Pour l'équation de continuité, nous devons avoir
d- o d'-z> d- 5
dx- d}- dz-
de sorte que nous pourrons écrire
les E étant divers coefficients constants et R, M, N étant les fonctions de Lame.
Les composantes de la vilesse de la molécule (x, }', z) sont
d- o d- zi d- o
" — — - p = -; — — 1 w = — -
dxdt' dydl dzdt
La demi-force vive T aura alors pour expression
- ( ( H - -I- r- -(- II'- ) dx dy dz,
l'intégrale étant étendue à tous les éléments du volume de l'ellipsoïde. Mais en
vertu du tiiéorème de Green, celte intégrale peut (5lre remplacée par la sui-
vante :
- / -^ (u dy dz -H V dx dz ■+- iv dx dy )
■}. J dl
en tenant compte de l'équation de continuité, ou bien encore
Ijdl dt du
Dans cette expression d'ii désigne un élément quelconque de la superficie de
l'ellipsoïde et —, — ^dn est l'accroissement de la fonction -i^ quand le point cor-
' lit dn dt ' '
respondanl subit un déplacement dn dans une direction normale à l'ellipsoïde.
Cherchons à évaluer -; — 7-- Nous trouverons
dt du
d-i V '/E ,.,,., d-o x:' '/E ,.,, '/li dp
-7- = > , liMN et -r^ = > -^ MN -; r--
dt ^U dt lit dn ^ dt r/p dn
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
Or on a
dti
= / v/( ?■-- 6- j(p-^ -'•••'),
l ayant la même signification que dans les paragraphes précédents.
On en conclut
la fonction de Lamé Mi pouvant être identi(jue on non identique à la fonction M
et la sommation indiquée par le signe — s'étendant à tous les systèmes de fonc-
tions de Lamé M et Mi.
Mais si l'on tient compte de l'équation
r/MNiM,N,r/(o = o (M>M,),
il viendra simplement
Soit inainlenant U l'énergie potentielle de la masse fluide dans une position
quelconque et Uo la valeur de celte énergie dans la position d'équilibre. Nous
avons vu au paragraphe IX que l'on a
U = Uu - ■). -1 A- / A' / - ^ '^^ \ f l U^ N2
Ao.
Ici n désigne Tordre de la fonction 1\, g est la force normale qui agit en un
point quelconque de la surface de l'ellipsoïde. Enfin on suppose que le dépla-
cement d'une molécule quelconque de cette surface, estimé normalement à
l'ellipsoïde a pour expression — A/MN. Dans le cas qui nous occupe, ce dépla-
, , . </s .
cernent est égal u V ou a
"^ lin
d'où
et
</R
"^ = ^77^ v'Cf-^ -'!'■' )(?—'■■')
de,- ' \ 'in -i- \ / J
Les équations du mouvement seront
(/T
■'vm\ ■"
ii6 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
ce qui donne
(0
giR=-4:rÇ^v'(P=-*^)(P'^-«'-)(o-'
•.> n -+- I
Celte O(|u;ition inonlre, ce que nous savions déjà, que l'équilibre est stable
pourvu que tous les coefficients ^Z — ; soient positifs, et elle nous apprend
en même leaips à calculer les périodes des oscillations inlininienl petites de
notre masse lluide.
Avant d'aller plus loin, nous allons calculer en restant dans l'hjpollièse pri'-
cédenle le moment de la quantité de mouvement par rapport, à l'axe des ;.
Nous représenterons ce moment par la lettre DTi.
Nous aurons
où
■'"'■ ' = / ( '■ -T^, — •^' ~r-^, ) "'■^ ''.►' ^''"'
J \ dx dt dy dl I
.m«= / V -!-^ r -T-T \dxdydz.
J \ dy dx dt dx dy dt j
Le premier terme JRi peut se calculer immédiatement. Le théorème de Green
donne en effet
/d^
-' dw ( )- cos a — X cos [ii ),
d(jô désignant toujours un élément de la surface de l'ellipsoïde, et cosa, cos[3,
cosy étant les cosinus directeurs de la normale.
On trouve alors
r cosa: — .-koosIj = A71VI»l\o,
où Mj el N.j désignent comme dans le paragraphe précédent deux fonctions de
Lamé conjuguées : p-yy-'' — b'^ et v yb- — v- et k un coefficient dépendant seu-
lement de p et égal à — c y/c- — b- y/p- — c-.
Si l'on appelle ^2 le coefficient de R^M-jN^ dans l'expression de co, il reste
simplement
DM,=—k^ R» r;MSN:î dM.
dt J ■ -
Calculons maintenant. Jll.j ; le théorème de Green nous donnera encore
,,, 1' dz> 1 c/o c/9 \
.IR., = / -r^ dw -r cosa ^ cos [i ).
' J dt \dy dx ' /
SUR L EQUILIBRE D UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Nous allons nous occuper de calculer le facteur
^ dzi da ,^
F = -r^ COS a 7^ COS iJ.
dv dx
Nous remarquerons pour cela que si l'on pose avec Liouville
P = /p s/p-—b' \Jf—c-,
on a
P X V Y V z
COS ï = — — 1 COS fj = -;; ^—r^ ) COS Y = —
- — 0- p — c-
ce qui donne
■dv
v/p°- — 62 «'•z^
Nous pouvons encore exprimer F d'une autre manière. Donnons à x, y et ^
des accroissements
X
OX = — os ■ r-) oy=os--i ÙZ = o,
p-— 6- • p-
il en résultera pour la fonction tp un accroissement ôtp et l'on aura
F = Ip \/{o--b-){(,-^—c-)^-
11 importe de remarquer que si le point (x, y, z) est sur l'ellipsoïde, il en est
de même du point infiniment voisin [x-\-èx, y -\- oy, z 4- oz).
Nous allons maintenant utiliser une remarque de Liouville, grâce à laquelle
les fonctions de Lamé peuvent être ramenées aux fonctions sphériques.
Soit 9 = RMN le produit de trois fonctions de Lamé conjuguées d'ordre n.
Changeons de variables en posant
X=-, Y = ■''' Z =
P ^p-^-6= vp'-c-
Si le point (j-, )•, :;) se trouve sur l'ellipsoïde
X-
p- p- — b- p- — c- '
le point correspondant (X, Y, Z) se trouvera sur la sphère
et pour tous les points de cette sphère, la fonction cp sera égale à une constante
multipliée par une fonclion sphérique de degré n. Nous pourrons écrire cp =;= t<i^,
<\i étant un poljnome homogène de degré n en X, Y et Z et satisfaisant à l'équa-
tion
d- <h d- 1}/ d'-ij
n8 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
el £ étant une fonction do X, \ et / ([iii osl coiislaiilo ini tous les points de la
sphère de rnyon i .
Nous aurons d'autie part
o.v = — = — os ■
et de nième
0 1 = 05 :=^=:=r ) O/. =: O.
p s'p-— 6-
On aura dans les mêmes conditions
ot = i), 5? = E 0']/ = £ ( -T^ 6.\ -+- -^, 0 V
'/•!> ... '/■\'
d'oi
o:.
et enfin
Il est aisc^ de vérifier que si '^ est un polynôme homogène de degré ii en x, y
el z, satisfaisant à l'équation
il en sera de même de
(i\- ' (/\-^ ' d7J "'
Il en ri''sulte que si cp est égal à une cimslanle multipliée par le produit de trois
fonctions de Lamé conjuguées et d'ordre n, F sera de la forme suivante :
F = /(ai M', X, -4-a.M2N', -t-...-4-a/,IM;,N'„).
Dans cette expression, c.,, a.,, . . . . a.,, sont des quantités qui restent constantes
sur toute la surface de notre ellipsoïde et M', , N', ; M',, N',, ... ; M'^,, NJ, sont
des systèmes de fonctions de Lamé conjuguées ei qui sont toutes d'ordre n.
i\ous dirons pour abréger qu'une somme de la forme
a, AI', ^', -1- z.2M2N'2 + . ..-f- x/,m;,n'„
est une somme de Lamé d'ordre n.
.Si alors nous avons, comme nous l'avons supposé plus haut
il viendra
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 119
H, étant une somme de Lamé de même ordre que les fonctions R, M, N. Ainsi
les coefficients d'une même indéterminée c, seront de même ordre dans l'expres-
sion de tp et dans celle de F.
II \ ienl alors
OM, =Jf J «''■' = s Ri? i'-^fl»i >U N, rfco.
Remarquons que l'intégrale / /H,M/,Na- rfto est nulle si les sommes H,- et M/cN^
ne sont pas de même ordre.
Nous dirons pour abréger que l'indéterminée ;, est de rang n si les fonc-
tions R/, M, et N, sont d'ordre n.
Il résulte de ce qui précède que l'on a
dit
les A,7, étant des coefficients constants qui sont nuls si les indéterminées ^, et Ey,
ne sont pas de même rang.
Nous ne nous sommes occupés jusqu'ici que des petits mouvements absolus
d'un ellipsoïde rapporté à deux axes fixes. Passons maintenant an cas des petits
mouvements relatifs d'un ellipsoïde fluide rapporté à un système d'axes mobiles
tournant avec une vitesse uniforme oi autour de l'axe des z.
Envisageons les équations générales de l'Hydrodynamique :
du du du du dp
dt dx dy d}z dx
où u, 1', w désignent les composantes de la vitesse; X, Y, Z les composantes
de la force; p la pression, et où la densité de lluide est prise pour unité. Nous
aurons d'ailleurs
.. d\ ,. rfV ^ d\
dx dy dz
OÙ V représente le potentiel des forces et où — ',iv et oju sont les composantes
de la force centrifuge composée. Si nous posons
¥-/> = .{.
et si nous négligeons le carré de m, c, w en observant que les mouvements
doivent être très petits, il viendra
, . du d'h di' di/ dw dii
^^^ 5F^^"''=5x' dt -'"''' = dp'
in
-\-
Hz "
o.
d
■iv-
:4
.d^'^
"^^J'
lio SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
avec ri>([ii;ilioii «le coiilnuillt''
0\\ en lire aisément
(3)
Cette équation ne suffit pas pour déterminer la fonction i];. 11 faut pour achevei*
de connaître cette fonction, tenir compte de cette circonstance que la pression
doit être nulle sur toute la surface libre. On doit donc avoir sur cette sur-
face ■!> = V.
Pour pousser plus loin cette analyse, envisageons séparément un des mouve-
ments élémentaires dans lesquels on peut décomposer tous les petits mouve-
ments de l'ellipsoide. Soient ox, ny. èz les déplacements inlininient petits
d'une molécule et écrivons
àx = e"' I, oy = e"' r,, 6c. = e'''' ^ ;
^. Y} et ^ ne dépendent que de .2', y et z. Les équations (2) et (.3) deviendront
alors
' — i K- -\- 1 II) l Kri = —l—
ax
— T|À- -I- 2 (0 ; /. Ç = -j-
(4) { ';,' ('}=e".'^,);
dx- dy-
.i'o'-\r^'>,
OÙ 4*1 ne dépend que de x. y et z.
Voyons maintenant ce que devient la condition relative à la surface libre.
Soient cos a, cos[3, cosy les trois cosinus directeurs de la normale en un point
de l'ellipso'ide et supposons que l'on ait en tous les points de cette surface
ç cosa -)- T| cosTi -1- ij cosy = 2 A^ /iM/Nx-,
le second membre étant une série développée suivant les produits M/,N/, de
deux fonctions de Lamé conjuguées. Une formule du paragraphe IX nous
donnera, en tous les points de la surface libre,
L'équation ■.!> =^ V se réduit donc à
(5) ç„ = _.5,vA,/lli:^__!!ilLyM,N..
SUR l'Équilibre dune masse fluide en rotation.
D'aiilrc part les équations (4) nous donnent
—r- ). -f- 2 -7- (1) i
^ dx dy
■'■| =-
dy dx
d6,
riz
d'où
— -! f r COS a -H T. COS S -+- î ce
)st')
/
rr/'];! coscz d'h, COS 8 rfJ>i / nj'-\cos-'l . F ^'ii COS a rf'ii COS fi "1
Mais nous avons trouvé plus haut
P0S2 /— ; 7-- /— ! r X
—f- =?\/?-—b'V?- — c'--,'
cosfj
/ -pvV-6=v/?=^^T7r67'
-^ = ,M/p— 6-v'p— c-^^-^
d'où
X(4"'' X-) , . O V
: ( Ç COS a -1- T, COS I J + î= COS Y )
Ip \/p- — b- v/p- — c-
\_dx p- rf)- p-— 6= dz \ A-/P — c J L <''»■ P "-^ P '' J
ou enfin
[_(/>■ p- dx p-—à-\ p ^p<-—b!- ^P'—C
Le problème est donc ramené à la recherche d'une fonction tpi qui satisfasse
à la dernière des équations (4) à l'intérieur de l'ellipsoïde et aux équations (5)
et (6) sur la surface de l'ellipsoïde.
Supposons donc d'abord que w soit nul; la dernière équation (4) se
réduira à A'];, ^= o, de sorte que nous satisferons à la fois aux équations (4) et
(5) en faisant
6, = 4.1 A, (^-^ - __j — j^^ —
Dans cette expression RjJ est la valeur que prend R/, sur la surface de
l'ellipsoïde.
De cette expression, on déduira pour tous les points de la surface de
l'ellipsoïde :
dR
k
dx p- dy p- — o- dz p- — c- V 3 2/1-1-1/ p K^-
H. P. — VII. 16
122 SUR L EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
de sorle que l'oqualioii (6) se rtHluil à
— .\-AS\k —5— MiNi= — ^^==^^=1^= IAa- i^U•l^'y^.
\ i ■.'.« + 1/ pR* p ^,(pJ_i'i)(p2_c2)
Pour (jiie celle équation soit, satisfaite, il faut et il suffit que tous les
coefficieals A< soient nuls, excepté un que nous appellerons Ay,, et que X
satisfasse à l'équation
On est donc ainsi conduit pour les périodes des diverses petites oscillations
possibles aux mêmes valeurs que par l'équation (i).
Nous allons maintenant supposer que to n'est pas nul.
Posons
4 to- ^
la dernière des équations (4) deviendra
rf-'L, fZ-^'l, il'^'h,
-TTT + -rr ■+- -j-^ = "•
ctx- ay- nz -
Quand le point [x, y, :•) décrira l'ellipsoïde E qui a pour équation
X- y- z- _
■^ "^ p5— 6= "^ f- - c°- ~''
le point {x, v , 2') décrira l'ellipsoïde E' qui a pour équalion
x'- r- X- z'" _
p- f-—b- p- — c-
.Xous appellerons R', M' et N' les fonctions de Lamé formées à l'aide de
l'ellipsoïde E', et /' la quantité qui joue par rapport à l'ellipsoïde E' le même
rôle que /joue par rapport à l'ellipsoïde E.
Nous appellerons cosa', cos^', cosy' les cosinus directeurs de la normale en
un point de la surface de E'. Nous poserons de même
• c
f2-c'^=ii— 5— ei P'=/> y/(p2_6-^)(p"--c'2),
de même (jue l'on a, d'après les notations de Liouville :
I' = /;. y/(p2— bi )((<-— C-).
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
Il viendra alors pour un point de la surface de E' :
x
P' p2' p' f—b-i P' p2— c"-' f—c--'
d'où
dii^ X d'h\ Y din i-z i /d'b^ , rfJ/, „, d'h\ A
dx p- fl'r p-— 6- dz p-— c- P \ o'.r rfj-' ' dz J
r/'ii a; f/'ii 1- I f dii\ , rfJ^i ,A
(// p- dx p^— 6- P \ ^j' dx j
Considérons maintenant un point quelconque de l'ellipsoïde E ayant pour
coordonnées elliptiques fx et v et pour coordonnées ordinaires x. y et z; consi-
dérons ensuite le j)oint correspondant de l'ellipsoïde E' ayant pour coordonnées
ordinaires x, y et ;';= ~ et pour coordonnées elliptiques [j! et v' (dans le
système dérivé de l'ellipsoïde E'). Soit M'^ une fonction quelconque de Lamé
de la coordonnée p.' et N' la fonction conjuguée de la coordonnée v'. A chaque
point de E correspond comme nous l'avons vu un point de E' et réciproquement.
A chaque système de valeurs de p. et v correspond donc un système de valeurs
de p' et v' et réciproquement, de sorte que le produit JM[^N'^ f[ui dépend de p.'
et v' pourra aussi être regardé comme fonction de [x et v; à ce titre, il pourra
être développé en une série ordonnée suivant les produits de Lamé M^N/,
dérivés de l'ellipsoïde E. Ou aura donc
(7) M;iV;=SBt,,/MA-N<..
Nous allons maintenant, à l'aide do la remarque de Liouville dont nous avons
déjà fait usage plus haui, montrer que dans le second membre de l'identité (7)
n'milrcnt ipie des fonctions de Lamé de même ordre que M',^.
En elTcl, d'après celle remarque de Liouville, si l'on pose
X=-, Y = ^' , Z= '
\/p- — b- v'p- — c- V p'- — c-
le produit M' N' sera sur la sphère
une fonction sphériquc de même ordre que M' et le produit M^N/, une fonction
sphérique de même ordre que M^-. L'identité (7) ne peut donc subsister que si
toutes les fondions de Lamé qui entrent dans le second membre sont de même
ordre que M'^.
Ce second membre n'est donc pas une série infinie, mais un polynôme formé
d'un nombre fini de termes.
12.1 SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
De plus dans ce second membre ne peuveiiL entrer (|ue des fonclious de
Lame présenlanl les mêmes symétries que M|^. Si par exemple M'^ est divisible
par y/fi'- — 6'-, il devra en être de même de toutes les fonctions M/;.
Nous renverserons l'idenlilé (7) en écrivant
La fonction 'h, devant satisfaire à la dernière des équations (4) pourra s'écrire
les D,, étant des coefficients constants et les R'^, M'^, N|^ étant des fonctions de
Lamé dérivées de l'ellipso'ide E'.
A la surface de cet ellipso'ide, nous aurons
en tenant compte de (7), de sorte (jue l'équation (5) se ramènera auxéquations
On a d'autre part à la surface de E' :
D'autre pari il résulte de l'analyse faite plus haut à propos des moments des
quantités de mouvement (|ue l'on a sur toute la surface de E' :
les F étant des constantes el les M'y. et N|(. des fonctions de Lamé de même ordre
<[ue M'^, mais ne présentant pas les mêmes symétries. Si M'^ contient en
facteur \ [>■'- — c'-, il en est de même de M'/^ et réciproquement, mais si M'
contient en facteur \J \''-- — 6''-, M'^ ne le contiendra pas et inversement.
Nous écrirons en tenant compte de (7)
ce qui donnera enfin
d'h 1 X d'h I
Si:D,,G,,x.M/.NA..
dy p- dx ç,'' — b
L'équation (6) se ramène alors aux égalités
(9) ^7====r— === =X> D,,Ba.,„— r + 20Ui.,;D,,G,,i•.
SUR l'Équilibre dune masse fluide en rotation. 125
II s'agit mainlenanl de disposer de X, des Dg et des A/, de façon à satisfaire aux
égalités (8) et (9).
Or on pourra arriver à ce résultat en supposant d'abord que tous les A/, et
tous les Dq sont nuls, sauf cens qui se rapportent à des fonctions de Lamé d'un
certain ordre, d'ordre n par exemple. 11 restera alors an + i équations (8) et
2n + i équations (9) entre 1, les 2n-{-i coefficients A/, et les 2/1-+- i coeffi-
cients D^ qui se rapportent aux fonctions de Lamé d'ordre n et qui par consé-
quent ne sont pas nuls, d'après la convention précédente. Cela fait en tout
4«-i-2 équations linéaires et homogènes par rapport aux 4 « + 2 coefficients A^
et Dç.
Si l'on élimine ces 4^1 + 2 coefficients entre ces ^n-\-i équations par le
moyen d'un déterminant, on obtiendra une équation qui déterminera les
périodes /. des oscillations infiniment petites de l'ellipsoïde. 11 importe de
remarquer que \ n'entrera pas dans cette équation seulement explicitement,
/yR'
mais que les coefficients B/, ,,, Gy_/,, —~^-, R'^ qui entrent également dans celle
équation dépendent de \. Néanmoins, même en tenant compte de cette cir-
constance, l'équation est algébrique en \.
Il j aura une infinité de pareilles écjuations en À que l'on obtiendra en consi-
dérant successivement les fonctions de Lamé du deuxième, du troisième, . . .,
du rt"""^ ordre, etc. Pour la stabilité il faut et il suffit qu'aucune de ces équations
n'ait de racine imaginaire.
Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que dans un même système d'équations
(8) et (9) n'entrent que les coefficients qui se rapportent aux fonctions de Lamé
d'un même ordre.
Si donc nous écrivons la valeur de <]> relative à une oscillation infiniment
petite obtenue en considérant l'une des solutions d'un système d'équations (8)
et (9), on trouvera
■j; = e'-«2:D^M;N;R;.
Dans la somme du second membre n'entrent que des fonctions de Lamé d'un
même ordre, d'ordre n par exemple. Une pareille oscillation infiniment petite
s'appellera un mouvement harmonique d'ordre n.
Il résulte de ce qui précède que deux mouvements harmoniques d'ordres
différents sont indépendants l'un de l'autre, c'est-à-dire que l'on peut imposer
à la masse fluide, comme liaison, la condition de ne pouvoir éprouver d'autres
ia6 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
déplacements ijuc des mouveineuts liarnioniques d'ordre n sans que les in-\-\
mouvements harmoniques d'ordre n possible soient altérés.
Nous pouvons encore énoncer ce résultat d'une autre manière.
Dans un mouvenienl liarmonique d'ordre «, on a sur la surface de l'ellip-
soïde de E :
V = 'i = e'-'')i\t^\k'^k,
M/t et Njt étant des fonctions de l.,auié d'ordre n et les A/, des coofllcients
constants. Sixr la surface de cet ellipsoïde, le potentiel V s'exprime donc par
une somme de Lamé d'ordre n.
Imposons-nous donc la liaison suivante : que les déplacements de notre
masse lluide soient toujours tels que le potentiel s'exprime à la surface libre
par une somme de Lamé d'ordre n. En tenant compte de cette liaison, on
trouvera <|ue certaines petites oscillations de la masse sont possibles. On
cherchera tous les systèmes d'oscillations possibles en supposant (|ue la valeur
de \' à la surface soit assujettie à être une somme de Lamé d'ordre 2, 3, . . .,
/(, ... ; on composera ensuite tous ces systèmes d'oscillations, d'après la règle
ordinaire de la composition des petits mouvements, et l'on obtiendra de la
sorte tous les petits mouvements possibles du système, en le supposant délivré
de toutes ses liaisons.
Mais il y a plus. J'ai dit que dans une même équation (8) ou dans une même
équation (y) ne peuvent entrer ([ue des coefficients Aj et D,y se rapportant à
des fonctions de Lamé d'un même ordre. On peut ajouter que dans une même
équation (8) ou dans une même équation (9) ne peuvent entrer que des A/, et
des D,y se rapportant tous à des fonctions de Lamé (|ui ont comme facteur
\/ c- — fji^ ou \/c'- — p-''-' ; ou bien des A^ et des D,, se rapportant tous à des
fonctions de Lamé (jui n'admettent pas ce facteur. Si la fonction M/, ne contient
pas le facteur yc- — p.'-, le produit M^N^ est symétrique par rapport au plan
des xy (c'est-à-dire (|u'il ne cliange pas quand on change ^ en — ;), il ne l'est
pas dans le cas contraire.
Voici quelle est la conséquence de ce fait. Supposons ([ue Ion ciierche à
trouver tous les mouvements liiirmonii|ues possibles d'ordre n que nous appel-
lerons H. Imposons-uous d'idjord la liaison suivante : f|ue la vnleur superficielle
de V soit une somme de Lamé d'ordre n et symétrique par rapport au plan
des xy. Nous trouverons qu'en' tenant compte de cette liaison, il y a certaines
oscillations possibles H'. Imposons-nous maintenant une autre liaison : que la
SUR L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 127
valeur superficielle de V soil une somme de Lamé d'ordre n et change de signe
avec Z-. En tenant compte de cette liaison, il y aura certaines oscillations
possibles H*. Si nous composons ensuite les oscillations IF et H" d'après la
règle ordinaire de la composition des petits mouvements, nous aurons tous les
mouvements H possibles.
Ces règles permettent d'envisager séparément les mouvements harmoniques
d'ordre n sans tenir compte des mouvements harmoniques d'ordre di fièrent qui
pourraient exister simultanément.
Un cas particulier oii les équations (8) et (g) se simplifient considérablement,
c'est celui où l'ellipso'ide E et par conséquent l'ellipso'ide E' sont de révolution.
Il arrive alors que tous les coefficients Vn^,i soni nuls quand /. est dillérenl de q
et que l'on peut prendre
l'X-,/. = I, G,^,A = F,,,x-.
Une dernière remarque : pour que l'analyse précédente puisse s'appliquer,
il faut, à ce que l'on croit d'abord, que l'on ait
ce qui obligerait \ à rester compris entre certaines limites. Cependant il est
aisé de voir que ces résultats subsistent quelle que soit l'hypothèse faite sur la
valeur de \. En eiïel il semble d'abord que les fonctions de Lamé IV, M' et N'ne
sont définies que lorsque les axes de l'ellipsoïde E', d'où elles dérivent, sont
réels et si l'axe des z est le petit axe dans E' comme dans E. Mais le produit
R'M'N' est un polynôme entier en x-, j et j qui est parfaitenn^nt défini dans
tous les cas possibles et qui jouit toujours des mêmes propriétés.
Si même A > 2co, c'est-à-dire si t- est négatif et si l'un des axes de E' devient
imaginaire, les résultats de l'analyse précédente subsistent encore.
XIV. — Stabilité des ellipsoïdes.
Pour reconnaître si un ellipso'ide de révolution ou un ellipsoide de Jacobiest
stable, il faut se reporter au paragraphe VII. D'après la règle de ce paragraphe,
qui était soumise, je le rappelle, à certaines restrictions, une figure d'équilibre
ne peut jouir de la stabilité séculaire ([u'à la condition que tous les coefficients
de stabilité soient négatifs. Si cette règle était applicable sans modifications à
l'ellipsoïde de Jacobi, celte figure n'aurait jauiais la stabilité séculaire, car un
liS SUR L EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
de ses coeflicicnls do slabililé esl loujoiirs positif; c'est celui qui se rapporte à
la fonction R„ .. Mais la règU; du paragraphe VII n'est applicable, comme nous
l'avons vu, que si dans tous les mouvements possibles le travail des résistances
passives est toujours négatif sans pouvoir jamais être nul. Ce n'est pas le cas si
l'on envisage une masse fluide isolée dans l'e-space, car si une pareille niasse se
déplace sans se déformer, il n'y a pas de résistance passive. Si au contraire la
rotation de la masse fluide était déterminée par celle d'un axe rigide qui la
traverserait de part en part et qui l'entraînerait par frottement (comme dans les
expériences de Plateau par exemple), tout déplacement produirait une résis-
tance passive et l'ellipsoïde de Jacobi serait toujours instable.
Mais ce cas est sans intérêt. Envisageons donc une masse isolée dans l'espace
et voyons comment doit être modifiée la règle du paragraphe Vil.
Considérons deux systèmes d'axes : un système fixe et un système mobile
tournant avec une vitesse angulaire constante w autour de l'axe des :;. Supposons
que la masse fluide ait une position d'équilibre relatif dans laquelle elle soit
animée d'une vitesse de rotation w par rapport aux axes fixes, et par conséquent
en repos par rapport aux axes mobiles. Soit, dans cette position, lo son moment
d'inertie par rapport à l'axe des s et Uq son énergie potentielle par rapport aux
axes fixes. Considérons maintenant une configuration de la masse fluide voisine
de la figure d'équilibre et telle que celte masse cesse d'être en repos par
rapport aux axes mobiles. Soient, dans celte nouvelle position, I et U les
valeurs du moment d'inertie et de l'énergie potentielle. Soil T la demi-force
vive relative par rapport aux axes mobiles; soit m la masse d'un des points du
fluide; r sa distance à l'axe des :;, et w + ôeo sa vitesse angulaire autour de cet
axe. Les équations de la conservation de l'énergie et de la conservation des
moments des quantités de mouvement nous donneront
■I- V « ~ "'"' Il W'Io ,, , 1 , V o - t
1 -H 1112.11)1- o(o H h U = -t- Un -H A, (0 I -f- z.mr- 0(0 = wlo
(/i étant une constante qui est très petite si les déplacements initiaux et les
vitesses initiales sont très petits ce que nous supposons), d'où
Mais on a
d'où
1- u = Uo (- II.
Tv^ 'v .- ,~^ ' (-'«'--So))- 0)2 (I — Io)'-
2 ■}. 2 mr- •). I
u-u„-^|(i-ro)+Çll^<A.
SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation. 129
Si donc ou a pour toules les configurations Lrés voisines de la ligure d'équilibre
(.) U-L:„-Ç(.-I„)-'f ^^>o,
on sera certain que l'écjuilibre est stable. S'il y a des résistances passives, /( ne
sera pas une constante, mais ira constamment en diminuant; donc a fortiori,
il y aura encore stabilité si la condition (i) est remplie. Cette condition est
donc suffisante pour qu'il y ait stabilité séculaire.
D'après la règle du paragraphe VII, la condition nécessaire et suffisante pour
la stabilité séculaire était que l'expression V fût minimum, c'est-à-dire
que
Lj-Uc- — (r-ro)>o.
2
On voit que la règle actuelle est plus favorable à la stabilité.
D'ailleurs la condition (i) peut encore s'énoncer d'une autre manière. Elle
signifie que l'expression
^ 21
doit être minimum pour la ligure d'équilibre [cf. Tait et Thomson, Treatise
on Nattiral Pliilosophy, i; 778" [y'] et [A]).
Il faut voir maintenant si cette condition (1) est nécessaire pour qu'il y ail
stabilité séculaire. Nous avons vu au paragraphe V^II que les déplacements infi-
niment petits Xi des diverses molécules d'un système à partir d'une position
d'équilibre relatif pouvaient s'exprimer de la façon suivante :
les A,„ ('lant des constantes arbitraires d'intégration, tandis que les [<, /» ] et
les Im sont des constantes dépendant des équations difTérentielles données.
Pour qu'il y ail stabilité séculaire, il faut que tous les ?. aient leur parlie
réelle nulle ou négative.
Plaçons-nous d'abord dans les conditions où la règle du paragraphe VII est
applicable, c'est-à-dire oii tout déplacement entraîne une résistance passive.
Tous les }. ilovronl alors avoir leur partie réelle négative, et tous les ,r, tendre
vers zéro quand t croîtra indélinimenl. L'expression suivante :
<I> = ÏH-U-U„— — (I-l„)
H. P. — VU.
i3o SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
(si l'on néglige les cubes des xi, ou ce qui revient au même les cubes des A,„)
est une forme quadratique par rapport aux A,„.
Celle forme doit tendre vers zéro quand / croît indéfiniment. Mais d'après la
nature même des résistances passives, cette forme doit aller constamment en
diminuant. Il faut donc que sa valeur initiale soit toujours positive quelles que
soient les constantes arbitraires A,„. La forme <!• est donc toujours définie
positive, c'esl-à-dire que U 1 doit être minimum dans la position d'équi-
libre. C'est là la démonstration de la règle du paragraphe VII.
Supposons maintenant que cette règle ne soit plus applicable, c'est-à-dire
que certains déplacements n'entraînent pas de résistances passives. 11 pourra
arriver alors s'il y a stabilité séculaire que parmi les }.„,, il y en ait un certain
nombre que j'appellerai les 1/, et dont la partie réelle est nulle, pendant que
d'autres que j'appellerai les 1,, auront leur partie réelle négative.
D'après cela la forme •!• ne tendra pas vers zéro, en général, quand t croîtra
indéfiniment; elle partira de sa valeur initiale 0„ et tendra vers une certaine
valeur limite O) que l'on obtiendra en remplaçant dans <I>o tous les A,/ par zéro et
en conservant aux A^, leurs valeurs initiales.. Comme la forme <I> doit aller
constamment en diminuant, qn devra avoir ^f)>'^\ quelles que soient les
valeurs des constantes arbitraires A^, et A^. Pour cela il faut que la forme qua-
dratique <t soit la somme de deux autres, la première ne contenant que les A^,,
la seconde définie positive et ne contenant que les Ary.
Si donc dans la forn)e $o on annule tous les h.,,, cette forme deviendra définie
positive.
Dans le cas qui nous occupe, et si nous supposons que le centre de gravité
de notre masse soit fixe, il n'y a que trois déplacements (jui n'entraînent pas de
résistance passive, ce sont les rotations autour des trois axes. Il y a donc au
plus six des /„ dont la partie réelle est nulle; en d'autres termes, il y a au plus
six Kp. En réalité, il n'y a que quatre A^,. On obtiendra tous les mouvements
pour lesquels tous les A,/ sont nuls, en supposant que les diverses molécules d(!
la masse fluide tournent d'un mouvement uniforme, à la façon des diflérenles
parties d'un même corps solide, autour d'un axe quelconcpie et avec une vitesse
quelconque. On obtiendra tous les mouvements pour les(|uels tous les A^ sont
nuls, en considérant les déplacements de la masse fluide qui sont tels <|iic le
moment de la quantité de mouvement relatif par rapport aux axes mobiles soit
nul. {•ont- qu'il y ait stabilité séculaire, il faul que la forme «t soit toujours
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. i3i
positive quand les dcplacemeuls initiaux et les vitesses initiales des diverses
molécules sont telles que tous les A^, soient nuls, c'est-à-dire que le moment de
la quantité de mouvement soit nul. Or i! est aisé de voir que cela ne peut avoir
lieu que si l'expression (2) est un minimum.
C'est donc là la condition nécessaire et suffisante de la stabilité séculaire.
L'expression
U„-U- ^(I„— I) = T-<I.
2
est aussi une forme quadratique par rapport aux A,„ quand on néglige les cubes
de ces quantités. Celte forme peut être réduite en une somme de carrés et ce
sont les coefficients de ces carrés que nous avons appelés jusqu'ici coefficients
de stabilité. D'après ce qui précède, il convient maintenant d'envisager la
forme
2 2 I
Celte forme peut anssi être réduite en une somme de carrés et j'appellerai les
coefficients de ces carrés coefficients de stabilité corrigés. Ils devront être tous
négatifs pour la stabilité séculaire.
Supposons que la forme d'équilibre rolalif soit un ellipsoïde et que la ligure
troublée soit définie par la distance Ç d'un point de sa surface à l'ellipso'ide
comptée normalement à l'ellipso'ide.
Si l'on a
nous avons vu au paragraphe IX que les coefficients de stabilité s'écrivent
■J. J \ s 2/1 + 1/
Il est aisé de voir que si l'on néglige le cube des A,- il viendra
2 I ^ '
B et B' étant des coefficients qui ne dépendent que des axes de l'ellipsoïde
pendant que A et A' sont les coefficients de /MJ „NJ , el /M." ., N^ , dans l'ex-
pression de Ç.
Il résulte de là que les coefficients de stabilité corrigés ne différeront pas des
coefficients de stabilité primitifs, si l'on excepte ceux qui se rapportent aux
fonctions de Lamé RJ ^ et RI „. Or si l'im se reporte au paragraphe pTécédenI,
on verra que nous pouvons envisager séparément les mouvements harmoniques
,3> SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
des divers ordres, el que pour qu'il j ail slabililé, il l'aul et il sulTil que celle
stabililé existe à l:i tois en ce ([ui concerne les mouvenienis li:irmoniques de
chac|ue ordre.
Mais d'après ce (jue nous venons de dire des coefficients de sl.ibilité, la rc^le
du paragraphe VII s appliquera aux mouvements harmoniques de tous les
ordres si l'on excepte le second.
Pour qu'il y ail stabililé séculaire en ce qui concerne les mouvements du
pleine Qpt^re, il faut et il suffit que les coefficients de slabililé corrigés qui se
rapportent aux fonctions de Lamé du n""' ordre soient tous négatifs; or ils ne
diflerent pas des coefficients primitifs si n > 2.
Considérons d'abord les mouvements du deuxième ordre; ils ne seront pas
altérés, comme nous l'avons vu, si nous nous imposons comme liaison la
condition que ces mouvements soient seuls possibles. Cela revient à assujettir
la figure de la masse fluide à la condition de rester toujours ellipsoïdale.
Pour que la stabilité soit séculaire, en tenant compte de cette liaison, il faut
el il suffit que l'expression
soit plus grande pour un ellipsoïde quelconque que ])our l'ellipsoïde d'équilibre.
L'expression 01 1,, est le moment de la quantité de mouvement; c'est une
donnée de la question. Les quantités qui définiront l'ellipsoïde seront deux des
axe», a el 6; le troisième axe par rapport auquel on prendra les moments
d'inertie sera fonction des deux premiers, puisque le volume est supposé
donné.
\ tout .système de valeurs positives de a el // correspond une valeur de (2)
qui tend vers une limite nulle ou positive quand l'un des axes a ou h tend vers
zéro ou vers l'infini d'une manière quelconque.
Si donc on appelle Dît, dlo el ^^Ij le nombre des minima négatifs de
l'expression (2), celui des maxima négatifs, el celui des ellipsoïdes d'équilibre
qui correspondent à une valeur négative de (2) qui n'est ni un maximum ni un
minimum, on aura par simple raison de conliuuilé el en vertu des principes
bien connus de V Analysis Sil.us :
Ci) t)l,-h0t.,~-3t, = i, c%, >o.
Pour les valeurs deoil,, qui sont inférieures à une certaine limite, il n'y n
SUR L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 133
qu'un seul ellipsoïde d'équilibre qui est de révolution. SI les axes de cet ellipsoïde
sont 0, p et \/p- — c'-', ces valeurs de o satisferont à l'inégalité
J'appellerai un pareil ellipsoïde : ellipsoïde peu aplati pour le distinguer de
ceux qui ne satisfont pas à l'inégalité (4)-
Puisque nous n'avons qu'une seule figure d'équilibre, les inégalités (3) ne
peuvent subsister que si cette figure correspond à un minimum.
Les ellipsoïdes pou aplatis sont donc stables en ce qui concerne les mouve-
ments du deuxième ordre.
Pour les valeurs plus grandes de wl,,, il a trois figures d'équilibre : un
ellipsoïde de révolution ne satisfaisant pas à l'inégalité (4) (jo dirai qu'il est
très aplati) et deux ellipsoïdes de Jacobi égaux entre eux et ne diflérant l'un
de l'autre que par la permutation de a et de h. Il faut donc que les deux
ellipsoïdes de Jacobi correspondent tous deux à un minimum de (a) ou que
cela ne soit vrai d'aucun des deux. Dans ces conditions, les inégalités (3) ne
peuvent subsister que si les ellipsoïdes de Jacobi correspondent à un minimum
et si l'ellipsoïde de révolution ne correspond ni à un maximum, ni à un
minimum.
Donc en ce qui concerne les mouvements du deuxième ordre, les ellipsoïdes
de Jacobi sont toujours stables et les ellipsoïdes très aplatis toujours instables.
Si par conséquent nous imposons à la figure de la masse fluide la condition
de rester ellipsoïdale, les ellipsoïdes peu aplatis et ceux de Jacobi seront
stables, pendant que les ellipsoïdes très aplatis seront instables {cf. Tait et
Thomson, Natural Pliilosopliy, § 778" [/])•
Voyons maintenant si la stabilité séculaire subsiste encore lorsqu'on considère
les mouvements harmoniques d'ordre supérieur.
Cela est évident en ce qui concerne les ellipsoïdes peu aplatis. Considérons
en effet un ellipsoïde de révolution qui, se réduisant d'abord à une sphère,
aille ensuite en s'aplatissant de plus eu plus, de façon que si ses axes sont p cl
y/p'- — c'-', p décroisse +00 à c. Nous avons vu au paragraphe XI que tous les
coefficients de stabilité sont d'abord négatifs; puis qu'un certain nombre
d'entre eux s'annulent successivement pour devenir positifs. A la (in de ce même
paragraphe, nous avons démontré que le premier de ces coefficients qui
s'annule ainsi est celui (pii corres])ond à la fonction de Lamé RJ ,qui se réduit
i'54 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation.
à p- pour 6'-':= G. Si ilouc ce coeUlcienl esL ui'galit', c'esl-à-dirc si l'c-f^alilé (4)
csl satisfaite, tous les autres coefllcients seront aussi négatifs. L'ellipsoïde peu
aplati est donc stable {rf. loc. cit., Jj 778" ( l>]).
Quand à l'ellipsoïde de Jncojji, il sera stable en ce qui concerne les inouve-
inenls liarinoniques du n"-'""' ordre, pourvu que les coeflicienls de stabilité
(corrigés ou non, cela revient au même si « > a) qui affectent des fonctions de
Lamé du n''''"" ordre soient tous négatifs. Or nous avons vu au paragraphe XII
que tous les coefficients de stabilité du /t"'""' ordre restent tous négatifs pour
tous les ellipsoïdes de Jacobi, à l'exception du coeflicient ([ui se rapporte à la
fonction Ri „ et que nous appellerons cooflicii'nl princi|)al du /i''"" ordre. Ce
coeflicient principal, d'abord n(''galif pour les valeurs suflisamment petites
de —1 linit par s'annuler et par devenir positif quand on fait croître —, •
Nous disons que l'ellipsoïde de .Tacobi est peu allongée si -^ est assez petit
pour que tons les coefficients principaux soient négatifs, et très allongé si —
est assez grand pour que l'un au uioins des coeflicienls principaux soit positif.
D'après ce que nous avons vu au paragraphe XII, il est certain que le
premier de ces coefficients principaux qui s'annule est celui du troisième
ordre, de sorte que l'ellipsoïde limite qui sépare les ellipsoïdes peu allongés
des ellipsoïdes très allongés est celui dont les axes satisfont à la relation
KiS| _ Ri,,Si,,
37""
D'après ce qui précède, les ellipsoïdes peu allongés seront stables et les
ellipsoïdes très allongés instables en c(^ qui concerne les mouvements harmo-
niques d'ordre supérieur au second.
En résumé, si la figure de la masse fluide n'est assujettie à aucune con-
dition, les ellipsoïdes de révolution peu aplatis et les ellipsoïdes de Jacobi
peu allongés jouiront de la stabilité séculaire, pendant cjue les ellipsoïdes de
révolul ion très anlatis et les ellipsoïdes de Jacobi très allongés n'en jouiront
pas.
Ces derniers pourraient toutefois jouir de la stabilité ordinaire sans jouir de
la stabilité séculaire. Il nous reste à exauiiner s'il en est ainsi.
Occupons-nous d'abord des petits mouvements harmoniques du second
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. i35
ordre des ellipsoïdes de révohilion. Supposons donc, ce qui n'allére pas ces
mouvements, que la figure de la masse fluide soit assujettie à rester ellipsoïdale.
D'après le paragraphe précédent, nous pouvons même (sans altérer les
petits mouvements qu'il s'agit d'étudier) supposer que la valeur superficielle
du potentiel V est assujettie non seulement à être exprimée par une somme
de Lamé du deuxième ordre, mais encore soit à être svmélrique par rapport au
plan des xr, soit au contraire à changer de signe avec z.
La seconde hypothèse est sans intérêt; elle nous conduirait simplemeni à une
sorte de mouvement de précession. Tenons-nous donc à la première et
supposons que la figure de la masse fluide est assujettie à être toujours un
ellipsoïde ayant un axe dirigé suivant l'axe des ;.
Soit
x'- y"- z^-
p- p- p-— I
l'ellipsoïde envisagé. iVous aurons à considérer les trois fonctions de Lamé
Ro = p \ p" — b'-^ p-, Y{'„ , et RI „. Nous poserons donc
P, = R.,M«N. = a;7,
p„ _ D 1 \I I \ 1 _ r2 1-2
P,= R;..,M.i,,N.!,,= ■3.i---4-3j- — 6-'-— 2.
Nous poserons de plus
-. H, S, R,S, R,S, R,',,.,S,',,., ,. R,S, R},,S.J,.,
J^ 1 ^ — -. — : = — 7. ■ : I Ko = — •
Nous reprendrons d'ailleurs les notations du paragraphe précédent.
La fonction ']ii devant satisfaire a l'équation
dx- r/r- dz
nous l'écrirons
o,
b,= K{x---y^^-^■
Bxj- + cix-'-^y'-— ^ j -4- D,
A, B, C et D étant des coefficients constants qu'il s'agit de délermiiier ei qui
jouent le même rôle que les D,/ du paragraphe précédent.
L'équation (5) du paragraphe précédent devient
.i,=— 4;:[A'K,(.r-^ — ^■■i) + B'Kiar)--)- G'K,(3.2:'^-|- Sj^— 6 3^— 2)],
A', B', C étant des coefficients constants, et elle doit devenir une identité en
tenant compte de l'équation de l'ellipsoïde.
i36 SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation
On trouve d'aillours
—^ = 2 A : —
2B^ -H 2C( -^ ; )
p' V p' p-— 1/
(/y fi- dx p'- — ft- 0'- p'-
de sorle que l'équation (6) du paragraphe précédent devient
Î1I1^(2A>. -+- :>l!<.)n-t- •^'(2l5/. - SA<of)-l- aC). ('""'"^■'''' j^ '^
p- ^ ?■' V p'' p'— 1/
À(4oj2— >.2)
p- VP'-
[ A'(.r- — j)-2) + B'.T)- -+- C'i'ix-^- j_r-— 6j=— 2)1
et elle doit être une identité en tenant compte de l'équation de l'ellipso'ide. On
doit donc avoir
I A = -1-A'K,, B= — 4;iIVK,.
(8) I „ D . „,.- /.. 2 \ aC D
et d'autre part
P--
2C'k.\
= OCK.-.^),,
2 A X + 2 B ,0 ,■ = '■(^'-'~'-) A' 2 B X - 8 A .., ,' = '■(^'^z}') r',
(9)
s/p^
2C =
\/?--~l
* {"(i -
v/^ï^^ A p=
Ce sont là les équations (8) et (y) du paragraphe précédent. On peut y
satisfaire :
1° en supposant que C, D et C sont nuls, ce qui donne en éliminant A, B,
A', B' :
4 "'" — '■■
2 W (
4-K, s/p°- — I
OU
ou
. 4(02— /,2 \5
/.-( 2 H ■ ^=^ 1 — :()t')-^ = o
4-K, v/p^-i
4 0)2— y. 5
A I 2 H ^= I = 3= 'i (0.
i-K, \/p''^ — I
Celle équation a toujours ses trois racines réelles si Kj est positif; l'ellipso'ide
jouit donc alors de la stahilité ordinaire, ce que l'on pouvait prévoir: car si K,
SUR l'équilibre d'une masse fluide en rotation. 187
est positif, rfUipsoïde est peu aplati et, ayant la stabilité séculaitc, il doit
a fortiori \ou'\v de la stabilité ordinaire.
Dans tous les cas, on trouve en prenant le signe + par exemple :
À(X-f-2lo) — ,S:;Ki V^?- — 1 = 0,
avec ^ := 2to pour la troisième racine.
La condition de réalité des racines est donc
K,>-
3-2- v'p-— I
Il résulte de là qu'alors même que K, devient négatif et que l'ellipsoïde
devenant très aplati cesse de posséder la stabilité séculaire, il jouit encore
pendant un certain temps de la stabilité ordinaire.
Cela a lieu bien que l'expression
ne soit ni minimum, ni maximum et qu'elle soit un « minimas » pour employer
une expression consacrée en Angleterre (c/. loc. cit., i^ 778" [_/])•
2" Supposons maintenant que A, B, A', B' soient nuls et que C, D et C ne
le soient pas.
D'après la forme même des équations (8) et (g) que nous venons de former,
il existera un mouvement harmonique du deuxième ordre qui satisfera à ces
conditions. 11 résulte également de la forme de ces équations, que ce mouve-
ment harmonique ne sera pas altéré si l'on astreint la masse fluide à alVecter la
figure d'un ellipsoïde de révolution.
Mais si Fou introduit celte liaison, l'ellipsoïde de ré\'(jlution, quel que soit
son aplatissemenl, jouira non seulement de la stabilité ordinaire, mais de la
stabilité séculaire (c/. loc. cit., § 778" [n]).
Ainsi certains ellipsoïdes très aplatis possèdent encore la stabilité ordinaire.
Il en est probablement do même de certains ellipsoïdes de Jacobi très allongés.
Ne nous occupons plus maintenant que de la stabilité séculaire et ciierchons
quelles sont, parmi les figures d'équilibre non ellipsoïdales dont nous avons
démontré l'existence, celles qui possèdent cette stabilité. A cet effet nous
pourrons appliquer le principe de 1 échange des stabilités, ce que nous ne
pourrions pas faire pour la stabilité ordinaire.
Soient S et S' deux séries linéaires de figures d'équilibre et F une figure de
H. P. — \I1. iS
l38 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
bifurcalion comiuuiie à ces deux séries. Si pour celte ligure, tous les coelTi-
cienls de slabililé sont négatifs, excepté un qui est nul, il y aura en général
tant dans la série S que dans la série S', des ligures très peu différentes de F
qui seront stables. Si pour la ligure F il y a des coefficients de slabililé positifs,
toutes les figures de S et de S' très peu différentes de F seront instables.
Nous avons considéré diverses séries linéaires de ligures d'équilibre, à
savoir : la série S des ellipsoides de révolution; la série S' des ellipsoïdes de
Jacobi; les séries !• qui ont une figure commune <I> avec la série S; les séries .S3,
Si, . . ., S„, . . . qui ont respectivement une ligure commune F;,, F^,, ....
F„, . . . avec la série S'. La figure F„ sera un ellipsoïde de Jacobi pour lequel
on aura
3 2« + 1
D'après ce qui précède, toutes les figures $ seront des ellipsoïdes de révo-
lution très aplatis, pour lesquels le coefficient de stabilité relatif à la fonction de
Lamé Rô .,-, sera posllif. Donc toutes les figures des séries 1 n'auront pas la
stabilité séculaire; c'est-à-dire qu'elles seront instables pourvu que le fluide
soit visqueux et si peu qu'il le soit. Cela n'est vrai toutefois que pour celles de
ces figures qui diflèrent irè* peu de l'ellipsoïde et qui sont les seules dont nous
sachions quelque chose. Il n'est pas impossible que les séries i contiennent des
figures stables très différentes de l'ellipsoïde.
Toutes les ligures F;,, F,. . . . sont des ellipsoïdes très allongés pour le.squels
un certain nombre de coeflicients de stabilité sont positifs. Un seul est excepté;
c'est l'ellipsoïde limite qui sépare les ellipsoïdes très allongés des ellipsoïdes
peu allongés et pour lequel tous les coefficients de stabilité corrigés sont
négatifs excepté un qui est nul.
Nous avons vu an paragraphe XII que cet ellipsoïde limite n'est autre
que F:,.
Donc les figures peu différentes de l'ellipsoïde sont iastables (séculairement)
dans les séries .S,, S;,, .... S,;; et stables dans la série S;,.
La forme d'équilibre représentée dans la figure page i i3 est donc une forme
d'équilibre stable (*).
f ' ) Voir aux iNotes, Figures piri/onncs.
SUR l'Équilibre d'une masse fluide en rotation. iSg
XV. — Conclusions.
Les ellipsoïdes ne sont pas les seules figures d'équilibre que puisse allecler
une masse fluide homogène dont toutes les molécules s'attirent d'après la loi de
Newton et qui est animée d'un uiouvemenl de rolation uniforme autour d'un
axe. Si on laisse de côté certaines formes d'équilibre où la masse en question
se subdivise en deux ou plusieurs corps isolés, et d'autres où elle prend une
configuration annulaire, il existe encore une infinité de séries de figures
d'équilibre.
Toutes ces figures sont symétriques par rapport à un plan perpendiculaire à
l'axe de rolation. En outre elles ont un certain nombre do plans de symétrie
passant par l'ase (elles en ont toutes au moins un) et certaines d'entre elles
sont de révolution.
Parmi ces séries de figures, il n'y en a qu'une qui est stable et elle a deux
plans de symétrie seulement (voir la figure p. 1 13).
Les ellipsoïdes de révolution sont stables s'ils sont moins aplatis que celui
qui est en même temps un ellipsoïde de Jacobi ; les ellipsoïdes de Jacobi sont
stables s'ils sont assez peu allongés.
Dans ces conditions la stabilité subsiste quand même le fluide est visqueux.
Les ellipsoïdes de révolution qui sont plus aplatis que celui qui est en même
temps un ellipsoïde de Jacobi, mais dont l'aiilalisseuTent reste inférieur à une
certaine limite, sont stables si le fluide est parfaitement dépourvu de viscosité;
ils ne le sont plus si le fluide est visqueux et si peu qu'il le soit.
Considérons une masse fluide homogène animée originairement d'un mou-
vement de rotation; imaginons que cette masse se contracte en se refroidissant
lentement, mais de façon à rester toujours homogène. Supposons que le refroi-
dissement soit assez lent et le frottement intérieur du fluide assez fort pour que
le mouvement de rotation reste le même dans les diverses portions du fluide.
Daus ces conditions le fluide tendra toujours à prendre une figure d'équilibre
séculairement stable. Le moment de la quantité de mouvement restera d'ailleurs
constant.
Au début, la densité étant très faible, la figure de la masse est un ellipsoïde
de révolution très peu différent d'une sphère. Le refroidissement aura d'abord
pour elVet d'augmenter l'aplatissement de l'ellipsoïde, qui restera cependant de
révolution. Quand l'aplatissement sera devenu à peu près égal ù ji l'ellipsoïde
, ;„ SUR l'équilibre d'i'ne masse fluide en rotation.
cessera d'èlre de n'-voluliou et deviendra un ellii)soïde de Jacobi. Le refroidis-
seinenl coiiliuuanl, la masse cessera d'être ellipsoïdale; elle deviendra dissy-
métrique par rapporl au plan des )•:; et elle alVectera la l'orme représenléc dans
la ligure pa^c 1 13. (jomme nous l'avons fait observer à propos de cette figure,
l'ellipsoïde semble se creuser légèrement dans sa partie moyenne, mais plus
près de l'un des deux sommets du grand axe; la plus grande partie de la
matière tend à se rapprocher de la forme sphérique, pendant que la plus
petite partie sort de l'ellipsoïde par un des sommets du grand axe, comme si
elle cherchait à se détacher de la masse principale.
il est diflîcile d'annoncer avec certitude ce ([ui arrivera ensuite si le refroi-
dissement continue, mais il est permis de supposer que la masse ira en se
creusant de plus en plus, puis en s'ctranglant dans la partie moyenne et finira
par se partager en deux corps isolés.
On pourrait être tenté de chercher dans ces considérations une conlirmalion
ou une réfutation de l'iiypothèse de Laplace, mais on ne doit pas oublier que
les conditions sont ici très diflerenles, car notre masse est homogène, tandis
que la nébuleuse de Laplace devait être très fortement condensée vers le
centre.
J'ai cru néanmoins devoir exposer ici ce qui arrive d'une masse homogène
qui se contracte lentement et incessamment, car c'était le meilleur moyen de
résumer sous une forme un peu plus concrète les principaux résultats de ce
long Mémoire et de faire comprendre quel intérêt il y aurait à combler les
lacunes que j'y ai laissé subsister.
SUR
L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE
EN ROTATION
Coin pics rendus de /'Académie des Sciences, t. I0'2, p. 970-972 (27 avril 1886).
La Nolc! de M. Mallliiessen, iuséréc aux Comptes rendus du 12 avril dernier,
appelle de ma pari quelques explications. J'ai lu les Mémoires cites (' ) dont je
n'avais pas connaissance, et j'ai reconnu que M. ^lallliiessen avait sit;nal6 avant
MM. Tait et Thomson l'existence des ligures annulaires d'équilibre.
Je dois toutefois faire observer que la méthode du savant professeur de
Koslock ne permet qu'une approximation limitée : elle est, par conséquent,
inférieure à Cfdle qu'à employée d'abord M""' de Kowalewski, et que j'ai reprise
ensuite.
Pour uiieuv faire comprendre la dilFérence des deux méthodes, que
l'Académie veuille bien me permettre de signaler une erreur commise par
M. Matthiessen et qu'il n'eût guère pu éviter avec les ressources analytiques
dont on disposait il y a quinze ans.
Ce géomètre distingue deux sortes d'anneaux : l'anneau a, dont la section
méridienne dilYère très peu d'un cercle et où le rayon de la section méridienne
est très petit par rapport au rayon de Téquateur (c'est le seul dont je me sois
occupé et dont j'aie démontré l'existence), et l'anneau [3 dont l'épaissenr est
très petite par rapport au rayon de réquate<ir, pendant que le rayon intérieur
de l'équateur est très petit par rapport au rayon extérieur.
('} On Irouvira la Irsie du ces Mémoires diiiis le Tmilé de Méeiiiiique cétesle de 'I IssEiiAND
I. 2, p. iilj. (.1.1..)-
ijo SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
M. Mallhiesseii suppose que la seclioa inéiidleune de ranneau (3 diflere très
peu d'une ellipse 1res aplalie. Or on peut dàmonlrer que l'anneau (3, à supposer
qu'il existe, a une section méridienne très difl'érente de l'ellipse; carie maximum
de l'épaisseur, loin de se trouver au milieu de la largeur de l'anneau, se trouve,
au contraire, toul prés du bord extérieur.
M. Malthiessen dit également avoir signalé avant moi les déformations que
subissent les ellipso'ides par condensation ou expansion. Cela pourrait faire
croire qu'il connaissait les figures d'équilibre qui font l'objet de mon dernier
Mémoire {Acta Math., t. 7, p. 345) ('). H n'en est rien. M. Matthiessen a
seulement classé les figures qu'il connaissait (ellipsoïdes cl anneaux), en clier-
ehant celles qui correspondaient aux dilïérentes valeurs du moment de rota-
tion: mais il ne s'est pas préoccupé de leur stabilité. Il n'a donc nullement
montré comment se comporterait une masse fluide qui se condenserait en
restant homogène, puisqu'une pareille masse ne pourrait prendre que des
formes stables. Il ne pouvait d'ailleurs le faire, puisqu'une des figures que
prendrait celte masse en se condensant ne lui était pas connue.
.Te profilerai de l'occasion pour signaler un Mémoire de M. Liapounoff, de
Kazan, publié en i884, et où le géomètre russe m'a devancé sur quelques
points. Absolument ignorant de la langue russe, je ne connais encore ce travail
que par une analyse qu'en a donnée récemment M. Radau dans le Bulletin
astronomique. Je ne puis donc que renvoyer à celle analyse, mais je mo
réserve de revenir plus tard sur ce sujet, si l'Académie veut bien le permettre.
(') (JEuvres de 11. Poincarè, ce Tome p. lia.
SUR
UN THÉORÈME DE M. LIAPOUNOFF
RELATIF A L'ÉOUILIBUE D'UNE MASSE FLUIDE
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. lO'i, p. 622-6^5 (7 mars 1887).
Lorqu'une masse fluide homogène, sans mouvement de rotation, est soumise
à la loi de Newton, il est évident qu'une des figures d'équilibre est la sphère;
mais nous ne savons pas jusqu'à présent s'il en existe d'autres.
Nous ne savons même pas démontrer que la sphère est la seule figure d'équi-
libre stable ( ' ).
Il faut, pour l'équilibre stable, que l'intégrale
d- (h'
S~-
atteigne un maximum, [j'inlégralion doit être étendue à toutes les couibinaisons
de deux éléments dz et dz' du volume de la masse fluide, et r désigne la dis-
tance de ces deux éléments.
Pour démontrer que la sphère est la seule ligure d'équilibre stable, il
faudrait donc établir qu'elle est la seule qui corresponde à un maximum relatif
de W. On ne sait pas le faire, mais M. Liapounoff a dernièrement démontré,
dans les Mémoires de V Université de KharAow, que la sphère correspond au
maximum absolu de VV.
( '1 loir aux Notes, Masses Jluides en rotation {résultats divers).
1 i4 Sl'R UN THÉORÈME DE M. LIAPOUNOFF.
Je crois i]ii il esl possible de simplilier li(!aiicoii|) la démouslrnlioii de
'SI. Liapounoir, par riulroduclioii de considérations ein[)runlées à l'Eleclrosla-
tique, et cesl là l'objel de la présenle Note.
\" Il faiil d'abord démontrer que West susceptible d'un maximum absolu;
pour cela, je me bornerai à faire voir que, si l'on se donne le volume T de la
ligure, on peut trouver une limite supérieure de W. En eflel, on a
V désignant le potentiel de la masse lluide par rap|)ort au centre de gravité de
l'élément dr.
Or V est munifestemenl plus petit que le potentiel d'une sphère de volume T
par rapport à son centre. On a donc
V<i;:K-^;
en posant ^ttR'^^ T, on en déduit
W<rR5T.
W a donc un maximum absolu. Nous nous contenterons de cet aperçu pour
établir ce premier point, que M. LiapounolT avait laissé de côté.
a" Nous allons, avant de di'montrer le théorème de M. LiapounofF, établir la
proposition suivante :
De Ions les cotiducleurs de même volume T, c'est la sp/tèrc qui a la plus
petite capacité électrique.
Pour cela, je ferai voir d'abord que la capacité électrique C admet un
minimum.
Considérons, on lîHet, un conducteur quelconque de volume T et imaginons
d'abord qu'une quantité d'éleclricito, égale à T, soit répandue uniformément à
l'intérieur du volume du conducteur. L'énergie potentielle sera alors
W
-p
Si maintenant cette quantité d'électricité T se met (;n état d'équilibre élec-
trostatique à la surface du conducteur, celte énergie potentielle deviendra
T-
—p; couiine l'équilibre électrique est toujours stable, ou devra avoir
T2 l'ï T
W > ~ d'oM C >
Donc <', admet une limite iiifé'rieuie. c. q. f. p.
SUR UN THÉORÈME DE M. LIAPOUNOFF. l45
3" Je dis maintenant que le minimum absolu de C correspond à la sphère. En
effet, pour que C soit minimum, il faut d'abord que sa première variation soit
nulle. Or, supposons que le conducteur se déforme infiniment peu, de façon
que Ç soit la distance de deux points correspondants du conducteur avant et
après la déformation, distance estimée suivant la normale. Si la charge du
conducteur est M, et que p soit la densité électrique en un point de la surface
du conducteur, la variation dC de la capacité sera donnée par la formule
-ç7— =4^-1 p-Çow,
l'intégrale étant étendue à tous les éléments dfj> de la surface du conducteur.
On a, d'autre part,
(/T = A f/to.
Il faut que, si la variation dT du volume est nulle, la variation dC le soit
également. Pour cela, il faut et il suffit que p soit une constante, c'est-à-dire
que la distribution électrique à la surface du conducteur soit uniforme. On ne
sait pas s'il existe d'autre conducteur que la sphère satisfaisant à cette
condition.
Mais il nous suffira, pour notre objet, de comparer les capacités des conduc-
teurs qui y satisfont et de montrer que celle de la sphère est la plus petite.
Supposons que le conducteur subisse une déformation qui altère son volume.
On aura, p étant une constante,
i^- = 4 -p'^ fc (h., = 4 -'/- dT
ou bien
S-^dC
C-
= 47trfT,
S désignant la surface totale du conducteur. Si le conducteur se déforme en
restant semblable à lui-même, la capacité sera, par raison de similitude, pro-
portionnelle à la racine cubique du volume, de sorte que l'on aura
On en déduit
Ainsi, pour tous les conducteurs à distribution uniforme, la capacité est
H. P. - Vit.
dC
I
dT
G
3
T
s-^
"C
=
12
;:r,
l46 SUR UN THÉORÈME DE M. LIAPOUNOFF.
proportionnelle au carré de la surface. Or, Steiner a démontré que, de toutes
les figures de même volume, c'est la sphère qui a la plus petite surface; c'est
donc elle qui a la plus petite capacité.
4° Je dis maintenant que la sphère correspond au maximum absolu de W.
En efTet, pour que W atteigne ce maximum, il faut d'abord que sa variation
soit nulle quand la figure subit une déformation qui n'altère pas le volume. Or,
la variation de \\ a pour expression
o'\V= A ?</<■).
Pour que cetle variation soit nulle eu mémo temps que clT, il faut et il suffit
que V soit une constante en tous les points de la surface, ce qui a lieu pour les
surfaces d'équilibre. Mais alors ou a, pour une déformation qui allére le
volume,
dW = \dT.
Si l'on suppose, en particulier, que la figure se déforme en restant semblable
à elle-même, W est proportionnel à la puissance ^ de T ; on a donc
d\V 5 clT 3
Mais l'attraction d'une figure d'équilibre sur un point extérieur est la même
que celle d'une masse d'électricité égale à T, répandue à la surface de cette
figure, regardée comme un conducteur; on a donc
T 3 T2
G D G
On voit ainsi que W est inversement proportionnel à C, et que la sphère,
qui correspond an minimum de G, doit correspondre au maximum de W.
5" Dans le cas où la masse fluide est animée d'un mouvement de rotation de
vitesse angulaire n, la condition d'équilibre est que Vh — soit une
constante en tous les points de la surface, ou que la première variation de
WH — ;— soit nulle. Nous désignons par p la distance d'un point à l'axe de
rotation, el par I le moment d'inertie. On trouve alors
W+^=^('v-t-^^)T.
SUR
L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE HÉTÉROGÈNE
EN KOTATION
Comptes rendus de /'Académie des Sciences, t. 106, p. 1.Î71-1574 (4 juin '888).
Dans une remarquable Thèse (') présentée il y a un an à la Faculté des
Sciences do Paris, M. Hanij a obtenu le résultat suivant :
Si une masse fluide animée d'un mouvement de rotation est composée de
couches de densités différentes, il ne peut pas arriver que les surfaces de sépa-
ration de deux couches consécutives soient toutes des ellipsoïdes.
Pour établir cette proposition, M. Hamj commence par démontrer, à titre
de lemmo, le tliéoréinc suivant :
Si toutes les sur/aces de séparation étaient des ellipsoïdes^ tous ces ellip-
soïdes seraient homofocaux . ,
Ce leuime est susceptible d'une généralisation qui peut présenter quelque
intérêt, moins peut-être en raison du résultat lui-même que de la méthode qui
me l'a fait obtenir, et qui est tout à fait diflérente de celle de M. Ilamy.
Supposons un noyau solide, dont la densité intérieure 0 varie d'une manière
tout à fait quelconque; imaginons que ce nojau soit recouvert de deux couches
fluides superposées; la première intérieure, de densité p), recouvrant entière-
ment le noyau solide, la seconde extérieure, de densité po, recouvrant entière-
ment la première. Tout le système sera animé d'un mouvement de rotation
commun. Je dis que, si les surfaces extérieures de ces deux couches fluides
sont toutes deux des ellipsoïdes, ces ellipsoïdes seront homofocaux.
(') Journal de Matliéniatiijues pures et appliquées, t. 6, 1890, p. 69-193.
i48 SUR l'équilibre d'une masse hétérogène en rotation.
Si j'ai supposo le in)vaii solide, ce n'es! pns ipie le résultai ne soil eucoie vrai
si ce noyau est tluide eu lolalilé ou en partie. Mais, si le nojaii élail lluide, sa
densité inléricure ne pourrait pas varier d'une façon quelconque et devrait
satisfaire aux équations d'équilibre. Je n'ai donc supposé le nojau solide que
pour donner au résultat toute sa généralité.
Soient
X, y et ; les coordonnées rectangulaires d'un point ([uelconque;
co la vitesse de rotation;
r la dislance du point (^, i-, j) à l'axe de relation.
Soient Fa leilipsoïde qui limite extérieurement la deuxième couche lluide et
par conséquent tout le s^'stème et E| l'ellipso'ide qui sépare la première couche
fluide de la seconde.
Soient /, p., V les coordonnées elliptiques d'un point de l'espace par rapport
à l'ellipso'ide Ei ; ')' ^ \i! , v' les coordonnées elliptiques de ce même point par
rapport à l'ellipso'ide E^.
Le potentiel newlonicn total du système se composera :
i" du potentiel de l'ellipsoïde E, (supposé plein, homogène et de densité p.,):
nous l'appellerons Vj);
2" du potentiel d'une couche comprise entre l'ellipso'ide E, et la surface du
noyau solide avec la densité pi — pn ;
3" du potentiel d'une matière attirante remplissant le noyau solide avec la
densité variable p — p.j.
Nous appellerons V] la somme des deux dernières parties, de sorte que le
potentiel total sera égal à V, + V.j.
On doit remarquer que la fonction V, à l'intérieur de Ei n'est pas la conti-
nuation analytique de la fonction V) à l'extérieui- de Ej ; de même V^ est repré-
senté par deux fonctions analyti(|ues différentes à l'intérieur et à l'extérieur
deE,.
L'équation d'équilibre s'écrit
V| H- VsH ^ — = consl.,
et elle doit être satisfaite (avec deux valeurs difTérenles de la constante) à la
surface de E, et à celle de E,.
La fonction est un polynôme du second degré x, y , z; la fonction V.j est
SUR l'Équilibre d'une masse hétérogène en rotation. lig
égale aussi à un poljnoine du second degré en x, y, z à i'inlérleur et à la sur-
face de Eo.
Nous devons conclure que Vi se réduit à un polynôme du second degré en
X, y, z à la surface de Ei et un autre polynôme du second degré en x, y, z à la
surface de E.,.
En partant de rellipso'ide Ei et des coordonnées ellif'tiques >,, p., v, on peut
former une suite indélinie de fonctions de Lomé : R„, R,, . . . , R„; R„ sera un
polynôme en X, y//- — b-, y//,-' — r- ( b- et <■'- conservant le sens habituel donné
à ces notations dans la théorie des fonctions de Lamé). A R„ correspondront
deux fonctions conjuguées M„ et N„ obtenues en remplaçant, dans R„, A par [j.
et par v, et la fonction
S, = R, f ^'
Il y a une seule fonction de Lamé de degré zéro qui est R„= i : nous lui
donnerons l'indice zéro ; il y en a trois de degré i : nous leur donnerons les
indices i, 2, 3; il y en a cinq de degré 2 : nous leur donnerons les indices 4,
5,6,7,8.
Avec l'ellipso'ide E2 et les coordonnées elliptiques V, fx', v', on formera de
même les fonctions de Lamé R',„ M^,, N',^. S'„.
De ce que V, est égal à la surface de Ei à un polynôme du second degré en
X, y, z, on conclut qu'on a à l'extérieur de Ei :
v,=2a„s„m„n„,
ri ^(1
les A„ étant des coefficients conslanls.
De même, Vi élant encore égal à un polynôme du second degré à la sur-
face E2, on devra avoir à l'extérieur de Ej :
V,=2a'„S'„M'„N'„,
les A'„ étant de nouveaux coefficients constants.
On a donc l'identité
(I) 2|A«s„m„!\„=2a'„s;,m'„n',„
et c^esl celle identilé qui ne-peut avoir lieu que si E^ et E3 sont homofocaux.
l5o SUR L'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE HÉTÉROGÈNE EN ROTATION.
A vrai dire, l'ideulilo [ i ) n'est démontrée que pour les valeurs réelles de x, y
et -, et quand le point {x, y, z) est extérieur à E,. Mais, quand deux fonctions
analytiques sont identiques tout le long d'une ligne conlinue, elles resteut
identiques pour toutes les valeurs réelles et imaginaires des variables. L'iden-
tité ( I ) '^"^ soudVe donc aucune exception.
Gela posé, observons que le premier membre de ( i ) n'est pas une fonction
uniforme de x, y et z, mais qu'il admet une infinité de valeurs, lesquelles
s'échangent entre elles quand le point {x,^', z) appartient à la dcveloppable
circonscrite aux ellipso'ides homofocaux à Ei.
De même, le second membre de ( i ) admettre une infinité de valeurs qui
s'échangeront entre elles quand le point {x,y, z) appartiendra à la dévelop-
pable circonscrite aux ellipso'ides homofocaux à Eo.
Mais, les deux membres de ( i ) devant être identiques, ces deux dévelop-
pables devront co'incider, ce qui prouve que Ei et E2 sont homofocaux. La
réponse doit être affirmative.
c. Q. F. D.
Une question se pose alors naturellemeul. Est-il possible d'imaginer à l'inté-
rieur du novau solide une distribution de la densité telle que les deux couches
fluides prennent effectivement la foruie de deux ellipso'ides homofocaux ? La
réponse doit être affirmative.
Le résultat obtenu dans celte Note peut être généralisé de la façon suivante.
Si un noyau solide quelconque est recouvert de n couches fluides superposées,
et que tout le système soit animé d'un mouvement de rotation commun, si la
surface extérieure de la dernière couche fluide ainsi que les surfaces de sépa-
ration de deux couches fluides consécutives sont toutes des ellipsoïdes, tous ces
ellipso'ides sont homofocaux.
SUR L'ÉQUILIBRE D'UN FLUIDE
EN ROTATION
Bulletin astronomique, t. IG, p. 161-169 (mai iSgj).
Dans ce qui va suivre, je considérerai l'équilibre d'une masse fluide homo-
gène en rotation, obéissant à la loi de Newton. La masse étant homogène, je
prendrai sa densité pour unité, de telle sorte que le potentiel V s'écrira
rh'
r étant la distance de l'élément de volume rfr' au point attiré.
J'appellerai W l'énergie potentielle
w = ;/v
o't,
l'intégration étant étendue à tous les éléments de volume dz delà masse fluide;
le travail virtuel de l'attraction sera égal à la variation oW.
Si o est la vitesse de rotation et que l'axe de rotation soit l'axe des z, je
poserai
de telle sorte qu'on aura
AU = 2W-— 4::.
La condition d'équilibre est que l'on ait à la surface
U = Uo,
i52 SUR l'equilibrk d'un fluide en rotation.
Ug olant uuo conslaule. Dans le cas où il 113 a pas de rolalion, oj esl nul et l'on
doil avoir à la surface
V = \',„
Vo étant une constante.
Si l'on suppose u ^ o, on sait que la sphère est une figure d'équilibre ; mais
on ne sait pas si c'est la seule ligure d'équilibre possible (' ); on ne sait même
pas si c'est la seule figure stable possible, c'osl-à-dire si W n'a pas d'autre
niaxiiuuiu relatif que celui qui coircspond à la sphère. En revanche
M. Liapounoll a démontré que la sphère correspond au maximum absolu
de W. Je voudrais d'abord rappeler rapidement la forme simjde que j'ai
donnée à la démonstration du théorème de Liapounoll'.
Je désignerai par T le volume de la masse fluide.
i" Le potentiel d'un volume quelconque par rapport à un point quelconque
est plus petit que le potentiel d'une sphère de même volume par rapport à son
centre; on aura donc
V < 2 ;t R'-,
en posant
2" On aura
W
= i rVo-K ;tR2T.
Donc l'énergie potentielle W d'une masse tluide de volume T a un maximum.
Il reste à démontrer que ce maximum ne peut être atteint que pour la sphère.
3" Je dis maintenant que la capacité électrostatique C d'un conducteur de
volume T a un minimum. Chargeons en effet ce conducteur d'une charge élec-
trique égale à T, on aura
;iJ:<W<-R^T, d'où C>.^, C>^R.
2L. 27cR- 3
Il reste à montrer que ce nnnimum ne peut être atteint que pour la sphère.
/^" Soit, en effet, M la charge du conducteur, jjl la densité électrique sur
l'élément de surface «/cr, de telle façon que
M
-.fl.d..
{') Voir aux Notes, Masses Jluides en rotation {résultats dii>ers).
SUR L'ÉQUILIBRE D'UN FLUIDE EN ROTATION. l53
Supposons que le conducteur se déforme de telle façon que le centre de
gravité de l'élément dij subisse un petit déplacement dont la projection sur la
normale à l'élément dv sera égale à Ç; alors la capacité et le volume subiront
des accroissements dC et d!T et l'on aura
WdC
'~ = fi -a' Ç t/T ; ,n = Ci:, rfa.
Gomme je suppose G minimum, l'équation dT ^ o doit entraîner <iC ^ o,
et l'on doit avoir
M
Lt = consl. = -^)
S étant la surface du conducteur; d'où si dT n'est pas nul,
— — — = 4 îti-t' «1 ou p„ = 4 ^ " I •
Mais si le conducteur se dilate, en restant semblable à lui-même, la capacité
varie en raison directe de la racine cubique du volume, en sorte que
dC _id'T
^ ' ^ G ~ 3 "T ■
On en déduit
C =
i2:tT
Or, parmi tous les corps de même volume, celui qui a la plus petite surface
est la sphère; donc celui qui a la plus petite capacité est la sphère.
\
C. Q. F. D.
On a donc
C>R.
5" Les formules précédentes supposent que la capacité est minimum. Si elle
n'a pas atteint son minimum, /j. ne sera plus une constante, mais si [>.u et /jtj
représentent la plus grande et la plus petite valeur de fji, on aura
4 nfji r oTT < , < 4'^(j^ô «T.
Si le corps est une forme d'équilibre, de telle sorte qu'à la surface on ait
V = v„,
on aura
T = CV„.
Si je désigne par Fo et Fj la plus grande et la plus petite valeur de l'attrac-
tion à la surface du corps, on aura, en supposant M =: ï,
4:t!J.o= Fo, 4"|J-i = f"i ;
H. P. — VII. 20
i;,4 SUR l'Équilibre d'un fluide en rotation.
d'où
F?rfT<^-iLgf]^<FSrfT,
ou, à cause de la relation (i),
F;<|;tV„<F5.
6" iVous avons vu cjue W a ua maximum; je veux mainlenant démontrer que
ce maTimum ne peut être atteint que pour la sphère (c'est le théorème de
M. LiapounolF).
Supposons, en effet, que notre corps se déforme; nous aurons
d\\
= fy^fh, dT= j ^da.
Pour que W soit maximum, il faut que dW s'annule toutes les fois (jue
dT ^ o; et, pour cela, il faut que la valeur de V à la surface se réduise à une
constante Vn ; c'est ce que nous savions déjà.
Si maintenant dT n'est pas nul, ou aura
rAY = VorfT.
D'autre part, si le corps reste semblable à lui-même, W sera proportionnel
à la puissance ^ de T, c'est-à-dire qu'on aura
rf\V _ 5 dT
W ~ 3 T '
d'où
W=^V„T ou W=^Ç.
De tous les corps de volume T, la sphère ayant la plus petite capacité aura la
plus grande énergie W. c. q. f. d.
Cherchons maintenant à étendre ces résultats au cas où il y a un mouvement
de rotation. Nous avons encore
=fy,d..
d\\
D'autre part, si J est le moment d'inertie, on aura
d.] =. fux"--¥- j2 ) dn, d'où ^AV + ^' f/J = / U î f/a.
Pour qu'il y ait équilibre, il faut que rfW -1- — rfJ soit nul toutes les fois que
dl = o; il faut donc que la valeur de U à la surface se réduise à une constante
Uo; c'est ce que nous savions déjà.
SUR l'Équilibre d'un fluide en rotation. i55
Si alors dT n'est pas uul, on a
dW -h~di = Uof/T.
D'autre part, si le corps reste semblable à lui-même, .î est comme W pro-
5
porlionnel à la puissance 7; de T, de sorte que
d\\ -t- '^ d.] .
5 j ai
2
d'où
(2) W-^- -"-'j = UoT.
De celte formule on peut tirer dillérentes conséquences,
i" Soient V le potentiel dû à l'attraction de notre masse Huide et V celui
qui serait dû à une charge électrique égale à T et ([ui serait en équilibre à la
surface du corps regardé comme un conducteur.
T
A la surface du corps, V aura la valeur constante -p'
Soit une sphère de ravon très grand dont le centre sera fixe, mais dont nous
ferons varier le rayon. On aura, en étendant les intégrales à tous les éléments
d'y de la surface de cette sphère,
'■ de = o.
On en conclut que la valeur moyenne de \ — \ ' à la surface de la sphère est
indépendante du rayon de cette sphère. Or, cette valeur doit s'annuler à
l'infini; donc cette valeur moyenne est toujours nulle. Donc V — V ne peut
être ni toujours positif, ni toujours négatif.
Or, si V — V était toujours positif (ou toujours négatif) à la surface du
corps, il serait toujours positif (ou toujours négatif) à l'extérieur du corps.
Donc la valeur constante de V doit être comprise entre le maximum et le
minimum de V.
Soient l'o la plus grande distance du corps à l'axe de rotation et l'i la plus petite
distance. Pour des figures d'équilibre telle que les ellipsoïdes de Mac Laurin
et de Jacobi par exemple, l'axe de rotation rencontre la surface du corps et r,
est nul; mais il n'en serait plus de même pour une figure annulaire d'équilibre.
On a alors à la surface
l56 SUR L'ÉQUILIBRE D'UN FLUIDE EN ROTATION.
el par consoqiienl
u„-i:^<v<Uo-^:^.
:>. 2
Donc, d'après le résullal oblenii plus li:iiit,
d'où nous déduirons les inégalités
- lO-/'
5 G 10 2 5 G lo
et dans tous les cas
3 T- „,
5 G <^^
Ce sont des relations entre l'énergie potentielle du corps, son moment
d'inertie, son volume, sa capacité éleclrostaliqiie, et /■„, c'est-à-dire ce qu'on
pourrait appeler le rayon de l'équateur.
2° D'après ce que nous avons vu plus haut. AU est négatif si co- < 27r, nul si
ù>'- = 2n, positif si oi-'^ 2 7T. Dans le premier cas, U peut avoir un maximum,
mais pas de minimum; dans le second cas, U ne peut avoir ni maximum ni
minimum; dans le troisième cas, U peut avoir un minimum, mais pas de
maximum.
J'ai démontré ailleurs (Bull. as(ron., l. 2, p. 109) (') que dans les deux
derniers cas l'équilibre ne saurait être stable.
Dans le premier cas, on a U < U,, à l'intérieur du corps ; dans le second cas
on a U ^ Uo, dans le troisième ou a U > U,,.
Or
Cv ,/-= /'vrfa-4- '^ f(x"--hy-)d^ = 2W+ — J;
dans le premier cas, on a donc
>\\-^ 'l'j>UoT;
dans le second :
dans le troisième :
2W-1- -^.I = U„T;
2Wh J <UoT.
2
(') Œuvres de II. Poincaré, ce Tome, p. 17.
SUR l'Équilibre d'un fluide en rotation. 167
En rapprochnnl de la foruniiilo (li), on voil <|iie :
si co- < 2 7r, on a
W>(o^J;
si co- = 27r, on a
si 0)- > y. TT, on a
W< w,J.
3" Je suppose que w varie d'une manière continue ainsi que la figure d'équi-
libre (le volume T demeurant conslant bien entendu).
La figure devant satisfaire à la condition d'c(|uilibre, on aura
(i\y + — (li = o,
2
et par conséquent, en dilï'érenliaut l'équation (2),
3
(oJ (/m = - T f/Uo.
D
Cela nous montre que Uq croît avise to.
Ce résultat est vrai pour toutes les ligures d'équilibre, mais pour les
figures d'équilibre qui rencontrent l'axe de rotation, il peut s'énoncer autre-
ment : le potentiel au pôle croit quand la vitesse de rotation augmente.
4" Pour les figures d'équilibre qui rencontrent l'axe de rotation, U(, étant le
potentiel au pôle est, d'après ce que nous avons vu au début, plus petit que
2 7rR-.
Donc U„ ne peut croître indéfiniment, et cela nous fait déjà prévoir que co ne
peut non plus croître indéfiniment.
Pour le démontrer, je pars de l'égalité suivante, conséquence immédiate de
celle que je viens d'établir
VAo 3T j'dVo
J "> 'j J <"-J
Soit il la plus petite valeur de co-'J. il vient
J 0) dm J a 12
Pour que w puisse croître indéfiniment, il faudrait que i2 fût nul; c'est-à-dire
que quand 00 croît indéfiniment, u'-J tende vers zéro.
Or, dés (jue co a dépassé la valeur v/27t, on a W<;w'-J; donc W devrait
aussi tendre vers zéro. Donc
u„=A(w.Çj
i58 SUR l'équilibre d'un fluide en rotation.
devrait tendre vers zéro. Mais cela n'est pas possiljle puisque U„ croît avec to.
D'où la conclusion suivante (') :
Quand on fera varier d'une manière continue la vitesse to ainsi que la figure
d'équilibre, de deux choses l'une : ou bien la vitesse w, après avoir crû, finira
par décroître; ou bien la figure d'équilibre cessera à un certain moment de
rencontrer l'axe de rotation.
C'est ainsi que, si l'on suit la série des ellipsoïdes de révolution, w- croît
depuis zéro jusqu'à 4^^ X o, i la, et décroît ensuite jusqu'à zéro; de même si
l'on suit la série des ellipsoïdes de Jacobi, w- croît depuis zéro jusqu'à
4?: X 0,093, et décroît ensuite jusqu'à zéro.
Je dois ajouter que la démonstration qui précède n'exclut pas l'hypothèse
suivante : w pourrait croître au delà de toute liiniie saus (pie la figure cessât de
rencontrer l'axe de rotation, mais à la condition de croître parune série d'oscil-
lations en présentant une infinité de maxima ou de minima.
J'ajouterai (pie si W + — J est maximum (ce qui est une condition suffi-
sante, mais non nécessaire pour la stabilité de l'équilibre), J va en croissant
avec (o.
Soient, en effet, (o cl 00' deux valeurs, très voisines, de la vitesse de rotation;
soient W et W, J et J' les valeurs correspondantes de l'énergie et du moment
d'inertie. Comme W-H — J '^s'^ maximum, on aura
W+-J>W+-J'.
2 a
Comme W'-| — — J' est de son côté maximum, on aura
W+!^J<W'+^'j';
2 2
d'où, en retranchant ces deux inégalités,
(o)'- — (o'^ )
(J'— J)>o ou J'> .1.
C. Q. F. n.
(') Voir aux Notes, Masses fluides en rotation (résultats divers).
SUR
LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES
PIRIFORMES AFFECTÉES PAR UNE MASSE FLUIDE
EN ROTATION O
Proceedings of tlie Royal Society of London, vol. 69, p. i48-i49 (29 octobre 1901).
(Résumé.)
J'ai public autrefois dans le Tome 7 A^s Acia Mathemalica un Mémoire ('-)
où j'étudie diverses figures d'équilibre nouvelles d'une masse fluide homogène
en rotation. Presque toutes ces ligures sont instables; une d'elles cependant,
qui est piriforme ( '), est très probablement stable. Mais la preuve directe de
cette stabilité ne pourrait être obtenue que par de longs calculs. Le but du
présent travail est de faciliter ces calculs, en donnant à la condition de stabilité
une forme analytique aussi simple que possible. La question cependant reste
indécise, parce que les formules analytiques n'ont pas été réduites en chiflVes.
Il fallait d'abord obtenir une expression de l'énergie de gravitation d'une
pareille figure en poussant l'approximation plus loin qu'on ne l'avait fait
jusqu'ici. L'emploi des fonctions de Lamé peut conduire au résultat, mais on
se trouve en présence d'une petite difficulté. Le potentiel d'un ellipsoïde, ou
(') Received October, 29, ii-ioi.
C) Œuvres de H. Poincaré, ce Tome, p. .^o.
(') Voir aux Notes, Figures piriformes.
l6o SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
d'une couche ellipsoïdale, alîccLe des formes analytiques diflérenles selon que
le point envisagé est à l'intérieur ou à l'extérieur de l'ellipsoïde. Il en résulte
que dans chacune des intégrales il faudrait donner à la fonction sous le signe / ,
tantôt une forme pour les parties de la surface piriforme qui sont au-dessous
de la surface de l'ellipsoïde, tantôt une autre forme pour les parties qui sont
au-dessus. Mais j'ai reconnu que celte difficullc est purement artificielle et
qu'on obtiendra encore un résultat final correct eu donnant à ces fonctions
sous le signe / , soit toujours la première forme, soit Uni jours la seconde. En
opérant de la sorte on commet une erreur sur chacune des intégrales, mais ces
erreurs se compensent complètement dans la somme des intégrales.
.le me suis attaché ensuite à écrire l'inégalité qui exprime la condition de
stabilité, et à réduire aux intégrales elliptiques les plus simples toutes les inté-
grales qui figurent dans cette inégalité.
SUli
LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGUBES
PIHIFORMES AFFECTÉES PAR (INE MASSE FLUIDE
EN ROTATION O
Pliilosophiccil Tinnscictions. A, t. l'jS, p. 333-373 (29 octobre 1901).
Introduction.
J'ai publié aulret'ois dans le Tome 7 des Acla Malheinalica (^) un Mémoire
sur l'équilibre d'une masse lluide en rotation. C'est à ce Mémoire que je ren-
verrai souvent dans la suite en écrivant simplement Acta. Dans ce Mémoire je
décris en particulier une figure d'équilibre particulière qui est piriforme, et
que pour cette raison on peut appeler la poire (pear-shaped figure).
Cette figure est-elle stable? La question ne peut pas être regardée comme
entièrement résolue. En effet, comme l'a fait remarquer M. Schwarzschild, le
principe de l'échange des stabilités ne peut pas être appliqué à ce cas sans
modification ( ').
La condition de stabilité peut être présentée sous deux formes différentes.
Soient U l'énergie potentielle de la masse fluide (ou plutôt ce que M. Darwin
appelle l'énergie perdue), '>i la vitesse de rotation, J le moment d'inertie. La
quantité U -f- - w'-J doit être minimum, oj clant regardé comme donné.
CJ Heceived Oclober .!i|, He.Til iNovember 21, njoi.
(-) Œuvres de //. Poincaré, ce Tome, p. 'jo.
f) l'oir nuN Notes, Figures piri formes.
H. P. — VII.
l62 SUR LA STABILITÉ DE LÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
Lu coudilioii esl nécessaire et sulTisante poiu- la stabilité s(''culaire, si l'on
suppose que la iiiasso est entraînée |>ar IVollciiieut par uu axe <lc rotation qui
la traverse de part en |)art comme dans les expériences de Plateau. Elle est
sufiisanle, mais elle n'est plus nécessaire, si l'on suppose que la masse est
isolée dans l'espace (cf. tcfa. p. 29.'?, agS, .36-, 36f)).
Voici la seconde forme. Soit /a ^= w.), moment de rotation de la masse
lluide, la quantité U — '-r devra être minimum, ;j- f'/r//(/ /v^'y/zv/c- co//in?e (A'«/(i:'.
La condition ainsi énonciie est nécessaire et sufiisanle, si l'on suppose la
masse isolée dans l'espace.
Gela posé, considérons la série des ellipsoïdes de Jacobi, et d'autre part la
série des figures piriformes. Nous aurons une ligure de bifurcation ([ui appar-
tiendra à la fois aux deux séries, et que nous appellerons le jacobien critique.
Les ligures piriformes n'admeltenl pas le plan des xy pour plan de symé-
trie; on doit donc regarder comme distinctes deux de ces figures, symétriques
l'une de l'autre par rapport à ce plan. De sorte que les ligures de la série piri-
torine sont symétriques deux à deux, à l'exception bien entendu du jacobien
critique, qui admet le plan des x^■ pour plan de symétrie. Il est clair que pour
deux figures symétriques les valeurs de oj, de J et de U sont les mêmes.
L'ensemble des deux séries peut être représenté schématiquement par une
droite représentant les ellipsoïdes de Jacobi, et par une courbe ayant cette
droite pour axe de symétrie, et représentant les figures piriformes. Le point
d'intersection de la droite et de la courbe représente alors le jacobien critique,
et deux pjints symélri(jues de la courbe représentent deux figures symétriques.
Gela posé, si nous suivons la série des jacobiens en allant du moins allongé
au plus allongé, nous savons que '>> va en décroissant, tandis (|ue &jj = j7. va en
croissant.
Si nous suivons la série piriforme, il est évident ipie quand nous atteindrons
le jacobien critique, 'j atteindra, soit un minimum, soit un maximum, et il en
est de même de o).I.
Si nous adoptons le premier critère de la stal)ililé fondé sur les niinima de la
fonction U -4- 7''>-J, le principe de l'écliange des stabilités entendu comme il
doit l'être, nous enseigne ceci.
La condition nécessaire et suf'lisante jiour la stabilité séculaire, si l'on sup-
posait la masse entraînée par la rotation d'un axe fixe comme dans les expé-
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. l63
riences de Plateau, serait (juo m soit maximum, c'est-à-dire plus grand pour le
jacobien critique c[ue pour les autres ligures piriforines.
Si 0) est maximum, on aurait pour une valeur donnée de oj supérit'ure au
maximum une seule figure d'équilibre, un jacobien stable; pour une valeur
donnée de « inférieure au maximum on en aura trois, un jacobien instable et
deux figures piriforines stables.
Si, au contraire, oi est minimum, on aurait pour uue valeur donnée de ut supé-
rieure au minimum trois (Igures d'équilibre, deux piriforines et instables, et
une ellipsoïdale et stable; pour une valeur inférieure au minimum on n'aurait
plus qu'une ligure d'équilibre ellipsoïdale et instable.
Si maintenant nous supposons la masse isolée dans l'espace, la condition
reste suffisante, mais elle n'est plus nécessaire. Pour avoir une condition
nécessaire et suffisante, il faut avoir recours au second critère fondé sur les
miniina de U — ' , • Le principe de l'échange des stabilités nous apprend alors
que la condition nécessaire et suffisanle de la stabilité séculaire esl que '.i.l
soit minimmn , c'est-à-dire plus petit pour le jacobien critique que pour les
autres figures piriformes.
Si 03J est minimum on aura pour une valeur donnée de o).! :
inférieure au minimum : un jacobien i/c/^/c;
supérieure au minimum : un jacobien inxtdhle, deux figures piriformes,
stables et symétriques l'une de l'autre.
Si M.r est maxiiiiuiu on aura |)0ur une valeur donnée de mJ :
inférieure au maximum : un jacobien slable et deux figures piriformes,
instables et symétriques l'une de l'autre:
supérieure au maximum : un jacobien instable.
La question à résoudre est donc de savoir si ojj est maximum ou minimum;
mais elle ne peut être résolue que par un calcul compliqué. Supposons qu'une
masse fluide homogène en rotation se refroidisse lentement, elle prendra suc-
cessivement (dans la première hypothèse w.T minimum) la forme d'un ellip-
soïde de révolution de plus en plus aplati, puis celle d'un ellipsoïde de Jacobi,
puis celle d'une poire.
Si, au contraire, on venait à reconnaître que mJ est maximum cl non minimum,
on devrait conclure que cette masse après avoir pris la forme de divers ellip-
|64 SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
soldes do révolulion. puis de divers ellipsoïdes de Jacobi, el avoir alteiiil
fiualeineul celle du jacobieu crili(jue, subira loul à coup une déformation
énorme et une série d'oscillations, par une sorte de catastrophe subite.
Diverses raisons contribuent à rendre la première hypothèse beaucoup plus
vraisemblable; néanmoins jusqu'ici la preuve n'est pas faite, et je déclare
loul de suite que je ne l'apporte pas encore dans le présent travail.
Mais quelle que soit l'hypothèse qui doive triompher un jour, je tiens à
meltre tout de suite en garde contre les conséquences cosmogoniques qu'on
pourrait en tirer. Les masses de la nature ne sont pas homogènes, et si l'on
reconnaissait que les figures piriformes sont instables, il pourrait néanmoins
arriver qu'une masse hétérogène fût susceptible de prendre une forme d'équi-
libre analogue aux figures piriformes, et qui serait stable. Le contraire pourrait
d'ailleurs arriver également.
A la suite d'une correspondance que j'ai eue avec M. Darwin, nous nous
sommes mis l'un et l'autre à étudier la question, et pendant qu'il écrivait
deux Mémoires sur ce sujet, et que dans l'un de ces Mémoires il déterminait
les axes du jacobien critique, j'obtenais des résultats qui sont l'objet du présent
travail, .l'ai formé l'inégalité qui doit être satisfaite pour qu'il y ait stabilité,
mais je ne l'ai pas traduite en chiffres, parce que je me défie de mou habileté
arithmétique, et que je ne suis pas un calculateur assez sûr.
Les notations dont je fais usage diffèrent, malheureusement, beaucoup de
celles de M. Darwin; elles se rapprochent de celles de mon Mémoire des AcCa
sans être tout à fait identiques, parce que je rapporte ici, pour plus de symétrie,
les coordonnées elliptiques à l'ellipsoïde
i- — a- (■/- — b- p- — c"-
et non plus à l'ellipsoïde
f.- p- — b- p- — c-
comiuu le faisaient Liouville et Lamé, et comme je l'ai fait moi-même dans
le Mémoire des Acla. (Je suppose de plus a-^b-'^c-, au lieu de sup-
poser &'-<; c'-.)
Les indices que j'attribue aux fonctions de I>amé (') ne sont pas non plus les
P) Nota de M. G. H. Darwin. In llie paper in tlie Aria tliere is a sliglil inconsistency in
ilie iiolalion adoptcd, for in one pari of llie papcr Un- liist of tlie doulilp suffixes to tlie R's
dénotes tlic dcgree of tlie iiarmonic, whilc in anoUicr part it is llie second wliich lias thaï
SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. iC5
mêmes que clans les .Ida. Les fonctions que j'appelle ici R,, R^, R,, R.,, R5,
s'appelaient dans les Acta : Ro, Rt, RI,,,, R'o,»! Ri.o-
C'est In fonction R'^ ^^^R-, (jui est la plus importante, parce que c'est elle
qui sert à détinir la figure piriforme; on la désigne quelquefois sous le nom de
« third zonal harmonie ».
Les fonctions R sont toutes égales, soit à un polynôme entier en p-, soit à un
pareil poljnome multiplié par l'un des trois radicaux ^(p- — n-), y/(p- - — b'-),
\/{p- — C-), soit à un pareil polynôme multiplié par deux de ces radicaux, soit
à un pareil poljnome multiplié par ces trois radicaux.
Celles de ces fonctions qui sont égales à un polynôme en p- seront ce f[ue
nous appellerons plus loin des fonctions- tir Lamé paires et uniformes.
Calculs préliminaires.
Soit
l'équation de l'ellipsoïde de Jacobi de bifurcation que j'appelle E„ : soient p,
[j., V les coordonnées elliptiques déduites de cet ellipsoïde: de sorte que p = &,,
est l'équation de E„ en coordonnées elliptiques.
On aura
„ ^ ( p- — ^f-i ) ( 1^- — a- ) ( y-^ — a°- )
(a"-— /;\) («•■!— cO '
(le nièuic pour ) - et z'-.
( >n en déduit
'/./■ ^ _ / C,a-'— «-■')( v^^— g^)
dy ''V (?■-— a=)(«2_62)(a2_c2)'
d'où
(p- — «-) (p- — b-j{ç- — C-
meaning. Tlius, for example, R',,,, is sometimes wiitten Iio,-2. Kuillier I do not lind that ri„
is used explicitly in that paper.
It may be convenient to point out the identities of tlie R's used hère with my notation, as
used in Ellipsoïdal Harmonies and Ttie pear-sliaped Figure 0/ Equilibrium. Tliey are as
follows :
R, = p„(v) (a constant); R, = P](v); R3=lJ,(v); R,= }]5(v); R.= lD,(v).
Tlie identities of tlie S functions wliicli occur below are
lG6 SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
d'où [joiir le caiTL- d'un él{''menl d';irc (jnelconijuc
OÙ B el (î sont formés avec pt et v comme A avec p.
Il vienl alors |)oiir AV l'oxpression suivante :
'/ /!>'- 'A' \ '/ / -VG d/V\ >/ /Ali r/V\
■^ '"'-' ^^ = ,A ( A- TT. ) ^ .7^ ( n 7F. ) + d. \ IV 7F ) '
^ious désiguerous les fonctions de Lamé par des indices.
Ri se réduit à une constante; Ro à \/(p-' — a'-); R;, et R., sont les deux poly-
nômes du premier degré en p'-' ; R^ est la troisième « zonal harmonie » . Il J mit
reminquer que les indices c/misis ne snnl pas les mêmes ifue dans le Mémmi e
des Acta.
Les fonctions correspondantes S, M, N porteront les mêmes indices.
R," el S" seront les valeurs de R, et S, poui' p ^^^ p,,.
Nous introduirons les variables elliplitjues 0, 0,, Oj par les éijualions
d^ = . --^-J T'
(p--"-j = (p--6-)'(p=-c^);
Oi et 0^ étant formés avec /ji. et v comme 0 avec p.
Il vient alors
ds-= ■r,dit--i- jifdil'i-h J^d^,
où
/.^ î ri^ ' /i^ ■ -
Formules relatives au potentiel d'une simple couche.
Le potentiel à l'extérieur aura pour expression
V^SHK^SMIS,
les H étant des coefficienls quelconques, et à l'intérieur
V = SIIHS'-MN.
Si nous considérons maintenant les dérivées -^ estimées suivant la normale;
(t/i
si nous convenons de ri'présenler par des lettres accentuées les dérivées prises
par rapporta 0, il viendra, puisipie /= , :
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 167
A l'eslérieiir
'^ =2HR<'S7MN
an
et à l'intérieur
'-P^ = SHSÛR7MN.
La dili'érence iH(RS' — SR')/MN représente 4'^'^) ô éliial la densité de la
simple couche, et comme
SR'— RS'= 'Il -f-i,
on aura
InS = i:H(2n-i-i);MN.
Si donc la densité a pour espression 2B/MN, le potentiel à la surface aura
pour expression iB — ^^ R^SHIN.
' ' ■.' // -t- 1
Formules relatives au potentiel d'une double couche.
Le potentiel à l'extérieur aura pour expression
V = SHSMN
et à l'intérieur
V = SH,RMM
,/Y
les coelTicients étant différents. Comme la dérivée -r- devra être continue, on
aura
i:HS;MN = £H,R'„MN.
Posons H := KR'„, Hi ^ KS^, ; la différence entre les deux valeurs de V
pour p =: p,, sera
— i:KMN(R'„S„— S'„Hg)=+2KM\(2/i-i-i).
Ce sera — 4 tt ô, ô étant la densité de la double couciie.
Énergie de la simple couche.
Cette énergie est / - VS àrj, drj étant l'élément de surface.
Si
o = SB/MN, V^SB '*" RSMN,
2 « -t- I
cela fera
2;:^ ^ B2J\S flW-'S''-rh.
^ 2 « -f- I J
iCS SUR LA STABILITE DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
Énergie de la double couche.
Je ne calculerai ici tiuune porllt)n de celle énergie, à savoir linlégrale
clenduc à tous les élémenls cl- de l'espace sauf ceux qui snnl ciiinpiis entre
les deux surfaces infiniment raisinés (jui rnnstitiicnt la ddiiblc couche. Celle
portion est égale a i - y- o da.
Si
S = 2BMN, ^ =— IB '" H'S'IMN/,
du ■> n + i
d'où
— ajiV ^- P.îR'S' f lWS^cl<:.
Lu ■>. /( -t- 1 J
Définition de la poire.
Parmi les diflérenls points de E,,, ju mène des lignes normales aux ellip-
soïdes homofocaux à Eo' c'esl-à-dire des lignes p. := consl., v = consl., el je les
prolonge jus(ju'à la renconlre avec la surface de la poire. Soil f/a„ un élément
de surface de E,, el dv le volume engendré par les lignes ainsi menées par les
diflérenls points de f/o-,,, le rapport --^ sera une fonction de \x el de v que je
pourrai développer en série de Lamé sous la forme
Ce sont les coefficients E; ciui définissent la forme de la poire.
Parmi ces coefficients, je remarque :
i" ?, , qui est nul, parce que le volume de la poire est égal à celui de Eq, ce
qui s'écrit / di'^^o.
2" f 5, qui est du premier ordre.
3" ^:, et El, qui sont du second ordre.
4° Les autres E;, qui sont du second ordre, si la fonction M, est paire, uni-
forme, et d'ordre supérieur; el négligeables dans le cas contraire.
Assez fréquemment, el quand il n'en pourra résulter aucune confusion, je
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. l6g
supprimerai l'inilice zéro el j'écrirai simplement cIq et -r «" Heu de dua
,/v
et-j--
Définition de la simple couche C.
Je considère la couche attirante formée par tous les petits volumes dv, et
située par conséquent entre la surface de la poire et celle de Eq. Je suppose que
l'on concentre toute la masse attirante située dans celte couche sur la surface
de Ey ; nous aurons ainsi une simple couche attirante, la densité de la matière
sur l'élément rfo- étant précisément -r-
L'attraction de cette simple couche, que j'aj)pelle i, est à très peu près égale
à celle de la couche C.
Je puis considérer l'attraction due à la couche C moins l'attraction due à la
couche i; elle peut être considérée comme due à une matière attirante en
partie positive el en partie négative; c'est ce que j'appellerai la matière Jïl,
comprenant la couche C prise positivement et la couclie — changée désigne.
Calcul du potentiel.
Le potentiel V pourra être décomposé en trois parties :
Vi potentiel de E»; V3 de i; V, de J||.
Voici quelles sont les expressions analytiques de V , el de Vn.
Pour Vi :
à l'extérieur de E,, :
V, = AiSiMiNi-H A,S3M,N3-+- A.,S,M..N,,
à l'intérieur de E,, :
V,= A', R|MiNi-h A'3R3M3N3+ A'^RiMiNiH- A'oH,
les A et les A' étant des coefficients constants et H le premier membre de
l'équation de E,,.
Rappelons que Vi est continue ainsi que ses dérivées du premier ordre; d'où
l'on peut conclure d'abord
A,sî = Â', R», A3s;=A',R», A,.S2 = a;r,;.
Je puis poser de même
j2-+- 3"-= B,RiMiN,-t- BjRsMjNj-i- B,RiMiN..+ BoH,
H. P. - VII. 22
17» SUR LA STABILITE DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
<jt j'aurai entre les coefficients B et A' les lelutious siiiviuites :
.\'. -H — tOJ li ; = A', -H u)5lii=o:
2 "^
l!„AII=l: a;, Ail = AV,=— 1::: A',, -4- - 1!„ = u.
Quant à Vo, nous aurons :
à l'exlériiHir de E„ :
à l'intérieur de E,, :
Calcul de l'énergie.
L'énergie totale comprend .
1. L'énergie due à l'allraclion de E„ .s7// lui-même.
2. L'énergie due fiu moment d^ inertie de Eq.
Ces deux parties ensemble forment Wq.
3. L'énergie de £„ par rapport à 1 (plus l'énergie de rotation). Cette
somme est nulle, car elle est du premier ordre par rapport aux ^,, et les termes
du premier ordre doivent disparaître puisque E„ est une figure d'équilibre.
-i. Lènergie de - par rapport à lui-même^ qui est, d'après le Mémoire
des Acta, p. 3i8 (') :
o. L'énergie de Eq par rapport à iîl, plm Vcnergie de rotation de iU ;
on en connaît les termes du premier ordre, qui sont nuls; ceux du second
ordre, qui d'après le Mémoire des Acta, p. 3i^, sont — 27r /^ - t/RUS^ii,-,
mais il faut pousser li? calcul plus loin; soit donc / Ni H — '^o („'' + ■^') '^'^
celle énergie, où dz représente l'élément de volume de ill, de sorte que
(h = M f/iii fH\. V ~ ( ;ji- — p- ) ( p- — v2 ) ( V2 — ^2 ).
Soit dcu un élément de la surface de E,,, rfo- l'élénienl correspondant de la
surface d'un ellipsoïde E homofocal à E„ (jo considère deux éléments comme
correspondants quand ils ont mêmes coordonnées elliptiques [x et v).
( ' ) 'Jfiuvres de II. Poincaré, ce Tome, p. yi.
SUR LA STABILITÉ DE LÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 171
Soil di. un élément de la courLie /j. =^ consL, v ^= consl., compris entre deux
ellipsoïdes E et E' inliniment voisins et homofocaux à Eo ; nous aurons
d- = d\ di =
D'autre part l (la = /„ du,,, où
I
/ =
/„ =
Si nous posons V( -j- - w^ ( )---|-,
(?i—l^-)-(pî — -'-)-
■ )
= P,
dH = du
(?ii — H^-)' (pn — ''-)' _ ''■■"'"
l^-j(i^---'-)
A,
et que nous considérions un instant P comme fonction de m, nous remarquerons
d'abord que d- = du ih„.
Développons P par la formule de Mac Laurin :
P = P,i -I- ;< -5- -t- - «2 -^ „.. .
Il va sans dire que la variable auxiliaire u a été délinie de façon à s'annuler
pour p ^ po, et que dans P et ses dérivées on a fait p = po. Notre variable u
variera donc de zéro à , quand on passera de la surface de Eq à celle de
la poire.
Alors nous avons pour la portion de l'énergie envisagée
/,.,.„.„,/, ..*„=.,^/f(-)\„„
Le premier terme est nul (puisque / dv^o\, le second nous donnerait le
terme du second ordre — 27ï'V -^fR" S!!i2,, dont j'ai déjà donné l'expression
d'après le Mémoire des Acta.
Le troisième va nous donner des termes en ^?;,-, et le quatrième un terme
Je commence par rechercher les dérivées de P par rapport à m, en fonction
^ i, ■ . dp d-p
des dérivées -^, —t^--
t-1 Sl'R LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
On a
-i- = —j- -7- = —^ 1, car ; = / pour ; = p„ ;
l du </U (/il f/ti ' i/u ' . . » •
^^' \ 77IF- ~ M du- "^ (/O^ V//// '
/ d^ - '!}! ^ ^■i 'ji}i '11 m 'in. i ''^y
\ du- ~ 7n du' ^ ' T7P" 7ï7i Thr^ '^ 'd¥\du)
lout ce (lue le veux retenir pour le inomeni est que-^i -r-;' -r-^ sonl des
' •' ' ' du du- du'
fonctions de ;j.- et de v- symétriques, paires et uniformes (je veux dire p.ir ce
dernier mot i|u"elles ne eliangent pas quand y.'- ou v- tournent autour des
valeurs singulières a-, b- ou c'-). Leur développement en séries de Lamé ne
contiendra donc que des fonctions de Lamé paires et uniformes. Il en sera de
de, d- p d-'- p . ^ , , 11- I
même pour -V-' -r-,i -r^ T»' entrent dans les lormules
' du du- du- '
dP _ dP dp^ d-'P _ dV d'p ^ d-'V /dp Y
i/u dp du du- (/p du- dp- \du )
Nous supposons bien entendu dans les formules (i) et (i bis) qu'on remplace
partout p par p,, à la lin du calcul.
Une autre difliculté provient de ce que P n a pas la même expression analy-
tique à l'intérieur ou à l'extérieur de Eo.
Si la couche était tout entirre à l'intérieur de E,, (ce qui ne pourrait avoir
lieu que si l'on renonçait à riiypothèse / c/p^o), nous pourrions réduire 1'
à If, à un facteur constant prrs, nous aurions en effet :
!• = iK\ + ;7<"5P'i) RiM,N,-+-('a'„-(- ;| oij lio] II,
le premier terme se réduit à une constante qui n'a pas de dérivées.
d\
7/:
Il est aisé de \oir que —.- se réduit à un terme en p; de sorte que
f/n _ (£_n d-' Il
dp '' dp- dp'-'
Nos intégrales se réduiraient donc, à un facteur constant prés, à
I rd^n/d^y \ à'p [ dpy-\ i rdni/d^y r d-p dp d^p-]
J'écris de- au liu de d'7„, en supprimant l'indice zéi'o, devenu inutile.
Remarquons que les quantités entre crochets sont les dérivées première ei
seconde de &-7^-
' du
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 173
Remarquons en outre que
(h du~ i/ - -'
do • , . 7 / "T' ^/-ll . 1
que -^ est proportionnel a l, et par conséquent -j- et —p^ a ..;•
Les termes qui nous intéressent sont donc :
1" Dans (^y les termes 3r-2ï,M:N:^MjN,/' qui donnent
Il suffira de prendre les fonctions M,N/ qui sont paires et uniformes, puisque
d- P .
les développements de M^N!:, /■ ^-j- n'en contiennent pas d'autres. Si Ion se
borne aux formules précédentes, où l^ est regardé comme proportionnel à II,
nous pourrons poser
d-V
= 110 7.,!
M,i étant une constante; si nous développons alors
en série de Lamé, ou aura, pour les termes en question : 2. r^tii'Oi^i-
Malheureusement toute la masse iW n'est pas à l'intérieur de E,,, c'est donc
^-'-p^MJjN^ (ju'il faudrait développer; et cette expression n'est égale à
-Mil -p (p-~ 1 M^N'5 que pour les points intérieurs à E,,.
2" Dans^^l^y le terme ï' ^M* IN* qui donne
±.j ft}:,j;LL:;i)uiMd..
24 \,' '/?- '^"- \ 'fil j
Nous reviendrons sur tous ces points plus en détail.
6. L'énergie de 1 par rapport à t\\.
C'est I Vj c/t étendu à 411, c'est-à-dire étendu à C en supprimant ensuite les
termes du second degré; cela fait, puisque
/v.,../v..,„.=/v.*,„.i/^(*)-,..I/^(*)U,
174 SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
cela tail. ili;;-JL', puisiiu'on doil supprimer les lermos du second degré :
• J <lu \(hj (),/ diC- \<h j
Les dérivées —j-^- ■ • se calculeraieul comme -r- •■•) et l'on v ferait à la fin du
du au
calcul 0=^ çt(,.
Les termes qui nous inléresscnl sont :
2/-i:f/?:,M5N5M,-Ni et /2E=M|Ni;
( hianl à \ 2 nous devons distinguer le cas où Jïi est intérieur à E,,, et celui
où i\\ est extérieur à E,,.
Dans le premier cas les termes intéressants sont :
J - j^ au ^^ J ■J.n-^\ du
Dans le second cas ils deviennent
J 7 J^ ■ ■ ■ ■ ' du jimi .' /l -h 1 ' " du
d-,.
Si Hi est en partie extérieure et en partie intérieure à Eo, il faudra eniplojer
une formule mixte.
7. V énergie de ^^ par rapport à Hl.
Pour l'obtenir il faut calculer le potentiel de Hl et d'abord revenir sur
l'étxide du potentiel d'une double couche (').
Considérons une double couche très mince, mais non infiniment mince. Elle
se compose de deux surfaces attirantes, i cl -', très peu différentes l'une de
l'autre. Je considère une série de courbes que j'appelle C, de façon que par
chaque point de l'espace passe une courbe C et une seule. Ordinairement on
P I Je prie le lecteur de bien remarquer que pendant quelques pages, et jusqu'il nouvel nver-
ti>seiiient. beaucoup de lellros n'ont plus la rm'-nic '^ignifirntion fjue dans ci' qui prcccdc cl daii-s
ce qui suit.
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. I75
prend pour les courbes C les normales ù i. Dans les applications qui vont
suivre, je prendrai les courbes ;ji. = consL, v = consl.
Deux points de — et de — ', se Uouvant sur une même courije C, sont dits
correspondants. L'hypothèse qui sert de définition à la double couche est
que les masses attirantes qui se trouvent sur un àléuient de 2 et sur l'élément
correspondant de i' sont égales et de signe contraire.
Gela posé, soit M un point de i. M' le point correspondant de -, soient V
et V le potentiel de la double couche en 1\I el en M'. Il s'agit d'évaluer la
différence V — V.
i" Dans le cas où la double couche est infiniment miuce. on a par un ihéo-
réme bien connu
V— \"= ,1-0 iMM'cosY,
ô étant la densilé de la matière au point M, M.M' la distance des deux points
correspondants M el M', ■• l'angle de la courbe C avec la normale à -.
Je rappelle d'ailleurs que si la courbe C est normale aux deux surfaces,
c'est-à-dire si -• = o, la dérivée normale —r- est continue, même quand on
' fin '
franchit la double couche; et que par conséquent celle dérivée a même valeur
à des infiniment petits prés en deçà des deux surfaces, et au delà des doux
surfaces.
2" Supposons maintenant que la double couche soit 1res mince, mais non
infiniment mince. Nous la décomposerons en une infinité de doubles couches
infiniment minces. Pour cela entre i et i' nous ferons passer une infinité de
surfaces 2i, 2o, . . . , 2„ (n très grand). Soit E un clément de 2, et E, , Eo, . . . ,
En, E' les éléments correspondants de l^, 1^, . . ., i„, i'. Nous avons sur E
une masse [j. et sur E' une masse — p.. Plaçons sur Ei une masse — p. et une
masse p. qui se détruiront; faisons de même pour E^, E;,, . . ., E„. Associons la
masse — p de Ej avec la masse p. de E, faisons de même pour tous les autres
éléments de E, nous obtiendrons une double couche formée par les deux
surfaces i et i| ; je l'appelle K,. De même en combinant la masse — p de E2
avec la masse p. de Ei, j'aurai une seconde double couche que j'appelle K.,, et
ainsi de suite jusqu'à la double couche K„ due aux masses — p. de En et p de
En„i, et à la double couche K„+, due aux masses — p. de E' et p de E„.
La double couche proposée est donc remplacée par « + 1 doubles couches
élémentaires.
Soit alors r et r' les potentiels aux points M el M' d'une double couche élé-
lyG SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
menlaire K; soient 1' cl I'' les poinls où la eourbc C ([ui joiui M à M' perce les
deux surfaces de celle double couclie élémenlaire K. Soienl w el ii' les polen-
liels de Iv aux points P el P'. Soit df un éléinenl de la ligne C, et '-- la dérivée
° c/f
du potentiel de K le long de cette ligne, nous aurons
ir — H''= 4 ~ 5i l'I"' (;(j« Yi:
ô| étant la densité au point P et -i l'angle de C avec la normale
Je puis donc écrire
parce que l'arc l'P' est très petit par rapport à MM', à la condition d'attribuer
sur cet arc à -7% la même valeur qu'au point P en dehors de la double couche.
( )n peul observer que si di est uu élément de la surface i, f/(Ti l'élément corres-
pondant de la surface à laquelle appartient P, on aura
0 (h = 0] (/ï|.
Nous pouvons donc écrire
V = l.-, V'=Xi-':
d'où
V - V = 4 T. 51 l'P' cos V, '^-C y '^, '/!.
' (hi , /„ ^ (il
Le premier terme est de l'ordre de iPP'=MM'. Le second est de l'ordre
de CMM')-; car '''„ est de l'ordre de PI" et V-' de l'ordre de iPI"=MM'.
' ^ 'Il ^ -■/;
Nous pousserons l'approximation jusqu'à (MM')'-. Si comme nous le supposons
la courbe C est normale à —, l'angle -'i sera de l'ordre de MM'; nous pourrons
donc remplacer cosyi pur i, l'erreur commise sur V — V sera de l'ordre
de (MM')'. Maintenant 7 -77 sera sensiblement constant el égal à -7-1 c'est-
^ ' ^ ai ° lin
à-dire à la dérivée de V estimée suivant la normale au j)oinl M el du côté
extérieur à la double couche comprise entre les deux surfaces — el i'.
Appliquons cela à l'évaluation du j)otenliel de .iïl. el pour cela revenons
encore à notre double couche ii'; soit M" un point de C compris entre M cl M';
soit t"" le potentiel de la doulile couche élémentaire K au point M". V"= 2i'" le
potentiel de la double couche totale.
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. I77
Supposons d'abord que M" soil enlre P' el M', nous aurons
d'où
I' — v" = 4 71 Si PP' COSV , — / —- ///.
J,i dl
.M" ,
rtC
Si M" est entre M et P, nous aurons simplement
Nous aurons donc encore
V - V" = i :: 0 y PP' cos Y, -i""- - f y
M" .
cil ''
mais avec cette condition que dans le premier terme du second membre la
sommation ne doit être étendue qu'aux doubles couches élémentaires comprises
enlre M et M". On aura comme plus haut
\dï~'Vn.'
D'autre part
}^^ = T7r' '■osi-, = l
d'où nous tirerons
MM' \7h' ~^\~ 7I7i
V — V"= i r. S MM"+ ■'- S -^:^ \ — — ■ I ~ MM".
Nous poserons d'ailleurs
-r-, — I = /iMM
«5
de façon que A' soit fini, et que
\' — V" =4-0
Si le point M" est au delà de M', on aura
\' — V" = 4 - oMl\l"+ 2 - /.- o( MM")-^ — '^ MM".
an
V — V"= -i :: 3MM'-H irJt 3( MM')'^— '^ MM",
et s'il est en deçà de M :
fis
V — V"=- ^MM".
an
Cela posé, partageons la couche C, qui est comprise entre la surface de E,, et
celle de la poire, en couches infiniment minces par une série de surfaces très
rapprochées, que j'appelle A,,, A,, Aj, . . ., A»; Ao coïncidera avec E,, et A„
avec la surface de la poire. J'appelle Q, la couche comprise enlre A;,_i el A^.
H. P. — VII. 23
1^8 SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
Je suppose que l'on coucenlre I;> masse de G,, sur E^ en suivant les lignes
p., v=:Consl., t[iii jouent ici le rôle que jouaient tout à l'heure les courbes G.
J'appelle — ;, la simple couche ainsi obtenue. Alors 2 est la somme de toutes les
simples couches —p. L'attraction de G;,, moins celle de iy,, est l'attraction
d'une double couche D^, et il est clair que Hl est équivalent à l'ensemble de
ces doubles couches.
Soit (• le potentiel dû à l'une des doubles couches Dp, soit 0,. la densité de ^,,
en un point M de E;, ; soit P un point de A,, et M" un point quelconque de iïl,
M' un point de la surface de la poire. Les quatre points M, P, M' et M" sont
supposés situés sur une même courbe p, v ^ consl. Si alors c et r" sont les
valeurs de c en M et en M", nous aurons
si M" est entre M et P; et
,. — f"= '|;i5,,MP-h2-<'o,,(Mr^)^— 4^ MM"
' 'an
si P est entre M et M".
Soit M ^1v et V"= ic" les valeurs du potentiel de ili en M et en M", nous
aurons
dS
V — V" = 4 - [ S' o,, MM" -4- 1" S/, M P ] -4- 1 j: />■[ i;' S^f MM")^ + 2" S,,( MP j= ] — -^ MM".
Nous remarquerons dans les parenthèses du second membre deux signes de
sommation dilFérents i' et i"; le premier i' s'étendra à toutes les doubles
couches situées entre M" et la poire, le second i" à toutes les doubles couches
situées entre M" et l'ellipsoïde E,,. Nous conserverons le signe i pour les som-
mations étendues à toutes les doubles couches.
Posons alors MP = ^, de sorte que — ây^ «/a qui représente la masse de la
partie de la couche Gy, qui correspond à l'élément d<7 sera dai,dl, dai, étant
l'élément de A^ qui correspond ix da; or
'h , , ,, . dis I , ,
I = /,7, d'où -;— = p; =1 — A-/;
«7/, «3,, I -h Ki
d'où enfin
&y, = (l kl) itl.
ï Oy,MM"= MM
i - A-( MM /2 — M M'") — {jM M IM")' - M M" ) 1 .
v"3^,MP= iA-(MM")-i— ^(MM")2,
,"SrMP)2= \ A-(MM")*— \ (MM")»,
4 J
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. I79
et si nous posons un instant pour abréger
MM'=E, MM"=;,
il viendra
V- V"= 4< (~A-£-^-£- lA-l-^-t-{\
.dy
d,i
ou
L'énergie de Hl sur ^tl sera représentée par l'intégrale - / (V" — 'W)dz,
étendue à tous les éléments dz de C.
Or si par M" je fais passer l'une de ces surfaces très peu différentes de 2, et
qui me servaient tout à l'heure à définir mes doubles couches, si j'appelle c/a"
l'élément de celte surface correspondant à d(j, nous aurons
,1- = i/j" ,m M" = rh" cl'i e l ih" =ih{i — kr,).
L'intégrale à chercher est donc
et elle doit être prise par rapport à Ç entre zéro et e; on trouve ainsi
^ . , I ,rfV
du
\{^^^-\^k^>^\t^-t^\d..
Pour rendre la formule comparable à celles qui précèdent, il faut exprimer £
, ,. . , dv . dn r/0
et /.■ en lonctions de -t- et de -y i -^-j • ••
dn du du
Nous avons d'abord
dv = l dz = di r (i — A^) '/C = ^—\ kz"-,
-*-i*(£y- -(:;:)'-^(a■.
d'où
et pour l'intégrale de l'énergie :
Observons que le calcul a été fait dans l'hypothèse où la surface de la poire
l8o SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
est exlt^rieure à celle de Ej,. Dans l'hypollièse contraire, il faudrait changer le
signe des deux premiers termes et écrire
11 reste à calculer /.. Reprenons la lettre / dans son sens priniitil', de sorte que
,_ l , _ I
' — i T! '0— ■ -, r)
du /(,
Nous savons (jue k est défini par la relation
da"
si nous reprenons les notations employées plus haut, nous devrons écrire u au
lieu de Ç, d(7 au lieu de dir" et dcr^, au lieu de du, et notre relation deviendra
un a donc
i/g , th là
-j— ~ i — Au, or — — = -,
ado d^o l
p- du du"- U du
1 ^ d:'^ ,^■s
et enfin, puisque sur E,, on a / = /„ :
•}.l du-
Cela posé, dans notre intégrale les ternies qui nous intéressent sont
i" Dans (^'^y les termes 3^:i?iM^N:M,N, /■', qui donnent
(j'écris du en supprimant l'indice zéro devenu inutile).
/ dv ^
î" Dans (-/^) '<-' terme ç'/'M'N* qui donne
-t- r- -?' f''^jmi^\dG.
l) J du-
Cj Je puis donc ici reprendre toutes les notations du début de ce travail, et que j'avais
abandonaécs momentanément, ainsi qu'il est expliqué dans la note de la page i-)!\. On observera
que /■ est une constante généralement négative.
SUR LA STABILITE DE L EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. lOI
,■>" Eufin dans ( y ) ~7~ ^'^ terme inlércssanl se calculera en supposant
tous les ^ nuls, sauf?".
C'est la portion de l'énergie de la double couche que nous avons calculée au
début de ce travail; nous n'avons donc qu'à appliquer la formule établie au
début.
D'après cette formule, si ô := 2BMN est la densité de la double couche, cette
portion de l'énergie sera
— 2T.y / /2 MN^ di.
^4 2n -h i J
Mais ici
Si donc
/2 1VI1N?= SpMN,
alors la portion cherchée de l'énergie sera
^'^^ 2n-t-i J
Unification des formules.
Une difficulté provient do ce que quelques-unes des formules précédentes
ont une forme analvlique diflérenle, suivant que l'élément f/cr de la surface
de Eo est au-dessous ou au-dessus de la poire. Il est permis toutefois de prévoir
qu'il doit y avoir compensation, et que dans la formule finale nous retom-
berons toujours sur la même forme analytique. Il reste à voir comment se fait
cette compensation.
Les termes d'où provient la difficulté sont (outre ceux dus à l'action de i\l
sur Ml) :
1° L'énergie de E,, sur £{1 dont l'expression est
2'- L'énergie de i sur J\\ dont l'expression est
J'observe que V|, —r^, Vj sont continus quand on franchit la surface de E,,
et qu'il est de même de
l82 SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
et (le touU'à ses tlcnvées. bi donc i appelle L) -p— i U-^— -, D — ;— i u —, — - les
■' ' ' (/(/- t/u' lia du-
sants brusques subis par .,' quand on franchit celte surface;, du dedans au
dehors, la dilKrt'iice entre les deux formules qu'il s'agit de comparer sera
pour l'action de Eq sur JiH, et
pour l'action de i sur ^il.
Calcul de D
duP-
Nous nous servirons pour ce calcul de l'équation suivante :
puisque AV| = o à l'extérieur, et — t\T^ k l'intérieur.
Or si nous nous rappelons l'expression de A\\ et que le D de —r^i —, — ^
d\\ d'Vi .... ... f/V, ., . ,
— r-i —, — est nul, ainsi que celui de — ;— j il vient
dp \ A dp I A dp-
d'où
D^^ = A2DAV,= 4-A"-.
dpi.
Donc
Calcul de D^'.
Calculons d'abord D , , ; pour cela nous nous servirons de
dp'' '
D — -, — = o.
dp
Si nous observons que
d^W dV, d^y, ,^ d^y,
«;j.- a;x d\xdp d\x- dp
SUR LA STABILITÉ DE L"ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. l83
el de même pour les dérivées correspondantes par rapport à -j, je puis écrire
dp dp [abc dp \ X dp )]'
Mais d'ailleurs on a
A dp ='^ = du j-, BC = H } ,
H étant indépendant de o; nous pouvons donc écrire
A l!C dp \ A f/p /Il du \ /-i ./f< / ~ V/î< \ l-^ du ) '
O = D ; = là U -1—: -, ;- ) 7T D — ;— „ , D ■
du " du°- \ i^ du J ti du-' l' du
BC dV^ _ IWo rfVi
A do (- du
i- du" l' du du-
d'où enfin
-«fV, idl , ,, ,
dy„
Calcul de D-I^.
'/a
D'après la propriété fondamentale des surfaces attirantes, on a
du d<s
Calcul de D
= o,
du-
Pour ce calcul nous nous servirons de
u^^' nf ' d / BC dX.>\l „ ^ d / dX
/u
d'où enfin
I d-'X. _ ïdl dX. _
l^ "dûF "" 7^17^ ' ~d^ ~ °'
f/tt- " dn l du ~ " ' f/7
En résumé la différence entre les deux formules qu'il s'agit d'identifier sera :
i" Pour l'action de E sur ilT :
|84 SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
2° Pour l'action do i sur iU :
5/(^)"»;^-r/(:;;)'"S"'=-"/(:;;)'"-i=/'(;;:)''"-
3" Pour raclion de i\\ sur H\ :
-/-'4-rf^)"-5-(:;n'-ïS(ï:)']
xoit au total zéro.
Nous pourrons donc employer indifl'éremment l'une ou l'autre formule sans
nous inquiéter de savoir si la poire est au-dessus ou au-dessous de l'ellipsoïde,
pourvu que l'on se serve des formules correspondantes pour le calcul de tous
les termes.
Nous choisirons désormais l'hypothèse intérieure.
Groupement des formules.
Nous allons maintenant grouper les termes de même forme, afin d'addi-
tionner leurs coefficients.
Nous avons d'abord à envisager les termes en lil^': ; le premier que nous trou-
vons est
îa^-f^ U't.)"-'''''-'''""-
Nous avons posé
«'• P Ko
n„ étant une constante. Nous avons d'autre part
111 11
^ = '^e î^ = ( p' -a-ïH p- — 6- )'- ( p- - c- )- (Pô — l^-)-(P5-v-)- ^ /(p) '■-
fiu d<> du p (p- — [i')(p2 — v^) f ta
en désignant pary(p) une fonction de p et par /„ ce que devient l pour p =r p„.
Nous déduisons de là
'^ l I
du\'iu) =f ^'^da h -^-f^'^-û- = T /ï +^-^^P^-7r
et pour p =: po :
à('î) = f'--'/'->^
du
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. l85
(^u est-ce mainlenanl que -,- pour p ^ po '
On trouve
(U _cn dp^ _ /(p) (Il i- __ /(p) di
(lu do du p dp It, p dp
Calculons encore la dérivée seconde --j^ (p ;7~ ) ' Nous venons de trouver
d I dp\ _ ff /* lp dp
du
On trouve de même
V' du) p l'i ? Il
du"- y du/ dp\ p ) p II \ p'- p-' / /à p- /i
'■- --"C^y ,/."î^
p-^ ^s
ou pour p = p„
m^-iiAfy-':^-'i-yfr'i[-m-w\
Posons
ff f-
i\i et fî seront des constantes dépendant seulement de p et faciles à calculer.
On aura, pour p = p,, :
du \ du I dp
Or nous avons posé plus haut :
et nous avons trouvé que le coefficient cherché était égal à if)[îi,-; nous avons
posé un peu plus loin
En rapprochant toutes ces formules, nous trouvons
•r,, = ai3,+ î3 5^'.
dp
Nous avons trouvé ensuite comme terme en ^,EJ : '
7 J ' (lu 2n.-hi J ■" - du
H. P. — VII. 24
iSli SUR LA STABILITE DE LEQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
,. , r/0 , , . , , ,
^1 nous observons que -j- se roduil a / pour p ;— poj nous Irouvcrons pour le
coeflicienl en question :
r:S,D,- / ^ R', S., H 2 — h; S A .
Enliu dans l'énergie de ili sur Hl nous tTVons encore un ternie en Lii^, qui a
pour coefficient
— 2 n Tm ? N? M,- N,- /-i r/a = — 2 - [i; D,-.
Je prends le signe — parce que j'ai adopté l'hypothèse d'après laquelle ^H
est intérieur à £„.
En réunissant tous ces termes, je trouve que le coefficient définitif de \{i^\ est
?,o,Y 1, + i - IV, Ss + — ^— - k; S, -+- 2 -) -f- il ûi 5^' .
\ 7 2 n -H I / rfp
Remarquons encore que nous avons trouvé
f/p du, i- (lu il
Nous pouvons en déduire
51, =- |,:RoSo^', B=- l^tRoSs-^.
3 p 3 p
Je rappelle que ^ tt/ n'est autre chose que le volume de Eq.
Passons maintenant aux termes en f'; le premier que nous rencontrons a
pour coefficient l'intégrale
24 J df- du^ydu/ lf\ J du^ydnj
Supposons que l'on veuille développer en série de Lamé la fonction /'M^N'
cl soit
/'M3IV?= ir,M,N,-,
les F; étant certains coefficients, qui naturellement dépendront de p, nous en
déduirons
Il est clair alors que nous aurons pour le seul coefficient qui nous intéresse,
qui est Fr, et que je désignerai simplement par F :
Q, r, = Q , r = r /5 M '':. N ', drs ;
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 187
Cela nous montre, en rapprochant de l'expression de -j—, ip-J^) ■> T'o si nous
posons pour abréger :
24 p <^?\ ? / 4« V p- p' / 4*5 p-
le coefficient du terme envisagé en ^J sera
ap dù-
Vient ensuite comme terme en ?- :
;^^„„„>[„,s.2.«-s.(- )-],..
Pour le calcul de ce coefficient, il nous faut -td quant à ( -^ j c'est /-'. Or
nous avons
rfO _ /2 d^ _ ij. (U dp^ _ dl f
du h du- (0 dp du dp p
ce (jui nous donne en dclinitive pour le coeflicionl cherché :
21 21 P «P
Enfin dans l'énergie de i\\ sur i\\, nous avons deux termes en i^l, le premier
a pour coefficient
() J du- 12 p dp
(je prends le signe — à cause de l'hypothèse intérieure) et le second
2 ^ 2n + I
En réunissant tous ces termes, nous trouvons finalement pour le coefficient
rfp- 2 j^ 2« -h I
R-
Observons que R" S^ est égal à R5 S5 au facteur constant prés ^j qui est égal
d'après l'équation de Lamé à un polynôme connu du second ordre en p-.
D'ailleurs R5S5 est égal au facteur^ près à RjSo, qui figure dans l'expression
l88 SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
de II,,, pt cela parce que le coefficient de stabilité correspondant à Y{„ doit
s'annuler pour l'ellipsoïde Eq.
Calcul du moment d'inertie.
Le calcul de J est plus facile; nous avons en effet
l'intégrale étant étendue à tous les éléments dr de la poire; le moment d'inertie
de l'ellipsoïde E„ sera
l'intégrale étant étendue à tous les éléments dr de l'ellipsoïde, et la différence
J — Jo sera la même intégrale étendue à tous les éléments de la couche comprise
entre l'ellipsoïde et la poire. Posons
dQ
gi = r'- + z- = qo -+- u
Nous aurons
Il nous faut donc calculer Q„ et -~ - j nous avons posé plus haut
O = R,H,,M,N,+ Br,n3M,,N3-t- BtRiMvNi-i- B„n.
Pour p = po, II est nul ; de sorle que
Q„= B,HÎM,N,+ B3RSM3lN.i-t-B4R;MiN,..
Comme les fonctions R ne sont définies qu'à un facteur constant près, nous
pouvons supposer que K| = i, et que le coefficient de p- dans R3 et dans R.» est
égal à I .
On trouve d'autre part
d où
dp
dO
du
> _ _ r (,j.2-b"-)(r'--b^-) , (hl^-c"-)(v'=-c-')1
r ~'^^ [{'y— a2 ) ( 62 — c-^ ) ^ (c2— a2)(c-— 6-^)J'
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 189
Celle expression peul fucilemem se metlre sous la forme
du
OÙ les C sont des coefficients numériques faciles à déterminer.
Nous trouvons d'abord
dv
d'où
d.; ■'-
(car nous savons que ii est nul).
Passons au calcul de
I rdQ /dvy
9.J du \(
Nous pouvons r(''duire ( .- ) au terme unique
Le terme cherché se réduit donc à
' El / Z^M?N.?(C,MiN,-i-C3M,N3-HCiMiN4)«'cr,
c'est-à-dire à
i E? ( C, p, Q, -+- C3 ?, Q3 + Cl p, o^ )
de sorte que finalement
J =J„+Ç,B3R2l>,+ c,,B..RÎQj-h iE;(.C,P.,<>,-l-C3p3'->:,+ G.,j3..Q,).
Le calcul des coefficients B^R^iis et B^R^iî^ est aisé.
Si en effet ai, b,, Ci, sont les trois axes d'un ellipsoïde, on sait que son
moment d'inertie est
J = -^«i6,C|(i;-l-er),
d'où
''J 4 " , , 7 •, „ s f/J 4 J' ., , o , d} 4 1 , , . , „ ,
_ =_è,c,(/.î + cr), _ = _a.cU36r + cr), — = -b,c,{ù-, + ic\).
Si nous ajoutons à l'ellipsoïde une couche infiniment mince d'épaisseur
igo SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
/;;l^Il^<l. la ligure reste ellipsiiidale, mais les Irois axes subissent des accrois-
sements
/uiç3M(,"Ny', /l2>?3MÇ^'Nt-i, /I5IÇ3M',"N'/',
où /l'i, M.f, Nf{i^ I, 2, 3) sont les fonctions /, M3, IN3, où l'on a fait respec-
livemeul :
pour i = i :
\x = b, V = c, p = po;
pour 1 = 2:
,a = a, v = c, p = po;
pour j = 3 :
;x = rt, \ = b, p = po.
On voit alors que
Dans les dérivées -7^ ! • • • i on a fait bien entendu
(itii
"1 = v'ipii — «-)- ''1 = v'(?ii — ^-)t c,= \'{pl-~c^).
On trouverait de même l'expression de B4RJÎ2.., .
Conditions de la stabilité.
Soit U l'énergie de gravitation de la masse envisagée, J le moment d'inertie,
to la vitesse angulaire; l'énei-gie totale sera U + -w-J.
Soit 0),, la vitesse angulaire de l'ellipsoïde critique Eu et posons
W = U -)- - (1)5 J , 10^ = 0)5 -+- 2 £,
notre énergie totale sera W + eJ.
Nous avons trouvé plus haut le développement de W et celui de J jusqu'à
l'approximation qui nous convient; nous avons d'abord
W = \V„+ SG,?? -+- Ho?5 -I- SQ/b?/-
Nous avons appris à calculer les coefficients G,, Ho et Q, ; nous remar-
querons : 1" que les G( ne sont autre chose que les coefficients de stabilité;
2° que G5 est nul, et qu'il en est de même de Q5 ainsi que de tous les coeffi-
cients Q, qui ne se rapportent pas à une fonction de Lamé paire et uniforme.
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. I9I
Comme H,, se compose de deux parlies qui joueront un rôle assez diflôrenl,
j'écrirai
Ho= H + H',
?. ^ ■?. n + I
■'I p ■ 12 p J «p
JNous avons d'aulre part
j = j„-i- Yo^:^-)- T^fn-i- T'.!'.
et nous avons appris plus haut à calculer les coeflicients y.
On obtiendra les équations qui définissent la poire, en écrivant que les
dérivées de l'énergie sont nulles; on trouve ainsi :
i" [*ar la dérivée par rapport à ^,-, :
2° Par la dérivée par rapport à H;, :
2 Oj |.-i -I- Qn ? I + EV3 = 0 ;
3" Par la dérivée par rapport à ^,, :
2 C... I4 -I- Qi Ç? + Eyi = o ;
4" Par la dérivée par rapport aux autres t, :
2G<?<-<- QiH = o.
Le rapprochement de ces diverses équations donne
L -J 21., j v -.'.Uj 2Cj4 /
La quantité dont il faut déterminer le signe, c'est
Or
Posons alors
OjJ — (OoJo = tOo(J — Jo) H Jo.
\ 2(j.-i a(_n / \2G5 2 (.4
n n y^_2ll-2ll'
192 SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
Ou voit (lue la quaiuiU' dont il faut déienniner le signe sera
Il est aisé de véritier (|ue celle formule (A) esl homogène; voici ce que
j'enleuds par là. Les tondions de Lamé M, ne sonl délinics (ju'à un fadeur
conslanl prés, el nos formules, pour avoir un sens, doivenl èlre homogènes par
rapport à chacun de ces fadeurs conslanls arbitraires. L'intégrale
0,= flMfNf du
esl évideiamenl proportionnelle à la quatrième puissance de ce fadeur,
puisque ce facteur entre également dans M, et dans iN,.
Nous devons donc vérifier que la formule (A) esl homogène par rapport
ù ili, et en particulier par rapport à i2;,. Pour écrire, par exemple, qu'une
quantité (B) esl proportionnelle à la a.'""" puissance de il; el à la p"""' puis-
sance de 12,-,, j'écrirai
lî = [ofQP].
Je trouve ainsi
[i,-L),= r^^M,?N?M;N/f/cr= [q., v^fJ/], d'où 8,-=r'^l = Lfi5t2r^J.
r,Q,= f l^miNlMi?^idG=[ o'q; J,
On trouve ensuite
Q,.= [[i,.t.,] = [Q., v/û;];
H = [rQ,]=[Q?]> ii'=Lp;Qd = [«:L <i, = [û/];
2|^=[lin' etenlin ^^ g _ :- H _ . H' = [U? J.
Les coefficients appelés plus haut B, el C, dans le calcul de J sont propor-
liouneU à 12, % ce qui donne
Y,= [|ï,0:;| = Wih], Y,= [15,0,] = [y/o;];
De même
d'où
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. igS
D'autre part
[?^]=[§;]
(le sorte que liualement le second membre de notre formule (A) est homogène
et de degré i par rapport à 0.^, et ue contient pas les autres i2,.
Détermination des intégrales.
Dans les coefficients et les formules (jui précédent entrent diverses intégrales,
et nous devons chercher à les calculer.
i" Les axes de l'ellipsoïde Eq élanl supposés connus, on formera aisément
les diverses fonctions R,-, ce n'est (ju'une affaire de calcul algébrique; on a à
résoudre diverses équations algébriques, et ces équations sont du second degré
pour toutes les fonctions de Lamé d'ordre o, 1,2, 3, et pour quelques-unes de
celles d'ordre 4 f^l 5.
Les fonctions R,- étant formées, on aura immédiatement les valeurs R" qui
correspondent à p ::= p,, et aussi celles des dérivées successives R), R-', ....
2° Dans nos équations figurent les intégrales S, ; or le calcul de ces intégrales
se ramène à celui des intégrales définies / ^P i ;r) 5^^'
Quelle est la forme de la fonction^) (|ui figure sous le signe / ? Nous
allons l'exprimer en fonction de l'argument elliptique 9, et nous emploierons les
notations p et i de Weierstrass. Soit R/=n,n-, H,- étant le produit de o, i, 2,
ou 3 des facteurs \/(p- — a'-), ^/(p- — 6-), \/{p- — c-) et II,' un produit de
facteurs de la forme p- — X|. Nous poserons
p-— «-= P(6)— ei, (.'- — b^-=p((l) — e"-, p^ — c2= p(e) — fi:,, e,-i-e«-h e-i=o;
d'où
p-— P(8) = «-— *?!= b-— e, = C-— e3= --(a--hb--i- c-).
Nous avons d'ailleurs comme on sait
La valeur zéro de l'argument 0 correspond à p =00, et nous appelleronsûo
et E/c les valeurs qui correspondent à p ^ po ou à p = ^a.
H. p. — VIT. 25
194 SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
Considérons alors la l'onclion -r^ comme une fonction doublement périodique,
et décomposons-la en éléments simples. Les éléments simples seront
i" Un terme constant.
2" Des termes en
p(0 — co,), p(0 — lOo), P((î — W:i)
provenant des facteurs y/(p- — a'-), \/ {p- — b-), y{p- — c'-'), qui peuvent exister
dans R,.
3" Des termes en
provenant des facteurs p- — l'I.
Les coefficients de ces divers termes, sauf le terme constant, peuvent se
déterminer par un calcul purement algébrique.
Quant au terme constant, c'est une fonction linéaire non homogène desÇ(£A),
fonction linéaire dont les coefficients peuvent se calculer algébricjuement.
L'intégrale indéfinie contiendra donc des termes en
0, er(Ei), ae-io,), U^-o.u), ^(e-coa), iog^l'^l'], i:(()_£^.) + ^(e + £,),
-) c — tx J
ce qui donnera dans l'intégrale définie des termes en
-I {''0 — it)
Le calcul de S, se ramène donc au calcul de ces diverses quantités. Connais-
sant S/, on aura immédiatement Sj et S] par les formules
r;s,— R/s;= i/i + i, h;'s,— H/s;= o.
4" Nous avons ensuite les intégrales doubles
iU= f lM}Nf(h.
M? est un polynôme entier connu en p{'h)', N," est le même polynôme
en j3(02); nous avons d'ailleurs
Quant aux limites d'intégration, elles sont données par les équations
a2>|ji'->62>v2>c"-, d'où ei>Jj(e,)>e..>p(02)>e3,
ce qui montre qii il faut faire xuricr 0, depuis d), — W;, jus(ju'à w, + ùj;, et Oj
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. It)5
depuis w- — oji jus<[u'à to, 4- w, le long des côtés convenables du recUingle des
périodes.
Les limites ('tant constantes, l'intégrale double se ramène à une combinaison
d'inlcgrales simples :
Ces intégrales simples se calculent d'une façon 1res simple. On peut par un
calcul algébrique décomposer M/ et M,'jj(Oi) en éléments simples, c'est-à-dire
en polynôme dont les termes sont des multiples de jj(Oi) et de ses dérivées.
Parmi ces termes nous retiendrons seulement le terme constant et le terme
en jj(Oi). Le premier donnera comme intégrales gji et w,, le second ru et y];, à
un facteur numérique près.
Le calcul de 12, est ainsi ramené à celui des périodes to et r).
5" Nous avons ensuite les intégrales
Qi{ii= r/-'M?N?M;N,û'a= V — I p-M^\5M,N;[p(e,) — p(0,)lrfO,
■m,.
Ici encore M? M; est un polynôme entier en ,p(Oi) et N'^N, (!St le même
polynôme en j3(02). On a d'ailleurs
11= ; = î
(P5-|^-)(p5-v^l [p(lii)-p(B„)l[p(0,)-jn"o)J
Notre intégrale double se ramène encore à une combinaison d'intégrales
simples
■'■' 'L.' P(0.)-Plfo)j p(0,)-p((i„) J p(0,)-p(0„)./ j,(0,)-p(U„) J'
Le calcul se fait de la même manière. Cliacune des fonctions sous le signe /
doit être décomposée en éléments simples, ces éléments sont une constante;
p(Oi) ou ses dérivées, et enlin
-(^■-"°")-^-("--°°)-^-(°°)=P(.0-p(e„)-
Les coefficients de celle décomposition pouvant se calculer algébriquement,
l'intégration introduira, outre les périodes u et rj, deux transcendantes nouvelles,
qui seront
— 4a8o)W:,-Flog— — -— — = 4-n:.flo— 4w:.?(e,),
7(tO|-f-W;, — \)o) 3(L<lt I0:;-I-O|,)
,,,„ , , 'j'((o-, — oj| — On ) a'(co ; -f- (0| -H f)„ )
-4C(6o)co,+ log^ ' ' " ] ^' ' " =4-niB„-4o3i^(9o)
_l ( tù;i +0)1 \J„) ■!( O);; 0>| -|- 0„ )
qui se ramènent d'ailleurs toutes deux à Oq et à ^0„).
196 SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
6° Nous avons ensuile l'inlégrale €1,— ijui esl la dérivée de la précédenle
par rapport à p. (Ici 0 est, biea entendu, pris égal à p,,.)
Elle dépend des dérivées par rapport à p des quatre intégrales simples qui
ligurent dans l'expressipn ci-dessus de ii,[3,.
La dérivée de chacune de ces intégrales simples se calcule d'ailleurs aisément.
Chacune de ces intégrales esl une somme de produits où l'un des facteurs esl 1,
cj,, m ou ïî,0„ — 6o,Ç(0o) et où l'autre facteur esl un coeflicient calculable algé-
briquement.
I^a dérivée de ce coefficient par rapport à p,, sera ainsi calculable algébri-
quement, et (piant à la dérivée du premier facteur elle sera
O, O. 0 mi T,; — (0,
11 ne s'introduit donc aucune transcendante nouvelle.
7° Considérons maintenant l'intégrale
iNous aurons
''^ [p(",)-p(o.,>inp'»-i)-jMO„)]-^'
d'où
^ ( 7 [p(0,)- p(9o)J-J [p(0.)-p(Uo)?
_ r Nf.M-, r iVi:;p(0i)f/0i )
~J lp(f).)-p("o)JV |p(9,')-p(HojJM'
On opérerait toujours de la même manière en décomposant chaque fonction
sous le signe /en éléments simples. Les éléments simples seront ici. outre
une constante ,p(0| ) et ses dérivées :
Ç(0,-hO„)-Ç(0,-6o)-2^0„) el ])(0,-t-Û„) + p(0,-O„)-?p(e„).
L'intégration introduira donc les mêmes transcendantes que dans le cas
de £2,p,- et en outre (par l'intégration du dernier élément simple que je viens
de citer) : 4^/ — '^''>p{^Ki)i ce qui n'est pas une transcendante nouvelle.
8" Il ne nous reste plus que les intégrales iîj ^ i i^., -1-^ qui sont les dérivées
de la précédente.
r/3-
Eu raisonnant comme dans le cas de — pj on verrait que ces intégrales
n'introduisent pas de transcendante nouvelle.
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. I97
Le calcul de ces trausccndanles ne peut présenter de difllcullé si l'on
emploie les formules de Weierstrass réunies et mises sous une forme si
commode par les soins de M. Sclivvarz. On n'a qu'à employer des séries très
convergentes procédant suivant les puissances de la quantité que Jacobi
appelle q et Weierstrass h. D'ailleurs dans le cas de l'ellipsoïde Eq, la valeur
de q est si petite que l'on pourrait s'arrêter au premier terme. Ainsi dans le
calcul dej3,, de F, de leurs dérivées et de £2,, on ne rencontrera aucun obstacle;
car il ne s'introduit qu'un petit nombre de transcendantes wj, o):,, t)i, rjj, ^(Oo), O».
Le calcul ne serait pas tout à fait aussi facile pour S,, de sorte que, dans ce
cas, on pourrait recourir avec avantage aux développements donnés par
M. Darwin à la fin de son Mémoire Ellipsoïdal Harmonie Analysis, et qui
procèdent suivant la quantité qu'il appelle [3.
Si les axes de l'ellipsoïde jacobien critique sont comme l'a calculé M. Darwin
dans son second Mémoire : o,65o66; 0,81498; 1,88 583; on trouve, sauf
erreur de calcul de ma part ;
/M=e~ "» =— .
200
•«1 = 0,53790; (1J3 = f X o,9o52iS
T|i= 1,1936; 1:î = — ÎX 0,9080;
Oo=o, 27501; Ç(6o) = 0,71640.
Nouvelle expression des conditions de stabilité.
La détermination de chacune des intégrales ne présente donc aucune
difficulté, et le calcul serait en somme facile si ces intégrales n'étaient en
nombre infini.
Rappelons le résultat obtenu plus haut. La poire sera stable ou instable,
suivant que Vexpression
sera positive ou négative.
Or nous pouvons tout de suite remarquer que parmi les quantités qui
figurent dans cette expression : T, J„, o^, --n, y,, G;,, G,, H ne dépendent que
d'un nombre fini d'intégrales, tandis que
Vif el Il'=i.yl£i!i^'Q
^^ 2 Gf 2 ^ 2 n + I
IÇ)8 SUR LA STABILITÉ DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
dépeudenl d'une inflnilé d'intégrales. Toute l;i dlfliculté provient donc du
calcul de la quantité
2 k'/-
2 G,
*^^-.H'.
Heureusement il ne s'agit pas de calculer la valeur exacte de cette quantitc^,
mais de reconnaître si elle satisfait à une certaine inégalité. Pour étudier cette
inégalité, il faut que nous mettions en évidence le signe de plusieurs de nos
quantités.
Commençons par les coefdcients de stabilité G,. Si nous suivons la série des
ellipsoïdes de Mac Laurin, tous ces coefficients sont d'abord négatifs. Le
coefficient G;, changera de signe, tous les autres restant négatifs, f[uand nous
arriverons à l'ellipsoïde de bifurcation, qui est en même temps un ellipsoïde de
Mac Laurin et un ellipsoïde de Jacobi. Mais à partir de cet ellipsoïde de
bifurcation, on abandonne la série des ellipsoïdes do Mac Laurin pour suivre
celle des jacobiens.
Pour celte série le coefficient G3 est également négatif, en vertu du principe
de l'échange des stabilités convenablement interprété. Pour les premiers
jacobiens jusqu'au jacobien critique, tous les coefficients G, seront donc
négatifs sauf G;,. Pour le Jacobien critique, tous les G, sont négatifs sauf G3,
qui est nul, et G^, qui est positif.
Déterminons ensuite le signe de
Y ^ £0 _ JS t1_ .
105 2G:i ^Gt
Je renverrai u mon Mémoire du Tome 7 des Acta, et au paragraphe intitulé
Stabilité des ellipsoïdes. J'ai expliqué dans ce paragraphe que tous les
jacobiens sont stables si l'on assujettit (à titre de liaison) la figure de la masse
fluide à rester ellipsoïdale, c'est-à-dire si l'on assujettit tous les ^, à être nuls
sauf ^3 el ç,.
J'ai exposé en même temps la condition de la stabilité, qui avec notre
notation actuelle s'écrit
W-\V„-"](J-J„)'<o,
ou comme il s'agit de petites déformations
w_\v„-i:i!i(j-j„)^<o.
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 199
En supposant tous les ?, nuls sauf ^^s et S/,, et remplaçant W — Wq et J — Jq
par leurs valeurs, nous trouvons
G3?.?+Gi??;-^(-r.,?3+T>?0'-<o,
2 Jo
ce qui entraîne rinégalilo
(^'-S^O(^'-^^^^>^.ï^T^
"5 ., \ ^ ^
Comme oj^, Jq et G3 sont positifs et G, négatif, l'inégalité change de sens
quand on la divise par yîj G;, G,, ce qui donne
\ii)5 2G,/\<»1 2Gv/ 4G3G4 W5 \W5 2G3 2G4/
OU enfin Y < o.
Passons à la détermination de signe de T. Pour cela nous allons envisager le
coefficient G5 pour un ellipsoïde de Jacobi très peu difl'érent du jacobien
critique.
Soit E„ cet ellipsoïde, et ^wj-f-s la valeur de -w'' correspondante. Nous
pourrons considérer £ comme définissant l'ellipsoïde E'^ ; nous supposons e très
petit.
Soit ensuite S une surface peu différente de Eq et de E'„. Soit da' un élément
de la surface de E'„ et /' la quantité qui joue par rapport à E'„ et à d(j' le même
rôle que l par rapport à Eq et à d(7. Par les ditférents points de rfa' je mène des
courbes normales aux ellipsoïdes homofocaux à E'„, et je les prolonge jusqu'à
leur rencontre avec S. Soit di>' le petit volume ainsi formé. Je supposerai que
la surface S ait été définie de telle sorte que l'on ait
Tî étant un coefficient constant très petit, M* et N* les fonctions qui jouent par
rapport à E', le même rôle que M., et N,, par rapport à Eo.
Soit maintenant da un élément de Eo, par da menons des courbes p. =const.
i> = const. prolongées jusqu'à S, et soit du le petit volume ainsi engendré. Nous
poserons
de sorte que les coefficients Ç, pourront servir à définir la forme de S. Il est
aOO SUR LA STABILITE DE L EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
clair i]iie les ï, sont des fonclioQs de £ et de n, développables suivant les
puissances de £ et de rj.
Pour £ = o, l'ellipsoïde E', se réduit à E,,, et tous les 5, s'annulent à l'excep-
tion de $5, qui se réduit à ■/).
Pourri =0, la surface S se rt-duit à E'„ ; alors ^:, et L sont des quantités du
premier ordre, e étant regardé comme de premier ordre, tandis que les autres ^,
seront du deuxième ordre.
Si donc £ et v sont regardées comme des quantités du premier ordre, Ç, (en
excluant les valeurs « = 3, 4, 5) sera du deuxièm»; ordre, parce que tous ses
termes contiendront en facteur soit £-', soit £r/; 5:, et £, se réduiront à -^ ; et
à --|:^£ à des quantités près du deuxième ordre; ^5 se réduira à n à des quantités
près du deuxième ordre.
Nous devons calculer W+£j.
Dans ce qui va suivre, nous négligerons les quantités du quatrième ordre et
en plus £^ et £'-r). Dans ces conditions nous pouvons négliger d'abord tous les
monômes du quatrième ordre par rapport aux ^, et arrêter le développement
de W suivant les puissances des ^ au troisième ordre inclusivement. Nous
pouvons également négliger les monômes du troisième ordre multipliés par £,
et par conséquent arrêter le développement de eS suivant les puissances des ^
au deuxième ordre inclusivement.
Nous négligerons en outre : les fj (^i ^é: 3, 4, 5) qui sont du quatrième ordre;
les monômes du troisième ordre en ^:, et ^, qui sont au quatrième ordre prés
égaux à un multiple de s'; les termes en ^,Ç/,£y(« 7^ 3, 4- ^: ^"1 J = 3, 4i 3)i q"'
sont du quatrième ordre; les termes on i\i{^i ^ 3, 4) 5), qui pourraient figurer
dans £.1, parce qu'ils contiennent £- en facteur et par consôqunet sont, au
quatrième ordre près, égaux à un multiple de £' plus uu multiple de t'-rt.
Dans ces conditions nous devons conserver les termes suivants :
dans ^^ :
W = W„-i- G,?s-i- G»??-4- Q-,?1Ç;,+ Qil?^,
dans £.J :
£j = ;.lo-+- EYo?= -I- £Tn?:i-t- EYi?,,
d'où
W-t-£.J =('W„+sJo)-+-G,t5-hGi?î-i-Q3Ç?$:,+ Q»??^-i-£To?I + £T:>b+E;iÇv.
Pour Y) = o, celte expression se réduit à
W'o = (\V„ -H £. !„)-!- 0.1$= •+-G;Çj-l-£Y:l?;)H-£Yl?l,
SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 20I
efl ses dérivées doivent s'annuler, puisque le jacobien esL une figure d'équilibre.
On aura donc
2G3Ç3+ ETs = 2Gi|t+e-|-i= o,
d'où, à des quantités près de l'ordre de s-, ou de sr),
Comme ^5 se réduit à 0, pour s = o, on aura
en négligeant e', s'-rj, £/)■', rj''. En faisant rj = o il vient
W; = (W.^eJ„)-J(g^g).
D'autre part, comme v) joue par rapport à E', le même rôle que ^5 par rapport
à Eo, on aura avec la même approximation
w -H£.t = w;, + G', T,^
G', étant le coefficient de stabilité relatif à l'ellipsoïde E'„ et au « third zonal
harmonie ».
On aura donc
Si nous supposons que E'„ est plus allongé que Eu, £ sera négatif, puisque les
vitesses de rotation vont en diminuant dans la série des jacobiens. D'ailleurs G'j
sera positif, puisque le coefficient de stabilité est passé du négatif au positif
quand on a franchi l'ellipsoïde critique. Donc T < o.
Revenons aux conditions de stabilité de la poire.
Posons
.^daG,- (1)5 2Gs 2Gv
Nous avons trouvé
?fX-+-£T = o,
£ se rapportant à la poire et non plus à E'„.
loJ — co„J„ XY
-, = T =-, Y < o, T<o.
Pour la stabilité, il suffit que w soit maximum, c'est-à-dire que £ soit négatif;
il faut et il suffit que uJ soit minimum, c'est-à-dire que
wJ — (0,1 J„ > o.
H. P. — VII. 26
202 SUR LA STABILITÉ DE L'ÉQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
Or £ < o, éniiivaut, puisque T esl ni^galif, à X < o. C'est donc là une condition
suffisante de la stabilité.
T
\Y
Supposons maintenant X >- o; alors T sera négatif, -=r positif, et wJ — WoJq
négatif; il v aura donc iastal)ilité.
En résumé la condition nécessaire et suffisante pour la stabilité est X ■< o, ou
ou
ij^7.n-^-i ^^20i
Si nous observons que R,' est positif, S; négatif, les G, négatifs sauf G;,, nous
verrons que tous les termes du premier membre sont positifs sauf 2 H et — ■;^ ■
Si donc il y a instabilité, c'est-à-dire si l'inégalité précédente n'a pas lieu, il
suffira pour le constater de calculer un nombre fini de termes du premier
membre. Si au contraire il y a stabilité, on ne pourra s'en assurer qu'en
calculant la somme des termes positifs du premier membre qui sont en nombre
infini, ou en évaluant une limite supérieure de cette somme.
LES FORMES D'ÉQUILIBRE
D'UNE 3IASSE FLUIDE EN ROTATION C)
JRevue Générale des Sciences, t. 3, p. Sog-Siô (i5 (Iccembre 1892)
D'après les idées généralement admises, tous les astres ont été originaire-
ment liquides ou gazeux, et ceux qui n'ont pas conserve leur fluidité primitive,
ont gardé, en se solidiliant, la figure qu'ils avaient prise quand ils étaient
encore fluides.
Les astronomes ont ainsi été conduits à se poser le problème suivant, afin
d'expliquer la figure des corps célestes : quelles sont les forces auxquelles
étaient soumises ces masses fluides qui sont devenues les astres actuels et
quelles formes d'équilibre devaient prendre ces masses sous l'influence de ces
forces ?
La première de ces forces était l'attraction newtonienne. Chaque molécule
fluide était attirée par les autres parties de la masse en raison directe des
masses et en raison inverse du carré des dislances. La seconde était la force
centrifuge produite par la rotation de la masse. On admet que cette rotation
devait être uniforme, c'est-à-dire que toutes les parties de la masse devaient
effectuer un tour complet dans le même temps. Et en eff'et, si cette uniformité
n'existait pas, le frottement mutuel des diverses parties du fluide l'aurait
promplement rétablie.
Déterminer la figure d'équilibre dun fluide soumis à ces forces est un pro-
blème d'Hydrostatique. Ce problème est très difficile, et sa solution, quelque
incomplète qu'elle soit encore, a exigé de grands efforts, que l'importance de la
question justifiait d'ailleurs pleinement.
(•) Voir aux Notes, Masses fluides en rotation {figures annulaires et résultats divers).
2o4 FORMES d'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
Plusieurs goomèlres du siècle derniur, parmi lesquels ClaiiMul doit être cité
en première ligne, ont résolu le problème, en supposant que la rotation
est lente el que la figure d'équilibre diffère pou d'une sphère. C'est bien le
cas, en effet, pour toutes les planètes dans leur état actuel; et cependant cela
ne saurait suffire, car ou [leut se demander s'il en est encore de même pour
certaines étoiles, comme les étoiles variables, par exemple. On peut aussi sup-
poser, comme le faisait Laplace, que la matière, qui a servi à former les
planètes, a d'abord, en se détachant du .Soleil, affecté une forme annulaire et
par conséquent très différente d'une sphère.
Dés qu'on ne se restreint plus aux figures sphéro'idales, le problème devient
beaucoup plus difficile, et il est encore bien loin d'être résolu, même en sup-
posant, comme nous allons le faire, que la masse fluide considérée est homo-
gène, c'est-à-dire que sa densité est constante.
Mac-Laurin a montré qu'une des figures d'équilibre (jue peut affecter un
fluide homogène en rotation est un ellipsoïde de révolution aplati. Pendant
longtemps on a pu croire que cette solution était unique.
Mais Jacobi, au commencement de ce siècle, a découvert une solution
vraiment inattendue : certains ellipsoïdes à trois axes inégaux, appelés
aujourd'hui ellipsoides de Jacobi, sont également des figures d'équilibre.
La rotation s'effectue autour du petit axe.
Ce résultat causa un grand étonnement. On s'était habitué à regarder comme
évident que toutes les formes d'équilibre devaient être des surfaces de révolu-
lion. Il n'v a aucune raison pour cela, el cette évidence apparente était vaine.
L'exemple n'est d'ailleurs pas rare dans les annal(\s de la Science et ce n'est
pas là le premier fantôme de ce genre qu'on ait vu se dissiper ainsi.
Certaines personnes ont voulu expliquer de la sorte la variabilité de certaines
étoiles à courte période. Si ces astres ont la forme d'ellipso'ides de Jacobi, ils
se présentent à nous tantôt par le grand axe, tantôt par l'axe moyen et leur
surface apparente doit varier périodiquement. Il est impossible pour le moment
de se prononcer sur la valeur de celte explication.
On a fait une autre hypothèse qui se trouve reproduite dans quelques
Ouvrages, bien qu'elle ne soutienne pas un instant d'examen. A une certaine
époque, les géodésiens avaient cru observer que l'aplatissement du globe n'est
pas le même pour les différents méridiens el que la Terre affecte la forme d'un
ellipso'ide à trois axes inégaux. On a dit que cette figure devait être un ellip-
so'ide de Jacobi. C'était oublier que les ellipso'ides de Jacobi différent tous
FORMES D EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 2o5
beaucoup de la sphère el que le seul (pii soit compatible avec la vitesse de
rotation de la Terre est une sorte d'aiguille très allongée.
Après la découverte de Jacobi, on a été naturellement conduit à se demander
s'il n'existait pas d'autres formes d'équilibre non ellipsoïdales.
Le problème a été nettement posé dans l'admirable Traité de l'hilosophie
naturelle de Thomson et Tait où se trouvent quelques pages éminemment sug-
gestives. Ce sont ces pages qui ont inspiré les recherches ultérieures, parmi
lesquelles les plus importantes sont, sans contredit, celles de AI. LiapounofT.
Les travaux de ce savant russe, ceux de M. Matthiessen, de M""' Kowalevski et
les miens ont mis en évidence l'existence de nombreuses formes d'équilibre sur
lesquelles je voudrais donner quelques détails.
L Formes nouvelles d'équilibre.
Equilibre. — Si l'on fait varier d'une manière continue le moment de rota-
tion (c'est-à-dire le produit du moment d'inertie par la vitesse de rotation), les
ellipsoïdes de Mac-ljauriu, comme ceux de Jacobi se déforment d'une manière
continue.
Considérons d'abord les ellipsoïdes de révolution de Mac-Laurin. Quand le
moment de rotation croîtra, l'aplatissement, d'abord très faible, croîtra
constamment el finira par devenir très considérable; la vitesse de rotation
croîtra jusqu'à un certain maximum, pour décroître ensuite jusqu'à s'annuler.
Elle peut en elTet décroître, bien que le moment de rotation croisse, parce
que l'autre facteur, qui est le moment d'inertie, croît 1res rapidement.
On arrive à des résultais analogues, ainsi que l'a démontré Liouville, en ce
qui concerne les ellipsoïdes de Jacobi. Ces ellipsoïdes n'existent que si le
moment de rotation est supérieur à une certaine valeur. Quand ce moment va
en croissant à partir de celte valeur, la vitesse de rotation décroît et finit par
s'annuler; le grand axe va en croissant et le petit axe en décroissant sans cesse;
l'axe moyen décroît plus rapidement encore. D'abord il est égal au grand axe,
de telle façon que l'ellipsoïde est de révolution autour du petit axe, c'est-à-dire
de l'axe de rotation; au contraire quand le moment de rotation est très grand
el la vitesse de rotation très petite, l'axe moyen est presque égal au petit axe,
de telle sorte que la figure ressemble à un ellipsoïde de révolution très allongé.
On voit que les deux catégories d'ellipsoïdes forment deux séries continues
de figures d'équilibre. Mais il y a une figure (jui est commune aux deux séries
2o6 FORMES D'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
el qui esl, si l'on veul me pennellre celle comparaison, un point de bifurca-
tion. Je veux parler de l'ellipsoïde de Jacobi (pii correspond à la valeur
minimum du moment de rotation; il est en ellet en même temps, ainsi que je
viens de le dire, un ellipsoïde de révolution aplati.
Je l'appellerai l'ellipsoïde Ej.
Les figures nouvelles d'équilibre dont il me reste à parler forment de
même des séries continues; et quelques-unes d'entre elles, cpii appartiennent
en même temps à la série des ellipsoïdes de Mac-Laurin ou à celle des ellip-
soïdes de Jacobi, sont de véritables figures de bifurcation analogues à E,.
Je vais chercher à faire comprendre la forme de ces figures nouvelles.
Prenons d'abord pour point de départ un ellipsoïde de révolution. Par-
tageons-en la surface en n + i zones, en y traçant n parallèles. Partageons-la
de même en ip fuseaux égaux paryo méridiens équidislants.
Ces parallèles et ces méridiens, se coupant à angle droit, déterminent une
sorte de damier; imaginons maintenant que la surface de l'ellipsoïde se creuse
ou se soulève, de telle façon que les cases noires de notre damier soient rem-
placées par des montagnes très peu élevées et les cases blanches par des
vallées très peu profondes; nous obtiendrons ainsi une figure d'équilibre très
pou difTérente de l'ellipsoïde.
Pour nous rendre compte de la forme des autres solides d'équilibre de la
même série, nous n'avons qu'à supposer que ces reliefs vont en s'accentuanl et
(pie les lignes qui séparent les dépressions des montagnes se déforment peu
à peu.
Il est inutile d'ajouter (|ue l'aplatissement de l'ellipsoïde qui sert de point de
départ et les latitudes de nos n parallèles ne peuvent pas être choisis arbitraire-
ment el qu'ils ne sont pas les mêmes pour toutes les séries.
Le nombre n peut être nul de telle sorte que l'ellipsoïde soit seulement divisé
en fuseaux; le nombre /> peut aussi être nul, de sorte qu'il soit seulement divisé
en zones.
A chaque combinaison des deux nombres /; et/) correspond une série de
figures nouvelles d'équilibre. Observons toutefois que les combinaisons
(n = o, /) = I ), (n^ i , p =^ o), (rt = 1 , /j = I ) ne donnent que l'ellipsoïde de
Mac-Laurin déplacé, mais non déformé, et que la série qui correspond à la
combinaison (^n = o. p ^= 2) n'est autre chose que la série des ellipsoïdes de
Jacobi.
Ces figures nouvelles d'équilibre admettent p plans de symétrie passant par
FORMES d'équilibre D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 207
l'axe de rolation. Si p est nul, elles sont de révolution autour de cet axe. Enfin,
si n est pair, elles ont un p + i'*"" plan de symétrie perpendiculaire à l'axe de
rotation.
Il existe d'autres séries de formes d'équilibre que l'on obtient en prenant
comme point de départ un ellipsoïde de Jacobi.
Voici comment on les obtient :
Traçons à la surface d'un ellipsoïde de Jacobi n lignes convenablement
choisies de façon à la diviser en n + i zones, entourant les pôles du grand axe.
(Ces lignes doivent être choisies parmi celles que les géomètres appellent lignes
de courbure. )
Imaginons maintenant que la surface de l'ellipsoïde se creuse ou se soulève
de telle façon que la première de ces zones soit remplacée par une montagne,
Kig. I.
la zone suivante par une vallée, la suivante par une montagne et ainsi de suile.
Nous obtiendrons ainsi une figure d'équilibre très peu din"érente de l'ellipsoïde.
Pour nous rendre compte de la forme des autres solides d'équilibre de la
même série, nous n'avons qu'à supposer que ces reliefs vont en s'accentuant.
Notre ellipsoïde déformé va présenter alors une suite de renflements et d'étran-
glements alternatifs, formant comme une série de plis transversaux.
A chaque valeur du nombre «, à partir de «= 3 inclusivement, correspond
une de ces séries de figures d'équilibre.
Toutes admettent deux plans de symétrie rectangulaires, l'un perpendicu-
laire à l'axe de rotation, l'autre passant par cet axe. Les figures d'équilibre qui
correspondent à une valeur paire de n admettent un troisième plan de symétrie
perpendiculaire aux deux premiers.
J'appellerai particulièrement l'attention sur la série qui correspond à « = 3.
Je représente sur la figure i l'un des solides d'équilibre de celte série. Le trait
pointillé est le contour de l'ellipsoïde de Jacobi qui a servi de point de départ,
et le trait plein est le contour de la nouvelle figure d'équilibre.
2o8 -FORMES d'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
Parmi les figures do celle série, il y en a une qui esl en même temps un
ellipsoïde de Jacobi. Je l'appellerai l'ellipsoïde F^,.
Stabilité. — Tous ces solides sont des ligures d'équilibre, mais cel équilibre
esl-il slable '? C'est ce que nous avons encore à examiner.
Lord Kelvin (Sir W. Thomson) et M. Tait, dans l'Ouvrage que j'ai cilé plus
haut, ont les premiers remarqué qu'il y a deux sortes de stabilité.
Observons d'abord qu'il y a deux espèces d'équilibre. 11 y a, en premier lieu,
l'équilibre absolu qui esl atteint quand tous les corps envisagés sont en repos;
mais ce n'est pas celui-là que nous avons à considérer dans le problème qui nous
occupe, puisque noire masse fluide n'est pas en repos mais en rotation. Seule-
ment, elle paraîtrait en repos, à un observateur qui serait entraîné comme elle
dans un mouvement de rotation uniforme : elle serait en équilibre relatif par
rapport à cet observateur.
Les lois de l'équilibre absolu et celles de l'équilibre relatif ne sont pas tout à
fait les mêmes. L'un et l'autre sont stables quand ils correspondent au minimum
de l'énergie totale du système envisagé. Il est clair on effet que, pour faire
sortir le système de sa situation d'équilibre, il faut lui fournir une certaine
quantité d'énergie, et qu'il ne pourra s'en écarter beaucoup que si cette
dépense d'énergie esl très grande.
Cette condition, qui esl toujours suffisanle, esl nécessaire dans le cas de
l'équilibre absolu; elle ne l'est pas dans le cas de l'équilibre relatif; un système
animé d'un mouvement de rotation très rapide peut être on équilibre slable
sans que l'énergie soit minimum.
C'est là l'explication d'une foule de paradoxes dynamiques; je n'en citerai
qu'un qui esl d'observation vulgaire et qui, pour celle raison, a presque cessé
de nous sembler surprenant : la toupie, quand elle tourne assez vile, peut se
maintenir debout sur la pointe.
Ainsi, quand même l'énergie n'est pas mininuim, un système peut conserver
son élat d'équilibre relatif pendant un temps indéfini. Il le pourrait du moins si
les frottements étaient nuls.
Mais Lord Kelvin a démontré que, si les froUemenls existent, quelque
faibles qu'ils soient, il n'en est plus de même et que l'équilibre finira par être
détruit, à moins que l'énergie ne soit minimum. C'est ainsi, pour reprendre
notre exemple, que la toupie finit par se ralentir et par tomber.
Il y a donc deux sortes de stabilité : la stabilité ordinaire, dont les frotte-
FORMES D'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 209
menu finissent par avoir raison, el la stabilité séculaire que les frottemenls ne
peuvent détruire.
C'est la seconde qui doit nous intéresser le plus.
En se plaçant au point de vue de la stabilité séculaire, les ellipsoïdes de
Mac-Laurin, moins aplatis que Ei, sont stables; les autres sont instables. Les
ellipsoïdes de Jacobi, moins différents de l'ellipsoïde de révolution que Ej,
sont stables; les autres sont instables.
Enfin toutes les figures nouvelles dont nous avons parlé plus haut sont
instables, à l'exception de la série sur laquelle nous avons insisté à la fin du
paragraphe précédent (').
C'est celle qui dérive de l'ellipsoïde de Jacobi et qui correspond au cas de
/i=:3. C'est elle dont fait partie la forme d'équilibre que nous avons repré-
sentée plus haut sur la figure i.
II. — Conséquences cosmogoniques.
On peut tirer de ce qui précède quelques conséquences intéressantes. Sup-
posons une masse fluide homogène animée d'une rotation uniforme. Imaginons
que celte masse se refroidisse et se condense; supposons qu'en se condensant
elle demeure homogène el que son refroidissement soit assez lenl pour que les
frottements aient le temps de maintenir l'uniformité de la rotation.
Le moment de rotation de la masse devra demeurer constant, et comme son
moment d'inertie va en diminuant, sa vitesse de rotation ira au contraire en
augmentant. Si, au début de la condensation, la vitesse de rotation est faible et
la figure de notre masse fluide peu diff'érentc d'une sphère, son aplatissement
ira en croissant avec la vitesse de rotation.
La masse fluide conservera pendant quelque temps la forme d'un ellipsoïde
de révolution d'abord peu aplati {fig- 2), puis plus aplati {^fig. 3).
(Dans les figures 2 à 9 qui représentent les formes successives de la masse qui
se condense, chacune de ces formes est représentée par deux projections, l'une
verticale dans la partie supérieure de la figure, l'autre horizontale dans la partie
inférieure; l'axe de rotalion est supposé vertical.)
L'ellipsoïde, s'aplatissanl de plus en plus, cessera bientôt d'être stable, ou
du moins de conserver la stabilité séculaire. Il est vrai qu'il conservera encore
(') Celle-ci est égalemenl instable. Voir aux Notes, Figures piri/onnes.
H. P. — VII. ^7
■jio FORMES d'Équilibre d'une masse fluide en rotation.
queliiiie temps la stabilité ordinaire; mais les figures d'équilibre qui ne pos-
sèdent que celte sorte de stabilité finissent, coinine nous l'avons vu, par être
détruites par les frottements. Si donc le refroidissement est assez lent, ces
l'"lS. 2.
1-ig. 3.
iMfc.. 4.
Fig. 5.
ellipsoïdes ne pourront subsister, et la masse fluide devra prendre la forme
d'un ellipsoïde de Jacobi, d'abord peu différent d'un ellipsoïde de révolution
{fig- 4) puis plus allongé (Jig. 5).
Mais l'ellipsoïde de Jacobi, cessera, à son tour, d'être stable et la masse
fluide prendra des formes d'équilibre appartenant à la série de figures nouvelles
représentées plus haut {fig- i)-
FORMES D'ÉQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 211
D'abord peu différentes de l'ellipsoïde Eo, notre masse fluide prendra pour
ainsi dire la forme d'un œuf avec un gros et un petit bout.
Puis elle se creusera dans le voisinage du petit bout {fig. 6); ce relief
F'g. :■
s'accentuant peu à peu, il se produira à cette place un étranglement {fig- 7)
qui fera présager la division du fluide en deux masses distinctes.
Ces deux niasses, s'élant séparées, restent d'abord voisines l'une de l'autre.
d
Fig. 8.
Fis
Chacune d'elles, sous l'influence de l'attraction de l'autre masse, prend une
figure piriforme {fig- 8).
Le refroidissement continuant, chacune des masses se condense, sa rotation
devient de plus en plus rapide et cesse d'être égale à la vitesse de révolution
des deux masses autour de leur centre de gravité commun. Enfin, quand les
212 FORMES D EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
dimensions des deux niasses sonl devenues suffisamment petites par rapport à
la distance qui les sépare, leur figure se rapproche de l'ellipsoïde {fig- q).
On pourrait être tenté de tirer de là des conséquences cosmogoniques et
d'expliquer de celte manière l'origine des planètes. Le Soleil, en se conden-
sant pou à peu, n'aurait pas alors, comme le croyait Laplace, abandonné suc-
cessivement des anneaux d'où les planètes seraient sorties ensuite : il se serait
au contraire déformé jusqu'à ce qu'une petite masse, destinée à devenir une
planète, se détache d'un point quelconque de son équateur. Mais, avant
d'adopter celte conclusion, il faut tenir compte de certaines remarques qui lui
enlèvent beaucoup de probabilité.
En premier lieu, nous avons supposé notre masse homogène; au contraire,
la nébuleuse, qui a servi à former le système solaire, était sans doute très hété-
rogène et une grande partie de sa masse devait être condensée au centre. Il est
impossible, pour le moment, de se rendre compte des changements que cette
hétérogénéité apporterait dans nos résultats.
En second lieu, les deux masses représentées dans la figure 9 sont compa-
rables; la plus petite serait sans doute la moitié ou le tiers de l'autre; au
contraire la masse de Jupiter n'est que la millième partie de celle du Soleil.
Peut-être le processus que je viens de décrire {fig- 2 à 9) se rapproche-t-il
plus de celui qui a produit certaines étoiles doubles que de celui d'où est sorti
le système solaire. Tout dans tous les cas reste hypothétique.
Anneau de Saturne. — Les figures dont nous venons de parler ne sont pas
les seules qui soient connues. Il y a longtemps déjà, M. Matthiessen avait
entrevu la possibilité des figures annulaires d'équilibre, et le même résultat
avait été retrouvé ensuite par Lord Kelvin, qui s'est borné à l'énoncer. Grâce
aux travaux de M"° Kowalevski et aux miens, nous en possédons une démon-
stration rigoureuse, peu différente probablement de celle que Lord Kelvin avait
découverte, mais n'a pas publiée.
On peut établir qu'une masse lluide en rotation, soustraite à toute action
extérieure, peut prendre la forme d'un anneau analogue à celui de Saturne,
mais sans masse centrale. Si la vitesse de rotation est faible, cet anneau sera
une sorte de tore très délié dont la section méridienne différera très peu d'une
ellipse peu aplatie; mais l'équilibre de ces figures est instable.
Pour bien le faire comprendre, le mieux est de dire quelques mots des
FORMES d'Équilibre d'une masse fluide en rotation. 2i3
Iravaux de Maxwell sur la stabilité de l'anneau de Saturne. On peut faire, au
sujet de la nature de cet astre, trois hypothèses différentes :
1° L'anneau est solide;
2° Il est formé d'un très grand nombre de satellites très petits, que le
télescope ne peut séparer les uns des autres;
3" Il est fluide.
Laplace avait fait voir depuis longtemps que, si l'anneau est solide, son
équilibre ne peut être stable si sa figure est symétrique et si son centre de
gravité coïncide avec son centre de figure. Mais il croyait qu'il suffisait, pour
rétablir la stabilité, de supposer des irrégularités peu importantes que les obser-
vations ne pouvaient déceler.
Un savant anglais, dont des iravaux d'une tout autre nature ont illustré le
nom, le célèbre électricien Clerk Maxwell, a repris la question par une analyse
très simple. Il a montré qu'un anneau solide est instable à moins de présenter
des irrégularités énormes. Si elles existaient, le télescope nous les aurait fait
connaître depuis longtemps. Si j'ajoute que, d'après les calculs de Hirn, un
anneau solide, plusieurs milliers de fois plus résistant que l'acier, se romprait
sous l'effort des attractions subies par l'anneau de Saturne, on conclura que la
première hypothèse doit être rejetée.
Passons à la seconde, qui a été proposée autrefois par Cassini. Il serait trop
difficile de traiter le problème dans toute sa généralité ; aussi Maxwell s'est-il
borné à quelques cas simples; je ne parlerai que du plus simple de tous. Imagi-
nons une couronne de satellites égaux, également espacés sur une circonférence
ayant pour centre Saturne et décrivant cette circonférence d'un mouvement
uniforme. Il est clair que ce mouvement peut se continuer indéfiniment si
aucune cause extérieure ne vient le troubler. Mais, si une semblable cause
vient y apporter une perturbation très petite, la couronne va-t-elle finir par se
disloquer, ou bien sa déformation restera-t-elle très petite ?End'autres termes,
l'équilibre de notre couronne sera-l-il stable ?
Je ne puis, bien entendu, reproduire ici l'analyse du savant anglais, et je dois
me contenter d'un aperçu grossier. On peut voir d'abord que, si l'astre central
n'existait pas, l'équilibre serait instable. Si, en effet, l'un des satellites prend de
l'avance pour une cause quelconque, il se rapproche du satellite qui est devant
lui et s'éloigne de celui qui est derrière. Il est plus attiré par le premier et
2l4 FORMES D'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
moins par le secoud : sa niarclie est encore accélérée; son avance tend à
s'accroîlre el la couronne à se disloquer.
Si nous supposons au contraire que les masses des satellites soient infiniment
petites par rapport à celle de Saturne, chaque satellite se comportera comme
s'il était seul; or, uous savons (jue le mouvement d'un satellite isolé est stable.
On peut donc prévoir, sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à un calcul
complet, que la condition de la stabilité de notre couronne sera que sa masse
soit suffisamment petite par rapport à celle de l'astre central.
Le même résultat subsiste pour un système plus compliqué de satellites;
c'est encore le même qu'obtient Maxwell dans la troisième hypothèse, c'est-
à-dire en supposant la masse fluide. Par un calcul qui n'est peut-être pas
parfaitement rigoureux, il démontre qu'un anneau fluide ne peut être stable
que si sa densité moj'enne est au plus égale à la 300' partie de celle de la
planète.
Mais, on peut compléter le résultat de Maxwell par un raisonnement qui est
assez court pour être reproduit ici. On sait que les électriciens se représentent
un champ électrostatique comme sillonné par un très grand nombre de lignes
de force. Ce qui définit une de ces ligues, c'est qu'en chacun de ses points la
tangente est la direction de la force électrique.
Cette image leur est très précieuse, car elle peut remplacer dans la piatique
une foule de formules mathématiques qui sont abstraites et compliquées. Mais
ils usent aussi d'une autre image; ils supposent chacune de ces lignes de force
remplacée par un petit canal qui est parcouru par un liquide fictif avec un
débit constant et dans le sens de la force électrique. La quantité de ce liquide
imaginaire qui passe à travers une surface quelconque, s'appelle le flux de
force qui traverse cette surf^ice. Tout se passe alors comme si chaque molécule
d'électricité positive émettait continuellement une quantité constante de ce
liquide, et si chaque molécule d'électricité négative en absorbait au contraire
continuellement une quantité constante. On peut, en d'autres termes, résumer
toutes les lois de l'Electrostatique, en disant que le flux de force qui traverse
une surface fermée est proportionnel à la somme algébrique des masses élec-
triques contenues à l'intérieur de cette surface.
La même règle peut s'appliquer à l'attraction newionienne : celte force suit,
en effet, la même loi que l'attraction électrique, qui est la raison inverse du
carré des distances. Elle s'applique encore quand, au lieu de considérer la
FORMES d'Équilibre d'une masse fluide en rotation. ?.ij
gravitation seule, on considère la résultante de la gravitation et de la force cen-
trifuge.
Imaginons en efifet une matière fictive dont l'action sur les corps voisins soit
conforme à la loi de iVewton, mais soit répulsive, au lieu d'être attractive. C'est
ce que l'on peut exprimer, si l'on préfère, en disant que la densité de cette
matière est négative.
Supposons que cette matière fictive afTecte la forme d'un cylindre de révolu-
tion indéfini, à l'intérieur duquel se trouvent tous les corps que l'on veut
envisager, et que sa densité soit proportionnelle au carré de la vitesse de
rotation. La répulsion exercée par cette masse fictive aura même grandeur et
même direction que la force centrifuge. Pour obtenir la résultante de la gravi-
tation et de la force centrifuge, il suffira donc de considérer à la fois l'action
de toutes ces masses, tant réelles que fictives.
Cela posé, considérons notre masse fluide en rotation et une molécule super-
ficielle faisant partie de cette masse, et soumise par conséquent à la gravitation
et à la force centrifuge. La force totale, qui agit sur celte molécule, doit, pour
qu'il y ait équilibre, être normale à la surface de la masse; mais, pour que cet
équilibre soit stable, il faut de plus que cette force soit dirigée vers l'intérieur
de la masse fluide, sans quoi elle tendrait à en détacher notre molécule. Toutes
les lignes de force coupent donc normalement la surface de la masse, et le
liquide imaginaire, qui est supposé les parcourir, et dont la vitesse a même
direction que la force totale, doit toujours traverser cette surface en allant du
dehors au dedans. 11 en résulte que le flux de force total qui traverse cette
surface est positif, et comme, d'après la règle énoncée plus haut, il est propor-
tionnel à la somme algébrique de toutes les masses, tant réelles que fictives,
situées à l'intérieur de cette surface, cette somme algébrique doit aussi être
positive.
En d'autres termes, la densité moyenne du fluide réel doit être supérieure
en valeur absolue à la densité de la matière fictive, laquelle, comme nous
l'avons vu, est elle-même proportionnelle au carré de la vitesse de rotation.
Cette régie, appliquée à l'anneau de Saturne, nous apprend qu'un anneau
fluide ne peut être stable que si sa densité est au moins égale à la seizième
partie de celle de la planète. Ce résultat, rapproché de celui de Maxwell, nous
amène à cette conclusion que l'anneau ne peut être fluide, et nous force à
adopter l'hypothèse de Cassini, que les observations de M. Trouvelot semblent
d'ailleurs confirmer.
2l6 FORMES D EQUILIBRE DUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Pour la même raison, les figures annulaires d'équilibre, étudiées par
M""^ Kowalevski, ne peuvent être stables.
Figure de la Terre. — Je ne dirai que quelques mots du cas beaucoup plus
difficile où la masse en rotation est supposée hétérogène. C'est certainement ce
qui se passe pour la Terre, et ce qui complique encore la question, c'est que la
loi suivant laquelle la densité varie dans linlérieur du globe nous est absolu-
ment inconnue. Loin de pouvoir nous en servir pour calculer l'aplatissement,
nous devons, au contraire, profiter des mesures des géodésiens, pour tcâcher de
deviner cette loi.
Nous disposons pour résoudre ce problème d'une autre donnée, qui est la
constante de la précession des équinoxes. On sait en efTet que ce phénomène
est dû à l'action du Soleil sur le renflement équalorial du globe terrestre, et
comme cette action dépend de la façon dont varie la densité intérieure, les
observations de la précession peuvent nous renseigner sur celte variation.
Au premier abord, on serait tenté de croire que le problème est non seule-
ment toujours possible, mais qu'il reste indéterminé et qu'on pourra trouver
une infinité de lois satisfaisant à ces deux données d'observation. Loin de là :
une série de recherches récentes, parmi lesquelles celles de M. Radau sont les
premières en date et en importance, ont montré qu'on ne peut trouver aucune
loi des densités qui satisfasse à la fois à l'aplatissement mesuré et à la préces-
sion observée.
Les Géodésiens concluent à un aplatissement de 1/292, tandis que l'aplatis-
sement le plus grand qui soit compatible avec la précession observée est
de 1/297.
II est impossible pour le moment de se prononcer sur la valeur des nom-
breuses hypothèses que l'on peut faire pour expliquer celte divergence.
Les mesures géodésiqucs doivent-elles être révisées ? doit-on supposer que
la Terre n'est pas un ellipsoïde de révolution et que l'aplatissement n'est pas le
même suivant les divers méridiens ou dans les deux hémisphères ?
Je ne crois pas que les mesures les plus récentes autorisent celte conclusion.
Admettra-t-on que la Terre, solidifiée depuis longtemps dans presque toute
sa masse, a conservé l'aplatissement dû à la vitesse de rolatlon qu'elle possédait
au moment de sa solidification et que sa rotation a depuis cette époque été
considérablement ralentie par l'action des marées ?
Croira-l-on au contraire (jue la croûte solide est très mince et que l'intérieur,
FORMES D'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 217
resté liquide, esl le siège de mouveinenls compliqués 1res difforenls de ceux
que peut prendre un corps solide ? Les calculs de Laplace ayant été faits en
regardant la Terre comme un solide invariable, on conçoit que la précession
d'un pareil système puisse être très différente de la précession théorique.
Enfin, on peut supposer encore que l'aplatissement primitif a été altéré
parce que les diverses couches, en se contractant par suite du refroidissement
du globe, ont exercé les unes sur les autres des pressions et se sont mutuelle-
ment déformées.
Mais je m'arrête, il esl inutile de multiplier les hypothèses puisque toutes
ces questions doivent rester provisoirement indécises.
H. P. — VII. 2S
SUR mE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS
DE LA MÉCANIQUE
Comptes rendus de /'.icadèmie des Sciences, t. 132, p. 36j-3-ji (iS février 1901).
Ayant eu l'occasion de m'occuper du mouvement de rotation d'un corps
solide creux, dont la cavité est remplie de liquide, j'ai été conduit à mettre les
équations générales de la Mécanique sous une forme que je crois nouvelle et
qu'il peut être intéressant de faire connaître.
Supposons qu'il y ait n degrés de liberté et désignons par a?i, Xj, . . . , x,, les
variables qui définissent l'état du système. Soient T et U l'énergie cinétique et
l'énergie potentielle.
Envisageons un groupe transitif continu quelconque. Soit X;(y") une substi-
tution inlinitésimale quelconque de ce groupe, telle que
Ces substitutions formant un groupe, on devra avoir
X/X;t — XjXi=^ Clk,sXx.
Nous pourrons poser (puisque le groupe est transitif)
^'(,= fj = ^,xi^+ •„,x^+. . . + vx;^
de telle façon qu'on puisse passer de l'étal (xi, Xo, . . ., x,,) du système à l'état
infiniment voisin (xi-\~ x\ df, . . . ^ t„-\- x\^dt) par la substitution infinitési-
male du groupe ^rn dt'K.il/).
T, au lieu de s'exprimer en fonction fies x' cl des x, pourra s'exprimer en
FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS DE LA MÉCANIQUE. 2I(J
fonction des vj et des x. Si nous donnons aux n et aux x des accroissements
virtuels oxi et ox, il en résultera pour T et U des accroissements
ol = 7, -r— on-i- > -p- oj;; oU = 7, -y- o;r.
.é^ a^ï] ^ r/x ^^ dx
Le groupe étant transitif, je pourrai poser
de telle façon que l'on puisse passer de l'état j?,- du système à l'étal infiniment
voisin Xi+nxi par la substitution infinitésimale du groupe 2crL),X,(/). Je
poserai ensuite
Soit alors l'intégrale de Hamilton
J = Ç (J — V>)di.
on aura
Or on trouve aisément
Le principe de moindre action nous donne alors
</ r/T v^ f^T
■ dt rtf),, .^.J rfïi,-
Les équations (1) comprennent comme cas particuliers :
1° Les équations de Lagrange, quand le groupe se réduit aux substitutions,
toutes permutables entre elles, qui augmentent une des variables x d'une
constante infiniment petite.
2° Les équations d'Euler pour la rotation des corps solides, où le rôle des /),
est joué par les composantes p, q, r de la rotation, et celui de ii., parles couples
dus aux forces extérieures.
Elles sont surtout intéressantes dans le cas où U étant nul, T ne dépend que
des -f).
SUR UNE GENERALISATION
DE LA MÉTHODE DE JACOBl
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 149, p. tio5-iioS (i3 décembre njoj).
On sait que la méthode de la variation des constantes permet de résoudre un
problème de Dynamique quand on sait résoudre un autre problème de Dyna-
mique plus simple, mais très peu différent. Mais il est avantageux de résoudre
ce problème approché simple par la méthode de Jacobi, afin que les équations
conservent la forme canonique. On peut rencontrer pour cela des difficultés,
et c'est ce qui m'est arrivé quand j'ai voulu appliquer cette méthode à la théorie
de la précession et de la rotation des corps solides ; j'ai été ainsi conduit à géné-
raliser un peu la méthode de Jacobi.
Soit un système dynamique à n degrés de liberté, dont la situation est définie
par n coordonnées .r,-; nous appellerons ï l'énergie cinétique, et U l'énergie
/T"
potentielle, T -f- U = F l'énergie totale; nous poserons yt = -r-, et nous aurons
les équations canoniques de Hamilton
dx _ dF dy __dV
*'^ di ~ d^' dt ~^ de'
Faisons un changement de variables, en exprimant les x en fonction de
n-\- n! variables nouvelles qu, en nombre plus grand que celui des degrés de
liberté, et posons
dT
Nous reconnaîtrons qu'on a l'identité
fa) "Ly dx='^pdq\
que les p sont liés par n! relations linéaires, de sorte que n seulement d'entre
GÉNÉRALISATION DE LA MÉTHODE DE JACOBI. 221
eux sont indépendaats; je les appellerai les/?,,; les autres, que j'appellerai
\es pij, seront des fonctions des p„, des qa et des cjb- On pourrait se demander
alors si T peut s'exprimer en fonction des p et des q; l'égalité dT=z^qdp,
qui a lieu quand on regarde les q comme des constantes, nous permet de
répondre affirmativement. Donc T et F peuvent s'exprimer en fonction desp,,,
des qa et des qt, et l'équation des forces vives peut s'écrire
(3) F {p„, Ça, qi,) = conil.
Soit maintenant S une fonction des qa et des qo, définie par l'équation aux
dérivées partielles
(4) F(^^,5,., -— j = const.,
de sorte que
dS dS
dqa dpb
et dépendant en outre de n constantes arbitraires >')• (autant que de degrés de
liberté) ; posons
(6) .,= ^,
d'où
( 7 ) "'S = y.pa <lqa —"^qi, dpi, -t- 2 x' dy'.
Le second membre de cette égalité est une différentielle exacte, si les yj^ sont
regardés comme des variables indépendantes et, a fortiori, si les pi, sont sup-
posés liés auxjD,, par les relations linéaires dont nous avons parlé. En rappro-
chant (^) de (2) on voit que
( 8 ) . t/S 1 = 2 j dx — Zy' dx
est une différentielle exacte; l'identité (8) nous montre d'abord que S| est
fonction seulement des x et des x', et qu'on a
équations qui définissent les x' et les y' en fonction des x el des y. La rela-
tion (8) montre que le changement de variables est canonique el n'altère pas
la forme canonique des équations ('). On aura donc pour le problème approché
simple
dx^ _rlV__ dy' _ dV
dt dy' dt dx'
CJ \'oir aux Notes, Principes de Mécanique analytique.
222 GÉNÉRALISATION DE LA MÉTHODE DE JACOBI.
équations qui s'intègrent immédiatement puisque F ne dépend que des y', et
pour le problème complet où F est remplacé par F* :
</x^ _dF^ dy' _ (l¥'
(Ù rly' f/t dx'
Appliquoas celte méthode à la théorie de la précession; nous prendrons
F*=T-+-U, F = T,
parce que U est petit par rapport à T. Nous avons trois degrés de liberté, mais
nous prendrons «+«'=5 coordonnées analogues à nos variables q, qui
seront :
i" L'angle o du plan OP^, passant par l'axe O- mobile et par un axe arbi-
traire OP avec le plan O )'5 des yz mobiles ;
2° L'angle i); de l'axe 0^ mobile et de l'axe OP ;
3" L'angle / du plan OP-:, avec le plan OPZ qui passe par OP et par
l'axe OZ fixe;
4" L'angle oj de OP avec (JZ;
5° L'angle 0 du plan OPZ avec le plan OYZ des YZ fixes.
Les variables p seront
d:T ,„ rfT ,_, dT „ d'Y ^ (TV
rfç d>S^ dy^ dti) du '
elles représentent les moments de rotation par rapport à 0^, à une perpendi-
culaire à PO-, à OP, à une perpendiculaire à POZ, et enfin à OZ. On peut
alors exprimer T en fonction de 9, ']i, 0, '>>, ■/_, <I», G, 0; et, en introduisant
notre fonction S et no faisant pas varier les constantes )'', on aura
(10) (^/S = <I> ^/a -t- G f/^ -f- e rfO — .1; ar<F — o) n'a.
Il faut alors déterminer <l>, G, 0, ']/ et oj de façon que le second membre
de (10) soit une différentielle exacte et (pie T(cp, 1];, 0, w, y^, <1>, G, 0) se réduise
à une constante ; la solution doit dépendre de trois constantes arbitraires. On j
parviendra en faisant
j '{/ = consl., 0) = const., O = consl.,
( 4> = G cos4' = const., 0 = G cosco = const. ;
GÉNÉRALISATION DE LA MÉTHODE DE JACOBl. 223
ce rjui ialrùduil bien trois constantes arljitraires indépendantes G, <I> et 0, et
qui donne
r,2 c A Cl*!»-
(A et G sont les deux moments d'inertie de la Terre).
Les conditions (ii) signilienl que OP est l'axe des moments de rotation; et
l'on en conclut
<I"=Q = o, S = <i>9 + Cx-H0O.
Les variables <t, G, 0 jouent le rôle des y', donc o = -^, ;^ et 0 joueront le
rôle des x'; les six variables forment donc un système canonique; et l'on a pour
une fonction F*= T + U quelconque
dt ~
dV
dz, dV
dt ~ f/* '
r/0
Jt "
df
de'
dG
dt ~
rf* f/F*
dt d^ '
de_
dt ^
d?*
du '
pour le problème approché simple où F =: T, on a
di d'ï 0 da dT A—C ^ d% dT
-fi' = -— = — = consl., -— = -r- = — n=r- 'P = const., -r- = -7— = o;
dt dO A ' dt da lAC ' dt de
rfG__nTr_ ^__f^_ ^__;^_
~dt ~ ~ dx ~ °' dt ~ do ~"' dt ~ ^0 ■" "■
SUR LES SOLUTIONS PÉRIODIQUES
ET LE PRINCIPE DE MOINDRE ACTION
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 123, p. giâ-giS (3o novembre 1896).
La théorie des soIulIoqs périodiques peut,, dans certains cas, se rattacher au
principe de moindre action.
Supposons trois corps se mouvant dans un plan et s'atlirant en raison inverse
du cube des distances ou d'une puissance plus élevée de ces dislances; j'appelle a,
b, c ces trois corps.
L'énergie cinétique T est essentiellement positive et il en est de même de la
fonction des forces U, qui est égale à une somme de termes de la forme — - — >
où A- est une constante positive, m et m' les masses de deux des trois corps,
r leur distance et n un exposant au moins égal à 2.
L'action hamiltonienne
j = r '(T-+-U
)dl
sera donc essentiellement positive.
Considérons une classe de trajectoires de nos trois corps a, b, c; ce seront
des trajectoires fictives, c'est-à-dire ne satisfaisant pas aux équations du mou-
vement; mais elles seront soumises aux conditions suivantes :
1° A.U temps t, les distances des trois corps seront les mêmes qu'au temps tu',
les vitesses seront les mêmes en grandeur et feront les mêmes angles avec les
côtés du triangle des trois corps; en d'autres termes, la figure formée par les
trois corps et par les droites (|ui représentent leurs vitesses aura repris à
l'époque t, la même forme qu'elle avait à l'époque t„; ou bien encore les
SOLUTIONS PÉRIODIQUES ET PRINCIPE DE MOINDRE ACTION. 225
distances de ces trois corps seront des fonctions périodiques du temps de
période <i — <o-
2" La droite bc aura, entre les époques t^ et /i, tourné d'un angle donné «i.
3" La droite ac aura, entre ces mêmes épocpies, tourné d'un angle donné
t.)i + 2 K^t:, K^ étant un entier donné.
4" La droile ab aura tourné d'un aiii^le (o, + 2K;,7r, K;, étant un entier
donné.
Une classe de trajectoires fictives se trouve ainsi définie par trois constantes
entièrement arbitraires ^o^ '1 e' ^i Pt par deux entiers arbitraires K^ et Kj.
Mais l'action hamiltonienne, ne pouvant devenir négative, admettra un
minimum, et, en vertu du principe de moindre action, la trajectoire (|ui cor-
respondra à ce minimum devra être une trajectoire elfective et satisfaire aux
équations du mouvement.
Cette trajectoire eirective, d'après sa définition, correspondra à une solution
périodique du problème dont la période sera /, — /„.
Je me propose de démontrer que, dans chaque classe de trajectoires fictives,
il y en a une qui correspond à un minimum de l'action hamiltonienne et, par
conséquent, à une solution périodique.
Pour cela, il me suffit de faire voir i|u'en faisant varier d'une manière continue
notre trajectoire fictive, elle no pourra passer d'une classe à l'autre sans que
l'action hamiltonienne devienne infinie.
En effet, le passage d'une classe à l'autre s'eflectuera lorsque deux des
trois corps viendront à se rencontrer. Si, par exemple, a et c se rencontrent,
la trajectoire considérée T sera infiniment voisine de deux autres T' et T";
pour T', le corps a passera très près de c, mais à droite; pour T", il passera
très près de c, mais à gauche. Il est clair que les valeurs de l'entier K-j. qui
correspondent à T' et à T", dlHéreronl d'une unité.
Je dis maintenant que, si a et c se rencontrent, l'action est infinie.
En ellet, l'action sera du même ordre de grandeur que / i\] dt , ou que
j 2 ^/i] dr, ou que ikinni' i — , c'est-à-dire infinie si /j J^ 2. ( )r on a n r= 2
;■-
si, comme nous le supposons, l'atiractioii s'exerce en raison inverse du cube
des distances.
Alors, dans chaque classe, il doit y avoir un minimum de l'action; il doit
H. P. - VII. . 29
226 SOLUTIONS PÉRIODIQUES ET PRINCIPE DE MOINDRE ACTION.
doue y avoir une Irajecloire olVective, cl celle liajecloire correspond à une
sohilion périodique du problème.
A chaque système de valeurs des deux constantes arbitraires t^ — <o et wi et
des deux entiers Ko et K3 correspond une solution périodique.
Noire raisonnement ne s'applique évidemment que si l'aUraclion pour les
très petites distances est du même ordre de grandeur que l'inverse du cube de
la dis lance ou d'ordre plus grand.
Dans tous ces cas, il y aura une infinité de solutions périodiques.
Mais, dans le cas de la loi de Newton, l'action ne devient plus infinie quand
les deux corps se rencontrent; nous ne pouvons plus affirmer qu'il y a une
solution périodique dans chaque classe.
Tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'à cha(|ue valeur de la période t, — tu,
et à chaque valeur de l'angle «1 (en ne considérani pas comme distinctes deux
valeurs différant d'un multiple de 27:), correspond une solution périodique.
On pourrait obtenir certains autres résultats par l'artifice suivant : suppo-
sons que la loi d'allraclion soit celle de Newton tant que la dislance est supé-
rieure à uue très petite (pianlité £, et celle de l'inverse du cube des dislances,
(|uand la distance est plus petite que e. Alors, les trajectoires seront les mêmes
qu'avec la loi de Newton, sauf si deux des corps s'approchent beaucoup l'un de
l'autre, auquel cas le mouvement serait troublé pendant un temps très court.
Au problème ainsi modifié, les considérations qui précèdent s'appliquent, mais
les résultats, applicables au problème ordinaire des trois corps, que l'on peut
obtenir ainsi, ne paraissent pas susceptibles d'un énoncé simple.
SUR LES SOLUTIONS PÉRIODIQUES
ET I.E PRINCIPE DE MOINDRE ACTION
Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, t. 124, p. 713-716 (5 avril 1897).
Je considère un point mobile dans un plan, les écjualions du niouvenienl
s'écrironl
et celle des forces vives s'écrira
, X ' l dx'- dY'-\ ,, ,
U étant la fonction des forces. Je me propose d'étudier à un point de vue nou-
veau les solutions périodiques de ces équations. La trajectoire qui correspond
à une solution périodique sera une courbe fermée (T).
A chaque solution périodique correspondront deux exposants caractéris-
tiques^ égaux et de signe contraire. Si ces deux exposants sont imaginaires, la
solution périodique sera stable; s'ils sont réels, elle sera instable. Mais la consi-
dération du principe de moindre action va nous conduire à pousser plus loin
cette classification et à distinguer deux sortes de solutions instables.
On sait, par le principe de Mauperluis, que l'intégrale
=/A
h ds.
appelée action, est plus petite pour une trajectoire satisfaisant aux équa-
tions (1) que pour une courbe inlinimenl voisine ayant mêmes extrémités.
228 SOLUTIONS PÉRIODIQUES ET PRINCIPE DE MOINDRE ACTION.
Cela est vrai si ces deux exlrémilés sont 1res voisines l'une île l'auirc; mais, en
général, tout ce que nous savons est ijue la variation première ôJ de l'inté-
grale J est nulle.
Gest là une condition nécessaire, mais non suffisante pour (|u'il y ait
minimum.
Si l'on veut pousser plus loin la discussion, il faut avoir recours à la notion
des foyers cinétiques dont je vais rappeler la définition. Soit M un point situé
sur une trajectoire T; par ce point je mène une autre trajectoire infiniment
voisine de T; si cette trajectoire vient recouper T en un point M', ce point M'
sera le foyer de M.
L'étude des foyers cinétiques, dans le cas des solutions périodiques, m'a
conduit aux résultats suivants :
Supposons d'abord la solution périodique stable; soient* l'arc de la trajec-
toire fermée (T) correspondante, compté à partir d'une origine quelconque,
et S la longueur totale de celte trajectoire. Il existera une fonction /(.î) cons-
tamment croissante, augmentant de 27r quand i augmente de S, de telle sorte
que
/(.<-t-S)=/(.0H-2;r.
La relation entre la valeur s de l'arc correspondant à un point M de (T) et
la valeur s' correspondant à sou foyer M' sera
f{s') =/( s ) -h coust.
Si la solution périodique est instable, dcLix cas sont à distinguer :
La solution sera de la première sorte, si aucun point de la trajectoire n'a de
foyer. Alors les trajectoires correspondant aux solutions asymptoliques seront
des courbes spirales s'enroulant autour de (T) et s'en rapprochant asymplotique-
ment. Les spires de ces courbes spirales ne coupent pas (T) et ne se coupent pas
entre elles, au moins si l'on se borne à la partie de la courbe qui ne s'écarte
pas trop de (T).
Mais un autre cas peut se présenter et nous dirons alors que la solution
périodique instable est de la seconde sorte. La courbe fermée (T) sera divisée
en un nombre pair d'arcs ; soient 2p ce nombre et Aq, Ai , ..., A2/J t les points
de division. Pour plus de symétrie dans les notations, je désignerai indiflerem-
menl le point A,/ par les notations A,/, Aq+i,j, A,/^^4yJ, ....
1" Le point A^^ 1 sera le foyer de A,y.
SOLUTIONS PÉRIODIQUES ET PRINCIPE DE MOINDRE ACTION. 229
2" Si un point M esl sur l'arc A,/Ay.f.i, son fojcr sera sur l'arc A^4 j A,y^2-
3" Soient M, le foyer de M, M-, le second foyer de M, c'esl-à-dire le foyer
de Ml. M,, le ry'*"" foyer de M. Si le point M est sur l'arc AoAj. il en sera de
même des points Mo/,, M^^j, . . . , Mo/,y,, ... et ces points se rapprocheront indé-
finiment et constamment de l'un des points A,, ou Ai.
4" Il existera sur l'arc A,, A, un point B„ qui coïncidera avec son 2 /y'"'" foyer
et, quand k tendra vers + 00, le point IM^^/,/) se rapprochera indéfiniment
de B„.
Les solutions asvmploliques sont représentées alors par des courbes qui ne
présentent plus la même forme que dans le cas précédent : elles coupent une
infinité de fois la courbe (T), et les points d'intersection admettent comme
points limites le point Aq et ses foyers ou le point Bo et ses foyers.
Cela posé, il y a deux faits sur lesquels je veux appeler l'attention :
i" La condition nécessaire et suffisante pour qu'une solution périodique
représentée par une courbe fermée (T) corresponde à une action moindre que
toutes les courbes fermées infiniment voisines, c'est que celte solution soit une
solution instable de la première sorte.
2" Supposons que l'on fasse varier d'une façon continue la fonction IJ et les
conditions initiales du mouvement et que l'on envisage une solution périodique
variant aussi d'une manière continue. On ne pourra jamais passer directement
d'une solution instable de la première sorte à une solution instable de la
deuxième sorte; on pourra passer seulement d'une solution instable de l'une
d(^s deux sortes à une solution stable ou inversement.
Ce ([ue je viens de dire s'appliquerait sans changement au cas du mouvement
relatif (').
Supposons que le point mobile soit rapporté à des axes mobiles, animés d'un
mouvement de rotation uniforme de vitesse angulaire w.
Les équations s'écriraient alors
d^x dv dV d^ y dx d\}
—ni 2 w —- = -^— , —r h 2 OJ -;- = -r-
dV- dt dx dv- dl dy
eu comprenant dans la fonction des forces U le terme proveuani de la force
centrifuge ordinaire.
(') Voir aux Notes, Principes de Mécanique anal) tique.
23o SOLUTIONS PÉRIODIQUES ET PRINCIPE DE MOINDRE ACTION,
F/éqiialioli (les forces vives serait eucore
et rexpression de raclion deviendrait
.1 = / [f/s y'U -I- h -\- (o(,r (ly —y dx)\.
LES IDÉES DE HERTZ
SUR LA MÉCANIQUE
Bévue Générale des Sciences, t. 8, p. 73^-743 (oo septembre 1897).
En 1890, le grand électricien Hertz était arrivé à l'apogée de sa gloire; toutes
les Académies d'Europe lui avaient prodigué les récompenses dont elles dispo-
saient. Tout le monde espérait que de longues années lui étaient encore réser-
vées et qu'elles seraient aussi brillantes que l'avaient été celles de ses débuts.
Malheureusement, la maladie qui devait l'emporter si prématurément l'avait
déjà atteint et bientôt ralentissait et arrêtait presque complètement son activité
expérimentale. Il eut à peine le temps d'installer son nouveau laboratoire de
Bonn; des maux divers le privèrent el nous privèrent des découvertes qu'il se
promettait d'y faire.
Il servait encore les sciences physiques par l'influence énorme qu'il exerçait,
par les conseils qu'il donnait à ses élèves; mais celte période n'est marquée
que par une seule découverte personnelle, d'une importance capitale, il est
vrai, celle de la transparence de l'aluminium par les rayons cathodiques.
Mais s'il était ainsi cruellement détourné des études qui lui avaient été si
chères, il ne demeurait pas inactif; si ses sens le trahissaient, son intelligence
lui restait, el il l'employait à de profondes réflexions sur la philosophie de la
Mécanique. Les résultats de ces réflexions ont été publiés dans un Ouvrage
posthume et je voudrais les résumer et les discuter ici brièvement.
Hertz critique d'abord les deux principaux systèmes proposés jusqu'ici et
que j'appellerai le système classique et le système énergétique, et il en propose
un troisième que j'appellerai le système hertzien.
232 LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE.
Système classique.
I. Définition de la force. — La première tenlalive lio coordiualidn des
fails mécaniques est celle que nous appellerons le système classique : c'est, dii
Herlz, « la grande roule royale donl les principales stati(3ns porlenl les noms
d'Arcliimède, Galilée. Newlon et Lagrange.
» Les notions fondamentales que l'on trouve au point de départ sont celles
de Vespace, du temps, de la force et de la masse. La force, dans ce sysième,
est regardée comme la cause du mouvement; elle préexiste au mouvement et
est indépendante de lui. »
Je vais chercher à expliquer pour quelles raisons Herlz n'a pas été satisfait
de cette manière de considérer les choses.
Nous avons d'abord les difficultés que l'on rencontre (juand on veut définir
les notions fondamentales. Qu'est-ce que la masse? C'est, répond Newlon, le
|)roduit du volume parla densité. — II vaudrait mieux dire, répondent Thomson
et Tait, que la densité est le quotient de la masse par le volume. — Qu'est-ce
que [diforce? C'est, répond Lagrange, une cause qui produit le mouvement
d'un corps ou qui tend à le produire. — C'est, dira Kirchholl, le produit de la
masse par V accélération. Mais alors, pourquoi ne pas dire que la masse est le
quotient de la force par l'accélération?
Ces difficultés sont inextricables.
Quand on dit que la force est la cause d'un mouvement, on fait de la Méla-
|)hysique, et cette définition, si l'on devait s'en contenter, serait absolument
stérile. Pour qu'une définition puisse servir à quelque chose, il faut qu'elle
nous apprenne à mesurer la force; cela suffit d'ailleurs, il n'est nullement
nécessaire qu'elle nous apprenne ce que c'est que la force en soi, ni si elle est
la cause ou l'efTet du mouvement.
Il faut donc définir d'abord l'égalité de deux forces. Quand dira-t-on que
deux forces sont égales ? C'est, répondra-t-on, (juand, appliquées à une même
masse, elles lui impriment une même accélération, ou quand, opposées direc-
tement l'une à l'autre, elles se font équilibre. Cette définition n'est qu'un
Irompe-l'œil. On ne peut pas décrocher une force appliquée à un corps pour
l'accrocher à un autre corps, comme on décroche une locomotive; pour l'atteler
à un autre train. 11 est donc impossible de savoir quelle accélération telle force,
appliquée à tel corps, imprimerait à l(d autre corps, si elle lui était appliquée.
LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE. 233
Il est impossible de savoir comment se coinporleraienl deux forces (|ui ne sont
pas directement opposées, si elles étaient directement opposées.
C'est celte définition que l'on cherche à matérialiser, pour ainsi dire, quand
on mesure une force avec un dynamomètre, ou en l'équilibrant par un poids.
Deux forces F et F', que je supposerai verticales et dirigées de bas en haut
pour simplifier, sont respectivement appliquées à deux corps C et G'; je
suspends un même corps pesant P d'abord au corps C, puis au corps C; si
l'équilibre a lieu dans les deux cas, je conclurai que les deux forces F et F'
sont égales entre elles, puisqu'elles sont égales toutes deux au poids du corps P.
Mais suis-je sûr que le corps P a conservé le même poids quand je l'ai trans-
porté du premier corps au second? Loin de là, Je suis sur du contraire ; je
sais que l'intensité de la pesanteur varie d'un point à un autre, et qu'elle est
plus forte, par exemple, au ptMe qu'à l'équateur. Sans doute la différence est
très faible et, dans la pratique, je n'en tiendrai pas compte; mais une définition
bien faite devrait avoir une rigueur mathématique; cette rigueur n'existe pas.
Ce que je dis du poids s'appliquerait évidemment à la force du ressort d'un
djnamomètre, que la température et une foule de circonstances peuvent faire
varier.
Ce n'est pas tout; on ne peut pas dire que le poids du corps P soit appliqué
au corps C et équilibre directement la force F. Ce qui est appliqué au corps C,
c'est l'action A du corps P sur le corps C; le corps P est soumis de son côté,
d'une part à son poids, d'autre part à la réaction R du corps C sur P. En défi-
nitive, la force F est égale à la force A, parce qu'elle lui fait équilibre; la
force A est égale à R, en vertu du principe de l'égalité de l'action et de la réac-
tion; enfin, la force R est égale au poids de P, parce qu'elle lui fait écpiilibre.
C'est de ces trois égalités que nous déduisons comme conséquence l'égalité
de F et du poids de P.
Nous sommes donc obligés de faire intervenir dans la définition de l'égalité
de deux forces, le principe même de légalité de l'action el de la réaction; à ce
compte, ce principe ne devrait plus être regardé comme une loi expéri-
mentale, mais comme une définition.
Nous voici donc, pour reconnaître l'égalité de deux forces, en possession de
deux règles; égalité de deux forces qui se font équilibre; égalité de l'action el
de la réaction. Mais, nous l'avons vu plus haut, ces deux règles sont insuffi-
santes; nous sommes obligés de recourir à une troisième règle et d'admettre
que certaines forces comme, par exemple, le poids d'un corps, sont constantes
H. p. - VII. . 3o
■>34 LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE.
en grandeur ol on direction. Mai.s cello troisième règle, je l'ai dii, est une loi
expérimentale; elle n'est qu'approxinialivenieut vraie; ('lie est une /nauiiii.se
lié finit itm.
Nous sommes donc ramenés à la définition de Kirchhod : la farce est égale
à la masse multipliée par V arcéléralion. Cette « loi de Newton » cesse à son
tour d'être regardée comme une loi expérimentale, elle n'est plus qu'une défi-
nition. Mais celle définition est encore insuffisante, puisque nous ne savons pas
ce que c'est que la masse. Elle nous permet sans doute de calculer le rapport
de deux forces appliquées à un même corps à des instants diflérenls; elle ne
nous apprend rien sur le rapport de deux forces appliquées à deux corps
diUerents.
Pour la compléter, il faut do nouveau recourir à la lioisièmo loi de Newton
(égalité de l'action et de la réaction), regardée encore, non comme une loi
expérimentale, mais comme une définition. Deux corps A et B agissent l'un sur
l'autre; l'accélération de A multipliée par la masse de A est égale à l'action de B
sur A; de même, le produit de l'accélération de B par sa masse est égal à la
réaction de A sur B. Comme, par définition, l'action est égale à la réaction, les
masses de A et de B sont en raison inverse des accélérations de ces deux corps.
Voilà le rapport de ces deux masses défini et c'est à l'expérience à vérifier que
ce rapport est constant.
Cela serait très bien si les deux corps A et B étaient seuls en présence et
soustraits à l'action du reste du monde. Il n'en est rien; l'accélération de -A
n'est pas due seulement à l'action de B, mais à celle d'une foule d'autres
corps C, D, .... Pour appliquer la règle précédente, il faut donc décomposer
l'accélération de A en plusieurs composantes, et discerner quelle est celle de
ces composantes qui est due à l'action de B.
Cette décomposition serait encore possible, si nous adm.ettions que l'action
de C sur A s'ajoute simplement à celle de B sur A, sans que la présence du
corps C modifie l'action de B sur A, ou que la présence de B modifie l'action
de C sur A; si nous admettions, par conséquent, que deux corps quelconques
s'attirent, que leur action mutuelle est dirigée suivant la droite qui les joint et
ne dépend que de leur distance; si nous admettions, en un mol, V hypothèse
lies forces centrales.
On sait que, pour déterminer les masses des corps célestes, on se sert d'un
principe tout dilFérent. La loi de la gravitation nous apprend que l'attraction
LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE. 235
de deux corps esi proportionnelle à leurs masses; si /• est leur distance, m el
, , , , . . kmni
m leurs masses, k une constante, leur attraction sera — -- •
r-
Ge qu'on mesure alors, ce n'est pas la masse, rapport de la force à l'accélé-
ration, c'est la masse attirante ; ce n'est pas l'inerlie du corps, c'est son pouvoir
attirant.
C'est là ua procédé indirect, dont l'emploi n'est pas théoriquement indis-
pensable. Il aurait très bien pu se faire que l'attraction fût inversement pro-
portionnelle au carré de la dislance, sans être proportionnelle au produit des
masses, qu'elle fût égale à ^; mais sans que l'on eut
f = kiiim' .
S'il en était ainsi, un pourrait néanmoins, par l'observation des mouvements
relatifs des corps célestes, mesurer les masses de ces corps.
Mais avons-nous le droit d'admettre l'hypothèse des forces centrales ? Cette
hypothèse est-elle rigoureusement exacte? Est-il certain qu'elle ne sera jamais
contredite par l'expérience? Qui oserait l'affirmer? Et si nous devons aban-
donner cette hypothèse, tout l'édifice si laborieusement élevé s'écroulera.
Nous n'avons plus le droit de parler de la composante de l'accélération de A
qui est due à l'action de B. Nous n'avons aucun moyen de la discerner de celle
qui est due à l'action de C ou d'un autre corps. La règle pour la mesure des
masses devient inapplicable.
Que roste-t-il alors du principe de l'égalité de l'action et de la réaction? Si
l'hypothèse des forces centrales est rejetée, ce principe doit évidemment
s'énoncer ainsi : la résultante géométrique de toutes les forces appliquées aux
divers corps d'un système soustrait à toute action extérieure, sera nulle. Ou,
en d'autres termes, le mouvement tlu centre de gravité de ce système sera
revtiligne et uniforme.
Voilà, semble-t-il, un mo^en de définir la masse; la position du centre de
gravité dépend évidemment des valeurs attribuées aux masses; il faudra dis-
poser de ces valeurs de façon que le mouvement de ce centre de gravité soit
rectiligne et uniforme; cela sera toujours possible si la troisième loi de Newton
est vraie, et cela ne sera possible en général que d'une seule manière.
Mais il n'existe pas de système soustrait à toute action extérieure; toutes les
parties de l'Univers subissent plus ou moins fortement l'action de toutes les
23b LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECA^ IQUE,
autres parties. La loi du mouvement <lu centre île granité n^esl ligoineuse-
ment vraie que si on l'applique à V Univers tout entier.
Mais alors il faudrait, pour eu tirer les valeurs des niasses, observer le mou-
vement du centre de gruvltt'; de l'Uuivers. L'absurdité de cette conséquence est
manifeste: nous ne connaissons cjue des mouvements relatifs; le mouvement
du centre de gravité de l'Univers restera pour nous une éternelle inconnue.
Il ne reste donc rien et nos efl'orts ont été infructueux; nous sommes acculés
à la définition suivante, qui n'est qu'un aveu d'iuipuissance : les masses sont
des coefficients qu'il est commode d' introduire dans les crdculs.
Nous pourrions refaire toute la Mécanique en attribuant à toutes les masses
(les valeurs différentes. Cette Mécanique nouvelle ne serait en contradiction ni
avec l'expérience, ni avec les principes généraux de la Dynamique (principe de
l'inertie, proportionnalité des forces aux masses et aux accélérations, égalité de
l'action et de la réaction, mouvement rectiligne et uniforme du centre de gra-
vité, principe des aires).
Seulement les équations de cette Mécanique nouvelle seraient m'j«/)^«'/ny;/e5.
Entendons-nous bien : ce seraient simplement les premiers termes qui seraient
moins simples, c'est-à-dire ceux que l'expérience nous a déjà fait connaître;
peut-être pourrait-on altérer les masses de petites quantités sans que les équa-
tions complètes gagnent ou perdent en simplicité.
J'ai insisté plus longuement que Hertz lui-même SLir cette discussion; mais
je tenais à bien montrer que Hertz n'a pas cherché à Galilée et à Newton une
simple querelle d'Allemand; nous devons conclure, qu'avec le système clas-
sique, il est impossible de donner de la force et de la masse une idée satis-
faisante.
2. Objections diverses. — Hertz se demande ensuite si les principes de la
Mécanique sont rigoureusement vrais. « Dans l'opinion de beaucoup de physi-
ciens, dit-il, il apparaîtra comme inconcevable que l'expérience la plus éloignée
puisse jamais changer quelque chose aux inébranlables principes de la Méca-
nique; et cependant ce qui sort de l'expérience peut toujours être rectifié par
l'expérience. »
Après ce que nous venons de dire, ces craintes paraîtront superflues. Les
principes de la Dynamique nous apparaissaient d'abord comme des vérités
expérimentales; mais nous avons été obligés de nous en servir comme de défi-
nitions. C'est par définition que la force est égale au produit de la masse par
LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE. 23^
l'accélùralion; voilà un principe qui est désormais placé hors de l'alteinte
d'aucune expérience ulléi-ieure. C'est de même par définition que l'aclion est
égale à la réaction.
Mais alors, dira-t-on, ces principes invérifiables sont absolument vides de
toute signification; l'expérience ne peut les contredire; mais ils ne peuvent
rien nous apprendre d'utile; à quoi bou alors étudier la Dynamique?
Celle condamnation trop rapide serait injuste. 11 n'y a pas, dans l;i Nature,
de syslème parfaitement isolé, parfaitement soustrait à toute action extérieure;
mais 11 y a des systèmes à peu près isolés.
Si l'on observe un pareil système, on peut étudier non seulement le mouve-
ment relatif de ses diverses parties l'une par rapport à l'autre, mais le mouve-
ment de son centre de gravité pur rap|)ort aux autres parties de l'Univers, (ju
constate alors que le mouvement de ce centre de gravité est ('/ peu près recli-
ligue et uniforme, conformément à la troisième loi de JNevvton.
C'est' là une vérité expérimentale, mais elle ne pourra être infirmée par
l'expérience; que nous apprendrait en effet une expérience plus précise? Elle
nous apprendrait que la loi n'était quà peu prés vraie; mais, cela, nous le
' savions déjà.
On s' explique maintenant comment V expérience a pu servir de hase aux
principes de la Mécanique et cependant ne poui i a jamais les contredire.
Mais revenons à l'argumentation de Hertz. Le système classique est incomplet,
car tous les mouvements qui sont compatibles avec les principes de la Dyna-
mique ne sont pas réalisés dans la Nature, ni même réalisables. En effet, il est
évident que les principes des aires et du mouvement du centre de gravité ne
sont pas les seules lois qui régissent les phénomènes naturels. Sans doute, il
serait déraisonnable d'exiger de la Dynamique qu'elle embrassât dans une
même formule toutes les lois que la Physique a découvertes ou pourra
découvrir. Mais il n'en est pas moins vrai qu'on doit regarder comme incomplet
et insuffisant un système de Mécanique où le principe de la conservation de
l'énergie est passé sous silence.
« Notre système, conclut Hertz, embrasse, il est vrai, tous les mouvements
naturels, mais il en embrasse en même temps beaucoup d'autres qui ne sont
pas naturels. Un système qui exclura une partie de ces mouvements, sera plus
conforme à la nature des choses et constituera par conséquent un progrès. »
Tel sera, par exemple, le système énergétique dont nous parlerons plus loin et
238 LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE.
dans lequel le principe fondamental de la conservation do l'cuergle s'introduit
tout uauirellement.
Peut-èlro ne coinprendra-t-on pas très bien ce qui empêche d'annexer tout
simplement ce principe fondamental aux autres principes du système classique.
Mais Hertz se pose encore une atilre question :
Le système classique nous donne une image du monde extérieur. Cette image
est-elle simple ? y a-t-on épargné les traits parasites, introduits arbitrairement
à côté des traits essentiels? Les forces que nous sommes conduits à introduire
ne sont-elles pas de véritables rouages inutiles, tournant à vide?
Sur cette table repose un morceau de fer; un observateur non prévenu
croira que, puisqu'il n'y a pas de mouvement, il n'y a pas de force. Combien
il se tromperait ! La Physique nous enseigne que chaque atome du fer est attiré
par tous les autres atomes de l'Univers. De plus, chaque atome du fer est
magnétique et par conséquent soumis à l'action de tous les aimants de l'Univers.
Tous les courants électriques du inonde agissent aussi sur cet atome. J'allais
oublier les forces électrostatiques, les forces moléculaires, etc.
Si quelques-unes de ces forces agissaient seules, leur action serait énorme;
le morceau de fer volerait en éclats. Heureusement elles agissent toutes et elles
se conlrebalancenl, de sorte qu'il ne se passe rien du tout. Votre observateur
non prévenu, (jui ne voit qu'une chose, un morceau de fer en repos, conclura
évidemment que toutes ces forces n'existent que dans votre imagination.
Sans doute, toutes ces suppositions n'ont rien d'absurde, mais un système
qui nous en débarrasserait serait, par cela seul, meilleur que le nôtre.
11 est impossible de n'être pas frappé de la portée de cette objection. Pour
montrer, d'ailleurs, qu'elle n'est pas purement artificielle, il me suffira de rap-
peler le souvenir d'une polémique qui a eu lieu, il y a quelques années, entre
deux savants tout à fait éminents, von Helmhollz et M. Bertrand, à propos des
actions mutuelles des courants. M. Bertrand, cherchant à traduire dans le lan-
gage classique la théorie de von Helmholtz, se heurtait à des contradictions
insolubles. Chaque élément du courant devait êlre soumis à un couple; mais
un couple se compose de deux forces parallèles, égales et de sens contraire.
M. Bertrand calculait que chacune de ces deux composantes devait être consi-
dérable, assez grande pour amener la destruction du fil, et il concluait au rejet
de la théorie. Au contraire, von Helmholtz, partisan du système énergétique,
ne voyait là aucune difficulté.
LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE. sSg
Ainsi, d'après Hertz, le système classique doit être abandonné :
i" parce qu'une lionne définition de la force est impossible;
2" parce qu'il est incomplet;
3" parce qu'il introduit des hypothèses parasites et que ces hypothèses
peuvent engendrer souvent des difficultés purement artificielles et assez grandes
cependant pour arrêter les meilleurs esprits.
II. — Système énergétique.
I . Objections diverses. — - Le système énergétique a pris naissance à la suite
de la découverte du principe de la conservation de l'énergie. C'est von Helmholtz
qui lui a donné sa forme définitive.
On commence par définir deux quantités qui jouent le rôle fondamental dans
cette théorie. Ces deux quantité sont : d'une part, Vénergie cinétique ou force
vive; d'autre part, Vénergie potentielle.
Tous les changements que peuvent subir les corps de la nature sont régis par
deux lois expérimentales.
i" La somme de l'énergie cinétique et de l'énergie potentielle est une cons-
tante. C'est le principe de la conservation de l'énergie.
2° Si un système de corps est dans la situation A à l'époque t^ et dans la
situation B à l'époque <,, il va toujours de la première situation à la seconde
par un chemin tel que la valeur moyenne de la dilTérence entre les deux sortes
d'énergie, dans l'intervalle de temps qui sépare les deux époques tu et l^, soit
aussi petite que possible.
C'est là le principe de Hainilton, qui est une des formes du principe de
moindre action.
La théorie énergétique présente sur la théorie classique les avantages sui-
vants :
i" Elle est moins incomplète; c'est-à-dire que les principes de la conserva-
tion de l'énergie et de Hamilton nous apprennent plus que les principes fonda-
mentaux de la théorie classique et excluent certains mouvements que la Nature
ne réalise pas et qui seraient compatibles avec la théorie classique;
2" Elle nous dispense de l'hypothèse des atomes, qu'il était presque impos-
sible d'éviter avec la théorie classique.
24o LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE.
Mais elle soulève à son loiir de nouvelles difficultés; avant ile parler des
objections de Hertz, j'en signale deux qui nie viennent à l'esprit :
Les définitions des deux sortes d'énergie soulèveraient des difficultés presque
aussi grandes que celles de la force et de la masse dans le premier sjstème.
Cependant on s'en tirerait plus facilenieiil, au moins dans les cas les plus
simples.
Supposons un système isolé formé d'un certain nombre de points matériels;
supposons que ces points soient soumis à des forces ne dépendant que de leur
position relative et de leurs dislances muluelles et indépendantes de leurs
vitesses. En vertu du principe de la conservation de l'énergie, il devra y avoir
une fonction des forces.
Dans ce cas simple, l'énoncé du principe de la conservation de l'énergie est
d'une extrême simplicité. Une certaine quantité, accessible à l'expérience, doit
demeurer constante. Celle quantité est la somme de deux termes : le premier
dépend seulement de la position des points matériels et est indépendant de
leurs vitesses; le second est proportionnel au carré de ces vitesses. Celte
décomposition ne peut se faire que d'une seule manière.
Le premier de ces termes, que j'appellerai U, sera l'énergie potentielle; le
■ second, que j'appellerai T, sera l'énergie cinétique.
Il est vrai que si T -t- U est une constante, il en est de même d'une f(jnctiun
quelconque de T + U, cp(ï -f- U).
Mais celle fonction (p(T-|-U) ue sera pas la somme de deux termes, l'un
indépendant des vitesses, l'autre proportionnel au carré de ces vitesses. Parmi
les fonctions qui demeurent constantes, il n'y en a qu'une qui jouisse de cette
propriété, c'est T + U (ou une fonction linéaire de T + U, ce qui ne fait rien,
puisque celte fonction linéaire peut toujours être ramenée àT + U par un
changement d'unité et d'origine). C'est alors ce que nous appellerons l'énergie;
c'est le premier terme que nous appellerons l'énergie potentielle et le second
qui sera l'énergie cinétique. La définition des deux sortes d'énergie peut donc
être poussée jusqu'au bout sans aucune ambiguïté.
U eu est de même de la définition des masses. L'énergie cinétique ou force
vive s'exprime très simplement à l'aide des masses et des vitesses relatives de
tous les pcjinls matériels, par rapjjorl à l'un d'entre eux. Ces vitesses relatives
sonl accessibles à l'observalion, et, quand nous aurons l'expression de l'énergie
cinétique en fonction de ces vitesses relatives, les coefficients de cette exj)res-
sion nous donneront les masses.
LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE 24l
Ainsi, daas ce cas simple, on peut définir les notions fondamentales sans
difficulté. Mais les difficultés reparaissent dans les cas plus compliqués et, par
esemple, si les forces, au lieu de dépendre seulement des distances, dépendent
aussi des vitesses. Par exemple, Weher suppose ([ue l'action mutuelle de
deux molécules électriques dépend non seulement de leur distance, mais de
leur vitesse et de leur accélération. Si les points matériels s'attiraient d'après
une loi analogue, U dépendrait de la vitesse, et il pourrait contenir un terme
proportionnel au carré de la vitesse.
Parmi les termes proportionnels aux carrés des vitesses, comment discerner
ceux qui proviennent de T ou de U? Comment, par conséquent, distinguer les
deux parties de l'énergie?
Mais il y a plus, comment définir l'énergie elle-même? Nous n'avons plus
aucune raison de prendre comme définition T + U plutôt que toule autre
fonction de T + U, quand a disparu la propriété qui caractérisait T + U, celle
d'être la somme de deux termes d'une forme particulière.
Mais ce n'est pas tout, il faut tenir compte, non seulement de l'énergie
mécanique proprement dite, mais des autres formes de l'énergie, chaleur,
énergie chimique, énergie électrique, etc. Le principe de la conservation de
l'énei'gie doit s'écrire
T -I- U -+- O = consi.,
où T riiprésonlerait l'énergie cinétique sensible, U l'énergie potentielle de
position, dépendant seulement de la position des corps, Q l'énergie interne
moléculaire, sous la forme tlicrmiqiie, chimique ou électrique.
Tout irait bien si ces trois termes étaient absolument distincts, si T était
proportionnel au carré des vitesses, U indépendant de ces vitesses et de l'état
des corps, Q indépendant des vitesses el des positions des corps et dépendant
seulemeat de leur état interne.
L'expression de l'énergie ne pourrait se décomposer que d'une seule manière
en trois termes de cette forme.
Mais il n'en est pas ainsi; considérons des corps électrisés : l'énergie élec-
trostatique due à leur action mutuelle dépendra évidemment de leur charge,
c'est-à-dire de leur état; mais elle dépendra également de leur position. Si ces
corps sont en mouvement, ils agiront l'un sur l'autre électrodjnamiquement et
l'énergie électrodynamique dépendra non seulement de leur état et de leur
position, mais de leurs vitesses.
H. P - Vit. 3i
242 LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE.
Nous n'avons donc plus aucun moyen de faire le triage des lermes qui doivent
faire partie de T, de U et de Q et de séparer les trois parties de l'énergie.
Si (T + U + Q) est constant, il en est de même d'une fond ion quelconque
^rr + u-t-Q)-
Si 1" + IJ + Q était de la forme parliculiére que j'ai envisagée plus haut, il
n'en résulterait pas d'ambiguïté; parmi les fonctions ^(T + U + Q) qui
demeurent constantes, il n'y en auiait qu'une qui serait de cette forme parti-
culière, et ce serait celle-là que je conviendrais d'appeler énergie.
Mais je l'ai dit, il n'en est pas rigoureusement ainsi; parmi les fonctions
(|ui demeurent constantes, il n'y en a pas qui puissent rigoureusement se
mettre sous cette forme particulière; dés lors, comment choisir parmi elles celle
qui doit s'appeler l'énergie? Nous n'avons plus rien qui puisse nous guider
dans notre choix.
Il ne nous reste plus qu'un énoncé pour le principe de la conservation de
l'énergie; il y a quelque chose qui. demeure constant. Sous celte forme, il se
trouve à son tour hors des atteintes de l'expérience et se réduit à une sorte de
tautologie. Il est clair que si le monde est gouverné par des lois, il y aura des
quantités qui demeureront constantes. Comme les principes de Newton, et
pour une raison analogue, le priacipe de la conservation de l'énergie, fondé
sur l'expérience, ne pourrait plus être infirmé par elle.
Cette discussiou montre qu'en passant du système classique au système
énergétique, on a réalisé un progrés; niais elle montre, en même teaips, que ce
progrès est insuffisant.
Une autre objection me semble encore plus grave; le principe de moindre
action est applicable aux phénomènes réversibles; mais il n'est nullement satis-
faisant en ce qui concerne les phénomènes irréversibles; la tentative de von
Helmholtz pour l'étendre h ce genre de phénomènes n'a pas réussi et ne pouvait
réussir; sous ce rapport tout r(!ste à faire.
Ce sont d'autres objections, d'ordre presque métaphysique, que Hertz déve-
loppe le plus longuement.
.Si l'énergie est pour ainsi dire matérialisée, elle devra être toujours positive.
Or, il y a des cas oh il est difficile d'éviter la considération de l'énergie néga-
tive. Considérons, par exemple, .lupiler tournant autour du Soleil; l'énergie
totale a pour expression ac- — + c, où «, b, c sont trois constantes positives,
V la vitesse de Jupiter; /• sa distance au .Soleil.
LES IDÉES DE HERTZ SUR LA^MÉCANIQUE. 243
Comme nous disposons de la conslante c, nous pouvons la supposer assez
grande pour que l'énergie soil positive; il y a déjà là quelque chose d'arbitraire
qui choque l'esprit.
Mais, il y a plus. Imaginons, maintenant, qu'un corps céleste d'une masse
énorme et d'une vitesse énorme vienne à traverser le système solaire; quand il
aura passé et qu'il se sera éloigné de nouveau à d'immenses distances, les
orbites des planètes auront subi des perturbations considérables. Nous pouvons
imaginer, par exemple, que le grand axe de l'orbite de Jupiter soit devenu
beaucoup plus petit, mais que cette orbite soit restée sensiblement circulaire.
Quelque grande que soit la constante c, si le nouveau grand axe est très petit,
l'expression cn'- , + c sera devenue négative, et l'on verra reparaître la diffi-
culté que nous avions cru éviter en donnant à c une grande valeur.
En résumé, nous ne pouvons pas assurer que l'énergie demeurera toujours
positive.
D'autre part, pour matérialiser l'énergie, il faut la localiser; pour l'énergie
cinétique, cela est facile, mais il n'en est pas de même pour l'énergie poten-
tielle. Où localiser l'énergie potentielle due à l'attraction de deux astres?
Est-ce dans l'un des deux astres ? Est-ce dans les deux? Est-ce dans le milieu
intermédiaire ?
L'énoncé même du principe de moindre action a quelque chose de choquant
pour l'esprit. Pour se rendre d'un point à un autre, une molécule matérielle,
soustraite à l'action de toute force, mais assujettie à se mouvoir sur une sur-
face, prendra la ligne géodésique, c'est-à-dire le chemin le plus court.
Celte molécule semble connaître le point où l'on veut la mener, prévoir le
temps qu'elle mettra à l'atteindre en suivant tel et tel chemin, et choisir ensuite
le chemin le plus convenable. L'énoncé nous la présente pour ainsi dire comme
un être animé et libre. Il est clair qu'il vaudrait mieux le remplacer par un
énoncé moins choquant, et où, comme diraient les philosophes, les causes
finales ne sembleraient |)as se substituer aux causes efficientes.
2. Objection de la boule ('). — La dernière objection, qui paraît être celle
qui a le plus frappé Hertz, est d'une nature un peu diflerente.
Ou sait ce qu'on appelle un système à liaisons; imaginons d'abord deux
(') Voir aux Notes, Principes de Mécanique attalytique.
244 l-ES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE.
points réunis par iiuo Irini^le rigide de façon que leur dislanco soil maintenue
invariable ; ou, plus généralement, supposons qu'un mécanisme quelconque
maintienne une relation entre les coordonnées de deux ou plusieurs points du
système. C'est là une première sorte de liaison qu'on appelle « liaison solide ».
Supposons maintenant qu'une splière soil assujettie à rouler sur un plan. La
vitesse du point de contact doit être nulle; nous avons donc une seconde sorte
de liaison qui s'exprime par une relation non plus seulement entre les coor-
données des divers points du système, mais entre leurs coordonnées et leurs
vitesses.
Les systèmes où il y a des liaisons de la seconde sorte jouissent d'une pro-
priété curieuse que je vais cherclier à expliquer sur l'exemple simple que je
viens de citer, celui d'une boule roulant sur un plan horizontal.
Soit O un point du plan horizontal et C le centre de la sphère.
Pour bien définir la situation de la sphère mobile, je prendrai trois axes de
coordonnées fixes O.c, Oy et 0-3, les deux premiers situés dans le plan hori-
zontal sur lequel roule ^la sphère; et trois axes de coordonnées invarialilement
liées à la sphère GÇ, Cn et Cç.
La situation de la sphère sera entièrement définie quand on se donnera les
deux coordonnées du point de contact et les neuf cosinus directeurs des axes
mobiles par rapport aux axes fixes. Soit A une position de la sphère où le point
de contact est en O à l'origine et où les axes mobiles sont parallèles aux axes
fixes.
Les coordonnées du point de contact sont
X = o, y = o
et les neuf cosinus directeurs :
I, o, o;
o, I, o;
o, o, I .
Donnons à la sphère une rotation infiniment petite £ autour de l'axe C^; elle
viendra dans une f)Osition B où les coordonnées du point de contact deviennent
x = o, y = o
et les neuf cosinus :
I, o, o;
o, cosï, sin£;
o, — siiiô, cos£.
Mais cette rotation est impossible puibcju'elle ferait glisser et non rouler la
LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE. 2iJ
sphère sur le plan. 11 est donc impossible de passer de la posilion A à la posi-
tion infiniment voisine B directement, c'est-à-dire par un mouvement infiniment
petit.
Mais nous allons voir que ce passage peut se faire indirectement, c'est-à-
dire par un mouvement fini.
Parlons de la position A. Faisons rouler la sphère sur le plan de telle façon
que l'axe instantané de rotation soit situé dans le plan horizontal et à chaque
instant parallèle à l'axe Oy, et arrêtons-nous quand l'axe C^ sera devenu
vertical et parallèle à O^. Nous serons arriv(''s dans une position D où les
coordonnées du jjoinl de contact seront devenues
j: = - R, r = <),
2
R étant le ra^'on de la sphère et les neuf cosinus :
o, o, — i;
o, I, o;
-Hi, o, o.
Dans la posilion D le point de contact est à l'extrémité de l'axe C? qui est
vertical.
Imprimons à la sphère une rotation £ autour de l'axe C^; cette rotation est
un pivotement autour de l'axe vertical passant par le point de contact, elle ne
comporte aucun glissement, elle est donc compatible avec les liaisons.
La sphère est venue alors dans une position E où les coordonnées de contact
sont
a; = - R, r = o,
?,
et les cosinus :
0,
o,
— I ;
sin£,
cose,
o;
cose,
— sine.
o.
Faisons maintenant rouler la sphère de façon que l'axe instantané de rotation
reste constamment parallèle à Oy et, par conséquent, que le contact ait tout le
temps lieu sur l'axe Ox. Arrêtons-nous quand le point de contact sera revenu à
l'origine O. Il est aisé de voir que nous sommes arrivés à la position B.
On peut donc aller de la position A à la position B en passant par l'inlerraé-
dlaire des positions D et E.
Hertz appelle liolonomes les systèmes tels que, si les liaisons ne permettent
■^46 LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE.
pas de passer directement d'une certaine position à une autre infiniment vol-
siae, elles ne permettent pas non plus de passer de l'une à l'autre indirectement.
Ce sont les systèmes où il n'y a que des liaisons solides.
On voit que notre sphère n'est pas un système holonome.
Or, il arrive ceci que le principe de moindre action n'est pas applicable aux
systèmes nonholonomes.
En effet, on peut passer de la positon A à la position B par le chemin que je
viens de dire, et sans doute par beaucoup d'autres chemins; parmi tous ces che-
mins il y en a évidemment un qui correspond à une action plus petite que
tous les autres; la sphère devrait donc .'pouvoir le suivre pour aller de A en B;
il n'en est rien; quelles que soient les conditions initiales du mouvement, la
sphère n'ira jamais de A en B.
Il y a plus, si la sphère va effectivement delà position A à une autre position
A', elle ne prendra pas toujours le chemin qui correspond à l'action minimum.
Le principe de moindre action n'est plus vrai.
« Dans ce cas, dit Hertz, une sphère qui obéirait à ce principe, semblerait
un être vivant qui poursuivrait consciemment un but déterminé, tandis qu'une
sphère, qui suivrait la loi de la Nature, offrirait l'aspect d'une masse inanimée
roulant uniformément... Mais, dira-t-on, de semblables liaisons n'existent pas
dans la Nature; ce prétendu roulement sans glissement n'est qu'un roulement
avec un petit glissement. Ce phénomène rentre dans les phénomènes irréver-
sibles tels que le frottement, encore mal connus et auxquels nous ne savons
pas encore appliquer les vrais principes de la Mécanique.
« Un roulement sans glissement, répondrons-nous, n'est contraire ni au
principe de l'énergie ni à aucune des lois connues de la Physique; ce phéno-
mène peut être réalisé dans le monde visible avec une telle approximation qu'on
a pu s'en servir pour construire les machines d'intégration les plus délicates
(planimétres, analyseurs harmoniques, etc.). Nous n'avons aucun droit de
l'exclure comme impossible; mais le serait-il et ne pourrait-il se réaliser
qu'approximativement que les difficultés ne disparaîtraient pas. Pour adopter
un principe, nous devons exiger qu'appliqué à un problcmc dont les données
sont approximativement exactes, il donue aussi des résultats approximative-
ment exacts. Et d'ailleurs les autres liaisons, les liaisons solides ne sont aussi
qu'approximativement réalisées dans la Nature; on ne les exclut pas cepen-
dant... ».
LES IDEES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE. 247
III. — Système hertzien.
Voici mainteuant quel est le syslème que Hertz propose de substituer aux
deux tliéories qu'il critique. Ce système repose sur les hypothèses suivantes :
1" Il n'y aurait dans la Nature que des systèmes à liaisons, mais soustraits à
l'action de toute forte extérieure ;
2" Si certains corps nous paraissent obéir à des forces, c'est qu'ils sont liés
à d'autres corps qui, pour nous, sont invisibles.
Un point matériel qui nous semble libre ne décrit pas cependant une trajec-
toire rectiligne; les anciens mécaniciens disaient qu'il s'en écarte parce qu'il
est soumis à une force; Hertz dit qu'il s'en écarte parce qu'il n'est pas libre,
mais lié à d'autres points invisibles.
Cette hypothèse semble étrange au premier abord : pourquoi en dehors des
corps visibles introduire des corps invisibles hypothétiques? Mais, répond
Hertz, les deux anciennes théories sont obligées également de supposer en
dehors dos corps visibles, je ne sais quels êtres invisibles; la théorie classique
introduit les forces, la théorie énergétique introduit l'énergie; mais ces êtres
invisibles, force et énergie, sont d'une nature inconnue et mystérieuse : les êtres
hypothétiques que j'imagine sont, au contraire, tout à fait de même nature que
les corps visibles.
N'est-ce pas plus simple et plus naturel ?
On pourrait discuter sur ce point et soutenir que les entités des anciennes
théories doivent être retenues précisément à cause de leur nature mystérieuse.
Respecter ce inystère, c'est un aveu d'ignorance; et puisque notre ignorance
ostoertaine, ne vaut-il pas mieux l'avouer que la dissimuler?
Mais passons, et voyons quel parti tire Hertz de ses hypothèses.
Les mouvements des systèmes à liaisons, sans force extérieure, sont régis par
une loi unique.
Parmi les mouvements compatibles avec les liaisons, celui qui se réalisera
sera celui qui sera tel que la somme des masses multipliées par le carré des
accélérations soit minimum.
Ce principe équivaut à celui de la moindre action si le système est holonome,
mais il est plus général, car il s'applique aussi aux systèmes non holonomes.
Pour bien nous rendre compte de la portée de ce principe, prenons un
exemple simple : celui d'un point assujetti à se mouvoir sur une surface. Ici
•JlS LES IDEES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE.
nous n'avons qu'un seul point uiaUhiel; racccMc^ralion doit donc êlreniininium ;
pour cela, il faut que l'accélération langenlielle soit nulle; or, celle accélération
est égale à -^ > (' étant la vitesse et t le temps ; donc i' est une constante, et le
mouvement du point est uniforme; il faut, de plus, que l'accélération normale
soit minimum; or elle est égale à —i p étant le rayon de courbure de la trajec-
toire, ou à .- 1 R élaiit le rayon de courbure de la section normale à la sur-
H cos ç •'
face, et 9, l'angle du plan osculateur à la trajectoire avec la normale à la
surface.
Or la vitesse est supposée connue en grandeur et en direction. Donc (^ et R
sont connus.
Il faut donc que coscp^ i, c'est-à-dire que le plan oscillateur soit normal à la
surface; c'est-à-dire que le point mobile décrive une ligne géodésique.
Pour faire comprendre maintenant comment peut s'expliquer le mouvement
des systèmes qui nous paraissent soumis à des forces, je prendrai encore un
eiemple simple, celui du régulateur à boules. Gel appareil bien connu se com-
pose d'un parallélogramme articulé ABCD : les angles opposés B et D de ce
parallélogramme portent des boules dont la niasse est notable ; l'angle supé-
rieur A est fixe; l'angle inférieur G porte un anneau qui peut glisser le long
d'une tige verticale fixe AX; tout l'appareil est animé d'un mouvement de rota-
tion rapide autour de la tige AX. A l'anneau G est suspendue une tringle T.
La force centrifuge tend à écarter les boules et par conséquent à soulever
l'anneau G et la tringle T. Gette tringle T est donc soumise à une traction qui
est d'autant plus forte que la rotation est plus rapide.
Supposons maintenant un observateur qui voit seulement celte tringle et
imaginons que les boules, la lige AX, le parallélogramme, soient faits d'une
matière invisible pour lui. Get observateur constatera la traction exercée sur la
tringle T; mais comme il ne verra pas les organes qui la produisent, il l'attri-
buera à une cause mystérieuse, à une " force », à une attraction exercée par le
point A sur la tringle.
Eli bien, d'après Hertz, toutes les fois que nous imaginons une force, nous
sommes dupes d'une illusion analogue.
Une question se pose alors : peut-on imaginer un système articulé qui imite
un système de forces, défini par une loi quelconque ou en approchant autant
qu'on voudra? La réponse doit être affirmative; je me contenterai de rappeler
un théorème de M. Kœnigs qui pourrai! servir de base à une démonstration.
LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE. 249
Voici ce théorème : On peut foujours imaginer un système articulé, tel
qu'un point de ce système décrive une courbe ou une surface algébrique
quelconque ; ou, plus généralement, on peut imaginer un système articulé
tel qu^en vertu de ses liaisons, les coordonnées des divei s points du système
soient assujetties à des relations algébriques données quelconques.
Seulement, les hypothèses auxquelles on serait conduit pourraient être très
compliquées.
Ce n'est pas d'ailleurs la première tentative que l'on faisait dans ce sens. Il
est impossible de ne pas rapprocher les hypothèses de Hertz de la lliéorie de
lord Kelvin sur l'élasticité gyroslatique.
Lord Kelvin, on le sait, a cherché à expliquer les propriétés de l'éther sans
faire intervenir aucune force. -11 a même donné une forme définitive à son
hypothèse et représente l'éther par un de ces modèles mécaniques comme les
aiment les Anglais. Les savants anglais, satisfaits d'avoir donné un corps à leurs
idées, de les avoir rendues tangibles, ne sont pas efi'rayés par la complication
de ces modèles où l'on a multiplié les tringles, les bielles, les coulisses, comme
dans un atelier de mécanicien.
Décrivons, pour en donner une idée, le modèle qui représente l'éther gyro-
statique. L'éther serait formé d'une sorte de réseau. Chaque maille de ce réseau
est un tétraèdre. Chacune des arêtes de ce tétraèdre est formée de deux tiges,
l'une pleine et l'autre creuse, coulissant l'une dans l'aulre; cette arête est donc
extensible, mais non flexible.
Dans chaque maille se trouve un appareil formé de trois lignes invariable-
ment fixées l'une à l'autre et formant un Irièdre Irirectangle. Chacune de ces
trois tiges s'appuie sur deux des arêtes opposées du tétraèdre; enfin, chacune
d'elles p.orte quatre gyroscopes.
Dans le système que je viens de décrire, il n'y a pas d'énergie potentielle;
mais seulement de l'énergie cinétique, celle des tétraèdres, et celle des gyro-
scopes. Cependant, un milieu ainsi constitué se comporterait comme un milieu
élastique; il transmettrait des ondulations transversales absolument comme
l'éther.
J'ajouterai une chose encore : avec des systèmes articulés de ce genre, con-
tenant des gyroscopes, on peut non seulement imiter toutes les forces que nous
trouvons dans la Nature, mais encore en imiter d'autres que la Nature ne sau-
rait réaliser ; c'est précisément là le but que lord Kelvin se proposait; il voulait
H. P. — VIT. 32
230 LES IDÉES DE HERTZ SUR LA MÉCANIQUE.
expli([uer certaines pro[3ri('>lés de l'iUlicr dont les hypothèses ordinaires lui
paraissaient incapables de rendre compte.
On sait que l'axe du gyroscope tend à conserver une direction fixe dans
l'espace; quand il en est écarté, il tend à y revenir comme s'il était sollicité par
une force dirigeante. Celle force apparente qui tend à maintenir la direction du
gyroscope, n'est pas, comme les forces réelles, contrebalancée par une léaclion
égale et contraire. Elle esldonc affranchie de la loi de l'action et de la réaction,
et de ses conséquences telles que la loi des aires, auxquelles sont soumises les
forces naturelles.
On conçoit donc que l'hypothèse gyrostatique, où l'on est affranchi de cette
règle restrictive, ail rendu compte de faits que ne pouvaient expliquer les
hypothèses ordinaires qui y restent assujetties.
Que doit-on penser, en définitive, de la théorie de Hertz? Intéressante à
coup sûr, elle ne me satisfait pas entièrement parce qu'elle fait la part irop
grande à l'hypothèse.
Hertz s'est mis à l'abri de quelques-unes des objections qui l'avaient tour-
menté ; il ne paraît pas les avoir écartées toutes.
Les difficultés que nous avons longucmtrnt disculées au début de cet article
pourraient se résumer ainsi :
On a exposé les principes de la Dynamique de bien des manières; mais
jamais on n'a suffisamment distingué ce qui est définition, ce qiii est vérité
expérimentale, ce qui est théorème malhéinatique. Dans le système hertzien, la
distinction n'est pas encore parfaitement nette, et, de plus, un quatrième élé-
ment est introduit : l'hypothèse. Néanmoins, par cela seul qu'il est nouveau,
ce mode d'exposition est utile : il nous force à réfléchir, à nous affranchir de
vieilles associations d'idées. Nous ne pouvons pas encore voirie monument tout
entier : c'est quelque chose d'en avoir une perspective nouvelle, prise d'un
point de vue nouveau.
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIÈRES
DU PROBLÈME DES TROIS CORPS
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 97, p. aSi-aSa (23 juillet i883)
M. Kronecker a présenté à l'Académie de Berlin, en 1869, un Mémoire sur
les fondions de plusieurs variables; on y trouve un important théorème d'où
il est aisé de déduire le résultat suivant :
Soient ^1, i^, . . . , ;,i« fonctions continues de n variables x,, Xo, . . . , x„: Isl
variable Xi est assujettie à varier entre les limites + «,• et — • a,-. Supposons que,
l)Our Xi^di, ;, soit constamment positif, et pour a;, = — o, constamment négatif;
je dis qu'il existera un système de valeurs des x pour lequel tous les > s'annu-
leront.
Ce résultat peut s'appliquer au problème des trois corps et montre que ce
problème admet une infinité de solutions particulières jouissant de propriétés
remarquables que nous allons exposer. Nous nous restreignons, bien entendu,
au cas où les masses de deux des corps sont très petites.
Le mouvement est périodique, c'est-à-dire que, lorsque le temps augmente
d'une période constante, les trois corps reprennent la même position relative.
A la fin d'une période, les distances des trois corps reprennent leur valeur
initiale, ainsi que les vitesses relatives estimées soit dans la direction du rayon
vecteur, soit dans la direction perpendiculaire. Le système entier a seulement
tourné d'un certain angle autour du centre de gravité, supposé fixe.
Les excentricités sont très petites et de l'ordre des masses; mais les inclinai-
sons peuvent avoir des valeurs quelconques.
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES.
Dans la solution parliculière envisagi'o, il resle encore, si les trois corps
sont assujettis à se mouvoir dans un plan, quatre paramètres arbitraires; s'ils se
meuvent dans l'espace, il en reste huit. Ainsi, dans l'un comme dans l'autre
cas, il faut imposer quatre conditions aux éléments initiaux du mouvement pour
que ce mouvement présente cette périodicité dont nous venons de parler.
Quand nous aurons disposé arbitrairement de huit des douze éléments ini-
liauï. notre solution particulière ne sera pas encore complètement déterminée.
Projetons, en elTet, les deux rayons vecleurssur le plan du maximum des aires.
Après une période, la jirojection du premier rayon vecteur aura décrit un
angle (>, la projection du second vecleur aura décrit un angle c + anTr; nous
pou\ons encore nous donner arbitrairement le nombre entier n, après quoi la
solution jiarticulière sera parfaitement définie.
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES
DU PROBrlME DES TROIS CORPS
Hutlcllii aslronoiiùque, t. I, p. 60-74 (février 1884 ).
But de ce travail.
La solulion générale du problème des trois corps est encore à trouver, et,
liien qu'on ait, dans ces derniers temps, donné des développements purement
trigonométriques des distances mutuelles, ces séries, qui peuvent rendre des
services dans la pratique, ne sont pas théoriquement satisfaisantes, parce que
la convergence n'en est rien moins que démontrée. Il y a cependant certaines
solutions particulières pour lesquelles ces diftîcultés relatives à la convergence
n'existent pas : ce sont celles où les distances mutuelles sont des fonctions
périodiques du temps et que l'on pourrait appeler solutions périodiques.
Je considère en effet trois masses, M, m et m', et je suppose. que les rapports
m m! • - • T 11 il
^ et irr soient très petits. Je suppose de plus que les deux petites masses m et
to' soient rapportées à la grande masse M, de sorte que, quand je parlerai de
la position et de la vitesse des petites masses, j'entendrai leur position et leurs
vitesses relatives par rapport à M.
Je dirai que les trois masses sont en conjonction symétrique si leurs vitesses
sont perpendiculaires à leur plan. Dans le cas particulier où les inclinaisons
sont nulles et où les trois masses restent constamment dans un même plan, je
dirai qu'elles sont en conjonction symétrique si elles sont en ligne droite et de
façon que leurs vitesses soient perpendiculaires à la droite qui les joint.
■.•:>1 SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES.
Supposons maiulenaiit qu'à l'époque f,, il v ail conjonction syrnélrique; les
dislances muluelles des Irois masses seront alors les rncnies aux Lenips t^-j-hel
t„ — h. Supposons qu'à ré|ioque f, il y ail encore conjonction symétrique; les
dislances mutuelles reprendront les mêmes valeurs aux temps /i + h et t^ — /(.
Ces dislances mutuelles seront donc des fonctions périodiques du temps avec
la période 2(/i — ^i). Après une période, le système se retrouve dans la même
situation relative; il a seulement tourné d'un certain angle dans l'espace. .le
choisirai l'origine et l'unité du temps de telle façon que
/„= O, /i = X,
et que la période soit 27r. Je prendrai pour plan des :ry un plan perpendiculaire
à la fois au plan des trois corps aux deux époques zéro et u : ce sera évidem-
ment le plan du maximum des aires. Je prendrai l'axe des x dans le plan des
trois masses à l'époque zéro. 11 en résulte qu'à l'époque zéro les longitudes de
m el m' sont zéro, celles des périhélies zéro et celle des nœuds -• Dans le cas
des inclinaisons nulles, je prendrai pour plan des x}' le pian commun des
orbites et pour axe des x la droite qui joint les trois masses à l'époque zéro.
Existe-t-il de pareilles solutions, au moins pour le cas dans lequel je me ren-
fermerai et où deux des masses sont su|>posées très petites ? Je me propose de
faire voir qu'il y en a de trois sortes ;
Première sorte : inclinaisons nulles, excentricités très petites;
Deuxième sorte : inclinaisons nulles, excentricités finies;
Troisième sorte : inclinaisons finies, excentricités très petites.
Je ferai voir ensuite quel parti on peut en tirer.
Formule de M. Kronecker.
M. KronecUer a donné, dans les Monalsberichte (18G9), une formule qui
donne le nombre des solutions de n ('qualions à /; inconnues qui satisfont à des
inégalités données. Nous ferons l'application suivante de celte formule :
Soient Xi, X-.,, ..., X„ n jonctions cnnlinues des n variables ,ri, a-.j, ..., x„.
Supposons rjue X; soit, toujours positif pour Xi^= a, el toujours négatif pour
Xi = — a,-. Il existera au moins un système de valeurs des x qui satisfera
aux inégalités
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIÈRES. 255
et aux équations
(a) \, = \s = .. .= X„= o.
Les équations (2) auront donc loujours une solution.
Pour faire comprendre comment on peut démontrer ce théorème, supposons
que nous n'ayons que deux variables x^ et x-^_, que nous regarderons comme
les coordonnées d'un point dans un plan. Alors les inégalités (i) signifient que
ce point est à l'intérieur d'un certain carré ABCD dont les côtés ont pour
équations
Al!: .i:|=ai, CD: Xi = — ai, L!G : Xî=a2, DA : .0^2 = — «2-
La courbe X2:= o pari alors d'un point du côté AB pour aboutir à un point
de CD; de même la courbe X4 = o, parlant d'un point de BC pour aboutira
un point de DA, doit forcément rencontrer la première à l'intérieur du carré.
Méthode générale.
On voit immédiatement l'avantage que peut présenter l'application de ce
théorème. Pour démontrer rigoureusement que certaines équations peuvent
être satisfaites, il suffit d'étudier le signe de certaines fonctions. Or, si les
masses sont très petites, les signes de ces fonctions seront les mêmes que quand
ces masses sont nulles, c'est-à-dire dans le cas du mouvement keplérien.
J'ai supposé qu'au temps zéro les longitudes des masses et des périhélies
sont nulles et celles des nœuds — • Il reste comme éléments initiaux arbitraires
2
les moyens mouvements n et «', les excentricités e et e', les inclinaisons i et i' .
Soient maintenant X, Y, Z, ... un certain nombre de fonctions des coor-
données et des vitesses de m et de m' au temps tt. Nous prendrons trois fonc-
tions seulement pour fixer les idées; ce seront des fonctions des éléments
initiaux et des masses. Si les masses sont assez petites, on démontre aisément
que ces fonctions peuvent être développées en séries suivant les puissances
croissantes des masses, de sorte qu'on a, par exemple,
X = X„-+-X,-4-X.>-4-...~~X„-i-...,
X„ désignant l'ensemble des termes d'ordre /; par rapport aux masses.
Considérons trois des éléments initiaux comme constants et faisons varier
256 SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIÈRES.
les trois autres, .le suppose que l'on puisse choisir ces derniers éléments de
telle façon que
Xo= Vn= /o= f>,
et que le délcrmiaaul fonctionuel de X,,, '^u, 'f^a l^nr rapport aux trois éléments
variables ne soit pas nul. je dis qu'où pourra choisir ces mêmes élémenls de
façon que
X = Y = y, = o.
l'.n clli'l, si le déleruiinanl lonclionnrl eu question n'est pas nul, on pourra,
en donnant aux éléments initiaux des valeurs voisines de celles qui annulent
X„, Y„ et Z„. obtenir pour ces trois fonctions tous les systèmes de valeurs
satisfaisant aux inégalités
X5<rtî, y5<«|, Zl-Cnl,
si «1. rtj et rt;, sont assez petits. On |)ourra alors considérer X, Y el Z, comuie
des fonctions de X„, Y,, el Z„, et il est clair que, si les masses sont assez
petites par rapport à ai, a^, et:,, ou aura
X>o pour Xo = «I ; X<o jiour Xo = — 0|,
et de uiêuie pour Y el pour Z. C'est dire qu'où pourra appliquer le théorème de
M. Kronecker et que les élémenls initiaux pourront être choisis de telle façon
que
X = Y = 7, = o. c. Q. F. D.
Ce théorème ne s'appliquerait pas si Xo était identiquement nul, parce
qu'alors le déterminant fonctionnel serait nul; mais dans ce cas il suffirait de
remplacer Xq par X,, qui donne alors son signe à X quand les masses sont
assez petites. Nous en verrons plus loin des exemples.
Solutions de la première sorte.
Supposons i et i' nuls, e et e' très petits. Soient maintenant X la différence
de longitude de m et de m' au temps tt; Y et Z les dérivées, par rapport au
temps, des rayons vecteurs de m et de m! ù cette même époque rr.
Si l'on a
e = e' = o, /( — /(= I ,
on a
Xo = I 0 = ^0 =^ o,
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES. 257
et 11 est aisé de voir que le déterminant fonctionnel n'est pas nul. On a donc,
pour des valeurs très petites de e et de e',
X = Y = Z = o.
Ces équations signifient qu'au temps tî les trois masses se retrouvent en
conjonction symétrique : il j a donc des solutions périodiques de la première
sorte; il y en a même une quadruple infinité. En effet, renonçons momenta-
nément au choix d'unités et d'axes que nous avons fait plus haut et supposons
des unités et des axes quelconques. Nous pouvons alors choisir arbitrairement
les époques ^o et /, de la première et de la seconde conjonction symétrique, et
les longitudes «o et «i de w à ces deux époques. On doit cependant exclure
tout choix tel que aj — a,, soit multiple de tt, parce qu'alors notre déterminant
fonctionnel ne serait plus nul ; il ne faut même pas que la différence entre
otj — d-i, et un multiple de tt soit de même ordre (jue les masses.
Il en résulte que les distances mutuelles des trois corps peuvent se déve-
lopper en séries ordonnées suivant les cosinus des multiples de t. Quant aux
coefficients de cospt, ils peuvent eux-mêmes être développés en séries ordon-
nées suivant les puissances croissantes des masses, et convergentes pourvu que
ces masses soient assez petites.
La difficulté était de démontrer rigoureusement l'existence de la solution
périodique et d'écarter ainsi à l'avance tous les embarras que pourraient nous
causer les questions de convergence. On peut ensuite calculer les coefficients
par des approximations successives. Donnons ici la première approximation,
en négligeant les carrés des masses. Si les masses étaient nulles, on aurait la
solution du problème en donnant à a et a', n et n' des valeurs convenables, et
avec des excentricités nulles et des longitudes zéro au temps zéro, on aur
n — 7t' = I .
Posons
1 a
R = ^ eosl = SAy cosy7 (j = — =<=••■ — i, o, i, . . . , x)
y''a-+ a'- — 2aa cosl "
et
B, = 2«A /-(- a — ^ , 0/= 3« A,-t- 2a — ;— •
' da ' ' da
On trouvera, pour les coordonnées polaires de la première petite masse,
a-n ^,, [ i I \ cos/i
H '\n-i-j n~jj 2
« V -n / I ■ \ ■ • <"! X^ C; . .
V = nt -\ > ; B, ; -t- r sin// H > -4- sin it.
' l'-^mi-' ' \n -+-y n —j) ^ u. ^U J ■' '
H. P. — VU. 33
258 SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIÈRES.
/A étant un coefficient dépendant des masses, et de même pour la seconde petite
masse.
Ces formules ne s'appliquent pas au cas où n est un nombre entier.
Solutions de la deuxième sorte.
Supposons encore les inclinaisons nulles, mais ne supposons plus les excen-
tricités très petites. Soient /, /', tn et xjs' les longitudes des deux masses m et m'
et celles de leurs périhélies au temps tt. Soient
X ^ HT — ct', y = / — w, Z ^ /' — Tn'.
Ici Xq est identiquement nul; pour de petites valeurs des masses, c'est donc
Xi qui donne son signe à X. Il faut donc démontrer que l'on peut choisir les
éléments initiaux de telle façon que
X, = Y„ = Z„=o.
On peut évidemment choisir les moyens mouvements n et n' de telle façon
que Yq et Zo soient nuls. Il s'agit maintenant de faire voir que, n et n' étant
désormais regardés comme déterminés, on peut choisir e et e' de telle façon que
(3) X, = o,
Or cette équation peut s'écrire
m'ûim = //i S| tn',
en posant
a/n/i — e2 r"^ dK , ^ , a' n' s/ 1 -e- f'^ d^'
»l 0 1 cj = —
■ r ûfR j . , r//iVi-e- r"dK ,
■ I —r- at, m 0, m = -, / —r-r ai
de sorte qu'on peut écrire
/n'e OiCT = A -l- Me -h Ce' -+■... , me' Oi ra' = A' -f- B' e -i- C e' -H . . . ,
les seconds membres étant des séries ordonnées suivant les puissances de e et
de e' et convergentes pour les petites valeurs de ces quantités. Nous suppo-
serons d'abord que ces excentricités sont assez petites pour qu'il y ait conver-
gence. Cela nous suffira pour montrer la possibilité de satisfaire à l'équa-
tion (3). Si n n'est pas multiple de n — n', A et A' sont nuls. Si n n'est pas
multiple de > B, C, B', C se réduisent aux termes dits séculaires. Nous
supposerons que ces conditions sont remplies, puisque notre but est seulement
d'établir la possibilité de satisfaire à l'équation (3).
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES.
L'équation (3) peut alors s'écrire
269
0= 1,0 e--i- ee'[(o, i) — (i)0)] — e'- 0,1
cp se composant de termes d'ordre plus grand que deux par rapport aux excen-
tricités. Si l'on considère e et e' comme les coordonnées d'un point dans un
plan, l'équation (3) représente une courbe présentant un point double à l'ori-
gine. Nous nous proposons de démontrer que cette courbe est réelle, et, pour
cela, il nous suffit de taire voir que les tangentes au point double sont réelles;
or ces tangentes sont données par l'équation
(4)
Mais on a
ee'[(o,i) — (1,0)] — e"-
0, 1
■,o
=
ni Ja
m J"
Donc l'équation (4) a ses coefficients extrêmes de signe contraire; donc elle a
des racines réelles. Donc par l'origine passent deux branches réelles de courbe
que l'on pourra suivre jusqu'à une distance finie de l'origine. Donc l'équa-
tion (3) peut être satisfaite par des valeurs finies des excentricités. En répétant
le raisonnement fait plus haut, on conclurait de là qu'on peut donner aux
éléments initiaux des valeurs qui annulent à la fois X, Y et Z, ce qui démontre
l'existence des solutions périodiques de la deuxième sorte.
Le raisonnement serait en défaut si les excentricités étaient infiniment petites
de l'ordre des masses.
Solutions de la troisième sorte.
Supposons les inclinaisons finies et les excentricités très petites.
Soient /, /', 0 et 0' les longitudes des deux masses et de leurs nœuds au
temps 71. Posons
X = i
Y = /-0-t-
z = r-
Soient maintenant T et U les dérivées des rayons vecteurs de m et de m' par
rapport au temps, à l'époque 71. Ici encore Xo est identiquement nul, et c'est
Xi qui donne son signe à X. Si l'on annule e et e' et si l'on choisit convenable-
ment n et «', on aura
Yo = Zo = To = Uo = o.
abO SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES.
Il resle à montrer que e, e', n el ri' étant supposés désormais déterminés, on
peut choisir i et i' de façon à satisfaire à réquation Xi = o. Cela est toujours
possible, car celte équation signifie simplement que le plan des jcy est le plan
invariable. On n'a qu'à répéter le raisonnement déjà fait plus haut pour voir
que l'on peut choisir les éléments initiaux de telle sorte que
X = Y = Z = T = U=o,
ce qui démontre l'existence d'une infinité de solutions périodiques de la
troisième sorte.
Solutions de la quatrième sorte.
Il est passible qu'il existe des solutions de la quatrième sorte, où les excen-
tricités et les inclinaisons sont finies à la fois ; mais je n'ai pu encore démontrer
leur existence que pour certaines valeurs du rapport —.•
Application des solutions périodiques. — Il semble au premier abord que
ces s(jlntions périodiques ne puissent être d'aucune utilité pratique, puisqu'elles
correspondent à des valeurs particulières des éléments initiaux, valeurs dont
la probabilité est nulle. Mais, si les éléments initiaux sont très voisins de ceux
qui correspondent à une solution périodique, on pourra rapporter les positions
véritables des trois masses aux positions qu'elles occuperaient dans cette solu-
tion périodique et se servir, par conséquent, de cette solution comme d'une
orbite intermédiaire. Appelons r, c, /', v' les coordonnées polaires de m et
de m' sur cet orbite intermédiaire, r -{- p, t' + w, z, r' -j- p', i'' + w', s' les coor-
données semi-polaires de ces mêmes masses sur leur orbite réelle; les quantités
p, (Mi, z, ... sont très petites au moins pendant un certain temps. Nous pourrons
alors écrire les équations du mouvement sous la forme suivante :
(5) S = H,
Pi étant une série ordonnée suivant les puissances de p, w, z, p', w', z' et de
leurs dérivées du premier ordre et dont les coefficients dépendent de r. r' et
V — v', et sont par consé(]uent des fonctions périodiques du temps avec la
période 2r.. Il faut y ajouter cinq équations de même forme qui donnent les
, , d^M d^z d^p' d''o>' d^z' ,. ,. . . .• 1
valeurs de-^i -^-^j -y^i -7^7-' -7777" ^''^ pcu^ appliquer a ces équations les
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES. 261
méthodes de M. Lindstedt et d'antres encore qui conduisent à des résultats sur
lesquels je reviendrai plus tard.
Aujourd'hui je supposerai que p, to, . . . , qui sont de l'ordre des excentricités
et des inclinaisons, soient assez petits pour ([u'on puisse négliger leurs carres;
les équations se réduiront à des équations linéaires (5) admettant pour coef-
ficients des fonctions périodiques du temps avec la période 2 7r.
L'intégrale générale de l'équation (5) est do la forme
p = F + /*,
où F et <I» sont des séries irigonométriques. Le dernier terme est séculaire :
mais on peut toujours choisir V orbite intermédiaire de façon que ce terme
soit nul. Les différences p, u, ^, ... sont alors exprimables par des séries
Irigonométriques.
Voici quelle me semble pouvoir être l'utilité de l'étude des équations (5).
Dans le calcul des variations séculaires des excentricités, on est conduit à des
équations qui sont linéaires comme les équations (5), mais où les coefficients
sont des séries trigonométriques de plusieurs arguments (deux, dans le cas de
trois corps). On supprime ensuite tous les termes périodiques pour ne
conserver que les termes constants. Il n'est pas sûr qu'on ne commette pas
ainsi une erreur considérable; car, si l'on faisait l'intégration en tenant
compte des termes périodiques, les approximations successives introduiraient
des termes à petit argument qui pourraient exercer une influence appréciable
sur la valeur de la période des excentricités. Au contraire, en étudiant les
équations (5), on ue rencontrera pas celte difficulté, puisque les coefficients
ne dépendent que d'un seul argument. L'étude de cette équation permettra
donc de se rendre compte de la grandeur de l'erreur commise par la méthode
ordinaire.
SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE O
Acta Mathematica, t. 13, p. 1-270 (28 avril 1890).
TABLE DES MATIERES.
Piiges.
Introduction 263
PREMIÈRE PARTIE.
GÉNÉRALITÉS.
Chapitre I. — Propriétés générales des équidinns différentielles.
1. Notations et définitions 265
i. Calcul des limites ; 270
3. Applications du calcul des limites aux équations aux dérivées partielles 280
4. Intégration des équations linéaires à coefficients périodiques 291
Chapitre II. — Théorie des invariants intégraux .
0. Propriétés diverses des équations de la Dynamique 295
6. Définition des invariants intégraux 3oo
7. Transformation des invariants intégraux 3o8
8. Usage des invariants intégraux 3i3
Chapitre III. — Théorie des solutions périodiques.
9. Existence des solutions périodiques 33i
10. Exposants caractéristiques 338
(') Mémoire couronné du Prix de S. M. le roi Oscar II de Suède le 21 janvier 1883.
SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. 263
Pages.
11. Solutions périodiques des liqualions de la Dynamique 343
13. Calcul des exposants caractéristiques SSg
13. Solutions asymptotiques 370
14. Solutions asymptotiques des équations de la Dynamique 379
DEUXIEME PARTIE.
ÉQUATIONS DE I.A DYNAMIQUE ET PKOBI.ÈME DES n CORPS.
Chapitre I. — Etude des cas où il n'y a que deux degrés de liberté .
lo. Représentations géométri(|ue5 diverses 396
Chapitre II. — Etudes des surfaces asymptotiques .
16. Exposé du problème 407
17. Première ap|)roximation 4io
18. Deuxième approximation 421
19. Troisième approximation 437
Chapitre III. — Résultats divers.
20. Solutions périodiques du deuxième genre 445
21. Divergence des séries de M. Lindsteld 462
22. Non-existence des intégrales uniformes 470
Chapitre IV. — Tentatives de généralisatiim.
23. Problème des n corps 476
Introduction.
Le travail qui va suivre et qui a pour objet l'étude du problème des trois
corps est un remaniement du Mémoire que j'avais présenté au Concours pour
le prix institué par Sa Majesté le Roi de Suède. Ce remaniement était devenu
nécessaire pour plusieurs raisons. Pressé par le temps, j'avais dû énoncer
quelques résultats sans démonstration; le lecteur n'aurait pu, à l'aide des indi-
cations que je donnais, reconstituer les démonstrations qu'avec beaucoup de
peine. J'avais songé d'abord à publier le texte primitif en l'accompagnant de
notes explicatives; mais j'avais été amené à niulliplier ces notes de telle sorte
que la lecture du Mémoire serait devenue fastidieuse et pénible.
J'ai donc préféré fondre ces notes dans le corps de l'Ouvrage, ce quia l'avan-
tage d'éviter quelques redites et de faire ressortir l'ordre logique des idées.
Je dois beaucoup de reconnaissance à M. Phragmén qui non seulement a
revu les épreuves avec beaucoup de soin, mais qui, ayant lu le Mémoire avec
264 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
altention et en ayant pénétré le sens avec une grande finesse, m'a signalé les
points où des explications complémentaires lui semblaient nécessaires pour
faciliter l'entière intelligence de ma pensée. Je lui dois la forme élégante que je
donne au calcul de S"' et de T'" à la fin du paragraphe 12. C'est même lui qui,
en appelant mon attention sur un point délicat, m'a permis de découvrir et de
rectifier une importante erreur.
Dans (juelques-unes des additions que j'ai faites au Mémoire primitif, je me
borne à rappeler certains résultats déjà connus; comme ces résultats sont
dispersés dans un grand nombre de recueils et que j'en fais un fréquent usage,
j'ai cru rendre service au lecteur en lui épargnant de fastidieuses recherches;
d'ailleurs je suis souvent conduit à appliquer ces théorèmes sous une forme
différente de celle que leur auteur leur avait d'abord donnée et il était indis-
pensable de les exposer sous cette nouvelle forme. Ces théorèmes acquis, dont
quelques-uns sont même classiques, sont développés, à côté de quelques propo-
sitions nouvelles, dans le Chapitre I (I" Partie).
Je suis bien loin d'avoir résolu complètement le problème que j'ai abordé. Je
me suis borné à démontrer l'existence de certaines solutions particulières
remarquables que j'appelle solutions périodiques, solutions asjmptotiques, et
solutions doublement asymptotiques. J'ai étudié plus spécialement un cas
particulier du problème des trois corps, celui où l'une des masses est nulle et
où le mouvement des deux autres est circulaire; j'ai reconnu que dans ce cas
les trois corps repasseront une infinité de fois aussi près que l'on veut de leur
position initiale, à moins que les conditions initiales du mouvement ne soient
exceptionnelles.
Comme on le voit, ces résultats ne nous apprennent que peu de chose sur le
cas général du problème; mais ce qui peut leur donner quelque pris, c'est
qu'ils sont établis avec rigueur, tandis que le problème des trois corps ne
paraissait jusqu'ici abordable que par des méthodes d'approximation successive
où l'on faisait bon marché de celte rigueur absolue qui est exigée dans les
autres parties des Mathématiques.
Mais j'attirerai surtout l'allenlion du lecteur sur les résultats négatifs qui
sont développés à la fin du Mémoire. J'établis par exemple que le problème
des trois corps ne comporte, en dehors des intégrales connues, aucune intégrale
analytique et uniforme. Bien d'autres circonstances nous font prévoir que la
solution complète, si jamais on peut la découvrir, exigera des instruments ana-
lytiques absolument différents de ceux (jue nous possédons et infiniment plus
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 265
compliqués. Plus on réfléchira sur les propositions que je démontre plus loin,
mieux on comprendra que ce problème présente des difficultés inouïes, que
l'insuccès des ellorts antérieurs avait bien fait pressentir, mais dont je crois
avoir mieux encore fait ressortir la nature et la grandeur.
J'ai fait voir également que la plupart des séries employées en Mécanique
céleste et en particulier celles de M. Lindstedt qui sont les plus simples, ne
sont pas convergentes. Je serais désolé d'avoir par là jeté quelque discrédit sur
les travaux de M. Lindstedt ou sur les recherches plus profondes de M. Gyldon.
Rien ne serait plus éloigné de ma pensée. Les méthodes qu'ils proposent
conservent toute leur valeur pratique. On sait en effet le parti qu'on peut tirer
dans un calcul numérique de l'emploi des séries divergentes et la série fameuse
de Stirllng en est un exemple frappant. C'est grâce à une circonstance analogue
que les développements usités en Mécanique céleste ont rendu déjà de si grands
services et sont appelés à en rendre de plus grands encore.
L'une des séries dont je ferai usage plus loin et dont je démontrerai d'ailleurs
la divergence, offre une grande analogie avec un développement proposé par
M. Bohlin à l'Académie de Stockholm le 9 mai 1888. Comme son Mémoire n'a
été imprimé que quelques mois plus tard, je n'en avais pas connaissance à
l'époque de la fermeture du concours, c'est-à-dire le 1°'' juin 1888. Je n'ai donc
pas cité le nom de M. Bohlin, je m'empresse de lui rendre ici la justice qui lui
est due. (Cf. Supplément aux Comptes vendus de V Académie de Stockholm,
t. 14 et Astronomische Nachrichten, n" 2883. )
PREMIERE PARTIE.
GÉNÉRALITÉS.
CHAPITRE I.
PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES.
1. — Notations et définitions.
Considérons un système d'équations dilTérentielles :
H. P. - VII. 34
266 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
OÙ t représente la variable indépendanie que nous appellerons le temps,
.ri, .r-j, ..., Xn les fonctions inconnues, où enfin Xi, X^, ..., X„ sont des
fondions données de x^, x-i, ..., x„. Nous supposons en général que les
fonctions Xi, Xo, . . . , X„ sont analytiques et uniformes pour toutes les valeurs
réelles Ae X{, x.^, . . ., x„.
Si Ion savait intégrer les équations (i), on pourrait mettre le résultat de
l'intégration sous deux formes différentes; on pourrait écrire
a;i = ç,(^ Cl, C,, ..., C„), ;ro= cp2(<, C, Cî, ..., C„), ...,
(2)
( -î'/i = ?«(', t'i, Co, . . ., C„)
C|, Cj, . . . , C, désignant les constantes d'intégration.
On pourrait écrire encore, en résolvant par rapport à ces constantes :
ICi = Fi {t, Xi, Xi, . . ., Xn),
Gi = F2(t, xi, X., ..., x„),
)
C,, = Fn(t, X,, Xi, .. ., Xn)-
Pour éviter toute confusion, nous dirons que les équations (2) représentent
la solution générale des équations (i) si les constantes C j restent arbitraires
et qu'elles représentent une solufion particulière si l'on y donne aux C des
valeurs numériques. Nous dirons d'autre part que dans les équations (3), Fi,
F2, ..., F/i sont n intégrales particulières des équations (1). Le sens des
mots solution et intégrale se trouve ainsi entièrement fixé.
Supposons que l'on connaisse une solution particulière des équations (i) qui
s'écrira
(4) a:, = !>,(<), :r2=cp2(0, ■■•, :e„=9„(0-
On peut se proposer d'étudier les solutions particulières de (i) qui diilcrent
peu de la solution (4). Pour cela posons
^i=?iH-?i, .^,= 90+^2, ..., .;:•„= Ç„-H|n,
et prenons pour nouvelles fonctions inconnues Çi, ^2, • • •> in- Si la solution que
l'on veut étudier diffère peu de la solution (4), les Ç sont très petits et nous en
pouvons négliger les carrés. Les équations (i) deviennent alors, en négligeant
les puissances supérieures des i :
Dans les dérivées -j-^^ les quantités Xi, 3:2, ■ . ., Xn doivent être remplacées
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 267
par cpi(î), 92(^), • • -, <p«(')) de sorte que ces dérivées peuvenL être regardées
comme des fonctions connues du temps.
Les équations (5) s'appelleront les équations aux variations des équa-
tions (i). On voit que les équations aux variations sont linéaires.
Les équations (i) sont dites canoniques lorsque les variables x sont en
nombre pair n = 2yP, se répartissant en deux séries Xi, Xo, . . . , Xp, Vi, y^, . . .,
Yp^ et que les équations (i) peuvent s'écrire
dXi r/F dvi d¥ , .
-dI = 7i^C iiT=-dI, (^ = ., 2, ...,/>).
Elles ont alors la forme des équations de la Dynamique et nous dirons, à
l'exemple des Anglais, que le système d'équations (6) comporte p degrés de
liberté.
On sait que ce système (6) admet une intégrale dite des forces vives :
F^const. et que si l'on en connaît /> — i autres, on peut considérer les
équations canoniques comme complètement intégrées.
Considérons en particulier le cas de « ^ 3 ; nous pourrons alors regarder a", ,
x-i et Xa comme les coordonnées d'un point V dans l'espace. Les équations
dx^ dx. dx-,
^^) ^-^" ^=^-^' -7h=^'
définissent alors la vitesse de ce point P en fonction de ses coordonnées. Consi-
dérons une solution particulière des équations (i)
^l=?l(0> ■Z^2=?2(<), a:3=Ç3(<).
Lorsque nous ferons varier le temps /, le point [' décrira une certaine courbe
dans l'espace; nous l'appellerons une trajectoire. A chaque solution particu-
lière des équations (i) correspond donc une trajectoire et réciproquement.
Si les fonctions Xi, X2 et X3 sont uniformes, par chaque point de l'espace
passe une trajectoire et une seule. Il n'y a d'exception que si l'une de ces trois
fonctions devient infinie ou si elles s'annulent toutes les trois. Les points où ces
cas d'exception se présenteraient s'appelleraient /JOtrt^i singuliers.
Considérons une courbe gauche quelconque. Par chacun des points de cette
courbe passe une trajectoire; l'ensemble de ces trajectoires constitue une
surface que j'appellerai surface-trajectoire.
Comme deux trajectoires ne peuvent se couper sinon en un point singulier,
une surface-trajectoire qui ne passe en aucun point singulier ne peut être
coupée par aucune trajectoire.
2()8 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Nous aurons fréquemment dans la suite à uoiis occupci- de la ([ueslion de la
stabilité. Il y aura stabilité si les trois quantités j,, Xo, a'^ restent inférieures à
certaines limites quand le temps t varie depuis — oo jusqu'à +00; ou en
d'autres termes, si la trajectoire du point P reste tout entière dans une région
limitée de l'espace.
Supposons (|u'il existe une sui'face-lrajectoire fermée S; cette surface parta-
gera l'espace en deux régions, l'une intérieure, l'autre extérieure, et aucune
trajectoire ne pourra passer d'une de ces régions dans l'autre. Si donc la
position initiale du point P est dans la région intérieure, ce point y restera
éternellement; sa trajectoire sera tout entière à l'intérieur de S. 11 y aura donc
stabilité.
Ainsi la question de stabilité se ramène à la recherche des surfaces Irajec-
loires fermées.
On peut varier ce mode de représentation géométrique; supposons par
exemple que l'on pose
.Ti = '\ii(z,, :,, zs), a;2= ij<2(-i, -2, =.i)i ■2-3= '^3(21, -2, ^3),
les 4' étant des fonctions de z (jui sout uniformes pour toutes les vale\irs réelles
des z. Nous pourrons considérer non plus Xi, x.^, X;t, mais z^ , s,, ^3 comme les
coordonnées d'un point dans l'espace. Quand on connaîtra la position de ce
point, on connaîtra z,, z^, z-,^ et par conséquent Xt, x-,, x,^. Tout ce que nous
avons dit plus haut reste exact.
Il suffit même (jue les trois fonctions 4' restent uniformes dans un certain
domaine, pourvu (|u'on ne sorte pas de ce domaine.
Si n > 3, ce mode de représentation ne peut plus être employé en général, à
moins qu'on ne se résigne k envisager l'espace à plus de trois dimensions. Il est
pourtant un cas où la difficulté peut être tournée.
Supposons par exemple que « = 4 et qu'on connaisse une des intégrales des
équations (i). Soit
(7) V{x^, Xo, Xs, Xi) = G
cette intégrale. Nous regarderons la constante d'intégration C comme une
donnée de la question. Nous pourrons alors tirer de l'équation (7) une des
quatre quantités Xi, x^, x.^, x,, en fonction des trois autres, ou bien encore
trouver trois variables auxiliaires Zi, z^, z-^, telles qu'en faisant
X, = tJ-iCai, 32, -3), ■'■:i= ^-iizu -s, 33),
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. ïClJ
on satisfasse à l'(^quallon ('7) quelles que .soient les valeurs de -i, -o, .:•,. Il
arrivera souvent qu'on pourra choisir ces variables auxiliaires z de façon que
les quatre fonctions ']/ soient uniformes, sinon pour toutes les valeurs rebelles
des s, au moins dans un domaine d'où on n'aura pas à sortir.
On pourra alors représenter la situation du système par un point dont les
coordonnc^'es dans l'espace seront 5i, z^ et ^;,.
Supposons par exemple que l'on ail des équations canoniques avec deux
degrés de liberté :
rit ~ 7/77' TTT "~ rtV7'
clt <lx\ dl fixi
Nous aurons quatre variables xi, ajoi J'i) .,)•.>> mais ces variables seront liées
par l'équation des forces vives : P^ = G, de sorte que si nous regardons la
constante des forces vives G comme connue, il n'y aura plus que trois
variables indépendantes et que la représentation géométrique sera possible.
Nous distinguerons parmi les variables X\^, x«, . . ., x„, les variables linéaires
et les variables angulaires. Il pourra arriver que les fonctions Xi, X», ..., X„
soient toutes périodiques par rapport à l'uue des variables ar,- et ne changent
pas quand celle variable augmente de 2-1:. La variable xi el celles qui jouissent
de la même propriété seront alors angulaires; les autres seront linéaires.
Je dirai que la situation du système n'a pas changé si toutes les variables
angulaires ont augmenté d'un multiple de 27r, et si toutes les variables linéaires
ont repris leurs valeurs primitives.
Nous adopterons alors un mode de représentation ici que le point représen-
tatif P revienne au mcnio point de l'espace quand une ou plusieurs des variables
angulaires aura augmenté de 27t. Nous en verrons des exemples dans la suite.
l'armi les solutions particulières des équations (1), nous distinguerons les
solutions périodiques. Soit
une solution particulière des équations (i). Supposons qu'il existe une
quantité /* telle que
quand Xi est une variable linéaire el
^i{t -h h) = 'Si{t ) -i- 2 kx: (A-élanl entier)
270 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
quand jr,- est une variable angulaire. Nous dirons alors que la solution consi-
dérée est périodique et que h est la période.
Si l'on ado[)le un mode de représentation géométrique tel que le point
représentatif reste le même quand une dos variables angulaires augmente de 271,
toute solution périodique sera représentée par une trajectoire fermée.
2. — Calcul des limites.
L'une des plus belles découvertes de Cauchy {C. R. Acad. Se, I-4, p. 1020),
quoiqu'elle ait été peut-être peu remarquée de son temps, est celle qu'il a
appelée le calcul des limites et à laquelle nous conserverons ce nom, quelque
mal justifié qu'il puisse être.
Considérons un système d'équations difTérenlielles
(I) È=-^''(^'->''^)' â;=-^^(*''->''^^-
Si /i et /^ peuvent être développés suivant les puissances croissantes de x, y
et :;, ces équations admettront une solution de la forme suivante :
j- = 9,(a;), z = <f,{x),
çi et 92 étant des séries développées suivant les puissances croissantes de x et
s'annulant avec x.
l^our le démontrer, Cauchy remplace les deux fonctions J\ et /'o par une
expression de la forme
.,, . M
en choisissant M, a, ,3, y de façon que cliaque terme de/' ait un plus grand
coefficient (en valeur absolue) que le terme correspondant de yi el de f.,. En
remplaçant ainsi fi et f-, [)ar y, on augmente les coefficients de cpj et de cf^ et
comme ces deux séries sont convergentes après ce changement, elles devaient
l'être également avant ce changement.
Tel est le principe fondamental du calcul des limites dont Cauchy a fait
d'ailleurs beaucoup d'autres applications et que plusieurs géomètres ont nota-
blement perfectionné depuis.
Le plus grand de ces perfectionnements est dû à M. Weierstrass qui a
remplacé la fonctiony'(a?, y, z) de Cauchy par une autre plus simple qui peut
jouer le même rôle.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 27I
• Écrivons les équations (i) sous la forme
(i') -^ =/i(^. J-) -): J =/2(a;, 7, -3), -^^ =f{x,Y, z) = \.
Remplaçons-y ensuite/", fi e\. f-< par la fonction de M. Weierslrass :
M
f'{3:,y, z) =
s deviendront
r
(2')
I — Ol.{X -H J- -t- ^)'
elles deviendront
dx _ dy _ dz _ M
dt dt dt I — a ( x -i- _}• -I- - )
Les équations (i') sont satisfaites formellement par des séries
x = 9(0 = ', .v = 9i(0. - = Ç2(0-
développées suivant les puissances croissantes de l et s'annulant avec t.
De même les équations (2') seront satisfaites par des séries
^ = v'(0> j' = ?'i(0> 3 = <f'2(<;
développées suivant les puissances croissantes de t et s'annulant avec t. [On
voit facilement d'ailleurs que o'(') ^ o', {t) =^ tp'^ (<).]
Si M et a sont convenablement choisis, les coefficients des séries 9' sont plus
grands que ceux des séries o; or les séries cp' convergent; donc les séries cp
convergent également. c. q. f. d.
Je n'insiste pas sur ces démonstrations qui sont devenues tout à fait
classiques et qui se trouvent développées dans tous les traités un peu complets
d'Analyse, par exemple dans le Cours d' Analyse de M. Jordan (t. 3, p. 87).
Mais on peut aller plus loin.
Théorème I. — Imaginons que les fonctions f, et f., dépendent, non
seulement de x, )', et 3, mais d'un certain paramètre arbitraire p. et
qu'elles puissent se développer suivant les /missances croissantes de x, y, z
et [L. Ecrivons alors les équations (i) sous la forme
dx dy dz , , ^
On peut trouver trois séries
^ = fit, ,'■'1 ^0, Xo, Zo) = t -i-Xo, y = ?i(/, [^, a;o, ^'o, =0), z = ?o(;, ^i, Xa, .ro, s»)
qui satisfassent formellement aux équations (i"), qui soient développées
suivant les puissances croissantes de t, de n et de trois constantes d'inté-
272 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
gration Xa, jj'o, ^o et qui enfin se réduisent respectivement à Xo, yo et z-o
pour t^= o.
Je dis que ces séries convergent jtourvu que t, p., Xa, J'o et Za soient
suffisamment petits.
En eflet remplaçons/, J\ elf-i par la fonction
M
f'(^,y, =, 1^) =
(1 — |i,a)[l — x{x-hy-hz)}
Celle fonction/' peut être développée suivant les puissances de x, y, z et |j..
On peut prendre M, a et 3 assez grands pour que chaque terme de/' soit plus
grand que le terme correspondant de/, de/i et de/a.
Nous obtiendrons ainsi les équations
, f/x _ dy _ dz _ M
^^ ' ~dt~'~dt~di~ (\ — \^\>.)[\ — a{x + y ^ z)\
On peut trouver trois séries
^ = ?'('> !-'! ^0, >'o, So), y = o', (^ ;i, a:o, Jt'o, ^o), ; = ?2(?, |^, Xo, Vo, s»)
développées suivant les puissances de <, p., jTo, jKo, -qi satisfaisant aux équa-
tions (2") et se réduisant respectivement à x», j'u, ^0 pour < = o.
En raisonnant comme le faisait Cauchj, on démontrerait que chaque terme
des séries '^' est plus grand que le terme correspondant des séries cp. Or les
séries ta' convergent, si t, p., j;„, y,, et z„ sont assez petits. Donc les séries ©
convergent également. c. q. f. n.
On peut tirer de là diverses conséquences.
Théorème II. — Nous venons dé voir que x, y et z peuvent être développés
suivant les puissances de t, pi, x^ ya et z» pourvu que ces cinq variables,
y compris l, soient suffisamment petites.
Je dis que x, y et z pourront encore être développées suivant les puissances
des quatre variables p., x„, ya, et Za quelque grand que soit t pourvu que
les quatre variables p., Xo, y a, et z^ soient assez petites (*).
11 y a toutefois un cas d'exception sur lequel je reviendrai.
En effet nous trouvons d'abord trois séries
^ = ?(', H. ^0, 70, -0), y = zi{t, [X, Xa, y„, zo), z = ^^{t, \i., Xo, yo, s^)
{') Voir aux Notes, Séries.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 278
qui définissent ar, }' el z pour les valeurs suffisamment petites de p., Xa, Vu, ^n,
et quand j < | < p, p étant le rayon de convergence de ces séries. Si donc (, est
un point intérieur au cercle de convergence et si x,, y, et Zi sont les valeurs
dex, 7 et G pour t = <i, on voit que Jîi, j'i et Cl sont des fonctions holomorphes
de [x, Xo, J'u et z„, c'est-à-dire développables suivant les puissances de ces
variables si elles sont assez petites.
Soient ensuite j;% y" et z" les valeurs de x, , j', et Zi pour
iji = Xo = J'o = Zo= o.
Cela posé, on aura dans le voisinage du point t ^ tf
i a; = ?'(« — ^, ,u, xi— xj, 7,— /?, =1— ^î),
(3) I .x = ç',(<-<i> K, -^i-^î. ri-rî. -i-3Ï)>
( - = 'r'-i(( — 'i> 1^1 ^1 — •'^î> Xi— y^i, -zi— =?)•
Les séries cp', cp', el cp'„, tout à fait analogues aux séries (y, 91 et cp^, sont définies
comme il suit.
Elles satisfont aux équations différentielles; elles sont développées suivant
les puissances de t — tt, p., Xi — x% y, — y" el z, — c" ; elles se réduisent àx\,
y\ et Zi pour t ^= ti.
Elles convergeront si fi, Xi — xi, y, — yl, z, — 5° sont assez petits et si
\ t — <i I < pi, p( étant le raj'on du nouveau cercle de convergence Ci.
Si t est un point intérieur à ce nouveau cercle de convergence C), on voit
que x, y el z seront fonctions holomorphes de ft, x^ — ^',', JKi — y" et 5, — s°.
Mais Xi — x'', )i — yl, s, — z'I sont déjà fonctions holomorphes de p., Xu, j'o, ~o-
Donc, pour tout point t intérieur au cercle Ci, les trois quantités x, y el z
sont des fonctions holomorphes de p, Xg, jKo ^0 développables selon les
puissances de ces variables si elles sont assez petites.
Supposons maintenant que le point C soit extérieur au cercle Ci, le théorème
sera encore vrai; il est clair en effet qu'il suffit pour le démontrer pour une
valeur quelconque de t, de répéter le raisonnement précédent un nombre
suffisant de fois, pourvu que les rayons pi, p;,, . . . des cercles de convergence
envisagés successivement restent supérieurs à une quantité donnée.
Cette convergence sera d'ailleurs uniforme pour toute valeur de t inférieure
à ta, quelque grand que soit <o-
On ne serait arrêté que dans un cas.
Le théorème de Cauchy cesse d'être vrai si les fonctions/, el/3 ne sont plus
H. P. — VII. 35
2^4 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
holomorphes en x, y, -; par exemple si elles deviennent infinies, ou cessent
d'être uniformes.
Si l'on ne peut pas développer les fonctions/,/! et/^ suivant les puissances
croissantes de fx, de x — x",, r — yl, s — s", il n'existera pas en général trois
séries cp', (f\ et cp!, de la forme (3) satisfaisant aux équations différentielles.
On dit alors que le point
est un point singulier.
Si donc, en faisant variera, on voyait le point mobile (x. y, z) passer par un
point singulier, notre théorème serait en défaut. Si t variant depuis t = o
jusqu'à t := t„, le point mobile {x, y, z) ne passe par aucun point singulier, le
rayon de convergence de la série de Cauchy ne pourra s'annuler et l'on pourra
lui assigner une limite inférieure, de sorte que les trois fonctions a", y, z seront
développables suivant les puissances de /ji, x„, y^, z„ pour toute valeur de t
inférieure à ^o- Mais si pour t = to, le point (x, y, z) se confond avec un point
singulier, le théorème cessera d'être vrai pour les valeurs de t supérieures à ^i,.
Notre théorème comporte donc un cas d'exception. Mais ce cas ne se
présentera pas dans le problème des trois corps et nous n'avons pas à nous en
inquiéter. Soient en effet {x,, y^, z., ), {x^, y.,, Zo), {x,,, y,,, 5;,) les coordonnées
des trois corps, /••.:!, /'m, /'io leurs distances mutuelles, rtii, m., et m^ leurs
masses. Les équations du problème seront de la forme suivante :
dt- ~ rï', r~{.
Le second membre de cette équation ne pourrait cesser d'être holomorphe
en Xi, yi, Si, Xi, y-i, Sa, x.,, j:,, Zn, que si l'une des trois distances T;;,, /'i^, ru
venait à s'annuler, c'est-à-dire si deux corps venaient à se choquer. Or nous
n'appliquerons jamais notre théorème que quand on sera certain qu'un pareil
choc ne peut se produire.
Le même résultat peut encore être établi d'une autre manière. Reprenons les
équations
dx j., , dv , dz . .
^ =/(-^, 7, 2. H-), ^ = /i(^>,y> -> h), ^ =/(a;, r, z, (^)-
Les fonctions /, /i, [2 pourront en général être développées suivant les puis-
sances croissantes Ae x — x,,, j — jo, 3—3,,, f-t — po pour les valeurs de x, y,
z et (A suffisamment voisines de :ro, y^, z» et /jl,,- S'il existe un système de
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 276
valeurs de Xo, y», Zo, i-i-i, pour lequel cela n'ail pas lieu, je dirai que ce système
de valeurs est un des points singuliers de nos équations différentielles.
Cela posé, ces équations admettront une solution telle que x, y et z
s'annulent avec t; et cette solution dépendra manifestement de fi. boit
cette solution. Il résulte de la définition même de cette solution que l'on a,
quel que soit ^j. :
to,(o, ix) = (02(0, n) = 0)3(0, ji) = o.
Dans la plupart des applications, on pourra effectuer l'intégration pour fx ^ o,
de telle sorte que les fonctions oj,(;, o), r^y^it, o), ^^^{t, o) seront connues. Je
suppose que, pour aucune des valeurs de t comprises entre zéro et Ci, le
système de valeurs c.)i(^, o), wa(<, o), ('>j{t, o), o ne soit un point singulier de
nos équations différentielles.
Pour employer un langage incorrect, mais commode, je dirai que la solution
particulière
x= M,(t, o), y = 0>i{t, o), z = l»3{t, o),
ne passe par aucun point singulier.
Si cela n'avait pas lieu, nous nous trouverions dans le cas d'exception dont
j'ai parlé plus haut.
Si au contraire, cela a lieu, ce que je supposerai, je dis que les expressions
wi('i, (J-), W2('i, i^), W;i(<i, f) sont des fonctions de p. développables suivant
les puissances croissantes de cette variable.
Posons en effet
X = ^ ~i- Uii(t, o), y = 7) -t- W2(<, o), 3 = Ç -H W3(/, o),
les équations différentielles deviendront
(4) ^ = 9(5. -i, î, <, |i), -^ = ?i(l, ■'•il ç, <, 1^), -^] = 9'-(^, -n, l, t, II).
Il résulte de l'hypothèse que nous avons faite que pour toutes les valeurs
de t comprises entre zéro et t, , les fonctions 9, cp, et cp^ peuvent être développées
suivant les puissances de ^, 0, Ç et jn, les coefficients du développement étant
des fonctions du temps.
J'observe de plus que pour |j. = o, les équations différentielles doivent être
satisfaites pour
ç = ^ = ^ = o.
276 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
es qui veut dire que 9, 91 el 92 s'annuleul quand |j:, 5- 'n, K s'aanulenl à la fois.
On pourra alors trouver deux nombres positifs M et a tels que, pour toutes
les valeurs dut comprises entre zi^ro ct^i, chaque coefficient du développement
de o, 9i ou 93 suivant les puissances croissantes de f, v, K et p. soit plus petit
en valeur absolue que le coefficient correspondant du développement
, M(E -4-T, -I- ^ + u) /• , • ■ 1 cr ■ . j . j
de ^77 y , ou a jorttori que le cuetlicient correspondant du
I 3t(Ç-l-T, -I-Q-I-IX) •' 1 ^
développemcut de
.\(K ^ V ..N_ M(g -t--n ■+-;-i-[x)[i-i-a(E + -n + ; -H g.)]
Comparons donc les équations (4) aux suivantes :
(5) 3 = j = ^=«=,„,.,
La solution des équations (4). qui est telle que 4; 'n el K. s'annulent à la fois
pour f := G, s'écrit
5 = (0,(/, u ) — (.),(/, o), 7) = w, (?, u) — iM-i(t, o), ; = 0)3(Z, (Jl) — ^^H{t, o).
Dun autre côte les équations (à) admettent une solution
telle que ;, /), t, s'annulent avec t.
En raisonnant comme l'a fait Gauchj, on verrait que si (•)'(/, p) est dévelop-
pable suivant les puissances croissantes de p, il doit en être de même de
(i),(<. p.) — wi (^, o), ti)2 (<, /J-) — f^-i{t-, o), '■-.),,(<, p.) — &>:;(<, o), et que chaque
coefficient du développement de ces trois dernières fonctions est plus petit en
valeur absolue que le coefficient correspondant de w'(f, p.), au moins pour
toutes les valeurs de t telles que o< < <C 'i- Or les équations (5) sont faciles à
intégrer et l'on vérifie aisément que tij'(z, p) peut se développer suivant les
puissances de p. Donc |, 0 et Ç sont également développables suivant les
puissances de p. pourvu que o < ^ < '<• c. q. f. d.
TiiÉORiiME III. — Cela posé, so/t
X = M,{t, ;x, Xo, y,„ z„), y = '<>^(t, }!, Xo, j'o, Zo,) s = "'ait, 1^, ^0, J'o, -so)
celle des solutions île nos équat/nns différentielles, ijui est telle que
X = xo, y==yo! z = zi)
/lour t = o.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 277
Considérons les fonctions
(Oi(Zi-f- -, [X, Xa, fo, So), (i>«(ti-i-T, [X, Xo, fo, So), 0J:,(<i-4- T. ix, x„, ) „, ^0 )•
Je dis gabelles sont développables suivant les jniissances de p., x^,, Vo, -o s' '^
pounni que ces quantités soient suffisamment petites.
Posons en effet
,'1-1- -
X = X -\- Xa, |- = >• -H j'o, z = z -^ za, t = t —,
'1
Nos équations deviendront
^ = M + ^J /(j'-l-.ro,.)'-+-Jo, z' -{-Zi,, \x),
ctx
w
lu
f 1+ M.ACj'-I-^o, /' + Jo, ^'+-0, J^).
Ces équations contiennent cinq paramétres arbitraires, à savoir p., x„,}\fi z„, z.
Considérons donc la soUuion de ces équations qui est telle que -c', y', z'
s'annulent avec t' ; soit
x' = i-'i'iU' , \x, x„, yt,, Zu,x), y = m',{1' , [x, x„, yo, z„,-z), z'=m'-(1', ji, Xo, yo, ^o, t),
Il résulte de ce que nous venons do voir c|uo si l'on fait ?'= ti les expressions
to',(/,, u, Xo, .)o, z„, t), lo'-ii'i, IX, Xo, fo, Zo, -), oi'r.i'ij l^> -^'oi ,)o> ~'>i ~)
sont développables suivant les puissances de p., Xa, y„, Zo et t. Mais il est
manifeste que l'on a
( "-"'iCb !-') "«^o, .) u, =0, -) = tO|(<, -t-T, ;J., Xo, J'c, ^o)-
(6) l o)o(<i, fi, Xo, Jo, :;o, -) = w.,(?i-(--, jx, j;o, Jo, =0),
|J., Xo, ,) 0, ;o, ") = w.-i('] + t, IJ., -ro, Jo, -o)-
Donc les seconds membres des équations (6) sont également développables
suivant les puissances de p, Xo, j'o, ^o fl "• c. q. f. d.
Théorème IV. — Caucliy a tiré du calcul des limites un autre théorème
d'une extrême importance.
Voici quel est ce théorème :
Si l'on a n -{- p quantités yi, y-i; • • • , J'«, Xi, x->, . . . , Xp entre lesquelles
ont lieu n relations
i /'(fu }'■!, ••■: .Vn, 3:,, Xi, ..., Xf,) = 0,
, , ) /^(/l, y2, . ■■, Xn, ^h X-i, ..., X,,) = O,
/nifi) fit • • • ! J'ni -^Ii ^2, • ■ • j Xy,) = o;
278 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
s/ les f sont déi'eloppables siiivanl les puissances des x cl des y et
s'annulent avec ces n + p variables;
si enfin le déterminant fonctionnel des / j>ar rapport aux y n'est pas
nul quand les x et les y s'annulent à la fois;
on pourra tirer des équations (7) les n inconnues y sous la forme de
séries développées suivant les puissances croissantes de Xi, x^, ■ ■ ■ , Xjj.
Considérons en effet ^j comme la seule variable indépendanle, x-xtX.^, •■■iXp
comme des paramètres arbitraires, nous pourrons remplacer les équations (7)
par les n équations différentielles :
(8) -T^ -i ^ i^ -, ^•••-^ 77^ TT^ + 77^ =0 (J = i, 2, ..., n).
rt>i dx^ avi tixi dy„ dx\ dxi
Nous sommes ainsi ramené au cas dont nous venons de nous occuper.
En particulier si f{y, Xi, Xn, . . ., x,,) est une fonction développable suivant
les puissances de y, Xi, x^, . . . , x„ ; si quand les x et y s'annulent à la fois,
on a
si enfin )- est défini par l'égalité f=o, y sera développable suivant les
puissances de x.
Il nous resterait à examiner ce qui se passe quand le déterminant fonctionnel
des / par rapport aux y est nul. Cette question a fait l'objet de recherches
nombreuses sur lesquelles je ne puis insister ici, mais au premier rang
desquelles il convient de citer les travaux de M. Puiseux sur les racines
des équations algébriques. J'ai eu moi-même l'occasion de m'occuper de
recherches analogues dans la première partie de ma Thèse inaugurale (Paris,
Gauthier-Villars, 1879) ('). Je me bornerai donc à énoncer les théorèmes
suivants, en me bornant à renvoyer pour les démonstrations, soit aux traités
classiques, soit à ma thèse.
Théorème V. — Soit y une fonction de x définie par V équation
(9) /(,ri-») = o,
oii f est développable suivant les puissances de x et de y.
(') Œuvres de II. Poincaré, t. I, p. n..
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 271)
df d- f rf™— 1 f
Je suppose que pour x =y ^ o, /s'annule ainsi que --,- > -r^i • • • > , ^_,i
dm f
mais que -r^ ne s'annule pas.
Il existera m. séries de la forme suivante :
1 2 n
(10) y = aix" -\- anx" -h a^x" -^- . . .
(où n est un entier positif et où O), «o ... sont des coefficients constants) qui
satisferont à l'équation (g).
Corollaire I. — Si la série (lo) satisfait il l'équation (g) il en est de même
de la série
y = a^ax" ■+■ an^-x" ■+- ar^a^x" -h. . .,
OÙ a est une racine n^'"'" de l'unité.
Corollaire II. — Le nombre des séries de la forme (lo) développées
1
suivant les puissances de x" (sans pouvoir être développées suivant les
1
puissances de a?'', p <C. n) est divisible par n.
Corollaire III. — ■ Si A\ni est le nombre des séries (lo) développables
1
suivant les puissances de a:"', si k^n., est le nombre des séries (lo) dévelop-
1
pables suivant les puissances de x"', .... si kj,np est le nombre des séries (lo)
développables suivant les puissances de x"p, on aura
A', /i I + A'» «2 -H . . . + kpHf, = m,
d'où l'on conclut que si m est impair, l'un au moins des nombres n^, n,. . . •
np est aussi impair.
Théorème VI. — Si l'on a les équations
i/iiyuyi, ■■■■, yp- ^) = o,
/--{y^yu ■■■,yp, x) = o,
fp(ru.n, ■■■, yp, x) = o,
dont les premiers membres sont développables suivant les puissances des y
et de X et s'annulent avec ces variables , on pourra toujours éliminer entre
ces équations y^, y^, . . . , y^ et arriver à une équation unique fi^y^, a;) = o
de même forme que l'équation (9) du théorème précédent.
28o SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
11 n'y aiirail d'excej>tion que si les (^(jualions (i i) cessaient d'iHre dislincles.
CoROLLAlRK DES TIIÉOUÈMES V ET VI. — Lc iflCOVCUle IV s'upplujUe tOUteS
les fois que le déterminant fonctionnel des f n'est pas nul, c'est-à-dire
toutes les fois que quand les x s'annulent, les équations
(7) /.=./". = ...=/„ = o
admettent
Vi= r2 = . . . = j)'„ = o
comme une solution simple.
II résulte des théorèmes V et VI et de leurs corollaires énoncés plus haut que
le théorème IV est encore vrai si cotte solution est multiple, pourvu que
l'ordre de inultiplicilé soit impair.
3. — Applications du calcul des limites aux équations
aux dérivées partielles.
Cauchy avait déjà appliqué le procédé du calcul des limites aux équations
aux dérivées partielles. M""' Kowalevski a considérablement simplifié la
démonstration de Cauchj et a donné au théorème sa forme définitive.
Voici en quoi consiste le théorème de M""-' Kowalevski (^Journal de Crelle,
t. 80).
Considérons un système d'équations aux dérivées partielles définissant
n inconnues zi, Sn, . . . , 5„ en fonction de p variables indépendantes.
Supposons que ce système s'écrive
r/z, ' . I r/z, fizi ./;, \
dxi \ ax.2 dx:i '/■i'iij
riz. ( riz, rlzi ,lz, \
(l) < (Ixi \ fix-i rix) ilxp I
c1z„ l (Izi rlzi rizi
axt \ rlxi dx, rlx^,
f if fil ■ • -1 fn étant développés suivant les puissances de .r, , x-^, . . . , t,, el des
-j «,7, (< prend les valeurs i , 2, ..., n\ k les valeurs 2.3, . . . , p\ enlin les a,/,
sont des constantes quelconques).
Soit maintenant
••}'l(«2, J^n, .. ., a^/,)) <}'2(-^2l ^3, . . ., ^Z-), ••■, ■i^niX^i, Xi, . .., Xp)
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 281
n fonctions données quelconques, développées suivant les pjiiissances crois-
santes de a?2, 373, . . . , Xp et telles que
-f— = i^ik pour Xi= X:i = . . .= Xp= o.
Il existe n fonctions
développables suivant les puissances de Xi, x-j, .... Xp, qui satisferont aux
équations (i) et qui se réduiront respectivement à ili, ^2, •••) '^npour Xi= o.
J'ai moi-même cherché à étendre les résultats obtenus par M"" Kowalevski
[Thèse inaugurale ('), Paris, Gauthier- Villars, 1879) el j'ai étudié en détail les
cas que la savante mathématicienne avait laissés de côté.
Je me suis attaché en particulier à l'équation
(Iz dz dz
^ f/j-i dx« dj„
OÙ Xi, X2, . . . , X„ sont développés suivant les puissances de x^, x^, . . . , Xn',
je suppose de plus que dans le développement de X(, Xo, . . ., X„, il n'y ait
pas de terme tout connu el que les termes du premier degré se réduisent res-
pectivement à liXi, l^x-x, .... y.nXn, de telle sorte que
X,= X,j-,— Y,,
Y, désif^nant une suite de termes du deuxième degré au moins par rapport à
•^ \ j •^i î * • • ï '^ n •
J'ai démontré qu'à certaines conditions cette équation admet une intégrale
holomorphe développable suivant les puissances de Xi, x-2, . . . , Xn-
Pour que celte intégrale existe, il suffit :
1° que le polygone convexe qui contient les n points li, 1-2. ..., )h ne
contienne pas l'origine;
2° que l'on n'ait aucune relation de la forme
/««Xo-f-. . .-t- /«„X„= Xi,
oii les m sont des entiers positifs dont la somme est plus grande que i (-').
(') Œuvres de If. Poincaré, t. I, p. 11.,
(-) Dans ma thèse, je n'énonce pas cette restriction et je ne suppose pas que la somme des ai
soit plus grande que i. Il semblerait donc que le théorème est en défaut quand on a par
H. P. — VII. 36
282 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Je vais chercher à généraliser le résultat obtenu dnns ma thèse.
Au lieu de l'équation (2) envisageons l'équation suivante :
fiz f^z dz dz
dt ' dx\ ' ' dx^ '"' " dx„
Nous avons encore
X(= '/.iX, — \i,
Y,- désignant une fonction développée suivant les puissances Xi, x^, . . . , x„ et
ne comprenant que des termes du deuxième degré au moins par rapport à
ces n variables. Mais Y,- ne dépendant pas seulement des j:, il dépend aussi do C,
de sorte que les coefficients du développement de Y, suivant les puissances
des X sont des fonctions de t. Nous supposerons que ce sont des fonctions
périodiques de t de période 2 tt développées suivant les sinus et cosinus des
multiples de t.
Je me propose de chercher dans quel cas l'équation (3) admettra une inté-
grale holomorphe développée suivant les puissances de a?,, x^, . . . , a;„ et telle
que les coefficients du développement soient des fonctions périodiques de t.
Voyons d'abord quelle va être la forme de Y,-. Nous allons développer Y,
suivant les puissances croissantes de Xi, x^, ..., x„; considérons le terme
en wC^'Xj' . . . T^".
Le coefficient de ce terme étant une fonction périodique de t pourra se déve-
lopper suivant les sinus et cosinus des multiples de t, ou ce qui revient au
même suivant les puissances positives et négatives de e'^~'.
Nous pourrons donc écrire
Yi= S C-.p. ,,«„..«„ e?'\^'x'i'xf- . . . xl".
Les C sont des coefficients constants; (3 est un entier positif ou négatif; aj,
Ko, ■ . ■ . <Xn sont des entiers positifs tels que
ai H- oo -I- . . . -I- «„ ^ 2.
exemple >.j= >.,. Il n'en est rien. Si l'on avait
ni,).,-H. . .-)- /»„).„= X, (m,-+- «13-1-. . .-t- »i„> 1)1
A . .
certains coefficients du dcveloppement prendraient la forme — et deviendraient infinis. C'est
pour celte raison que nous avons du supposer qu'une pareille relation n'a pas lieu. Si l'on avait
au contraire À, = À, certains coefficients prendraient la forme -•
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 283
J'écrirai aussi quelquefois en supprimant les indices
Y,= SCe3'»'^a:î'.rî'...:r^.
Posons maintenant
el envisageons l'équation suivante :
(4) (v,x,_y'.)^+(//.^«.-y',)^-^... + (>4^.-y;,)|^ = x'.z.
Dans cette équation -^ n'entre plus; nous pouvons donc regarder l comme
un paramétre arbitraire et Xi, Xj, . . ., Xn comme les seules variables indé-
pendantes. Si donc les quantités X',, A',, . . ., X'„ satisfont aux conditions que
nous avons énoncées plus haut, l'équation (4) [cjui est de même forme que
l'équation (2)] admettra une intégrale holomorphe.
Nous supposerons
X', = /.; = ...= >,;,.
Nous supposerons de plus \\ réel el positif.
Cela posé, soit
(5) = = i:A;ia,,,..«„e?'>'=î./-î'.r?=...,r^
une série satisfaisant formellement à l'équation (3). Comment pourra-l-on
calculer les coefficients A par récurrence ?
En écrivant l'équation (3) sous la forme
dz . dz . dz , „ dz „ dz ., dz
-j- + Aia;i-j h. . .-+- K„x„-j A, 3 = Y, -; h \._- h. . .+ \,i-r~
ai dXi dx„ dx\ dxi dx„
et en identifiant les deux membres, on trouve
Ap. «,:<,. ..a„[p v'-^-t-'^ai-l- X,»., -I- ... -f- X„ «„—),, ] = P[C, A],
P[C, A] étant un polynôme entier à coefficients positifs par rapport aux C et
aux coefficients A déjà calculés.
Soit maintenant
(6) ; = ï Ap.„,a,...<x„ e^-^?'x'',^xf. . . xl"
une série satisfaisant à l'équation (4). Pour calculer les coefficients A' nous
écrirons l'équation (4) sous la forme
^ , dz , , dz , dz dz dz d^
X', a;, -=— + X'j rrs -5— -4- . . . -H X'„ x„ -j^ - X', : = Y', ^ -+- Y'„ -Ç^ + . . . -h Y' i^ .
dxi dx^ " dx„ ' dxi - dx-,. " dx,,
■iS4 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
En ideatillanl les dou\ membres, nous trouverons
\'i.x,y^,...a„p-'<^'-+- À2 3ij + ----i->.;,x„— À', I = P[ ; ci, A'].
P[ C ,, A'] ne dili'ore de P[C, A] que parce que les C sont remplacés par leurs
modules et les A par les A'.
Les V étant réels positifs ainsi que les coeflicients du poljnouie P, les A'
seront ainsi réels et positifs.
Pour que Ion ait ensuite
I "^li.ct,tt,...x„ \ <! \p.a,o(....a,.j
11 suflit que Ion ait toujours
. .-I- X;,2„— X', < I p V'— I + XiOi-l- ),2a.2 4-. . .-h X„3(„— ),1 I
A , «i -I- /,., a.2
(7)
[3 V/— I -)-).,(«, — l) -4- X2«2-t-- • •+ X„0!„
(ai — 1) + a» -»-... + «„
Si l'on a choisi >,', de façon à satisfaire à l'inégalité (7), on aura donc
1A|<A'.
Or la série (6) converge, donc il en sera de même de la série (5).
Ainsi donc pour que la série (5) converge, il suflit qu'on puisse trouver une
quantité positive À', satisfaisant à l'inégalité {'j) pour toutes les valeurs entières
et positives des «, et pour toutes les valeurs entières positives et négatives de (3.
Commençons par remarquer que le second membre de l'inégalité (7) est
toujours plus grand que
\/— I -1- X I ( a I — I ) -+- X. a. -I- . . . -I- X „ a„ '
(8)
IM + («i
i) -f- ao-
II suffira donc que }.', soit plus petit que l'expression (8). Or cette expres-
sion (8) est le module d'une certaine quantité imaginaire représentée par un
certain point G. Or 11 est aisé de voir que ce point G n'est autre chose que le
centre de gravité des n-\-2 niasses suivantes :
1° n masses égales respectivement à «i, a^, . . . , a,i et situées respectivement
aux points )^i, ).2) • • • 1 ^-n ',
2° une masse égale à | (3 1 et située soit au point + v' — • soit au point
-v/— ;
3° une masse égale à — i située au point It.
Toutes ces masses sont positives à l'exception de la dernière.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. . 285
Il faut chercher la condition pour que la distance OG soit toujours supé-
rieure à une certaine limite A',.
Composons d'abord les ii + i premières masses; nous obtiendrons une
masse
M = a , + a., -t- . . . -1- a„ -(- ] P ] .
située en un certain point G' et comme ces n -+- 1 premières masses sont posi-
tives, le point G' sera situé à l'intérieur de l'nn ou de l'autre des deux
polygones convexes qui enveloppent, le premier les « + i points : /i,/2, ...,^./i
et -\-^/ — I , et le second les n + i points : Xj, A,, . . . , 1„ el — y^ — ' •
Si aucun de ces polygones convexes ne contient l'origine, on pourra assigner
à la distance OG' une limite inférieure p et écrire OG'>/jl.
Il reste à composer la masse M située en G' et la masse — i située en >.,.
On obtiendra ainsi une masse M — i située en G. On aura évidemment
OG>OG'-GG', GG'=#^< ^^' °'"
d'où
M — I " M — I M — r
OG>OG'^l^-^>.^'-' '''■'
Si donc
iM — I M — I ^ ' M
iM > hL±i^
l'inégalité
(y; 0G>;^
sera satisfaite.
Il n'y a donc (ju'un nombre fini de combinaisons des nombres entiers :
«I, a.j, . . . , a„, (3 pour lesquelles l'inégalité (g) pourrait ne pas être satisfaite.
Si pour aucune de ces combinaisons OG n'est nul, nous serons certain de
pouvoir assigner à OG une limite inférieure /.i.
Nous sommes donc conduit à la règle suivante :
Pour que Véquation (3) admette une intégrale développable suivant les
puissances des x et périodique par rapport à t, il suffit :
\" qu aucun des deux polygones convexes circonscrits, le j)remier aux
points Ài, A2, . . ., \,i et -\-\/ — i, le second aux points Ai, Ao, . . ., }„ e<
— \J — I, ne contienne Vorigine,
28(i SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
2" qu^il lî V ait entre les quantités 1 aucune relation de la forme •
,3 y/ — I -H ^1 Ài -\- a-^X, + . . .-h a„X„ = Xi,
les X étant entiers positifs et (3 entier positif ou négatif.
C'est là une géuéralisation du lliéoréuie démontré dans ma Thèse. Or de ce
théorème découlaient un certain nombre de conséquences. Voyons si l'on
pourra en tirer de semblables du théorème généralisé.
Nous allons pour cela suivre absolument la même marche que dans la thèse
citée.
Considérons l'équation
, , dz ,. dz .. dz „ dz
(10) :77-'-^l-7 ^-^2-7 \-...-^\n-i = O,
dt dX\ dxt dx„
obtenue en supprimant le second membre de l'équation (3).
Considérons en outre l'équation
O)
dz ^. dz ^. dz
dl dxi dx-i
dx„
et l'équation
(■U
dz .,, dz ^ dz
-y- + \l -; h X, -; H . .
dt dxi dXi
UXn
Si les >. satisfont aux conditions que nous venons d'énoncer, l'équation (3)
admettra une intégrale z = Ti, où T) est ordonné suivant les puissances des x
et périodique par rapport à t.
De même l'équation (11) admettra une intégrale z ^ T.j, où T2 est de même
forme que T,.
1 _ j^
On en conclut <|uu l'équation (10) admet une intégrale particulière T/T, '.
Comme on peut dans le second membre de (3) remplacer successivement If z
par /..,2, l.iZ, ..., X„ 3 et qu'on obtient ainsi « — 1 équations analogues à l'équa-
tion (il), on peut conclure que l'équation (10) admet n — 1 intégrales parti-
j^ 1^ 1^ 1^ _L_L
culières T','T, '', Tj'T, ', . . ., T^'T,, '", où T3, T,, . . ., T„ sont de même
forme que Tj.
Pour avoir l'intégrale générale de (10), il faudrait posséder encore une n'*""
intégrale particulière. Pour cela considérons l'équation
, ^ dz .. dz -. dz
('") dî^^'di;-^--^^"di: = '-
Cette équation admettra comme intégrale particulière 2 = e'.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 287
Nous en conclurons que l'équation (lo) admet comme intégrales particulières
T, e^''', To e"'''', . . . , T„ e~''"', de sorte que l'intégrale générale de celte équa-
tion (10) sera
; = fonction arbitraire de (Ti £-'•>', To e-*"'', .... T^ e-''»').
En d'autres termes les équations différentielles
, dxi dxi dxn
Xi X2 X„
admettront comme intégrale générale
T,= K,e'-i', T2=K2e'-.', .... T„ = K„ e''"',
K), Ko, . . . , K„ étant n constantes d'intégration.
Ce tfiéorcme peut être regardé comme la généralisation de celui que j'ai
démontré à la page 70 de ma Thèse.
Supposons maintenant que nous cherchions à déterminer les p premières
variables x à savoir x^, Xo, . . . , Xp ^ïv fonction des n — p autres à savoir Xp^^.
Xp^t, . . . , a.-„ et de t, à l'aide des équations suivantes :
dxi , dxi dx\ Y dx\
-jT + ^P+'^ -jZ. '^ ^P^"- -;jz 1- ■ ■ • + A„ -T— = A,,
Cil ClXp-^\ (XXp^i ^'■X n
dxi , dxi , dxi „ dx
, „ , ; —jr ■+- A/i+1 -} H Xn+2 -} 1- . . . + An —j—
(l3) ^ dt ' dXp^s, '^ dXp^ï dXn
Xp-l-l —j-^ h Xp+2 -j-^ 1- . . . + An ,_ — ■ A,
î^ + X +, '^'^'' -I- X +., '^^'' -H . . . -I- Xn ^ = X .
dt ^ dxp^ I ' P - dXp^'i ' " dXn '"'
Il est aisé de voir que l'intégrale générale des équations (i3) s'écrira
(l4) Ç,= Ç2=. ..= Çp= G,
tpi, cp2> • ■ ■• 9p représentant p fonctions arbitraires de Tj e^'^'', T., e^'"', ....
Prenons en particulier
Les équations (i4) s'écriront
(i4') T, = T.,= ...= T^=o.
Des équations (i4') 01 pourra tirer Xi^ x^, . .., Xp en fonction de Xp^^,
Xp^^, . . . , Xn et. t el l'on verra que ce sont des fonctions holomorphes par
rapport à Xp^,, Xp^^, . . . , j;„ et périodiques par rapport à t.
288 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Donc les équations (i3) admellenl une solulion développable suivant les
puissances croissantes de Xp+i^ ^p+»i • • ■■, oc,, cl suivant les sinus et cosinus des
multiples de t.
Ce théorème est démontré quand les X satisfont aux conditions énoncées
plus liaut; voyons comment on pourra l'étendre aux cas où ces conditions ne
sont pas remplies. Je suivrai pour cela la même marche que dans la IV" Partie
de mes recherches sur les courbes définies par les équations différentielles
{Journal de Lioiiville, ^' série, t. 2, p. i56-i5'j) ( ' ).
Proposons-nous de calculer les coeflicients de l'intégrale holomorphe des
équations (i3) (à supposer que cette intégrale existe) et à cet ellet écrivons ces
é<|ualions (i3) sous la forme suivante :
l/.lpf-l (l.lp^-2 "J-li
Soit
une (juelconque des fonctions Yi, \_., . . ., \„, ainsi que nous l'avons supposé
plus haut, et proposons-nous de calculer les p fonctions x,, x^, . . ., Xp sous
la forme
Pour calculer les coeflicients A par récurrence, substituons les séries (i:))
dans les équations (i3') et identifions les deux membres. Nous aurons pour
calculer A; 'j-xj^^o:^ l'équation suivante ;
A,-.3.ïp^,x^,,...a„(> V^— ^-+- «/^t-i A/<+i-+- a/5+2 V+2-»-.- --t-anX» — X,-) = P [ C, (— C), A],
P[G, ( — C), A] étant un polynôme entier à coefficients positifs [)ar rapport
aux coefficients C de ^ii+u ^i,+i, • • • , Y,;, aux coefficients C de \',- changés de
signe et aux coeflicients A déjà calculés.
Pour qu'aucun des coeflicients A ne devienne infini nous devons donc
supposer qu'il n'y ait entre les \ aucune relation de la forme
Cl6) '^ v^— I -i- «/,+, X/,+1 -t- «^4.., X/;+2 -H . . .-H a„).„— /.(= o,
où les y. soient entiers positifs et [3 entier positif ou négatif.
C) Œuvres de //. l'oincaré, t. I, p. 172.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 289
Cela posé soit /.' une quantité positive que nous déterminerons plus complè-
tement dans la suite.
Soit ensuite
V, = J:|C;.;l=c,a,...^Je':î^-'.r^.r^
pour I =y> -H I,
et
^( — — — ; C-i.^.î.a,...»
Formons les équations
e'iis->.v^'xl'...j;i
pour ( = I,
P-
(i3") À'.i-p-,
dj-.
dx
/'+'
dx
= V'
dXi
''*' dx
v;,
dxi
/)+!
*" dx,,
, dxi
dXn
Y' ^f^ -
"dx'
y:
(i = i, 2, ...,/))•
Cherchons à satisfaire aux équations (i3") à l'aide des séries de la forme
suivante :
Les coefficients B nous seront donnés par les équations suivantes :
B,-.p.a^^,3:,,_,...j„[À'{a,,+ ,-l-a,,+.,-t--.--+-ï„— Ij] = P( ! C j, 1 C j, B |,
OÙ P[|C], |C'|, B] diffère de P[C, ( — C), A] en ce que les coefficients C et
— C' y sont remplacés par leurs modules, et les coefficients A par les B corres-
pondants.
On en conclut que tous les B sont positifs et que chaque B est plus grand
que le module du A correspondant.
Il suffit pour cela d'une seule condition, c'est que
À'(0( /,+ !-(- Z,,+.2-|-. . .-+- 2„— l)< I [j \/'—l -h Xp+x'/./. + i^ ■J.f,^.i'/.,,^..+. . .+ a„/.„— /.,■ |.
Si cette condition est remplie chacun des termes de la série (i5) sera plus
petit que le terme correspondant de la série (i5') et comme cette dernière
converge, la série ( i5) convergera également.
Il suffit pour cela que l'on puisse trouver une quantité positive X' assez petite
pour que l'on ait toujours
A'<
■^/i '^11
c'est-à-dire, d'après ce que nous avons vu plus iiaul, qu'aucun des deux poly-
gones convexes circonscrits, le premier aux points X^+i, "kp+^i . . . , X„ et -f- \J — r ,
le second aux points ?iy,+, , t^p+^i • • ■ i 'u et — \ — i , ne contienne l'origine.
H. p. ~ VII. 37
ago SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
5t donc aucun de ces deux poly icônes convexes ne contient r origine, s'il
n'y a entre les '/^aucune relatiim df f/i fornie { 16), les équations {i.i) admet-
tront une intégrale particulière de la forme suivante :
Xi = 9i(:ry;H-i. J^/;-i-'j, • • •, x,i, t),
^2 ^ ?2 (^/;+iî ^/;-t'2) ■ • ■ • -t^iii t ),
les o étant développables suivant les puissances de Xp^i, Xp+i, . . . . Xn et les
sinus et cosinus des multiples de t.
Cela posé, envisageons les équations
Ces équations sont de nicnie tonne que les équations (10'); la seule dillé-
rence, c'est que les À n'ont pas des valeurs qui satisfont au:x conditions suffi-
santes énoncées plus haut pour que l'équation ( 1 3) ait une inléj^rale holomorphe.
Nous allons nous proposer de trouver non pas la solution générale des
équations (10"), mais une solution contenant n — p constantes arbitraires.
Parmi les équations (10"), je considère en particulier les suivantes :
, , dXft^^ _ dx,,^i _ d.r„ _
(17) ~-J^ ^\/>+i> ■ —^i •'^/'+-^> •••' ,// --^"•
J'écris en outre les équations
les cp; étant les intégrales liolomorplies des équations (i3) définies plus haut.
Il est évident que si X\. x^,, . . ., x,, sont /t fonctions de t qui satisfont aux
équations (l'j) et ( 18), elles satisferont également aux équations (10").
Dans les équations (17) substituons à la pince de Xi, x^, ■■■, x^ leurs
valeurs (18), ces équations deviendront
. , flX p^\ . .-- f<X j,-,i , „ '^'Xi, , „
(19) Yt — =^ ^■/'+1'^ /)+'"*" ^/'+li Yi ^ '•p+1^lJ+l~^ tj/i+i, ..., , — /■iiXn-^ i-nt
Tjp^i, Ziyj^o, . . . , /.„ étant des séries d(''veloppées suivant les puissances de Xp+i.
Xp^2i ■ • • • Xn, lient tous les termes sont du deuxième degré au moins et dont les
coeflicients sont des (onctions périodiques de t.
Ces équations ( 19) sont de la même forme que les équations ( 10'); leur inté-
grale générale sera donc de la forme suivante :
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 291
OÙ K,,^i K„ soul des conslantes d'intégration, où T^,^,, . . . . T^ sont des
séries développées suivant les puissances des x et les sinus et cosinus des
multiples de /.
Les équations
(20) T, = o fi' = I, 2, . . ,, /)), T,'/= Iv,e''i' (7 =/) -H 1, /) -t- 2, . . ., «),
nous donnent donc une intégrale des équations (lo") dépendant des n — p
constantes arbitraires K^^.,, K^+j, .... K„.
Pour obtenir celte intégrale sous forme explicite, il faut résoudre ces équa-
tions (20) par rapport à a"i, Xj. . . . , x,, ; on trouve ainsi
xx = 'il i7, K/,+1, . . ., K„),
Xi = 'ijtil, K/,.-,, ..., K„),
Xn— 'knii. K/,+ i, ..., K„).
les cp étant dos séries développées suivant les puissances de K^j+ieV- ■', ^p^^e'f-',
.... K„e'"' et suivant les sinus et cosinus des multiples de t.
Ces séries sont convergentes. pourv\i qu'aucun des deux polygones convexes
circonscrits, le premier aux points /.,, ^i. À,, ..j, . . . , )i„ et +v — i, et le second
aux points /y,+ i; À,, |_.j, ...,/,„ cl — \ — i . ne conlienne l'origine et qu'il n y ait
entre les >, aucune relation de la forme ( 16).
Cette démonstration fait ressortir l'analogie de ce théorème avec ceux que
j'ai énoncés dans ma Thèse et en particulier avec celui-ci :
Dans le voisinage d'un point singulier, les solutions d'une équation diffcren-
liello sont développables suivant les puissances de <, /'', /'% . . . , V".
J'avais d'abord démontré ce théorème (que j'ai ensuite rattaché aux idées
générales qui ont inspiré ma Thèse) par une voie assez différente dans le
45° Cahier du Journal de V Ecole Polytechnique (') et M. Picard y avait été
conduit indépendamment par d'autres considérations (C R. Acad. Se, 1878).
h^. — Intégration des équations linéaires à coefficients périodiques.
On sait qu'une fonction de x périodique et de période 271 peut se développer
en une série de la forme suivante :
(1) /(.r') = Ao-(-A|Co?j:-!-Ao COS2.2; -i- . . . -1- A„ cos/i.f -f- . . .
-I- lîi fin X -i- B^ fin 2X -H . . . -1- B„ sin nx -\- . . .
(') Œuvres de II. Poincaré, t. 1, p. xxx\i.
aga SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
J'ai moniré dans le Bulletin astronomique (novembre 1886) (') que si la fonc-
ùon J\t) esl finie et continue ainsi que ses p — 2 premières dérivées et si sa
(^-|-i )''"""' dérivée est finie, mais peut devenir discontinue en un nombre
limité de points, on peut trouver un nombre positif K tel que l'on ait, quel que
soitTi.
\nPX„\<K, In^B„l<K.
Si/(j) est une fonction analytique, elle sera finie et continue ainsi que toutes
ses dérivées. Ou pourra donc trouver un nombre K tel que
ln=A„l<K, ]«"-B„[<K.
Il résulte de là que la série
I Ao 1 + I A, I + I A, 1 +...-+- 1 A„ I +...-(- 1 B, i + I B., I +...+ I B„ I -H. . .
converge et par conséquent que la série (1) est absoluineiil et uniformément
convergente.
Cela posé, considérons un système d'équations différentielles linéaires :
(2)
Les n- coefficients cp,./, sont des fonctions de t périodiques et de période 271.
Les équations (2) ne changent donc pas quand on change t en t -\-2Tt. Cela
posé, soient
ix,= <h,,i(t), X2= '!^,,i{t), ..., j;„ = 'i/|.„(0,
> • • ■ ) )
^1 =']'«. 1(0; -^1= '^n.lO^ •■•' ^n= '\>„.n(t),
n solutions, linéairement indépendantes, des équations (2).
Les équations ne changent pas quand on change t en t + 2n el les n solu-
tions deviendront
x,= 'l,.i{t -h2r.), .... a,v,= i}'i.„(< + 2-),
<lxs
dt - î'-
dx,
dt - ?-
1-Cl-l- Çl.2i-2-^- •
dt ~ ■^"•
1.Ï-I + ^,,.1-rl-*--
■■-t- vn. ;!■'•«•
^•■1= '^/(.iC -1- 2;;;, ..., j;„ = ij/„.„(/ -h 2,-T|
(') Œuvres de H. Poiiicaré, t. IV.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 298
Elles devroni donc être des combinaisons linéaires des n solutions (3) de
sorte qu'on aura
/ ij;,., (; -H 2-) = A,., 'i-i.iCO + A,., J;, ,(?)-H. . .-f- A,.„ 'in.lCOi
,,, 1 J/2.i(« + 2;t) = a.,., 4-1. , (Oh- A2.2'J>-2.i(0 +•••-)- Ao.,, <!>„., (0,
\ 4„.,(<-t-2r) = A„.,6,.i(0-H A„.oi!/2.,(Oh-.---)- A„.„J;„,,(0,
les A étant des coefficients constants.
On aura d'ailleurs de même (avec les mêmes coefficients)
J/,.o(«-t-2;i) = A,.,'ii2(0-^- A,. ,'1,2.2(0 -^... -H A,.„6„.2(0,
Cela posé formons l'équation en S :
(5)
Ai.i — S Al. 2
A-) 1 A. -1 — S
A,,.,
A ,,.2
Ai.„
A2./,
A„.„ —
S
Soit S| l'une des racines de celte équation. D'après la théorie des substitu-
tions linéaires, il existera toujours n coefficients constants Bi, Bj, . . . , Bn tels
que si l'on pose
0,.,(O) = B)'i>,.,(/)-i-B2<!/2.i(O-H---+R/.']'".i(O
et de même
on ait
et de même
Posons
il viendra
0,.,(O = B,6,.,(/)+B2'K.(O-i--.-+R/,'J'„.,(O
0,.,(<-+-2-) =SiO,.i(0
ei.,(?-(-2-; = Sie,.,(0-
«-=.('+'-") e,.,(« + 2-) = S,e-5».'^e-='-.'e,.,(0 = e-='.'0|.i(O-
Cette équation exprime que e~*''Oi.,(i) est une fonction périodique que nous
pourrons développer en une série trigonométrique ).|.i (<).
Si les fonctions périodiques (»,■./,(<) sont analytiques, il en sera de même des
solutions des équations difl'érentielles (2) et de /i ,(/). La série )i.i(i) sera
donc absolument et uniformément convergente.
De même e~^''0,.,(<) sera une fonction périodique qu'on pourra représenter
par une série trigonométrique >.,,i(^).
394 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
^ious avons donc une solution parliculière îles équalions (2) qui s'ccrit
A cliaijue racine de lénualion (5) correspond une solution de la forme ((J).
Si l'équation (5) a loules ses racines distinctes, nous aurons n solulions
de celle forme linéairemenl indépendantes et la solution générale s'écriia
, , ] .r, = r.,<.'.'X,.»(O-4-<^-2e*''/-,2(O-<----^-'v,e^"'À„.,(0,
'" )
\ .r„= C,e=<.'X,.„(^) -H (•.,e='='X,.„(0 +. . .+ r.„e^'.'l „,„{().
Les C sont des constantes d'intégration, les a sont des constantes et les À sont
des séries trigonométriques absolument et uniformément convergentes.
Voyons maintenant ce qui arrive quand l'équation (5) a une racine double,
par exemple quand «i = y.-,. Reprenons la formule (7), faisons-y
et faisons-v tendre c-j vers xi. 11 vient
X, = e«.'[C, X, . I ( ^) + G, el'o-'.l' Xs. , ( 0]
ou en posant
C,
Cl = Cl — C->, C-2 = ^ — î
il viendra
Xi = e'i' C'i X,,,(0 -+- Co •
Il est clair que la différence 'A,.i{t) — ^t.t{i) s'annulera pour x.,z=(x^. Nous
pourrons donc poser
"/••>., (0 = '-i.i(0 + (='2~ «i)'-'(0-
11 vient ainsi
r eï,-5.,i'— I T
.' C, X,.,-+-G'oXi., ^ _^ +C',X'(Oe<*=-''"
et à la limite (pour c.^:^ ai);
x\= c, e«.'Xi.,-(-C', e«''[/X,,,H-limX'(0].
On verrait que la limite de À'(<) pour x-, = x, est encore une série trigono-
mélrique absolument et uniformément convergente.
.<\.insi l'effet de la présence d'une racine double dans l'équation (5) a été
d'introduire dans la solution des ternies de la forme suivante : e^''tl{f). ?.(<)
étant une série Irigonomélrique.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 296
Ou verrail sans peine qu'une racine triple introduirait des termes de la tonne
e^^'t-}.(t) et ainsi de suite.
Je n'insiste pas sur tous ces points de détail. Ces résultats sont bien connus
par les travaux de MM. Floquet, Callandreau, Bruns, Stieltjes, et si j'ai donné
ici la démonstration //( extenso pour le cas général, c'est quo son extrême sim-
plicité me permettait de la faire en quelques mots.
CHAPITRE II.
THÉORIE DES INVARIANTS INTÉGRAUX.
5 . — Propriétés diverses des équations de la Dynamique .
Soit F une fonction d'une double série de variables : X\^ x.^, . . . . x,,', Xi-,
j'.,, . . . , -)'„ et du temps t.
Supposons que l'on ait les équations différentielles :
Considérons deux solutions infiniment voisines de ces équations :
Xi, Xi, ..., x„\ yu fi, r„;
x,-i-$i, x-i-t-i^-2, ■■■, .'•„+?„, ,Vi-4-T|,, yi-h-t]2, .r„-i--ti„,
les t et les ri étant assez petits pour que l'on puisse négliger leurs carrés.
Les ^ et les tj satisferont alors aux équations différentielles linéaires
^' _ V' " '' ï y <
lU ^•àdvidxk^' ^d\'
iVi dvk
' drti
dt
■y f/-F ^ yi d-^ F
jmU dXi dx/c ' ^d dxi dvk ' '
qui sont les équations aux variations des équations ( i ).
Soit ^^ , rî- une autre solution de ces équations linéaires de sorte que
'dt~ Zi dvi dxk ■' '" ^ jU dy-i dvk "^^ '
(2 )
1 ^■ = _V_^L^-_V_i(i5Lr'
/ dt jLidxidxi^'' ZddXidvk "''
agC
SUR LE PROBLEME DES TKOIS CORPS
Multiplions les équalious (2) el (:'.') respccliveiiienl par /;•, — i,, — r;,-, ;,■ et
faisons la soiiunc cU' toutes eus é([uations, il viendra
'A ' ' i7, 777
''.Vi '0 <
?/:■?;
?/?'/,
dxi dxL
■'\k ç;
dxi dvk
Çrr,
, _d^V_\
"'dxidykl
OU
ou enlin
(3)
2iw?'-^;^'i = "
Vi El — ?'i^i + Vîb— Ç'ï'l!-t-- •■ + 'fl'. ?«—?'« 'Ih = const.
\"oilà une ri;lation (jui lie entre elles deux solutions (juelconques des équations
linéaires (2).
11 est aisé di! trouver d'autres relations analogues.
Considérons (juatre solutions des équations (?. ) :
?/i li> ?/> ?/") '\i, ■''ii'i 'OÏi 'l"'-
Considérons ensuite la somme des déterminants :
12
1/ ç; e; ?"'
''ù '% •fi'( '^r
?<■ II- i"k i"k
■n* 'l'c 'Kk 'Kl
où les indices / et A' varient depuis i jusqu'à n. On vérifierait sans peine que
cette somme est encore une constante.
Plus généralement si l'on forme à l'aide de 2/» solutions des équations (2) la
somme de déterminants :
cette somme sera une constante.
En particulier, le déterminant formé par les valeuj-s des in quantités ^ et r;
dans 2« solutions des équations (2) sera une constante.
Ces considérations permettent de trouver une solution des équations (2)
quand on en connaît une intégrale et réciproquement.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 297
Supposons en efiei que
?<■= =</> '1/= ?/
soil une solution p.irliculiore des éijualions (2) et désignons par ti et r;; une
solution (juelconque de ces mêmes équations. On devra avoir
-?i?i— ■n/3:/ = coilsl.,
ce qui sera une intégrale des équations (2).
Réciproquement soit
i:A,?,-i-i:rî,r,, = consi.
une intégrale des équations ( 2 ), on devra avoir
i 1 ' L '• " * " J
d'où en idenliliiuil
Z^ dxi dxk^' ~^2d dxi dvk '''' ~ "'
* *" " J
dt ^Êdd\ I; (Ixi Jm^dXkdXi
k ' k
d/ ladvkdvi' ''^Zu,:
ce qui montre que
k
r/ll, v^ d.V . yi ,r^v Wk,
vk"yi ^^dxkdvi
k ' ' k
est une solution particulière des équations (2).
Si maintenant
<I>(j.,, j(, t) = const.
est une intégrale des équations ( 1 ),
sera une intégrale des équations (2), et par conséquent
r/* _ d<^
sera une solution particulière do ces équations.
Si 4> ^= const., <l>i = const. sont deux intégrales des équations (i), on aura
(d^d'\\ d^d'^^
^Lmà \dxi dyi
dyi dxi
C'est le théorème de Poisson.
H. r. - vn.
= consl.
agS SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Consiclorons le cas [);irUcnliei' où les x désigiieiit les coordonnées reclangu-
laires de n points dans l'espace; nous les désignerons par la notation à double
indice Xu, ^i>i, ^';ii, 1<-' premier indice se rapportant aux liuisaxes rectangulaires
do coordonnées et le second indice aux n points iimtériels. Soit m, la masse
du /"'""' point matériel. On aura alors
dKr,.i d\
dt- (f.i-/,,
V étant la fonction des forces.
On aura alors pour l'équation des forces vives :
=2;^(^v-v=co„st.
yki= »h
djck,
' dt '
- V = const.
dxki dV
dt " dvk,'
dtu dF
d/ d.,:t,
Posons ensuite
d'où
et
Soit
(5) xk,= <!iia{t), rki= mi-ù'i,,{t)
une solution de ces équations ( i'), une autre solution sera
■ri.i= ^ki(t -r- h), Yki= "ii'i'uit -+- h),
Il étant une constante quelconque.
En regardant h comme infiniment petit, on obtiendra une solution des équa-
tions(2') qui correspondent à (i') comme les équations (a) correspondent à(i ) :
lki= /'i'kiC) = h-^, •ni;= /(m,(pl,(0 = /i 4— 5
fil i f/,t k i
h désignant un facteur constant très petit que l'on peut supprimer quand on ne
considère que les équations linéaires (2').
Connaissant une solution
, V dW
5 = — , T| = — -
m dx
de ces équations, on peut déduire une intégrale
Zj, m Z^dx'-
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 299
Mais celle même intt^grale s'obtienl très aisàmenlen diflérenlianl l'équation des
forces vives (4)-
Si les poinls malériels sont soustraits à toute action extérieure, on peut
déduire de la solution (5 ) une autre solution :
h ei A étant des constantes quelconques. En regardant ces constantes comme
inliniment petites, on obtient deux solutions des équations (2') :
?li= I, î-li = hi= ■'■|l/= 'f|2( = ■^-li = o,
?!/ = <, ?ii!= ;:;/= T|2;= T|:,,-= O, T,, ,= «!;.
On obtient ainsi deux intégrales de (2') :
onst.
On peut obtenir ces intégrales en différentiant les équations du mouvement
du cenlre de gravité :
i/rt,-.*-!, = «Siii-f- const.. lj'i,= const.
Si l'on fait tourner la solution (.j) d'un angle co autour de l'ase des :■, on
obtient une autre solution :
•>•!,■ , , .
./■|; = ;,, cos (0 — ;.i,sincj. "— =c,,cosoj — c.,,?in(o,
//(,■
^•o,= sii sin (0 -i- c-i; ces ta. — = : ,; sni (o -+- c, ces o).
nii
En regardant w comme infiniment petit, on trouve comme solution de (2') :
Çu = — ■Z'îi, ■'■|i! = — .i'2;,
il(= o, Tl3(= O,
d'oti l'intégrale de (2') :
^(^11^12;— ri(?2(— xo/Ti,,--4- r!,?i() = const.
que l'on pouvait obtenir aussi en différentiant l'intégrale des aires de ( 1') :
-{^uy-ii= -c-iiVii) = const.
3oo SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Supposons maintenant (\in) la fonction V soit homogène et de degré — i par
rapport aux x, ce qui est le cas de la nature.
Les équations (i') ne changeront pas quand ou multipliera t par /■', les x
par X- et \es y par X-', A étant une constante quelconque. De la solution (4) on
déduira donc la solution suivante :
J:^, = '--- ?*<■ U-, >
(r»)' •'•*'■=■'•"' """^'(jj.)
Si l'on regarde /. couime très voisin de l'unité, on obtiendra comme solution
des équations (a'j :
ou
,,.- . n, ri.-i .,, ^A'
d'où l'intégrale suivante des équations (2'), laquelle, à la différence de celles
que nous avons envisagées jusqu'ici, ne peut être obtenue en différenlianl une
intégrale connue des équations ( 1') :
6. — Définition des invariants intégraux.
Considérons un système d'équations dilFérentielles :
Xi étant une fonction donnée de Xf , x-^, . . . , x,,- Si l'on a
V{xi, .r.,, . . .,x„) — const.,
cette relation s'appelle une intégrale des équations données, f^e premier membre
de celte relation peut s'appeler un invariant puisqu'il n'est pas altéré quand on
augmente les xi d'accroissements infiniment petits dx; compatibles avec les
équations différentielles.
Soit maintenant x\, .r',, ..., x\^ une autre solution des mêmes équations
différentielles, de telle façon que l'on ait
'dt - ^"
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3oi
X', étant une fonction formée avec x\, x'.-,, ..., x'^ comme X; l'était avec Xi.
Xoj • • • : Xfj .
Il pourra se faire qu'on ait entre les 2/1 quantités x et x' une relation
Fi(x], X,, . . .,.r„, j;\,x'„, . . ., a;'„) = consl.
Le premier membre Fi pourra encore s'appeler un invariant de nos équations
différentielles, mais au lieu de dépendre d'une seule solution de ces équations,
il dépendra de deux, solutions.
On peut supposer que Xi, x^ Xn représentent les coordonnées d'un
point dans l'espace à n dimensions et que les équations différentielles données
définissent la loi du mouvement de ce point. Si l'on considère deux solutions
de ces équations, on aura deux points mobiles différents, se mouvant d'après
une même loi définie par nos équations différentielles. L'invariant F, sera alors
une fonction des coordonnées de ces deux points, qui dans le mouvement de
ces deux points conservera sa valeur initiale.
On pourrait évidemment de même, au lieu de deux points mobiles, en envi-
sager trois ou même un plus grand nombre.
Supposons maintenant que l'on considère une infinité de points mobiles et
que les positions initiales de ces points forment un certain arc de courbe C dans
l'espace à n dimensions.
Quand on se donne la position initiale d'un point mobile et les équations dif-
férentielles qui définissent la loi de son mouvement, la position du point à un
instant quelconque se trouve entièrement déterminée.
Si donc nous savons que les points mobiles, en nombre infini, forment à
l'origine des temps un arc C, nous connaîtrons leurs positions à un instant t
quelconque et nous verrons que les points mobiles à l'instant t forment dans
l'espace à n dimensions un nouvel arc de courbe C. Nous sommes donc en pré-
sence d'un arc de courbe qui se déplace en se déformant parce que ses différents
points se meuvent conformément à la loi définie par les équations différentielles
données.
Supposons maintenant que dans ce déplacement et cette déformation l'inté-
grale suivante :
A Y, f/.r, -h Y, r/jTo H- , . . -)- Y„ dx„ ) = / - ^' i ''f'i
(où les Y sont des fonctions données des x et qui est étendue à tout 1 arc de
courbe) ne change pas de valeur. Celte intégrale sera encore pour nos équa-
3o2 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
lions dillV'Teiilielles un invariant, dépendanl non plus d'un, de deux ou de trois,
mais d'uae infinité de points mobiles. Pour indiquer cpielle eu est la forme, je
l'appellerai un invariant intégral.
De mémo on pourrait imaginer qu'une intégrale de la forme / \ — ^ ,kdxidxii^
étendue à tout lare de courbe, demeure invariable; ce serait encore un inva-
riant intégral.
On peut imaginer également des invariants intégraux qui soient définis par
des intégrales doubles ou multiples.
Imaginons qu'on considère un fluide en mouvement permanent et de telle
sorte que les trois composantes X, \ , Z de la vitesse d'une molécule quel-
conque soient des fonctions données des trois coordonnées x^ }', z de cette
molécule. Alors on pourra dire que la loi du mouvement d'une quelconque des
molécules du fluide est définie par les équations différentielles
fix _ dv _ ,, à't, _
On sait que l'équation aux dérivées partielles
(f\ d\ M _
dx dy dz
exprime que le fluide est incompressible. Supposons donc que les fonctions X,
Y, Z satisfassent à cette équation et considérons un ensemble de molécules
occupant à l'origine des temps un certain volume. Les molécules se déplace-
ront, mais, en vertu de l'incompressibilité du fluide, le volume qu'elles occu-
peront demeurera invariable. En d'autres termes le volume, c'esl-à-dire l'inté-
grale Iripje /// dx dy dz sera un invariant intégral. Plus généralement si l'on
envisage les équations
dxi
et que l'on ait la relation
dl ^ ■^" <''='. 2, . . ., n)
2r/\,
l'intégrale d'ordre n : / dxi dx-,. ■ .'rfjrnqueje continuerai à appeler le volume,
sera un invariant intégral.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3o3
C'est ce qui arriver;) en particulier |iour les équations générales de la
Dynamique; car si l'on considère ces équations
il est aisé de voir que
Mais en ce qui concerne ces équations ^'éuérales de la Dynamique, il y a
outre le volume, un autre invariant intégral qui nous sera encore plus utile.
Nous avons vu en ellet que
^(h'^i'i —i'i ■'■u) =C(insi.
dx, dF
dt ~~ dy-i
î
dy'i _ dF
dt dxi
Zj dx,
*2
"(-£)
'/>-,
Cela, traduit dans notre nouveau langage, signifie que l'intégrable double
2,(ijri dyt est un invariant intégral, ainsi que jo le démontrerai plus loin.
/
Pour exprimer ce résultat d'une autre manière, prenons le cas du problème
des n corps.
Nous représenterons la situation du système des n corps par la position de
3/i points dans un plan. Le premier point aura pour abscisse l'ardu premier
corps et pour ordonnée la projection sur l'axe des a; de la quantité de mouve-
ment de ce corps; le second point aura pour abscisse 1')' de ce même corps et
pour ordonnée la projection sur l'axe des y do sa quantité de mouvement et
ainsi de suite.
Imaginons une double infinité de situations initiales du système. A chacune
d'elles correspond une position de nos 3rt points et si Ion considère l'enseiiible
de ces situations, on verra que ces 3/1 points remplissent 3n aires planes.
Si maintenant le système se déplace conformément à la loi de l'attraction, les
3;i points qui représentent sa situation vont aussi se déplacer; les 3« aires
planes que je viens de définir vont donc se déformer, mais leur somme
demeurera conslanle.
Le théorème sur la conservation du volume n'est qu'une conséquence de
celui qui précède.
Il y a dans le cas du problème des n corps un autre invariant intégral sur
lequel je veux attirer l'attention.
Considérons une simple infinité de positions initiales du système formant un
arc de courbe dans l'espace à 6n dimensions. Soient Co el Ci les valeurs de la
3o4 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
constante des forces vives aux deux exliéiiiilt's de cel arc. Je déuioulrerai plus
loin que l'expression
/ 1(2 Xi dji 4- _>-,• f/^i ) -H 3 ( Cl — C) ) <
(où l'intégrale est étendue à l'arc de courbe tout outier et où le temps n'entre
plus si C| = G„) est encore un invariant intégral; on peut d'ailleurs en déduire
aisément les autres invariants intégraux dont il a été question plus haut.
Nous dirons qu'un invariant intégral est du premier ordre, du deuxième
ordre .... ou du n"'"'' ordre selon qu'il sera une intégrale simple, double, . . .
ou d'ordre n.
Parmi les invariants intégraux nous distinguerons les invariants positifs que
nous définirons comme il suit.
L'invariant intégral d'ordre n : j M c?.?', dx>. . .dx„ sera un invariant positif
dans un certain domaine, si M est une fonction de Xu x.,, .... ./■„ qui reste
positive, finie et uniforme dans ce domaine.
Il me reste à démontrer les divers résultats que je viens dénoncer; cette
démonstration peut se faire par un calcul très simple.
.Soit
r/Xi dx-i dx„
(') ■;â = -^" i?r = -^-^' •■•' -dr = ^"
un système d'équations différentielles où Xi, X;. . . . , X„ sont des fonctions de
a^i, .r.,, . . . , Xn telles que
dx\ dx« ' dx„
Soit une solution de ce système d'équations dépendant de ii constantes
arbitraires : a, , cf..,, .... a„.
Cette solution s'éci-ira
a.'i= ?i(^, a,, «2, . . ., a„),
X-i= 02(/, «1, Xf, . . ., «„),
Il s'agit de démontrer que l'intégrale
.) = / dXidX'. . .dxn^ I \dy.i d:/.;,. . .dj.,,,
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
3o5
ou
A =
(IX\
dx..
dXn
<h.,
rfa. ■
dai
dx,
dx.
dx„
dai
d:c, ■
■ doi.
dxi
dx.
dx„
r/a„
da-n
da„
est une conslante
On a, en eliet,
M
dt
J dt
dy.1 dy.« . . .du,, el
dt
A, -H Aa -+-... A„,
dxk
A/, élant le détermiuant A dans la là""" colonne duquel on a remplacé-^»
(ixk
'/'-X/, d'-x/,
da^ dy.,i ' " dxj dt dy.2 dt '
d-^xt
• Mais on a
d'où
= x*,
d-Xk d\i dxi d\/i dx-i
dS-i dx„
da-i dt dxi d^i dxi dy-i ' ' ' ' dx^ do-i
On déduit de là
A^=A
dxk '
d'où
d.\ r
-j = I (Al -I- Aj-l-. . . + A„) r/a, r/x,. . .d-j.^
r /d\k dX, cfS.„\ ... ,
= / -; 1 -, h...-)--; ) Ùidi,doLi...dj.,t= O C. Q. K. D.
J \ dxi dx-i dXn I
(2')
Supposons maintenant qu'au lieu de la relation (2) nous ayons
rfMX, r/MX. rfMX,,
dx 1
</.(■
dXn
O,
M étant une fonction quelconque de Xi, x^., . . . , x„.
Je dis rjue
J = / M r/.ci dx-i . . . dxn = / M Arfai da.« . . . rfa„
est une constante.
On a, en efifet,
di
di ff.dM ,, ^A\ , , .
-7- = ; A — ; 1- i\I — ;- 1 dy-i «20. . .dx„.
dt J \ dt dt }
H. P. - VII.
39
3o6 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
11 faut moulier que
A — ; h M — ;- = O.
dt dt
On a on effet [en vertu des équations ( i )]
(M _' ^ X 'I^ \ —
dt ' dx\ ' ' dxi " dXn
et (d'après ce que nous venons de voir) :
(j\_ i,rs^ dX-, d\„\
dt \dxi dxn ' ' ' dx„ I
11 vient donc
d\\ ,,d\ ./^MX, dMX., dMX„\
A — ;- -t- M -r- = A — ; 1 ; -' -h . . . -. -, =0. C. Q F. D.
dt dt \ dxi dx2 dx,i I
Passons maintenant aux équations de la Dynamique.
Soient les équations
dxi d? dvt dV , . ,
Soit une solution contenant deux constantes arbitraires a cl [3 et s'écrivant
Je dis que
est une constante.
Il vient, en effet,
di _ f "^ I 'l-'i 'lyi 'l-yt dXj _ d-x, dy, d-Vj dx, \
dt ~J 2j XdTdi. If^ ^ dt d'{j 777 ~" dt d{j da ~ dt d-j. 77p / ^ " '"
Il vient ensuite
d-Xi _ •^ d-¥ dxk ■^ d-V dyk
dt d-j. ^^ dvi dxk dy. ^U dyi dyk da.
k ' k ' '
d'^Xj _ ■^ (-/-F dxk \r< d-i' dvk
dt d';. " jLJ dfi dxk 'df' '^ ^mi dyi dyk 'd^'
d\y, __ _j^ d^V dxk _-^ d^V dyk
dt d-j. Jmà dXi dxk dy. ^êà dxi dyk dy.
k k
d-Yi 'V d'V dXk 'V' d'V rlvk
dt d!;. ~ ^ ^ dxi dXk d\i Zd dx[ dyk ~dj '
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 807
On conclut de là que
' d'-U-i dyi d-Yi dxi^
21 d'-J-i dji d'Vi dxi
\dt7h. in ~ dt d-j. TTjj"
■^ ■^ / d'-V dxk dy'i d-F dvt dyi d'-F dxn dxi d'-F dxt d}j,-
^^Xdy'idxk di. d'p ' dyidvk d^ d'f dxidxk da. d^ ~^ dxidyk d'^i da.
Le second membre ne change pas quand on permule a el |3, on a donc
■^ / r/-Xi dvi ^ d'y, d.iA _ '^ / '^'-■''i '^.Vî _ à'Yi dx, \
.— J \ (/< d:t. d\1, ~ dt (h. 'd^ ) ~ ^^ \d1 d'^j ~fh. ~ dt d''j Th. ) '
Celte égalité exprime que la quantité sous le signe / dans l'expression de
-j est nulle et par conséquent que
di
-r: = O. C. 0. F. n.
dt
Il me reste à envisager le dernier des invariants intégraux, qui se présente
dans le cas du problème des n corps.
Reprenons les équations de la Dynamique, mais en posant
F = T + U,
T ne dépendant que des )• et U des x seulemenl. De ()lus T est homogène de
degré 2 et U homogène de degré — i .
Prenons une solution
X, = o,(/, 2 ). y,= iiji t, y.)
ne dépendant que d'une seule constante arbitraire a.
Considérons l'intégrale simple
Cl et C(i étant les valeurs constantes de la l'onction F aux extrémités de l'arc le
long duquel on intègre.
Il vient
r/.l
dt
Il vient
<^ _ rfF _ r/T . dvi __ r/U
dt ~ dy, " dV,'' 'dî ^~ d7i'
-X, _'yi i/-T dvk d-vi _ ■^ d-\\ dxk
' dx ^^ dy i dvk d-J. dt da. â^ dxi dxk da.
3oS SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
il" OÙ
dt J jLd^\ <hi <U (lytdyk ffy^ d^ dxi </Si<i.Ck <iy- /
Mais en vorlii du llu'orénie des fonctions homogènes on a
rf-^T dT -^ d'-\} rfU
d"où
dt
^ •' ' (/fi dvk ~ dfl ' ^ ■' ' f/j-, f/j-A- ~ " dxk '
J ^ \ dft da. dXi d3. /
ou
d]
^ = 3 A ,lï -4- rfU ) + 3 ( C , - C„ ).
Or d'après la dèfinilion de C, cl G,, on a
C„— C, = Ç'IV = Ç(dT -H d\}).
Il vient donc
, = O. c 0. F. D.
dt
1. — Transformation des invariants intégraux.
Reprenons les équations difïérenticUes
dj:i d.r, • dxn _ ^
et supposons que l'on ait
• ./(MX,) , f/(MX,) , , ./(MX,.)_
de telle sorte que l'intégrale d'ordre n
J = / M c/a;| dx-i. . .dXn
soit un invariant intégral.
Changeons de variables en posant
x\ = ii(5), ;», . . ., ;„))
^^ I '
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. OOg
et appelons A le délerniinanl fonctionnel des n fonctions 'h par rapport aux
n variables :.
Nous aurons après le changement de variables :
-J'^
\dzs flz....dz„.
Si l'invariant J était positif avant le changement de variables, il restera positif
après ce changement, pourvu que A soit toujours positif, fini et uniforme.
Comme en permutant deux des variables s, on change le signe de A, il nous
suffira de supposer que A est toujours de même signe ou qu'il ne s'annule
jamais. Il devra de plus être toujours fini et uniforme. Cela arrivera si le chan-
gement de variables (.3) est doublement univocjue, c'est-à-dire si dans le
domaine considéré les x sont fonctions uniformes des z et les z fonctions uni-
formes des X.
Ainsi après un changement de variables doublement univoque, les invariants
positifs restent positifs.
Voici un cas particulier intéressant :
Supposons que l'on connaisse une intégrale des équations ( i ) :
F(j;i, Xn, . . ., x„) = G.
Prenons pour variables nouvelles z,i^ C d'une part et d'autre part n — i autres
variables -i, z-> .;,i_i. H arrivera souvent qu'on pourra choisir z^,Z2■, ■■■, Zn-i
de telle sorte que ce changement de variables soit doublement univoque dans
le domaine considéré.
Après le changement de variables, les équations (i) deviendront
Z|, Z2. ..., Z„_, étant des fonctions connues de ^i, .s^., ..., Zn- Si l'on
regarde la constante C = s„ comme une donnée de la question, les équations
sont réduites à l'ordre 7i — 1 et s'écrivent
(4) it-^" ■■■' -~dr- "-"
les fonctions Z ne dépendant plus que de -1, z-^,, . . . , s„_t puisque ;;„ y a été
remplacé par sa valeur numérique.
3lO SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Si les oquations (i) aJiueUeul iia iuvai'iaiil [losilif j M ilx^ dxj . . .(/x„,
les équations (.j) ailineltroiit égaleiiiL'ul un invariant posilil ;
Je (lis niainteuanl (jue lus équations (/j') qui sont d'ordre ri -[ adnieltenl
également un invariant intégral positif (|ui devra être d'ordre n — i.
En eflet, dire ([ue J est un invariant intégral c'est dire que
r/(|JL/i) r/((jLZo) r/(,aZ„) ^ ^^
dzi (fz-i ' ' ' dz,i
on puisque Z„ est nul,
clzt dz^, ' ' ' riz,,
— u,
ce qui prouve que l'intégrale d'ordre n — i : / [jd z^ dz-^. . .dzn-\ est un
invariant pour les équations (4')-
Jusqu'ici nous avons fait porter les changements de variables sur les fonc-
tions inconnues Xi, x-,-, ■ ■ ■■ x,i, mais nous avons conservé le temps t qui est
notre variable indépendante. Nous allons supposer maintenant i(ue l'on pose
1 = 0(10
et que nous prenions /, comme nouvelle variable indépendante.
Les équations (i) deviennent alors
(^) -dr,-^> = ^'7it=^-^w, (, = .,2, ....0.
Si les équations ( i ) ont un invariant intégral d'ordre n : /M dx\ dx^ . . , dx,,
on devra avoir
ce qui peut s'écrire
Cela montre que / M -^ dxt dx^. . .dx,, est un invariant intégral pour les
équations (5).
Pour que cette transformation puisse être utile, il faut que t et /, soient liés
de telle sorte que -^ puisse être regardé comme une fonction connue, finie,
continue et uniforme de a?i, x■^^ ■ ■ -, x„.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3ll
Supposons par exemple que nous prenions pour nouvelle variable indé-
pendante :
11 vient alors
X,i — ?i.
et les équations (5) s'écrivent
'/.i-i _ X| 'ix-2 _ Xo dx,i—\ _ X„_i dx,. _
;777-x;;' TF.-y^n'' ■■■' inr^^f^'' w,^''
et elles admettent comme invariant intégral :
/ MX,, tlxi dx,. . .dx„.
De même si nous prenons pour nouvelle variable indépendante :
'i ^ 6( Xi, Xi, . . . , x„),
0 étant une fonction quelconque de x^jXi, • • • , .2",i, le nouvel invariant intégral
s'écrira
/
,, / de ^. de ^. de ... , ,
M -T— X, -H -r— X.; + . . .-!- -r— X„ dx , dx. . . . dx „ .
\ axi dxi a.Ci,
Il est à remarquer que la forme et la signification d'un invariant intégral sont
beaucoup plus profondément modifiées quand on change la variable indépen-
dante appelée temps que quand le changement de variables porte seulement sur
les fonctions inconnues a7|, x-i^ ■ ■ -, ^/i, car alors les lois du mouvement du
point représentatif P se trouvent complètement transformées.
Supposons « ;= 3 et regardons x,, x-^, x^, comme les coordonnées d'un
point P dans l'espace. L'équation
8(xi, Xo, Xt.) = o
représentera une surface. Considérons une portion quelconque de cette surface
et appelons S cette portion de surface.
Je supposerai qu'en tous les points de S on a
de „ de ^. de .,,
-j— Xi-(- -j— X,-i- -7— X
axi axi dx:\
Il eu résulte que la portiou de surface S n'est tangente à aucune trajectoire.
Je dirai alors que S est une surface sans contact.
Soit Po un point de S; par ce point passe uue trajectoire. Si cette trajectoire
3l2 SUR LE PROBLEME DES TROJS CORPS
prolongée vient iocoii|)or S en nn poinl l'i, je dirai ([ue l*i esL le ronséquenl
(Je l'„. A son lour l'i peut uvoii' un conséquent i'j (pic j'nppelierui le second
conséquent de Po el ainsi de suite.
Si l'on considère une courbe C Iracée sur S, les «'"""' conséquents des
divers points de celte courbe formeront une autre courbe (V que j'appellerai la
«"■""' conséquente de C. On définirait de la même façon l'aire qui est In n''""'
conséquente d'une aire donnée faisant partie de S.
Cela posé, soit une portion de surface sans contact S ayant pour équation
0 = 0; soit C une courbe fermée tracée sur cette surface et limitant une aire A;
soient C et A' les premières conséquentes, C" et A" les /(""'" conséquentes de
C el de A.
Par chacun des points de C passe une trajectoire que je prolonge depuis sa
rencontre avec C jusqu'à sa rencontre avec C. L'ensemble de ces trajectoires
formera une surface trajectoire T.
Je considère le volume V limité par la surface trajectoire T et par les deux
aires A et A'. Supposons qu'il v ait un invariant positif
.) = / I\I dxi (Ix-i dx-i.
J'étends cet invariant au volume V et j'écris que -r est nul.
Soit (/w un élément de l:i surface S. Menons la normale à cet élément,
prenons sur cette normale une longueur infiniment petite dn. Soit & -\- -r- dn
la valeur de 0 à l'extrémité de cette longueur. Si l'on a mené la normale dans
le sens des 0 croissants, on aura
dB
= H,
dn
Posons
de ^, de ^. de ^.
-7— Xi -1- -;— X2+ -; X:,
dx, dx-. dx-i
de
du
1 aura alors
^; = AiH^Ao-rM.
la première intégrale étant étendue à l'aire A' et la seconde à l'aire A.
L'intégrale / MH rfw conserve la même valeur (pi'(jn l'élende à l'aire A, ou
à A', ou par conséquent à A". C'est donc un invariant inti'gral d'une nature
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3l3
particulière (|ui conservu la même valeur pour une aire quelconque ou pour
l'une de ses conséquentes.
Gel invariant est d'ailleurs positif, car par hvpoliièse. M, H et par conséquent
Mil sont positifs.
8. — Usage des invariants intégraux.
Ce (|ui fiiit l'intérêt des invariants intégraux, ce sont les théorèmes suivants
dont nous ferons un fréquent usage.
Nous avons défini plus haut la stabilité en disant (jue le point mobile P doit
restera distance finie; on l'entend quelquefois dans ini autre sens. Pour (ju'il ■
y ait stabilité, il faut que le point P revienne au bout d'un temps suffisamment
long sinon à sa position initiale, du moins dans une position aussi voisine que
l'on veut de cette position initiale.
C'est dans ce dernier sens que Poisson entendait la stabilité. Lorsqu'il a
démontré que, si l'on tient compte des secondes puissances des masses, les
grands axes des orbites demeurent invariables, il s'est seulement attaché à
établir (jiie les développements de ces grands axes en séries ne contiennent que
des termes périodiques de la forme sina/ ou cosa^, ou des termes mixtes de la
forme t sinc.t o\i tcosy.t. sans contonii- aucun terme séculaire delà forme t
ou t'-. Cela ne signifie pas que les grands axes ne peuvent jamais dépasser une
certaine valeur, car un terme mixte tcos7.t peut croître au delà de toute
limite; cela veut dire seulement que les grands axes repasseront une infinité de
fois par leur valeur primitive.
La stabilité, au sens de Poisson, peut-elle appartenir à toutes les solutions ?
Poisson ne le croyait pas, car sa démonstration suppose expressément ([ue les
moyens mouvements ne sont pas commensurables ; elle ne s'applique donc pas
qu(!lles que soient les conditions initiales du mouvement.
L'existence des solutions asymptotif[ues, c[ue nous établirons plus loin,
montre suffisamment que si la positiou initiale du point P est convenablement
choisie, ce point P ne repassera pas une infinité de fois aussi prés que l'on
voudra de cette position initiale.
Mais je me propose d'établir que, dans un des cas particuliers du problème
des trois corps, on peut choisir la position initiale du point P (et cela d'une
infinité de manières), de telle façon que ce point P repasse une infinité de fois
aussi près que l'on voudra de sa position initiale.
H. P. — VII. 4<)
3l4 SUR LF. PROBLÈME DES TROIS CORPS
Eli il'aiilrcs leriues, il y uura iiuo inliiiilt' de soliilions parliculières dvi pro-
blème ijni 110 jouiront pas île la slaliililé au second sens du mol, c'est-à-dire au
sens de Poisson; mais il y en aura une infinité qui en jouiront. J'ajouterai que
les premières peuvent être regardées comme; exceptionnelles et je chercherai
plus loin à faire comprendre le sens précis que j'attache à ce mol.
Supposons n = 3 et imaginons que X\, u-,. .r,, représentent les coordonnées
d'un point P dans l'espace.
Tiii^oRKME 1. — Sii/>posons que le jioint P reste à distance finie, et que le
volume j clx, d.i-,dx:t soit un invariant intégral: si Von considère une
région r„ quelconque., quelque jietile que soit cette région, il r aura des
trajectoires qui In traverseront une infinité île fois.
En effet le point P restant à distance finie, ne sortira jamais d'une région
limitée R. J'appelle V le volume de cette région R.
Imaginons maintenant une région très petite /'o, j'appelle c le volume de cette
région. Par chacun des points de /'o passe une trajectoire que l'on peut regarder
comme parcourue par un point mobile suivant la loi définie par nos équations
différentielles. Considérons donc une infinité de points mobiles remplissant au
temps zéro la région /•„ et se mouvant ensuite conformément à cette loi. Au
temps T ils rempliront une certaine région r,. au temps 2t une région To, etc.,
au temps n- une région /„. Je puis supposer que t est assez grand et r,, assez
petit pour que /„ et r^ n'aient aucun point commun.
Le volume étant un invariant intégral, ces diverses régions r,,, r^. . . ., r„
auront même volume ^'. Si ces régions n'avaient aucun point commun, le
volume total serait plus grand que nv; mais d'autre part toutes ces régions sont
intérieures à R, le volume total est donc plus petit que V. Si donc on a
V
n > - )
V
il faut que deux au moins de nos régions aient une partie commune. Soient r^
et Ty ces deux régions (q ^ />)• Si r,, et /',; ont une partie commune, il est clair
que r„ et r,,-f, devront avoir une partie commune.
Plus généralement, si l'on ne pouvait trouver /.■ régions ayant une partie
commune, aucun point de l'espace ne pourrait appartenir à plus de /." — i des
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3l5
régions r„, l'i, .... /■„. Le volume total occupé par ces régions serait donc plus
grande que j Si donc on a
n > {A- — 11 — 1
r
il faut que l'on puisse trouver /. ré^'ions ayant une partie commune. Soient
r^,^, r^,^, .... /•/,, ces régions. Alors ?■„, '/,.-/,,; ''p,-p,y ■ ■ ■ ■ ''/n-/', auront aussi une
partie commune.
Mais reprenons la question à un autre point de vue. Par analogie avec la
nomenclature du paragraphe précédent nous conviendrons de dire que la
région r» est la /i'*""' conséquente de r„ et que r,, est la n^'""' antécédente de r„.
.Supposons alors que r^ soit la première des conséquentes successives de i\
qui ait une partie commune avec /„. Soit ;•'„ cette partie commune; soit s'^ la
p"""" antécédente de ;''„ qui fera aussi partie de /■„, puisque sa/)"'"'" conséquente
fait partie d(; Fp.
Soit ensuite r'^,^ la première des conséquentes de /•'„ qui ait une partie com-
mune avec r'„ ; soit /•,', cette partie commune; sa (/)i )'"'"" antécédente fera partie
de r'g et par conséquent de r,,, et sa (p +/>i )''""° antécédente quej'appellerai s"„
fera partie de s', et par conséquent de /■„.
Ainsi si fera partie de /•„ ainsi que ses p'*'""' el {p + p\ )'''"" conséquentes.
Et ainsi de suite.
Avec l'I nous formerons i\ comme nous avons formé l'I avec r'„ et /•'„ avec r„ ;
nous formerons ensuite ;'|,^ r',l
.le supposerai que la première des conséquentes successives de r'û qui ait une
partie commune avec r", soit celle d'ordre/?,,.
J'appellerai s", l'antécédente d'ordre /' -f-/'i 4-/'i + . . • +/>/,_ i de /•".
Alors 5" fera partie de /■„ ainsi que ses n conséquentes d'ordre
De plus $1 fera partie de s'l'\ s'I'^ de s"„'' ■, ....
Il y aura alors des points qui appartiendront à la fois aux régions r,,, s\,
s„, . . . , s'I, .vil ' ..... L'ensemble de ces points formera une région a qui pourra
d'ailleurs se réduire à un ou à plusieurs points.
Alors la région a fera partie de r„ ainsi que ses conséquentes d'ordre
p, P-i-Pu ••■■ /' -l-/'l -H.. . + /)„, /' -H/' 1 -H. . .-4- /<„-!- /*„+!,
En d'autres termes, toute trajectoire issue d'un des points de u traversera
un(( infinité de fois la région /•„. c. q. f. d.
3l6 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
GoROLLAiiiE. — // résulte de ce qui iir<''cède qu'il existe une infinité de
trajectoires qui Irai-ersent une infinité de fois la région /•„ ; mais il peut en
exister d'autres qui ne traversent celle région qu'un nombre Jini de fois. Je
me propose maintenant d'expliquer pourquoi ces dernières trajectoires
peuve?it être regardées comme excejitionnelles.
Celle expression n'ayant par ellc-niênie aucun sens précis, je suis obligé
d'abord d'en conipléler la définition.
Nous conviendrons de dire que la probabilité pour que la position initiale du
point mobile V appartienne à une certaine région /■„ est à la probabilité pour
(|ue celte position initiale appartienne à une autre région r[, dans le même
rapport que le volume de /'o au volume de r'„.
Les probabilités étant ainsi définies, je me propose d'établir que la probabi-
lité pour qu'une trajectoire issue d'un point de /"o ne traverse pas celte région
plus de A" t'ois est nulle, quelque grand que soit k et quelque petite que soit la
région /■„. C'est là ce que j'entends quand je dis que les trajecloires qui ne
traversent Tq qu'un nombre fini de fols sont exceptionnelles.
Je suppose que la position initiale du point P appartienne à /■„ et je me
propose do calculer la probabilité pour que la trajectoire issue de ce point ne
traverse pas /.■ + i fols la région r,, depuis l'époque zéro jusqu'à l'époque nr.
Nous avons vu que si le volume i> de ;•(, est tel que n > -^^ — j on pourra trouver
/.■ -|- I réglons que j'appellerai r,,, r,_, r^., ..., /'a, et qui auront une partie
commune. Soit ^^^ cette partie commune, soit s„ son antécédente d'ordre a/,; et
désignons par S/, la y>''""' conséquente de s^.
Je dis que si la position initiale du point P appartient à s„, la trajectoire
issue de ce point traversera A" + i fois au moins la région r„ entre l'époque zéro
et l'époque nz.
En ellet, le point mobile (|ul décrit celle trajectoire se trouvera à l'époque zéro
dans la région i,,, à l'époque pz dans la région Sp, à l'époque nz dans la
région s,,- Il traversera donc nécessairement, entre les époques zéro et nz, les
régions suivantes : s„, .faj_ï,_,, «aj-ïj-,- •••) -îj, -=c,î ■^ai-a,! ^y.i- Or je dis que toutes
ces régions font partie de /•„. En effet .^3,1 fait partie de /'o par définition; s^ fait
partie de /'„ parce que sa (a/,)''"'" conséquente i^j fait partie de r^p et en
général i2,_j., fera partie de r» parce ipie sa (a,)'"""^ conséquence s^.^ fait partie
de r, .
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. Siy
Donc le point mobile traversera /> -f- i fois au moins la région i\,.
c. <j. F. n.
Soit maintenant o-,, la portion de /■„ cjui n'appartient ni à s^. ni à aucune
région analogue, de telle façon que les trajectoires issues des divers points de cr„
ne traversent pas la région /•„ au moins k -+- i fois entre les époques zéro et nz.
Soit w le volume de cr„.
La probabilité cherchée, c'est-à-dire la probabilité pour que notre trajectoire
ne traverse pas k -+- i fois r„ entre ces deux époques sera alors
Or par hypothèse aucune trajectoire issue de (7^ ne traverse /• -f- i fois /•„ ni
a fortiori a,, entre ces deux époques. On a donc
n
■ k\'
et notre probabilité sera plus petite que Quelque grand (jue soil /.', quelque
petit que soit v, on pourra toujours prendre n assez grand pour que celte
expression soit aussi petite que nous le voudrons. Donc il y a une probabilité
nulle pour que notre trajectoire, que nous savons issue d'un point de /•„,
ne traverse pas cette région plus de /.' fois depuis l'époque zéro jusqu'à
l'époque +c». c. q. f. d.
Extension du théorème I. — Nous avons supposé :
1 " que 71 = 3 ;
2" que le volume est un invariant intégral;
3" que le point P est assujetti à rester à distance finie.
Le théorème est encore vrai si le volume n'est pas un invariant intégral,
pourvu qu'il existe un invariant positif quelconque / M dxi dx^ dx,,. Il est
encore vrai si n > 3, s'il existe un invariant positif / Mdxi dx-> . . . dx,,, et
SI ^1, a".j, . . ., .r„, coordonnées du point P dans l'espace à /i dimensions, sont
assujetties à rester finies.
Mais il y a plus. Supposons que .r,, x-,, . . ., x,, ne soient plus assujetties à
rester finies, mais que l'invariant intégral positif / M dxi dx-. . . . dxa étendu à
l'espace à n dimensions tout entier ait une valeur finie. Le théorème sera
encore vrai.
3l8 SUR LE PROBLÊME DES TROIS CORPS
\ oici lui cas qui se présenlcra plus fréquemment.
Supposons que l'on connaisse une intégrale des équations (i)
F(a:i, X,, . . . . x„) = consl.
Si F = const. est l'équation générale d'un système de surfaces fermées dans
l'espace à n dimensions, si en d'autres termes F est une fonction uniforme qui
devient infinie quand une quelconque des variables x,, a,\., r„ cesse d'être
finie, il est clair que x'i, x.,, .... x,, resteront toujours finies, puisque F
conserve une valeur constante finie; on se trouve donc dans les conditions de
l'énoncé du théorème.
Mais supposons que les surfaces F = const. ne soient pas fermées; il pourra
se faire néanmoins que l'invariant intégral positif / M dx^ dx^ ■ ■ ■ dx,, étendu
à tous les systèmes de valeurs des x tels que
C, < F < G.,
ail une valeur finie; le théorème sera encore vrai.
C'est ce qui arrive en particulier dans le cas suivant.
M. Hill dans sa théorie de la Lune a négligé dans une première approximation
la parallaxe du Soleil, l'excentricité du Soleil et l'inclinaison des orbites; il est
ainsi arrivé aux équations suivantes :
dx
dx- , ,
dy
-d}=>'
dy' , .
■ dt= ^"■^'
qui admettent l'intégra
le
F —
x
- + ,)''- [Jl
_ v'(.^--*-.r')"
\n"X
'i ,
n"- .K- = const.
2 ^x-^ H
et l'invariant intégral / dxdydx'dr'-
Si l'on regarde x,y, .// et j-' comme les coordonnées d'un point dans l'espace
à quatre dimensions, l'équation F = const. représente un système de surfaces
qui ne sont pas fermées. Mais l'invariant inlégral étendu à tous les points
compris entre deux de ces surfaces esl fini, comnie nous allons le montrer.
f^e théorème I est donc encore vrai; c'est-à-dire (ju'il existe des triijectoires
qui traversent une infinité de fois toute région de l'espace à quatre dimensions,
quelque petite que soit cette région.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. Sig
Soit donc à calculer l'intégrale quadruple
J = / dx dy dx dy' ,
cette intégrale étant étendue à tous les systèmes de valeurs tels que
C,<F<C2.
Changeons de variables et transformons notre intégrale quadruple, en posant
x' = cos o ^1 r, y = sin s y/y r,
X = p cos (0, J' = ? sin oj ;
cette intégrale devient
i = j p dp dr c/to ds ,
et il vient d'autre part
F = /- — n-p- cos- oi.
p 2
Nous devons intégrer d'abord par rapport à cp entre les limites zéro et 2 7ï, ce
qui donne
} = î- j p dp dr dt<) ,
et l'intcgrallon doit être étendue à tous les systèmes de valeurs de p, ;• et w qui
satisfont aux inégalités
(i) /■ > o, r > Ci-+- - -t- - «'-B-cos'-w, r <cCî-h - -h - n'^p-cos'-M.
^ ' p 2 p 2 '
De ces inégalités on peut déduire la suivante :
r l^ '^ '.. .. o ^
C» -I- - H — n -0- cos- (0 > o.
? ^
Regardons p et gj comme les coordonnées polaires d'un point et construisons la
courbe
C.1 -I- — I — n-p- cos- (0 = o.
P '-i
Nous verrons que si G2 est plus petit que — - (r)«'pi)^ cette courbe se compose
d'une ovale fermée située tout entière à l'intérieur du cercle
et de deux branches iniinies situées tout entières à l'extérieur de ce cercle.
Le lecteur fera facilement celte construction; s'il y éprouvait quelque
320 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
difficulté, je le renverrais au Méiuoire original de M. Hill dans le Tome I de
V American Journal of Mathematics.
M. Hill conclul (le là que si le poiul p, to est à l'origine des lumps à l'inlérieur
de cette ovale fermée, il y restera toujours; que par conséquent p restera
toujours j)lus petit quei/-^- Aiusi si l'on négligeait la parallaxe du Soleil,
son excentricité et les inclinaisons, il serait permis d'assigner une limite supé-
rieure au rayon vecteur de la Lune. En ce qui concerne la Lune, en elfet, la
constante Gj est plus petite que (Q/f'f-i.)'.
C'est ce remarquable résultat de M. Hill que je me propose de compléter en
montrant que, dans ces conditions, la Lune jouirait également de la stabilité au
sens de Poisson; je veux dire par là que, si les conditions initiales du mouve-
ment ne sont pas exceptionnelles, la Lune repassera une infinité de fois aussi
près que l'on voudra de sa position primitive. C'est pour cela, comme je l'ai
expliqué plus haut, que je me propose de démontrer que l'intégrale J est finie.
Comme p est plus petit que i/t^ fï' pai' conséquent limité, l'intégrale
= ../p./p
://■ dw
ne peut devenir infinie que si r croît indéfiniment, et r ne peut devenir infini,
en vertu des inégalités (r), que si p s'annule.
Posons donc
J = J'-+-J",
.1' représentant l'intégrale étendue à tous les systèmes de valeurs tels que
(2) r>o, p>p„, Ci<F<C,,
et J" représentant l'intégrale étendue à tous les systèmes de valeurs tels que
(3) r>o, p<p„, C,<F<Co.
Quand les inégalités (a) sont satisfaites p ne peut s'annuler; donc /• ne peut
devenir infini. Donc la première intégrale J' est finie.
Examinons maintenant .)". .le puis supposer que pd a été pris assez petit
pour que
C.-^!^>o.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 321
Les inégalités F > Ci , p < po entraînenl alors /• > o. Nous devons donc intégrer
par rapport à /• entre les limites
Il vient alors
Cl -h - H — n -p- cos-oj et Ci -t- ' — i — n-a^ cos-w.
p 2 '^ - p 2 '^
J"= 2JC(C.— Cl) / dM j p rfp = 2Jt'-p5(Cî— C).
J" et par conséquent J est donc fini. c. q. f. d.
M. Bohlin a généralisé de la manière suivante le résultai de M. Hill. Consi-
dérons le cas particulier suivant du problème des trois corps. Soit A un corps
de masse i — p^, B un corps de masse p. et C un corps de masse infiniment
petite. Imaginons que les deux corps A et B (dont le mouvement doit être
képlerien, puisqu'il n'est pas troublé par la masse de C) décrivent autour de
leur centre de gravité commun supposé (ixe deux circonférences concentriques,
et que C se meuve dans le plan de ces deux circonférences. Je prendrai pour
unité de longueur la distance constante AB, de telle façon que les rayons de
ces deux circonférences soient i — ;jl et p. Je supposerai que l'unité de temps
ait été choisie de telle sorte ([ue la vitesse angulaire des deux points A et B sur
leurs circonférences soit égale à i (ou ce qui revient au même que la constante
de Gauss soit égale à i).
Choisissons alors deux axes mobiles ayant leur origine au centre de gravité
des deux masses A et B; le premier de ces axes sera la droite AB, et le second
sera perpendiculaire au premier.
Les coordonnées de A par rapport à ces deux axes sont — p. et zéro, celles
de B sont i — p. et zéro; quant à celles de C je les appelle x ol y; j'ai alors pour
les équations du mouvement :
dx , dx' , d\
en posant
On a d'ailleurs
dv , dv' , dV
-7- = y , -T- = — 2X -\ — r-
dt -^ ' dt dy
V = ■ ~ f^ . ^
AC BC
AC =(ar-HtJi)2+ r2, BC = (.c + jji — 1)2-4- y2.
Ces équations admettent une intégrale
2 2
II. P. - VII.
322 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
el un invariant intégral
J =; / iIjc dy c/x' dy' .
M. Bohlin, dans le Tome 10 des Acta Mathenialica, a généralisé le résultat
de M. lliU, en montrant que si la constante K a une valeur convenable (ce que
nous supposerons) et si les valeurs initiales de x el de j sont assez petites, ces
quantités x el y resteront limitées.
Je me propose maintenant de montrei' que l'intégrale J étendue à tous les
systèmes de valeurs tels que
K,<F<K2
est finie; d'où nous pourrons conclure, comme nous l'avons fait plus haut, que
la stabilité au sens de Poisson subsiste encore dans ce cas.
Si les constantes Ki et K;. sont convenablement choisies, le théorème de
M. Bohlin montre que x et )• seront limités. Quant à x' et )' ils ne pourront
devenir infinis ([ue si V devient infini, c'est-à-dire si AC s'annule, ou si BC
s'annule.
Posons alors
J =J' -H .)"+]"',
l'intégrale J' étant étendue à tous les systèmes de valeurs tels que
K,<F<K,, ÂC''>P6, Bg'>P5 (p°<^)'
l'intégrale J" à tous les systèmes de valeurs tels que
K,<F<K2, Âc'<p2 (d'où BcVpi),
et l'intégrale J'" à tous les s^'stèmes do valeurs tels que
K,<F<K2, Bc'<pS (d'oùÂG'>p§).
Comme pour aucun des systèmes de valeurs auxquels l'intégrale J' est étendue,
AC ou BC ne s'annule, cette intégrale J' est finie.
Examinons maintenant l'intégrale J". Je puis supposer que po ail été choisi
assez petit pour que
-f- k, > o, h K, > o.
po po
r-v x'^-i- y'- 1 !• •
Dans ce cas ;-^ — peut varier entre les limites
I • — u u. 2 ,, I — u iJ. ;r- -(- r^ ,
L. = K, -t- -—f -)- ^ -H -— — , el K2-H -r-^ + -57; H r^ = '-->
A G BG x--^y- AG BG 2
car la plus petite de ces deux limites est positive.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 323
Posons alors comme plus haut :
/ — , / — • ,. . x'--h ■)■'-
X = v^arcosif, y = \/2r sinç, d ou r = ■ — ;
l'intégrale deviendra
J " = / (ix dy dr f/o ,
et l'on devra intégrer par rapport à cp entre les limites zéro et 2 7r et par rapport
à r entre les limites L| et Lo ; il viendra donc
J"= 2Jr(K2— Kl) jdxdy.
L'intégrale double / dx <1y devra être étendue à tous les systèmes de valeurs
tels que AG < p^ ; elle est donc égale à tt.-.J ; de sorte qu'il vient
J"= i-^ù%{K,— Kl).
J" est donc fini, et il en est de même de J" et de J. c. q. f. d.
Nous devons donc conclure que (si les conditions initiales du mouvement ne
sont pas exceptionnelles au sens donné à ce mot dans le corollaire du théo-
rème l) le troisième corps C repassera une infinité de fois aussi près que l'on
voudra de sa position initiale.
Dans le cas général du problème des trois corps, on ne peut plus affirmer
qu'il en sera encore de même.
Théorème II. — Si n =z 3 et que Xi, x.^, x,., représentent les coordonnées
d'un point dans Vespace ordinaire, et s'il y a invariant positifs il ne peut
pas y avoir de surface fermée sans contact.
Soit, en efl'el,
J = / M dxi dxi, dxn,
un invariant intégral positif. Supposons qu'il existe une surface S fermée et
sans contact, avant pour équation
F(a;i, Xi, X3) =: o.
Soit V le volume limité par cette surface; nous étendrons l'invariant J à ce
volume tout entier.
La surface S étant sans contact, l'expression
dF ^. dF ^, dF ^.
-;— X,-+--7— Xo-H -7— Xa
dxi dx-i dxi
324 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
ne pourra s'annuler el par conséquent changer de signe; nous la supposerons
positive |>our fixer les idées.
Soit rfeo un élément de la surface S; menons la normale à cet élément du côté
des F croissants; prenons sur celte normale un segment infiniment petit dn.
Soit -y- dn la valeur de F à l'extrémité de ce segment. On aura
an °
dF ^
J étant un invariant, on devrait avoir
di
dt^""-
Mais nous trouvons
d¥ ., d¥ ^. d¥ ^,
dt J
d¥_
dn
L'intégrale du second membre, étendue à toute la surface S, est positive, puisque
la fonction sous le signe / est toujours positive.
Nous arrivons donc à deuï résultats contradictoires et nous devons conclure
qu'il ne peut exister de surface fermée sans contact.
Extension du théorème II. — Il est facile d'étendre ce théorème au cas
de rt> 3; il suffit pour cela, puisque la représentation géométrique n'est plus
possible, de la traduire dans le langage analytique el de dire :
S'il Y a un invariant intégral positifs il ne peut pas exister une
fonction uniforme F(ari, .r^, • • -, x,,) qui soit positive, qui devienne infinie
toutes les fois que l'un des x cesse d'être fini et qui soit telle que
dF dF ^, ^F ^ dF ^
-jT = -Y- A 1 -H -7— A. + ... -I- -, — .X„
lit ft.i\ dxi dx,i
soit toujours de même signe quand F est nul.
Pour faire comprendre l'importance de ce théorème, je me bornerai à faire
observer que c'est une généralisation de celui dont je me suis servi pour
démontrer la légitimité de la belle méthode de M. Lindstedl.
Je préfère toutefois, au point de vue des applications ultérieures, lui donner
une forme un peu différente en v introduisant une notion nouvelle, celle des
courbes invariantes.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3'i5^
Nous avons à la fin du paragraphe précédent envisagé une portion de
surface S, définie par l'équation
B(x,, xo, a-j) = o
et telle que l'on ait pour tous les points de S :
-;— X,-!- -;— \,+ -;— \:,>0,
axi nxi rlx-i
de telle sorte que S soit une portion de surface sans contact.
Nous avons défini ensuite ce qu'on doit entendre par le n'"""' conséquent
d'un point de S ou par la /i'»"'^' conséquente d'une courbe ou d'une aire appar-
tenant à S. J'entends maintenant cl j'entendrai désormais le mot conséquent,
dans le sens du paragraphe précédent, et non dans le sens employé plus haut
dans la démonstration du théorème 1.
Nous avons vu que s'il existe un invariant positif /// Wdxi ilx-, dx.i, il existe
également une autre intégrale / IMH c?w que l'on doit étendre à tous les élé-
ments rfco d'une aire appartenant à S et qui jouit des propriétés suivantes :
i" La quantité sous le signe / ) MH est toujours posisive.
2° L'intégrale a la même valeur pour une aire quelconque appartenant à S
et pour toutes celles de ses conséquentes qui existent.
Gela posé; j'appellerai courbe invariante du n'*""' ordre, toute courbe tracée
sur S et qui coïncidera avec sa w'*"" conséquente.
Dans la plupart des questions de Dynamique il entre certains paramétres
très petits, de sorte qu'on est naturellement conduit à développer les solutions
suivant les puissances croissantes de ces paramètres. Telles sont les masses en
Mécanique céleste.
Nous imaginerons donc que nos équations différentielles
dx\ dxi _, dx^ ^
~dt ~ '' ~dt ~~ ' -' Tir ~ '
dépendent d'un paramètre p. Nous supposerons que X,, Xo, X;, sont des
fonctions données de x^, Xn, x^ et jjl, susceptibles d'être développées selon les
puissances croissantes de p., et que p. est très petit.
Considérons alors une fonction quelconque de p^; je suppose que cette
fonction tende vers zéro quand p tend vers zéro, de telle façon que le rapport
3i6 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
de celle fouclioii à p." lenilo vers une limile finie. Je dirai cjue celle fonclioa
de /i. est une quanlilé 1res pclile du «''""' ordre.
Il importe de rem;uquer qu'il n'est pas nécessaire que cette fonction de p.
soit susceptible d'être développée suivant les puissances de p..
Cela posé, soient A,, et B,, deux points d'une surface sans contact S, et
soient A) et Bi leurs conséquents. Si la position de Aq et Bo dépend de p.
suivant une loi quelconque il eu sera de même de la position de Ai etB(. Jeme
propose de démontrer les lemmes suivants :
Lem.me I. — ^i l'on envisage une portion de surface sans contact S,
passant par le point aa, bo, f o ", ■« ^», .To ^d -^o"' '^•^ coordonnées d'un point
de S et SI x^, Vi, Zi sont les coordonnées de son conséquent, on pourra
développer Xi, ji, zi suivant les puissances de Xo — a.f,, y„ — bn, z^ — c„ et p
pourvu que ces quantités soient suffisamment petites.
Je puis toujours prendre pour origine le point a,,, 65, C(, de telle façon que
«0= 60= Co= o.
Si alors
z = 's{x,y)
est l'équation de la surface S, celle surface passera par l'origine O et l'on aura
9(0, o) = o.
Je supposerai de plus qu'en tous les points de la |3orlion de surface S
envisagée la fonction '^{x, y) est holomorphe. Par l'origine O passe une
trajectoire; imaginons que quand p = o celle trajectoire vienne au temps t = z
recouper la surface S en un point P dont les coordonnées seront :
X = a, y = b, z ^ c.
D'après la terminologie que nous avons adoptée, le point P sera quand on
suppose p =^ o le conséquent du point O.
Soil maintenant x», y^, -s„ un point A très voisin de O et appartenant à la
surface S. Si l'on fait passer par ce point A une trajectoire, si l'on suppose
que p cesse d'être nul, niais resie très petit, on verra que celle trajectoire
viendra, à une époque t très peu diliércnte de z, couper la surface S en un
point B très voisin de P.
Ce point B dont j'appellerai les coordonnées Xi, }'i, Zji sera d'après notre
terminologie le conséquent du point A.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. Sîy
Ce que je me propose de démontrer, c'est que Xi, j'i, -i peuvent se déve-
lopper suivant les puissances croissantes de x^,, j',,, r,, et p..
•En effet, d'après le théorème III (§ 2), si x. y, : sont les coordonnées au
temps < du point mobile qui décrit la trajectoire issue du point A, si de plus a?,,,
y„, 3(1, p. et < — T sont suffisamment petits, on aura
!x = iii(t — z, 11, Xo, yo, Zo),
y= <)>2(« — T, II, Xo, ya, ^o),
z = 'ii^{t — -, IX, x„, jo, 3o),
i];i, <]^2 ettj;, étant des séries ordonnées suivant les puissances de t — t, p, x^,
Ces séries se réduiront respectivement à a, 6, c pour
/ — -c = ;Ji = a:,i = _>o = ;o = o.
Comme cf{x, y) est développable suivant les puissances àc. x — aetj'- — b,
si x — a et j' — b sont assez petits, nous aurons également
<!}{x, y) = ■i/i(^ — x, [X, Xo, Va, -So),
ij/4 étant une série de même forme que i|i, <\i-^ et ip:!-
Écrivons que le point x, y, z se trouve sur la surface S, nous aurons
(5) ^.= >l/w
La relation (5) peut être regardée comme une équation entre t — t, p, Xo, ^'o
et 2o c'' l'on peut chercher à la résoudre par rapport à < — t.
Pour
t — - = [ji = jTo = y M = ;o = o,
celte relation est satisfaite, car on a
D'après un théorème de Cauchy, que nous avons démontré dans un des
paragraphes qui précèdent, ou pourra tirer de la relation (5) t — t sous la
forme suivante :
(6) < — - = e(,a, .co, j-o, So),
9 étant une série ordonnée suivant les puissances de p, a",,, i'„ et z„.
Il n'y aurait d'esception que si pour
t — T = ij. = Xo = .Vo = ;o = o,'
on avait
~di " ~dt'
3i8 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Or celte équation exprime (jue la li'njecloire issue du point O pour j7. :^ o va
toucher la surface S an point P.
Mais il n'en sera pas ainsi, parce que nous supposerons lonjours que S est
une surface ou une portion de surface sans contact.
Dans les équations (4) remplaçons t — t par 0 et x, >', :; par Xi, l'i, ;i ; il
viendra
Xi= e,(n, Xt,, .lo, =o), J'i = ^■l{\>-, ^0, J'o, So), -1= 63(H, ^0, .)'o, So),
0i, 02 et 0;, étant des séries développées selon les puissances de p., x„, Yg
et ;„. c. y. F. D.
Lemme II. — Si In distance de deux points A„ et B„ appartenant à la
portion de surface sans contact S est une quantité très petite d'ordre n, il
en sera de même de la distance de leurs conséquents A) et Bj.
Soient en eflfet ai, a,, as les coordonnées d'un point (iie Po de S très voisin
de Ao et de B,,; a',, a',, a, les coordonnées de son conséquent P(.
Soient xi, Xi, x^; x\, x'.,, x',', yi, y^, y3\ y\, y'^, y', les coordonnées deA(,,
Aj, B„ et Bi.
D'après le lemme I, x\ — a\, x', — a',, x\ — a', peuvent se développer selon
les puissances croissantes de Xs — a^., x<x — a^, x,y — a-i et p..
L'expression de ij — a';, y', — a'j, y\^ — d. en fonctions de j)', — ai, y-, — ao,
j)'3 ^ a-i et fjt. sera évidemment la même que celle de x\ — a',, x„ — a',, x\ — a\ en
fonctions de x^ — a, , x<, — «o, x^ — a^ et \j..
On déduit de là que l'on peut écrire
1 ^\ —y\ = (*•! — „'i) Fi -^ {x-i — yi) F2 + (3:3— j'3) F,,
(7) \ x\—y\ = (,Xi—yi)Y\-\-{x. — y.)V\-^(x:, — y-i)Y\,
( 00',- y\ = (Ti- V-,) F'; + (x.-y.,) FI + (.rj-.)',) F'i,
les F étant des séries développées suivant les puissances de
jji, x^— a^, X2 — «2, X:i—a3, Vi — «i, y->— a^, y-j— a,.
Les quantités F), Fo, etc. sont finies; si donc Xi — y,, x-^ — j'o et x^ — y-^
sont des quantités très petites d'ordre n, il en sera de même de x\ — }', ,
x, — y\, X, — >■,. c. Q. F. D.
Théorème IIL — Soit AjAMBjB une courbe im'ariante, de telle façon
que A, et Bi soient les conséquents de A et B.
Je suppose que les arcs AXi et 1515) soient très petits (c'est-à-dire tendent
vers zéro avec p.) mais que leur courbure soit finie.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 329
Je suppose que cette courbe invariante et la position des points A e/ B
dépendent de ij. suivant une loi quelconque. Je suppose qu'il existe un
invariant intégral positif. Si la distance AB est très petite du «"■""■ ordre
et que la distance AA, ne soit pas très petite du n'^"'" ordre, l'arc AA,
coupe l'arc BB,.
Je puis toujours joindre les points A et B par un arc de courbe AB situé tout
entier sur la portion de surface sans contact S et dont la longueur totale soit
du même ordre de grandeur que la dislance AB, c'est-à-dire une quantité très
petite du n""° ordre. Soit Ai B( un are de courbe qui soit le conséquent de AB,
il sera aussi très petit du n'*""^ ordre d'après le Icmme II.
Fis. I. Fig. 2.
Voici maintenant les diverses hypothèses que l'on peut concevoir :
Première hypothèse. — Les deux arcs AA| et BBi se coupent. Je me
propose d'établir que c'est cette hypothèse qui est réalisée.
Deuxième hypothèse. — Le quadrilatère curviligne AA, B, B est tel que les
quatre arcs qui lui servent de côtés n'ont d'autre point commun que les quatre
sommets A, A| B et B, . C'est le cas de la figure i .
Troisième hypothèse. — Les deux arcs AB et AiBi se coupent en un
point D. C'est le cas de la figure 2.
Quatrième hypothèse. — L'un des arcs AB ou Ai B, coupe l'un des arcs AAi
ou BBi ; mais les arcs AAi et BB) ne se coupent pas, non plus que les deux
arcs AB et AiBi.
S'il y a un invariant positif, il existera d'après le paragraphe précédent une
certaine intégrale / MH c?oj dont tous les éléments seront positifs et qui devra
avoir la même valeur pour l'aire ABBiMA et pour sa conséquente AA,B,MA.
Cette intégrale étendue à l'aire
ABAiB,= AA,B,MA — ABB.MA
H. P. — VII. 4a
33o SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
iloit donc èlrfi uiiUe cl comme tous les éléments do l'iulégrale son! positifs, la
disposition ne peut lMpc celle de la figure i où l'aire AlL\iBi est convexe.
La seconde hypothèse doit donc être lejetée.
La disposition ne peut non plus être celle de la figure a.
En effet, dans le triangle ADAi, les distances AD et A|D sont très petites
du «'*""■ ordre car elles sont plus petites que les arcs AD et Aj D, lesquels sont
plus petits que les arcs AB et A,Bi qui sont du n'"""" ordre. De plus on a
AAi< AD-t- A,D.
La distance AAi devrait donc être une quantité très petite du /i'*""" ordre, ce
qui est contraire à l'énoncé du théorème.
La troisième hypothèse doit donc être rejetée.
Je dis que la quatrième hypothèse ne peut non plus être acceptée. Supposons
en eflct par exemple que l'arc AB coupe l'arc AAj en un point A'. Soit ANAi
la portion de l'arc AB qui va de A en A'; soit APA' la portion de l'arc AAj qui
va de A en A'.
Je dis qu'on pourra remplacer l'arc ANA'B par l'arc APA'B; et que le
nouvel arc APA'B sera comme l'arc primitif ANA'B une quantité très petite du
«''"^ ordre.
En effet l'arc ANA' est plus petit que AB, il est donc du /i'*"" ordre; la
dislance AA.' est donc elle-même du n""" ordre; l'arc APA' est plus petit
que AA, qui est très petit, c'est-à-dire qui tend vers zéro avec jji; l'arc APA' est
donc très petit et sa courbure est finie; on peut donc assigner une limite au
rapport de l'arc APA' à sa corde AA'; ce rapport est fini et AA' est du n'*""^
ordre ; donc APA' est du 7i"'"" ordre. c. q. f. d.
D'ailleurs le nouvel arc APA'B ne coupe plus l'arc AA,, il a seulement avec
lui une partie commune APA'.
On retombe donc sur la deuxième hypothèse qui a déjà été rejetée.
La première hypothèse est donc seule acceptable et le théorème est démontré.
Remarque. — Nous avons supposé dans l'énoncé du théorème que les
arcs AAj et BBi sont très petits et que leur courbure est finie. En réalité nous
ne nous sommes servis de cette hypothèse que pour montrer que si la
corde AA' est très petite du n^""" ordre, il en est de même de l'arc APA'.
Le théorème sera donc encore vrai quand même l'arc AAi ne serait pas très
petit et sa courbure finie, pourvu qu'on puisse assigner une limite supérieure
au rapport d'un arc quelconque (faisant partie de iWi ou de BBi) à sa corde.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 33l
CHAPITRE III.
THÉORIE DES SOLUTIONS PÉRIODIQUES.
9. — Existence des solutions périodiques.
Considérons un système d'équations différentielles
(') -^ =X,- <i= I, 2, ..., n)
où les X sont des fonctions des x el d'un paranièlre [j-. Les X pourront aussi
dépendre de ^, mais ce seront alors des fonctions périodiques de cette variable
et la période sera 271.
Supposons que pour la valeur zéro du paramétre p., ces équations admettent
une solution périodique, de telle sorte que
cp,- étant une fonction périodique du temps dont la période sera par exemple au.
Posons
Xt= 3/-I- |(
et cherchons pour les valeurs très petites de fx à trouver les valeurs des Ç que
nous supposerons également très petites, il viendra
r/t aïk ^U axk
Dans les dérivées partielles des X lesx, sont remplacés par les fonctions pério-
diques cp/. Les 1, sont ainsi déterminés par des équations linéaires à second
membre dont les coefficients sont des fonctions périodiques.
Deux cas peuvent se présenter.
i" Les équations sans second membre :
^ ' dt --"'«'.^7
n'admettent pas de solution périodique de période in.
Dans ce cas les équations à second membre en admettent une que j'écrirai
4^ étant une fonction périodique de période 271.
332 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
2" Les équations sans second membre admetteul une solulion de période 27r.
Alors les équations à second membre peuvent ne pas avoir de sohition
périodique, de (elle façon qu'en t^éni'rul nous trouverons une solution de la
forme suivante :
^ci=}U'\,,j(t)-hix'laj{t),
les 'Il tant toujours des fonctions périodiques, ou même dans certains cas
Plaçons-nous dans le premier cas et voyons la chose de plus près.
Cherchons à former une solution périodique et à la développer suivant les
puissances de |jl; posons par conséquent :
.r,-= 3,-+ iJ-^i.i-h ;J.-<?2.i-l-
Quand on substituera à la place des ^,- ces valeurs dans les X,, on trouvera
X;= Xo.,--+- JJlXi.(+ ÎJ.-X2.i+. . ..
Il est clair que les Xq.,- ne dépendent que des cp/, les Xi.,- des cp,- et des 91.,,
les Xo.,- des (pi ,■ et descpo.,-, etc. De plus si les cp„.,- sont des fonctions périodiques
de t de période 27;, il en sera de même des Xn.i-
Nous avons de plus
^''•' =2.^ =?"•*+ ^"■'■■
Dans le second membre, dans les dérivées -^t on doit substituer les m,- à la
place des Xi ainsi que nous l'avons fait plus haut. De plus Y„ , ne dépendra
que des o,-, des 91.,-, des cpj.,, ..., des 9n_i.,; mais ne dépendra plus des Çn./-
Cela posé on est conduit aux équations suivantes :
,,> '^■■^n.i V ^^> , V
k
Supposons qu'on ait déterminé les quantités 91,,-, ©2.1! • ■ • ■> 9n_) / à l'aide des
équations précédentes sous forme de fonctions périodiques de l; on pourra
ensuite à l'aide des équations (3) déterminer les cp,,.,-.
Ces équations (3) sont des équations linéaires à second membre et les
coefficients sont périodiques.
Par hypothèse les équations sans second membre
k
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 333
qui ne sonl autres que les équations (2), n'ont pas de solution périodique;
donc les équations (3) en admettent une.
Il résulte de là qu'il existe des séries
dont les coefficients sont périodiques et qui satisfont formellement aux équa-
tions ( I ).
Il resterait à démontrer la convergence de ces séries. Nul doute que celte
démonstration ne puisse se faire directement; je ne le ferai pas toutefois, car
je vais, en reprenant la question à un point de vue dilTérent, démontrer rigou-
reusement l'existence des solutions périodiques, ce qui entraîne la convergence
de nos séries. Nous n'aurons en ellet qu'à nous appuyer sur les principes les
plus connus du « calcul dos limites ».
Soit cp,(o) -^- (3,- la valeur de xt pour t^o. Soit cp,(o)-l-Y, '^ valeur de Xi
pour f = 271. Les y,- dépendront évidemment de p. et des valeurs initiales des
variables et elles s'annuleront avec elles.
Gela me permet d'écrire
les rt, les b et les [?/t, p^, p.,, . • ■ , pn\ étant des coefficients constants.
On obtiendra les solutions pciiodiques de période 2 7r en cherchant les cas
oùy/=(3,. On peut donc considérer y. comme une donnée de la question et
chercher à résoudre par rapport aux ii inconnues (3 les équations
Nous savons que les 'j; sont des fonctions holomorphes de p. et des |3 s'annulant
avec les variables. ( Voir théorème III, § 2.)
Si le déterminant fonctionnel des 'j' par rapport aux (3 (c'est-à-dire le déter-
minant des bik) n'est pas nul, on peut résoudre ces n équations et l'on trouve
comme solution
p. = 9,(1^),
les 0, étant, d'après un théorème bien connu, des fonctions holomorphes de \)-
s'annulant avec p.. {Voir théorème IV, § 2.)
C'est le cas que nous avons étudié plus haut et où les équations (2) n'ont
pas de solution périodique.
On doit en conclure que pour les valeurs de p suffisamment petites, les
équations (1) admettent une solution périodique.
334 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Supposons mainteiianl ((iie lo diilcrmiiiani fouclioiiiiel des <\) soil nul; nous
pourrons alors, en vertu du théorème VI (J; 2), éliminer entre les équations (4)
(3|, |3o, . . . , (3„_i ; nous arriverions ainsi à une équation unique «I> =^ o dont le
premier membre sera développé suivant les puissances de fx et de [3,i.
11 n'y aurait d'exception que si les équations (4) n'étaient pas distinctes;
mais dans ce cas nous leur adjoindrions une autre équation choisie arbi-
trairement.
Si l'on regarde /j. et '^n comme les coordonnées d'un point dans un plan,
l'équation $ =: o représente une courbe passant par l'origine. A chacun des
points de cette courbe correspondra une solution périodique, de sorte que pour
étudier les solutions périodiques qui correspondent aux petites valeurs de p. et
des p, il nous suffira de construire la partie de cette courbe qui avoisine
l'origine.
Si le déterminant fonctionnel des ij; est nul. on aura (pour f;i ^ [3n = o) :
d^ _
En d'autres termes, la courbe »l> = o sera tangente à l'origine à la droite p.=o,
ou bien encore pour fx = o, l'équation <i> := o sera une équation en [3„ qui
admettra zéro comme racine multiple; j'appelle m l'ordre de multiplicité de
celte racine.
En vertu du théorème V (§ 2) on pourra trouver m séries développées
suivant les puissances fractionnaires et positives de |j^, s'annulant avec p. et qui
substituées à la place de (3„ satisfassent à l'équation <I> = o.
Considérons l'intersection de la courbe «I> ^ o ou plutôt de la portion de
celle courbe qui avoisine l'origine avec deux droites p- ^ e, p= — £ très
voisines de la droite p = o. On obtiendra les points d'intersection en faisant
/ji = t, puis fx = — £ dans les m séries dont je viens de parler.
Soit m, le nombre des points d'intersection de <I> = o et /ji = 4-£ réels el
voisins de l'origine. Soit m, le nombre des points d'intersection de O = o et
p. = — £ réels et voisins de l'origine.
Les trois nombres m, /«i et m-2 seront de même parité.
Si donc m est impair, rni el rn-j seront au moins égaux à i. Donc il existera
des solutions périodiques pour les petites valeurs de p, tant positives que
négatives.
Gomment une solution périodique peut-elle disparaître quand on faitvarierp
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 335
d'une manière coniinue? Gomment peut-il se faire que le nombre des solutions
pour p. ^ +£ soit plus petit que pour fi ^ — J, que rrii < m^ ?
J'observe d'abord qu'une solution périodique ne peut disparaître quand |j.
passe de la valeur — e à la valeur + £ que si pour |jl = o, l'équation <I> = o
admet une racine multiple; en d'autres termes uue solution périodique ne
peut disparaître qu'après s'être confondue avec une autre solution pério-
diciue. De plus nii et ni.< étant de même parité, la difTérence m^ — nii est
toujours paire.
Donc les solutions périodiques disparaissent par roupies ii la façon des
racines réelles des équations algébriques. .
Un cas particulier intéressant est celui où pour p. = o, les équations dille-
rentielles (i) admettent une infinité de solutions périodiques que j'écrirai
a;i= Œ>,(<, /(), ar2=92(<, A), ..., Xn= ^n{t, It),
Il étant une constante arbitraire.
Dans ce cas les équations (4) ne sont plus distinctes pour p. = o et 4>
contient p. en facteur, de sorte que nous pouvons poser
<ti étant liolomorphe en p„ et p.; d'ailleurs «I», dépendra aussi de h. La
courbe $ = o se décompose alors en deux autres, à savoir la droite p. =: o et
la courbe $i := o; c'est cette dernière courbe qu'il convient d'étudier.
La courbe $^ o passe forcément par l'origine; il n'en est pas toujours de
même de <I>i:=o; il faudra d'abord s'arranger pour l'y faire passer, en dispo-
sant convenablement de h. Une fois qu'on l'y aura fait passer, on l'étudiera
comme on a fait de la courbe <I> = o.
Si pour p =1 p„ = o, -777- n'est pas nul (ou plus généralement si pour p. ^ o.
l'équation <I>i = o admet (3„==o comme raciue multiple d'ordre impair), il y
aura encore des solutions périodiques pour les petites valeurs de p..
Il arrivera souvent que, même avant l'élimination, quelques-unes des
fonctions <]fi contiennent p en facteur. Dans ce cas on commencerait par diviser
par p. les équations correspondantes.
Si les équations (i)'admctlent une intégrale uniforme
¥{xi, Xi, . . ., j;„) = const.
336 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
les équations (4) »e seront pas distinctes à moins que l'on n'ait à la fois
rfF _ ^ _ _ (IF_ _
dxi dx-i ' ' ' t/x„
pour
a^i=?i(o), a-2=cf2(o), ..., x„=cp„(o).
En effet il viendra identiquement
F[ç,.(o)+p,+ ^,] = F[ç,(o) + [ii].
Si par exemple pour ir,- = cp,(o), -,-^ n'est pas nul; on pourra tirer de cette
équation :
©2, O:,, ..., 0„ étant des séries ordonnées suivant les puissances croissantes
de ,3,, (3,, . . ., (3,„ .I;,, .l;3, . . ., •]^„.
La première des équations (4) est donc alors une conséquence des n — i
dernières. On la supprimera alors pour la remplacer par une autre équation
choisie arbitrairement.
Dans ce qui précède, nous avons supposé que les fonctions Xi, Xj, . . ., X„
qui entrent dans les équations différentielles (i) dépendent du temps l. Les
résultats seraient modifiés si le temps t n'entre pas dans ces équations.
Il V a d'abord entre les deux cas une différence qu'il est impossible de ne
pas apercevoir. Nous avions supposé dans ce qui précède que les X, étaient des
fonctions périodiques du temps et que la période était 2 tt; il en résultait que,
si les équations admettaient une solution périodique, la période de cette solu-
tion devait être égale à 27: ou à un multiple de 271. Si au contraire les X, sont
indépendants de t, la période d'une solution périodique peut être quelconque.
En second lieu, si les équations (i) admettent une solution périodique (et si
les X ne dépendent pas de t), elles en admettent une infinité.
Si en effet
a;, = 9,(0, 372= 92(0, ■■•, 3-„=9„(0
est une solution périodique des équations (1), il en sera de même (quelle que
soit la constante h) de
Xi= Zi(t -h h), Xi=z Z,2{t -h h), ..., X„= -^nit -h /l).
Ainsi le cas sur lequel nous nous sommes étendus d'abord et dans lequel
pour p. = o, les équations (i) admettent une solution périodique et une seule,
ne peut se présenter si les X ne dépendent pas de C.
ET LESj ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 33y
Plaçons-nous donc dans le cas où le temps t n'entre pas explicitement dans
les équations (i) et supposons que pour ^u =; o, ces équations admettent une
solution périodique de période T :
Soit Oi(o) + [3, la valeur de Xi pour t = o; soit 0,(0)+-;-, la valeur de Xj
pour < = T + 7. Posons ensuite, comme nous Tavons fait plus haut,
Les '^, seront des fonctions holomorphes de p., de pi, (3.,, .... |3„ et de r
s'annulant avec ces variables.
Nous avons donc à résoudre par rapport aux 11 ^- i inconnues |3,, (3,. . . .,
[3„, z les n équations
(5) 'i| = J/, = . ..= .!;„= o.
Nous avons une inconnue de trop, nous pouvons donc poser arbitrairement
par exemple
(3„=o.
Nous tirerons ensuite des équations (5), ^i, |3o, . . ., [3„_, et z en fonctions
holomorphes de ,u. s'annulant avec jjl. Cela est possible à moins que le déter-
minant
Mi
d<l,
d\Ji,—\
M 2
d'h.
d'I,
r/i,
d'{.i
d^., ■
• • dpn->
dl
dXn
d'l„
difn
d'\„
d-
ne soit nul pour [j. = (3, = t = o.
Si ce déterminant était nul, au lieu de poser arbitrairement |3„ ::= o, on pose-
rait par exemple |3;^ o, et la méthode ne serait en défaut que si tous les déter-
minants dans la matrice
d'h. d'I.
d^i d^l
d-l„ d6„
dp\ dp-i
di) I dAi I
'âfn 'd^
dii-, d'il 1
(M/n d>h„
d'in dx
11. P. - VII.
338 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
éuienl nuls à la fois. (11 esL à remarquer que le déterminant obtenu en suppri-
mant la dernière colonne de celte matrice est toujours nul pour p. = (3,= t = o).
Comme en général tous ces déterminants ne seront pas nuls à la fois, les
équations (i) admettront, pour les petites valeurs de/i, une solution périodique
de période T + r.
10. — Exposants caractéristiques.
Reprenons les équations
et imaginons qu'elles admettent une solution périodique
Formons les équations aux variations (voir Chap. l) des équations (i) en
posant
et négligeant les carrés des ?.
Ces équations aux variations s'écriront
Ces équations sont linéaires par rapport aux c, et leurs coofficienls -y—' [quand
on y a remplacé x; par cp/(0] sont des fonctions périodiques de t. Nous avons
donc à intégrer des équations linéaires à coefficients périodiques.
On sait (juelle est en général la forme des solutions de ces équations; on
obtient n solutions particulières de la forme suivante :
,- ) ?, = e'VS,2, f.,= e»-.'S,, E„=e=<.'S„.>,
" I ••
les a étant des constantes et les .S,/, des fonctions périodiques de t de même
période que les (fi{l)-
Les constantes a s'apiielU-nt les exposants caracti'-iislifjues de la siilmion
périodique.
Si « est purement imaginaire de fa<;ou que son carré soit négatif, le module
de e*' est constant et égal à i. Si au contraire a. est réel, ou si a. est complexe
de telle façon que son carré ne soit pas réel, le module e*' tend vers l'infini
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 339
pour t^ + 'JD OU pour t = — <x>. Si donc tous les y. ont leurs carrés réels et
négatifs, les quantités Çi, 'î^.,, . . . , ï^n resteront finies; je dirai alors que la solu-
tion périodique Xi= (i>i{t) est stable; dans le cas contraire, je dirai que cette
solution est instable.
Un cas particulier intéressant est celui où deux ou plusieurs des exposants
caractéristiques a sont égaux entre eux. Dans ce cas les solutions des équa-
tions (2) ne peuvent plus se mettre sous la forme (3). Si par exemple ai = «o,
les équations (2) admettraient deux solutions particulières qui s'écriraient
|,-=e='.'S,., et f,= <e='''S;.i-i-e^.'S,-.2,
les Sj.i et les S,,2 étant des fonctions périodiques de t.
Si trois des exposants caractéristiques étaient égaux entre eux, on verrait
apparaître, non seulement t, mais encore t- en dehors des signes trigonomc-
triques et exponentiels.
Supposons que le temps/ n'entre pas explicitement dans les équations (i) de
telle sorte (jue les fonctions X, ne dépendent pas de cette variable; supposons
de plus que ces équations (i) admettent une intégrale
(4) F(r,,.r,. ...,.r„) = C.
Il est aisé de voir que dans ce cas doux des exposants caractéristiques sont
nuls.
On se trouve donc alors dans le cas d'exception que nous venons de signaler;
mais il n'en résulte pas de difficulté; il est aisé en efl'el à l'aide de l'intégrale (4),
d'abaisser d'une unité l'ordre des équations (i). Il n'y a plus alors que
n — I exposants caractéristiques et il n'y en a plus qu'un qui soit nul.
Nous allons maintenant envisager un cas particulier qui est celui où les
équations (t) ont la forme des équations de la Dynamique. Ecrivons-les donc
sous la forme
, ,, dxi dF dyi dF ,.
('^ rfr = Â^.' -dr=-d^^ (. = 1,2, ....n),
F étant une fonction <|uelconque de x,, .r,, . . ., Xn, Vi, J'n, ■ • -, JK« • nous
pourrons supposer, soit que F est indépendant de t; soit que F dépend non
seulement des x et des j', mais encore de /, et que par rapport à cette dernière
variable, c'est une fonction périodique de période 271.
Supposons que les équations (i') admettent une solution périodique de
période 271 :
•^i=?i(0, .yi='T'i{t),
o.lo SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
el formons les équations aux variations eu posant
Nous avons vu dans le Chapitre II que l'intégrale double
,//■<
(/.Vi (/]■, -t- <iX2 f/l'î-
-h (/xn dy„ )
est un invariant intégral, ou (ce qui revient au même) que si Ç,, m et Ç,', rjj
sont deux solutions particulières ([uelconques des équations aux variations,
on a
n
2(?/^;— Shi) = const.
Je dis qu'il en résulte que les exposants caractéristiques sont deux à deux égaux
et de signe contraire.
Soient en efTet ^ et rj" les valeurs initiales de £; et de rj; pour t = o dans une
des équations aux variations; soient ^,' et ■/)■ les valeurs correspondantes de Ç, et
de rti pour < := 271. Il est clair que les ^' et les rj,' seront des fonctions linéaires
des t^" et des rj" de telle sorte que la substitution
rt-2
«2/,,! a-in.i • . • "2//.-J/1
le tableau des coefficients de cette substitution linéaire.
Formons l'équation en 1
sera une substitution linéaire.
Soit
"11
(7,«
«21
«22
«11 —
A
0,2
«1.2n
«:i
«22 À
«2.2«
Les 2n racines de celte équation seront ce qu'on appelle les 2/i multiplicateurs
de la substitution linéaire T. Mais cette substitution linéaire T ne peut pas être
quelconque. Il fiiul qu'elle n'altère pas la forme bilinéaire 2(£/V},' — E;v),). Pour
cela, l'équation en 1 doit être réciproque. Si donc on pose X =:e"^"', les quan-
tités a devront être deux à deux égales et de signe contraire.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 34l
Il y aura donc en général n quantités '/.'- distinctes. Nous les appellerons les
coejjficients de stabilité do la solution périodique considérée.
Si ces n coefficients sont tous réels et négatifs, la solution périodique sera
stable, car les quantités ç; et rj,- resteront inférieures à une limite donnée.
Il ne faut pas toutefois entendre ce mot de stabilité au sens absolu. En effet,
nous avons négligé les carrés des ^ et des v) et rien ne prouve qu'en tenant
compte de ces carrés, le résultat ne serait pas changé. Mais nous pouvons dire
au moins que les ^ et r;, s'ils sont originairement très petits, resteront très
petits pendant très longtemps. Nous pouvons exprimer ce fait en disant que la
solution périodique jouit, sinon de la stabilité séculaire, du moins de la stabi-
lité temporaire.
On peut se rendre compte de cette stabilité en se reportantaux valeurs des \i\
on trouve en effet, pour la solution générale des équations aux variations,
les A/v étant des coefficients constants et les S,/, des séries trigonométriques.
Or si cf-i est réel négatif, on trouve
6="!' = cosi y/ — o;| -I- ( sin t \j — tz| ,
de sorte que ^, s'exprime trigonométriquement.
Au contraire si un ou plusieurs des coefficients de stabilité devient réel
positif ou imaginaire, la solution périodique considérée ne jouit plus de la
stabilité temporaire.
On voit aisément en ertet que ;, est alors représenté par une série dont le
terme général est do la forme A e''" cos(/.< + int + /), où {h-\- ik)' est un des
coefficients de stabilité, où rn est un entier et / et A des constantes quel-
conques. Le défaut de stabilité se trouve ainsi mis en évidence.
Si deux des coefficients de stabilité deviennent égaux entre eux, ou si l'un
d'eux devient nul, on trouvera en général dans la série qui représente ^,- des
termes de la forme
Xt e''' cos{fcl -h /lit -i- /) ou Xt cos(mt -h /).
En résumé, ^j peut dans tous les cas être représenté par une série toujours
convergente. Dans cette série le temps peut entrer sous le signe sinus ou cosinus,
ou par l'exponentielle e'", ou enfin en dehors des signes trigonométriques ou
exponentiels.
Si tous les coefficients de stabilité sont réels, négatifs et distincts, le temps
342
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
ii'npparaîtra qiio sous les signes sinus et cosiiuis el il y aura sUiLililé lem-
|)oi'aire.
Si l'un des coetlîcieuls esl posililou iriiai;inaiie, le lenips apparaîtra sous un
signe exponentiel; si deux des coeflicienls soûl égaux ou (|ue l'un d'eux soil
nul, le lenips apparaît en dehors de tout signe Irigonoméliique ou exponentiel.
Si donc tous les coeflicienls ne sont pas réels, négatifs et distincts, il n'y a
pas en général de stabilité temporaire.
Toutes les fois que F ne dépend pas du temps I, l'un des n coeflicienls de
stabilité est nul; car d'une part le temps n'enlre pas explicitement dans les
équations ditlérenlielles; d'autre part ces équations admettent une intégrale
F(xi, j-,..
Xn-, y\, ,}'■>, .... J'«) = const.
Nous nous trouvons donc dans le cas dont nous avons parlé plus haut el où
deux des exposants caractéristiques sont nuls. Mais, comme nous l'avons dit,
cela ne peut créer une difficulté parce que l'on peut, à l'aide de l'intégrale
connue, abaisser à 2/1 — i l'ordre des équations (i'). Il n'y a plus alors que
2n — 1 exposants caractéristiques ; l'un d'eux est nul et les 211 — 2 autres, aux
carrés desquels on peut conserver le nom de coefficients de stabilité, sont deux
à deux égaux el de signe contraire.
Reprenons le déleruiinant que nous avons eu à envisager dans le paragraphe
précédent.
Nous avons dans ce paragraphe envisagé d'abord le cas où les équations (i)
dépendent du temps t et d'un paramètre [x, et admetleul pour jj. :=; o une solu-
tion périodique et une seule. Nous avons vu que si le déterminant fonctionnel
àil
■.P")
les équations admettront encore une solution périodique pour les petites valeurs
de p..
Ce déterminant peut s'écrire
A =
dy,
<3,
d'il
d'^„
fl-t„
'/•(n
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
Or les exposants caractéristiques y. sont donnés par l'équation
343
d^n
— e^ï"
"'t.
d-u
4^1
dr. ,
dp.
d^i„
d'i,
d~!n
d'u
1^
d'^n
d'{.„
■■■ d^„ "
Dire que A est nul, c'est donc dire que l'un des exposants caracli-risliques
est nul, de sorte que nous pouvons énoncer de la façon suivante 1(; premier des
théorèmes démontrés au paragraphe précédent.
Si les équations (i) (jui dépendent d'un paramètre ^ admettent pour
p. = o une solution périodique dont aucun des exposants caractéristiques
ne soit nul, elles admettront encore une solution périodique pour les petites
valeurs de [j..
11.
Solutions périodiques des équations de la Dynamique.
dx,
dt
dF
dx-: dF
dt " dy.^
dx:: dF
dt ~ dy3
dy,
dt
d¥
dxi
dy. d¥
dt ~ dx.'
dy-, dF
dt dx-.
Je prendrai, pour fixer les idées, les équations de la Dynamique avec
trois degrés de liberté, mais ce que je vais dire s'appliquerait évidemment au
cas général. J'écrirai donc mes équations sous la forme
(0
F étant une fonction uniforme quelconque des x et des y, indépendante de t.
Je supposerai ensuite que Xi, x-2 et x-, sont des variables linéaires, mais
que Vi, Vi et y, sont des variables angulaires, c'est-à-dire que F est une fonc-
tion périodique de y,, Y2 etjKa avec la période arr, de telle façon que la situa-
lion du système ne change pas quand une ou plusieurs des trois quantités y
augmente d'un multiple de arr. (Cf. Cliap. I.)
Je supposerai de plus que F dépend d'un paramètre arbitraire p. et peut se
développer suivant les puissances croissantes de ce paramètre de telle sorte que
l'on ail
F = Fo-+- jjiri-Hii=Ft!-i-(x3F3H-
344 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Je supposerai enlin ijuc l'\i ne dépend que des x et esl indépendani des j' de
telle sorte que
d¥„ _ d\\, _ c/Fu _
dyx ~ r/r; dy.: ~
Rien n'est plus simple alors que d'intégrer les ('quations (i) quand ii.=io;
elles s'écrivent en efl'el
dt dt dt
),
dy,
dt
dV„
dy, dV„
dl dx. '
dy-,
dt
f/F„
dx%
Ces équations montrent d'abord que x\, x-. et x-^, sont des constantes. On en
1 . "'l' u dVa d¥ {) ■ 1,1 1
conclut que — j— » — — — > — -j-^ qui ne dépendent que de J",, x-i et x-i. sont
aussi des constantes que nous appellerons j)our abréger n,, n^ et /i, et qui sont
compléteuient définies quand on se donne les valeurs constantes dexi,a^.> etX:,.
Il vient alors
j'i = /i] ^ -^ rai, j'o = «2^ -I- rao, j)-;, = /i;, / -H ru:;,
HTi, nj., et m-i étant de nouvelles constantes d'intégration.
Quelle esl la condition pour que la solution ainsi trouvée soit périodique et
de période T.' Il faut que si l'on change < en < -I- T, y,, y., et y-i augmentent
d'un multiple de 2 71, c'est-à-dire que «|T, «oT et /ijT soient des multiples
de 27:.
Ainsi pour que la solution que nous venons de trouver soit périodique, il
faut et il suffit que les trois nombres «i, «2 et n^ soient commensurables entre
eux, du moins à un même facteur prés.
Nous exclurons, au moins provisoirement de nos recherclies, le cas où les
. ■ <• ,• l'/Fo rfPo . rfFo . j' 1. i> jii. c-
trois lonclions -; — 1 —, — et —, — ne sont pas indépendantes 1 une de 1 autre, bi on
dxi dx-i dxz ' '
laisse ce cas de côté, on peut toujours choisir Xi, a", et x., de telle façon que n, ,
n-j et n.t aient telles valeurs que l'on veut, au moins dans un certain domaine.
Il y aura donc uue infinité do choix possibles pour les trois constantes x^, x-j
et X;; qui conduiront à des solutions périodiques.
Je me propose de rechercher s'il existe encore des solutions périodiques de
période T lorsijue p. n'est plus égal à zéro.
Pour le prouver je vais employer un raisonnement analogue à celui du para-
graphe 'J.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 345
Supposons que ;/ cesse d'êlre nul, el imaginons que, dans une cerlaiae solu-
tion, les valeurs des x et des y pour < = o soient respectivement :
Xl = CLi -f- S«|, cT» = «2 -H SMo, X:; = a-, -¥- 3«a,
ri = îû| -1- Scî|, 1 2 = Tn-j -I- Scî; , Vs = ra:;+ 3tî!3.
Supposons que. dans cette même solution, les valeurs des x et des y
pour < = T soieni
xi = «) ^ 8«| -i-A«i,
a;o=e/2-+- Bw» -h Aa.,,
^3 — "3-1- Swj -H A«:i,
_rj = cTi -+- /i| T + Snji -I- Aîiîi,
_)o = roo-h n-iT -h Sin.j -H Aro-i,
_J-3 = 1x73 -f- «3 T -*- ÛCTj -I- AnJ:,.
La condition pour f|ue cette solution soit périodique de période T est que
l'on ait
(■.'.) Aff 1 = A«o = \a-^ = Arai = Acj.i ^ Ara- = o.
Les six équations (2) ne sont pas distinctes. En effet, comme F = const. est
une intégrale des équations (i), et que d'ailleurs F est périodique par rapport
aux ->', on a
V {a^-y- ouj, ra,-f- Sra/) = F(o,-<- S'/,-t- A«,, ra,-H n/ï ■+- ora, H- Ara,)
= F(c(,-i- ort;-i- Aa,-, ra,-i- ora, -h Ara,).
Il nous suffira donc de satisfaire à cinq des équations (2). Je supposerai de plus
rai = ûrai =^ o,
ce qui revient à prendre pour origine du temps l'époque où ji est nul. 11 est
aisé de voir que les An, et les Aro, sont des fonctions holomorphes des p., desort,
el des ÔM,- s'annulant quand toutes ces variables s'annulent.
11 s'agit donc du démontrer que l'on peut tirer des cinq dernières équa-
tions (2) ôa,, da'2. Sa,,, ôw-. et 0W3 en fonctions de p..
Remarquons que quand p est nul, on a
A'/i = Artî = A«:i = o.
Par conséquent A«i, A«-, et Acr,, développés suivant les puissances de p.,
des ô«, et des ocj,, contiennent p en facteur. Nous supprimerons cefacteur p.,
et nous écrirons par conséquent les cinq équations (2) que nous avons à
résoudre sous la forme
(i) = = Arai = Ara» = Ara, = o.
H. P. — VIT. 44
46 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Il lions faut (léU'rmiucr Wj ot tH; de luUe tni'ou que ces iM|u;ilioiis soient satis-
faites pour
(4) [-i = Sra..> = Sro:! = 0((| = o»; = or(;| = o.
Voyous ce que clevieuiieni les pieinicrs nieinljirs îles équations (3) quand on y
fait fi -- o.
Il vient
/i,T H- Ara, = -(- / -^//t=^ clt = ~\ ; i/t.
il' OÙ
Ara I = — T ( -r-^ -+- ii
et de même
Ara-, = — T -; h/i. , Ara:, = — T -; h n.,).
\ '/.'■» /• \dx,. !
Il importe d'observer que dans F,, il faut remplacer ari, x-^ cl x,; par «i + oai,
o-i-\- oa.,, a;i+ oa-i', en effet pour /j. ;= o, F se réduit à F,, et Xi, x^;, x-j à des
constantes qui restent constamment égales à leurs valeurs initiales rti + ôai,
rto-f-Ôrt.j, «;,-!- oa:t.
Il vient d'autre part
Art» I r '' r/.i-., , i r'^ dF ,
— ^ = / -r^d(= - i -^dt
V- \'- ..' ''' V- J dVi
ou puisque Fg ne dépend pas de Ta
ou, pour p.=z o :
Il l.
Supposons que /j., les ors et les ort soient nuls à la fois; il faudra alors faire
dans F, :
F, deviouJra alors une fonction périodique de l de période T. et une fonction
périodique de cjo et de bj;, de période 27:.
Soit <i^ la valeur moyenne de Fj considérée comme fonction périodique de t.
Il viendra
A«, /-' '/!•, ,, „, '/•!/
= / - — dl = I - — ,
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 34;
et de inènie
Nous (luvous (Jonc rlioisir ro^ cl nr,; de façon à satisfaire aux é(|uations
Cela est toujours possible; en effet la fonction 'i est périodique enro^et en cj^
et elle est finie; donc elle a au moins un maximum et un minimum, pour les-
quels ses deux dérivées doivent s'annuler. Quand on aura choisi de la sorte cr^
et ro:i, on verra que les équations (3) sont satisfaites quand on y fait à la fois
Nous pourrons donc tirer des équations (3) les cinq inconnues ôa,- et dm,
sous la forme de fonctions holomorphes de jj-, s'annulanl avec ^. 11 n'v aurait
d'exception que si le déterminant fonctionnel
f)
) ) arji, Aro-i. AiTT.;
V l-"^ '■'■ ' ■
à(ùa,, 8f(.>, 5a«, Snio, Sxn-j)
était nul. Mais pour |jl = o, Aroi, Aetj et Aot;, sont indépendants de ou;-, et
de ôtn,, de sorte que ce déterminant fonctionnel est Je produit de deux autres
/A'(2 A«:i
.■^(Attti, Ara», Ara:i)
eL ^ "
Si l'on supprime les facteurs T- et — T', le premier de ces déterminants est
égal au hessien de ij; par rapport à ro^ et thi et le second au hessien de F,, par
rapport à x",, x'!, et .r".
Si donc aucun de ces deux Jiessiens n'est nul, il sera possible de satisfaire
aux cinq équations (3) et par conséquent pour des valeurs suffisamment
petites de y-, il existera une solution périodique de T. c. q. f. n.
Nous allons maintenant chercher à déterminer, non plus seulement les
solutions périodiques de période T, mais les solutions de période peu diffé-
rente de T. Nous avons pris pour point de départ Jes trois nombres rti, n-,, «., ;
nous aurions pu tout aussi Ijien choisir trois autres nombres 7i\. n'„, n\,
pourvu qu'ils soient commensurables entre eux, et nous serions arrivés à une
autre solution périodique dont la période T aurait été le plus petit commun
, . , , 27: 2K 'ITZ
multiple de — r ) — r > — T •
348 SUR LE PROBLKME DES TROIS CORPS
Si nous prenons en particulier
n\ — fl, (l-r- s), «'„ = «.(l-T-S), /(', = «3(1 + e),
les trois nombres n\, n'.,, li. seront comniensurables entre eux, puisqu'ils sont
proportionnels aux trois nombres «1, «^ et «3.
Il nous conduiront donc à uue solution périodique de période
de telle façon que nous aurons
(0) .r,= Oi{t,'x,i), r,= 9^(/, [a, £),
les o; elles 9I étant des fonctions développablcs suivant les puissances de p. et
de £, et périodiques en t, mais de façon que la période dépende de t.
Si daus F nous remplaçons les xi et les ->-,- par leurs valeurs (4), F doit
devenir une constante indépendante du temps [puisque F = const. est une des
intégrales des équation (1)]. Mais cette constante qui est dite constante des
forces vives, dépendra de [j. et de £ et pourra être développée suivant les puis-
sances croissantes de ces variables,
Si la constante des forces vives B est une donnée de la question, l'équation
F(fi, e) = B peut être regardée comme une relation qui lie £ à f/. Si donc nous
nous donnons arbitrairement B, il existera toujours une solution périodique
quelle que soit la valeur choisie pour cette constante, mais la période dépendra
de £ et par conséquent de p..
Un cas plus particulier que celui que nous venons de traiter en détail est
celui où il n'y a que deux degrés de liberté. F ne dépend alors que de quatre
variables x^, ),, x-,, j'^ et la fonction d/ ne dépend plus que d'une seule
variable njj. Les relations (5) se réduisent alors à
et le hessien de <h se réduit à -r-v- D'où cette conclusion :
' f/ro 5
A chacune des racines simples de l'équation [j) correspond une solution
périodique des équations (i), (jui existe pour toutes les valeurs de p. suffi-
samment petites.
Je pourrais même ajouter qu'il en est encore de même pour chacune des
racines d'ordre impair ainsi que nous l'avons vu au paragraphe 9, et que celte
équation admet toujours de pareilles racines, puisque la fonction iL a au
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 349
moins un maximum qui ne peut correspondre qu'aux racines impaires de
l'équation (7).
Revenons au cas où l'on à trois degrés de liberté, et où la période est
constante et égale à T.
Je dis que x,, Xj, X;, . yi, );>, y^ peuvent se développer suivant les puissances
croissantes de p.. En effet, en vertu du théorème IH (§ 2), les x et les j' peuvent
être développés suivant les puissances de fjt, et de ô«i, dun, oci:;. ôjso elèrn-i. Mais
imaginons que l'on ait déterminé les oa et les ôro de façon que la solution soit
périodique de période T. On tirera alors les ôa et les ôcj des équations (3)
sous la forme de séries ordonnées suivant les puissances de p., de sorte que les
X et les y seront finalement ordonnées suivant les puissances de p..
La solution devant être périodique de période T quel que soit p., les coeffi-
ficients des diverses puissances de p. seront des fonctions périodiques de t.
Remarquons de plus que l'on peut toujours supposer que l'origine du temps
ait été choisie de telle sorte quej»'i s'annule avec t, et que cela ait lieu quel que
soit p. Alors pour t = o on aura
L'existence et la convergence de ces séries étant ainsi établie, je vais déter-
miner les coefficients.
Pour cela, je vais chercher ù satisfaire nux équations (i) en faisant (')
Xi = .l'î -I- [ixl + ,u.--r; -!-...,
x-y = :cS -f- }J.j;l -h jx-x3 -f-. . . ,
, X3 = j-"! -+- i±x\ -h u.-xl -H. . . ,
(S) , j ..... r ..
y-- = .!■? -+- -^yl -+- !i- ji -H . . . ,
Dans ces formules r", x'I, x", désignent les valeurs constantes que j'avais été
conduit plus haut à attribuer à Xi, x^ et x^ quand je supposais p = o et qui sont
telles que
^Fo(x;, xt, xl! )=-«,, ;5^ F„(-cï, xi, xl)=-
d
-^^Y,{x\,x\,xl^
(') Les chiffres placés eu liaut des lettres x et y dans les équations (!S) sont des indices et
non des exposants.
35o SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
On a de plus ( ' )
1 ;' = /),/;- M,.
Enfin les xj , les v,', les .r,", lesyf, elc. sont des l'unclions du temps qu'il s'agira
de délenniuer et i[ui devront être périodiques de période T.
Dans F, à la place des x et des y, substituons leurs valeurs (8), puis déve-
loppons F suivant les puissances croissantes de p. de telle sorte (juc l'on ait
F = (1>„ + ;jhI> , + [^2 <I>o !
11 est clair que
.i.„=F„(.r?,,r!;,^:])
ne dépend que des a" ; que
ne dépend que des x" , àv.s, y" (;t des x] ; cpic tl>2 ne dépend ipie des x^ , des j'",
des x] , des }-,' et des r,% etc.
Plus généralement, je puis écrire
i/x" lix" dxl
OÙ 0/, dépend seulement des ;rj, des a,', ... et desrf ', des j", des j-,' . ... et
desjf-.
Je puiï ajouter ipie par rapport à y\i y'I-, y'I la fonction Q/^ est une fonction
périodique de période an. L'équation (9) montre ipie 0) := Fj.
Gela posé les équations difTérentiolles peuvent s'écrire, en égalant les puis-
sances de même nom de ,a :
rit 7ît ~ ~dt ~ "' ~dï "~ "'' ~7it ~ "-' dl " "'■
On trouve ensuite
>ir\ _'IV_^ flf\ _,r?^ Hx\ _ </Fi
^'°^ lit ~ Ttyi' ,11 ~r/jll' dt ^ dyl
et
(") -^n---^Tzr^
d\ \ ___fl^ 'jA _ ^ ^ly}. _ 'j^
dt ~ ^ r/.r" ' dt ~~ d^,' 'dt ~~ dë^.
f'j In changement convenalWe de varinbles permcl ( .)/élhod/-s imin-e//es, t. I, S i'i) des
rendre nuls n, et Wj et de simplifier diluai la détermination eUeclive des coefficients des série
[J.L.].
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
et plus généralement
et
<Kf ' rl<^k 'A-l/, ; '/-Fo ,. rf-Fo
, ^/-^Fo
<" ^ r/< ~ r/.,° ~ f/x-" "^ ' ,/^-» r/a-" •^'dx'idxf
•"'rfxfirfj.»
3ôi
Intégrons d'abord les équations (lo). Dans F, nous remplacerons rî, J'", J'°
par leurs valeurs
Puisque y1 doit s'annuler avec t, usi sera nul. Alors les seconds membres
des équations (lo) sont des fonctions périodiques de t de période T; ces
seconds membres peuvent donc être développés en séries procédant suivant les
sinus et les cosinus des multiples de -TTr-- Pour que les valeurs de x\, xl el xi
tirées des équations (lo) soient des fonctions périodiques de t, il faut et il suffit
que ces séries ne contiennent pas de termes tous connus.
■le puis écrire en elTet :
F, = 1 A siii ( nt,^ " -+- rn-^y'i ■+- /":;,)" -+- A ),
OÙ m,, m,, m3 sont des entiers positifs ou négatifs et où A et /< sont des fonc-
tions de xi, xl, xl. J'écrirai pour abréger :
F| = S A sin (o
en posant
(0 = Toi ij + Ttiiy", + nii,y\ -t- /(.
.le trouverai alors
—r-r, = i.A//!i cosu), —r-r, = lA«i. cosc), , „ = lAwiiCOSto
et
to = /( 1)1 \ «I T- TO2/?2 -H TO:-n,i) + h + »!2T!T2H- «ijCTn.
Parmi les termes de ces séries, je distinguerai ceux pour lesquels
m , ni-\- m, «.> -H m~ n-,-. = o
et qui sont indépendants de t. Ces termes existent puisque nous avons supposé
que les trois nombres rii, n-, et «;, sont commensurables entre eux.
.le poserai alors
'i = V A sin cj ( «)i «1 — in-in :-T- m^iii^^ o, to = /(-)- iiiim, ~ m^cja),
352 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
la soiniiinlion roprosenU'e par le sigue ^ s'élendanl à tous les tenues de Fi pour
lesquels le coelTicienl de t est nul. Nous aurons alors
-7-^ = X A "'î L'osto, -H- = X A m-i co,«(o.
Si donc on a
, , f/'i d'\j
(12) - -H-=— i-=0,
il viendra
(i3) X A /«l costo = o. X A '"2 costo = o, X A "(3 OOSC) = o.
La première des équations (11) est en effet une conséquence des deux autres,
puisque en vertu de la relation riions + /«j «2+ «tu /(:, =0, on a identiquement
«1 X A '"1 COS 10 -)- «2 X A "!■> COSO) + «3 X A//!;; COS (0 = O.
Si donc les relations (12) sont satisfaites, les séries iA/?î, cosw ne contiendront
pas de terme tout connu, et les équations (10) nous donneront
, v^ A»(i sin to ^, , ^^ ,\/«isin(0 _,
.r = 7 1- C , x\ = > h CJ ,
■^ Anir. sinw
I III t iii-î- m« rin-v- m?. 11,',
Ci,
C,', Cj, Cl étant trois nouvelles constantes d'intégration.
Il me reste à démontrer que l'on peut choisir les constantes cto et îH;, de façon
à satisfaire aux relations (10). La fonction ^ est une fonction périodique de ro-j
et de 57;, (|ui ne change pas quand l'une de ces deux variables augmente de 2.n.
De plus, elle est finie, elle aura donc au moins un maximum et un minimum.
Il y a donc au moins deux manières de choisir m., et sî;, de façon à satisfaire aux
relations (12).
Je pourrais même ajouter (pi'il y en a au moins quatre, sans pouvoir toute-
fois affirmer (ju'il en est encore de même quand le nombre de degrés de liberté
est supérieur à trois.
Je vais maintenant chercher à déterminer à l'aide des équations (11) les trois
'onctions y,' et les trois constantes C,' .
Nous pouvons regarder comme connus les x" et les y" ; les a-/ sont connus
également aux constantes prés C,' . Je puis donc écrire les équations (i 1) sous la
forme suivante :
dt ' 'dx'idxl' 'dxldjo'l " dxl dx'l '
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 353
OÙ les H, représentent des fonctions entièrement connues développées en séries
suivant les sinus et cosinus des multiples de -7f-- Les coefficients de Cî, CJ et
CJ sont des constantes que l'on peut regarder comme connues.
Pour que la valeur de yj tirée de cette équation soit une fonction périodique
de t, il faut et il suffit que dans le second membre le terme tout connu soit nul.
Si donc H° désigne le terme tout connu de la série Irigonométrique Hj, je
devrai avoir
^'^' •-'' cU-'l dx» ^ ^' dxl dxl ^ ^= dxl dx^ ~ "■ ■
Les trois équations linéaires (i 5) déterminent les trois constantes G) , Çj\ et Cl.
Il n'y aurait d'exception que si le déterminant de ces trois équations était
nul; c'est-à-dire si le hessien de Po par rapport à .r°, x\ et x\ était nul; nous
exclurons ce cas
Les équations (i4) me donneront donc
y\ = -^\ + k\, yl=r,\ + k\, y\, = r,\ + k\,
les -fil étant des fonctions périodiques de L entièrement connues s'annulant
avec t, et les kl étant trois nouvelles constantes d'intégration.
Venons maintenant aux équations (lo') en y faisant A-=2et«'=i, 2,3 et
cherchons à déterminer à l'aide des trois équations ainsi obtenues, les trois
fonctions xj et les trois constantes k].
Il est aisé de voir que nous avons
^ ^ , rfF, , d¥, , «'F,
où iîs dépend seulement des x% des )•," et des xl et où l'on a, comme plus
haut
-r-H" = S A m; COS (0.
Les équations ( lo') s'écrivent alors
dxf _ dù^ ■yi , d--Vi
~dt ~ dff '^2j^'k dyl dyf
dx-
(i6) —7-^ = H; — k\ Z Xmimi sinu — k\ 2 A ^2»!, sin o) — A' S Ams/??; sinio,
HJ étant une fonction périodique de t, que l'on peut regarder comme entiére-
H. P. — Vit. 45
355 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
menl connue. Pour que l'on puisse lirer de celte àqualion x"i sous la forme
d'une fonction p(W'iodique, ri faut et il suffit que les seconds membres des
équalions (16"), développés en séries irigonomélriques, ne possèdent pas de
termes tout connus. Nous devons donc disposer des quantités !(] de manière à
annuler ces termes tout connus. Nous serions ainsi conduits à trois équations
linéaires entre les trois quantités A/ ; mais comme le déterminant de ces trois
équations est nul, il y a une petite difficulté et je suis forcé d'entrer dans
quelques détails.
Comme yj s'annule avec t, on doit avoir A| = o; nous n'aurons plus alors
que deux inconnues k\ et k\ et trois équations à satisfaire; mais ces trois
équations ne sont pas distinctes comme nous allons le voir.
Appelons en effet E,- le terme tout connu de H| , ces trois équations s'écriront
El = X J V A ni: m 1 sin to -+- Ai V A ni; m 1 sin eu,
(17 ) } E, = A J C A m l sin w + AJ C A ;
Ej = A:J V A in-i ni:; sin oj + ki V
. /«:i nli SUl (iJ,
A ml sin oj,
en conservant au signe de sommation v le même sens que plus haut. Je ne con-
sidérerai d'abord que les deux dernières des équations (17) que j'écrirai
De ces deux équalions on peut tirer AJ et AJ, à moins que le hessien de '^ par
rapport à w^ et thii ne soit nul. Si l'on donne aux A, les valeurs ainsi obtenues,
les deux dernières équalions (16) nous donneront x; et ar, sous la forme
suivante :
les E,' étant des fonctions périodiques de l entièrement connues et les Cf étant
de nouvelles constantes d'intégration.
Pour trouver x] nous pouvons, au lieu d'employer la première des équa-
tions ( 16), nous servir des considérations suivantes :
Les équations (i) admettent une intégrale F = B, B étant \ine constante
d'intégration qu(! je supposerai développée suivant les puissances de p en
écrivant
B = B„+ iJtB,-i-ix2Ho-4-...,
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 355
de sorle que l'on a
<î>o=B„, <I>,= B,, ^i=B., ...,
Bd, Bi, B2, etc.. L'iant auliinl de conslantes dirtéientes.
Le premier membre de l'équalion <I)2=B2 dépend des :r°, des if, desx/,
des )-?, de xl et de xi qui sont des fondions connues de t et de ^i, lequel nous
n'avons pas encore calculé. De celte équation, nous pourrons donc tirer xj sous
la forme suivante :
^r = l? + C?.
l] sera une fonction périodique de t entièrement déterminée et C; est une
constante qui dépend de Bo, de C!; et de G'^.
Nous pouvons conclure de là que la première des équations (17) doit être
satisfaite et par conséquent que ces trois équations (17) ne sont pas distinctes.
Prenons maintenant les équations ( i i') et faisons-y /,• = 2 ; nous obtiendrons
trois équations qui nous permettront de déterminer les conslantes C|, C^ et G',
et d'où l'on tirera en outre les r/ sous la forme
J ï = -n ; -H /,•; , yl = ï,i -f- Ai , j^ = -r); H- A-j ,
les Y) étant des fonctions périodiques de t entièrement connues et les kf étant
trois nouvelles constantes d'intégration.
Reprenons ensuite les équations ( 10') en y faisant A- = 3; si nous supposons
A*, =: o, nous pourrons tirer des trois équations ainsi obtenues, d'abord les
deux constantes A^ et A3, puis les x' sous la forme
les f étant des fonctions périodiques connues de t et les G,' étant trois nouvelles
constantes d'intégration.
Et ainsi de suite.
Voilà un procédé pour trouver des séries ordonnées suivant les puissances
de fx, périodiques de période T par rapport au temps et satisfaisant aux équa-
tions ( I ). Ce procédé ne serait en défaut que si le hessien de Fopar rapport
aux x" était nul ou si le hessien de ']> par rapport à m-;, et cj:, était nul.
Ge que nous venons de dire s'applique en particulier à une équation que
l'on rencontre quelquefois en Mécanique céleste et dont plusieurs géomètres se
sont déjà occupés. Gette équation est la suivante :
(18) ■^+/i=p-hmp'=fzR(p, 0-
d? dF
di
dF
'^
dF
dt ~ da '
dt " '
--d-p'
dt
,/ri
306 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
n et m sont des constantes, f^ est un paramètre très petit et R est unefonction
de p et de t, développée suivant les puissances croissantes de p et périodique
par rapport à t.
Pour bien nous en rendre compte, il faut d'abord ramener l'équation ( i8) à
la forme canonique des équations de la Dynamique. Cela se fera en posant
? = <> ,?< '' ^^-^'^—T'', !•'/ '-(p. ?)°^P + -n,
; et /) étant deux nouvelles variables auxiliaires et l'intégrale / R(p, ^) c?p étant
calculée en regardant Ç comme une constante. On trouve alors
(19)
auxquelles nous pourrons adjoindre (iq étant restée jusqu'ici complètement
arbitraire) l'équation suivante :
, ,, rfïi dF
qui complète un système canonique.
Quand [j. —0 l'intégrale générale de l'équation ( 1 8) s'écrit
(2o) p = A sn(^^ -h tît), a = hg cn{g-t + m)àn(gt + Tn),
OÙ o- et 57 sont deux constantes d'intégration et où /«, ainsi que le module du
sinus amplitude, sont deux fonctions de g faciles à déterminer.
Nous allons changer de variables; nous prendrons au lieu de ^, y), p et cr,
quatre variables x^, y,, x^, y^, définies comme il suit. Nous aurons d'abord
Des équations (20) qui donnent p et o- en fonction de g ei de gt -+- xs pour
jjL ^ o, on peut tirer g el gt-\-Ts en fonctions de p et de a. Il vient
é' = 7.i(p, î), ^; + ra = 7,(o, a).
Nous prendrons alors pour x, une certaine fonction de Xi (p> 0) et pourj', :
k désignant la période réelle de sn(,c).
Si alors Xi a été convenablement choisi en fonction de iit ^es équations
conserveront leur forme canonique
dy,
dF
dy, d.F
dx 1
dF
dx.
dF
dt
dx\
dt ~ dx.i
dl
dy,'
dt ~
dy..
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 357
Il est clair d'ailleurs que pour ;jl =: o, F ne dépend que de Xi el de x^ et, non de
j't et de j'o.
Nous nous trouvons donc bien dans les conditions énoncées au début de ce
paragraphe.
L'équation ( i8) a surtout été étudiée par les géomètres dans le cas où m^o;
il semble au premier abord qu'elle est alors lieaucoup plus simple. Ce n'est
qu'une illusion; en effet, si l'on suppose m = o, on se trouve dans le cas où le
hession de Fo est nul et ce que nous avons dit dans ce paragraphe n'est plus
applicable sans modification.
Ce n'est pas que les particularités que présente l'équation ( i8) dans le cas
général ne soient encore vraies pour m=o, toutes les fois du moins que fx
n'est pas nul. La seule différence, c'est qu'on ne peut les mettre en évidence
par un développement suivant les puissances de fx. L'apparente simplification
qu'a reçue ainsi l'équation ( i8) n'a fait qu'augmenter les difficultés. 11 est vrai
qu'on est conduit quand m = o, à des séries beaucoup plus simples que dans
le cas général, mais ces séries ne convergent pas comme nous le verrons dans
la suite.
La méthode exposée dans ce paragraphe s'applique également à un cas parti-
culier du problème des trois corps.
Supposons une masse nulle C attirée par deux masses mobiles A et B égales
l'une à I — |J. et l'autre à fx et décrivant d'un mouvement uniforme deux circon-
férences concentriques autour de leur centre de gravité commun supposé fixe.
Imaginons de plus que la masse C se meuve dans le plan de ces deux circon-
férences.
Nous verrons plus loin que dans ce cas les équations du mouvement peuvent
se mettre sous la forme suivante :
(0
On désigne par Xi la vitesse aréolaire du point C, par x-^ la racine carrée du
grand axe de l'orbite de C, par yi la différence de la longitude du périhélie
de C et de la longitude de B, par j'^ l'anomalie moyenne.
D'ailleurs F peut être développée suivant les puissances de pt et l'on a
Fo = a^i -H - — ; •
1X7.
dxi
dt ~
dF
dy,'
dx^. d^
dt ~ dy.
dy,
dF
dy. _ dF
dt
dxt
dt dx.
dxi o'(F)oT
dt " a>'(C)o'j,'
dyi
dt
d r 9(F)]
~ dVi 9(C)_ '
dyi
dt
358 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Il esl aisé de voir que lt« hessien de Fq par rapport à x, et à x-, est nul. 11
semble donc d'abord que les mélliodes du présent paragraphe sont en défaut.
Il n'en est rien et un artifice très simple permet de tourner la difficulté. Les
équations ( i ) admettent comme intégrale F = C. Considérons la constante C
comme une donnée de la question.
Si alors <p(F) est une fonction quelconque de F et C}''(F) sa dérivée, on aura
*
f(F) = 9'(C)
et les équations ( i ) pourront s'écrire
<s'(F)rfF
^\Ç.)dXi
OU
dxj d r?(F)-| dy'i _ r/ [-^(F)-]
^^ ' ^''^ ~ <)-/L9(C)J' dt dxXo\Q.)\
En général, le hessien de ' ; ° ne sera pas nul. C'est ce qui arrive en particulier
quand
,(f„) = f; = .î+| + ^.
Les solutions des équations ( i ) qui correspondent à la valeur particulière C de
l'intégrale F appartiennent aussi aux équations ( i').
Considérons maintenant une solution des équations (i) qui soit telle que
l'intégrale F soit égale à une constante Ci dilTérenle de C.
Je dis que cette solution appartiendra encore aux équations (i') pourvu
qu'on y change t en f ^ ^ ' • On a en effet
dxi _ dF^ (fZ! _ dF
dt dvi dt dxt''
si l'on change t en t ' ,, ', ; il viendra
" 9 ( C )
dx, _ s'(Ci)t/F dyi _ s'(Ci)rfF
dt ~ ?'(C)a[r/' dt ~ ^'{C)dxi
ou puisque F = C| :
dxj _ o'(F)dP ^- _ _ 9'('P)dF
dt " (p'(C)6?r<' dt ~ !f'(C)dxt'
c. Q. F. n.
Des solutions de" ( i ) il est donc aisé de déduire celles de (i') et inversement.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. SSiJ
Les méthodes du pr(éseiit paragraphe sont donc, grâce à cet artifice, appli-
cables à ce cas particulier du problème des trois corps.
Elles ne le seraient pas aussi aisément au cas général. Dans le ciis générai en
efïet, non seulement le hessien de Fq est nul, mais celui de cp (Fq) est encore nul,
quelle que soit la fonction cp.
De là certaines difficultés dont je ne parlerai pas ici; j'y reviendrai plus loin
et je me bornerai pour le moment à renvoyer le lecteur à un travail que j'ai
inséré dans le Bulletin Astronomique (t. J, p. 65) (•).
12. — Calcul des exposants caractéristiques.
Reprenons les équations ( i ) du paragraphe précédent
, , dx, ,1F ,lyi dV
(•) -^ = d7' ~t=~l^, (' = ',2,3).
Supposons qu'on ait trouvé une solution périodique de ces équations
et proposons-nous de déterminer les exposants caractéristiques de cette
solution.
Pour cela nous poserons
r,= 0/(0 + ?/> yi— ^/(0-+-T|,,
puis nous formerons les équations aux variations des équations (i) que nous
écrirons
^ dt jU dvi dxk '■''Au dyi dyk ^
(^) \^ L ^-p * ^op (t, A- = 1,2, 3)
f dt Au dxi dxk ' J^ dxi dxk
\ k k
et nous chercherons à intégrer ces équations en faisant
(3) ?, = e«'S„ ri,.= e«T,-,
S, et T, étant des fonctions périodiques de t. Nous savons qu'il existe en
général six solutions particulières de cette forme [les équations linéaires (2)
étant du sixième ordre]. Mais il importe d'observer que, dans le cas particulier
qui nous occupe, il n'y a plus que quatre solutions particulières qui conservent
(') Œuvres de H. Poi/icaré, ce Tome p. 253.
36o
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
cette forme, parce que deux des exposants caractéristiques sonl nuls, el qu'il y
a par conséquent deux solutions particulières d'une forme dégénérescenlc.
Cela posé, supposons d'abord fz = o, alors F se réduit à Fq comme nous
l'avons vu dans le paragraphe précédent et ue dépend plus que de x^, xl, clxl.
Alors les équations (2) se réduisent à
(2')
dh
dt
v
d'- F„
n'.r? dx
TT?*-
Les coefficients de \k dans la seconde équation (2') sont des constantes.
Nous prendrons comme solutions des équations (2')
o,
T12=T1S
^3=-0S
r)J, r\\ elYi" étant trois constantes d'intégration.
Celte solution n'est pas la plus générale, puisqu'elle ne contient que trois
constantes arbitraires, mais c'est la plus générale parmi celles que l'on peut
ramener à la forme (3). Nous voyons ainsi que pour p. ^o, les six exposants
caractéristiques sont nuls.
Ne supposons plus maintenant que \>. soit nul. Nous allons maintenant
chercher à développer a, S/etT;, non pas suivant les puissances croissantes
de fji. mais suivant les puissances de \J\i. en écrivant
a = a I ^, ij. + ao JJL + «3 [J. y' fjL -f- . . . ,
S/ = s;- + S • s/li + S/ [Ji + S; iJL v/(^ + . . . ,
T,- = T» + T; 4Tx + T,^ IX + Tf ,a \l'^^....
Je me propose d'abord d'établir que ce développement est possible.
Montrons d'abord que les exposants caractéristiques a peuvent se développer
suivant les puissances croissantes de \J \i..
D'après ce que nous avons vu au paragraphe 10, les exposants caractéris-
tiques nous seront donnes par l'équation suivante, en reprenant les notations
des paragraphes 9 et 10 :
d'px
e«T
d\jn
4ii
dh
dy,
d[in
d'in
d'p,
d-i„
d-in
■ ■ d^n
Le premier membre de cette équation est holomorphe en a ; de plus, d'après le
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 36l
théorème III (§ 2), les y peuvent être développés suivant les puissances de jj.
et des (3 (c/. § 9), d'ailleurs d'après le paragraphe 9 les ^ peuvent se développer
eux-mêmes suivant les puissances de p.. D'après cela les y et le déterminant que
je viens d'écrire peuvent eux-mêmes être développés suivant les puissances
de p.. Il résulte de là que les exposants a nous sont donnés en fonction de (j. par
une équation G(a, p.) = o dont le premier membre est holoinorphe en a et
en p..
Si pour p^o, tous les exposants a étaient différents les uns des autres,
l'équation G = o n'aurait pour (3 = o que des racines simples, et l'on en
conclurait que les <x seraient développables suivant les puissances de p
(théorème IV, §2).
Mais il n'en est pas ainsi ; nous venons de voir en effet que pour p. = o, tous
les x sont nuls.
Reprenons les notations du paragraphe H, notre équation pourra s'écrire,
en supposant trois degrés de liberté seulement :
G(a, ,u)
d^rii _^^ dAat d\a, r/A^i d àa, a'A«i
dSdi d oa-2 d Sa} d om, d ots-> d om-,;
d \ai d \a-i _,. d \a^ d Aa« d \a« d \(ii
dScii dScii d 5(ir. d oznt </ ora-i </ onj-
f/A«3 d la^ d \a ^ ^_ d \at d \a^ d \a:,
_j_ I (ï3- 1
dScii dSui f/S«3 d Swi d 5rsi d om-t
d 3t(3
d^a.
d Son
d \a
doa
- -)- I -
1
rf Aini
dSa-.i
rfAm,
d Sa?,
d Ara.
o'Ara, ofAnj, rfAiHi r/Aroi ^,. (/Airri c/Ara,
:^ ~ -t- I — e '
dSi(i doai dSa-i dowi d Sm^ ' d cm-
f/Ara-. r/Ara. rfAm-; r/Aroo '/Aroo .., d ^tïs-i
d \ax
d OTn>
dlr,„
d ora.i
d\a^
d Scjî
d^m,
d oro,
d\w
2
d Sra
c/AcTa
d ûcii d 5a^ d Sa?, dSr^i d Sm^ dSm-,
rfAcTi «yAcT, d Ivî:: rfAcJa c/AcTa ofAro.T
dSrit d Sa« d Sa-., dSwi d Sw-^ dSwj
Cela fait, je pose
Je divise les trois premières lignes du déterminant par y/p.; je divise ensuite les
trois dernières colonnes par \/p (de sorte que le déterminant lui-même se trouve
finalement divisé par p.^).
Je fais ensuite p = o.
J'observe que d'après ce que nous avons vu au paragraphe il, Aai, Aaj,
H. P. — \li. 46
362 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
A«3 sont divisibles par (x. Si donc j'envisage le premier élément de la première
ligne, cet élément après la division par \ fj. s'écrira
et quand on j fera fi = o il deviendra — IT.
De même le second élément de la première ligne s'écrit -— — — et il tend
vers zéro avec p..
Ainsi quand on aura fait fJt = o, les trois premiers éléments des trois pre-
mières lignes s'annuleront à rexception des éléments de la diagonale principale
qui deviendront égaux à — IT.
Considérons maintenant les trois derniers éléments des trois dernières
lignes; ils s'écriront
dàwi i — eXTi/jI ^/^^^.
— ; \ — ou —=
selon qu'ils appartiennent ou non à la diagonale principale. D'après ce que
nous avons vu au paragraphe il, Awk est dévoloppable suivant les puissances
de jj-, des ôa,- et des dmr, de plus pour f;:. = o, Acj, ne dépend pas des ônr,-. On en
conclura que —rr-^ est divisible par u.
■ aomi ^ '
Donc quand on fera |jl = o, les trois derniers éléments des trois dernières
lignes deviendront égaux à — XT ou à zéro, selon qu'ils appartiennent ou non à
la diagonale principale.
Considérons maintenant les trois premiers éléments des trois dernières
lignes -j^ — ■'• D'après ce que nous avons vu au paragraphe H, on a pour/j. = o :
<•/ Ara,- _ _ rj, '/- Fo
(/San dxidxk
Passons enfin aux trois derniers éléments des trois premières lignes qui
s'écrivent ,^ ' • D'après ce que nous avons vu au paragraphe H, si dans P\
on substitue «i, a-,, a-,, «, < + OT), n^t + sto, Uit -\- m-i à la place de .Ti, Xj, x^.
y,, Yi, y:\, on voit que F, devient une fonction périodique de t de période T et
si l'on appelle 'h la valeur moyenne de cette fonction périodique, on a pour
p = o :
Act/ d^ dl^a, d"-'\
= T-r-i-i don — ;.^ — =T- -
jJi dmi \y ri onu drui dmji
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
Il importe de remarquer que l'on a identiquement
363
rfi
d^
dwi ' fifeî
Nous voyons donc que pour p. = o on a
"3-7-^ = o.
G(Xv/|^, IJl)
m3T«
0 4
0
d'-'l
dm'j
d'-'l
d-^-l
d-nii f/c»
(YtCfi ûfe;;
0
— Â
0
dm y drs-i
d-i<\,
dmi
d"-i^
0
0
— /-
d-^i,
dwi dm-i
d"->h
d-^i,
dm-2 dm-i
dmi
d-^ F„
'/■^F„
'/■^F„
— À
0
dx'\
c/Xi rt':C2
dx\ dx?.
d-^ F„
dci dx-i
^/■^ F„
dx\
d-^¥„
dx-i dx~
0
— X
0
d-^ F„
^/=Fo
d-¥o
— X
ilx^ dxz
f/j-î «/xj
dxi
0
0
En égalant à zéro ce déterminant, on a une équation du sixième degré en \\
deux de ses racines sont nulles ; nous n'en parlerons pas, car elles se rapportent
aux deux solutions particulières de forme dégénérescente dont j'ai parlé plus
haut. Les quatre autres solutions sont distinctes en général.
Il résulte alors du théorème IV (i^ 2), que nous pourrons tirer de l'équation
CifX lAI, u. ) . , . , I r 1, . • I, I .
^ — ppj-i — ^ O, A(et par conséquent a) sous la lorme d une série développée
suivant les puissances croissantes de \/p.. J'ajouterai que X peut se développer
suivant les puissances de p. et que le développement de a ne contient que des
puissances impaires de \i\i. En effet les racines de l'équalion G(a, p) = o
doivent être deux à deux égales et de signe contraire [cf. § 10). Donc a doit
changer de signe quand je change \/[j. en — y/p..
Démontrons maintenant que S, et T; peuvent aussi se développer suivant les
puissances de y/p..
S, et T, nous sont donnés en effet par les équations suivantes :
(2")
dSj,
dt ""' Jmj dvidxt'"'' ^m^dyidyk
dTi ^ N? '/M' ,, NTi ^-F
— - -H :< T , = — > ^— b i — >
dxi d\
-Ta-,
Ta-.
Soit |3, la valeur initiale de S,- et |3| celle de T,; les valeurs de S, et de T, pour
une valeur quelconque de t pourront d'après le théorème III, (§ 2), se déve-
364 ^l^"" LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
lopper suivant les puissances de |Jt, de «, des ,3,- et des (3/. De plus, à cause de
la forme linéaire des équations, ces valeurs seront des fonctions linéaires et
homogènes des (3,- et des P' .
Soit, pour employer des notations analogues à celle du paragraphe 9, (3;+ ij/;
la valeur de S, et (3) +4'! celle de T, pour f:=T. La condition pour que la
solution soit périodique, c'est que l'on ail
Les (['i et les 'Y^ sont des fonctions linéaires des (3; et des (3; ; ces équations sont
donc linéaires par rapport à ces quantités. En général ces équations n'admettent
d'autre solution que
de sorte que les équations (2") n'ont d'autre solution périodique que
S,= Tj= o.
Mais nous savons que si l'on choisit a de façon à satisfaire à G(a, p.) = o, les
équations (2") admettent des solutions périodiques autres que S/= T,— o. Par
conséquent le déterminant des équations linéaires i];,= i)j' ^o est nul. Nous
pourrons donc tirer de ces équations les rapports j!^ et ^ sous la forme de
séries développées suivant les puissances de a et de p..
Comme (3', reste arbitraire, nous conviendrons de prendre (3', = i de telle
sorte que la valeur initiale de T, soit égale à i. Les (3, et et les (3) sont alors
développés suivant les puissances de a et de p.; mais les S, et T,- sont comme
nous l'avons vu développables suivant les puissances de a. de fx, des (3, et
des (3) et d'autre part a est développahle suivant les puissances de y/ p..
Donc les S, et les T,- seront développables suivant les puissances de \/fx.
C. Q. F. D.
On aura en particulier :
T, = TÎ-i-Tl v/i^ + TriJi -(-....
Comme, d'après notre hypothèse, (3', qui est la valeur initiale de Ti doit être
égale à 1 , quel que soit /j., on aura pour t ^ o :
T',' = i, 0 = T] = T? = ...= T7 = ....
Ayant ainsi démontré l'existence de nos séries, nous allons chercher à en déter-
miner les coefficients.
Nous avons
ai — O, il— ^,
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
365
et
(4)
?,=:e»'(S/'-+-S/ s/|I+...), rii=e«(T<> + T/ v>+---),
dt
= e^'
./. -^^ dt ^•
. + a S," -1- a y/jl S/ + . . .
d'il
dt
= e^'
dt ^^ dt -"•
.-l-aT» + a v^T/+...
Nous développerons d'autre part les dérivées secondes de F qui entrent
comme coefficients dans les équations (2) en écrivant
(5)
d^F
dyi dxk
dyt dyk
d'Y
dxi dxk
d-^F
djoi dyk
Ces développements ne contiennent que des puissances entières de [j. et ne
possèdent pas comme les développements (4) des termes dépendants de i/fx.
On observera que
(6)
A,'it=B,';..= DA- = o, C,",'=Gf,,
b;ï = B
il!
"a-
DX',.
Nous substituons dans les équations (2) les valeurs (4) et (5) à la place des ^,
des rj, de leurs dérivées etdes dérivées secondes de F. Dans les expressions (4)
je suppose que a soit développé suivant les puissances de ^j [i^ sauf lorsque
cette quantité a. entre dans un facteur exponentiel e°".
Nous identifions ensuite en égalant les puissances semblables de \J \). et nous
obtiendrons ainsi une série d'équations qui permettent de déterminer succes-
sivement a,, «2, «3, ■ • -, S°, S', . . ., T°, T,',
Je n'écrirai que les premières de ces équations obtenues en égalant successi-
vement les termes tout connus, les termes en \] \j., les termes en |jt., etc. Je fais
d'ailleurs disparaître le facteur e=" qui se trouve partout.
Egalons d'abord les termes en ^p.; il vient
(7)
dt
dJl
dt
«,S,"=2A,°tS|+VB,",T|.,
I. k
366 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Égalons les termes en pi, il vient
(8) ^+a,S/ + a,S,''=2](AA-Sj+A,\SÏ+liAT|+B?,Tn (/=i, 2, 3),
outre trois éi|iialions analogues donnant les —jj--
Si l'on tient compte maintenant des relations (6), les équations (j) deviennent
La première de ces équations montre que S|, S.' et SJ, sont des constantes.
Quanl à la seconde, elle montre que —jj- est une constante ; mais comme T/ doit
être une fonction périodique, cette constante doit être nulle, de sorte qu'on a
(9) a,v = CAsi + c»,s; + c,!^sj,
ce qui établit trois relations entre les trois constantes rj", les trois constantes S,' et
la quantité inconnue a^.
De son côté l'équation (8) s'écrira
Les B," sont des fonctions périodiques de t; développons-les d'après la formule
de Fourier et soit 6,7, le terme loul connu de B,^. Il viendra
k
ou en tenant compte des équations (g), il viendra
(10) «■fs;-=2*''i(Cl,sj-HC2,sî-t-q3Sj).
En faisant daas cette équation (10) «'= i, 2 et 3, nous aurons trois relations
linéaires et homogènes entre les trois constantes S/. En éliminant ces trois
constantes, nous aurons alors une équation du troisième degré qui déter-
minera ?.J.
Si nous posons pour abréger
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
l'équalion due à celle éliminalion s'écrira
367
e„— af
Cl
î
ei3
(>0
e->i
e»
.-
-«r
e-n
=
e^i
es
■"
e.i3— a?
Elle
peul encore s'écrire
— =<i
0
0
po po
^12 ^13
0
— «1
0
>j, 1
es, es.
o
0
— oti
'-■3 1
es 2 G»,
b^^
bn
b,.
— ^1
0
0
b,,
bii
b,.
0
— a,
0
63,
b,-2
b,.
0
0
— a
La déterminiilion de y.^ esl la seule partie du calcul qui présenle quelque
difficullé.
Les équalions analogues à (^) el à (8) formées en égalant dans les équa-
tions (2) les coefficients des puissances semblables de y/jjt, permellent ensuite
de déterminer sans peine les «/(, les S"' el les T"'. Nous pouvons donc énoncer
le résultat suivant :
Les exposants caractéristiques a sont Jéveloppables suivant les puissances
croissantes de \J\i..
Goncentraul donc toute notre attention sur la détermination de «t, nous
allons étudier spécialement l'équation (11). Nous devons chercher d'abord à
déterminer les quantités C"^ et 6,^.
On a évidemment
G,",, = -
et
Bh =
d-^U
ou
et
B?t = — SA m, »u sin c
(10 = niiyl + /«2,k" + "^^,yl -+- /' )
l>ik = — ^ A nii nik sin m.
D'après les conventions faites dans le paragraphe précédent, la sommation
représentée par le signe 2 s'étend à tous les termes, quelles que soient les
valeurs entières attribuées à mi, m., et m,. La sommation représentée parle
signe V s'étend seulement aux termes tels que
/) I /«i -I- n, m, -1- «:i nij = o.
368 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Sous le signe ^ nous avons par const^quent
to = 7^2 do -4- /;i3ra-+ h.
Cela nous permet d'écrire
d^^if
(pour / et k = 2 ou 3).
dvni dm/;
Si un ou deux des indices i et k sont l'igaux à i , bn: sera défini par la relation
'I 1 6,1 -h n-i /j,o + «3 ^15 = o.
Nous allons à l'aide de cette dernière relation transformer l'équation (ii)
de façon à mettre en évidence l'existence de deux racines nulles et à réduire
l'équation au quatrième degré.
Je trouve en effet par une simple iransfornialion de déterminant et en
divisant par a] :
ni
"'-
«.-1
0
0
0
o
— ^1
o
b.y.
6,0
0
o
o
— ai
633
632
0
'-'1.-,
es,
es,
— «1
0
":l
L.,2
c^
CS^
0
— a,
«2
po
'-'1 1
G»,
c.%
0
0
«1
Dans le cas particulier où l'on n'a plus que deux degrés de liberté, celte
équation s'écrit
«1 fil o o
d-^i>
o —a, —Ht o
dxnr,
C%_ C|, —a, «,
c;, es, o «,
ou
L'expression n,Cjo — 2«,/î2G"2+n!C", ne dépend que de x^ et x° ou si l'on
veut de «1 et de «j. Quand nous nous serons donné les deux nombres n,
et «3 dont le rapport doit être commensurable, nous pourrons regarder
n]Cl„ — ■ 2 rii niC° ^-{- nlC" ^ comme une constante donnée. Alors le signe de a]
dépend seulement de celui de -j-T-
Quand on s'est donné rii et «j, on forme l'éijualion
(12)
dust
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 869
qui esl l'équation (^) du paragraplie précédont. Nous avons vu dans ce para-
graphe qu'à chaque racine de cette équation correspond une solution
périodique.
Considérons le cas général où l'équation (13) n'a que des racines simples;
cliacune de ces racines correspond alors à un maximum ou à un minimum de <]/.
Mais la fonction ij; étant périodique présente dans chaque période au moins un
maximum et un minimum et précisément autant de maxima que de minima.
Or pour les valeurs de ro^ correspondant à un minimum, -r— ^ est positif; pour
les valeurs correspondant à un maximum, cette dérivée est négative.
Donc l'équation (12) aura précisément autant de racines pour lesquelles
cette dérivée sera positive, que de racines pour lesquelles cette dérivée sera
négative, et par conséquent autant de racines pour lesquelles a; sera positif que
de racines pour lesquelles x] sera négatif.
Cela revient à dire qu'il y aura précisément autant de solutions périodiques
stables que de solutions instables, en donnant à ce mot lo même sens que dans
le paragraphe 10.
Ainsi, à chaque système de valeurs de iii et de n^, correspondront au
moins une solution périodique stable et une solution périodique instable et
précisément autant de solutions stables que de solutions instables pour^'u que
p. soit suffisamment petit.
Je n'examinerai pas ici comment ces résultats s'étendraient au cas où
I é([uation (12) aurait des racines multiples.
Voici comment il faudrait continuer le calcul.
Imaginons (jue l'un ait déterminé complètement les quantités ai, a^j • • • • ^'■m
et les fonctions S", S,', . . ., S"', T", T,' . . . ., T,'""', et que l'on connaisse les
fonctions S"'^' et T"' à une constante près. Supposons qu'on se propose ensuite
(le calculer a„, ^1, d'achever la détermination des fonctions S'"^' et T'" et de
déterminer ensuite les fonctions S'"^' et T"'^' à une constante près.
En égalant les puissances semblables de \j. dans les équations (4), on obtient
des équations de la forme suivante, analogues aux équations (7) et (8).
Y h / G,"^ SJj' + ' — Kl T™ — 2m+i T," = quaiuilé connue
(■i) { .c,„,.. '' ' (' = 1,2,3).
j y >- \^^hTf — aiS;"+' — a„,H_iS,' = quantité ronnue
H. P. — VII. 47
370 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Les deux ini'inl)res de ces éi|ii;Uioiis (12) sont des louclioiis périodiques de /.
Egalons hi viilour movonne de ces deux membres. Si nous désignons piir [UJ la
valeur movenno d une toiiclii)n péri()di(|U(' ([uciconcjue U, si nous observons
que si U est périodique on a
lïj-
si nous ra|»pelons (jue, T™ (Maul connu à une conslanle |>rés, 'l'<"--[T™] cl
[B/j. (T™ — [T™ D] sonl des f[iianlil(;s connues, nous ol)lien(lions les équations
suivantes :
1 '^•VJ^ii"" I - î'iCI';'"] — :i„,+iT," = riiianlilé coniiiK-
(li) \ (/ = i,2, 3).
1 ^l'-'d'^'ï'ï - =<i[S,"" ' J ^ x,„+,s; = iiuanlité comme
Ces i'(|uati()ns ( 1 4 ) vuiil nous sci-vii' à calculer ;z,„ , , , ['i'"'| el. [S""'] et par
conséquent à aciiever la dr'ierminalion des Conclions TJ" et S''"' qui no sonl,
encore connues qu'à une conslanle prés.
Si l'on additionne les équalions (i4) après les avoir respectivement iTuiili-
pliées par S[, S.1, S', T", T!;, T, on trouve
2 2,'^/ ';"«/" Il = (luanliU: connue,
ce qui détermine «,,,+ 1.
Si dans les équalions (i4) "H remplace «„, ^i par la valeur ainsi trouvée, on
a pour déterminer les six inconnues [T™ | et [S"'*"' ] six éijuations linéaires dont
cinq seulement sont indépendanlc.>..
Cela posé, on déterminera [ I ," | par la condllinu que | 1',"] soit nul pour
^ = 0, conformément à l'hypothèse failc plus liaul, et les cinq équations (i4)
restées indépendantes |iermeltront de calculer l(;s cinc] autres inconnues.
r/T'" ' ' f/S'""*"^
Les équations (i3) nous permeliront ensuit(! de calculer — '- — et — ^ — et
I ^ ^ * lit lit
par conséquent de d('terminer les iDucllons T"" ' et S""' à une constante prés;
et ainsi rie suite.
13. — Solutions asynipto tiques.
Soient
(i) — = \, {i = I, ■.', .... // I
Il é(piations diliéreutielles simullanr'es. Les \ sonl des jonctions des .r el de t.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 371
l'.ir in|)]i()ri aux x elles peuvent rlix' développées en séries de puissances.
Par rnpporl à l, elles sont périodiques de période i~.
Soil
.r, = .ry, ,r.; = .rl!, .... .r„ = .r,",
une solution particulière périodique d(! ces ('(pialions. Les x" seront des fonc-
tions de t périodiques de période i%. Posons
Xi = x" •+- Ij.
Il viendra
^^^ -TÛ--'-
Les 1. seront des fonctions des ^ et de i, périodiques par rapport à t et déve-
loppées suivant les puissances des c/, mais il n'y ania plus de ternies indépen-
dants des ;.
Si les ^ sont très petits et qu'on néfjlige leurs carrés, les équations se
réduisent à
^ ' dl " dx\ ''* '" dx\ ■' ■' dxl ^"'
qui sont les é<[uations aux variations des équations (1).
Elles sont linéaires et à coefficients périodicjues. On counail la forme de
leur solution générale, on trouve
|i= Ai '-'''Çii-l- Aae='''ï!i-t-. ••-:- A„e«:.'ç„i,
Ç.,= A, e».'s,.,-4- A,e*='i;2-l .... A„r'..'o„,,
Ç„= A, e«.'s,„+ A2e*='ç2„ + .. .+ A„e'"'5„„;
les A sont des constantes d'intégration, les a des constantes fixes qu'on appelle
exposants caractéristiques, les cp des fonctions |)ériodiques de /.
Si alors nous posons
?2 = •''il Î12 -H -riî O22 -1- . . . + r,,, ç,,... ,
les équations (^2) deviendront
où les H, soni des fonctions de / el des 0 de niéiiu' fiuine (pie les S,.
3^2 SUR LL PROBLÈME DES TROIS CORPS
Nous pourrons il'aillcnrs ocrire
(2) ^^^ut + n;. ...+ ii;' + ...;
Hf rcprôsenle l'ensemble des termes de H, qui sont de degr{^ p par rapport
aux r,.
Quaut aux équations (.i), elles deviennent
(3') ^=II; = .,^..
Cherchons maintenant la forme des solutions générales des équations (li)
e. (2').
Je dis que nous devrons trouver r;,^ fonction dcveloj)pée suivant les puis-
sances de \i e*'', Ao e*'', ..., A„ e*"' dont les coeffici(!nls sont des fonctions
périodiques de t.
Nous pouvons écrire alois
(4') ^;=ri'-f--n,- + .--+-n?-t----,
Y)J' représentant l'ensemble des termes do /), qui sont de degré p par rapport
aux A.
Nous reuiplaceruns les v), par leurs valeurs dans llf et nous trouverons
II/- = \vi-''-+- W'i''^ ' -1 ... + I !';■•/ -+-...,
II'''' désignant l'ensemble des termes (jui sont de degni q par rapport aux A.
Nous trouverons alors
Ces éf[uatious permettront du calculer successivement par récurrence rj,",
t)'; , . . . , Y)/, .... I^n effet K, ne dépend que des rj' , r/-, . . . , r//^'. Si nous sup-
posou-> que ces quantités aient élé [>r(''alnblement calculées, nous pourrons
écrire K,y sous la forme suivante :
K, = ï a';*' A'^' . ..Kl" e'^5;,fi,+3<.,(5,+...+«„fi„i^,
les [3 étant des entiers positifs dont la somme est lyel^ une fonction périodique.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 373
On peut écrire encore :
C (Uanl un coefficient généralement imagiajiire et •■ un entier pusiiifou négnlif.
Nous écrirons pour abréger :
Af''A^=...A3..= Av, a,;b, + «o3«-)-...H-a„[i„=S»'l,
et il viendra
^ -à/Ti'{= iCA'/e'fï *'='+-«?).
Or on peut s;)tisfaire à celle équation en faisant
11 y aurait exception dans le cas où l'on aurait
■; v' — I -+- l^P — a, = o,
auquel cas il s'introduirait dans les formules des termes en t. Nous réserverons
ce cas qui ne se présente pas en général.
Nous devons maintenant traiter la question de la convergence de ces séries.
La seule difliculté [)rovieut d'ailleurs comme on va le voir des diviseurs
(5) Y y/Z^" + l3([i — a,-.
Cette convergence est une conséquence immédiate des résultats obtenus dans
le paragraphe! 3, mais je préfère en donner une démonstration directe.
Remplaçons les équations (a') par les suivantes :
(2") Ti,= iA,e^i'+n?-t-H/-t-...~HlIf-4-....
Définissons Hf . On voit sans peine que Hf est de la forme suivante :
G est une constante quelconque, les (3 sont des entiers positifs dont la somme
esl p, Y est un entier positif ou négatif. Nous prendrons alors
H^=i:iC|r,?-r,P....r,g".
Les séries ainsi obtenues seront convergentes pourvu que les séiies trigonomé-
triques qui définissent les fonctions périodiques dont dépendent les H convergent
absolument et uniformément; or cela aura toujours lieu parce que ces fonctions
périodiques sont analytiques. Quant à s, c'est une constante positive.
37-1 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Ou [Ji'iil lirer ilrs t^qiialions (2") les r) sous la forme suivante :
( 4-) -ri, = 2 M =-i:,ï .\P' A^' . . . A|^eli:=>P '.
Plusieurs termes pourront d'ailleurs correspondre aux mêmes exposants (3. Si
l'on compare avec les scories tirées de (2') qui s'écrivent
A?•A^...A^ r, „ ,-^,
"Il '
voici ce qu'on observe :
1 " M est réel positif et plus grand que | N |.
2" II désigne le produit des diviseurs (5) ('/ < — P)-
Si donc la série ( /j ') converge et si aucun des diviseurs (5) n'est plus petit
que £, la série (4') convergera également. Voici donc comment on peut énoncer
la condilion de convergence.
La série converge si l'expression
T V — ' "•" -"H — *'
ne peut pas devenir plus petite que toute quantité donnée £ pour des valeurs
entières et positives des [3 et entières (positives ou négatives) de y; c'est-à-dire
si aucun des deux polygones convexes qui enveloppe, le premier le» a et
-j- \' — 1, le second les « et — y — 1, ne contient l'origine; ou si toutes les
quantités a ont leurs parties réelles de même signe et si aucune d'elles n'a sa
partie réelle nulle.
Que ferons-nous alors s'il n'en est pas ainsi?
Supposons par exemple que k des quantités a aient leur partie réelle positive,
et que n — k aient leur partie réelle négative ou nulle. Il arrivera alors que la
série (4') restera convergente si l'on y annule les constantes A qui correspondent
à un X dont la partie réelle est négative ou nulle, de sorte que ces séries ne
nous dcjnneront plus la solution générale des équations proposées, mais une
solution contenant seulement k constantes arbitraires.
Si on suppose que les équations données rentrent dans les équations de la
Dynamique, nous avons vu que n est pair et fpie les a sont deux à deux égaux
et de signe contraire.
Alors si A^ d'entre eux ont leur partie réelle positive, A' auront leur partie
réelle négative et n — 2 A auront leur [)arlic réelle nulle. En prenant d'abord
les cr. qui ont leur partie réelle positive, on obtiendra une solution particulière
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. SyS
conlenanl /: constantes arbitraires; on en obtiendra une seconde en prenant
les X qui ont leur partie réelle négative.
Dans le cas où aucun des x n'a sa partie réelle nulle el en particulier si tous
les a sont réels, on a d'ailleurs
/.= '^.
2
Nous allons nous placer inainlenanl dans un cas 1res particulier. Supposons
d'abord n = 2, de telle façon que les équations (i) se réduisent à
Supposons de plus que
r/.\, ,/X,
(()J h -j— = n.
La situation du syslènie dépend alors des trois quantités j, , x.^ el t ; on peut
donc la représenter par la position d'un point dans l'espace; voici quel mode
de représentation on peut adopter pour fixer les idées :
Les coordonnées rectangulaires du point représentatif seront e'' cos/, e'' sin^
et x-i. De cette façon :
i" à tout sjsléine de valeurs des trois quantités ari, x-i et t correspondra un
point de l'espace ;
2" à tout point de l'espace correspondra un seul système de valeurs des
quantités a7i, x^, cos^, sin/, et par conséquent une seule situali(]ii du svsiènie
si l'on ne considère pas comme distinctes deux situations qui ne dillerent que
parce que l a augmenté d'un certain nombre de périodes 27r;
3" si l'on fait varier /, (ai et x-^ restant constants) le point représentatif
décrit une circonférence;
4" à la condition .ri = a^j i= o correspond le cercle ; =; o, x--^y-^ 1 ;
5" à la condition .i-, = — 00 correspond l'axe des ;.
A. toute solution des équations (i) correspondra une courbe décrite par le
point représentatif. Si la solution est périodique, cette courbe est fermée.
Considérons donc une courbe fermée C correspondant à une solution
périodique.
Formons les équations (2), (3), (2') et (3') relatives à cette solution pério-
dique et imaginons que l'on calcule les quantités oc correspondantes.
Ces quantités sont au nombre de deux, et en vertu de la relation (6) elles
sont égales et de signe contraire.
3-0 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Doux cas peuvent se jn'ésenler : ou bien leur carré est négatif eL la soluliiin
périodique esl stable; ou bien leur carré est positii et la solution est instable.
Plaçons-nous dans ce dernier cas et appelons + a et — a les deux valeurs de
l'exposant a; nous pourrons supposer alors que a est réel positif.
Cela posé, les séries (4') seront développées suivant les puissances croissantes
de Ae°" et de Be~*'; mais elles ne seront pas convergentes si A et B y entrent
à la fois; elles le deviendront au contraire, si l'on y fait soit A = o, soit B = o.
Faisons d'abord A :=: o; alors les r; seront développés suivant les puissances
de Be~°"; si donc / croît indéfiniment, tj, et rjo tendent simultanément vers zéro.
Les solutions correspondantes peuvent s^appelev solulions asymptotiques; car
pour f = -i- 00, les ri et par conséquent les P tendent vers zéro, ce qui veut dire
que la solution asymptotique se rapproche asympiotiquement de la solution
périodique considérée.
Si 1 on fait de même B = o, les rj sont développés suivant les puissances
de Ae""; ils tendent donc vers zéro quand l tend vers — oo. Ce sont donc encore
des solutions asymploliques.
Il y a donc deux séries de solutions asymptotiques, la première correspondant
à f = + 00, la seconde à t^ — oo. Chacune d'elles contient une constante arbi-
traire, la première B, la seconde A.
A chacune de ces séries de solutions asymptotiques correspondra une série
de courbes se rapprochant asymptotiquement de la courbe fermée C et qu'on
pourra appeler courbes asymptotiques. L'ensemble de ces courbes asympto-
tiques formera une surface asymptotique. 11 y aura deux surfaces asympto-
tiques, la première correspondant à < = -f-oo, la seconde à < = — oo. Ces deux
surfaces iront passer par la courbe fermée C.
Supposons que dans les équations (i) les X dépendent d'un paramètre \x et
que les fonctions X soient développables suivant les puissances de ce paramètre.
Imaginons que pour fx:=o, les exposants caractéristiques a soient tous
distincts de telle façon (jue ces exposants, étant définis par l'équation
G(o!, fx) = o du paragraphe précédent, soient eux-mêmes développables suivant
les puissances de {J-.
Supposons enfin qu'un ait, ainsi qu(! nous venons de le dire, annulé toutes
les constantes A qui correspondent à un a dont la partie réelle est négative ou
nulle.
Les séries (4') qui définissent les quantités rj,- dépendent alors de [j.. .le me
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 877
propose d'établir que ces séries peuvent être développées, non seulement
suivant les puissances des A,- e^'', mais encore suivant les puissances de fx.
Considérons l'inverse de l'un des diviseurs (j) : (y y/ — i + — a,3 — ai)~'- Je
dis que celte expression peut être développée suivant les puissances de [j..
Soient y.i, a,. . . . , a/, les k exposants caractéristiques dont la partie réelle est
positive et que nous sommes convenus de conserver. Chacun d'eux est déve-
loppable suivant les puissances de y.. Soit se" la valeur tle a, pour p. =; o; nous
pourrons prendre /j.,, assez petit pour que a,- diffère aussi peu que nous voudrons
de a° quand j p- 1 < y-o- Soit alors k une quantité positive plus petite que la plus
petite des parties réelles des k quantités a", a?, ...,«".; nous pourrons
prendre ;j.o assez petit pour que, quand | fJ^ | < p-o) les k exposants a, , a.j, .... «/,.
aient leur partie réelle plus grande que h.
La partie réelle de yy/ — i-^1x^i — a, sera a! irs plus grande que; k
(si pi^" o), de sorte qu'on aura
I yv' — 1 -h Sap — Xj • h.
Ainsi si \[j-\ <,u,j, la fonction ( y y/ — i -\- ia(3 — a,)^' reste uniforme, continue,
finie et plus petite en valeur absolue que . •
Nous en conclurons d'après un théorème bien connu que cette fonction est
développable suivant les puissances de p. et que les coefficients du développement
sont plus petits en valeur absolue que ceux du développement de ^-
"(-s)
11 est à remarquer que les nombres h et p.,, sont indépendants des entiers (3 et y.
11 y aurait exception dans le cas où ,3, serait nul. La partie réelle du divi-
seur (5) pourrait alors être plus petite que h et même être négative. Elle est
égale en effet à la partie réelle de -3((3 qui est positive, moins la partie réelle
de a,- qui est également positive et qui peut être plus grande que celle de 2a(3
si (3, est nul.
Supposons que la partie réelle de a,- reste plus petite qu'un certain nombre Ai
tant que | p] < po- Alors si
(7) -r^>x + ''
la partie réelle de (5) est certainement plus grande que h; il ne peut donc y
avoir de difficulté que pour ceux des diviseurs (5) pour lesquels l'inégalité (7)
n'a pas lieu.
H. p. - VII. 48
3^8 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Supposons lu.iinlfuanl que la pailio imaginaire des quanlilés a,, a.j, . . . , ocf^
reste coiislanimenl plus pelile en valeur absolue (pi'un certain nombre positif /( 2 :
si ri>n a alors
(S) . I v|>/i,v;j + /,,
la partie imaginaire de (_5) el j)ar conséquent son module sera encore plus
grand que /i ; de telle sorte qu'il ne peut y avoir de difficnlt(j que pour ceux des
diviseurs (5) pour lesquels aucune des inégalités (7) et (8) u'a lieu. Mais ces
diviseurs qui ne satisfont à aucune de ces inégalités sont en nombre fini .
D'après une hypothèse que nous avons faite plus haut, aucun deux ne
s'annule pour les valeurs de [J- ([ue nous considérons; nous pouvons donc
prendre /( et p.,, assez [letits pour cpie la valeur absolue de l'un quelconque
d'entre eux reste plus grande que li quand ] p. | reste plus petit que p.,i-
Alors l'inverse d'un diviseur (5) quelconque est développable suivant les
puissances de [j. el les coefficients du développement sont plus petits en valeur
absolue que ceux de Nous avons écrit plus haut :
ii^=i;Cvi?'Yi?'...-fiP"erV^.
D'après nos hypothèses, C peut être développé suivani les puissanres de jj. de
telle sorte (]ue je puis poser
C = S E [Ji', 11/; = s E-x'-r,!?' r,'^= . . . Ti^" eT't'^ ■
Reprenons maintenant les équations (2") en y faisant
:A(.-£), „,= .|E|,^S?'
■■■^'
Les seconds membres des équations (i") seront alors des séries convergentes
ordonnées selon kts puissances de p., de r/i, ri-,. ... et rj„.
On en tirera les r,, sous la forme de séries {[\") convergentes et ordonnées
suivant les puissances de p., Ai e"'' , Aj e"-', .... A/, e*''.
Des équations (2') nous tirerions d'autre part les Y); sous la forme de
séries (4') ordonnées suivant les puissances de /j., Ai e^'', A2 e*''. .... A< e"''.
e'*'"', e~'''~'. Chacun des termes de (4') est plus petit en valeur absolue que le
terme correspondant de (4") et comme les séries (4") convergent, il en sera de
même des séries (4)-
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 879
14. -^ Solutions asymptotiques des équations de la Dynamique.
Reprenons les équations (i) du paragia|)li(' I I :
dXi ilV ,lv, r/F
et les hjpolhèses faites à leur sujet au début de ce paragraphe I I .
Nous avons vu dans ce paragraphe I I que ces équations admettent des
solutions périodiques et nous pouvons en conclure que pourvu que l'un des
exposants caractéristiques a correspondants soit réel, ces équations admettront
aussi des solutions asymptotiques.
A la fin du paragraphe précédent, nous avons envisagé le cas où dans les
équations (^i) dudit paragraphe 13, les seconds membres X; sont développables
suivant les puissances de p., mais où les exposants caractéristiques restent
distincts les uns des autres pour p. = o.
Dans le cas des équations (pii vont maintenant nous occuper, c'est-à-dire des
équations (i) des paragraphes I I et 14, les seconds membres sont encore déve-
loppables selon les puissances de p.; mais tous les exposants caractéristiques
sont nuls pour p. 1= o.
Il en résulte un grand nombre de dilléreuces importantes.
En premier lieu les exposants caractéristiques a ne sont pas développables
suivant les puissances de p, mais suivant celles de \ ;-t (c/. 5; 12). De même les
fonctions que j'ai appelées <p,./( au début du paragraphe 13 (et c|ui, dans le cas
particulier des équations de la Dynamique qui nous occup(; ici, ne sont autres
que les fonctions S,; et T, du paragraphe 12) sont développables, non suivant
les puissances de /j., mais suivant les puissances de y \i..
Alors dans les équations (2') du paragraphe 13 :
le second membre H, est développé suivant les puissances des v), de e'*~', e~'*^~'
et de y/fjt. (et non pas de \x).
On en tirera les r;, sous la forme des séries obtenues au paragraphe précédent
et N et n seront développés suivant les puissances de \l \i..
38o SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Un certain noiiihri" ilo ([ueslions su posent alors naiurelleiiienl :
1° Nous savons que N el H sont iléveloppubles suivant les puissances de y/fï;
N
en esl-il de même du quotient '?
•r" S'il en est ainsi, il existe des séries ordonnées suivant les puissances
de \/jJ., des A/ 6°"'', de e'* ' et de e~"'''~' qui salisfoni formellement aux équa-
tions proposées; ces séries sont-elles convergentes?
3" Si elles ne sont pas convergentes, quel parti ])cul-on en tirer pour le
calcul des solutions asjmptotiques ?
Je me propose de démontrer que l'on peut développer suivant les puis-
sances de y/.p. et que par conséquent il existe des séries ordonnées suivant les
puissances de y/;^., des A, e'^'', de e'* ' et de e"'* ' qui satisfont formellement
aux équations (i). On pourrait en douter; en effet II est le produit d'un certain
nombre des diviseurs (5) du paragraphe précédent. Tous ces diviseurs sont
développables suivant les puissances de y'/ji; mais quelques-uns d'entre eux,
ceux pour lesquels y est nul, s'annulent avec \/,a. Il peut donc arriver que II
s'annule avec y. et contienne en facteur une certaine puissance de y p.. Si alors
N
N ne contenait pas celte môme puissance en facteur, le quotient ~ se dévelop-
perait encore selon les puissances croissantes de \/(j., mais le développement
commencerait par des puissances négatives.
N ■
Je dis qu'il n'en est pas ainsi et que le développement de : ne contient que
des puissances positives de y/ p..
Voyons par quel mécanisme ces puissances négatives de y/p. disparaissent.
Posons
A,e«.'= i>v,
et considérons les x et les y comme des fonctions des variables t el te.
Il importe avant d'aller plus loin de faire la remarque suivante : parmi
les 2/1 exposants caractéristiques a, deux sont nuls el les autres sont deux à
deux égaux et de signe contraire. Nous ne conserverons que n — i au plus de
ces exposants en convenant de regarder comme nuls les coefficients A, et les
variables iv,- qui correspondent aux n + i exposants rejetés. Nous ne conser-
verons que ceux de ces exposants dont la partie réelle est positive.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 38 1
Cela posé, les équations (i) deviennent
rixi ■^ dx, f/F
, . dXi x^ dx, <tV
k
dt ^ f/(r< dxi
k
Cherclions, en parlant de ces équations, à développer les x, et les j', — n, <
suivant les puissances croissantes de y p. et des w de telle façon que les coeffi-
cients soient des fonctions périodiques de l.
Nous pouvons écrire
a<- = «i \JV- + ctlix-h. ..= :£.y4iJ.-,
car nous avons vu au paragraphe 12 comment on peut développer les exposants
caractéristiques suivant les puissances de y/p..
Ecrivons d'autre part :
L
Xi = x" -H .r' y ,a -+-...= Zxl ix- ,
/j_
j,— nit=y«-i-rl v/;--- -+-■••= Sr/;,a%
les x" et les y'/ étant des fonctions de / et des w, périodiques par rapport à t et
dévoloppables suivant les puissances de w.
Si dans les équations (2) et (3) nous substituons ces valeurs à la place dea^,
des Xi et des yi. les deux membres de ces équations seront développés suivani
les puissances de \'p.
/' + !
Egalons dans les deux membres des équations (2) les coefficients de p " , el
r
dans les deux membres des équations (3) les coefficients de p.', nous obtien-
drons les équations suivantes :
\ dt ^ 1' '^ ,/w^ ' j^ dyf dyl - *
dwk '' ^dxfdx% "'
k
où Zf et Tf ne dépendent que de x°, x] . .... .rf ' , i", i/, ..., r'I"' ■
Convenons, comme nous l'avons fait plus haut, de représenter par [U] la
valeur moyenne de U, si U est une fonction périodique de t.
382 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Desi^qualions [.]) nous pourrons ;ilors dôduirc les suivantes :
(0) ' *
I * A-
Supposons mainlenanl qu'un calcul préalable nous ail fait conuaitre :
.Vf, xj. ..., xi'r\ xi;-[.c'i\ et .)•;', y}, ..., y''r\ y"r'~lrr']-
Les équations (5) vont nous permellre de calculer [-yf] et [,>/'] <^l par consé-
quent :rf et .rf ' . Les équations (4) nous permettront ensuite de déterminer
x''*^ — [^f*] ^^ y'i — [jf]' ^^ sorte que ce procédé nou« fournira par récur-
rence tous les coefficients des développements de .f, et de^),-.
La seule difficulté est la détermination de [^,''] et [j','"' ] par les équations (5).
Les fondions [^-f] et [j'f'^' ] sont développées suivant les puissances crois-
santes des \v et nous allons calculer les divers tenues do ces développements en
commençant par les termes du degré le moins élevé.
Pour cela nous allons reprendre les notations du paragraphe 12, c'est-à-dire
que nous allons poser
dxf dx%
(pour les valeurs nulles de w).
Si alors nous appelons ?, et -n, les coefficients de w'"'w".!' . . . iv"!:'f' dans [.ïf ]
et [j'f~' ]. nous aurons pour déterminer ces coefficients les équations suivantes :
(6) y^ba r./, - S ?,• = À,-, V C", U - S r,, = p.;.
k /.
Dans ces éfiualions ((i) À, et |j., sont des (jiiantitcs connues, parce qu'elles ne
dépendent que de
xf, ./■; X';-'. x';—[xi;] et y',\ .)/, .... ri-'-, .ir' — l.ir'J-
ou des termes de |''') et [j'' '] dont le degré par rapport aux n' est plus
petit que
De plus nous avons posé pour aliré^cr
S = //) , ■/. 1 -f- /H2 xl -I- . . . -I- w„-i 2,',_ I .
Nous avons doue pour le calcul des coefficients ^, et r), un système d'équations
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 383
linéaires. Il ne pourrait y avoir de ditlicullé que si le délerminaiit de ces
équations était nul; or ce déterminant est 0£;al à
SnS^-(al)^][S^-(a;)^l...[S=-(a^,p]-
Il ne pourrait s annuler que pour
c est-à-dire pour
/n I -I- m- ---...-{- iH„—i = o ou I .
On ne pourrait donc renconlier de difficulté que dans le calcul des termes du
degré zéro ou i par rapport aux n'.
Mais nous n'avons pas à revenir sur le calcul de ces termes; en effet nous
avons appris à calculer les termes indépendants des w dans le paragraphe 1 1 et
les coefficients de ivi, u'j, . . ., iv„-) dans le paragraphe 12.
Les ternies indépendants des w ne sont en effet antre chose que les séries (8)
du paragrapiic II et les coeflicients de H|, (To. .... iVn-i ne sont autre chose
que les séries S, et T, du paragraphe 12.
II me reste à dire un mot des premières approximations.
Nous donnerons aux xf des valeurs constantes qui ne sont autres que celles
que nous avons désignées ainsi au paragraphe 1 1.
Nous aurons alors les équations suivantes :
'fr!' 'Ix} >/y} v' I dvf v" '^'- F»
(7)
k k
,/.,f -^ , r/.r,' ,/F,
Dans F„ qui ne dépend que des X/, ces quantités doivent cire remplacées
par x" . Dans F, les x/ sont remplacés par x^ et les r, par /;,/. F, devient alors
une fonction périodique de / dont la période est T. Nous désignerons par i}
comme dans les paragraphes II cl 12 la valeur moyenne de cette fonction
périodique Fi ; <li est alors une fonction périodique et de période 2n par
rapport aux j'".
Les deux premières équations (7) montrent que les y" et les x' ne dépendent
que des iw En égalant dans les deux dernières équations (7) les valeurs
moyennes des deux membres, il vient
dv" dx^ ilh
(i,) ^=<*-*;Mr, = -C.*-*. "'i^'^'d^, = djrr
384 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Ces équations (8) doivent servir à délerniiiier les i ," el les ./,' en fonctions
dos n'. Peut-on satisteiire à ces équations en substituant à la place des r° et
des j-v' des séries développées suivant les puissances des w ?
Pour nous en rendre compte envisageons les équations différentielles
suivantes :
Ces équations diUérentielles où les fonctions inconnues sont les y" et les x^
admettront une solulion périodique
xj = o, _r" = ra/,
CT, étant la quantité désignée ainsi au paragraphe 1 1.
Les exposants caractéristiques relatifs à cette solution périodique sont préci-
sément les quantités -xl- Parmi ces quantités nous sommes convenus de ne
conserver que celles dont la partie réelle est positive. Les équations (9)
admettent un système de solutions asjmptoliques et il est aisé de voir que ces
solutions se présentent sous la forme de séries développées suivant les
puissances des w. Ces séries satisferont alors aux équations (8). Ces équations
peuvent donc être résolues.
Les x- et les y^ étant ainsi déterminés, le reste du calcul ne présente plus
comme nous l'avons vu aucune difficulté. Il existe donc des séries ordonnées
suivant les puissances de y//, des ir el de e-'*' ' et qui satisfont formellement
aux équations ( 1 ).
Cela prouve que le développement de ne débute jamais par une puissance
négative de \/p..
Malheureusement les séries ainsi obtenues ne sont pas convergentes.
Soil en effet ^ Si y n'est pas nul, cette expression est déve-
\ — 'Y -t- ^"^i^ — '^■1
loppable suivant les puissances de \/p-; mais le ravon de convergence de la
série ainsi obtenue tend vers zéro quand ^'7, tend vers zéro.
Si ilonc on développe les diverses quantités . suivant les puissances de y/j.
on pourra toujours, parmi ces quantités, en trouver une infinité pour lesquelles
le rayon de convergence du dévelop|)cment est aussi petit qu'on le veut.
On pourrait encore espérer, quelque invraisemblable que cela puisse
paraître, qu'il n'en est pas de même pour les développements des diverses
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 385
N .
quantités r ; mais nous verrons dans la suite d'une façon rigoureuse qu'il n'en
est pas ainsi en général; il faut donc renoncer à ce faible espoir et conclure que
les séries que nous venons de former soni divergentes.
Mais quoiqu'elles soient divergentes ne peut-on en tirer quelque parti?
Considérons d'abord la série suivante qui est plus simple que celle que nous
avons en vue :
Celle série converge uniformémeul c[uand jx reste positif et que w reste plus
petit en valeur absolue qu'un certain nombre positif i\'„ plus petit que i. De
même la série
I r-f/'V(iv, p.) _ -^ nP-^w"
p\ i/[xl' ~~ Z^ (i -t- n;i)/'
converge uniformément.
Si maintenant l'on cherche à développer F((V', /-».) suivant les puissances de p.,
la série à laquelle on est conduit
(lo) s (V ( — rt )/' ;ji/'
ne converge pas. Si dans cette série on néglige tous les termes où l'exposant
de p. est supérieur à/>, on obtient une certaine fonction 4>^,(tv, p.). Il est aisé de
,, . F(u', , ut) — <!>/,(' »■, [j.) , j . 1
voir que 1 expression p-' — tend vers zéro quand fj. tenu vers zcro
par valeurs positives, de sorte que la série (lo) représente asyinptoliquement
la fonction F((V', '[x) pour les petites valeurs de ix de la même manière que la
série de Stirling représente asymploliquement la fonction eulérienne pour les
grandes valeurs de x.
Les séries divergentes que nous avons appris à former dans le présent
paragraphe sont tout à fait analogues à la série (lo).
Considérons en effet l'une des séries
(lo') 2g«'P,'«'l!>...w|'-eT'v'=î = F(v/tJi, it^i, »■'., ..., »'*, t)
et
ces séries sont uniforméiiiunt convergentes puur\u que les ce restent inférieurs
en valeur absolue à certaines limites et que y,'/ji. reste réel.
H. P. — VII. 49
38R SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Si l'on développe suivanl les puissances de \/,a. les séries (lo') sonl
divergentes ainsi que nous l'avons dit. Supposons qu'on néglige dans le dove-
loppenienl les leruies où l'exposant de \ [j. est supérieur à y*, on obtiendra nnc
certaine fcuiciion 4>/,(\/fi, »•(, ii-j, . . ., nv,, t) qui sera développable suivant les
puissances des iv, e^' ' et qui sera un polynôme de degré/; en y p..
On voit alors que l'expression tend vers zéro ipiaud [j. lend vers zéro
par valeurs positives, et cela quelque grand que soily;.
En ellel si l'on désigne par 11^, l'ensemble des termes du développement
de où l'exposant de \ ij. est au plus égal à p, on a
'h. ='V_!_
V/,./' ^
^(;;-ii.)-i'.4.....'^^«T'v'-
et la série du second membre est uniforincrneni convergente et tous ses termes
tendent vers zéro quand [x tend vers zéro.
On peut donc dire que les séries que nous avons obtenues dans le présent
paragraphe 14 représentent les solutions asjmptoliques pour les petites valeurs
de [I- de la même manière que la série de Stirling représente les fonctions
eulériennes.
On s'en rendra d'ailleurs mieux compte de la manière suivante; supposons
deux degrés de liberté seulement ])our fixer les idées; alors nous ne conser-
verons plus qu'une seule des quantités w et nous pourrons écrire nos équations
sous la forme suivante :
>l.r, (Ixi dV ilvi fh-i dF . '
i/t dw dyi dl dw dxi
en supprimant les indices d(i a et de ir devenus inutiles.
Nous savons que a est développable suivanl les puissances impaires de \j [j. cl
par conséquent a- suivanl les puissances de /j. ; inversement \i. est développable
suivant les puissances de a- ; nous pouvons remplacer // par ce développement
de sorte que F sera dévelo|)pé suivant les puissances de «-. l'our a = o, F se
réduit à Fp qui ne dépend que de a^i el de x-,.
Soit
la solution périodique qui nous sert de point de départ. Posons, comme au
paragraphe 12 :
a:/= 9,(0-4-5., yi=\i{.<-)-^-f\h
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 38^
nos équations deviendront
(l 0 —, h xii' -r- = — /, — ; cmv — — = H,-.
^ ' dt dw ' dt dw
Z-i et H,- sont développés suivant les puissances des H,, des r;, et de a-'; et les
coefficients sont des fonctions périodiques de t.
Pour « = G, -j — et par conséquent Z,- s'annulent; donc Z, est divisible parot-
dyi
et je puis poser
x'-X, représentant l'ensemble des termes du premier degré par rapport aux ; et
aux r), et y.-'K.[ représentant l'ensemble des termes de degré supérieur.
De même, quand a est nul, -y-^ et par conséquent H, ne dépendent plus que
des Ci et non des ru.
Je puis donc poser
Il,= V,-H Y;+a'Q;+a^Q;,
Y,+ :z'-Q, représentant l'ensemlde des termes du premier degré par rapport
aux Ç et ri, pendant que Y,' + a-Q,' représente l'ensemble des termes de
degré supérieur au premier. Je suppose en outre que Y, et Y) ne dépendent
que de Ç, et de £2.
Posons
Y, deviendra divisible par a et Y- par y.'-, de sorte que je pourrai poser
Y; + a- Q; = :ili, y; + a- QJ = -x- Z\
et que nos équations deviendront
, , dX,i d'C^i d-r\i d-r\i
(12) -; han'-T— = a^i+a^-,, — — -+-aiv-r— = y.Z,-t-a-Z,.
dt dw dt dw
Considérons les équations
(i3) rfT^"^" -dl^''^'-
Ces équations sont linéaires par rapport aux inconnues Ç, et r;,. Elles ne
différent pas des équations (2) du paragraphe 12, sinon parce que ^, et £2 y
sont remplacés par aÇi et aÇ,. D'après ce que nous avons vu au paragraphe 12,
l'équation qui définit les exposants caractéristiques admet <juatre racines, l'une
égale à + a, l'autre à — « et les deux autres à zéro.
3SS SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
A la première racine, c'esl-ii-dirc à la racine -|- a, correspondra une solution
des équations (2) du paragraphe 12 que nous avons appris à former dans ce
paragraphe 12 et que nous avons écrite ainsi :
?, = e*'S;, •ri,= e»'T,.
.le rappelle que S," est nul et par consiiqueut (juo S, est divisible par c.
A la Seconde racine — a correspondra de même une autre solution des
équations (2) et nous l'écrirons
?,= e-^'S;, ru=e-=<'T;.
Enfin aux deux racines zéro, correspondront deux solutions des équations (2)
que nous écrirons
li=S"'-^-a.fi"i, ïii=T"'-+-=(/T;.
T; , TJ, T;', S- , S", S" sont des fonctions périodiques de ^, comme S, et T,.
De plus S- , S", S-' seront comme S,- divisibles par a.
Posons alors
a;i=s,Oi-+- s'iOî-i- s"|03+ s';'6v,
Ai= s.. 61-f- S', 6, -4- S"0,,-i- S'ÔOi,
■0, = T, e, -h t; 0, -+- t; Oj + t';' o.,,
7)., = To Oi .-+- T', 0, + T'; O3 + Tî Ou
Les fonctions 0, ainsi définies joueront un rôle analogue à celui des fonctions rjj
du paragraphe 13. Les équations (12) deviennent alors
(■4) )^ + ^"^;7^-='«' = "^^' 777 ^="".7;^-^=''''- = ='^"-'
— T- -^ 3.W —r— = X U', -+- aO;, — ; 1- 2(1'—; — = aO',.
r/l dw ' (Il dw
01, ©-j, 0;, et ©i sont des fonctions développées suivant les puissances de Oj, On,
5j, Oj et a dont tous les termes sont du deuxième degré au moins par rapport
aux 0, et dont les coefficients sont des fonctions périodiques de t. De plus les 0
doivent être des fonctions périodiques de t et les termes du premier degré en w
dans Oi, 0.^, 0., et 9,, doivent se réduire à \v, o, o et o.
Ces équations (i4) sont analogues aux équations (a') du paragraphe 13.
Gela posé, soit <I> une fonction (jui, de même qui' ©i, ©•_., ©:i et ©,■, , soit
développée suivant les puissances de 0,, 0-.,, 0;., 0,,, de a, e"'~' et e^" ' et qui
soit telle que chacun de s(!S coefficients soit réel positif et plus grand en valeur
absolue que le coefficient du terme correspondant dans ©,, ©o, ©3 et ©, ; tous
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. SSg
les termes de 4» seront d'ailleurs, comme ceux des 0,, du second degré au moins
par rapport aux 0.
Observons que le nombre — -_ \- p (où « est entier positif, négatif ou nul, et
où p est entier positif et au moins égal à i) est toujours plus grand en valeur
absolue que i, quels que soient d'ailleurs «, p et a.
Formons alors les équations
(i5) fi, = w + 'i>, Oj = <[>, o, = Oi+ci), ei = 'P
qui sont analogues aux équations (2") du paragraphe 13.
Des équations (i4) on peut tirer les 0 sous la forme de séries ordonnées
suivant les puissances de w et de e-'*^' et qui sont analogues aux séries (4') du
paragraphe 13. Des équations (iS) on peut tirer les 0 sous la forme de séries
ordonnées suivant les puissances des mêmes variables et analogues aux
séries (4") du paragraphe 13. Chacun des termes de ces dernières séries est
positif et plus grand en valeur absolue que le terme correspondant des
premières séries; si donc elles convergent, il en est de même des séries tirées
des équations (i4)-
Or il est aisé de voir que l'on peut trouver un nombre it'„ indépendant de a,
tel que si | iv | <;n'o, les séries tirées de (i5) corivergent.
Il en résulte que les séries ordonnées suivant les puissances de iv et tirées
de(i4) convergent uniformément quelque petit que soit a et par conséquent
quelque petit que soit ,'j., ainsi que je l'ai annoncé plus haut.
Nous possédons maintenant les 0 sous la forme de séries ordonnées suivant
les puissances de (v et de e-" ' ; les coofficienis sont des fonctions connues de y..
Si l'on développe chacun de ces coefficients suivant les puissances de a, on
obtiendra les 0 développés suivant les puissances de a. Les séries ainsi obtenues
sont divergentes, comme nous l'avons vu plus haut; soit néanmoins
a2e?-i-...-i- -ji/'Hi; -h...
(16)
0,-= (]f -)- 3(0,
ces séries.
Posons
H,
= e, -ne,, n.,= (
Posons
(17)
(),= 6,!i-i-af),i
-O2. 113= e.-i-Oi, II, = e,.
z^ 6? -I- ... -H xl' 6/' -h 2/' ui
en égalant 0, aux p ■+- 1 premiers termes de la série (16) plus un terme complé-
mentaire aPu,-.
Sgo SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Si dans II,- ou remplace les 0, par leurs (lovel()|)penients (17), les II, peuvent
se développer suivant les puissances de a et l'on peut écrire
11,= e," -1- X tv -4- x-; e;' -I- ... -I- a/'-> e^- ' + «/' u,,
les 0* étant indépendants de a pendant que U, est développable suivant les
puissances de x.
On aura alors les équations
{ dl r/iv
dt +"
d»> - ®' '
...,
dw; doi;-'^
d> -^"' d.v
et ensuite
, . dui dm d^
(19) -37+°'"'-; h an'-j— = aU,-.
^ ^' dt dw div
Voici quelle est la forme de la fonction U, ; les quantités Of peuvent être
regardées comme des fonctions connues de t et de w, définies par les équa-
tions (18) et par l'équation (20) que j'écrirai plus loin; pendant que les u;
restent les fonctions inconnues. Alors U, est une fonction développée suivant
les puissances de iv, de e-'* ', de a et des m,-. De plus tout terme du ^y'"'"' degré
par rapport aux M; est au moins du degré /?(<jr — 1) par rapport à a.
Soit U° ce que devieni U, quand on y annule a et les k, ; on aura
.le puis ensuite, en posant
puis
V, = U',-f/,. V,= U',-t-(<,, V,= IJ',-M,, V»=U'4,
mettre les équations (ly) sous la forme
!dus du\ ., dui duo .,
—, — t-xw— ; aUi = ocVi, —r -^ aw —, l-«(/2=0(V2,
dt dw dt dw
du^ du^, ,, du; du,, ,,
—, h X tv -; a Mi = a Vj, —, h et iv -;— = a V4.
dt dw ' dt dw
On voit alors que les V,- ne contiennent que des termes du deuxième degré au
moins par rapport à w et aux ?/,,•.
En edet les 0, sont divisibles par w et se réduisent à w ou à zéro quand on j
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. Sgi
supprime les lermes de deijré supérieur' :iii premier en »'. Il en résulte d'iiboid
que Of est divisible par w'-. D'autre part le second membre de Féqualion (i^)
ne contiendra que des terme-, du premier degré au moins par rapport à tv et
a,. Donc 0, ne contient que des termes du deuxième degré au moins par
rapport à w et aux w,. Il en résulte que les seuls termes du premier degré qui
peuvent subsister dans U|, Uo, Un et LJ-, se réduisent respectivement à «,,
— U2, II:, et zéro.
D'ailleurs tv-r-^est divisible par ir- : donc les V, ne contieuneni (lue des
termes du deuxième degré au moins. c. q. f. d.
Des équations (21) on peut tirer les Uj sous la forme de séries dévelofqjées
suivant les puissances de ir et dee~" '. En appliquant à ces équations le même
raisonnement qu'aux équations (i4) on peut démontrer que ces séries
convergent quand | (v | < n',, et que la convergence reste uniforme quelque
petit que soit a.
n. j , 1 . • • . diii el-ui
en est de même pour les séries qui représentent — ;— ) — ; — j etc.
' ' ' div aw-
II résulte de là qu'on peut assigner une limile supérieure indépendante de a,
. thii '1- "i II
a Ui, a -7— j — ; — ) etc., pourvu que n' < t^'n-
atf (/w- ' 111^
Mais je veux démontrer maintenant que cela a encore lieu |)our toutes les
valeurs positives de w.
Reprenons les équations
diij r/ui ,,,
U; peut être regardée comme une série développée suivant les puissances de y.
et des M,- et dont les coefficients sont des fonctions de t et de iv. ,Ie dis que cette
série reste con\ergen[e quels que soient / el (\pour\u que a et les «,- soient
assez petits. En effet elle ne pourrait cesser de converger que si la fonction
F(a7i, a?2, J)'i, /■.') cessait d'êlre développable suivant les puissances de v-, des c,
et des v\ quand on y remplace Xi par
xf -¥■ xx} -i- ix^xf-h. . .-h xP+ix'/-*-^ ■+■ aP+iVi
et j'i par
nit-hyj' -f- «j/ -)- a-yf-\-. . .+ aP y'! ■+■ aP v'i,
ou, ce qui revient au mémo, si la fonction F pour une valeur quelconque de t
ou de w (c'est-à-dire pour un système quelconque de valeurs de t, de rj et
Sgs SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
de r°) cessait d'être développable suivant les puissances de x, — x" , et
de Yi — f^it — .>■"■ O'" '' *^^^ manifeste qu'il n'en est pas ainsi.
Je puis donc toujours trouver une fonction <I' développée suivant les puis-
sances de X et des w,, mais dont les coeflicienls sont des constantes au lieu
d'être fonctions de t et de w comme ceux de U- ; et de plus m'arranger de telle
sorte que le coefficient d'un terme quelconque de «t soit réel positif et plus
grand en valeur absolue que le coefficient correspondant de U/(« = i , 2, 3, 4))
au moins pour les valeurs de t et de w que j'aurai à considérer.
J'iiioulerai que, d'après la forme particulière des fonctions U| , je puis
trouver deux nombres réels positifs M et (3 tels que la fouclion <I> satisfasse à la
condition que je viens d'énoncer si je prends
_ M ( I + (( I -1- !<■> -*- M:i -t- "1 )
I — 'flot. — [j3.I' (l(i^- ll-i + U3 -I- tli )
Si je considère les valeurs de u' positives et inférieures à une certaine limite W,
je devrai prendre, pour satisfaire là cette condition, des nombres M et (3 d'autant
plus grands que W sera plus grand; mais tant que W sera fini, les nombres M
et (3 seront eux-mêmes finis.
Soit maintenant ti'i une valeur positive de ir plus petite que n'„. D'après ce
que nous avons vu plus haut, il est possible d'assigner pour ir = ivi une limite
supérieure à W), ;<.., u^ et «., ; soit a„ cette limite, on aura donc
I Ui ! < «0 pour IV = ivi.
Soit maintenant u' une fonction définie par les conditions suivantes :
du' du' a M (.'!«' -F I )
— T- -hxw-j- = zr , , u = Hu pour »' = ii'i.
at (l\v I — pa — 4 JJ "■' w
On aura manifestement (') pour toutes les valeurs de t et de w :
I ui j < u (;■ = I, 2, 3, 4).
Or on trouve sans peine :
I — 3a -h fta/' , \-\- l,u 3 «'' , / X 1 w*
log •-—-{u — Ut,) — \o%--
4 M " i-h4"o .m ' " «-i
et pour (z ;= o, on tiouve
i-H r\u„ '~ \n'i/
ce qui montre que ««' reste fini quand a. tend vers zéro.
(') Cette propriété se trouve démontrée dans Les Méthodes nouvelles de la Mécanique
céleste, t. I, § llô, p. 37.3 i 378. [J. L.].
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. SgS
Nous devons en conclure que les quantités «, restent également finies quand a
lend vers zéro.
Il résulte de là que la série 0°+ aO,' + a-0; + . . . représente la fonction 0,
asymptotiquement (c'est-à-dire à la façon de la série de Stirling) ou en
0,— 0,»— 7.6,' — -x'-tif-
2/'-i(i//-i
a/'-i
tend vers zéro
d'autres termes que l'expression
avec a. En efTet cette expression est égale à a(9f-|- Uj) et nous venons de voii
que Of + M, reste fini quand a tend vers zéro.
Mais ce n'est pas tout; je dis que -j-^ reste fini quand a tend vers zéro.
iVous avons en effet
/'/«,\ d ('^"i\ /"'"A _ v "'L'! (lin f.
'\dw ) dw\(/iv ) '\i/u-/~ ^ i/u/, iàv I
çl I dm
dt^
dw
-~ et -T-^ sont des fonctions de t. de (r, de a et des m,; mais d'après ce que
duk dw ' r -1
nous venons de voir, nous pouvons assigner aux ui des limites supérieures ; nous
pourrons donc en assigner également aux -: — et aux -j-^ • bupposons par
exemple que l'on ait
d\}\
dui
<A,
ilVi'i
B pour II' < W,
A et B étant deux nombres positifs.
D'autre part, nous savons qu'on peut assigner une limite à -^' pour iv^iv
Supposons par exemple que l'on ait
du i
dn
< ii'o
pour IV = ivi,
ii[, étant un nombre positif. Soit ensuite ii.' une fonction délinie comme il suit :
— ; 1- -xw—r- = a!< (4 A -h vV ) -I- 2 IJ,
dl dw ^ ' '
pour w = w,.
On aura manifestement
dui
dw
<u.
Or on voit sans peine que ;/' ne dépend que de w et satisfait à l'équation
(,.4^ =;<74A-{-\V) + li.
dw
H. P. — VII.
5o
3ç)4 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Donc n' est Uni: ilonc -7—^ reste liiiit^ quaml x icnd vers z(^ro. Donc on a
asymplotiijiwmenl (^en cnlimilanl ce mot an inùine sens que plus haut) :
Mi M," //(!,' (/()?
-r- = — h a — h X- — h
(.)n iJéuioulrerail de mcnie que l'on a asymptotiquenient :
lit ~~ tit dt dt- ■"'' ihv- " dw- dw"- dn- "^
Voici donc la conclusion finale à laquelle nous parvenons :
Les séries
xf ■+■ \J \s. x] -I- xi..!-} + . . . . Hji -y- _v," -¥- v/p^.K/ -t- \'-yl -I- . . .
définies dans ce paragraphe sont divergentes, mais elles jouissent de la même
propriété que la série de Stirling, de telle sorte qu'on a asymptotiquenient :
,(•,■ = .r," -I- \j\}. x] + xxx'j -^ . . .. r,= /(,? -I- ) " -)- v';i r' -I- ;J..rV - . . .
De plus, si D est un signe quelconque de dillérentiation, c'est-à-dire si l'on
|)Ose
*"*-^ "" dti«d^v'^d»^':r...,lw>,;'
ou aura encore asYmptotiquement :
I ).r, = D./'," -t- \/|i I •■'■,' -+- [J^ '^■'■f -I- ■ ■ . ,
I ) y, = 1.) ( rti / + r," ) -t- \'\>. 1 17/ -(- ;j. lH-,° -I- . . . .
En ce <|ui concerce l'élude des séries analogues à celles de Stirling, je renverrai
au paragraphe 1 d'un Mémoire que j'ai publié dans les Acta iMalheinatica
(t.8, p. 295)(^).
(J^twres de II. f'oiiicuré, t. I, p. 390.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. SgS
DEUXIÈME PARTIE.
ÉQUATIONS l)l-: lA DYNAMIQUE EÏ l'HOULÉ^rE DES n COliPS.
CHAPITRE I.
ÉTUDE DU CAS OU IL n'y A HUE DEUX DEGRÉS DE LUiERTÉ.
15. — Représentations géométriques diverses.
Reprenons les équations (i) du paragraphe 11 ;
dx, dV
d.r. dV
dl " dy,'
dt ~ dy.^
dr, dV
,/v-, ,n-
dt ~ dj:,'
lit dXn
(■^
Nous nous bornerons au cas le plus simple qui est celui où il n'y a que deux
degrés de liberté; je n'ai pas à m'occuper en efl'et de celui où il n'y a qu'un
degré de liberté, car les équations de la Dynamique s'intégrent alors aisément
/ par de simples quadratures.
Nous supposerons donc que la fimction F ne dépend que de quatre vaiiables
X{, a"-.., 1), j'j. Nous supposerons de plus que cette fonction est uniforme par
rapport à ces quatre variables et périodique de période 2tu par rapport à Ki
elàj-,.
La situation du sysiéiBe est donc déiîuie par les quatre quantités Xi, x-,, fi,
y^, mais cette situation ne change pas quand Vi ou y-2 augmente de 27î ou d'un
multiple de 27r. En d'autres termes, et pour reprendre le langage.du Chapitre I,
Xi et x-2 sont des variables linéaires, pendant que yx et Vu sont des variables
angulaires.
Nous connaissons une intégrale des équations (2) qui est la suivante ;
(2) F(a;i, 372, 71, j5)= C,
G désignant la constante des forces vives. Si cette constante est regardée comme
une des données de la question, les quatre quantités x ot y ne sont plus indé-
pendantes ; elles sont liées par la relation (2). Il suffira donc, pour déterminer
la situation du système, de se donner arbitrairement trois de ces quatre quan-
396 SUR LE PRORLÈME DES TROIS CORPS
lilés. Il devient possihliv |)ar cousét|uenl , de rejiii'scnlL'r l:i siuialion du svslènic
par la position d'uu poiut P dans l'espace.
11 pourra arriver on outre pour dos raisons diverses que les quatre variables
X el y soient soumises, non seulement à l'égaliti'' (2), mais à une ou plusieurs
inégalités :
(3) i|(,f,, .ro, ri, J-2)>'>! 92(.ri, .i-«, /i, J-2)>o-
Supposons par exemple pour fixer les idées que les inégalités (3) s'écrivent
a>xi> b,
et que l'égalité (2) soit telle que lorsque .r, satisfait à ces inégalités, on puisse
tirer de la relation (2) la quatrième variable J"_. en fonction uniforme des trois
autres x,, j', et jo.
Nous pouvons alors représenter la situation du svslème par un point dont
les coordonnées rectangulaires seront
X = cosj'i[i -+- cosj;!(c.ci+ d)]. Y = siii ) i[i -h cos_)->(c.ri-i- d)],
Z = siu)«(c.ri-t- d),
c et d étant deux nou\eiles constantes positives telles que
C'( -t- f/ < I , c6 -I- '/ > o.
Il est clair en effet qu'à toute situation du système, c'est-à-dire à tout système
de valeurs de Xi, y\ et jo satisfaisant aux conditions
«>-2'l>^, 2->V|>0, 2->V'î>0
correspond un point de l'espace et un seul, compris entre les deux tores
( ( I - \'\-' + Y= Y -+- 7J = ( ta -H df.
El réciproquement, à tout point de l'espace compris entre ces deux tores
corres))ond un système de valeurs de Xi, ri ety^ et un seul, satisfaisant aux
inégalités précédentes.
Il peut se faire que les inégalités (3) ne s'écrivent plus « > jti > i ; mais que
cependant ces inégalités, jointes à la relation (a) entraînent comme conséquence
« > .î^i > ^•
Si de plus X-, est encore fonction uniforme des trois autres variables, le même
mode de représeuliitioii géoinétriijiie est encore applicable.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 897
Nous pouvons nous placer dans un cas plus général encore :
Supposons que l'on puisse trouver une variable auxiliaire i;, jouissant de la
propriété suivante. Si Xi, x-,^ y, et )--2 satisfont à la fois à l'égalité (2) et aux
inégalités (3), on pourra exprimer a;, et x-^ en fonctions uniformes de ^, de yi
et dfi ) ■). De plus, en verUi des inégalités (3), 'E, ne peut devenir infinie et reste
comprise entre certaines limites de telle façon que l'on a comme conséquence
de (2) et de (3) :
a>|>6.
Nous pourrons alors définir cumplcteinent la situation du système en nous
donnant les trois variables ;, yi cl y 2, et la représenter par un point P dont les
coordonnées rectangulaires seront
X = cos_yi[i -h cosj'.2(c? -I- r/ )l, Y = sin )-| [i ■+- cosj-^Ctç -t- '/)],
Z = sinj'2(c? -1- d)
avec les conditions
c ^ o, co-+-<y<i, ch-i-d'^o.
On voit alors, comme dans le cas précédent, qu'à toute situation du système
correspond un point de l'espace et un seul compris entre les deux tores (4), et
réciproquement, qu'à tout point compris entre ces deux tores ne peut corres-
pondre plus d'une situation du système.
Il peut se faire que pour aPi = a, (ou plus généralement pour ^ ^ a), la situa-
tion du système reste la même quelle que soit la valeur attribuée à r-j. Nous en
verrons dans la suite des exemples. C'est ainsi qu'en coordonnées polaires, il
faut en général pour définir la position d'un point se donner les deux coordon-
nées p et (o, mais que si l'on suppose p = o, on retrouve toujours le même point,
à savoir le pôle, quel que soit u.
Dans ce cas on choisira les constantes c et c? de telle façon que
ca -H c/ = o.
Le second des deux tores (4) se réduit alors à un cercle
Z = o, X'--i- Y2 = I.
En chacun des points^de ce cercle Va est indclerminé; mais néanmoins, comme
pouri;=a la situation du système ne dépend pas de >2, à chaque point du
cercle correspond une situation du système et une seule.
On peut dire alors qu'à toute situation du système correspond un point de
l'espace intérieur au premier des deux tores (4) et que, réciproquement, à un
SgS SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
poiiii inlorieiir ilo ce lore no pi'iil correspondre (ju'iine seule siiiialion du
système.
.l'euvisagerai encore un autre cas.
Inutgiuons qu'en verlu des inéj^iilili^s (3), c puisse prendre loulcs les valeurs
posiiivcs, de telle sorte que
(f = (), ^ = H-'».
Supposons que pour ;= o la situation du système ne dépende pas de jo et
que pour ; = 30 , celle situation ne dépende pas de j'i .
Nous pourrons alors représenter la sliualion par un point dont les coordon-
nées reclangniaires seront
X = cosj'i eS^»*:!, V = siiij'i e^"""-'', Z = Ç sin j».
Pour ; = G il vient (quel que; soit t..,)
X = cos)'i, V = sinji, /. = o.
Le point représentatif se trouve sur le cercle
X2+Y2 = i. Z = o
et sa position ne dépend pas de )■_.; cela n'a pas d'inconvénient puisque par
hypothèse la situation du système pour ^ = o ne dépend pas non plus dej'a.
Pour ^ = 00, on trouve pourvu que cosj'^ soit négatif :
X = Y = o, /. = siri )■«.
Le point représentatif se trouve alors sur l'axe des Z et sa position ne dépend
pas de^^i, mais pour £^oo, la situation du système ne dépend pas non plus
de j,.
Le mode de représentation adopté est donc légitime.
Ce qui précède a besoin d'être appuyé de quelques exemples. Je n'en traite-
rai ici que trois.
Le premier de ces exemples est le plus important parce que c'est un cas par-
ticulier du problème des trois corps. Imaginons deux corps, le premier de
grande masse, le second de niasse (inie, mais très petite, et supposons que ces
deux corps décrivent autour de leur centre de gravité coinmun une circonfé-
rence d'nn mouvement uniforme. Considérons ensuite un troisième corps de
masse inlinimenl petite, de façon que son mouvement soit trouble par l'attrac-
tion des deux j)remiers corps, mais (|u'il ne puisse pas troubler l'orbite de ces
deux premiers corps. Bornons-nous de plus au cas où ce troisième corps se
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. Sgç
meui dans le plan des deux circonférences décrites par les deux premières
masses.
Tel esL le cas d'une pelile planéle se niouvani sous l'influence du Soleil et de
Jupiler quand on néglige l'excentricité de Jupiter et l'inclinaison des orbites.
Tel esL encore le cas de la Lune se mouvanl sous l'influence du Soleil et de
la Terre quand on néglige l'excealricilé de l'orbite terrestre et l'inclinaison de
l'orbite lunaire sur l'écliptique.
Nous définirons la position du troisième corps par ses éléments osculaleurs
à un instant donné et nous écrirons les équations du mouvement en adoptant
les notations de M. Tisserand dans sa Mole des Comptes rendus du .;îi jan-
vier 1887 :
\ ^ ^ dl' Tt ~~' dL'
(5)
^ ' "'G _ dix ,/^ __,m
~di ~ ^' 'di ~~ d&'
Je désigne par a, e et n le grand axe osculateur, l'excentricité et le moyen
mouvement de la troisième uiasse ; j'a|ipelle l l'anomalie moyenne de cette
troisième masse et g' la longitude de son périhélie.
Je pose ensuite
L = y/«, G = y <(( I — e- ).
Je choisis les unités de telle façon que la constante de Gauss soit égaleà i , que le
moyen uiouvement de la seconde masse soit égal à 1 et que la longitude de cette
seconde masse soit égale à t.
Dans ces conditions, l'anglesous lequella distance des deux dernières masses
est vue de la première ne diffère de l-'rg — t que par une fonction périodique
de l de période 2 7r.
La fonction R est la fonction perlurbaliice ordinaire aueuieutée de — = — r-. ;
Cette fonction ne dépend que de L, de Ci, de / et de l-[-g — t; car la distance
de la seconde masse à la première est constante et la distance de la troisième à
la première ne dépend que de L, G et /. Cette fonction est d'ailleurs périodique
de période 27: tant par rapport à l que par rapport à 1 + g — t..
On conclut de là que l'on a
d\i d\K
dt dg
et que les équations (5) admettent comme intégrale
K -I- t j = const.
4oo SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Nous allons cliercliL-r à ramener les équations (5) ù la forme des équations
(i). Pour cela nous u'avon? qu'à poser
X, = G, j;., = L, j, = ^ — /, Xi = l,
F(xi, ;£•«, y,, y-i) = R -f- G,
et les (^qualions (5) reprennent la forme
La fonction F dépend d'un paramétre très petit /j. qui est la masse du second
corps et nous pou\ons écrire
F = F„+iJiF,.
F est périodique par rapport à Vi et )o (jui sont des variables angulaires, tandis
que Xi et x-, sont des variables linéaires. Si l'on fait p. ^ o, F se réduit à F,, et
Fo = 1- G = j'i H
la 2.Xr,
ne dépend [)lus que des variables linéaires.
Il résulte de la définition même de L et de ^G en fonctions de a et e que l'on
doit avoir
L-> G- ou j'I > .r;,
ce qui montre que Xi peut varier depuis — x., jusqu'à +^72-
Si l'on suppose xi^-j-x.2 l'excentricité est nulle; il en résulte que la fonc-
tion perturbatrice et la situation du système ne dé|)endent plus que de la dilTé-
rence de longitude des deux petites masses, c'est-à-dire de
l-h ff — t = yt-^- y..
On en déduit
IL - I^
d'où
d(xi — Xi)
(6)
dt
d'où l'on conclurait (puisque la valeur initiale de Xi — xn est supposée 'nulle)
que Xi doit rester constamment égalà^r^ ! mais ce n'est là pour les équations (i)
qu'une solution singulière qui doit être rejetée. En ce qui concerne les solu-
tions '< particulières » que nous devons conserver, l'équation (6) signifie sim-
plement que quand xt — X2 atteint la valeur zéro, celte valeur est un maximum,
ce qui est d'ailleurs une conséquence de l'inégalité x] > x].
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4° 1
Si nous supposons maintenant x-,^= — Xi, l'excentricité sera encore nulle,
mais le mouvement sera rétrograde (il l'est toutes les fois que Xi et x-^ ne sont
pas de même signe); alors F et la situation du système ne dépendent plus que
de l'angle
— 1 + ë — t=yi—y'--
ce qui donne
d¥ dP
dyi dy2
Je vais maintenant traiter la question suivante :
Trouver une variable ^ telle que si Xi, x^, j'\^ y-i satisfont aux égalités et
inégalités (2) et (3) (qui dans le cas qui nous [occupe se réduisent à F = C,
xl^x^^), ces quatre quantités peuvent s'exprimer en fonctions uniformes de
5, ji et 72.
Je traiterai d'abord la question dans le cas où p. ^ o et où
F = [•'0= — 7 + ^1.
Envisageons un plan et dans ce plan un point dont les coordonnées sont
X = ^1 f, Y = .To .
Alors les égalités et inégalités (2) et (3) s'écrivent
X+^r,j = 0, Y>X + c>-Y.
2 I -
Construisons la courbe
et les deux droites
i
ÏY^
X-HC=± Y.
Ces droites el celte courbe peuvent être dans deux situations diflérenies,
représentées par les figures 3 et 4-
Chacune des deux figures devrait se composer de deux moitiés symétriques
par rapport à l'axe des x, mais nous n'avons représenté que la moitié qui est
au-dessus de cet axe. Dans le cas de la figure 3 la courbe nous offre deux arcs
utiles BC et DE pendant que les arcs AB el CD doivent être rejetés à cause de
l'inégalité Y- >.(X-)- c)-. Dans le cas de la figure 4» il n'y a qu'un arc utile BC
et l'arc AB doit être rejeté.
H. p. — vir. ôi
402
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Le passnge de la figure .î ;i la figure 4 se fait quand la droite CD devenant
tangente à la courbe, les deux |)oints G el D se confondent. Cela a lieu pour
\ =
Y = I.
iNous nous supposerons dans ce qui va suivre placés dans le cas de la figure 3
et nous envisagerons seulement l'arc utile BC ; c'est en efl'et le cas le plus
intéressant au point de vue des applications.
Posons
^ j,''. — Ji L — G
■ ^ TITT, ^ L + G '
on voit que £ s'annule nu point C el devient infini au point B el que quand on
Fig.
Fig. .',,
parcourt l'arc BC depuis C jusqu'en B, on voil ^ croître constamment depuis
zéro jusqu'à 4-m. Si donc on se donne ^, le polnl correspondant de l'arc BC
sera entièrement déterminé, ce qui revient à dire que xi et ^'2 sont fonctions
uniformes de l.
Qu'arrivera-l-il maintenant si /jl n'est plus nul, mais seulement très petit?
Faisons encore
,. -t» — ■'' I
et voyons si en tenant compte des relations
(7) F" = C, ?>o, x,>o, (•),
Xi el X'j seront encore fonctions uniformes de t, de y, el de j'2. Pour qu'il
Cj On voit aisément pourquoi j'écris cette dernière relation; l'arc BC comme on le voit sur
la figure est tout entier .lu-dessus de l'axe des X, ce qui entraine l'inégalité t^> 0; il est clair
que cette inégalité subsistera encore pour les valeurs suffisamment petites de (i.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4o3
cessât d'en êlre ainsi, il faudrait que le déterminant t'oiictionnel ,, — — s'an-
T à{x,, x-2)
nulàt pour un système de valeurs satisfaisant aux conditions (7). Or cela
, . • . . . 3
n'arrivera pas si ^x est assez petit et si C est assez différent de -•
Dans la plupart des applications, ces condilions seront remplies; nous pour-
rons donc prendre 'E, comme variable indépendante; cette variable sera essen-
tiellement positive et Xi et Xa seront fonctions uniformes de ^, ju et j'j.
Toutefois pour trouver le mode de représentation géométrique le plus conve-
nable, il faut encore faire un changement de variables. Posons
X-', = X, -H X,., X',, = Xi — X«, y\ = -(j, -(- J„), y, = -^(y^—y, ).
Après ce changement de variables, les équations conserveront la forme
canonique
dx\
dF
dy\ d?
dx'„
dF
dy\ dF
dt
dy\ '
dt dx\ '
dt
~ dy, '
dt ~ dx%
On voit que y\ et j^', sont encore des variables angulaires; quand en effet
y\ ovL y'., augmente d'un multiple de 271, ji et j'2 augmentent aussi d'un mul-
tiple de 2 71 et par conséquent la situation du système ne change pas.
Mais il y a plus; quand on change simultanément jk'j et jk.. Qn. y\-\-T: et
y\ + Tt, y^ ne change pas et y, augmente de 2 7r. La situation du système ne
change donc pas.
Cela posé nous représenterons la situation du système parle point de l'espace
qui a pour coordonnées rectangulaires :
X = cos/'i e^<^°*/', Y = sin/'i e^<="5.''!, Z = ^'i\ny\.
Pour ^ :;= o la situation du système ne dépend pas de r\_ et il en est de même du
point représentatif qui est alors sur le cercle
X°--t-Y2 = i, Z = o.
Pour^ = co, la situation du système ne dépend pas àe y\ et il en est de même
du point représentatif qui est alors sur l'axe des Z si cosy\ est négatif et à
l'infini si cosy\_ est positif.
A chaque point de l'espace correspond donc une siiiialion du système et une
seule; réciproquement, à chaque situation du système correspondent, non pas
un, mais deux points de l'espace et en effet aux deux systèmes de valeurs {x^■,
^'«.1 J n y'ï) ^^ (■'^1) ^'-11 y\ ~^'^i y'-. + ■'^) correspondent deux points différents de
l'espace, mais une seule situation du système.
4o4 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Les éqiialions ( i ) adnieUcul les invariants inlograux
/ { dx, (/\i ■+- c/jTo </r. )= / ( '/.f'i (A ', -+- '/j'î t^y^ )
cl
/ r/.Ci dji dx« dy^ = dx\ dy\ d.c'^dy'^.
Si nous transformons cel invariant par les régies exposées dans le paragraphe 7
nous verrons que
/ ' x\ - dl dy'i dy'., _ r x\- dX d\ d'L
J , dF ' , Vf "J I , dF , dF \,,-.„ r;
dx\ dx, \ dx\ dx., /
est encore un invariant intégral.
Comme f est essentiellement positif, la quantité sous le signe / est de
même signe que
, dF , dF _ dF dF
X 1 — j — ;- + ^ .1 —: — r- — X | -; -\- X-z — •
dx, dXi dX\ dxi
Or pour p. = o, on truu\ e
dF dF I
Xi H r» -j— =Xi- -,■
dx\ dx« xa
Si nous nous supposons placés dans le cas de la figure 3 et sur l'arc BC, nous
devons supposer
C>-, x-^-Cx'!, (i<^«<i,
d'où Ton tire
Xt — —, = 3x, — 2C<3a;i — 2- = 'i(xi — i)<ii,
XT^ 2
Ainsi Xi -j- — h xo -^ — est toujours négatif quand p. est nul. Il en sera encore
de même quand p. cessera nul, pourvu que C soit assez différent de -•
Dans ces conditions l'intégrale
/• x7 dX dY dZ
est un invariant positif.
Pour fz z= o, les équations (5) s'intègrent aisément comme on le sait et l'on
trouve
L = consl., G = coiist., ^ = consl., / = «/ -i- consl.,
Les solutions ainsi obtenues sont représentées dans le mode de représen-
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4oâ
lalion géonaélrique adoplé par cerlaines trajectoires. Ces trajectoires sont
fermées toutes les fois que le moyen mouvement n est un nombre commen-
surable. Elles sont tracées sur des surfaces trajectoires qui ont pour équation
générale ^ = const. et qui sont par conséquent des surfaces de révolution
fermées analogues à des tores.
Nous verrons dans la suite comment ces résultats sont modifiés quand fi n'est
plus nul.
Comme second exemple, je reprends l'équation dont j'ai déjà parlé à la (in
du paragraphe 1 1 :
-^ -+- /j2p -+- mf = fi. n,
R étant une fonclion de p et de ^, holomorphe par rapport à p et s'annulant
avec p et périodique par rapport à t. Celle équation peut s'écrire en reprenant
les notations du paragraphe cilé :
dt
_d¥ da _ dF
~ d-j dt ~ r/p '
d'i _dF
dt ~ dr]
dt) dF
' dt ^^ di,
avec
? = ',
dp 3-
n-p- ^ inp'
■}. 4
-l'-j R(p, D'/p
Posons
a = \J n \JïX\ cosj)i,
P=-^^
•îxx sin/i.
Les équations conserveront la forme canonique des équations de la Dynamique
et la fonction F dépendra de deux variables linéaires Xi et r\ et de deux
variables angulaires j^, et ^.
On voit aisément que quand on se donne la constante des forces vives C, x^.
yi et Ç, la qualrième variable r) est entièrement déterminée; on a en efl'et
C — «xi —
Pour jCi=o, la situation dn système ne dépend pas de j'i. Nous pouvons
donc adopter pour représenter cette situation le point dont les coordonnées
sont
X = cosÇe'->"s.v, Y = sinÇe-i'>':''».Vi, Z = jr, sin/i.
A chaque situation du système correspond ainsi un point de l'espace et
inversement. Il faut excepter les points à l'infini et les points de l'axe dos Z qui
nous donneraient ar, = oo et par conséquent un résultat illusoire.
4ofi SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Coiiune troisième exemple, envisageons un point mobile pesant se mouvant
sur une surface parfaitement polie et dans le voisinage d'une position d'équi-
libre stable.
Prenons pour origine le point le plus bas de la surface; pour plan des xy le
plan tangent qui sera horizontal; pour axes des x et des y les axes de l'indi-
catrice de façon que l'équation de la surface s'écrive
ax"- bv- , .
= = -;- + -^ -I- f^?(^. /)>
o(x, y) étant un ensemble des termes du troisième degré au moins en x et
en^' et ,tj. un coefficient très petit.
Nous aurons alors en appelant x' et y' les projections de la vitesse sur les
axes des x et des }■ :
2 2 ^
dx dF
dt dx' '
dy dF dx dF
dt ~ dy' ' dt dx'
dy'
dt
dF
~ dy
Changeons de variables en posant
\/2.ri
f8)
X = ' COSJKi, X = V 2Xt sjga SUl Vt
^"^ 'cosjo, y' = s/2xl y gb siny.
gb
Les équations différentielles conserveront la forme canonique des équations
de la Dynamique. L'équation des forces vives s'écrit
\j gaxx-^ \l gbx,-^ '^g<:i{Xi, x^, j,,/o)= C,
(p désignant la même fonction que plus haut, mais transformée par le chan-
gement de variables. Gomme Xi et x^ sont essentiellement positifs (ainsi
d'ailleurs que les coefficients a et 6), l'équation des forces vives montre que
ces deux quantités restent toujours inférieures à une certaine limite. D'après
la définition de la fonction œ celte fonction s'annule avec Xi et ar._,, et il en
est encore de même de ses dérivées partielles du premier ordre. Nous en
conclurons que fi étant très petit, la fonction ixo et ses dérivées du premier
ordre ne pourront jamais dépasser une certaine limite supérieure très petite.
Nous pouvons donc écrire
dx[ \ \ g dxi. \ V ,
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. ioj
Faisons maintenant x.,^=^x,: le rapport ^ sera essenliellemenl positif.
L'équatioa des forces vives devient
(9) ^i{\fgâ-^ \>6?) -I- u^ç(.ri, Ji-,, ,-,, r-,) = G.
La dérivée du premier membre de (g) par rapport à a?, s'écrit
En vertu des inégalités (8), cette expression est toujours positive, ce qui
montre que l'on peut tirer de l'équation (g) Xi en fonction uniforme de Ç, yi
et j'2, et par conséquent que la situation du système est complètement définie
par les trois variables )i, y^ et ^.
Pour ^ = o la situation ne dépend pas de j-j, pour ?^oo elle ne dépend
pas de Va-
Nous représenterons donc cette situation par le point
X = cosj» e'<="'-''', Y = sin/o gleosy,^ Z = Ç sin.'i •
A chaque point de l'espace correspondra ainsi une situation du système et
réciproquement.
Les exemples qui précèdent suffiront, je pense, pour faire comprendre
l'importance du problème qui va nous occuper dans ce Chapitre et la façon
dont on peut varier les modes de représentation géométrique.
CHAPITRE II.
ETUDE DES SURFACES ASYMPTOTIQUES.
16. — Exposé du problème.
Reprenons les équations de la Dynamique en supposant deux degrés de
liberté seulement, et par conséquent quatre variables x^^ x-,, y, et -»'... D'après
ce que nous avons vu au paragraphe 14 ces équations admettent certaines
solutions particulières remarquables que nous avons appelées asjmptotiques.
Chacune de ces solutions asymptotiques est représentée, dans le système de
représentation géométrique exposé au paragraphe précédent, par certaines
courbes trajectoires. L'ensemble de ces courbes engendre certaines surfaces
que nous pouvons appeler surfaces asymptotiques et que nous nous proposons
d'étudier.
4o8 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Ces solutions asjmplotiques peuveal se inellre sous la forme suivante :
IV étant égal à Ae*', et A étant une constante arbitraire. De plus cp,, (p,, (p:t et <pi
sont (par rapport à I, w élanl rep;ardé un instant comme une constante) des
fonctions périodiques de période T, el «iT cl /(^T sont des multiples de 27t.
Si entre les écpialions (i) on élimine t et (c, il viendra
(3) j, =/,()•,,.>■,). ■i;2 = /2(,ri,,>2)
et ces équations peuvent être regardées comme définissant nos surfaces asymp-
lotiques. Nous avons vu ensuite que si l'on clierclie à développer cpi, cp», co;,
et cp.i suivant les puissances de \/fx, on arrive à des séries qui sont divergentes,
mais que ces séries représentent néanmoins asymplotiquemcnt ces fonctions
lorsque fx est très petit.
Je rappelle que je conviens de dire que la série
Ao -t- A I X -t- ... -I- S pxi> -I- . . .
représente asymplotiquemcnt la fonction F(a;) pour x très petit, quand on a
,. V(x) — Ao — Ai.c — ... — kpxi'
lim = o |)our .r = o.
XI' '
J'ai étudié dans les Acla Mathematica (t. 8) (') les propriétés des séries
divergentes qui représentent asymptoliquement certaines fonctions et j'ai
reconnu que les régies ordinaires du calcul sont applicables à ces séries. Une
égalité asymplotique, c'est-à-dire une égalité entre une série divergente et une
fonction qu'elle représente asymplotiquement, peut subir toutes les opérations
ordinaires du calcul, à l'exception de la différenlialion.
Soient donc
les séries divergentes ordonnées suivant les puissances de \/fi. qui représentent
osymptoliquement »(, 02, O;,, cp,..
Nous aurons alors les quatre égalités asymptotiques
( 71 = n,/ -+- 7-(/, «', v'jx), _v-»= «.< -t- ai(/, »■, v'.ut).
(') Œuvres île H. Poincaré, t. I, p. 290.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 409
Nous pourrons élimiuer t et w onlro ces égalités d'après les règles ordinaires
du calcul et nous obiiendrous ainsi deux nouvelles égalités asymptoliques
où il et Çj sont des séries divergentes ordonnées suivant les puissances de \' \x
et dont les coefficients sont des fonctions de )i et de > o.
En général, il n'est pas permis de difTérentier une égaillé asymptotique;
mais nous avons démontré directement à la fin du paragraphe 14 que dans le
cas particulier qui nous occupe, ou peut difTérentier autant tle fols que 1 on
veut les égalités (3). tant par rapport à t que par rapport à w.
Nous pouvons en conclure! qu'il est permis également de difiéreutier les
égalités (4) autant de fois qu'on veut par rapport à y^ et à j'o.
Nous nous proposons d'étudier les surfaces asymptoliques définies par les
équations (2). Les fonctions a"i=/i. .ro = /2 qui entrent dans ces équations
devront satisfaire aux équations
>1V_clxj_ dF^ dx^ ^ ^ _ ■/¥_ >U^ dF_ r/^ I^ = o
cfxt r/y\ dx« (iy«_ dy\ ~ ' r/xt dy\ rlx^ dy-i dy-.
Nous allons procéder par approximations successives; dans une première
approximation nous prendrons pour équations des surfaces asymptoliques les
équations [\) en nous arrêtant au second terme des séries (c'est-à-dire au
terme en ^fji) inclusivement. L'erreur commise sera alors du même ordre de
grandeur que [i-.
Dans une seconde approximation, nous prendrons encore pour équations des
surfaces asymptoliques les équations (4). mais en prenant un plus grand
nombre de termes dans les séries. Nous pourrons en prendre un assez grand
nombre pour que l'erreur commise soit du même ordre de grandeur que jj.'',
quelque grand que soit/).
Enfin dans une troisième approximation, nous chercherons à mettre en
évidence les propriétés des équations exactes des surfaces asymptotiques,
c'est-à-dire des équations (2).
Nous devons donc d'abord chercher à former directement les séries Si et .vo
des équations (4). Ces séries, substituées à la place de r, et de x-^, doivent
satisfaire formellement aux équations (5V
Nous sommes donc conduits à chercher des séries ordonnées suivant les
puissances de y//^, qui satisfassent formellement aux équations (5). Les
H. p. — VU. 32
4lO SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
coeftîcionls de ces séries seront des fonctions de y^ et de r.. qui ne devront
pas changer quandj)'i et j'3 augmenteront respectivement de «iT et 7i2T.
Mais nous trouverons une infinito de séries qui satisfont à ces conditions.
Comment distinguer, parmi celles-là, celles qui doivent entrer dans les
égalités (4)"' i^Jous avons vu plus haut que dans notre mode de représentation
géométrique, la solution périodique considérée est représentée par une courbe
fermée et que, par celte courbe fermée, passent deux surfaces asymptotiques.
On passe de l'une à l'autre en changeant ^/p en — yjj..
Si donc dans les équations (2) on change yiJ. on — \/(j., on obtient une
seconde surface asymptotique qui doit couper la première.
En d'autres termes, si l'on considère les deux surfaces asymptotiques ainsi
obtenues comme deux nappes d'une même surface, on peut dire que cette
surface a une courbe double.
Soit si et s^ la somme des p premiers termes des séries 5, et s-i, les équations
... ( ^i = -«î(yi>.)'"-. v^)> ■^^•2=-«?(.ri,.V2, \/î^),
représenteront deux surfaces qui difîéreront peu des deux nappes dont je viens
de parler et qui par conséquent devront se couper.
Si l'on considère ces deux surfaces comme deux nappes d'une surface
unique, on peut dire que cette surface unique présente une courbe double.
Nous verrons dans la suite que cette condition suffit pour faire distinguer les
séries s^ etio parmi toutes les séries de même forme qui satisfont formellement
aux équations (5).
17. — Première approximation.
Reprenons nos hypothèses ordinaires, à savoir : que quatre variables, deux
linéaires Xt et x^, deux angulaires )-, ely» sont liées par les équations
/x,
dF
dx. dF
dy^
dF
dy.
dF
dt
^y,'
dt dy. '
dt
dxx
dt
dx.
Que la constante C des forces vives étant regardée comme une des données
de la question, ces quatre variables satisfont à l'équation
(2) F(x,, Xi,yi,yi) = C,
de telle façon qu'il n'y en a que trois d'indépendantes.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4"
Que l'on a adoplé un mode de représentation géométrique tel qu'à toute
situation du système correspond un point représentatif et réciproquement.
Que F dépend d'un paramétre très petit fx, de telle façon qu'on puisse
développer F suivant les puissances de jjt. et écrire
F = Fo-i- ,uF, + |Ji-^F2. . ..
Que Fj ne dépend que de Xi et x-. et est indépendant de y^ et de y^.
Ces conditions sont remplies dans le cas particulier du problème des trois
corps qui nous a servi d'exemple au paragraphe précédent.
Supposons que pour certaines valeurs de Xi et de x-i, par exemple pour
les deux nombres — ^-^ et — -3— ^ (que j'appellerai pour abréger «, et n.,) sont
commensurables entre eux.
D'après ce que nous avons vu dans le paragraphe 11, à chaque valeur
commensurable du rapport — correspond une équation -r-^ ^ o, qui portail
le n" 7 dans le paragraphe cité, et à chaque racine de celte équalion(7) corres-
pond une solution périodique des équations ( t).
Nous avons vu ensuite dans le paragraphe 12 que le nombre des racines de
l'équation (7) est toujours pair, que la moitié de ces racines correspond à des
solutions périodiques stables et l'aulre moitié à des solutions instables.
Les équations (i) ont donc si [j. est assez petit des solutions périodiques
instables.
Chacune de ces solutions périodiques sera représentée dans le mode do
représentation adopté par une courbe trajectoire fermée.
Nous avons vu au paragraphe 13 que par chacune des courbes fermées qui
représentent une solution périodique instable, passent deux surfaces trajec-
toires dites asymptotiques sur lesquelles sont tracées en nombre infini des
trajectoires qui vont en se rapprochant asymplotiquement de la courbe trajec-
toire fermée.
Les équations (i) nous conduisent donc à une infinité de surfaces trajectoires
asymptotiques dont je me propose de trouver l'équation.
Voyons d'abord sous quelle forme se présente en général l'équation d'une
surface trajectoire. Cette équation pourra s'écrire
-ri = <I)|()-,,_rn), x^.= *-2(.ri,.r2),
jli SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
<t>i ot ^^J élanl deux fonctious de )i cl do )■■, (|iii doivciil être clioisles de telle
sorte i]iie Fou ail idouliqueinent
F(<I),, <I>j, .iw.Vî) = C.
Ces deux fonctious ^^l et 'b, devront d'ailleurs satisfaire à deux ('■qualions
aux dérivées pnrliolles
tix\ dvi dx-i dvi dyi ' d.xt dvi dx-i dvi dya
Il pourrait d'ailleurs nous suffire d'euvisager la première de ces équations,
car on peut en faire disparaître x-i^ en remplaçant cette variable par sa valeur
que l'on peut tirer de (2) en fonction de .ri, de j)'i et de j'a-
Voici comment nous procéderons pour intégrer les équations (3) en
supposant que X\ et x-^ sont très voisins de x\ et de x", et que le rapport — est
commensurable.
Nous supposerons que Xi et x^, sont développés selon les puissances de \ \i-
el nous écrirons
( .r I = .r? + X I \]\x -h j;; n -f- x\ [x vV -»-•.■,
(4) j ,_
( a;» = jcS -H x\ \ \i. + x\\i. -r- x\\i. \/|ji -i- . . . ,
et nous chercherons à déterminer les fonctions x\ de telle façon qu'en
substituant dans les équations (3) à la place de x^ et de x-^ leurs valeurs (4),
ces équations soient satisfaites formellement ( ' ).
Si dans F nous substituons à la place de .ri et de x-i leurs valeurs (4),
F deviendra développable suivant les puissances de \j \j. et l'on pourra écrire
F = Ho-i- v^jiMin- i-tllsH- |x \/(JiIl3-t-
On voit d'ailleurs sans peine que
H„=Fo(a;î, x\),
II 1-/0 n \ f/ 1 .. '''"F" 1 I ''^^fo / iNo "^'Fo I „ ,
Cj Si xi et x\ étaient choisis de telle sorte que le rapport -' soit incommensurable, on
pourrait se contenter de développer x, et x, suivant les puissances de (j. (et non de v^V)- '^"
arriverait ainsi it des si'ries, qui Ji la vérité ne seraient pas convergentes au sens géométrique
dn mot, mais qui comme celles de M. Lindstedt pourraient rendre des services dans certains
cas.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4l3
el plus généralement
&/i ne dépendant que de y-i, J'-2, ^1, ^\, ■ • •• ^î'% ■2"°i ^l- ■ ■ •> -^i""» et en
posant pour abréger
La première des équations (3) nous donne alors, en égalant les puissances
semblables de yZ/j^, une suite d'équations qui nous permettront de déterminer
successivement x\, x\, j;J, . , . . t\.
Nous pouvons toujours supposer que «2=0. Car si cela n'avait pas lieu
nous poserions
x'[ = axi - bx-,, y" = dfi — cj»,
x", = cxi-i- dx-2, yl = — 6)1 -I- ayi,
a, b, c, d étant quatre nombres entiers tels que
ad — bc ^\.
Après ce changement de variables les équations conservent la f<jrnie
canonique.
La fonction F qui est périodique de période 27: par rapport à j'i et à j'^, est
encore périodique de période 27: par rapport à y'[ et à y\. Le changement de
variables n'a donc pas altéré la forme des équations (i).
Les nombres iii el «j sont remplacés par deux nouveaux nombres n'[ et n
qui jouent par rapport aux équatious transformées le même rôle que «j et n-^
par rapport aux équations primitives et l'on a
n'\ = diii — c/j.., rtô = — biii-\- aiii.
Mais le rapport de rii à n^ étant commensurable par hypothèse, il est toujours
possible de choisir les quatre entiers a, 6, c, d de telle sorte que
Nous pouvons donc, sans restreindre la généralité, supposer que n.., soit nid;
c'est ce que nous ferons jusqu'à nouvel ordre.
Nous supposerons en même temps «, T = ■m.
Si après celte simplification, nous égalons les coefficients de y/p. dans les
deux membres des deux équations (3), il viendra
dx\ dx\
(5) —«,_—=—/(,—-= o,
'0 1 «) 1
ce qui montre que x\ et x[ ne dépendent que de j'^.
4l4 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Égalons maintenant les coeflicients de /jt dans les deux membres de la
première des t'qualions (3). Il viendra, en tenant compte des équations (5) :
(0) -/i,-^ - (M j;+Nj.-', )-;-!--+- -^ =o.
Nous nous proposerons dans ce qui va suivre de déterminer les fonctions x'^
de telle façon que ce soient des fonctions périodiques de j^u 4"' rie doivent pas
être altérées quand, y-^ conservant la même valeur, j'j augmentera de 271.
Nos fonctions pourront alors être développées en séries Irigononiétriques
suivant les sinus et cosinus des multiples de Vi- Nous conviendrons de repré-
senter par la notation [U] le terme tout connu dans le développement de la
fonction périodique U suivant les lignes trigonométriques de )i et de ses
multiples. Dans ces conditions on aura
[^J = -
et je puis écrire
Gomme x\ et x\ ne dépendent pas de j ,, je puis écrire plus simplement
La première de ces équations montre que x\ se réduit à une constante. Quant
a la seconde, elle est facile à intégrer. On a en efiel
[rfr.,J dy..
ce qui nous donne pour l'intégrale de l'équation (^)
(8) Ma:lx.l-t--(T|)^=[F,] + C,,
Cl désignant une constante d'intégration.
Mais si nous regardons la constante des forces vives G comme une des
données de la question, nous ne pouvons plus considérer les deux constantes x\
cl Cl comme arbitraires. On doit avoir en elfel identiquement
F = Ho + v'iJi'Hi -t- \x\\« -+- ij. v'jillj -H . . . = C
ou
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4lO
OU
Ainsi la conslante x\ est nulle, ce qui apporte de nouvelles simplifications
dans nos équations.
L'équalion (8) devient en effet
••^^v/à^t^'J^*^'^-
Nous nous contenterons dans ce paragraphe d'écrire et de discuter les équa-
tions de nos surfaces trajectoires en négligeant les termes on p. et ne tenant
compte que des termes en y fj..
Nous supposerons donc (]ue j") cl x^i sont définis en fonction de ji et de r-j
par les équations suivantes :
, = .,-;; + vV^-J = ^5 + v/ï^^^'^ ^ ^" '
.i\ = .r'I -+- i',ij:\ = xi, .;■•> = x'i -t- v.'-'-.z-J = a,-? -t- 1/ -^r([Fi] -^ C., ).
D'après cela, Xi serait une constante et x^ une fonction àe y-, seulement, indé-
pendante de j'i.
Revenons à notre premier exemple du paragraphe 13. Ce que nous dirons
s'appliquerait également aux deux autres exemples, mais c'est sur le premier
que je veux insister parce que c'est un cas particulier du problème des trois
corps.
Nous avons vu que l'on pouvait représenter la situation du système par le
point P qui a pour coordonnées rectangulaires cosy',e'"'''', sin_^',e' ''"•'', Çsinj',,
où
I , , , I , , . .«"2 — J' I J. — G — x'..
y
X "2 .i
2 -4- J- 1 1^ -H G x\
r,=g — t, !■,= /.
Nous avions observé de plus que les variables
X', = Xi-¥-Xn, X'<, = X[ Xn
forment avec j', el y'.^ un système de variables canoniques.
Nous pouvons donc regarder ^. y\ et y'., comme un système particulier de
coordonnées définissant la position du point P dans l'espace, de sorte que toute
relation entre ^, y\ .y'„ est l'équation d'une surface.
Mais ensuite, nous avons dû faire un autre changement de variables.
Nous avons posé
x'\ =^ ax i + dx a, y'\^^jK — cj'2, jÔ = cxi -)- f/jTî, j" = — byi-\-ay«,
4l6 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
en choisissaul les nombres entiers a. b, c. cl de façon à annuler le nombre (jue
nous avons appelé n".
Après ce changemeul de variables, nous avons supprimé les accents devenus
inutiles et nous avons restitué le nom de x,, xj, Vi^Yi à nos nouvelles variables
indépendantes a?", x'I, r'\ et_}'l.
En conséquence, les variables que nous avons appelées a^i, x^. )i ut y.^ dans
tout le calcul qui précède, et auxquelles nous conserverons désormais ce
nom, ne sont pas les mêmes que celles que nons avions désignées par les
mêmes lettres dans le premier exemple du paragraphe 15, c'est-à-dire G, L,
^ - ; et /.
Il est clair que notre nouvel j'i el notre nouvel j-j sont des fonctions
linéaires de
et que le rapport du nouvel x^ au nouvel Xi est une fonction linéaire et
fractionnaire de 5-
Nous devons conclure de là : que l'on peut définir complètement la position
du point P dans l'espace par le nouvel ),, le nouvel j.j et le rapport du
nouvel x-2 au nouvel Xi, de telle façon que toute relation entre j'i, y.^, et -^ est
l'équation d'une surface; que ce système particulier de coordonnées est tel que
l'on peut augmenter ji ou ^o d'un multiple de 2Tï sans que le point P change.
L'équation approximative de nos surfaces trajectoires, en négligeant les
termes en p. sera
Nous nous proposons tout d'abord de construire les surfaces représentées
par cette équation approximative (9).
Observons d'abord quej'i = o est l'équation d'une certaine surface S et que
la portion de celle surface qui nous sera utile est une portion de surface sans
contact.
En effet il suffit de montrer que l'on a
Or il en est évidemmenl ainsi, car si l'on pose
F = Fo + jx F I -t- jjt- F. -H ...
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4 '7
il viunl
f/r, r/F, «TF,
~î7 = "i — K-7 1-'"-; — 1-
at ax\ axi
Le paramétre p. étant très petit, -^ est de" même signe que n^ et «i est une
constante qui est toujours de même signe.
Donc -^ est toujours de même signe et ne peut s'annuler. c. q, f. d.
La position d'un point P sur la surface S sera définie par les deux autres
coordonnées y^ et — ; ce système de coordonnées est tout à fait analogue aux
X\
coordonnées polaires, c'est-à-dire que les courbes — = const. sont des courbes
X \
fermées concentriques et que le point P ne change pas quand l'autre coordon-
née ya augmente de ait.
Reprenons les surfaces définies par l'équation (9) et étudions leurs intersec-
tions avec la portion de surface S qui a pour équation j^i = o.
Je remarque d'abord que \/p. étant très petit, ces intersections différeront
fort peu des courbes — = const.
Mais pour étudier plus complètement la forme de ces courbes d'intersection,
il faut d'abord rechercher quelles sont les propriétés de la fonction [F,].
Revenons aux notations du paragraphe 11. Dans ce paragraphe nous avons
posé
Fi = SA sin(«!]_ri-l- m-iy, -f- maj-j-l- h),
A et Ji étant des fonctions de a;°, xl, x^; comme nous n'avons plus ici que
deux degrés de liberté, j'écrirai simplement
Fi = 2 A siii(«iij'i -I- /«2J2 -I- h).
En faisant ensuite
_), = 7ji<, j-o = /i.>< -I- tJTo, u = ( «1 nii -)- ««mo)/ -)- niodi-l- /(,
nous trouvions
Fi = 2Asinw.
Je posais ensuite
i}* = VA sino),
la sommation X s'étendant à tous les termes tels que /«i /«i -|- 7/(2":;= o; d'où
H. P. — VU. 53
4i8
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Dans le cas qui nous occupe, «2 est nul; la condition /jiini + /«o'^a = o se
réduit à nii = o et l'on a y^ = cr^ ; il vient donc
ili = W A sin( /«ora-2-l- A) = V Asin( m> |o -H /( ).
D'après la définition de [FiJ, il siiflit pour obtenir cette cjuanlité de
supprimer dans l'expression de F( tous les termes où nii n'est pas nul; il vient
donc
[F,] = gAsin(;«,j..+ /0 = -l'.
Ainsi la fonction que nous appelons ici [Fj] est la même que nous désignions
par i\i dans la première Partie.
Fis- 5.
[F,] est par conséquent une fonction périodique de y.^ et celte fonction est
finie; elle doit donc passer au moins par un maximum et par un minimum.
Nous supposerons pour fixer les idées que [Fj] varie de la façon suivante
quand j>'2 varie depuis zéro jusqu'à 27r.
Pour j'2= 0 [P'i] passe par un maximum égal à (pj,
Pour l'a = ï)i [F,] passe par un minimum égal à cpn.
Pour j-3 = r)o [Fi] passe par un maximum égal à (f^.
Pour j'o^rji [F/J passe par un minimum égal à cp^.
Pour la = 27i[F,] reprend la valeur tp,.
?1> ?2> ?3> 94-
Ces hypothèses peuvent être représentées par la courbe précédente dont
l'abscisse est y^ et l'ordonnée [Fi].
Ayant ainsi fixé les idées, je puis construire les courbes
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4(9
Nous verrons que selon la valeur de la constante d'intégration Ci, ces courbes
affecteront des formes différentes.
Dans la figure 6, j'ai représenté par un trait plein les deux
courbes Ci = — -a.., et Ci = ^ 92 ; ces deux courbes ont chacune un point
double dont les coordonnées sont respectivement :
xs xi X-, x\
-=^, /.= '). et ^=-, ^-,= .1,.
J'ai représenté par un trait pointillé les deux branches d'une courbe
correspondant à une valeur de Ci > — cp^.
\
\
\
' \ i^.H'u ' h ;
\ \\V•.•.■^^^^^ — - ^^ / /
\ \
)
Fig. 6.
J'ai représenté par le trait mixte ._ une courbe correspondant à
une valeur de Ci comprise entre — 92 et — 94.
J'ai représenté p^ir le trait ponctué les deux branches d'une courbe
correspondant à une valeur de Ci comprise entre — 92 et — 9;,.
Pour Cl r= — 93 l'une de ces deux branches se réduit à un point représenté
sur la figure en A, — = -^ , y„=zn^\ l'autre branche est représentée sur la
^ Xy X\ -^ ' ' ^
figure par le trait xxxxxxx.
Pour Ci compris entre — 93 et — 91, cette seconde branche subsiste seule;
pour C, =^-91, elle se réduit à son tour à un point représenté en B sur la
figure et ajant pour coordonnées :
x-, x\
Enfin pour C, < — 91, la courbe devient tout entière imaginaire.
Les surfaces définies par l'équation ( i ) ont une forme générale qu'il est aisé
de déduire de celle des courbes que nous venons de construire.
420 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Considérons en ellet une quelconque de ces courbes el par tous ses poiuls
Caisons passer une des lignes dont l'équation générale est
Xi
Yï = const. ; — = const.
Xi
L'ensemble des lignes ainsi construites constituera une surface fermée qui
sera préclsémeut l'une des surfaces définies par l'équation (ç)).
On voit par là que ces surfaces seront en général des surfaces fermées triple-
ment connexes (c'esl-à-dire ayant mêmes connexions que le tore).
Pour Ci> — 9i ou pour Ci compris entre — cpa et — cpj on trouve deux
pareilUes surfaces, intérieures l'une à l'autre dans le premier cas, extérieures
l'une à l'autre dans le second.
Pour Cl compris entre — cp^ et — 0|, ou entre — «po et — cp.,, on n'a plus
qu'une seule surface triplement connexe; enfin pour Ci<;— cp, la surface
cesse complètement d'exister.
Passons aux quatre surfaces remarquables :
C= — 'çi, — 9;, — (p3 et — 94.
Les surfaces C, = — ■ ça et Gi = — cp( présentent une courbe double et ont
mêmes connexions que la surface engendrée par la révolution d'un limaçon de
Pascal à point double ou d'une lemniscale, autour d'un axe qui ne rencontre
pas la courbe.
La surface Ci = — 93 se réduit à une seule surface fermée triplement
connexe et à une courbe fermée isolée; enfin la surface Ci = — 91 se réduit à
une courbe fermée isolée.
Dans le paragraphe H nous avons envisagé l'équation -j^ = o qui portait le
n" 7 dans ce paragraphe; nous avons vu qu'à chacune des racines de cette
équation correspond une solution périodique. Mais dans le cas qui nous
occupe, et d'après une remarque que nous venons de faire, cette équation peut
s'écrire
= 0,
dv.
de telle sorte que les solutions périodiques correspondront aux maxima et aux
niinima de [Fi]. Dans le cas actuel, ces maxima, de même que les minima,
seront au nombre de deux.
Nous aurons donc deux solutions périodiqtics instables correspondant aux
deux courbes doubles des surfaces Ci = — 90 et — 9,, et deux solutions pério-
ET LES'ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. " 421
diques stables, correspondant aux deux courbes fermées isolées des sur-
laces Cl =: — ©3 et — (pi.
Quelles sont parmi ces surfaces, celles qui diffèrent peu des surfaces asymp-
toliques et les représentent en première approximation ? D'après ce que
nous avons vu au paragraphe 16, ce seront celles d'entre elles qui présentent
une courbe double, c'est-à-dire les surfaces Ci = — 94 et Ci = — «yo-
18. — Deuxième approximation.
Reprenons les équations ( 1 ) du paragraphe précédent et les hypothèses
faites au début de ce paragraphe ; écrivons
Xi = x" -h x\ ^[j. -+- x'\ jx -h x'ix \/<x -t- . . . ,
Xi= xî-h x!, \/a H- .rs jji -t- j: ' ji y/'ij. -t- ... ;
imaginons que les coefficients de ces deux développements soient des fonctions
de jKi et de j^ et cherchons à déterminer ces coefficients de façon que ces
équations soient compatibles avec les équations différentielles (i), du para-
graphe précédent, c'est-à-dire que l'on ait
dF_rlF^^dF^'^ 'JV__ >JV_,lxj. ,J¥_,lxi dV _
dx\ dy\ dx-i dy« dY\ ' dxj '/vi dx-i dy-i dyi
C'est là le problème que nous nous sommes proposé plus haut.
Ce problème peut être présenté sous une autre forme (en se plaçant au point
de vue des Vorlesungen ilber Dynamik).
Si Xi et X'i sont deux fonctions de ji et de jk^ satisfaisant aux équations ( i ),
l'expression Xidyi-\~ x-idy-, devra être une différentielle exacte. Si donc nous
posons
dS = JTi c/j'i -I- x-idyn,
S sera une fonction dey, et de y., qui sera définie par l'équation aux dérivées
partielles :
S pourra se développer suivant les puissances de yjj. et l'on aura
(3) S = So-(-Si ;'';j. -I- Sn iji + S3 ,u y/jJ! -I- ....
So, Si, . . ., S^, . . . seront des fonctions de yi et de Vj et l'on aura
dSt _ j. dSk
422 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Je 1-appelIe maintenant quelles conditions nous avons imposées dans le para-
graphe précédent aux fonctions .r* et ,ri ; nous avons supposé d'abord que x^
et xl devaient être des constantes. On a alors
So= a:?ji + 2-SjK.>.
Si nous appelons ensuite ri , et n, les valeurs de — -^ — et 7— pour a;( ^= x^,
Xi=^xl, ces quanlitée «i el «2 seront encore des constantes. L'analyse qui va
suivre s'applique au cas où le rapport — est commensurable. Dans ce cas on
peut toujours, comme nous l'avons vu, supposer «0 = 0; c'est ce que nous
ferons désormais, comme nous l'avons fait dans le paragraphe précédent.
Nous avons supposé en outre dans ce paragraphe que x'i et a;* sont des fonc-
tions périodiques de Yi qui ne changent pas de valeur quand on change yi
el ^^2 en y, -i- avr el y^-
Il résulte de là que -1-^ el -^ sont des fonctions périodiques par rapport
àjv'i et que l'on peut écrire
(4) S,= ^j,+ S',,
Ik étant une constante et S', une fonction périodique de j',.
Supposons que dans le premier membre de l'équation (2) : FI-t—j -3—'
j'4, ynj, on remplace S par son développement (3); on verra que F deviendra
développable suivant les puissances de yiJ. et qu'on aura, ainsi que l'on a vu
dans le paragraphe précédent :
F = Ho-I- Hi \/iJ. -h IIoi-i -+- IIjiJ. ^/|x -H . . .,
les H étant des fonctions de y,, de yn, et des dérivées partielles de So, S,,
Sa, etc.
On voit d'ailleurs que Hn dépendra seulement de S,,, H, de S„ et Sj,
Ho de S„, S, et S2, H3 de Sq, Si, So, S3, etc.
On trouve d'ailleurs :
ll„-=Fo(xî, ^§) = C,
,, r/S,
II, =— /11— — )
II» =— «1 -; h AS, -(- Ko,
f/j,
11, =-rt, 4^-i-2AS.,-4-K,,
n, -j-^-h 2AS;,_, -I- K,,,
a. V \
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 423
OÙ l'on a pos(^ pour abréger :
et où Kp ne dépend que de Sq, Si, . . . , jusqu'à Sy,_2.
Cela posé, pour déterminer par récurrence les fonctions Sp, nous aurons les
équations suivantes :
Ho=C, Hi = o, Ho=o, ..., H/j=o.
Si l'on supposait que les fonctions So, Si, ..., Sp_i fussent entièrement
connues, l'équation Hj, = o ou
dyt. '
déterminerait la fonction S,, à une fonction arbitraire près de j^-
Mais ce n'est pas tout à fait ainsi que la question se présente.
Supposons que l'on connaisse complètement So, Si, . . ., Sp_2 et que l'on
connaisse Sp_i à une fonction arbitraire près Ae y^-
Par hypothèse les dérivées de So, Si, ..., Sy,_2, Sy,_i sont des fonctions
périodiques de jci ; donc Kp et ASp_, seront des fonctions périodiques de j)', .
Désignons par [U] comme nous l'avons fait dans le paragraphe précédent la
valeur moyenne de U qui est une fonction périodique de j,.
Sp doit être de la forme (4); nous en concluons que "^' doit être une
constante -^ indépendante de j'^, de sorle que l'équation (5) nous donne
(6) 2[AS^_,] + [K„] = Xp,
et cette équation déterminera complètement Sp_) (si l'on suppose que l'on se
donne, soit arbitrairement, soit suivant une loi quelconque, la constante ï-p).
Nous trouvons d'abord l'équation
dSi
Hi = o ou -r — = o,
qui nous montre que S, est une fonction arbitraire dejK^-
Nous en déduirons
dyi dyt ' dy._ dy^.
[nous posons pour abréger :
_M=i^, -N= ^^-^P»
dy\dV {dxiy
comme nous l'avons fait dans le paragraphe cité].
424 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
L'équaliou quo nous iroiivoiis ensuite en égalant à z(''ro la valeur moyenne
de H-, est la suivante :
[AS,J + [K,] = X,.
Or
D'autre pari,
-— K|-;)'=i^^-i^
K,= F,(^?, x!!,y,, rO-
X.j est une constante qui, ainsi qu'il est aisé de le voir, est prt'cisément celle que
nous avons appelée — Ci dans le paragraphe cité.
11 vient donc
dy.. V
|([F.] + C,).
S) est ainsi entièrement déterminé à une constante près ; mais nous pouvons
laisser cette constante de côté, elle ne joue en efl'el aucun rôle, puisque les
fonctions S n'entrent que par leurs dérivées.
L'équation (6) devient ensuite
Dans le second membre tout est connu; K,, ne dépend que de So, S,, . . .,
S/,_.j ; — -f^— est connu puisque S^,_i est supposé déterminé à une fonction
arbitraire près de j^n-
D'autre part -z-^ est indépendant de j'i ; le premier membre peut donc
s'écrire N-^^ /'~' u de sorte que l'équation (7) nous donnera "/'~'
en fonction de 72. Nous connaîtrons donc [S/,„i] à une constante près et cette
constante qui ne joue aucun rôle peut être laissée de côté.
Nous connaissons d'une part Sp_i à une fonction arbitraire près de y^',
d'autre part nous connaissons [S,,_i] en fonction àc y.,; donc Sy,_i est entiè-
rement déterminé.
La constante C) jnijc un rôle prépondérant. Supposons d'abord qu'elle soit
supérieure à la valeur que nous avons appelée — Çi dans les paragraphes cités
je
et par conséquent que [Fj ] + C| soit toujours positif et -^ toujours réel et je
pourrai ajouter toujours positif, parce (jue je suis libre de prendre le signe -f-
devant le radical.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 425
Je dis que dans ce cas, on peut choisir arbitrairemenl les constantes 1 et
que -T-^ et -—- sont des fonctions périodiques non seulement de >-, , mais encore
de yn. {Sp est encore de la forme ^p^'i + K/> J'i.> + SJ, > '^p el iJ-p étant des constantes
pendant que S^^ est périodique de période 2r. tant par rapport à ji que par
rapport à j'o).
En effet, supposons que cela soit vrai pour
dSi dSi r/So it'So rfS^_2 f/S,,_2 dSp—t
dyi^ dfi'' (/>•,' dy,^ ' dyi ' dyi, ' <//, '
je dis que cela sera vrai encore pour — y—^ et
En effet, nous avons par hypothèse :
dip-i
= J;A„,,,„,cos(»ii ji-f- nuyi-+- a),
les A et les a étant des constantes, m, et «îa étant des entiers.
On aura ensuite par définition
Mais on doit avoir
2[^Sp-,] + [Kp_,] = \p_,
et par conséquent
L -^^ 1 J ~ «1 '
)./,_( étant une constante; on en conclut que
Ao.m, = o pour w, == o, Ao.o= — £— ^'
Il vient ainsi
mj et mj prenant toujours sous le signe 2 toutes les valeurs entières telles que
TOi^O.
Ainsi, pour que S,,_i soit de la forme voulue, il suffit que "/'"' soit une
fonction périodique de i ;.• Or ,^~' est défini par l'équation
Kp ne dépendant que de Si, Sj, . . . , S^^^n sera périodique en j',.
H. P. - VII. 54
l26 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
[1^]
est nae constante — — ; de plus -4-^ est une fonction périodique de Vi
Ils ' «) 2 r T •' "
<7î</ ne s'annule jamais.
11 en n^sulte que ,^~' peut être développé suivant les sinus et les cosinus
des multiples de la. On a ensuite
dSp , . ,.
ce qui montre que -7-^ est périodique eny^ et^'o.
Ainsi en choisissant pour C| une valeur supérieure à — cp^ et en choisissant
ensuite les autres constantes X:,, X.,, . . . d'une façon arbitraire, on trouve pour
-; — et -j— des séries ordonnées suivant les sinus et les cosinus des multiples
de yt et dey^. Ces séries, quoique divergentes, peuvent rendre des services dans
certains cas.
Passons maintenant au cas de C|= — 94, qui ainsi que nous l'avons vu au
paragraphe 17 est celui qui correspond aux séries qui représentent as_ymptoti-
quement les surfaces asymptotiques.
L'expression [Fi] + C( n'est jamais négative, mais elle devient nulle pour
une certaine valeur de y-, que nous avons appelée rj:, dans le paragraphe cité.
Je supposerai dans ce paragraphe que cette valeur est nulle; j'ai le droit de le
faire, puisque cela n'implique qu'un choix particulier de l'origine des j-j.
Écrivons donc [F,] + Ci sous forme de série trigonomélrique :
[Fi] -+- Cl = i A„, sin my«-+- SB^ cosmy^-
Pour j'î = 0, cette fonction s'annule ainsi que sa dérivée, puisque la fonction
étant toujours positive, zéro est pour elle un minimum. Il en résulte que
l'expression suivante : - — '''*'''' est développable suivant les sinus et cosinus des
sins^
2
multiples de y-^; c'est une fonction périodique de jo qui ne s'annule jamais et
ne devient jamais infinie.
11 suit de là que l'on peut écrire
. r»
sin '—
=^ = SA,,, fiosm>a-+- SB,,, sinmi.,
et par conséquent
\/[F.J + (
dy-i "~ X Am cos myi + S li^ sin mj.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 42?
Nous pourroas écrire mainlenaat l'équation (7) sous la forme suivante :
v/ÔN sin ^ ^^g
^^'^ SA,„ cosmy,-+- SB,,, sin my. [~^ J =" '-P + */'<^ -''"-)'
4»p étant une fonction connue de ^o-
Cela posé, je me propose de démontrer que -j-^ et -^ sont des fonctions
périodiques de Vi et de j'o, dont la période est ii: par rapport à -)•, et 4't par
rapport À y-,.
Supposons en effet que cela soit domonlré pour
rfS,
o'S,
dS,
dS.
dS,.,
dSp-,
dSp-,
dy.'
dy,'
dy.'
dy,' •■
' dy, '
dy, '
dy,
/' ' est une fonction périodique de j-, et de j'-.. ; d'autre part sa valeur
moyenne
L dy, J n,
est une constante indépendante de y^. Nous pourrons donc écrire
Sp-i= —y.p-,y,-^^p-,(yi, ri)-^Z,p-,(y,),
9p_i (jKi) J'a) étant une fonction périodique de ri et- J'si et ^p_, une fonction
arbitraire de >'o seulement. 11 vient ensuite
dSj,-i _ ddp—, dZ,p-,
dy'. ~ dy, dy, '
d'où
d[Sp-,] _ o'[e^ ^ dKp-> g, ^S;,_i _ d\Sp-,] _ dfip-, _ di^p^,]
dyn dy, dy, dy, dy, dy, dy,
ic y r ^ 1
ce qui montre que ,^~' — /^~' est une fonction périodique de j) etdej^s-
F^j'équation (7') montre que cela est vrai également de —f— ^^ P^r consé-
quent de y"' (quelle que soit d'ailleurs la constante 'kp) et l'équation (5)
montre que cela est vrai de —r-!--
1 dy.
Cela sera donc vrai des fonctions —r^ et -r-^ quel que soit l'indice p.
dy, dy, 1 ^ ^
Il importe toutefois de remarquer que si ces fonctions sont périodiques, ce
n'est pas une raison suffisante pour qu'elles puissent être développées suivant
les sinus et cosinus des multiples de^i'i et de —• En effet, ces fonctions ne sont
428 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
pas toujours fiuies, sauf pour un clioix parliculior des constantes l^,; il est aisé
di' s'en rendre compte, car l'équation (7'), d'où l'on doit tirer la valeur
de — j^ \i a en facteur dans son premier membre sin ^ ■ Donc l'expression
de ,''~' couliendra sin ^' au dénominateur.
Les dérivées des /onctions S^^ pourront donc devenir infinies, mais seulement
pour
sin ^^ =0 ou )'«=2/v'Jt.
2 ■'
Si j'2 a une valeur dilTérente de 2A'7r, ces dérivées ne deviennent infinies pour
aucune valeur de >'i ; elles peuvent donc se développer suivant les sinus et
cosinus des multiples de j'i.
Nous pouvons donc écrire par exemple :
/~ = — X,,_i+ S A„j cosmvi-l- SB„j sin/nj-i,
A,„ et B„, étant des fonctions périodiques de y-2 qui peuvent devenir infinies.
Imaginons maintenant que les constantes 1/, d'indice impair soient toutes
nulles; je dis que -r-^ et -^ ne changeront pas quand on changera y^ en
y-2 -h 2 7: toutes les fois que l'indice/? sera pair et qu'au contraire ces deux fonc-
tions changeront de signe, sans changer de valeur absolue, quand on chan-
gera j'^ eny.2+ 27:, toutes les fois que l'indice p sera impair.
Je suppose que le théorème soit vrai pour
dSf f/Si c/S-2 't'S-i o'S,,— i dSp—-2 dSp—i
dvi dy-_ dy\ d) ■; dy^ d\ 1 <h\
et je me propose de démontrer qu'il est vrai également pour /' '' et -j-^'
Si " /'~' est muliplié par ( — i)''~' quand j'o se change en ^^2 + 2 7r, il en sera
de même de
«'S„-
dy^
Nous avons trouvé en efTel
[^]-
F ' = — ).„_!-*- 2A,„cosmji-+- 2B,„ sin m/,,
ayi /il
A„, et Bm étant des fonctions périodiques de j'j.
Si .^~' est multiplié par ( — i)''"' quand j-o augmente de 27;, il en sera de
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 429
mêuie de A,„ et B,,; et des dérivées de ces fonctions par rapport à ^^2- H en sera
donc encore de même de
dSp—t rf/S„_i"| ■^ «fAm sin m ) 1
dy, J -Zi dy.
dy2 L '^J'2 J ■^ ^fy^ "* •"^ d}t m
Nous avons maintenant à montrer que cela est vrai de — j^^ ■
Pour cela il est nécessaire d'étudier de quelle manière K,, dépend des fonc-
tions S|), Si, S2, ..., S^_i. Je me propose d'établir que l'ordre de tous les
termes de Kp par rapport aux dérivées des fonctions d'indice impair Si, S3,
S5, . . . sera de même parité que/».
En efTet, en faisant dans F( -r^i —, — i vi , y. 1 ,
\(/)i dy, - '■ -/
S = So -H S 1 v/jJ' + S; li -I- . . . ,
nous avons trouvé
F = Ho-t- H, \/j][-hHo|jL + ....
Si je change y^j. en — y'pL et qu'en même temps je change Si, S;,. S5, ... en
— Si, — S;i, — S5, . . . sans loucher aux fonctions d'indice pair, l'expression
de F ne devra pas changer.
Donc H/j devra se changer en ( — i)''H/<.
Cela montre que l'ordre de tous les termes de II,, par rapport aux dérivées
de S,, .S3, S5, . . ., devra être de même parité qiie/j. Il devra donc, comme je
l'ai annoncé, en être de même des termes de K,,, puisqu'on obtient K,, en
supprimant dans H^, les termes qui dépendent de Sj,_, ou de S^.
Cela posé, changeons y-, en ^2+ 271; les dérivées de Sq ne changeront pas
si (J est pair et au plus égal à/> — 2; elles changeront de signe si g est impair
et au plus égal à. p — 2. Donc K,, se changera en ( — lYK/j.
Reprenons maintenant l'équation (^)
<" "f:['-|r]=-'-»i;[^]*i'^'i-
/*"' se
change en ( — i)'' —^-— , et y— se change en — -3 —
Nous pouvons même dire que 'k,, se change en ( — ^Y'^^p-
En effet cela est vrai pour/» pair, parce que Ip est une constante indépendante
de y^; cela est vrai encore pour/» impair, parce que nous avons supposé que
les k-p d'indice impair sont tous nuls.
43o SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Il résulte de là que ' y'~' se change en ( — i)'' ' '""' et par conséquent
— r — en ( — iV ' — j- c. o. f. d.
</) • ^ ' ay^
Je dis malmenant que -r-^ se changera en ( — i )'' -p-^ •
Ecrivons en effet l'équation (5)
(5) rii-j-S- = 7.ùiS>p-i^Kp;
"JKi
Kp et ASya-i et par conséquent le second membre de l'équation (3) seront mul-
tipliés par ( — i)'' quand j'a augmentera de 27r. Il devra donc en être de même
du premier membre et de -r-^- c. o. f. d.
*^ dyi
Je vais maintenant démontrer que l'on peut choisir les constantes \p de façon
que les dérivées des fonctions S^ ne deviennent pas infinies pour j^.j^ ikn.
Supposons que l'on ait choisi les constantes X^, X;,, . . . , ^p-\ de façon que
(/Si c/Si dSp_2 '/S/j—o dSp^i
dy, ' dy-, ' ' afr, ' dy, ' dyi
restent finies et que les constantes Ig d'indice impair soient nulles; je nie pro-
pose de choisir Ip de façon que /'~' et -jt" ^^ deviennent pas non plus infinies.
Nous verrons en même temps que Ip devra être nulle si p est impair.
Il est clair d'abord que si — f^ reste finie, il en sera de même de
Reprenons maintenant l'équation (7'). Le coefficient de la quantité inconnue
— -p^ s'annule pour y-^= ikit; pour que cette quantité inconnue demeure
finie, il faut que le second membre s'annule égalenient et que l'on ait
'bp{lkT.)=Kp.
Comme 4»^ ne change pas quand y.^ augmente de l^n, il suffira de prendre
/r = o et /» = I et d'écrire
(8) <^p(o) = ^p{l:x) = Xp.
Si/> est pair, il n'y a pas de difficulté, on a
et par conséquent
<I.^(o) = 'I<p(2;c),
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 43l
de sorte qu'il suffit de prendre
Si au contraire /> est impair, on a
'ï'/.0-'-)=— *p(j2-+-2-) et <P,,(0)=—^p{2K),
de sorte que les équations (8) ne peuvent être satisfaites que si l'on a
*p(o) = *;,(2;t) = X^ = o.
Nous avons donc à démontrer que pour/j impair, *^,,{o) est nul.
Soit en effet
*p(o) = o:
et par conséquent
<I>^(2^)= — a.
Je dis que a. est nul.
Nous allons nous appuyer sur un leinme qui est presque évident. Voici
l'énoncé de ce lemme :
Soient cp) et tp.j deux fonctions périodiques et de période in par rapport
à yi et à yn. On sait que si 9 est une fonction périodique de yi, peu-
exemple, la valeur moyenne de -j^ est nulle. On aura donc
les intégrales étant étendues ci toutes les valeurs de y, et de y^ depuis zéro
jusqu'à 1.T:.
Il est nécessaire pour que le lemme soit vrai que les fonctions cpi et cpa soient
continues, mais leurs dérivées peuvent être discontinues. Ces dérivées doivent
seulement rester finies.
Cela posé, nous achèverons de déterminer la fonction S,,_i non plus par
l'équation (7'), mais par l'équation suivante :
(9) i:KnCo.myXz\ii\\nmy, = - ^ «os ^^ + $, ( r. ).
Elle ne diffère de l'équation (7') que parce que )/, a été remplacé par a cos — -
Celte équation montre d'abord que J'~^ est une fonction périodique de yo
et de période 27: (je rappelle que/? est supposé impair). De plus, cette fonction
ne devient pas infinie pour y^^ zkn, parce que le second membre de l'équa-
tion (9) s'annule pour r^^ o et pour y^ ^ 2 7r.
43
2
SUR LE
PR(
)BLÈME
l
Posons
ensuite
•
!:,=
dS„
dr\
1
:rfS,
dy,
+
dS.
-+■
■^2 =
dSo
dy.
1
-t- ,a-
:dS,
dy.
+
dS.
''dy..
+
ilZLl^c £
■dS
p-s
p~\
\''f\,
'If-i.
dr. '
T) sera une fonction di'j,, de y -2 et de pt. définie par l'équation
(10^ F(î,, :„.,-,,., 0 = 0.
Il est aisé de voir que Ço est entièrement déterminé, puisque nous connaissons
maintenant complètement So, S,, . . ., Sp_). On pourra donc tirer yj de l'équa-
tion (lo) sous la forme suivante :
■n = 'lo + i^" -^i -I- iJ-m + • ■ • ,
les Yji étant des fonctions périodiques de /i et de j'a, de période 27: par rapport
à _)'i et 47^ par rapport à yn.
De plus on aura
dy-i d}x ' dy.
Nous n'avons besoin que de rio ', or on voit tout de suite que yji, est donnée par
l'équation suivante :
(11) /ii-rio= 2 AS/,_i-f- K;,,
qui ne diffère de l'équation (5) que parce que l'inconnue y est désignée par r)o.
Celte équation montre que rj,, est une fonction périodique de >i ; il faut
chercher la valeur moyenne de cette fonction. Si l'on se reporte à la signifi-
cation de l'équalion (9), on verra qu'elle exprime que la partie moyenne du
second membre de ( 1 1) est a cos — '• On a donc
[•lo] = — COS — •
«1 2
Ço est susceptible de deux valeurs difî'érenles qui se permutent l'une dans
l'autre, soit quand on change y p. en — y/'pî, soit quand on change j'o en y-2-\- 2t:.
J'appellerai o.j la plus grande des deux valeurs de Ç-. et J^^ la plus petite.
De même Ç, est susceptible de deux valeurs; j'appellerai cfi celle qui corres-
pond à cp3 et ■il, celle qui correspond à '^lo-
Enfin 7} est susceptible de deux valeurs; j'appellerai r/ celle qui correspond
à 92 et r," celle qui correspond à ij;.;; 'Oi est susceptible de deux valeurs que
j'appellerai de même r/, et ri" .
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4^3
La fouclion cp^ est piViodique de période -ir. par rapport À yr, en eilet, quand
on augmente yo de 2 7r, les deux valeurs de Ç- se permutent entre elles; donc 9^
qui est toujours égale à la plus grande de ces deux valeurs ne change pas.
Pour la même raison, cpi, tj;!; 'j'^j ''/» '''') '"'i i "'i, seront des fonctions de
période iT. par rapport à y.,.
Des définitions précédentes, il résulte que 91, 92, '|i et <]i-j. sont des fonctions
continues, quoique les dérivées de ces fonctions, de même que r/ et rj", puissent
être discontinues.
Nous sommes donc dans les conditions où notre Icmme est applicable et nous
pourrons écrire
ou encore
i
-, dy\ dy « = o,
dv«
OU enfin
Cette relation devra avoir lieu quel que soit y..
Mais quand p. tend vers zéro, ri' — ■/)'„ et r" — r/,', tendent vers zéro.
Donc on aura
(12) // T- '■/rirt')2=o
pour
Transformons le premier membre de l'égalité (12). Je remarque d'abord
que/; étant impair, r;„ est une fonction qui doit se changer en — r;o quand yn
se change en y.j-\-2n. Il suffit pour s'en convaincre de se reporter à
l'équation (i i). Nous avons donc
■n'o = — •iô = ±^o,
Il reste à voir pour quelles valeurs des y nous devons faire r/„ =^ + 00 et pour
quelles valeurs des^j' nous devons faire r;', ^ — r),,.
Si nous avons
(i3)
dSi dSr. „dS-,
df2 dy^ ^ dy^
H. P. ■
- VII.
/'-3 ,0
>o,
dy-i
55
434 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
nous devrons prendre, d'après notre couvenlion :
et
, r/So /-f/S, r/S.. ,-r/Sn V '/S„_,
dy., (/v. dyi dyt ' f/y«
Si au contraire le premier membre de l'inégalilé (i3) est nég^ilif, nous
devrons prendre
dy-, dy-, ' dfi
et
, ^/S„ ,-dS, V'/S,,_,
rf) o dy-, dyi
Tout déjieud donc du signe de premier membre de l'inégalité ( i3). Égalons
ce premier membre à zéro, nous obtiendrons une équation
r/S, a/S,
(l4) h',X- h...= o.
dy-, dy^
Cette équation peut être regardée comme définissant j-j en fonction de j', et
de fi.
On pourra résoudre cette équation et écrire
Observons seulement que 0 est une fonction ))ériodique de période n7r par rap-
port à^) et que celte fonction 0 s'annule identiquement quand on y fait |jl = n.
Par conséquent quand yj variera de 0 à 0 + 2 7r, on aura
■'"l'o = -*- 'Oo
et quand y-, variera de 0 + 2 7t à 0 + /(Tr- on aura
Nos intégrales doivent être étendues à toutes les valeurs de y-i comprises
entre zéro et 'it.. Mais comme r/f, est une fonction de période 27:, on aura
,0+57;
ou
r-"r"-t^r-'"r"'^"''
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 435
Quand ;j. leiidra vers zéro, le premier membre devra tendre vers zéro el
d'ailleurs 0 tendra vers zéro, on aura donc
^i':^^y^^r.=r'(-{
■ dy,
d'où
On a donc
a = o. c. Q. F. D.
Il résulte de là que si l'on annule les constantes >:/, d'indice impair et si l'on
donne des valeurs convenables aux consLantes 1.,, d'indice pair, les fonctions
d'il, d%„ f. .
-r-^ et -H- resteront unies.
dy\ dy«
On pourra donc les développer suivant les sinus et cosinus des multiples de
yi et de—; les multiples pairs de — entreront seuls dans le développement si p
est pair; si au contraire p est impair, les multiples impairs de — entreront
seuls.
Nous aurons alors pour les équations approximatives de la surface asjmp-
to tique
/ — ' n I — n
Ces séries ainsi que nous l'avons vu sont divergentes, mais si l'on arrête
comme nous le faisons dans les équations (i5) au «'*""' terme, l'erreur commise
peut être très petite si \i. est très petit, ainsi que je l'ai exposé plus haut.
Nous avons vu que la quantité appelée plus haut a est toujours nulle. On
peut donner de ce fiit essentiel une autre démonstration.
Posons
T = Si+ [xSaH- fJt.-Ss-4-. . .-f- [Jt - S/,_2,
E = Oo + W^'. + |Ji- -^i +
Je dis d'abord que T est une fonction périodique de j', et j'..,.
En clTel ses dérivées -; — el -; — sont des fonctions périodiques; on a donc
(3 et Y étant des constantes et T' étant une fonction périodique de j'i et j'o.
436 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
On en conclut (|ue
-r— et -; — élanl des séries iriffonomélriques dont le terme tout connu est nul.
Mais les fonctions Si, S.-,, . . . , Sp_.., étant d'indice impair, leurs dérivées
changent de signe quand on change )•:; eny-,-{- 2 7r. Donc n — et -r— changent
de signe quand } :.. augmente de 2n. Donc les termes tout connus (3 et y sont
nuls. Donc T = T' est une fonction périodique qui ne change pas quand y^
augmente de 271 et qui change de signe quand y-^ augmente de 2Tt.
Gela posé, nous savons que Çi et Çj sont liées par l'équation
Il en résulte que, si les deux valeurs de 'Ç-, se confondent, les deux valeurs
de Ç) se confondent également.
Ecrivons que les deux valeurs de ?•> se confondent, il vient
(16) |I = o.
Celte équation (16) est d'ailleurs identique à l'équation (i4)- Ecrivons
maintenant que les deux valeurs de Çi se confondent, il viendra
(«7) ^ + i.-; = 0.
Les équations (16) et ( 17) devront être équivalentes. De plus elles devront
être équivalentes à la suivante :
0 ajanl le même sens que plus haut. Supposons qu'on développe 0 suivant les
puissances croissantes de ;a, il viendra
(18) J-2= |jiO, + |jlMJ,+ |ji3 0:.H-...,
'Ji, 'i-i, '^M ■ ■ ■ étant des fonctions périodiques de ji.
Supposons y 2 lié à ji par l'équation (18); quand ti augmentera de 2jt, jKj
ne changera pas et T qui est périodique ne changera pas non plus; on aura
donc
r''~'' ^ r''' I dT , d't , \
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
&-^-.
rfT dV
OU en remplaçant —, — et — par leurs valeurs tirées des équations ( 1 6 ) e( ( i 7
— v-'f ç <>'> = "•
Si dans
ç = T.o + ;i'rr2 -H (.t- 'Il -I- ... ,
on remplace r-j par sa valeur ( (8), il viendra
? = Ç„-f-uE 1-1- ;j- 1-2-1-
^Oï ;i) $:i) etc. étant des fonctions périodiques de j'i.
On devra avoir quel que soit p. :
et par conséquent
/ ?0''''.'l = 2I:[|o] =0.
Il est clair que pour obtenir ^oj il suffit de faire J>'j= o dans rjo, or on a
Il vient donc
[^»l=«T""f
2-a
= 0 ou 2=0, C. Q. F. D.
«1
19. — Troisième approximation.
Nous nous proposons maintenant de construire exactement nos surfaces
asymptotiques ou plutôt leur intersection avec la surface )i = o, qui est comme
nous l'avons vu plus haut une surface sans contact.
Dans notre mode de représentation géométrique, la solution périodique que
nous envisageons est représentée par une certaine courbe trajectoire fermée.
Cette courbe fermée vient couper la surface j'i = o en un point que j'ai repré-
senté sur la figure en O'.
Par cette courbe fermée passent deux surfaces asymptotiques; ces deux
surfaces coupent la surface y 1=^0 suivant deux courbes que j'ai représentées
sur la figure en trait plein en AO'B' et A'O'B.
J'ai représenté en trait pointillé la courbe yi ^ r'2 = o.
Reprenons les notations du paragraphe IG: considérons les séries Si et s^ qui
438 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
eiiU'eiil diuis les équations (^4) ^^*^ '^^ paragr;i|,)li('; soionl comme dans le para-
graphe 10, a',' ol .v'; la somme des p premiers U^nnes des séries .vj et a'^. Nous
avons vu ([ue les équatious
•i'i = 4-'i' (ri , r-2 ), j-« = s? (7i . j'î )
représentent des surfaces qui dillèrent très peu des surfaces asymptotiques.
Ces surfaces couperont la surface l'i = o suivant des courbes qui ont pour
équation
/i = o, X| = iî(o, 1-), .r.,= s/^(o, J..)
et qui sont représenlées sur la figure en trait mixte . . . .
^,. = "
Fia
Nous avons appris dans le paragraphe précédent à former les séries Si et *.j;
nous avons vu que •^^'(^'i. .)'-) et s'.',{yi, );,) sont des fonctions périodiques de
période 27r par rapport à fi et de période 47r par rapport à )'.j.
Il en résulte que la courbe en trait mixte doit être comme l'indique la figure
une courbe fermée admettant un point double O.
La première question à traiter est la suivante : les courbes en trait plein,
intersections des surfaces asymptotiques avec y, = o, sont-elles aussi des
courbes fermées ? 11 est clair qu'il en serait ainsi .si les séries ^i et 52 étaient
convergentes. Car les courbes en irait pointillé dilléreraient alors aussi peu
qu'on voudrait des courbes en trait plein; la distance d'un point de la courbe
pleine à la courbe pointillée tendrait vers zéro (]uand p croîtrait indéfiniment.
Je vais montrer sur un exemple simple qu'il n'en est pas ainsi. Soit
y
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4^9
OÙ <ji{y) représente une fonction périodique de y de période 27:, et où ,'j. et £
sont deux constantes que je suppose très petites. .Je forme les équations
j 'dt^~ 71]', ~^' '7n~'~ 'dq~'"^'
dp dP . , dg dV . ,, ;
On voit que p et q joueront le même rôle que j'attribuais jusqu'ici ix Xi et à Xo,
pendant que x ely joueront le rôle que j'attribuais à j'i et à 1 ;., je n'ai changé
les notations que pour supprimer les indices.
Supposons d'abord £ =: o. Les équations admettent alors une solution
périodique qui s'écrit
X = t, /) = o, q = o, y = o.
Les exposants caractéristiques (en laissant de côté les deux qui sont nuls, ainsi
qu'il arrive toujours avec les équations de la Dynamique) sont égaux à ■+: yafJi.
11 existe alors deux surfaces asymptotiques qui ont pour équations
dSn dSo „ / y
d'où
p=o, cj=z±sj-î\>. sin i.
Les exposants caractéristiques n'étant pas nuls, mais égaux à ±\Ja\j. quand ou
fait £ = 0, il existera encore une solution périodique pour les petites valeurs
de e; à cette solution périodique; correspondront deux surfaces asymptotiques
dont l'équation pourra se mettre sous la forme
f/S (/S
S étant une fonction de x et de r satisfaisant à l'équation
di
dx
Les exposants caractéristiques ne s'annulant pas pour £ = o, il résulte de ce
que nous avons dit à la fin du paragraphe 13 que p elqel par conséquent S sont
développables suivant les puissances croissantes de £. Posons donc
S = So+£S,-i- £-=8,-,-....
Nous avons trouvé plus haut :
ifJlCOS
So = — 2 \/2-- '•'^"■^
2
440 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Qiiaiil à S,, il devra satisfaire à l'équation
«•/S, , — . y (fS,
—r- ■+- \''"^ S'il r— = li cosrtf (r ).
Si l'ou désigiio pur — mie fonclioii qui satisfasse à l'équation
Si sera la partie réelle de i. Or on peut satisfaire à cette équation en faisant
il suflit pour cela que
L'équation en .}> ainsi obtenue et qu'il s'agit d'intégrer est linéaire. Son intégrale
générale s'écrit : si cp(r)= o :
et si 9(r) est quelconque :
Comme "h doit être développable suivant les puissances entières de y pour les
petites valeurs de r, il est facile de voir quelle valeur il faudra donner à la
constante d'intégration. Si, pour j = o, (p(j) s'annule, l'intégrale devra
s'annuler aussi, de sorte qu'il faudra la prendre entre les limites zéro Q\- y-
Que faudrait-il maintenant pour que les courbes BO'B' et AO'A' fussent
fermées ? Il faudrait que la fonction S restât finie ainsi que ses dérivées pour
toutes les valeurs àe. y et fût périodique de période ^% par rapport ky (c'est ce
qui arrivait, rappelons-le, pour les fonctions s'[ et 5'^ dont nous avons parlé un
peu plus haut). Comme cela devrait avoir lieu pour toutes les valeurs de e, cela
devrait avoir lieu de Si, et comme Si est égal à cosa? multiplié par la partie
réelle de 'j/, plus sinx multiplié par la partie imaginaire de tj^, cela devrait avoir
lieu de (j*-
Donc pour les valeurs de )■ voisines de 27:, '\ devrait èlre développable
suivant les puissances entières àe. y — 1%. Mais il n'en est pas ainsi de ( Igy j •
Donc l'intégrale
^=f^s/\^iy)(^Ç)'(^^\ly
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 44l
devrait être nulle. Calculons celle intégrale en supposant cp( v) = sin>'. Posons
tg Y ^= t, il viendra
-wi^X-i^^fe^.
Intégrons par parties en remarquant que ^— , est la dérivée de -■,
il viendra
' ,— /-• ' t-^ di
J = 4 a 1/2 M / .
Faisons t- = u, on aura
_ a-n
, , — /■ ' " " f/'< ?;:« t'i'j. — Sr.i
J = 5 a 1/2 u / = — '- = — .
,', I -H H a- _i'_ '±_
ros — — —
;) e> -i^H- e ^'-^
Donc .1 n'est pas nul; donc les courbes BOB' et AO'A' ne sont pas fermées,
donc les séries Si et s-, ne sont pas convergentes, non plus que les séries définies
dans les paragraphes lA et 18 ainsi que je l'avais annoncé dans ces paragraphes.
La dislance des deux points B et B' n'est donc pas nulle, mais elle jouit de la
propriété suivante. Non seulement BB' tend vers zéro, quand [j- lend vers zéro,
mais le rapport — — tend également vers zéro quelque grand que soit «.
Eu effet la courbe poinlillée a pour équation
j, = 0, x, = !.fi(o,y.,), x.. = s^(o, jo)
et la courbe en trait plein a pour équation
,)-, = o, jc, =/,(o, j-o), .r, = /o(o, J;).
D'après ce que nous avons vu plus haut, les séries Si etSn représentent asympto-
tiquement les fonctions /i el/., ce qui veut dire que l'on a
Il 111 — = lim ; — ^ = o pour ;j. = o.
H- ix-
p_
Donc le rapport à fi" de la distance de B à la courbe pointillée tendra vers zéro
et il en sera de même du rapport à /jl" de la distance de B' à cette courbe poin-
tillée. On a donc
,. BB'
• lim — — = o. 0. Q. F. D.
"3
V--
H. p. - vir. 56
ijî SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Imi il'aiiti\'s Icniii's. si l'un rt!i;:uHlo ,ui. coiiiini' un inllnimunl pulil du premier
orilro, lu ilislaucc BB', saus èlrt; nulle, (jsl un inliuiuicul pelil d'oidre inliui.
C'est ainsi ([uf la loncllou e ''^ est un infiniment petil d'ordre infini sans être
nulle.
Dans l'exemple particulier (jue nous avons traité plus liaul. la distance BB'
est du même ordre de grandeur que l'intégrale J, c'est-à-dire que e ^-^.
Une seconde question à tiaiter est celle de savoir si les deux courbes O'B et
O'B' prolongées se coupent. S'il en est ainsi en eflet, la trajectoire ([ui passera
par le point d'intersection appartiendra à la fois aux deux nappes de la surface
asvmptolique. Ce sera une trajectoire doublement asyniploti<jue. Soit C la
trajectoire fermée qui passe par le point ()' et qui représente la solution pério-
dique. La trajectoire doublement asjmptotique diffère très peu de C, lorsque /
est négatif et très grand, elle s'en éloigne asjmptoliquement, s'en écarte beau-
coup d'abord, puis s'en rapproche de nouveau asymptotiquement, de façon à
dilîérer très peu de C, lorsque l est positif et très grand.
Je me propose d'établir qu'il existe une infinité de trajectoires doublement
asjmptotlques.
Je commence par observer que la courbe O'B, quelque loin qu'on la prolonge,
ne pourra jamais se recouper elle-même, c'est-à-dire que cette courbe O'B pro-
longée n'a pas de point double. En effet d'après la définition de cette courbe
les antécédents des divers points de O'B sont eux-mêmes sur cette courbe O'B,
de sorte que l'antécédente de la courbe O'B est une portion de cette courbe.
De même la seconde, la troisième, etc., la /i'"""' antécédente de O'B sont des
portions de plus en plus petites de cette courbe, limitées par le point O' d'une
part et un point D de plus en plus rapproché de O' d'autre part.
Si la courbe O'B avait un point double, il en devrait être de même de toutes
ses antécédentes, et par conséquent de tout arc Q'D si petit qu'il soit, faisant
partie de O'B. Or les principes du paragraphe 13 nous permettent de construire
la portion de O'B voisine de O' et de constater que cette portion de courbe n'a
pas de point double. Il en est donc de même de la courbe entière quelque loin
qu'on la prolonge.
D'après la définition des deux nappes de la surface asjmptotique et des
courbes BO'A', B'O'.A., l'une de ces courbes (par exemple la courbe B'O'A')
est telle que le re"""' antécédent d'un point de cette courbe se rapproche indéfi-
niment de O', quand n augmente; pour l'autre courbe B'O'A, c'est le «''""'
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 443
cons(';quent qui se rapproche indéfiniment de O'. Ce que nous venons de dire
s'applique donc également à la courbe O'B', pourvu qu'on remplace partout le
mot antécédent par le mot conséquent. Donc la courbe O'B' quelque loin qu'on
la prolonge ne se recoupera pas elle-même et il est clair qu'il en sera de même
des courbes O'A et O'A'.
Je dis maintenant que la courbure des courbes O'B et O'B' e^t finie, je veux
dire qu'elle no croît pas indéfiniment quand p. tend vers zéro.
En elFet nous avons vu que non seulement les séries Si el s-^ représentent
asymptotiquement les deux fonctions /, et f-j, mais que les séries -7-^ et -y-^
représentent asymptotiquement '-r—- et -;^-
On en conclut (jue si ^ est regardé couiuk; un infiniment petit, la courbure
de la courbe en Irait plein au point B différera infiniment peu de la courbure
de la courbe pointillée au point le plus rapproché; or cette dernière courbure
est finie, donc il en est de. même de la courbure de la courbe en trait plein.
Soit maintenant B, le conséquent du point B et B', celui du point B'. La
distance BBi est du même ordre de grandeur que y/;-', et il en est de même de
la distance B'B'j, les arcs BB, et B'B', sont donc très petits si fi est très petit el
leur courbure est finie; d'autre part les distances BB', Bi 6', de même que les
rapports 7777-) .,, .,, tendent vers zéro ciuaad u. tend vers zéro; enfin il existe un
i> t> 1 ij I j j *
invariant intégral positif.
Nous nous trouvons donc dans les conditions du théorème III du para-
graphe 8. Nous en conclurons que les arcs BB| et B'B', se coupent, c'est-à-dire
que la courbe O'B' coupe la courbe O'B prolongée et par conséquent qu'il
existe au moins une trajectoire doublementasymptotique.
Je dis maintenant qu'il en existe au moins deux.
En effet la figure a été construite de façon que les points B et B' soient sur la
courbe
ji = r->= o.
Mais l'origine des y-^ est restée arbitraire; je puis supposer qu'on la choisisse
de telle sorte qu'au point d'intersection des deux courbes O'B et O'B', on ait
y-,^ o. En ce cas les points B et B' coïncident. Il doit donc en être de même
de leurs conséquents Bi et B';. Les deux arcs BBi et B'B', ont alors mêmes
extrémités, mais cela ne suffit pas pour satisfaire au théorème III que je viens
d'appliquer (il laut en effet pour satisfaire à ce théorème que l'aire limitée par
444 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
ces deux iircs ne soit pas convexe), il faul encore qu'ils se coupent en un autre
point N.
Pai- ce point passera une trajectoire doublement asymplotique qui ne se
confondra pas avec celle qui passe en 15. Il y a donc au moins deux trajectoires
doublement asj'mptoliques.
Je suppose toujours que les points B et B' se confondent. SoitBMN la portion
de la courbe O'B comprise entre les points B et N; soit de même BPN la
portion de la courbe O'B' comprise entre le point B =; B' cl le point N. Ces
deux arcs BMN et BPN limiteront une certaine aire que j'appelle a.
Nous avons vu que, dans le cas particulier du problème des trois corps qui
nous occupe, on peut appliquer le théorème I du paragraphe 8. Il existera donc
des trajectoires qui traverseront une infinité de fois l'aire a.
Donc parmi les conséquentes de l'aire a, il y en aura une infinité qui auront
une partie commune avec a.
Si donc on considère la courbe fermée BMNPB qui limite l'aire a, et les
conséquentes de cette courbe, il y aura une infinité de ces conséquentes qui
couperont la courbe BMNPB elle-même.
Comment cela peut-il se faire ?
L'arc BMN ne peut couper aucun de ses conséquents; car l'arc BMN et ses
conséquents appartiennent à la courbe O'B et la courbe O'B ne peut se recouper
elle-même.
Pour la même raison l'arc BPN ne peut couper aucun de ses conséquents.
Il faut donc, ou bien que l'arc BMN coupe un des conséquents de BPN, ou
que l'arc BPN coupe un des conséquents de BMN (dans les hypothèses où nous
nous sommes placés, c'est le second cas qui se présentera). Dans l'un comme
dans l'autre cas la courbe O'IÎ ou son prolongement coupera la courbe O'IV ou
son prolongement.
Ces deux courbes se coupent donc en une infinité de points et une infinité de
ces points d'intersection se trouveront sur les arcs BMN ou BPN. Par ces points
d'intersection passeront une infinité de trajectoires doublement asymptotiques.
On démontrerait de la même manière que la surface asymptotique (|ui coupe
la surface j'i = o suivant la courbe O'A contient une infinité de trajectoires
doublement asymptotiques.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 445
CHAPITRE III.
RÉSULTATS DIVERS.
20. — Solutions périodiques du deuxième genre.
Dans le Chapitre précédent et eu particulier dans les paragraphes 17 et 18
nous avons construit nos séries en supposant que l'on donne à Ci une valeur
tantôt supérieure tantôt égale à — 9,.
Supposons maintenant qu'on ait donné à C, une valeur < — 9,. Alors
^i = ^|(lF.J + ^^>
n'est pas toujours réel. Supposons par exemple que, pour la valeur choisie de
Cl, x', reste réel quand to varie depuis ïj^ jusqu'à ri^. ,Ie vais considérer une
valeur r^ de j'o comprise entre ri:, et r,c :
•^5 < T,- < Tir,
et je vais chercher à définir les jrf pour toutes les vaU'urs de y 2 comprises entre
ï)s et ïJt-
J'observe d'abord que xl est susceptible de deux valeurs égales et de signe
contraire, à cause du double signe du radical; donnons d'abord par exemple à
ce radical le signe + .
Imaginons que l'on ail calculé successivement x\, x], .... x'i'', xl, x':,.
..., xt'-.
L'équation (7) du paragraphe 18 nous donne
xf[a;'r'] = 0(>-,)-C,._„
0 (yi) étant une fonction entièrement connue de yo et C,,_i une constante.
Nous déterminerons cette constante par la condition
0(ti,)h-C/,_, = o.
Alors bien que x'., s'annule pour ja^ "/).,, la fonction
reste linie pour )'.j = r,^.
Nous avons donc complètement déterminé les fonctions xf pourri5<; j2< 'i,
et nous appellerons xj ^ les fonctions de Vs ainsi déterminées.
446 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Supposous que l'on rt'coiniiK'iicc 1(> calcul en donnanl au radical le signe — .
On trouvera pour les fondions x'i de nouvelles valeurs que j'appelle .rf , et qui
seront d'ailleurs la continuation analytique des premières.
Imaginons ensuite que l'on remplace C| par une constante nouvelle C, très
voisine de C|.
Alors le radical 1 ^([Fj] + C, ) sera réel toutes les fois que r^ sera compris
entre ri- et une certaine valeur rjg très voisine de ria-
Gela posé, nous allons par le procédé exposé ci-dessus calculer les fonctions
x'i pour les valeurs de y-x comprises entre yît et /jg, d'abord en faisant
(aous appellerons jc"., ^ les fonctions ainsi calculées), puis en faisant
(nous appellerons xl j les fonctious ainsi calculées).
Nous allons ensuite construire les quatre branches de courbes
1": .) 1 = o, Ji = ço.ify-;), -C2= Yij.i(K-;)
que nous prolongerons depuis y-;. = yj^ jusqu'à y-^ = -n-,.
2": ri = o, ^i=9i.i(r„), ar,= 9,. o (_>•,)
que nous prolongerons également depuis j'o = rjj jusqu'à j'2= 'li-
3": yi=o, .r,= o,.,(y-2), j:î=9î."-(70
que nous prolongerons depuis y., = -t)-; jusqu'à jn^ "'is-
4°: ,ri=0, X, = ::;.,(,)■.>), .r2= 9;;.2(.r-')
que nous prolongerons également depuis j'j = ri-: jusqu'à ) ;, = /)».
Dans ces formules nous avons posé
La première et la deuxième de ces courbes se raccorderont et seront laugenlos
en un même point à la courbe j)'2t= yj-.
La troisième et la quatrième courbe se raccorderont également et seront
tangentes en un même point à la courbe j'-.j = yjs-
C'est ce qu'indique la figure 8 où les trois arcs pointillés représentent les
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 447
trois courbes )\>=-/i,,, yî,, -rin, où l'arc AB représente la premicrc de nos quatre
branches de courbe, l'arc AD' la deuxième, l'arc B'C la troisième et l'arc DC la
quatrième.
Nous regarderons C, comme une donnée, mais G', est resté jusqu'ici arbi-
traire. Nous déterminerons C, par la condition que la première et la troisième
courbe se raccordent et que les points B et B' se confondent, ce qui s'exprime
analytiquement par les conditions
(l) ?0.i(t,7) = 92.l(-n7), =0.2(1^7)= ?2,;(t,7).
Ces deux équations ne sont d'ailleurs pas distinctes et se ramènent à une
seule.
Fig. S.
En nous appuyant sur le théorème III du paragraphe 8, nous pourrions
démontrer que si C, est déterminé par les équations (i ), les équations
(l') ?l.l(-n;) = ?:;.i(ti,), ;, ,( T),) = ç,..( T), )
seront aussi satisfaites aux quantités près de l'ordre de ,u. " ; c'est-à-dire que la
deuxième et la quatrième courbe se raccorderont aux quantités près de cet
<--t-i
ordre, ou que la distance DD' est un infiniment petit de même ordre que jj- ' .
Mais je dois faire ici la même observation que plus haut; les séries auxquelles
on parvient de la sorte ne sont pas convergentes bien qu'elles puissent rendre
des services si on les manie avec précaution.
Il existe donc des régions, où, au moins pendant un certain temps, ).j (dans
le cas où l'on suppose «■_. = o) ou /^■■^^, — 7?, ^.^ (dans le cas général) conservent
des valeurs finies. C'est ce fait que les astronomes expriment d'ordinaire en
disant qu'il y a libration. On peut se demander si ces régions de libration sont
sillonnées de solutions périodiques.
On peut s'en rendre compte par les considérations suivantes.
448 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS.
Ecrivons les équations
dXi
dF'
dx.
dF'
dy,
dF'
dy.
dF'
dt
= <>','
dt
- dy^
dt
dx,'
dt
dx.
(2) .1-, = xî-l-,a.r;, .' = =■'■" -^- V';-' 1/ ,^. ([1m] "•- C, ) -I- |Ji Ms.
Ces équations seul à des quantités près de l'ordre [x celles de surfaces que
uous avons construites {yo\r fig. 8); elles satisfont donc approximativement
aux équations (3) du paragraphe 17. Quant à u\ c'est une fonction de jci et de
Vj qui ne dillere de or"', que jiar une fonction de j.j de telle sorte
du \ dx \
dyi ~ dyi
Cette fonction ul doit d'ailleurs rester toujours finie.
Je me propose de modifier la forme de la fonction F qui entri' dans nos équa-
tions dilTérentielles de façon que ces équations (2) satisfassent exactement aux
équations (3) du paragraphe 17.
.Te cherche donc une fonction F* telle que les équations
(3)
admettent des surfaces trajectoires représentées précisément par ces équa-
tions (2).
Voici comment nous déterminerons cette fonction F*.
Observons d'abord que x] et xl sont déterminés par les deux équations
simultanées
F,{x\,xl)=C, ^=0.
On peut lirer de ces deux équations x\ et x", en fonction de C. Nous regar-
derons donc désormais x\ et x"„ comme des fonctions connues de C.
D'autre part [F, ] est une fonction dej^o, de x\ et de xl, ce qui nous permet
de le regarder comme une fonction connue de ) ^ et de C.
Les équations (2) nous donneront |)ar conséquent .r, et x-, en fonction àa yi,
de j'2, de C et de d.
Remarquons que si .r, et ,r.j sont définis par ces équations, l'expression
Xi dy, ■+- x-î dy:, = d'S
est une difTérentielle exacte, de sorte que
dx'i du\
dyi dyx
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 449
Résolvons maintenanl les équalions [2) par rapport à C el C|, il viendra
C = F*(ari, .ro, j,, j„), C, = 'I'Vj;,, 2-2, y,, Vî).
La fonclion F* esl ainsi définie el l'on aura en employant la notation de
Jacobi :
[F*, <1.*J = o,
ce qui signifie que
<I>' = const.
est une intégrale des équations (3).
La solution la plus générale de ces équations (3) s'écrit alors
c et C'i étant deux nouvelles constantes d'intégration.
Cherchons à former effectivement F* ou du moins à nous rendre compte de
l'ordre de grandeur de la difïérenco F — F*.
Or x\ est défini par la condition suivante :
doit être une quantité de même ordre que pv^p-- {Cf. § 17).
</Fo
Donc comme -r-j est nul, la fonclion
F {xi -+- p.c?, x" -+- iJij-j:', + |Ji iil ) — C
sera encore de même ordre que p-yl->-, quelle que soit la fonction u;.
D'ailleurs on a identiquement
F* (xi + nx'u xi ■+- ^/ixxl + jji ui ) = C.
Donc la différence F — F* regardée comme fonction de (J-, de G, de Ci, dej'i
el de y-2 esl de l'ordre de p. \/p..
Posons maintenant
|o ^|J. = X-2 X".
Des deux équations ( i ) on tirera facilement Ci el C en fonction de x,, ^j,
j'(, y-i el [J.; on voit alors sans peine que C et Ci peuvent être développés sui-
vant les puissances positives de \/p., les coeflicienls étant des fonctions finies
de -Cl, de 1^, de yi el de j^.
Nous venons de voir que F — F' est une fonction de p., de Ji, dej.j, de C et
de Cl dont le développement suivant les puissances de p commence par un
H. P. - VII. 57
45o SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
tiM'iiie en i/.\ ,u; si nous v remplaçons G el Ci par leurs valeurs eu fonction de
f*, de .r,, de Ç», de )'i el de y.,, nons verrons que ceLlc différeacc F — F' est
une fonction développée suivant les puissances de p., dont les coefficients
dépendent de .r, , ^^, y, cl y> et qui commence par un terin(> en p. y/ p..
Par conséquent la fonction
F — F*
l^\/(i
F'd-', ^1, ?2,7i, JKî)
ne devient pas inlinie pour [j. ^ o.
Par le changement de variable que nous venons de faire, les équations (3)
deviennent
dx-t dF' dVi _ dF' r/Ço _ dF' dy. dF'
dt dy, dl dxi dl \Jixdy., <" \l \x d\..
De même les équations proposées
doivent se réduire à
f/.Ci dF dy, dF dU dF dy- dF
(4) -TT = tt:-'
dx, dF
dl dyi'
dt
dF
~ dxi
dy,
dl
,1F
dx\
dU
dl
dF
i/u dv«
dy:
dt
dt dy, dl dx, dl ^^ ^y^_ dt ^^^ (ji^„_
Nous formerons en outre les équations suivantes':
/ dx, d dy, d
I dt dy, ^ " dl dx, ^ "
''^ t=-^(F*^sF'), ^^--^(F'^sr,,
[ dt ^,jL ay.2 dl ^,j^ (/ç.,
qui se réduisent à (3') pour e =^ o et à (4) pour e = p-yp-.
D'après ce que nous avons vu plus haut, les équations (3) et par conséquent
les équations (3') peuvent s'intégrer exactement; nous en avons donné parles
équations (a) la solution générale.
Si l'on discute celle solution générale et si l'on cherche à la construire en
conservant le même mode do représentation géométrique que dans les para-
graphes précédents, on verra qu'il existe une infinité de surfaces trajectoires
fermées.
Ces surfaces qui ont pour équation
(6) ^ = î-il .,
Xi Xl ■+- IJ.XI
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 45l
différent peu des surfaces que nous avons construites dans le paragraphe 17 et
dont l'éfjuation s'écrivait
(7) -f = rn •
Elles ont même forme générale que les surfaces définies par l'équation (7). Si
donc nous faisons les mômes hypothèses que dans le paragraphe 17 au sujel des
maxiina et des minima de [Fj], deux de nos surfaces (6) seront des surfaces
fermées à courbe double; ce seront celles qui correspondent aux valeurs — 02
et — 3, delà constante C|. Les autres se corn posent do une ou deux nappes fermées.
La surface fermée à courbe double sera pour nos équations (3') une surface
asymptolique et elle partagera l'espace en trois régions comme nous l'avons dit
plus haut.
Parmi ces régions, je dislingue la région R^ comprise entre les deux nappes
qui est une région dite de libration et je me propose de montrer que dans cette
région, on peut tracer une infinité de trajectoires fermées correspondant à des
solutions périodiques.
Revenons en efi'et aux équations (a) qui nous font connaître la solution
générale des équations (3) et (3'). D'après la forme des équations (2), nous
pouvons écrire
S = «,-, + /,j-, -H 0 (;•,,.,■,) + ^ iJf J^'dhW^C) <K,,
a et b étant des fonctions de C et de Ci seulement et 'J(ji) J'2) une fonction
réelle et périodique de jki et de j'^.
On en déduit
_, c^S da db c/O / u. C dv»
y ^^i v^n^
Nous donnerons à Ci une valeur déterminée qui devra être plus petite que
— cp., puisque nous nous supposons placés dans la région Rj.
La surface fermée qui correspond à cette valeur de Ci présentant les mêmes
connexions que le tore, nous pouvons en faire le tour de deux manières dill'é-
rentes : 1" en regardant j.. comme constant; 2" en regardant j'i comme
constant .
Quand ou aura fait le tour de la surl'ace en regardant j., comme constant,
>'i aura augmenté de 2 tt et -j^ aura ausrmenlé de 2 ■k-tt ■
452 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Quand ou aura fait le lour de la surface eu regardaal l'i couime constant, y.,
sera revenu à la même valeur, mais riiitéorrale / ' "
d'une certaine période p définie comme il suit :
Supposons que les valeurs de y., pour lesquelles le radical v(|l''ij + C|) est
réel soient les valeurs comprises entre yj^ et •/j,,, on aura
''^"4 v(i^".j +<■.)■
Quand uoiro iutrigralo aui;menleia dr r, -^ augmentera de 'l/:^'
Pour que la solution qui correspond à cette valeur de C, soit périodique, il
faut donc et il sutlit que ces deux quantités 2 t: -ttt- et c l / -^ soient commensu-
rables entre elles. ,
Cette condition sera évidemment satisfaite pour une infinité de valeurs de
Ci; notre région Rn contient donc une infinité de trajectoires fermées, repré-
sentant des solutions périodiques.
Ainsi si K est un nombre commensurable quelconque, l'équation
( qui contient Ci parce que -t-t- et p sont des fonctions de C, ) nous donnera une
valeur de Ci correspondant à une solution p(''riodique.
Pour discuter cette équation, il me faut chercher ce que c'est que -j-r •
11 me suffit pour cela de rappeler que
a = jcj -i-|j: [xi]
et que
Fo(j:Î-+- ixx], x",-h sjp-xl) -h jjlF,(j,-Î, .rS, Ji, /s)
doit se réduire à C aux quantités prés de l'ordre de j^V P'- On en conclut
— «ix;— -(xi )"--!- F\(x% X?., /,, y«) = o
d'où
-«,[..•■ I- G,- [F, ] + [F.J = o et ^=-i-'.
-yrr est donc une constante, indépendante de Ci, de sorte que l'équation (S)
peut s'écrire
(8 ) -— = const.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 453
Pour discuter celte équation nouvelle, il convient de chercher comment
varie i^ quand on fait varier Ci depuis — cp4 jusqu'à — (pi.
Pour Cl ^ — 94, f est infini; Ci variant depuis — <p,, jusqu'à — 95, i> décroît
d'abord jusqu'à un certain minimum, pour croître ensuite de nouveau jusqu'à
l'infini.
Pour Ci<C — 9-21 '' peut admettre deux valeurs correspondant aux deux
nappes de la surface et que l'on peut envisager séparément. (C(. Jîg-. 6.)
La première nappe de la surface reste réelle quand Ci est compris entre
— o^ et — O;,; la valeur correspondante de i> décroit depuis l'infiui jusqu'à un
certain minimum quand Ci décroît depuis — cp.j jusqu'à — 93.
La seconde nappe de la surface reste réelle quand C, est compris entre — 92
et — 9,; la valeur correspondante de c décroît depuis l'infinijusqu'à un certain
minimum quand C, décroît depuis — 90 jusqu'à — 9, .
Ainsi i> admet trois minima au moins et reste toujours supérieur à une
certaine limite positive.
Si donc nous regardons l'équation (8') comme définissant Ci en fonction de
p., Cl sera fonction continue de [a, mais nous pourrons prendre p. assez petit
pour que celte équation n'admette aucune racine.
Ainsi il est certain qu'il existe toujours une infinité de solutions périodiques;
mais quand on fera décroître /x, toutes ces solutions disparaîtront l'une après
Taulrc.
Il résulte de ce qui précède que les équations (5) admellent pour e ^ o une
infinité de solutions périodiques; les principes du Chapitre 111 (!"' Partie) nous
permettent d'affirmer qu'il y en a encore une infinité pour les valeurs suffisam-
ment petit(îs de £. Comme fx est très petit, il semble très probable qu'il existera
a-
une infinité de solutions périodiques pour e :== f^^vV' c'est-à-dire pour les é(ju
tions (4) qui sont déduites par un changement de variable très simple des
équations proposées.
Par conséquent, si nous revenons à ces équations proposées, nous voyons
que dans la région de lihratioii Rj il y a une infinité de trajectoires fermées
représentant des solutions périodiques. Nous allons d'ailleurs l'élablir rigou-
reusement par une voie toute dill'érenle.
Mais si faisant décroître ja d'une manière continue, on suit une de ces trajec-
toires fermées, ou la verra se déformer aussi d'une façon continue et disparaître
ensuite pour une certaine valeur de p.. Ainsi pour p. = o toutes les solutions
45', SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
périodi([iies do la r(''j;ioii R^ auront disparu Fuiie après l'autre. Ce n'est pas
ainsi cpie se comportaient les sululions périodiques étudiées dans le
Chapitre 111 (1'^' Partie) et qui subsistaient encore |)our p. = o.
On peut déintiiilrci- (jtie dans le voisinage d'une Irajecloire fermée représen-
lanl une solulion périodique, soit stable, soit instable, il passe une infinité
d'autres trajectoires fermées. Cela ne suflit pas, en toute rigueur, pour conclure
que toute région de l'espace, si petite qu'elle soit, est traversée par une infinité
de trajectoires fermées ('), mais cela suffit pour donner à cette hjpolhèse un
haut caractère de vraisemblance.
Ainsi que je viens de le dire, l'aperçu qui précède ne suffirait pas pour
établir rigoureusement l'existence des solutions périodiques du deuxième genre.
Voici comment nous y parviendrons.
Reprenons nos équations diflérentielles
lU, _ f/F r/fi _ (/F
(// t/j i di dXi
et envisageons une solulion périodique du premier genre de période T; quand t
augmentera de T, y\ et y.j augmenteront de /«iT et de «jT; je supposerai
comme plus haul :
« 1 T = •'. :i, n-i = o.
Cela posé, de l'équation F = C nous pouvons tirer Xi en fonction de a"i, Ti et
y-i\ en remplaçant x^ par la valeur ainsi obtenue, on trouve
Ix,
<IF
./y,
(IF
dy-,
dF
<ll
- dy.l
<U
c/X\ '
dl
dx.
les seconds membres pouvant être regardés comme des fonctions connues de
X\,yi elj'2- Enfin en <''liminant dt, il viendra
^^' dy, ""' dy, ''
X et Y étant des fonctions connues de X|, yi cl y<, périodiques de période 2 tt
par rapport à j'i.
Soit
la solution périodique considérée qui sera de période 2 tt par rapport à )'j; je
suppose que cette solution périodique soit celle que nous avons définie plus
('; Les travaux récents de M. Cantor nous ont appris en effet (pour employer le langage de
ce savant géomètre) qu'un eiiseml-ilc pfut élie parfnit, sans être continu.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 455
haut et qui était représentée approximalivement sur la figure du paragraphe 17
par la courbe fermée isolée de la surface Ci = ^ cf-^. Ce sera donc une solution
périodique stable, elle admettra deux exposants caractéristiques a et — a égaux
et de signe contraire et dont le carré sera réel négatif.
Soit maintenant
une solution peu dilTérenle de la première. Soient conformément aux notations
du Chapitre III (I™ Partie) (3i et (3.j les valeurs initiales de Ei et de ^3 pour
yi = o, et Pi + lii, p.j + ipo lus valeurs de ti et de 'i-i pour ji =: 2 kix (A entier).
La solution sera périodique de période 2 A ~ si l'on a
h. = .L., = ,
(10) .^>,
On sait que '|i et <h.2 pourront se développer suivant les puissances de pj et po
et que ces fonctions dépendront en outre de |-i.
Si l'on regarde un instant Pi, p.j et jjl comme les coordonnées d'un point
dans l'espace, les équations ( 10) représentent une certaine courbe gauche et à
chaque point de cette courbe gauche correspond une solution périodique. Il est
clair que 4'i et "l'a s'annulent avec Pi et Pj; en effet si l'on fait Çi = o, ^..= o, on
obtient, d'après la définition de ^1 et de ^^, une solution périodique de période
2 TT qui peut aussi cire regardée comme périodique de période 2 kn.
La courbe (10) comprend donc d'abord l'axe des ;j. tout entier. Je me propose
de démontrer que si, pour p. = /jio) I^'^ est multiple de 2 /tt, il existera une autre
branche de la courbe ( 10) qui passera par le point
i^ = !^o, pi = o, 1% = o
et par conséquent que pour les valeurs de f/ voisines de p.,,, il existe d'autres
solutions périodiques que5i = £2='^
Posons p. — p(, = A et cherchons à développer i]^i ol ij^j suivant les puissances
de pi, de p.j et de "k.
Calculons d'abord les termes du premier degré par rapport à pi et à pj.
Je dis d'abord que pour >. = o, c'est-à-dire pour p = p^, tous ces termes sont
nuls.
En effet supposons que les Ç soient assez petits pour qu'on en puisse négliger
les carrés. Nous avons vu dans la première Partie que dans ce cas, les ^ satis-
font à un système de deux équations didérenlielles linéaires que nous avons
appelées équations aux variations des équations (9). Nous avons vu également
456 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
que. ces équations linéaires admettent deux solutions remarquables; que la
première de ces solutions est multipliée pare'*'' quand ji augmente de 2 tt, et
que l'autre est multipliée par e'-"'^.
Pour / := o, Âa est un multiple de 2 ii:, de sorte que e-*'^ et e '-"'' sont deux
racines A'*^"'"' de l'unité. Donc nos deux solutions se reproduisent quand ji
augmente de 2 Atï. Comme l'équation est linéaire, la solution générale est une
combinaison linéaire de ces deux solutions remarquables, et elle ne change pas
non plus quand )•) augmente de 2 kr:.
Comme 'j'i et i]/.. sont précisément les accroissements que subissent ti et ^.,
quand ji passe de la valeur zéro à la valeur 2 Att, ']ii et i]>2 doivent être nuls;
mais cela n'est vrai que quand Çi et ^o (ou {3i et (â^) sont assez petits pour qu'on
puisse en négliger les carrés; ce seront donc seulement les termes de ^, et '];•..
qui sont du premier degré en pj et (3o qui seront nuls. c. q. f. d.
Soient a{3, + b^-2 les termes du premier degré de ij>i, c(3i+e(3o les termes du
premier degré de i^^. Nous venons de voir que pour X .= o :
rt = & = c = e = o.
Soit encore pour )> ^ o :
du , db , , de , de ,
dk ' rfX dK d\
Je dis que
En effet l'équation en S :
a -t- e = o.
(rt — S)(<' — S) — 6c = o
admet pour racines (c/. § 12)
S =1 — e-="'''^, S = 1 — e-'-*'!':;
pour / = o, ces deux racines sont nulles; si À est assez petit pour qu'on puisse
en négliger le carré, elles seront égales à ± 2 Att y,- "k. L'équation en S :
{a — S)(e' — S) — b' c — o
aura donc pour racines
et comme ces deux racines sont égales et de signe contraire on aura
rt'-l- e' = o.
De plus «', e', h' et c' ne seront pas nuls à la fois en général. En efl'et cela ne
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 457
I ■ . da. da , ■ i /-. ■ . i ■ • i
pourrait avoir lieu (jue si -7^ ^ -p etail nul. (Jr p-o est une quantilc choisie de
telle sorte que a (qui est une fonction de [j.) soit commensuraljlo avec 2 in. Or
-r ne pourrait s'annuler pour toutes les valeurs commensurables de — — qu'en
au. ' ' 2 ( X ^
s'annulant identiquement; alors a serait une constante (qui devrait d'ailleurs
être nulle puisque a ^ o pour fji = o) ce qui n'a pas lieu en général.
Nous avons vu que pour X = o les termes du premier degré de <hi et de t{>j
s'annulent identiquement. Supposons qu'il en soit de même des termes du
deuxième degré, du troisième degré, etc., du (m — ]y«m= degré, mais que les
termes du m'"""' degré ne s'annulent pas identiquement dans ij'i et dans <\2 pour
X = o. Soit 0| l'ensemble des termes du /«"""' degré de tj'i pour À = o; soit Oo
l'ensemble des termes du /«"'""'degré de ']/j pour X = o. Ainsi 5| et 0^ sonldeus
polynômes iiomogénes du /m"'""" degré en ^^ et [î^ et de ces deux polynômes l'un
au moins ne s'annule pas identiquement.
Posons
J;, = a'À,'ii,-(- 6'Xp, -f 0,-Mo,, ■l/o= r'X;^, — «'X;"i2+ 0,+ coo.
Alors W| et ojo seront un ensemble de termes qui seront : ou bien du
(m + I )''""' degré au moins par rapport aux (3, ou bien du deuxième degré au
moins par rapport aux [3 et du premier degré au moins par rapport k\, ou bien
du premier degré au moins par rapport aux ^ et du deuxième degré au moins
par rapport à A.
Je me propose de démontrer que l'on peut tirer des équations ( 10) pi et p.j
1
en séries ordonnées suivant les puissances de X'" ' et dont tous les termes ne
sont pas nuls.
Mais il faut d'abord que je démontre que l'on a identiquement
En elïet il existe un invariant intégral positif. Nous en concluons qu'il existe
une intégrale // •!• (Ei, fcj) <^Çi rf^-.. qui a la même valeur pour une aire quel-
conque appartenant à la portion de surface sans contact j)i ;= o et pour toutes
ses conséquentes.
De plus la fonction tl» est pcjsitive. Donc "i* (o, o) n'est pas nul; ou multipliant
la fonction <I> par un facteur convenable, nous pourrons donc toujours supposer
(I)((), o) = I.
H. r. — VII. 58
458 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Mais le point
f,= :-, -(-<}.,, ?.. = p.. -(- ^., _;■,=. 2 An:.
est le A"'"""' conséquent du point
On nura donc pour une aire (pielconijue :
d'où l'identilc
Nous supposerons X = o, nous aurons donc
Les 0 ne conlieunent alors que des termes du ni"'"'^' degré et les w que des
termes du (m + i )"'"" degré ou de degré supérieur.
11 résulte de là que la difléience
ne contient que des termes du //t"'""^ degré au moins par rapport ii pi et à (S,.
Si l'on convient de négliger les termes du m"""' degré et de degré supérieur, on
pourra écrire
On aura, en négligeant toujours les termes du m'"'"' degré .
V,i, f/(3, //pi (/p,
r/(p, + 6|) _ ^ f/( p., + ({;.,) _ rfO,
'/.••• ~ f/[i! ' <r/pi ~ '/pi
et
<', r/p.j '/;% r/p, f/pi ^/;-,'
de sorte qu'en idenlidant dans l'identité (i i ) tous les termes do degré inférieur
à m, on arrive à la relation
*(^"î^^)te--;7p;) = "-
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 459
Dans le premier membre de cette relation, nous ne devons conserver .que les
termes de degré ni — i au plus, de sorte qu'il reste
^/O, f/0.,
-—^—-=0. C. Q. I'. D.
Posons
x = ±T,"'-i, fi, = Ti-n, P-2 = T2i;
on voit que Oi et 0^ deviennent divisibles par r/" et Wf et co, par yj"'^', de sorte
que l'on peut poser
d'où
4-1 =±-r)»'(n'Y,-(-6'f2)H-T/«0'| -,-71 '"+10)',,
4/o = dr T|"i(c'f, — a'Y2) + •r,'"e';-f- •r|"'+U.y<,,
de sorte que nos équations ( lo) peuvent être remplacées par les suivantes :
(12) ±(rt'YiH- 6'y.2) + "'1 + r^M\ = o, rh(c'Yi— «'72)-)- O'j -t- rjo/o = o.
Je dis que l'on peut tirer de ces équations yi et ya en séries ordonnées suivant
les puissances de -f] et sans que ces séries soient identiquement nulles.
En vertu du théorème IV (!:; 2), il nous suffit pour cela d'établir :
1" Que les équations (12), ([uand on y fait r, =: o, admettent au moins un
système de solutions réelles :
2" Que si l'on fait
7) = o, Ti = Ty, T-J = ï?
le déterminant fonctionnel des premiers membres des deux équations (12) par
rapport à yi et y a n'est pas nul.
Cela revient à dire que, pour les équalions (12) réduites par la supposition
de ï] ^= o, la solution
doit être une solution simple.
Mais en vertu des théorèmes V et VI du paragraphe 2 et de leurs corollaires,
on peut encore développer y, et y^ suivant les puissances de rj, quand même
cette solution serait multiple, pourvu que l'ordre de multiplicité soit impair.
Nous sommes donc conduits à envisager les équations
(i3) .-t(«'Y, + 6' yo) -(-()', = 0, ±(c'y, — a'Y2)-^6'2 = o
4Co SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
et uoiis devons chercher à démontrer que ces équations admettent au moins
une solution d'ordre impair.
De CCS équations nous pou\ous tirer lu suivante :
( 1.1) (rt'v,-)- ^'v,) 0'. — (c' V,— «'y,) 0', = o
qui est liomogéne et dont ou pourra par conséquent tirer le rapport — •
11 est clair que 0', etO', sont formés avec yi et y^ comme 0, et 0^ avec ^^ etp^;
on aura donc
./()', rfO'.,
~/ — *- rr =°-
Cela prouve qu'il existe un polynôme/ homogène et de degré m + i en y, et
y.j et qui est tel que
«y 2 «yi
De même si nous posons
/i = - (6'y|-l- layr,'".— c'y^ )
il vient
a y, + 6 y., = -1—, c y, — a y» = ■—;
«y» «yi
de sorte que l'équation (i4) peut s'écrire
<7yo (/y, (/y, i/-^..
Considérons l'expression
j 1
Elle est homogène et de degré zéro par rapport à yi et yj ; elle ne dépend donc
f du rapport — • Je
I 1 y„
En ellel l'é(]uation
que du rapport — • Je dis que le dénominateur /"i ne peut jamais s'annuler.
( «' — S ) ( e' — S ) — l/'c = o
doil avoir ses deux racines imaginaires, d'où
a' n' — 6' c' = — a'- — // c' <; o
d'où
f7'-+ i'c'> O,
ce qui prouve que la foinie quadratique; J\ est définie. L'expression II ne peut
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 46l
donc jamais devenir infinie. Elle admellra donc au moins un maximum. Pour
ce maximum on devra a\oir
d'\i </"'[ d'{\ d-^1
Ainsi l'équalion (i4) admet au moins une racine réelle. Elle sera en général
simple. En tout cas, elle sera toujours d'ordre impair, car un maximum ne peut
correspondre qu'à une racine d'ordre impair.
Nous avons tiré de l'équalion (i4) le rapport—; nous pouvons donc poser
Oi et Ô2 étant des quantités connues.
Il nous reste maintenant à déterminer u. Pour cela dans la première des
équations ( i3) je remplace yi et Vo par oi u et Ô2M, il vient
6', = («"'0';, 0; = u"'V:,,
Û'I étant formé avec ôj et ô^ comme 0', avec yi et --j ; d'où
(l5) àz(a S,+ b'à«) -h 6" ;<'"-' = o.
Celte équation doit déterminer a; si m est pair elle aura une racine réelle; si m
est impair (et c'est d'ailleurs ce qui arrivera en général) elle aura deux racines
réelles, ou pas de racine réelle; elle aura deux racines réelles si 0" et
± (rt'ôi+ 6'ô.j) sont de signe contraire; mais on peut toujours, grâce au double
signe ±, s'arranger pour qu'il en soit ainsi.
L'équation ( i5) admet donc au moins une racine réelle. De plus celle racine
est simple. Il n'y aurait d'exception que si
<('3i + è'S2=o ou 0", = o.
Mais dans ce cas on remplacerait l'équalion ( i5) par la suivante :
zfc (f'oi — a'S;) -4- O'ô a'"-i = o.
Il n'y aurait donc plus de difficulté que si l'on avait à la fois
rt'3| -I- 6' 5> ^ c' 5i — a So = o
OU bien
fl"i = O'i = o.
La première circonstance ne peut pas se produire à cause de l'inégalité
«'2+ b' c'> o.
La seconde circonstance pourrait au contraire so présenter. Il peut se faire que
46> SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
l'équalion ( i4) adiuellc une racine lelle que 0, =: 0!, = o. Mais je dis que dans
ce cas l'équalion ( i "î) admcllra encore au moins une racine pour laquelle celle
circonslance ne se protiuita pas.
En efVel on a idenliquemenl
w/=V,0', -Y,0'„.
Si donc
O'i = 0', = o
on aura/ ^ 0 el puisque y'i n'esl jamais nul
H = o.
11 pcul se faire en effel que l'expression II admelle zéro comme maximum ou
comme miuimum. Mais celle expression n'esl pas idenliquemenl nulle puisque
0', cl 0'., ne sonl pas tous deux idenliquemenl nuls; de plus elle resle toujours
linie; elle devienl donc soil posilive, soil négalive ; si elle devient posilive, elle
aura un maximum positif el difTérenl de zéro; si elle devienl négative elle aura
un minimum n(5galif el différent de zéro.
Ainsi l'équation (i4) admet toujours au moins une racine réelle d'ordre
impair telle que 0", el O'I ne s'annulent pas à la fois.
Donc les équations ( i3) ont au moins une solution réelle d'ordre impair.
Donc on peut trouver dos séries qui ne sont pas idenli(|uement nulles, qui
sont développables suivant les puissances fractionnaires positives de /j. — ;j-u et
qui satisfont aux équations ( lo) quand on les substitue à (3, el P^.
Donc il existe un sj'slcme de solutions périodicjues de période 2Â'7r qui pour
p = fio se confondent avec la solution
Ce sont les solutions périodiques du deuxième genre.
21. — Divergence des séries de M. Lindstedt .
Je voudrais terminer l'exposé des résultats généraux de ce Mémoire en appe-
lant particulièrement l'altention sur les conclusions négatives qui en découlent.
Ces conclusions sonl pleines d'intérêt, non seulement parce qu'elles font mieux
ressortir l'élrangelé di^s rcsullals obtenus, mais parce qu'elles peuvent, en vertu
précisément de leur nature négalive, s'étendre immédiatement aux cas plus
généraux, tandis que les conclusions j)ositives ne peuvent se généraliser sans
une démonstration spéciale.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 463
Je me propose d'abord de déinonlrorque les séries proposées par M. Lindsledl
ue sont pas convergenles ; mais je veux auparavant rappeler en quoi consiste la
méthode de M. Lindstedl. Je l'exposerai, il est vrai, avec des notations dilTc-
rentes de celles qu'avait adoptées ce savant astronome, car je désire, pour
plus de clarté, conserver celles dont j'ai fait usage plus haut.
Mettons les équations de la Dynamique sous la même forme que dans la
seconde partie du présent Mémoire et écrivons
dx, d¥
dx.
d¥
"''•i
dF
dy.
d¥
dt dvi '
dt
- dy,'
dt
dx\ '
dt
dx.
F sera une fonction donnée des quatre variables Xi, x-^, Vi e\. y^ et nous aurons
F = Fo-t-iJiF,.
F„ sera une fonction de Xi et de x-i, indépendante de v't et de }'■..; p. sera un
coeflicienl très petit, de sorte que //F, sera \di fonction perturbatrice.
C'est en effet sous cette forme que se présentent les problèmes de la Dyna-
mique et en particulier les problèmes de la Mécanique céleste.
Si iJ. était nul, x^ et X2 seraient des constantes. Si [x n'est pas nul mais très
petit, et qu'on appelle ^i et?.) les valeurs initiales de Xi et de x^^, les différences
X\ — ^1 et X2 — ço seront du même ordre de grandeur que [j..
Si donc nous appelons «i et «•> les valeurs de — -r-^ et de — -r-^ pour
' ■ " (IXi dx- '
Xi^i^i, 372=^^2, les différences — -t-^ — «, et — -^ — n-, seront du même
ordre de grandeur que p., ce qui nous permettra de poser
rfFo , . d¥^ , ^
'sfi et cpo étant des fonctions de Xi et de x-:, qui ne sont pas très grandes.
Les équations du mouvement s'écrivent alors
dt
dF,
= '-dyr
dx, ,/F,
dt "'■" dy..
U
dF,\
dx.J'
dy,
dt -'"■'^'
dFj\
dx, 1
Supposons maintenant que Xi, x,, yi, y-i au lieu d'être regardés directement
comme des fouclions de t soient regardés comme des fonctions de deux variables
Wi et tVa et que l'on pose
464 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
fô, et f-îj seront Jiïs conslaules tl'inlù^ration arbitraires; li ol Àj scronl des
conslaiiles que la suite du calcul déterminera complètement.
Les équations du mouvement deviennent alors
</.)■, r/.r, (VF,
>• I -} f- >-2 -, [Ji -1— = o,
X,
- 1 "7 h A. -j /( 1 — ,u I (p , — -^ —
-i 1- A-i i «2 — l^ ( ?2 - -; — = o.
Posons maintenant
oTi = .;■" + [ji.r; -t- |j.-a;j -t- jjL-^j;v + ••■!
.To := .^5 -I- l'-3^'i -+- K'-î^i + iJ-'-Krl + . . . ,
, .Vi— "'1 = I-i.' 1 + ;-i-.> Î-+- ,
(a) <
] j-o — »■., = ixyl -+- l-t-.)i + 1
).,= Àî -+-|JtXl + |i-^Àf + ... ,
;,,= À? -t-,jix; + Hi=xi-i-
Je suppose que les coefficients "kf sont des constantes et que les coefficients
y'- et xf sont des séries trigonomélriques ordonnées suivant les sinus et les
cosinus des multiples de iv'i et de (v-,.
Je supposerai d'ailleurs comme je l'ai toujours fait jusc[u'ici que Fi est une
série Irigonomélrique dépendant des sinus cl cosinus des multiples de_^) et de
yi et que les coefficients de celte série sont des fonctions holomorphes de a;, et
de Xj.
Dans ces conditions, si dans les premiers membres des équations ( i ) je
substitue à la place de li, ^-j, J'i, J'ai Xt et x^ leurs valeurs (2), j'aurai quatre
fonctions développées suivant les puissances croissantes de fx, et il esl clair que
les coefficients des diverses puissances de jj. seront des séries ordonnées suivant
les lignes trigonomélriques des multiples de a'i et «a-
J'appelle <&,, $j, <I»', el *^., ces quatre fonctions.
Cela posé, le théorème de M. Lindsledt consiste en ceci :
Il est possible, quelque grand que soit q. de déterminer les 217 + 3 cons-
tantes
-.0)1 ) '/ ■ / " ) ' '/'/
et les /j 7 séries trigonométriques :
X
i>
., x'(; xt, ..., xï; y\, ■■■, yl; r», ■••, r?>
(3) (
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 465
de façon à annuler dans <ti, <J>.2i ^'i et 4»., les termes indépendants de p. et les
coefficients des q premières puissances de /jl, de façon, en d'autres termes, à
satisfaire aux équations du mouvement aux quantités près de l'ordre de ij-I^' .
On trouve d'abord
Wi et Wj étant des constantes d'intégration que nous supposerons de l'ordre
de iJ..
Supposons que l'on ail déterminé par un calcul préalable :
A, , /., , . • . , /.,' , J-, , J-, . . . . , ^j' , j j , . . . , 1 ji ,
et que l'on se propose de déterminer >,'^, }''„, x'{. x'i, y'{, ri. Pour cela, écrivons
que le coefficient de p.^ est nul dans <l»i, »D.j et 4»',, 4»',.
11 vient
f/x? clx'l ,.
/i, -= h tu - — = Xi,
dxX clx%
/il -T-i H- «2-^-^ = Xo,
J « I -, H " . -, h A f = ^ I ,
I fAl'i «H'o
«, -7^ -h «2 -^ -+- X? = Yo,
1 dw\ dw-i
X(, X-j, Y, et Vj étant des fonctions connues.
X|, Xj, Yi et Yo sont des séries trigonométriques en ti'i et w-^.
Pour que l'intégration des équations (3) soit possible, il faut :
i" que le rapport— soit incommensurable, ce qu'il est toujours permis de
supposer ;
2° que dans les séries trigonouiétriques Xj cl X^, les termes tout connus
soient nuls. Il eu est effectivement ainsi, mais la démonstration de ce fait
important est délicate et ne saurait trouver place ici ; je me borne à dire qu'elle
doit être fondée sur l'emploi des invariants intégraux;
3" que dans les séries trigonométriques Yi et Y.i, les termes tout connus se
réduisent à V[ elXf; comme Af et \% sont deux inconnues, nous déterminerons
ces inconnues par cette condition.
L'intégration des équations (3) est alors possible. Leur intégration introduira
quatre constantes arbitraires. A chaque approximation nouvelle, nous aurons
H. p. — VII.
39
466 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
ainsi qiialre constantes d'inU''grnU()ii de plus; nous leur donnerons des valeurs
quelconques et nous ne conserverons d'iiulres constaules arbitraires queoji, to.j,
0)1 el oj.j.
Ainsi les st^ries de .M. LindsLedl sonl des séries Irigononiélricjues en ui el
tVa; elles sont développées suivant les puissances de p. el iuissi suivant les
puissances des deux constantes w, cl w^.
Ces séries, d'après le théorème de M. Lindstedt, saùsfoal for me lie me ni ;hix
é(ju;ilions du niouvenienl. Si donc elles étaient uniformément convergentes,
elles nous donneraient l'inléf^rale générale de ces équations.
Je dès ijue cela n'est pas possible.
En ellel, supposons ([u'il en soit iiinsi el (jue nos séries convergent uniformé-
ment pour tontes les valeurs du temps et pour les valeurs suffisamment petites
de fx, de wi et (jj._, .
11 est clair (pie ^| et X.j sont aussi des séries ordonnées suivant les puissances
de \J., t»! et (Oj. Pour certaines valeurs de wi el coj le; rapport r^ est commensu-
rable. Les solutions particulières qui répondent à ces valeurs des constantes
d'intégration sont alors des solutions périodiques.
Nous avons vu plus haut que toute solution périodique admet un certain
nombre d'exposants caractéristiques. Voyons comment on peut calculer ces
exposants quand on possède l'intégrale générale des équations données.
Soit
Xi = lj<l(/, U)|, Wo, ÔJi, ÎO.j), .t;i= 4'2(/, U),, (U2, î»,, ÛSo ),
.)1 = '{''iC) '^l> '"2) <^ll '■>!)! .12= i'îCl l^lj («!> <>î|, <"s)
cette intégrale générale.
Supposons qu'en donnant à dJi, 6u, (i>i et w.j des valeurs déterminées w,', co",
ûj, cô°, les fonctions (j;,, <\i.,.^ '|î, <]^"„ deviennent périodiques en t. Pour avoir les
exposants caractéristiques de la solution périodique ainsi obtenue, nous for-
merons les seize dérivées partielles:
dx.
</x.
'Ol
,/ro .
<yâ>i
i/<j3\
r/tô|
t/wi '
,/x,
r/j-.
'(y,
dv,_
ltM«
t/lOn
(■/tOo
c/ioj '
,/x,
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 467
el nous y ferons ensiiiie
Alors -j-^ par exemple prendra la forme suivante :
dx\
-^ = <?'.'0i(/;-f-e»!'e2('/)-)-e='.'0..,r«)-^e»'0i(O,
les a élanl des constantes ot les 0 des fonctions périodiques.
Les a sont alors les exposants caractéristiques cherchés.
Appliquons cette régie au cas qui nous occupe. Nous avons
cpi étant périodique en W\ et en w-,.
Il vient alors
dx\ _ c/si r/./:, d-^\ ( d'i.t d:ft f/Àj rfs
dto, duj, \diiii divi rfioi dWi)
Les trois fonctions
r/ivi rf<i)| .-/o)! rfnj| d(i>, dw«
sont périodiques en Wi et w^ et par conséquent en t.
Un trouverait pour -^- et -; — des expressions analogues.
Cela prouve que les exposants caractéristiques sont nuls.
Donc, si les séries de M. Lindsledl étaient convergentes^ tous les exposants
caractéristiques seraient nuls.
Dans quel cas en est-il ainsi ?
Nous avons vu plus haut la manière de calculer les exposants caractéris-
tiques {% 10 et 12).
Dans ce dernier paragraphe nous avons vu que les exposants caractéristiques,
relatifs aux équations
dXi _ d\-\ dVt dvi _ </Fu dVt
dt dy, ' d), dt ~ dx, ' ' dxi
pouvaient se développer suivant les puissances de \/ix; nous avons appris à
former l'équation qui donne le coefficient «i de \^..
Rappelons comment se forme cette équation :
Nous avions posé dans le paragraphe cité
_ f/-F, , d'-f,
^it — — -rr—r-i «,-* =
dxi dxk dyi dyk
468
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Dans ces dérivées secondes on suppose x, d x-> remplacées par x", el xl, pen-
dant que )| el y-2 sonl remplacées par n^l -+- wi, n^t -+- ojo ('). C"^ est donc une
constante et B/^. une fonction périodique de t. J'appelle bu le terme tout connu
de celte fonction périodique.
Posons ensuite
eii = l'nC",, -f- il, es.,, c, = b-n G»., + b..Ct,.
L'équation qui nous donne a, s'écrira alors
en — «î Ci2
t'ïi e.22 — y-1
Pour que celle équation ait toutes ses racines nulles, il faudrait que l'on eût
en + «22= o
et
(4) bnC.% + 2b,,,C1.-hb.,«C?,. = o.
Or on a, comme je l'ai démontré dans le paragraphe cité :
«1 /yii -)- /i.,bi«= ii\bi\-\- «2^22= o.
Il faut donc pour (jue l'identité (4) iiil l'eu ou bien que
(5) 6,, = o
ou bien que
(6) « i Gî I — 2 n 1 «2-G',' 2 4- ii\ Cl 2 = o.
Occupons-nous d'abord de la relation (5). Si nous faisons dans la fonction
perturbatrice Fi
Xi= x\^ X^^ xl, J'i = /(i/ + 0)1, ) 2 = «2' -t- "J2,
F< deviendra une fonction périodi(pie de t. Supposons celte fonction périodique
développée en série trigonomélrique, et soit i]> le terme tout connu; 'i sera une ,
fonction péiiodique de wi el m., et il viendra
ba =
■U'iidiiiii
('; Iiiulilt- de rappeler ici que ces valeurs de x\, a.»', rt,, «, sonl celles qui correspondent à la
solution périodique étudiée; ce ne sont pas celles dont nous avons fait usage plus haut dans
l'exposé de la iiictliode rlr M, l.indstcdt. Le rapport — ' est donc coininensurable.
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 469
Nous devrons donc avoir
Nous pourrons toujours supposer que l'origine du temps a été choisie de
telle sorte que m-, soit nul et que i|> soit fonction périodique de wi seulement.
De plus la relation (-) devrait être (si les séries de M. Lindstedt conver-
geaient) satisfaite identiquement. Et en effet, si l'on admettait la convergence
de ces séries, il y aurait une infinité de solutions périodiques correspondant à
chaque valeur commcnsurable du rapport — •
Si la relation (^) est une identité et si ']/ est une fonction périodique, celte
fonction devra se réduire à une constante.
Voyons ce que cela veut dire :
La fonction perturbatrice Fj étant périodique par rapport à ji et à_j-o pourra
s'écrire
F, = SA,„,,„, cos(»M,)i-l- m-2 }■■:}-+- SB,,,,,,,, sinCmij-, -1- m^.y,),
les nii et les m^ étant des entiers, pendant que A„,^,„, etB,„^,„^ sont des fonctions
données de Xi et de x^-
On aura alors
'h = V A,°„,,„,cos(»(|Wi-+- /"2ÏÔ-) -I- ^ B,",,,,,. sin(ni,(ôi-i- m-iw,),
la sommation représentée par le signe V s'étendant à tous les termes tels que
«1 /«i -I- ri2 1H1 = o,
et A,", ,„^ et B," ,„ représentant ce que deviennent „,^„, et B,„^,„^ quand on y
remplace X\ et Xo par x\ et x",.
Comme les termes périodiques doivent disparaître de '\i, on aura
Ainsi les coefficients A„^,„^ et B,„_,„^ du développement de la fonction pertur-
batrice doivent s'annuler quand on y donne à x^ et à x» des valeurs telles que
«1 /«, -I- n^m^ = o.
Ou bien encore on doit pouvoir donner an rapport — des valeurs commensu-
rables sans introduire dans la fonction perturbatrice F( des ternies séculaires.
Il est clair qu'il n'en est pas ainsi dans le cas particulier du problème des
470 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
trois corps que nous avons examiné, et qu'on n'y peut donner au rapport des
moyens mouvements une valeur comniensurable sans introduire dans la fonc-
tion perlurhalrice des termes séculaires.
Passons maintenant à la condition [6), qui peut s'écrire
\iixi) dx^ " r/xt i/xi lixi <ix-< \àx\ / dx'i
Elle exprime que la courbe Fo(a"i, a72) = const. a un point d'inflexion au
poial Xi^= xi, X2 = xl-
Comme cette condition doit être remplie pour toutes les valeurs de xi et
de t", qui correspondent à un rapport -- commensurable, la courbe
Fo(a:4, Xn)z= consl. devra se réduire à un système de droites.
C'est un cas particulier que nous laisserons de côté, car il est évident que
rien de pareil n'arrive dans le problème des trois corps.
Ainsi, dans le cas particulier du problème des trois corps que nous avons
étudié et par conséquent aussi dans le cas général, les séries de M. Lindstedt
ne convergent pas uniformément pour toutes les valeurs des constantes
arbitraires d'intégration qu'elles contiennent.
22. — Non-existence des intégrales uniformes (i) .
Reprenons nos équations de la Dynamique avec deux degrés de liberté
r/x, _ r/F dyi^ _ d?_
dl dyi dt dxi
Ces équations admettent une intégrale F = const. Cette intégrale F est une
fonction analytique et uniforme de Xi, x^, )'), y^ et [t.; périodique de période 27:
par rapport à j-| et à y-j.
.Je me propose de démontrer qu'il n'existe pas d'autre intégrale jouissant des
mêmes propriétés.
Soit en effet <I» = const. une autre intégrale analytique uniforme par rapport
aux X, aux j' et à f;i et périodique par rapport aux y.
Soit
j;, = ç,(0, .r. = 92(0, ri=?3(0, .r2=?i(0
une solution périodique (de période T) de nos équations diflérentielles.
C) Voir aux Notes, Intégrales uniformes.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
471
Soit
,= 3,(n-
93(0 H- ?3, .»•,= ?..(<) + ?,
Soit (3,: la valeur de ^,- pour < =: o; soit (3, -|- i];; la valeur de ^, pour ^ = T; nous
savons que les i\i sont développables suivant les puissances croissantes des (3.
Considérons l'équation en S :
s
di^,
'-/•^
rf<J-,
</,i>
d<{..
d'f.
dh
d^. ^
d'!>-i
dh
dif^
dh
dh
dh
dh \
d'h
d^
d[i.
dh
dh
Les racines de cette équation sont égales à e*^ — i, les a étant les exposants
caractéristiques ; deux de ces racines sont donc nulles, et dans le cas particulier
du problème des trois corps que nous traitons, les deux autres racines doivent
être diflerentes de zéro.
Je remarque d'abord que nous avons :
!d?_d^ d¥_d^ dP_d^ d¥_d^_
\ dXi d'pi dxi d\ji dyi dpi dy^ d'h ~
^^' \ d^d^ d^ d^ d^ d^ f/* ^4^.. _
' d.c, dh dx. r/h di t f/'h dy-i d'h
Dans les dérivéee de F et de it, .r,, X;., y\ et >•■> doivent être remplacées par
=p,(T), =p,(T),9,(T), v..,(T).
On peut en conclure ou bien que l'on a
dx\
dx\
dV
ilx-i
d^
dx->
d¥
dy,
d^
d) i
7F
dV,
d<^
OU bien que le déterminant fonctionnel des <\i par rapport aux (3 est nul ainsi
que tous ses mineurs du premier ordre.
D'autre part on a, en désignant par 9Î(<) la dérivée de (fi{(),
U)
dF , , ^ dF , . ^ dF , , ^
dxi
?'.(o)-
dxi
?'»(o)-
d^
dy,
?3(o)-
dF
dyi
dy..
ç'i (o) = o,
04(0) = o.
472 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
De ces éciualions on peut conclure, par un calcul très simple donl on trouvera
plus loÏQ le détail, que si les équations (2) ne sont pas satisfaites, ou bien on
aura
(5) o'i(o) = z'.,{o) = 05(0) = 9'i(o) = o;
ou bien l'éijualiiin on S aura trois racines nulles (les quatre l'acines devraient
même être nulles, puisque les exposants caractéristiques sont deux à deux égaux
et de signe contraire).
Or nous savons que l'équation en S n'a que deux racines nulles; d'autre
part les équations (5) ne peuvent être satisfaites que pour certaines solutions
périodiques très particulières (je veux dire pour celles qui sont étudiées dans
la Mécanique céleste de Laplace, Livre X, Gliap. VI) et où le troisième corps
décrit comme les deux premiers une circonférence.
Les équations (2) devront donc être satisfaites. Elles devront l'être pour
jr, = 9,(T), .i-o=ço(T), ,i-,= 93(T), ,,„=ç,(T).
Mais comme l'origine du temps est restée arbitraire, elles devront l'être égale-
ment quel que soit t pour
j:, = 1,(0, Xi=o,(t), j, = =,(<), .•>!=?v(0-
En d'autres termes, elles le seront pour lous les points de toutes les solutions
périodiques. Je dis maintenant que ces équations sont satisfaites identiquement.
Posons par exemple :
rf'I» r/F r/'I) rfF
dX2 i/X\ r/xi d.i-2
Il est clair que / sera encore une fonction analytique et uniforme; on aura
y"=o pour tous les points de toutes les solutions périodiques. Je veux établir
que /'est identiquement nul; pour cela je vais montrer que l'on a identiquement
pour |jL ^ o :
..= /•= '-^ = ^ =
En effet, considérons une solution périodique quelconque du premier genre;
soit
celle solution; les fonctions q seront dévcloppables suivant les puissances de p.
et quand p tendra vers zéro, elles tendront respectivement vers
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 473
(x1 et xl étant des coiislantes telles que — soit cominensiirable et w, et w^ les
quantités définies dans le paragraphe 11 ). Tant que fj. n'est pas nul on aura
Mais la fonction/ étant analytique et par conséquent continue, on aura encore
pour fi = o (bien que pour p. =: o les esposants caractéristiques s'annulent) :
J' (xi, X\, «1 Z + W|, /loi -+- û);) = O.
Mais si l'on considère un système quelconque de valeurs de Xi et do x< on
pourra toujours trouver un système x\ et x\ qui eu différera aussi peu que l'on
voudra et qui correspondra à une valeur commensurable de — • Soit alors
Il — '21
î.i et Xi élanl deux entiers premiers entre eux. Nous choisirons t de façon que
fift -\-M,= yi-i- 2kr. (A- entier).
On aura alors
n.>t -+- w« = ,— ( J'i -I- ■-'. k- — oji ) -I- W|>
Si nous posons
ou devra avoir
«,< + (1)0= )S 4- 2A:'- (A: entier),
f{x",, a;?,. )•',',. v?) = o.
Etant donnée une valeur quelconque de y,, on peut choisir les entiers A- et k'
de telle façon que la différence j)'2 — ri soit plus petite en valeur absolue que y-^-
Mais nous pouvons toujours choisira:^" et x'I de façon que ce système de valeurs
diffère aussi peu que l'on veut de x, et de ^j, et que le rapport — tout en étant
commensurable soit tel que le nombre entier li soit aussi grand que l'on veut.
Par conséquent, étant donné un système quelconque de valeurs de x^, x^, yi
el y.2, on pourra trouver un système de valeurs qui en différera aussi peu qu'on
voudra et pour lequel/sera nul. Comme la fonction /est analytique, elle devra
donc être identiquement nulle pour p. = o.
Cela posé, comme /[«/(i, p.)] = o quels que soient t el p, il vient, pour
tous les points de la solution périodique,
d/ rif ,h^x dj_ ^92 dj_ dz,-^ dj dz, _
d\j. dx^ d\x. dx-i djx dVi d\}. '/) 2 dix
H. P. — VII. 60
474 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
Cette relation sera vraie en particulier pour
a = o, a,'i = a;î, xn= x^, }-,= «,?-+• (iî,, fn= n-it -\- ûi^.
Mais, quand fx est nul, / est identiquement nul, par conséquent ses dérivées
par rapport aux x et aux )" sont nulles. On a donc
"'/' 0 , -
_:_ = I) pour (1 = o, Xi=Xi, y, = /(,7 -i- lo/;
et l'on en conclurait comme plus haut que -^ est identiquement nul pour p-^o.
ri- f
On démontrerait de la même manière que -v^i et les autres dérivées de f
par rapport à pt sont nulles pour p. = o.
Donc la fonction f est identiquement nulle et les équations (2) sont des
identités.
Mais, s'il en est ainsi, cela veut dire que «I> est une fonction de F, et que les
deux intégrales <ï» et F ne sont pas distinctes.
Nos équations ne comportent donc pas d'autre intégrale analytique et uni-
forme que F = const.
Quand je dis que ces équations n'admettent pas d'intégrale uniforme, je ne
veux pas dire seulement qu'elles n'ont pas d'intégrale qui reste analytique et
uniforme pour toutes les valeurs de x, de y et de \j-.
Je veux dire qu'en dehors de l'intégrale F, ces équations n'admettent pas
d'intégrale qui reste analytique, uniforme (et périodique de y^ et j'o) pour
toutes les valeurs de y^, et de Va et pour les valeurs suffisamment petites de \i.,
quand Ti et Xo parcourent un domaine quelconque, si petit d'ailleurs que soit
ce domaine.
On sait que Bruns a démontré qu'en dehors des intégrales connues, le pro-
blème des trois corps n'admet pas d'intégrale algébrique. Ce résultat se trouve
donc confirmé par une voie entièrement difi'érente.
J'ai annoncé plus haut que les équations (1), (3) et (4) entraînent forcé-
ment une des trois conséquences suivantes : ou bien les équations (2) sont
satisfaites, ou bien ce sont les équations (5), ou bien l'équation en S a au
moins trois racines nulles.
En effet, formons la matrice suivante à quatre lignes et cinq colonnes :
d'\i d'hi (h'i^i rl'hi
(6)
offi, r/;ij ^[1, d'{j^ "''•"■*
(J=I, 2, 3, 4).
Si les équations fi) et (4) sont satisfaites sans que les équations (2) le soient.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4?^
nous devons conclure que tous les dôlerminants obtenus en supprimant dans
cette matrice deux colonnes et une ligne sont nuls.
Si maintenant l'on fait subir à Xi, x-,, ji et ja un changement linéaire de
variables, les '^ et les (3 subiront ce même changement linéaire et la matrice (6)
pourra être simplifiée.
On peut toujours supposer qu'on a choisi ce changement linéaire de telle
sorte que
— i— = o pour i < A:.
... , . .... . . di/^ dij-, c^d/3 dij^
Alors les produits trois a trois des quatre quantités -77-) —rrri -nh'» -rr- sont tous
r » » a!|j, api aps afii
nuls, d'où il suit que deux au moins de ces quantités sont nulles. On peut
toujours supposer que le changement linéaire a été choisi de telle sorte que
d>l-, dil; ... ,
ce soient -^ et -p- qui soient nuls.
(/lin d^i; ^
Si en outre une des deux quantités ~- et -rj^ est encore nulle, l'équation
T dp, dpi •
en S aura trois racines nulles.
Si, au contraire, aucune de ces deux quantités n'est nulle, les équations (3)
permettent de conclure que
ç', (o) = 92(0 > = o.
En supprimant dans la matrice (6) la troisième et la quatrième colonne et la
troisième ligne, ou bien la troisième et la quatrième colonne et la quatrième
ligne, il vient
d<\,, di\i., dt\i, rfi};, ,
d^d%'''^°^ = W^d^.''^''^^"'
ce qui ne peut avoir lieu que si
■f'i(o) = 92(0) = ?',(o) = ç'j(o) = o,
c'est-à-dire si les équations (5) sont satisfaites; ou bien si
dii[ di/n
c'est-à-dire si l'équation en S a trois racines nulles. c. q. f. d.
476 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
CHAPITRE IV.
TENTATIVES DE GÉNÉUALISATION.
23. — Problème des n corps.
Est-il permis d'espérer ijn'du puisse éleadre les résultats précédents aux cas
où les équations de la Dynamique comportent plus de deux degrés de liberté
et par conséquent au cas général du problème des n corps?
C'est possible, mais ce ne sera pas sans un nouvel effort.
Je croyais, en commençant ce travail, que la solution du problème, une fois
trouvée pour le cas particulier que j'ai traité, se généraliserait immédiatement
sans qu'on ait à vaincre aucune difficulté nouvelle en dehors de celles qui sont
dues au nombre plus grand des variables et à l'impossibilité d'une représen-
tation géométrique. Je me trompais.
Aussi crois-je devoir insister un peu ici sur la nature des obstacles qui
s'opposent à cette généralisation.
S'il y a /> degrés de liberté, la silualion du système peut être représentée
par la position d'un point dans l'espace à 2/j — i dimensions. Lu plupart des
conclusions de la première Partie sont encore vraies et n'ont à subir aucun
changement. Il existe donc une infinité de solutions périodiques représentées
par des trajectoires fermées et se classant en stables et en instables, ou même
en catégories plus nombreuses, d'après la nature de leurs exposants caractéris-
tiques. Il existe aussi une infinité de solutions asymptotiques.
J'ai cherché également à étendre au cas général le calcul du paragraphe 17
en laissant de côté la question de convergence. Les séries qu'on obtient de la
sorte peuvent en effet, même lorsqu'elles divergent, être utiles dans certains
cas aux astronomes et peut-être guider les géomètres vers la solution définitive.
Supposons trois degrés de liberté et reprenons les équations (1) du para-
graphe 11 en faisant les mêmes hypothèses que dans ce paragraphe.
Cherchons ensuite trois fonctions de l'i , j\., i':i :
ET LES ÉQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 477
salisfaisanl aux équalions
dx,
dF dx, dF
dXi dy-, dxi
dxy dF dF
dy, dxs dy,
dxi
dy.
dF dx., dF
dx\ dy^_ dx-i
dx-, dF dF
dyz dxz dy-x
dx-,
dF dx-i dF
tlx\ ily-i dx^i
dx3 dF dF
dyz dx,; dy-.
OU. ce f|ui revient au même, aux ocjualions
, dx\ dx. dx:, dx- dx, dx-s
' d)-- (/il (/}-, dy.; '/)>, dy.
Nous supposerons que Xi, x-,, x,, peuvent se développer suivant les puis-
sances de p. ou de \'f. et (|ue pour p. ;=o, elles se réduisent à des cons-
tantes .c°, x", xl.
Nous poserons ensuite comme plus haut :
(4F„ dFo dFo
^=-"- d^=-"^' dFI=-"'-
Si entre «i, «a, n.,, il n'y a aucune relation linéaire à coefficients entiers, on
peut développer Xi, x^ et x^ suivant les puissances de [x; chaque ternie est
périodique à la fois par rapport à j'i, à y-2 et à yj. Mais il s'introduit de pe.lits
diviseurs.
Si entre «i, n^ el n-;. il v a une relation linéaire et une seule à coefficients
entiers
«il II, -h m;ll-2-+- 1)1; II;; = O.
les calculs peuvent se poursuivre absolument comme dans le paragraphe 18.
Les trois fondions x,, x., et x,, se développent suivant les puissances de ^/|j. el
elles sont au moins doublement périodiques, je veux dire qu'elles ne changent
pas quand j>'i, Vj el y,, augmentent d'un multiple de 27: de telle façon que
'"1 >i + '"■jT2+ m-.iV:, ne change pas; il y a encore de petits diviseurs.
Il reste un ti'oisième cas, le plus intéressant de tous, qui est celui où il y a
entre «1, n-^, n,, deux relations linéaires à coefficients entiers :
m, n, -+- 111-2 II-, -+- /iir./i.; = 0, «('1 /(, -I- /n'2 n-,-h m', /i-^ o.
On peut alors développer Xi, x^ el x,, suivant les puissances de \/fJ. et de façon
que ces fonctions soient périodiques, je veux dire qu'elles ne changent pas
quand y^, y-, et y,, augmentent d'uu multiple de ir., et de telle sorte que
4^8 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
'MiJ « 4- "I2J 2+ '«:ij3 et l)l\y^-\- in'.,y-.-j- m'.ys ne changent pas. Il n'y a
plus de petits diviseurs, mais le calcul de ces fonctions n'est pas sans certaines
difficultés.
Eu première approximation, la détermination de ces fonctions dépend de
l'intégration d'un système d'équations différentielles (|ui ont la forme cano-
nique des équations de la Dynamique, mais avec deux degrés de liberté seu-
lement. Dans presque toutes les applications, ces équations dépendront d'un
paramètre très petit par rapport auquel on pourra développer, de manière
qu'on pourra leui' appliquer les conclusions des Chapitres I et II (1'° Partie).
Dans les approximations suivantes, on n'aura plus à effectuer que des qua-
dratures.
Ce n'est pas tout; le problème des n corps présente des difficultés spéciales
(ju'on ne rencontre pas dans le cas général. Sans doute ces difficultés ne sont
pas aussi essentielles que celles dont j'ai signalé plus haut l'existence, et un
peu d'attention doit permettre d'en triompher.
Mais j'en dois dire ici quelques mots.
Dans le problème des n corps, F,, ne dépend pas de toutes les variables
linéaires X;; par conséquent, non seulement le hessien de |Fu par rapport aux
variables xi est nul, mais le hessien d'une fonction arbitraire de F„ est encore
nul {Cf. p. 359). Cela vient du fait suivant : si f^i = o. c'est-à-dire dans le
mouvement képlerien, les périliélies sont fixes.
Cette difficulté n'existait pas dans le cas que nous avons traité (pre-
mier exemple, § lo), parce que nous avions pris pour variable non pas ^longi-
tude du périhélie, mais g — t. Elle n'existerait pas non plus avec une loi
d'attraction autre que la newtonienne.
Voici quelles en sont les étranges conséquences :
Nous avons vu qu'il y a deux sortes de solutions périodiques : les solutions
du premier genre, dont nous avons parlé dans le Chapitre III (I"^' Partie) et
qui subsistent quelque petit que soit |^, et les solutions du deuxième genre
dont nous avons parlé dans le paragraphe 20 et c[ui disparaissent l'une après
l'autre quand on fait décroître p..
Dans le cas du problème des trois corps, si l'on fait p = o, les orbites des
deux petits corps se réduisent à deux ellipses képleriennes. Que deviennent
alors les solutions périodiques du premier genre quand on fait fx=:o? En
d'autres termes quelles sont les solutions périodiques des équations du mouve-
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 479
ment képlerien? Les unes correspondent au cas où les deux moyens mouve-
ments sont commensurables. Mais il en est d'autres qu'il est plus malaisé
d'apercevoir et sur lesquelles je dois insister.
Si |JL := o, c'est que les masses des deux planètes sont infiniment petites et
qu'elles no peuvent agir l'une sur l'autre d'une manière sensible, à moins
cPétre à une distance infiniment peti le Vune de Vautre. Mais si ces planètes
passent infiniment près l'une de l'autre, leurs orbites vont être brusquement
modifiées comme si elles s'étaient choquées. On peut disposer des conditions
initiales de telle façon que ces chocs se produisent périodiquement et l'on
obtient ainsi des solutions discontinues ( ' ) qui sont de véritables solutions
périodiques du problème du mouvement képlerien el que nous n^ avons pas le
droit de laisser de côté.
Telles sont les raisons pour lesquelles jai renoncé, au moins momentané-
ment, à étendre au cas général les résultats obtenus. Non seulement le temps
me fait défaut, mais je crois qu'une pareille tentative serait prématurée.
En effet, je n'ai pu faire encore du cas particulier même auquel je me suis
restreint une étude suffisamment approfondie. Ce n'est qu'après bien des
recherches et des efforts que les géomètres connaîtront complètement ce
domaine, où je u'ai pu faire qu'une simple reconnaissance, et qu'ils y trou-
veront un terrain solide d'où ils puissent s'élancer à de nouvelles conquêtes.
(') Ce sont les solutions que H. Poincaré a appelées de deuxième espèce et a étudiées au
Chapitre XXXII des Méthodes ISouvelles- Voir à ce sujet, aux Notes, Solutions périodiques.
SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS
huUetiii Astronomique, t. S, p. 12-^^ (janvier 1S91 ).
J'ai publié dans le Tome 13 des Acta Malliemalica (') un Mémoire où
j'obliens quelques résultais relatifs à un cas particulier du problème des trois
corps el à divers problèmes de Dynamique; je crois qu'il ne sera pas inutile de
reproduire ici sans démonslralion quelques-uns de ces résultats pour les
lecteurs du Bulletin astronomique qui n'auraient pas le temps de lire in
extenso le Mémoire original, qui est assez volumineux.
Je ne parlerai ici que de ce cas particulier du problème des trois corps que
je viens de mentionner el qui est le suivant.
Supposons trois masses A, B et G se mouvant dans un même plan. Je
suppose que la masse A sait très grande, la masse B très petite, la masse C
infiniment pelile et incapable, par conséquent, de troubler les deux autres.
Alors A et 13 se niouvronl suivant les lois de Kepler. Je suppose de plus que les
excentricités de A et de B sont nulles, de telle sorte que ces deux masses A
et B décrivent des circonférences concentriques, el je nie propose d'étudier le
mouvement de C sous rallrnclion de A el de B dans le plan de ces deux
circonférences. Tel serait le cas du Soleil, de Jupiter et d'une pelile planète,
si l'on négligeait l'excenlricilé de Jupiter el l'inclinaison des orbites.
Tous les résultats que je vais énoncer se rapportent à ce cas particulier.
Depuis j'ai cherché à les étendre au cas général du problème des trois corps;
tel a été le principal objet des leçons que j'ai professées à la Sorbonne de
novembre 1889 à mars 1890 el qui seront publiées prochainement chez
MM. Gaulhier-Villars et (ils; mais je ne m'occuperai pas pour le moment de
celle extension.
C; Œuvres de H. Poincaré, ce Tome, p. 262.
SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. . 48l
Voici (i'nl)oril l(?s nota lions que je compte employer.
Je définirai la position du point G par ses éléments osculateurs. Je désignerai
par a, e et n le grand axe, l'excentricité et le moyen mouvement, par j'j l'ano-
malie moyenne et par g la longitude du périhélie.
Je désignerai par i la masse de A et par \j. celle de B; p. sera donc une
quantité très petite. Je choisirai les unités et l'origine du temps de façon que la
constante de Gauss soit égale à i; que le moyen mouvement de B soit égal à i,
et la longitude de B égale à (.
Je poserai
F sera la fonction perturbatrice augmentée de j:, H j; les équations prendront
alors la forme symétrique
^^' UT ~ dyC ir ~ ,lyi ITT " dxC (U ~ dx.'
La fonction F sera susceptible d'être développée suivant les puissances de \i.^
et nous écrirons
F = Fo + ;ji F) -(- |x= F» -+- . . . ;
on aura d'ailleurs
Fo = ^iH ?•
Enfin F sera fonction de .i-\, .r-,, j'i et 12 seulement et sera périodique de
période avr par rapport à ji et jo-
Les équations (i) admettent, comme intégrale, F:=G; celte intégrale,
connue sous le nom d'intégrale de Jacobi, peut être obtenue en combinant celle
des forces vives avec celle des aires.
On peut aussi la regarder comme l'intégrale des forces vives dans le
dans le mouvement relatif du point G par rapport à deux axes mobiles tournant
d'un mouvemenl uniforme; à savoir la droite AB et une perpendiculaire à AB
menée par le centre de gravité du système supposé fixe.
G'est pourquoi je conserverai à la constante G le nom de constante des
forces vives.
Solutions périodiques.
Les premiers résultats sur lesquels je veux appeler l'attention sont relatifs à
certaines solutions particulières remarquables des équations (i). Je citerai
H. P. — Vit. 61
.{82 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS.
d'abord les solutions de la forme suivante, que j'appellerai solutions périodiques :
Los fonctions cp,, ly..., O;, et cp.i sont des fonctions péiiodi(jiies de j)(''riode T et
soûl, |)ar couséquent, développables suivant les sinus et cosinus des multiples
de •^tJt- De }ilus, «1 1' et n-.T sont des niullijiles de 27T.
Je dislingue les solutions pt^riodiques du premier genre, pour lesquelles les
fonctions 91, o^i 9:1 et 91 sont développables suivant les puissances de /j..
A chaque système de valeurs de n, et de «j, cominensurahles entre elles,
correspondent au moins deux solutions périodiques du premier genre.
.J'enseigne à former les coefficients des séries o, qui sont absolument
Solutions périodiques du deuxième genre.
11 existe également des solutions périodiques pour lesquelles les séries 9 ne
sont pas développables suivant les puissances de [j. et que j'appellerai solutions
du deuxième genre. Voici sous quelle forme elles se présentent d'ordinaire :
Soit
j;i=v,(0, ^2=r2(0> yi= nit -^- <f,{t), y,_= n,t -i- !f ■,{/),
une solution périodique du premier genre, c'est-à-dire développable suivant les
puissances de /j.; soit T la période. Soit
ce que devient cette solution quand on y donne à p. une certaine valeur jj-q.
Alors les fonctions ']/" sont développables suivant les sinus et cosinus des
multiples de -rrr--
Il existera dans certains cas une solution périodique de la forme suivante :
x^= ■]'!!(o-+-(i^-i^o)^'i'y'(o + (H--i^o)4'2^'(0 + (i^-i^o)Hy"(o+-.-,
y, = na-h 'lt(t) -f- ([Ji - h:o)Hv'(0 + (|^ - |^.„ ) 'f :," ' ( 0 + ( 1^ " I^o)^|'/'(0 + • ■ ■ >
.,'.,= n.,<-i- ■ii{t) + (,a- ,ji„)^^V'(0 + (;^ - i^^^')V''(n -*- (i^ - !J.nf 'K"(0 + ■ ■ ■•
Les fonctions '^|."(<), 'l\''\t), <!'/'"(') sont périodiques par rapporta t; mais la
période n'est pas égale à T comme pour les fonctions '\if{t), mais à /. T, /.' étant
un nombre entier. Par conséquent, x,, x-,, )\ — rittely^ — «jf sont dévelop-
SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. 483
pables suivant les puissances de y ,a — /jlq et suivant les sinus et cosinus des
multiples de ^^ •
Pour ^>(ji„, on a deux solutions périodiques du deuxième genre réelles et
distinctes; pour p. = |j.||, elles se confondent entre elles et avec la solution du
premier genre
pour p- < p-oi elles deviennent imaginaires.
Dans certains cas le contraire peut avoir lieu, et il peut arriver que les deux
solutions soient réelles pour p. •< pj et imaginaires pour p- > p,,.
Exposants caractéristiques.
Les solutions périodiques semblent d'abord sans aucun intérêt pour la
pratique. La probabilité pour que les circonstances initiales du mouvement
soient précisément celles qui correspondent à une pareille solution est évi-
demment nulle. Mais il peut très bien arriver qu'elles en diffèrent fort peu : la
solution périodique pourra jouer alors le rôle de première approximation
d' « orbite intermédiaire ». Il peut donc y avoir intérêt à étudier les solutions
qui diffèrent peu d'une solution périodique. Voici comment on opérera :
Soit
«<=9<(0, .>'(= «i' -I- ?,+:(0. (' = ','-«)
une solution périodique quelconque.
Considérons une solution peu différente et posons
a;,= i.i(0 -+- i.h J't= "it -+- 3,+2(/)H- T,/.
Si les ^,- et les ru sont des quantités assez petites pour qu'on puisse en négliger
les carrés, les équations deviendront
dt ~ Z^dyidxk'-''^ Z^dy^dy-k^''
(2) { " ((, k = I, 2).
dt ^U djCi dxk ' ^^ dxi dvii '
k k
Dans les dérivées secondes de F qui figurent dans les équations (2), on doit
remplacer x, etj)',- par o,(<) et «,•< + cf>,-i-2(<); les coefficients de Ey, et de r,/, dans
les seconds membres de ces équations (2) sont donc des fonctions périodiques
données de t.
iSi SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS.
L'inK^grale générale des équations (a) s'écrit
Ç,- = A e»' S; H- IJ e-»' s; -i- ((". + / D ) S," + DS;" . _
•r)i= Acï'Ti-i- l!e-»'T; H-(C-4-<D)T;'-(-D'n' *■'-'' ^'*-
A., B, C, D sont i|ualre constanles d'iulégralioii ; a est une conslaule non
arl)itraire. S,-, S,', S", S", T,-, T| , T" , TJ' sont dos fondions périodiques de /
développables suivant les sinus et les eosinus des niulliplcs de -rrr--
La conslanir y. et les coefficienls de S,-, S| , T,- et T| sont développables
suivant les puissances de y'/jt., ceux de SJ, S", TJ et TJ' suivant les puissances
de p.. .l'enseigne à former toutes ces séries qui sont absolument convergentes.
L'exposant x s'appelle exposant caractéristique. 11 est réel ou purement
imaginaire. Dans le premier cas, la solution périodique sera dite instable, dans
le second cas elle sera dite stable. Cette dénomination se justifie aisément, bien
quelle ne doive pas être prise dans un sens absolu, puisque nous avons négligé
les carrés des £ et des rj.
Nous avons vu qu'il y aura au moins deux solutions périodiques du premier
genre correspondant à chaque système de valeurs de «i et de /lo, commen-
surables entre elles. J'ajouterai qu'il y en aura toujours un nombre pair et
précisément autant de stables que d'instables.
Solutions asymptotiques.
Soit
une solution périodique quelconque instable. 11 existe deux séries de solutions
particulières remarquables que j'appellerai solutions asymptotiques.
Les solutions asymptotiques de la première série seront de la forme suivante :
( Xi= ^t{t)-h Ae-«'0;'i(O + k^e~"-='-'<J'r'{t) -H A^e-3»'0i-"(O + . ■.
^ ( v;=«,^-hî,+,(0-+- Ae-«'0iU(O-HA-e-2«'0;.|^(O-t-... (1 = 1,2).
A est une constaule arbitraire d'intégration, a est l'exposant caractéristique
(que je suppose positif), les fonctions <ï."(t), 0|"'(<), . . . , (j = i , 2, 3, 4) sont
périodiques de période T et développables par conséquent comme les Oi(t) par
rapport aux sinus et cosinus des multiples de '-^- I>es coefficients du dévelop-
pement sont eux-mêmes des séries dont les termes sont rationnels en y'/j..
SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. 485
Inulile de faire remarquer que, si l'on reprend les notations du paragraphe
précédent, on a
Les séries (3) sont convergentes pour les valeurs de t suffisamment grandes.
On voit que, quand l croît indéfiniment, les solutions représentées par les
équations (3) se rapprochent asvmptotiquenient de la solution périodique.
Les solutions asymploliques de la seconde série seront de la forme suivante :
j jc,= 3,(n-l- Be3;'(.);.i''( 0-1- B-^e^="(o;.-'(0 -*-••-,
B est une nouvelle constante d'intégration, a est encore l'exposant caracté-
ristique; les fonctions w sont de même forme que les fonctions 0 qui entrent
dans les équations (3). On obtient d'ailleurs les fonctions co si dans les
fonctions 0 on change y/fv. en — \ ;j..
Les séries (3 bis) convergent pour les valeurs de t négatives et suffisamment
grandes. Quand ( tend vers — », les solutions qu'elles représentent se
rapprochent asymptotiquement de la solution périodique.
Solutions doublement asymptotiques.
Il exisie une infinité de solutions qui appartiennent à la fois aux deux séries
et qui sont, par conséquent, représentées par les équations (3 bis) pour les
valeurs de l négatives et très grandes, et par les équations (3) pour les valeurs
de t positives et très grandes.
L'orbite, d'abord très peu dilTércnlo de celle qui correspond à une solution
périodique, s'en éloigne peu à peu, et après s'en être écartée beaucoup finit par
s'en rapprocher asymptotiquement.
L'existence des solutions doublement asymptotiques est un point d'une
démonstration très délicate et qui m'a donné beaucoup de peine. En efiet, les
séries (3 bis) ne convergent que pour les valeurs de t négatives et très grandes,
les séries (3) pour les valeurs de t ])ositives et très grandes. Il y a généralement
un intervalle où aucune des deux séries ne converge.
Divergence des séries.
Les considérations qui précédent peuvent jiermelire délablir que les séries
habituelles de la Mécanique céleste sont divergentes; ce n'est pas qu'elles ne
486 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS.
puissent néaainoins élre ulileineiU employées; en ellel, il peut arriver que les
Icrnu's d'une série décroissenl ilabord 1res ra|)ideiiieal pour croilre ensuite
indélininienl, cl par conséquenl que celle série, quoicpie divergente, puisse
servir à représenter une fonction avec une approximation très grande, mais non
indélinie. Tel est le cas de la série célèbre de Stirling et de quelques dévelop-
pements usités en Physique mathématique. Tel est aussi celui des séries de la
Mccanicjue céleste, et l'approximation qu'elles fournissent est très suffisante
pour les besoins de la pratique. Ce que je veux dire de leur divergence n'est
doue pas une raison pour en proscrire l'usage.
Les séries de M. Lindstedt ne peuvent pas converger uniformément pour
toutes les valeurs de la constante d'intégration qui y entre; on démontre, en
ellel, que, s'il en était ainsi, il n'y aurait pas de solutions asymptotiques.
Je prendrai comme second exemple certaines séries dérivées des séries (3)
et (3 bis). La série (3) converge; mais nous avons vu que ses coefficients
peuvent eux-mêmes se di'velopper en séries convergentes dont les termes sont
rationnels en y/,a; quand on a fait ce développement, la série (3) reste encore
convergente.
Supposons mnintenanl cjue Von développe ces fonctions rationnelles de y/fJt
suivant les puissances de yZ/J., ce développement est possible pour chacune
d'elles. Mais si l'on ordonne ensuite la série (3) suivant les puissances
croissaules d<! y/;j., la série ainsi obtenue devient divergente; on démontre, en
effet, que si elle convergeait, toute solution asymptoti(|ue serait doublement
asymptotiqiie, ce qui n'a pas lieu.
Le développement auquel on parvient de la sorte et qui, bien que divergent,
peut rendre des services au même lilrc; cjue ceux de M. Lindstedt, se met sous
forme élégante si l'on élimine t el A entre les quatre étjuations (3) par les
régies ordinaires du calcul. On Irouve, en ellel, que .7'i et a-j s'expriment eu
séries ordonnées suivant les puissances de y/;-/, et suivant les sinus el cosinus
des multiples de — et ■ "•
' X X
Non-existence des intégrales uniformes.
Les équations (i) admellent une intégrale qui s'écrit
F(xi, x-i, vt, y-i) = C;
c'est l'intégrale des forces vives; le premier membre F est uniforme par rap|jort
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS. 487
à Xi, X',, yi et y.,, périodique de période 271 par rapport à ji et y^,
développable suivant les puissances de [j..
Je dis qu'il n'y a pas d'autre intégrale de la même forme; c'est-à-dire que les
équations (1) ne peuvent admettre une intégrale
<P{Xi, X,, jKi, j-2) = G
distincte de la première et où <t soit périodique en yi et j-.,, développable
suivant les puissances de /j., et uniforme pour toutes les valeurs réelles de yi
et j'o, pour les valeurs suffisamment petites de [j. et pour les valeurs de Xi et
de a?2 comprises dans un certain domaine.
On démontre, en eflel, que, s'il en était ainsi, les séries de M. Lindstedt
convergeraient. Ce résultat est d'ailleurs susceptible d'être généralisé de
diverses manières.
Formes des orbites.
On peut se proposer de dessiner les orbites correspondant aux diverses
solutions particulières dont je viens de parler, et j'ai l'intenlion de revenir sur
ce point dans un autre article. Pour cela, le mieux est de considérer deux axes
mobiles, à bavoir : la droite AB et une perpendiculaire à AB menée par lo
centre de gra\ ité du système, et do chercher à dessiner la trajectoire relative
du corps G par rapport à ces axes mobiles.
Dans le cas des solutions périodiques, celte orbite relative est une courbe
fermée; dans le cas des solutions asymptoliques, c'est une courbe en spirale
se rapprochant asjmplotiquement d'une courbe fermée. 11 convient d'ajouter
que les diverses spires se recoupent mutuellement.
Considérons une orbite fermée correspondant à une solution péiiodique et
les deux séries d'orbites asymptoliques alTérenles à celte même solution. Par
un point M du plan passeront, en général, une ou plusieurs orbites asympto-
liques do la première série, ainsi qu'une ou plusieurs orbites de la deuxième
série. Soit Ti une orbite de la première série passant par M; soit p l'angle sous
lequel elle coupe une orbite T^ de la deuxième série passant par M. .Si p est
nul, les deux orbites se confondent en une seule el deviennent ainsi doublement
asymptotiques; il y a une infinité de points pour lesquels il en est ainsi.
Mais, en général, |3 n'est pas nul; cependant, si la masse /-t esl regardée
comme un infiniment petit du premier ordre, on démontre que, parmi les
angles p (sous lesquels Ti coupe les diverses orbiles asymptoliques de la
488 SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS.
deuxième série qui passent par M), il y en a un qui est infinimenl petit
d'ordre inlmi; je veux diic <|u'il est du mriue ordre de grandeur que
l'exponentielle e '•''', a élanl une constante positive.
11 est encore un autre point sur liiquel je désire attirer l'altenlion.
Les séries ['6) ne eliangent pas, si j'y change A en Ae^+^ et < en < + T; si
donc on change A en Ae*', l'orbite asyniplolique correspondante ne change
pas; la seule dillerence est que le mobile G |>asse en un même point de cette
orbite à des époques difl'érenles.
Ainsi les valeurs suivantes de hi constante d'intégration A, Ac"^'^, Ae^-*^,
Ae*^*^, . . . correspondent à une seule et même orbite asymptoliqne.
11 est donc toujours permis, s'il ne s'agit que de définir cette orbite, de
choisir la constante A entre i et e^^.
Cela posé, considérons n orbites doublement asymplotiques quelconques;
pour des valeurs suffisamment grandes de <, les équations de ces orbites
pourront se mettre sous la forme (3). A ces n orbites correspondront n valeurs
de la constante A que j'appelle A,, A.j, ..., A„ et que je puis toujours
supposer comprises entre i et e"'.
Pour des valeurs de t négatives et très grandes, les équations de ces mêmes
orbites (en changeant au besoin l'origine du temps) pourront se mettre sous la
forme (3 bis). A ces n orbites correspondront alors n valeurs de la constante B
que j'appellerai Bi, Bo, . . ., B„ et que je pourrai toujours supposer comprises
entre i et e".
Et bien, ce qu'il importe de remarquer et ce qui met bien en évidence la
complication du problème des trois corps, c'est que si Ai, \.,, ..., A„ sont
rangés par ordre de grandeur croissante, les constantes, B,, B^, ..., Bn seront,
en général, rangées dans un ordre tout dilTérent.
Invariants intégraux.
Une notion nouvelle, celle des invariants intégraux, m'a (''lé très utile pour
démontrer les résultats qui précédent. .le me bornerai ici à énoncer quelques
propositions saillantes relatives à cette théorie.
Considérons le problème des trois corps; pour définir la situation du
système, nous nous donnerons dix-huit vari.ibles : ce seront d'abord les trois
coordonaées Xi, x-j, x., du [jrcmier corps, les projections ji, i^., y.i de la
SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. 4^9
quantité de moiivemenl de ce premier corps sur les trois axes. Ensuite a:.,, x-,,
Xe, }'.\, y-aj }'6 seront les quantités analogues pour le deuxième corps, a";, x^,
^'ji Vn '85 J'u lës quantités analogues pour le troisième corps.
Nous envisagerons alors neuf points dans un plan que j'appellerai M,,
M^, ..., M,j et dont les coordonnées seront respectivement (xuj't), {X'2,yi), ■■■,
(x.j, j'a). Gela posé, considérons une solution des équations différentielles du
mouvement dépendant de deux constantes arbitraires a et p. Alors les Xi et
les y; seront des fondions du temps /.. de a et de p. Soit ,'jt. le point dont les
coordonnées sont a et p; si le [)oint jj. reste intérieur à une certaine aire ff,
les points iMi, M>, . . ., M.„ resteront intérieurs à certaines aires Sj, So, ..., .S,j.
Ces neuf aires se déformeront et se déplaceront, puisque les coordonnées du
point M, dépendent non seulement de a et [3, mais encore du temps t; mais
la somme algébrique de ces neuf aires demeurera constante. Il est à peine
utile de faire observer que certaines de ces aires pourront avoir des parties
positives et des parties négatives; c'est ainsi que, au point de vue analytique,
l'aire totale de la lemniscale est nulle parce qu'une des boucles doit être
regardée comme positive et l'autre comme négative.
Supposons maintenant f|uo l'on envisage une solution ne contenant plus
qu'une seule constante arbitraire a. Si celte constante a varie depuis a,,
jusqu'à 3(|, les neuf points M,, Mj, ..., INI,, vont décrire certains arcs ),i,
Xo, ..., ).;i qui se déplaceront et se déformeront avec le temps, puisque les
coordonnées de M, dépendent non seulement de a, mais encore de t. Soit U,-
l'intégrale / (2x1 dyi-\- y/ dxi) prise le long de l'arc /.,. U,- sera une fonction
du temps puiscjue l'arc )., se déplace. Soit c„ la valeur de la constante des
forces vives correspondant à y. =^ a,,, et C| la valeur de la constante corres-
pondant à 3£ --= aci, on aura
Iv étant une constante indépendante du teuips.
Stabilité.
Revenons au cas particulier dont nous nous sommes occupés presque exclu-
sivement dans ce travail. Dans ce cas, MM. Hill et Bohlin ont démontré que le
rayon vecteur CA. ne peut croître au delà de toute limite; mais il reste pour
établir complètement la stabilité un dernier point à démontrer. Il faut faire
n. p. — vu. 62
.{yil SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS.
\(iii' que les Irois corps se rclroiiveionl unu inlioité de lois aussi près c[u'oii
voudra de leur position initiale.
L'esisloiice nièine des sohilioas asyinptotiques montre suffisamment qu'il
existe une inlinilc^ de solutions particulières qui ne satisfont pas à cette
condition. Mais, d'autre part, j'ai démontré, par la méthode des invariants
intégraux, qu'il v en a aussi une infinité qui y satisfont. On peut d.mc, à ce
point de vue, dire qu'il y a une infinité de solutions particulières instables, et
une infinité de solutions narti<iilières stables.
Mais il V a plus, on peut dire que les premières sont l'exception et que les
secondes sont la règle, au même titre que les nombres rationnels sont l'excep-
tion et que les nombres incommensurables sont la règle. Je démontre, en eliet,
que la probabilité pour (|ue les circonstances initiales du mouvement soient
celles qui correspondent à une solution instable, que cette probabilité, dis-je,
est nulle. Ce mot n'a par lui-même aucun sens : j'en donne dans mon Mémoire
une définition précise que je ne crois pas utile de reproduire ici; mais je dois
ajouter que le même résultat subsisterait, quelle que soit la définition adoptée,
pourvu qu'il n'entre dans cette définition que des fonctions continues.
SUR L'APPLICATION DE LA MÉTHODE
DE M. LINDSTEDT
AU PROBLÈME DES TROIS COUPS
Comptes rendus de l'Acndrinie des Sciences, t. Il'i, p. i.io5-i3og (7 juin 1892).
Dans une Gomimuiicaliou que j'ai eu l'iiunneur de laire à l'Académie, il J a
quelques années (C /.'. Acad. Se, t. 108, p. 21) ('), j'ai exposé la uiélhode
de M. Lindsledt sous une forme nouvelle, fondée sur les principes des Vorle-
sungeti liber Dynamilx.
l^e but de la présente Note est de montrer d'abord (jue cette méthode peut
être appli(|uée à l'étude des variations séculaires des élétiicnts des planètes,
mais qu'elle ne peut, sans modification, s'étendre au problème des trois corps,
et quelles sont les un)di(ications à faire pour ijne cela devienne possible.
Voici les notations que j'adopterai; je rapporterai la première planète au
Soleil, et la seconde au centre de gravité du système formé par le Soleil et la
première planète. Je désigne par /ji, (3 et |3' trois coefficients dépendant des
masses : le premier très petit, les deux autres finis.
J'appelle a le demi-grand axe de la première planète, sincp l'excentricité,
/ l'inclinaison, X la longitude moyenne, 0 la longitude du nœud, ro celle du
périhélie, et je pose A =: (3 \Ja ;
sin ~ snicr,
Ç = ?. \J\ sin - C0ST7!, r, = — a \/A
p = 2 y/A coso sin - cusU, q = — 2 y/ A coss sin - sinU.
(') Œuvres de II. Poincaré, ce Tome, p. 5ji.
49» l'application de la méthode de m. lindstedt.
Je désignerai les élémoiils correspondants de h\ seconde plancle par les
mêmes lettres accentuées, de sorte que nos douze variables seront les sui-
vantes :
A, A', i. Ç', p, p',
( A, A , T), T, , r/, q
J'appelle /jlF l'énergie totale du système. F sera développable suivant les
puissances de p., de sorte que j'écrirai
F = F„-i-;jiF,-i-;j:^F,-i-....
Fu ne dépendra que de A et A'; F\, Fu, . . . seront développables suivant les
puissances des variables E, r;, p el q et suivant les cosinus et sinus des mul-
tiples de \ et de )/. Je désigne \\:\r W la viileur moyenne de F, considérée
comme fonction périodique de ). et À'.
Si alors je désigne par Xi une quelconque des variables de la première ligne
du tableau ( i ), et par j)',- la variable correspondante de la deuxième ligne, les
équations du mouvement pourront s'écrire
ilxi rIV clyi (IV
Les fondateurs de la Mécanique céleste ont été conduits à envisager les
équations suivantes :
dxi dK dvi dK
Dans ces équations, nous ne désignons par j-, et >', que les \arinbles des
quatre dernières colonnes du tableau ( i ). lî ne dépend ni de "/, ni de ),' et nous
regardons momentanément A et A' comme des constantes. L'importance des
équations (.'>) provient de ce qu'elles nous font connaître les plus considérables
des variations que peuvent subir ?, r;, p, q, . . ■ , de ce qu'elles peuvent, en
d'antres termes, nous fournir une première approximation pour le calcul des
variations séculaires de ces quantités.
Pour rendre la méthode de la Communication citée applicable aux équa-
tions (3), il faut profiler de la petitesse des quantités £, rj, ... ; soit £ un coef-
ficient très petit et posons
R devient développable suivant les puissances croissantes de i- et nous pouvons
écrire
H = l'.oH- £-Ho-l-£'H4-l-. . .
l'application de la méthode de m. lindstedt. 493
et poser
K'= J^(K — Iîo) = ii\'>2-h c-;jiR,,-f-....
Prenons ensuite de nouvelles variables p,, w,- (t ^ i, 2, 3, 4) définies de la
façon suivante : i;, y), p, (]f, ... sont des fonctions linéaires convenablement
choisies des ^p,cosc.>, et dos \ p/sinoi,; le cliois doit être fait de telle façon
que Rj ne dépende plus que des p, et non des oj,. Les équations (3) deviennent
alors
Obis) —. = -—, — - = _,
f/t //oi, dt (l'^i
et la méthode de la Communicalion citée leur est directement applicable,
puisque Pi' est développable suivant les puissances de £- et que R^ ne dépend
pas des u,. D'où celte conséquence : les variations séculaires des excentricités
et des inclinaisons calculées par les équations (3) peuvent se mettre sous la
forme d'une somme de termes périodiques. Lagrange et Laplace avaient
démontré ce résultat en négligeant les cubes des excentricités; Le Verrier et
Cellérier en en négligeant les cinquièmes puissances. On voit qu'il est vrai,
quelque loin que l'on pousse l'approximation.
L'intégration des équations (3) mises sotis la forme (3 6«) revient à l'inté-
gration de l'équation aux dérivées partielles suivante :
(4) R ( —— , (0, j = const.
Je suppose que R ail été exprimé en fonction de p, et de oj, et que p, y ait été
ensuite remplacé par la dérivée correspondante —r- de la fonction inconnue T.
' ' ' f/to,
La méthode de la Communication citée nous fournit une intégrale de l'équa-
tion (4) dépendant de quatre coustantes arbitraires V,. Si Ton pose alors
on peut considérer les équations (5) comme définissant un changement de
variables, les variables nouvelles étant les V, et les c, et les anciennes les p, et
les co,. [.e théorème de Jacobi nous apprend alors qu'on obtiendra les intégrales
des équations (3) en égalant les V, et les — à des constantes.
Passons maintenant au problème des trois corps pro[)renienl dil, c'est-à-dire
aux équations (2). Pour que la méthode de M. Lindstedt telle que je l'ai
494 l'application de la méthode de m. lindstedt.
esposce fût applicable à ces liqiialions, il faïulrail que 1"„ tlépondil à la fois de
tous les r,; elle le serait encore sans modification sensible bien que F,, ne
dépende que de A el A' et nou de tous les ,r,. si F était périodique par rapport
aux yi el si R ne dépendait pas des j',.
Ces conditions ne sont pas remplies d'elles-nièines, mais on peut arriver à y
satisfaire par un clianf^ement de variables convenable.
Reprenons les variables V,- el c, définies par les équations (5). Soient
ensuite lo et }/, deux variables nouvelles telles que
ij; el i\i' étant deux fonctions convenablement choisies de A, A', V/. r,. Prenons
alors pour variables nouvelles
<«) ! ;■ ,*:■ "'•
{ Aï, A2, (>/.
Les équations conserveront la forme (:?), à la condition que x/ désigne une
variable quelconque do la prc^miére lij,medu tableau {6)ely/ la variable corres-
pondante de la seconde ligne. F,, ne dépend encore que de A el A', mais F est
périodique par rapport aux r, et R ne dépend pas desj)',. La méthode est donc
applicable.
Une difficulté subsiste encore cependant. Cette méthode nous permet de
développer nos inconnues suivant les puissances de /j.; mais les coefficients de
ce développement contiennent des termes qui ont au dénominateur certaines
puissances des excenlricités; la méthode pourrait donc devenir illusoire si les
excentricités étalent très petites, comparables par exemple aux masses ou à
leurs racines carrées.
L'origine de celle difficulté est la suivante. Jai dit que F est développable
suivant les puissances des ^, yi, /j, 7, ... ; de plus F contient des termes du
premier degré par rapport à ces variables. Si ces termes du premier degré
n'existaient pas, on n'aurait pas à craindre de voir apparaître des puissances
négatives des excentricités.
.l'ai donc été conduit à faire dans certains cas un changement de variables
préalable. Mes variables nouvelles s'appelleront
, . ( Al, A',, Ç,, r, , /), p',
' Ài, X'i, T|,, -fi'i, fj, rj',
et je choisirai ces variables de telle sorte :
i" que les équations conservent la forme (2);
L'APPLICATION DE LA MÉTHODE DE M. LINDSTEDT. 49^
2" que pour les solutions périodiques que j'appelle de la première sorte, et
que j'ai étudiées dans mon Ouvrage intitulé Les méthodes nouvelles de la
Mécanique céleste^ on ait
U = E'i = -ni = -fi'i = o-
Alors l'expression de F avec les variables (7) a la même forme qu'avec les
variables ( i ), mais avec celte différence que F ne contient plus de termes du
premier degré par rapport aux ii-, fli; p, (J, ■ ■ ■ ■ La difficulté a donc disparu.
Inutile d'ajouter que, comme dans la méthode ordinaire de M. Lindstedt, les
séries ne sont pas convergentes, mais seulement semi-convergentes au sens de
Stirling, ce qui limite les conditions dans lesquelles on peut s'en servir. Je
n'insisterai pas sur certains procédés de détail qui permettent d'éviter quelques-
uns de ces changements de variables, ni sur les avantages que présente le
méthode exposée dans cette i\ote sur celle que M. Lindstedt avait proposée, il
j a longtemps déjà, pour un problème analogue, dans le tome 97 des Comptes
rendus. J'avais déjà, il y a quelques années, développé quelques-unes des consi-
dérations qui précédent dans mon enseignement à la Sorbonne.
SUR
UNE FORME NOUVELLE DES ÉOUATIONS
DU PROBLÈME DES TROIS CORPS
Comptes re/id((s île V Acfidèinie des Sciences, t. 1"J.'!, p. io3i-ni3d (i4 décembre iS'jti).
Soient trois corps A. B, C s'atliranl d'après la loi de Newton; soient Xi, x^,
X3 les coordonnées do A; .rj, Xr,, Xn celles do B; x-,, a;», Xi) celles do C; soit
mj^ /«a ="':■. If niasse de A, n?, = ///;,= z»,-,, celle de B, m-,:=Tns^= rn.j celle
de C; soit
,, iihint, riitm-, m, m-: „ v' ' ,- ,,
U = —r-r, 1 r-r, f rrn- J F = 7 U.
AB AC KC
On sait qne les équations du mouvement peuvent s'écrire
d'-xi dV
al- dXi
ou encore sous la forme canonique
dx^ _ (IV_ '!y± - 'Jl_
dt i/j i dt dxi
On ne restreint pas la généralité en supposant le centre de gravité fixe, et
l'on peut profiler de cette circonstance pour abaisser le nombre des degrés de
liberté. Cette réduction peut s'opérer de plusieurs manières. Voici les deux
manières qui ont été proposées :
1° On peut faire le changement de variables que j'appellerai (y) et qui est le
plus usuel. Il consiste à poser
Ou j — ut j " Oui ï " *' ■ — -î- ■> "S I ^ Tt ~~~ '-*' " 0C<^ •
"C't — Xi— X-,, x'-^ — x-^— .r,,, ^'0 = Xt,— a-,,
, dx'i
SUR UNE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS DU PROBLEME DES TROIS CORPS. 497
Les équations ne conservent plus alors la forme canonique; mais elles
deviennent
dx'i
~di
f/F,
dx\
di
df.
- dy; '
m 1 m ;
AB
/«i m-.
„ ^ri T.- />i,rn; inAttii-h m-:) m,nii, , , , , , ,,
^"-=Zt7;rr ^^' Bc — ^ ^j^,ix,x,^x,x,+x,x,).
2" On peut faire le changement de variables que j'appellerai ((3), et qui
consiste à poser (en appelant ïi, Eo, cj les coordonnées du centre de gravité des
deux corps A et C),
X j ^^ X i — X-^ j X t, — X-2 X]{y X ^ — ^3 — X'jf
x\ = Xi, — Çi, X-,=^X-„ — %ii Xf^^Xf, — Ç:j,
. dx:
•" ' dl
m, = m ., ^ //^ . :
irtii ni] + m-)
m, -+- nii-h m-,
Les équations conservent alors leur forme canonique et s'écrivent
dx'i _ dF dy'i _ _ ^ F —V ■'*''" _ II
dt dy\ dt dx\ ^ 2 m\
La forme des intégrales des aires n'est pas mm plus altérée.
Le changement ((5) paraît donc très avantageux, mais cependant il n'a pas
été adopté jusqu'ici dans la pratique, sans doute parce que la forme de la fonc-
tion perturbatrice y est plus compliquée.
3° C'est pourquoi je crois devoir appeler l'attention sur un troisième change-
ment de variables que j'appellerai (a). Posons
X, =X\—X-,
Xi = Xo— Xi, X- = X3-
-X,,
x\ = Xi — .x-:,
X's = Xi—Xs, x'6 = Xc-
-Xo,
.'■/ = "îi
,^ (, = .,2,3,4,5,6).
Avec ce changement de variables :
i" la forme canonique des écpialions ne sera pas altérée;
2" la forme des intégrales des aires ne sera pas non plus altérée;
H. P. — VU. 63
49!» SUR UNE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS DU PROBLÈME DES TROIS CORPS.
3" la fonction F deviendra
p ^y ill_u , ..>''i.K+ r'2.r'ii-t-j-V)i
en posant, pour abréger,
, ln^m^ , mi,m-,
irii
La forme de la fonclion perliirbalrice esl donc loul aussi simple que dans le
cas du changemenl de variables (y).
Pour mieux nous en rendre compte, exprimons tout en fonclion des éléments
osculaleurs. Soient
^•,= ç,(L, G, e, /, g, 0), x.= ç.(L, G,e, /, g, 0), ^3= ?n(L, G, 6, l, g, 0)
les équations du mouvement elliptique, oùa;i, x-^^ Xj désignent les coordonnées
rectangulaires du point mobile, i l'anomalie moyenne, 0 la longitude du nœud,
^4-0 celle du périhélie, et où, a, e, «désignant le grand axe, l'excentricité et
l'inclinaison, on a
L = ^/r/, G = \/a(i — e'^), 0 = Gcosj.
Posons alors (en appelant |3 et (3' deux coefficients)
^\ = °i(i-), x'.2=ft{h), a;'3=ïi3(L),
-^'* " u di ' y"" - uTi ' •^'' ~ ïjdi '
^4= ?i ('-')> ^i=?a(I-')> a;'6=03(I/),
-'''* - L':' dï ' ^' " V-' dl' ' •''""" L'-' dl' '
Dans les équations de la première ligne, les fonctions cp dépendent des six
variables L, G, 0, /, g', 0; dans celles de la seconde ligne, elles dépendent de six
variables analogues L', G', 0', /', g', 0'. Ces équations définissent ces douze
variables que l'on peut appeler les éléments osculaleurs cl qui sont très peu
différents sans être exactement les mêmes avec les trois changements de
variables (x), ((3) et (y).
La forme canonique des équations n'est pas altérée par ce nouveau chan-
gemenl de variables. On a d'abord
M _ _dF_ dh _ d¥
dt ~ (i d\. ' 'di ~~ [1,dl'
ainsi que deux équations analogues que l'on obtient en changeant L et / en G
et g, et deux autres qu'on obtient en changeant L et / en 0 et 9.
SUR UNE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS DU PROBLÈME DES TROIS CORPS. 499
Avec le changement de variables (y), il faut, dans ces six équations, changer
en Fi.
On a ensuite
dV __ dP dV _ g^F
dt '(J dV dt ji' dl
ainsi que deux équations analogues que l'on obtient en changeant L' et l'
en G' et g\ et deux autres que l'on obtient eu changeant L' et /' en 0' et 0'.
Dans le cas où Ion adopte le changement de variables (y), il faut dans ces
six équations remplacer F par Fj.
Il convient de prendre : avec le changement (a) :
V = / =i V = I— — =•'
V' //il -H m-i \ m i -h «!7
avec le changement ((3) :
"'!"'; , , / m, ( TO, -H /«; )
/ ) ■/ = »'i 1/
\Jm^ -h m- y
ni] -h nii-h m-,
avec le changement (y) :
p = mi \Jmi -\- m-, '(,' — m.» y'mt -i- m-,.
II est aisé alors de comparer la forme des différentes fonctions perturbatrices.
Pour cela, je poserai, pour abréger,
x\ x\ -\- x\ x'-„ -\- x'^, x'f, = 'h.
et je supposerai i]> exprimé en fonction des douze éléments osculateurs.
La fonction perturbatrice se composera alors d'une partie principale — 'S
qui sera la même avec les deux changements (a) et (y), et d'un terme complé-
Çi'fi' d-'\i , , . / \ n^i wii d'^ 'Il r^
mentaire qui sera — tttti ,, ),, avec le changement (x), —=-y- rjrr pour r i avec
^ mjL'L' dl dl ° ^ '' L"' <r//- ^
le changement (y), ! ^. -~- pour Fj avec le changement (y).
On voit que ces trois termes complémentaires peuvent se déduire facilement
de l'un d'entre eux.
SI R
UNE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS
DU PROBLÈME DES TROIS CORPS ^')
Bulletin Astronomique, t. l'i, p. 53-(J7 (février iSg-).
Soient A, B, C les irois corps; soient Xi, x,, x-^ les coordonnées du point A;
X-,. X;, x^ celles du point B; x-, Xf,, Xv, celles du point C.
Pour plus de symétrie dans les not:ilions, je désignerai indifféremment la
masse du corps A par 7?(i, m-i, m;, ; et de même la masse du corps B par m,, tn-„
ou TOo ; et celle du corps C par m-,, m^ ou nia.
Je poserai
rt'.r,
de telle façon que par exemple ji, y-, et y., soient les composantes de la quan-
tité de mouvement du corps A.
La force vive T sera alors
^ 2 \dt I jLJ inii
D'autre pail, si Ton choisit les unil'is de telle façon que la constante de
Gauss soit égale à i . la fonction des forces U s'écrira
,_ m, m-, Dit '11- m,m-
('j t.e Mémoire est rejiroduit dans le Tome 1\ des Ai'la Miitlirniiiliva, p. 83- 17.
SUR UNE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS DU PROBLEME DES TROIS CORPS. 5oi
Si nous posons F^T — L'. la fonction F dépendra des x et des y et les
équations du mouvement pourront se mettre sous la forme canonique
dxi r/F dvi dF
('^ -dF = d7r -dt=--d7, f' = ',^, ■••>9)-
Supposons maintenant que Ton change de variables et soient x\ , y\ {i = i,
2, . . . , 9) les dix-huit variables nouvelles. Quelle est la condition pour qu'après
ce changement de variables les équations conservent la forme canonique ?
La. condition nécessaire el siiffisnnle est que —x\ dy\ — Ixidy, soit une
différentielle exacte ( ' ).
Si cette condition est remplie, les équations deviendront
(ibis) dj^^dV_ dy\ ^ d?
*■ ' " ^ dt dy'. ' dt dx'i '
Examinons en particulier le cas où les x\ sont des fonctions linéaires des x-,
et les >'î des fonctions linéaires desj,.
La condition précédente peut alors s'énoncer d'une autre manière : la condi-
tion nécessaire et suffisante pour que la forme canonique des équations ne soit
pas altérée est qu'on ait identiquement
(2) lLy\x\ = 'î.yiXi.
Faisons une hypothèse plus particulière encore et supposons :
i" Que
dépendent seulement de X\, Xi, x^
Xi, Xi, Xn
" X;i, X(,, X*j
» r>> /m y-
» y-h y^, .ih
» y^; yn, y->
2" Que les relations linéaires qui lient x',^, x',^, xi à Xo, x-^^ Xs, et celles qui
lient x',, Xj. x'., à x.;. x^, x,, soient les mêmes que celles qui lient x\, x\, x. à
X \ , x^ , X 1 ,
3° Que de même les relations linéaires qui lient >',, y'^, y'^ à ra, Xt-, y» et
celles qui lient >■',, y\.^, y',, à y.,, y,,, j',, soient les mêmes que celles qui lient j-',,
r'i. Jt à ji, Jo Jt-
('J Voir aux Notes, Principes de Mécanique analytique.
Xi,
=c\.
X-,
x',_.
x':.,
x'^
^3,
x',..
x'.,
y'u
y\^
y'-,
J2.
J'ô.
y»
/t.,
y'r.,
r'o
502 SUR UNE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS DU PROBLÈME DES TROIS CORPS.
Celte Iroisièine hypothèse est d'ailleurs une conséquence nécessaire des doux
premières et de l'idenlité (2).
Dans ces conditions, l'identité (2) peut être remplacée par la suivante :
(2 bis) y\a:'t-{-yia:'i-hrTx'T=yta:i-hyiX.',-^yTXT
Si en effet rideiililé (2 bis) a lieu, on en déduira une seconde en augmentant
tous les indices d'une unité et une troisième en augmentant encore une fois
tous les indices d'une unité. La somme de ces trois identités ne sera autre
chose que l'identité (2).
Mais ce n'est pas tout : nous avons supposé que x',, x'^, x',^ sont liés à X:,, x^,
Xg, par les mêmes relations que x\, x\, x\ àa^i, x^, x-,, ety'„,_^'., y\ liés à j'o,
fi^ ^81 par les mêmes relations que y\, y[, r', à yi, y,,, y-:.
L'identité (2 bis) subsistera donc quand on y changera
X,, Xi, Xt\ x\, x\, x\\ yt, ji, j, ; y\, y\, y\
en
Xj, Xf,, x.j ; .'fj, X,,, .r,j ; y^, y^, j's ; yï, y^,, y^i-
On aura donc
y'i a;'a -H y'i x'r, -h r's x',, = jo Xs -h /5 Xt, + y s X.)
et de même
.1= ■^'■z -+- Je ■'•■'•; -+■ }''■] ^'s = rs ■'^i -+- 76 a^s +79^8
et en retranchant
y', x'. — y', x', + j-5 x'^ —y'^ x'._ H-j's x',^ —y\, x'^ =/» x^ —y, x~ +,K5 x^ —yo Xs -t-Js Xg —y^ x^.
Or le second membre n'est autre chose que le premier moment de rotation
du système, qui doit être constant en vertu de l'équation des aires. On voit que
l'expression de ce moment de rotation en fonction des x et des j^' a la même
forme que son expression en fonction des x et des y.
La forme de V équation des aires n^est donc pas altérée par notre chan-
gement de variables.
Premier exemple. — • Nous satisferons à l'identité (2 bis) en faisant
y<=7'i; >'t = r'»> Xt = x't, Xi — x., = x\, Xi — XT = x\,
r'7=ri-^.n+/T
Ce changement de variables, dont nous ferons un fréquent usage dans la
suite et que nous appellerons le changement (a), a une signification géomé-
trique, très simple.
SUR UNE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS DU PROBLÈME DES TROIS CORPS. 5o3
Les variables nouvelles x\, x\, . . ., x',^ sont les coordonnées relatives des
points A et B par rapport à des axes mobiles passant par le point C.
, — , — -
ces deux points A et B.
Les variables —, —, . . ., -i-A sont les composantes des vitesses absolues de
m, m-. me *
Deuxième exemple. — Un deuxième exemple qui ne diffère pas essentielle-
ment du premier est le suivant :
OC 1 — JC 1 "~"~ '*' 7 1 "' K — ^ i "''7 1 "^ 1 — "■ ~ 3
■>'! = ■>'' - „, -4- „; -^ ,„ ' •> * = ■>'' - ,„ -4, ,„ -4- „, ' ■>'' = ri + 7* + /V-
J'ai dit que ce second changement de variables ne diffère pas essentiellement
du premier, voici pourquoi :
On ne restreint pas la généralité en supposant que le centre de gravité du
système est fixe, c'est-à-dire que
/i-i-/i-i-r,= o.
Si l'on fait celte hypothèse, les valeurs de x',, x\, y\, y\, y\ sont les
mêmes dans les deux systèmes; les valeurs de x\ seules diffèrent; mais cette
différence n'a rien d'essentiel. La fonction F dépend en effet des différences
des coordonnées des trois points A, B, C. Elle dépend donc de x\ =^ x, — x-, et
de x\ = X.; — X-; ; mais elle ne dépend pas de x',,
Troisième exemple. — Avec le troisième exemple je retombe sur un chan-
gement de variables connu et que j'appellerai le changement ((3).
Soient
m\ = ni 2 = /?!,, m\ = m'--, = m'f, /«, = m'a = m',j,
trois coefficients constants analogues aux masses. On voit que, pour conserver
la symétrie des notations, je représente indifféremment le premier de ces coef-
ficients par m\, mV ou m', de même que j'avais représenté indifféremment la
masse du corps A par m^ , m^ ou m^.
Soit
dx'.
Dans ces conditions, les y\ sont liés aux yi par les mêmes relations que les
DO.'i SUR UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS DU PROBLEME DES TROIS CORPS.
m\x\ aux niiXi et les identités (2) et (2 bis) peuvent être remplacées parles
suivantes :
(3) ■Zm\x';-=l.mix],
(3 bis) m\ x'f + m'; x'^ ■+- m'- x'-f = mi.r ; + »i; .r; -1- m-x^.
L'idontit(^ (3) nous montre eu outre que la force viveT, exprimée en fonction
des nouvelles variables, s'écrira
m', l dx\ \ - •^ j "j -
-E?(^r-2
V
Ainsi, non seulement avec le cliangemont de variables (jj) la forme canonique
des équations n'est pas aliérée de même <[ue la forme des intégrales des aires,
mais il en est de même de la forme de l'équation des forces vives.
Il reste à voir comment on pourra satisfaire à l'identité (3 bis). Cela peut se
faire d'une infinité de manières. Voici celle qui est ordinairement usitée et que
nous adopterons.
Soit G le centre de gravité des trois corps; D celui des deux corps A et C.
Nous appellerons x'-. x\, x',, les coordonnées du point G; E, yî, Ç celles du
point D et nous poserons
x'i = X, — Xt, x\ = Xi — J,
de telle sorte que x\, x'„, x'. soient les coordonnées du point A par rapport à
des axes mobiles passant par le point C; et x\, x';,, x',^ celles du point B par
rapport à des axes mobiles passant par le point D.
Nous poserons d'ailleurs
m\m- mi,i m\-\- m-,^ ,
mt -h ni: m, -h /II, -h /II-;
Les propriétés du changement de variables ((3) ainsi défini ont été étudiées par
M. Radau {Annales de l'Ecole Normale, i"' série, l. V).
Les deux changements de variables («) et ((3) ont d'ailleurs en commun la
propriété de ne pas altérer la forme canonique des équations, ni la forme des
intégrales des aires; de plus, ils permettent d'abaisser de 9 à 6 le nombre des
degrés de liberté.
En effet, dans l'un et l'autre cas, la fonction F ne; dépend que des )' et des
six premières variables x\ ; mais elle est indépendante de a;'., x\., et x'.,. D'autre
part, on ne restreint pas la généralité en supposant le centi'C de gravité fixe, ce
qui entraîne les égalités
1 .' 't = .l'i -•-.''
, dx'-
1 -H 1 - = «( j-
■ dt
x\ = x,^X-:,
X'., = X2— Xx,
x\ = Xi—Xt,
^5 = -*•-.— -r s,
SUR UNE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS DU PROBLÈME DES TROIS CORPS. 5o5
Si l'on annule donc y'-, y\^ y'.,, F ne dépend plus que des douze variables ar^ ety'j
(/= I, 2, . . . , 6) et les équalions (i bis) peuvent s'écrire
dx] dF dy\ dV , .
(i ter) — L = _— , -V- = T-r (;= i, s, ....<, >.
"- ' dt dy\ dt dx\ ^ ' '
avec six degrés de liberté seulement.
Méthode usuelle.
Malgré les avantages que présente It; cliangenienl (p) et bien qu'il soit connu
depuis longtemps, on sait qu'il n'est pas le plus usité dans la pratique. On lui
préfère d'ordinaire un changement do variables que j'appellerai le change-
ment (y) et dont lus propriétés sont Inin d'être aussi élégantes. On pose
m'- x'- = /«i X\ -H m^x, ■+- in-x-,
X ,: = ^:t — *^9 )
A. = j~(. — x^,
dx'.
m'. = nii (i = I, 2, ..., ()), y. = ni'i -^ (/ = i, 2, . . ., 9).
On voit que t., x', , x',, sont les coordonnées du centre de gravité G; que x\,
x'.-,, x',, x\, x'., x\^ sont, comme dans le changement (a), les coordonnées
relatives des points A et B par rapport à des axes mobiles passant par le
point C. Mais les variables -- ( j = 1 , 2, . . . , 6), au lieu de représenter, comme
dans le changement (a), les composantes des vitesses absolues des points A
et B, représentent les composantes des vitesses relatives de ces deux points par
rapport aux axes mobiles.
Il est aisé de voir que le changement (y) ne satisfait pas aux identités (2),
(2 bis^, (3) et (3 bis)\ il ne conservera donc ni la forme canonique des équa-
tions, ni la forme des intégrales dos aires.
Supposons cependant que le centre de gravité soit fixe; de telle sorte que
y', := y'j, = y', ^ o ; on sait que les équalions pourront se mettre sons la forme
suivante, que l'on pourrait appeler ^emi-canonf^Me :
dx'^ r/F, dy ,/F,
-dT^Wr -W=-d7, ('='''-'3)-
1 dx\ d?.. dy', ,[¥,
{-dT-^dy: -dT^^-M, (' = ..5,6),
II. 1". - VII. 1".^
5o6 SUR UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS DU PROBLÈME DES TROIS CORPS.
OÙ
On voit en quoi les douze oqualions (4) dillerent des i^qiialions canoniques.
La fonction (jui joue le rôle do la fonction F n'est pas la même dans ces
douze oqualions; elle est égale à Ff dans six d'entre elles et à F^ dans les six
autres. C'est ce que l'on exprime quelquefois en disant que la fonction pertur-
batrice n'est pas la même pour les deux planètes.
JBlimination des nœuds.
Ce qu'on doil appeler Yorbite osculatrice du point A ou du point B n'est pas
la même chose suivant (|ue l'on adopte le changement (a) ou l'un des change-
ments (p) ou (y).
Dans l'hypothèse (a), le plan de l'orbite A passe par la droite AC et par la
vitesse absolue du point A et le plan de l'orbite de B passe par la droite BG et
par la vitesse absolue du point B (je suppose toujours le centre de gravité
lise).
Dans l'hypothèse ((3), i(! plan de l'orbite de A passe parla droite AC et par la
vitesse relative du point A par rapport à C; le plan de l'orbite de B passe par
la droite BD et par la vitesse relalhe du point B par rapport à D.
Dans l'hypothèse (y), le plan de l'orbite de A passe par la droite AC et parla
vitesse relative du point A par rapport à C; le plan de l'orbite de B passe par
la droite BC et par la vitesse relative du point B par rapport à C.
Nous avons vu cpie les changements (a) et ((3) conservent la forme des inté-
grales des aires, mais il n'en est pas de même du changement (y). 11 en résulte
une importante propriété des orbites.
Dans l'hypothèse («) comme dans l'hypothèse ((3), l'intersection des plans
des deux orbites est dans le plan invariable, mais il n'en est plus de même
dans l'hypothèse (y).
Il semble que tous ces avantages auraient dû faire substituer le changement
((3) au changement (y). Si l'on ne l'a pas fait, c'est sans doute parce que le déve-
loppement de la fonction perturbatrice est un peu plus co-mjiliqué dans l'hypo-
ihése ((3). C'est pour cette raison que je crois devoir attirer l'attention sur le
SUR UNE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS DU PROBLÈME DES TROIS CORPS. 607
changement (a) qui n'a pas encore été proposé, qui n\iUere ni la forme
canonique des équations^ ni la forme des intégrales des aires et qui conduit
il un développement de la fonction perturbatrice tout aussi simple que le
changement ((3). C'est ce dont nous nous rendrons mieux compte en com-
parant dans les trois cas la l'orme du développement.
Mouvement elliptique.
Soit une masse mobile m attirée par une masse fixe M située à l'origine, son
mouvement sera képlérien.
Soient a, e, i, /, «' + 6,. etO le demi-grand axe, l'excenlricité, l'inclinaison,
l'anomalie moyenne, la longitude du périludie et celle du nœud. Soit
L = \/(7, G = \Ui{ I — <?'-), e = G cos/.
Nous pouvons exprimer les trois coordonnées Xi, x^, x,, de la masse mobile
m en fonction des six variables, L, G, 0, /, ^, 0; écrivons donc
.t-, = <f,(C, G, e, /, é-, 8) (i=i, ?, 3).
Posons d'autre part, en appelant /; le moyen mouvement,
y, = m — — = nin —j-r = — ; fr •
■' f/t lit \? i/l
Les fonctions cp, jouissent de deux propriétés qui nous seront utiles dans la
suite; elles satisfont d'abord à l'intégrale des forces vives
D'autre part, l'expression
Zy il.r — m v^M ( L tll + G f/^ -H 6 (/O )
est une dififérentielle exacte.
Emploi des variables képlériennes.
Considérons les variables x\ et y'.^ i^iz=^\, i. .... 6) définies par l'un des
trois changements (a), ((3) on (y); nous allons faire un nouveau changement de
variables en remplaçant ces douze variables par douze variables nouvelles
L, G, 6, /, g, 6,
L', G', e', /', g\ 6'.
5oS SUR UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS DU PROBLÈME DES TROIS CORPS.
Ces douze variables nouvelles seront définies de la manièie suivante; nous
poserons
■'^ = =,(1., G, e, /, „o., 0),
(5)
•^ * ~ 1.^ (Il
p chk {k = \, :>, 3),
■',= ?*_,(L', G', B', /'.^'.m
r,. =
!/■ dl'
Les douze variables définies par ces équations (5) pourront s'appeler
variables képlérienncs, ou bien éléments osculateurs des deux corps A et B.
Il importe de reinarcjner que ces élcuienls osculateurs ne sont pas les mêmes
selon qu'on adopte le cliangeinenl («) ou l'un des changements ((3) ou (y).
J'ajouterai même c[ue, si l'on adopte l'un de ces changements, le changement
(a) par exemple, la définition d(;s éléments osculateurs dépend encore du
choix des deux constantes (3 et [3', choix que nous ferons dans la suite de façon
à simplifier les équations autant que possible.
Dans tous les cas, les expressions
>•', dx\ -i- _}'« dx'i -H j'n dx'- — p (L r// + G dg -^6 rf6),
y'., d.r\ + _y'^ dx':, "+- /f, ^A — y ( L' dl' -)- G' dg' -f- 6 VO' )
sont des différentielles exactes, de sorte qu'après ce nouveau changement de
variables, les équations du mouvement conserveront la forme canonique dans
les hypothèses (a) et ((3) et la forme semi-canonique dans l'hjpothèse (y).
Dans les hypothèses («) et ((3) les équations s'écriront
dV
(6)
dl
dF
dL
dF
dl'
dF
d\j
dl
'i dl
dt
'fidl'
dt
V d\: '
dt
p '■
//'
Dans l'hypolhése (y) elles s'écriront
,,.,., dl dF, dL dF, dl' dF« dV dF,
dt pdL dt <fidl dt p'</L' dl 'f,' dl'
Aux quatre équations (6), comme aux quatre équations (6 bis), il faut
adjoindre celles qu'on en déduirait en changeant L, l, L', /' en G, g, G', g' et
celles qu'on en déduirait en changeant L, /, L', l' en 0, 0, 0', 0'.
D'autre part, on aura
.rr
-+-
y-i
■ -+-
y^'r
2
y?
-+-
y?
-h
y''?
sjx';'-
■ Xi
SUR UNE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS DU PROBLÈME DES TROIS CORPS. O09
Forme de la fonction perturbatrice.
Nous distinguerons dans la fonclion F quatre parties et nous poserons
Dans le cas ( y), en au lieu d'une seule fonction F on a à considérer les deux
fonctions 1^ , el Fo, nous poserons
Le premier terme J\ (ou/j) sera le premier terme kcplérien; f-, sera le
second terme képlérien, y'^, sera la partie principale de la fonction perlurl)atrice,
f; sera la partie complémentaire de la fonction perturbatrice.
i" Dans l'hypothèse (ot), nous aurons
La m,
F = T-Li, T-<i-" -^--'- .-^y'^^^'^^'
Le signe S représente une sommalion s'élendaul aux trois axes de coordon-
nées, et je puis écrire également
\2 m , a/nj m-, j
en posant, pour abréger,
Je poserai
Si nous prenons
, //Il m-;
m\--
m lin-:
«i 1 -(- m^
nti -h m-,
)',- m,m-
/2 =
S ^'\
•im\
m.m-
•^' -%«.', AC '
BC
,. »h lin
A =
S >''■'■'.
rn-
J' AB '
.s
m il» 7
P = / '
fi' =
iiii m-
■ î
V /Kl -I- m-, ^'«(4+ n
les équations (7) donneront
/«i m- , III; m-
2" Dans l'hypothèse (|3), nous avons
\ 1 m, ■}. m\ I
5lO SUR UNE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS DU PROBLEME DES TROIS CORPS.
el nous poserons
, ç y,- III, m : ,■ _ >i .'T "'■■"':
Difiiii . iiiiinj m^my
Eu prenant
«ii«!7 r, — ^ ■ / OT, ( mi -(- m,
il viendra
j. in^m-, iiiiiih
3" Dans rhjpolhèse (y), nous poserons
/'=-/' = ^i7;i; Âc — '
En prenant
[î = nii \ iiti-h nij, [i'= m., v^mi-r- «(7,
il viendra
«i,("'i -H '"7 I ,. y, mi{iiii-h hIt)
f'=f'= ^I^ ' ./■^ = /^ = JT^
Première approximation. — Nous regarderons la masse m-, comme finie et
les masses irii et m, comme très petites du premier ordre. Dans ces conditions
P et (3' sont d\i premier ordre, /, et /o sont du premier ordre; /s el _/•,
(comme /'j) sont du second ordre. On remarquera d'abord qu'aux quantités
près du second ordre, les valeurs ^^"^^ k'' ~^^ W'' sorties mêmes dans les trois
hypothèses (st), (p) et (y); à ce degré d'approximation, les équations difiéren-
tielles auxquelles conduisent les trois hypothèses ne dilVèrenl que par les
termes qui dépendent des dérivées de/,,,
Soit
(il = S x"'j j:\ = -/"'i 3:',^ -t- .r 2 .x'5 -+- jf'^ x\ .
La fonction b sera une fonction des douze variables képlériennes dont le déve-
loppement est connu et d'ailleurs relativement aisé à obtenir.
Si l'on observe d'autre part que
, p d.c\ x\ _ I d'-x\ , _ fi' dx\ x',, i_ d- x\
SUR UNE FORME NOUVELLE DES ÉQUATIONS DU PROBLÈME DES TROIS CORPS. 5ll
on aura donc :
dans l'hypothèse (a), /'•, = ','"' . , „ ' , esaclement;
dans l'hypothèse (|3),/'/, = - - "'' ,'^* 1-^ aux quantités près du troisième ordre;
dans 1 hypothèse (y). /■, = rr. rrrr et /, = ;- rr ' exactement.
Tous CCS développements de/,, et de/!, se déduisent immédiatement les uns
des autres. A ce degré d'approximation, les trois méthodes sont équivalentes
au point de vue de la facilité du développement de la fonction perturbatrice.
D'autre part, si l'on ne lient compte que des perturbations du premier ordre,
on n'est pas gêné par le fait que les équations (4) ne sont pas canoniques.
Donc, à ce premier degré d'approximation, les trois méthodes se valent.
Deuxième approximation. — Mais il n'en est plus de même si l'on veut
tenir compte des perturbations du second ordre; la forme non canonique des
équations (4) devient alors un grave inconvénient; d'un autre côté, le dévelop-
pement de la fonction perturbatrice auquel il n'y a rien à changer dans les
hypothèses («) et (y) devient très compliqué dans l'hypothèse ((3). Le change-
ment de variables (a) que je propose prend alors un avantage marqué.
Il a toutefois son inconvénient propre, plus apparent que réel, au point de
vue de l'osculation. Supposons que l'on veuille calculer la position de la
planète A, par exemple, à l'aide des éléments osculateurs, à l'époque t. Si l'on
définit ces éléments osculateurs comme on le fait dans les hypothèses ((3)
et (y), les coordonnées ainsi calculées sont exactes à l'époque l. et pour
l'époque ^ + e, l'erreur est de l'ordre de £-'. Si on les délinit comme dans
l'hypothèse (a), les coordonnées sont encore exactes pour l'époque t; mais
pour l'époque ^ + e, l'erreur est de l'ordre de e. Il ne faut pas s'exagérer
cependant l'importance de cet inconvénient. Si s est comparable à la durée de
révolution, l'erreur est du même ordre de grandeur que celle qui est due aux
perturbations; elle est du même ordre dans tous les cas^ Si £ est très petit par
rapporta la durée de révolution, la correction est extrêmement faible et déplus
très facile.
SUR LA MÉTHODE DE BRUNS
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, l. 123, p. 12^4-1228 (28 décembre 1896;.
On sail que Bruns a douioaUr que le problème des Irois corps n'adinel pas
d'autre intégrale algébrique que les intégrales connues {Acta Malhe-
malica, t. il). L'importance de cette méthode, qui est certainement applicable
à d'autres équations analogues, m'engage à signaler certains cas d'exception
au théorème de Bruns et à rectifier certaines défectuosités de sa démonstration
qui, heureusement, ne lui enlèvent pas sa valeur.
Bruns considère des équations de la forme suivante :
(0 -^=J/, ^ = A,. (. = 1,2, ...,«)•
Les A,- sont des fonctions rationnelles des Xi et de s, et i est liée aux x,-
par une équation algébrique
(2) F(.^.r,-) = o.
Bruns montre d'abord (jue la reclierche des intégrales algébriques du
système ( i ) se ramène à celle des intégrales de la forme —75 où i|> et A' sont
deux poljnomes entiers par rapport aux y dont les coefficients sont rationnels
par rapport aux x et à s. On peut toujours supposer (et cela bien que nous ne
supposions pas les fonctions A,- homogènes) que ']i ne contient que des ternies
d'ordre pair par rapport aux y, ou seulement des termes d'ordre impair.
Cela posé, Bruns montre que, si 'i/,, est l'ensemble des termes de '| dont
le degré est le plus élevé par rapport aux y, on a identiquement
(3) -->•'£ =^"-'
SUR LA MÉTHODE DE BRUNS. 5l3
OÙ u = 2to,j'i est un polynôme homogène du premier degré par rapport aux y
dont les coefficients sont rationnels en x et s.
M. Bruns cherche à démontrer que
(4) l.MidXi
est une différentielle exacte.
Dans le cas où les coefficients de tj;,, sont rationnels en .r et indépendants
de s, la démonstration ne laisse rien à désirer.
Mais il n'en est pas de même s'ils dépendent de .?. Le raisonnement
de Bruns (loc. cit., p. 3j et siiiv.) soulève des objections. 11 fait d'abord
j-.- = rt = -- ■ = ;•„= o;
le polynôme ']io se réduit à un polynôme '^921 ne dépendant que de y, et j',;
écartant par un artifice parfaitement légitime le cas où t|;o2 serait identi-
quement nul, il écrit
.1;., = co/i + c,y1-'j-. -)-...-+- c,,y7,.
11 pose
désigne par 'F le produit des diverses valeurs de <]>' correspondant aux diverses
racines de l'équation (2) en s. par H le dénominateur commun des coefficients
de W, de telle façon que HW soit un polynôme entier en x et en }'. Il montre
que
./H <r rfH >!•
De cette équation il veut conclure (p. 38) que
C'est là ([ue la démonstration est en défaut. Cela serait vrai si 'J/qo, et par
conséquent HT, était homogène en .r, et en x^\ mais il n'en est pas ainsi.
Bruns suppose, il est vrai, que les A,; et F sont homogènes en 37 et 5; cela lui
permet de supposer que ij'o est homogène en xi, x.^, .... x,,- Mais alors,
dio3 est homogène en a'i, jjo . . ., x,, et non pas en .ri et x^ seulement. Pour
le rendre homogène en Xi ol .ro, il faudrait non seulement annuler }•,,
V'i, . . ., Vin mais encore x.^, x-,, . . ., x„; mais alors la relation d'intégra-
bilité -T— ^ = -y— ^ ne serait plus démontrée qu'en supposant ces n — 2 variables
nulles.
H. P. - VII. 65
5l4 SUR LA MÉTHODE DE BRUNS.
Au reslo, il est aisé de former un exemple où le théorème de Bruns est
en défaut. Supposons que l'équation (2) s'écrive
A " — X 7 ~t" 3j ô — ûC 't •
Considérons le polynôme
( x\y.^ — x-iY^ y- — {x,r3 — .i--:.ri )- — (x-.y^ — XzVi y-,
qui satisfaite l'identité (3); il se décomposera en deux facteurs,
(xiji — yia:,){xi — .v'i) -\- (x«X3-^- xts){x,\:, — ytx-j)
ol
.ï J Xîi^Xl — X^ )
Chacun de ces facteurs satisfera à l'identité (3) sans que l'expression (4)
soit une dillerentielle exacte.
11 importe donc de rechercher les cas d'exception. Supposons d'abord
n =^ 2 et regardons Xi et x^, comme les coordonnées d'un point mobile dans
un plan, y^ el y^ comme les composantes de sa vitesse. Alors l'équation tj; = o
représentera un système de droites dans un plan. Ces droites auront une
enveloppe que j'appellerai E.
D'un point du plan, on pourra mener à celte enveloppe plusieurs tangentes
et le rapport 1'^^ représentera le coefficient angulaire d'une de ces
tangentes. Considérons maintenant le polynôme '% ; s'il ne d('pend pas de s,
on retombera sur le cas où le théorème de Bruns s'applique; s'il dépend de s,
on pourra trouver une quantité ct telle que ; 1" c' est rationnel en :r et 5;
2° 0- est rationnel en Xi, x^ et y' , y représentant le coefficient angulaire
d'une des tangentes menées à E par le point X{, x^\ 3" les coefficients de 1]^"
sont rationnels en r et a; 4" ai^'^ diverses valeurs de a correspondent autant
de polynômes 'l/io différents.
Faisons décrire au point x^, x-2 un contour fermé imaginaire très petit,
quelconque; il pourra arriver que deu\ ou plusieurs valeurs de a, ou que
deux ou plusieurs valeurs de y' s'échangent entre elles; c'est la façon dont
se fait cet échange qu'il s'agit de discuter.
Pour que des valeurs de t s'échangent, il faut que des valeurs de y'
s'échangent et pour que des valeurs de 1' s'échangent, il faut que le point
Xi. X-, tourne autour de la courbe E ou autour d'une tangente singulière à E;
SUR LA MÉTHODE DE BRUNS. 5l5
je veux dire une tangente d'inflexion ou une tangente en un point singulier.
Nous restons donc en présence de deux hypothèses :
i" Le lieu des points où l'équation en cr (et par conséquent l'équation en s)
a des racines égales comprend E;
2° Le lieu ne comprend pas E, mais comprend une tangente singulière à E.
Celte deuxièiue hypothèse doit être rejetée; c'est ce que montre la
discussion de la façon dont s'échangent les diverses valeurs de j', de o- et de 5
quand le point x,, x-, tourne, dans le voisinage du point de contact, autour
d'une tangente singulière à E, ou d'une des branches de courbe qui la touchent.
Ainsi E devra faire partie du lieu des points où l'équation (2) a des racines
multiples.
Soit maintenant 11 = 3 et supposons que x,, x-,, x., soient les coordonnées
d'un point mobile dans l'espace, y,, r_. et jK;, les composantes de sa vitesse.
L'équation 'l;,, rr^ o est alors celle d'un complexe de droites.
Si le polynôme ']>„ est exceptionnel, c'est-à-dire si ses coeflicieuts ne sont pas
rationnels en x et s'il fait exception au théorème de Bruns, toutes les droites
du complexe devront être tangentes à la surface, lieu des points où
l'équation (a) a des racines égales.
Supposons enfin n quelconque. Ecrivons que l'équation en s (2) a des
racines égales; nous obtiendrons une équation
<I>(j-|, X:, ..., .X„) = o,
qui pourra n'otrc pas irréductible, mais se décomposer en plusieurs autres
>]>,(.Ti) = n, ' (I>,( j,-,) = o, ..., 'l>iiiXi) = 0.
Considérons l'une de ces équations
'l)/,(.ri, a-o, . . ., x„) = i>,
et formons l'équation en /.,
Exprimons f(ue celte équation en t a deux racines égales, nous obtiendrons
une relation
B/,(Xi, y,) = n.
Il pourra se faire que &/, se décompose en plusieurs facteurs entiers enj»-,-,
rationnels en x; l't en s. .S'il en est ainsi, chacun de ces facteurs sera un poly-
nôme ij^n exceptionnel.
jl(> SUR LA METHODE DE BRUNS.
A chaque équation en s ne pourra donc correspondre iju'iin nombre fini
de polynômes ij>o exceptionnels et irréductibles.
Ces polynômes exceptionnels n'existent pas toujours, car 0/, peut ne pas être
dêcomposable en facteurs.
Qu'arrive-t-il en particulier dans le cas du problème des trois corps ?
On peut former trois polynômes 0; l'un d'eux est
[{■r,~ Xi) (y^ — y,) — (x-, — Xi) (yi—yi)]-^
-i- [{x-.— Xi) (ys— Vo) — {xs— xe) (yi — yi)y-
-l-[{xs — Xi) (yi — y,,) — (Xi — Xi) (y^ — y,,)]-^.
Chacun d'eux se décompose en deux facteurs; il y a donc des polynômes <]/„
exceptionnels, mais ces polynômes sont imaginaires. Or on peut toujours
supposer, sans restreindre la généralité, que l'intégrale X est réelle.
Le résultat de M. Bruns se trouve donc confirmé; je suis heureux d'avoir pu
compléter son élégante analyse sur un point de détail.
SUR
L'INTÉGRATION DES ÉQUATIONS
DU PROBLÈME DES TROIS CORPS
Bulletin astronomii/ae. t. 14, p. 241-270 (juillet 1897).
Je désire attirer l'allention sur quelques procédés d'intégration par approxi-
mations successives applicables aux équations du problème des trois corps.
Le but que je me suis proposé, c'est d'exprimer les coordonnées des astres
par des séries dont chaque terme est une fonction périodique du temps et,
par conséquent, d'éviter que le temps sorte des signes trigonométriques.
Un mot d'abord d'une notation que j'emploierai dans la suite. Considérons
une fonction j de plusieurs arguments n',, Ho, ..., w,,, périodique de
période 27: par rapport à chacun de ces arguments. Elle pourra être développée
par la série de Fourier de telle façon que l'on aura
( I ) 9 = S A cos(ni|(ri -i- /niivo-i-. . .-h m,/W,/-i- C).
Dans le terme général de la série ( i ), A et C sont des constantes quelconques
et les m sont des coefficients entiers positifs, négatifs ou nuls.
Parmi les termes de la série ( 1 ), je distinguerai celui où tous les coef-
licienls m sont nuls: c'est un terme constant, c'est la valeur moyenne de la
fonction périodique cp ; je la désignerai par la notation [ 9 ].
Préliminaires .
Je vais maintenant, pour diviser la difficulté, traiter successivement
une série de problèmes, de plus en plus compliqués, de façon à m'élever
jusqu'au problème des trois corps.
0i8 SUR l'intégration des équations.
Problème A. - Résoudre ['('■qiiMtion
r/S >/S ,/S , ,,
<!• est uni' foiicliou connue pi^io(ii(|iie par rapporl aux ir.
S esl uue fonclion inconnue qui doit èlro périodique par rapport aux w.
G esl une constante incminue.
Les a,- soûl des coefticients constants donnés.
Soil, par la série de Fourier,
(2)
•1' = - A !■( p^ ( //i , ii>j -■- . . .4- m,i w,/ + D ),
S = - B siii ( //(| ii'i -t- . . . + /)i,f ir.^-H E ).
Les A et les D sont donnés, et il s'agit de délerniiner C, les B et les E.
Pour cela, il suflira de prendre C = [<!•], el, pour chacun des ternies de *I'
autre que [<I»|, c'esl-à-dire pour chacune des couiljinaisons des coefficients ni,
où tous ces coefficients ne sont pas nuls à la fois,
A
ii=r.,
//il <ii ■
Gela esl possible, pour\u i[u'aucun des diviseurs rn,ai + . , .-{- m,ja,j ne soil
nul, c'esl-à-dire pourvu qu'il n'y ait entre les coefficients a aucune relation
linéaire à coeflicienls entiers.
Problème B. — Soit F une fonclion développable suivant les puissances
d'un paramétre 1res petit p. el dépendant de deux séries de variables
j'i, X-2, ..., •i'i/i .l'i, .V'>, •■■) .*'r/-
On aura donc
F = Fi, + ;j. F I -H u.- Fi + . . . .
Fo ne dépend que des x; les autres termes p.' F/, dépendent à la fois des x
el des y, mais sont périodiques de période a7r par rapport aux i .
Il s'agit d'intégrer les équations canonicjues
^^ <lt ~ dv,' dt " dx,'
L'importance de ce problème est évidente; à chaque instant, eu Mécanique
céleste, on est amené à des équations do cette forme; je n'en citerai qu'un
exemple; supposons que l'un des trois corps ait une masse nulle el que les
deux autres décrivent deux circonférences concentriques, supposons enfin
que les trois corps se meuvent dans un même plan. On arrivera précisément à
•fi
= J-,"-^[iX,'-l-;j.2j-,? + .,
. .= SiiPx/i,
J'
, = y»^^yl^^y^^,.
.= ^^Pyl}.
SUR L'INTÉGRATION DES ÉQUATIONS. Sig
des écjualions de la forme (o). en prenant pour variables Xi et x-, la racine
du grand axe de la planète troublée et sa constante des aires; pour variables > i
et y,, l'anomalie moyenne de la planète troublée et la difl'érence entre la
longitude du périhélie de la planète troublée et la longitude de la planète
troublante.
Je me propose de trouver des solutions de la forme suivante : les Xi et les j,-
seront développés suivant les puissances des [t.. de sorte qu'on aura
(4)
Dans (/^, la lettre/? représente un exposant; mais, dans xf et jf , elle repré-
sente un indice.
Les fonctions x^ et y[' devront dépendre de q constantes d'inté-
gration ri. z-2, ..., z,i et de (j arguments n,, w-y. ..., tv,/, qui seront des
fonctions linéaires du temps, de telle façon que l'on ait
les «/, étant des constantes déterminées et les Wk de nouvelles constantes
d'intégration.
.Te supposerai que x° se réduit à la constante r, et r° à (v, ; que les autres xf
et j'f sont des fonctions périodiques des q arguments ce.
Il s'agit d'intégrer les équations (3) par des séries de la forme (^4)) ou, ce
qui revient au mêine, de déterminer les séries (4), de telle façon qu'en
supposant les variables anciennes x et y liées aux variables nouvelles ; et w
par les relations (4), les équations (3) deviennent
ffZi f/ojj
— r- = o, — ;— = const.
Or, je dis que pour cela il suffit :
i" Qu'en substituant dans F, à la place des x et des y, leurs valeurs (4)
en fonction des •: et des n', cette fonction F se réduise à une fonction o
dépendant seulement des ; et indépendante des iv; je supposerai celte
fonction o développée suivant les puissances de p., de telle sorte que
ç = =o-i- ^'•?l -t- . . .:
nous devrons avoir alors
(5) F = ïo-H ULi,^... ;
520 SUR l'intégration des équations.
2" Que l'expression
soil une difl'érentielle exacte.
Si en efl'et dS est. une diirérentielle exacte, il en sera de même de ^xd)- — ^zdw.
Donc, en prenant pour variables nouvelles les i\' etles ;, on n'altérera pas la forme
canonique des équations (') qui s'écriront
dzi d¥ ds ,^, ,
-di- d^r dtrr" (douc,.= const.),
dwi _ dF _ da
dt dZi dZi
La d(''rivée -—^ ne dépend que des z qui sont des constantes. C'est donc une
constante. c. q. f. d.
Gela posé, substituons dans F, à la place des xi et des j',, leurs valeurs (4)-
Alors F se trouvera développé suivant les puissances de [>., des x'^ et des rf et
les coefficients de développement seront des fonctions des x] et des i", c'est-
à-dire des 3,- et des w,, périodiques par rapport aux w,.
Ordonnons les termes de ce nouveau développement de F suivant les
puissances de pt, nous trouverons
F = 0,,-)- nei+ iJL2e.. + ....
L'équation (j) se décomposera et nous donnera
©u n'est autre chose (jue F,, où les x; ont été remplacés parles constantes zc,
c'est donc une constante, de sorte que l'équation 0||=o„, oii cpo est une
fonction indéterminée des s,, se trouvera satisfaite d'elle-même.
Nous poserons
'/(-)„
dzi
Les a, étant des fonctions des s, seront des constantes.
Développons S suivant les puissances de \i. :
S = Su-i- jj. S,-+- |x-Sî-i-. . ..
L'expression de rfS nous montre tout de suite que So est nul et que
rfSi = i:(^,' dw, — y} fl^ùi <J'où -, _ ,
' ' dw
('J Voir aux Notes, Principes de Mécanique analytique.
SUR l'intégration des équations. 521
D'autre part, on a
e,=— s a, a:-/ -4- <I';
<I» n'est autre chose que Fi où l'on a remplacé xi etj'/ par -, et (V; ; c'est donc
une fonction connue périodique.
Dans ce qui va suivre, je conviendrai de représenter par une même
notation •!• toute fonction connue pérodique.
Cette même lettre $ pourra donc représenter plusieurs fonctions différentes.
L'équation 0i = »| s'écrit alors
S| est une fonction périodique inconnue; a, est une constante inconnue
(constante puisqu'elle ne dépend que des zC).
Nous pourrons donc intégrer cette équation par le procédé A, je veux dire
par le procédé qui nous a permis de résoudre le problème A.
Connaissant Si nous aurons x\ et >',' par les équations
, c/Si , (/S|
dwi - ' dzi
Il vient ensuite
(6) f/S,= Z{x\ dwi-^x\ dy\ -y\ dzi\
d'où
(7) ,.= ^_v,,,^ = !^^,,
ilWi (hvi dwi
D'autre part, on aura
(8) e.; = — Sa; :r ,- + <!>,
la fonction «l> ne dépendant que des x% j'°, x] , y] et étant par conséquent
désormais connue.
La combinaison des équations (7) et (8) nous donnerait, en tenant compte
de 0^= 92,
(9) -'''■^;=*-'^'
qui s'intégrera par le procédé A.
Connaissant S2, nous aurons x^ et rf par les équations
/ 7 • > 1 'fil I n ''S' I,
Nous déterminerions ensuite S:,, a?/ et j',' par dos équations analogues aux
H. 1'. — VII. 66
552 SUR L'INTEGRATION DES ÉQUATIONS.
èqualions [-bis], (iS) et (g) el ([iii n'en (liflV'ieraienl (|ue parce que l'indice 2
serait remplacé par rimltce !î. I^es fonctions <I', qui lii^ureraient dans ces
nouvelles équations, pounaienl être legardées comme connues parce qu'elles
ne dépendraient (jiie des x" , y", j:,' , ),' ,a:/, j/.
Et ainsi de suite.
Le problème B peut donc rire regardé comme résolu.
Le procédé que je viens d'exposer n'est pas identicjue à celui que j ai
développé dans le Chapitre XV des Méthodes nouvelles de la Mécanique
céleste: il présente certains avantages que la comparaison des deux procédés
ferait mieux ressortir.
Problème C. — Fj étant un polynôme homogène du second degré par
rapport aux x et aux r, intégrer les l'^quations canoniques
Ces équations sont linéaires et à coefficients constants. Elles admettront
donc 2q solutions de la forme
Xl = af e'i'. _)•,■ = [3f e''-i.' ;
cherchons à déterminer les constantes af , (3*, et )./( de façon à satisfaire aux
équations; il viendra
Je suppose, bien entendu, en écrivant ces équations, que dans F-, les
variables .r, et }■, ont été remplacées par af et (3f .
Entre ces a.q équations (qui sont linéaires et homogènes par rapport aux a
et aux P) j'élimine les 2^ quantités a et p. J'obtiendrai une équation de
degré 2q en If:, dont les racines seront deux à deux égales et de signe contraire.
Si la forme quadratique F-, est définie positive, les racines 1/,- sont purement
imaginaires, de sorte que À/, el — X^. sont imaginaires conjuguées.
Soit maintenant ij-i une autre racine de l'équation en >.x et
la solution correspondante des équations (10). Posons
SUR l'intégration des équations, 523
Gomme Xi=^t.i, yi='rii dune pari; x,= t/ , ;)/ = 'i| d'autre part, sont deux
solulious des équations (lo), il est aisé de véi'ilier qu'on aura
-(?ri; — •"-i,e; ) = const.
Gomme, d'autre part, le premier membre est divisible par e'^'^i^'", la
constante du second membre doit être nulle, à moins que jj^ = — À/,.
Si ,'-<■/, ^= — A/,, nous ne restreindrons pas la généralité en supposant que cette
constante est égale à i.
Soient alors a'^ , bf les valeurs de yf, of correspondant à cette racine p/, = — )./,.
Si la forme F._, est définie positive, nous pouvons supposer que c.f et ^' — i a',
^^i et y/ — i (ji sont imaginaires conjugués.
Posons alors
'/
(11) ■2-,=2a->/, -<-^«' ri. .i'/=]^|3/^i-i-2/'f + .ri;
Il vient
X,{u-id}i — yidxi) = i:(.4 f/jA— .ri du:'/,).
Getle équation exprime que ^x dj' — Hx' dy' est une différentielle exacte,
et que, en passant des variables x, y aux variables x' y', on n'altère pas la
fjrme canonique des équations.
Les équations (lo) deviendront donc
dx'i, _ dF.2 dr'/,- _ f/F,
dt dy'i^ dt dx'i^
et comme elles doivent avoir pour intégrales
^'i. = e>", y'k = «-'"
nous aurons
V
(12) {^.,='^'nx'i,yi,.
D'autre part, comme ^{xdy ~ x' dy') est une dillérentielle exacte on aura
identiquement
yi /dV, d\\ ^ ( /F2 \ _ yi / t/Fî d\\ dK dP-,
ZuxTîxi 7/7i~ dxi 7771 ) "2^ \d.r'i dy~ dZ <ly]
Le second membre se réduit à
524 SUR l'intégration des équations.
Si R est un polynoine enlier par rapport aux x et aux )', et par conséquent
aussi par rapport aux x' et aux y', si de plus il n'y a entre les A^ aucune
relation linéaire à coefficients entiers, la condition nécessaire et suffisante
pour (]ue l'expression (i3) s'annule est que R soit un polynôme entier
par rapport aux q expressions l/,-x'^y'(.. Remarquons que ces ^ expressions dont
la somme est égale à F2 sont q polynômes homogènes du second de gré
par rapport aux x et aux y. Ces q polynômes sont réels et toujours positifs,
si la forme F2 est définie positive.
Problème D. — Résoudre l'équation
I. -- 1
où V est un polynouie connu, homogène de degré p par rapport aux 7.q
variables x et j-.
S est un polynôme inconnu homogène de degré p par rapport aux x
et aux r.
Q est un polynôme inconnu homogène de degré - par rapport aux q
produits xy.
Soient
P = S A.rf' j?' x'i-'yh. . ..c^'y^'',
Nous résoudrons l'équation (i4) en prenant
A
i;Xi.(ai.— (Ji)
si l'on n'a pas à la fois
et C = A si l'on a à la fois
a, = j3,, «2= P2, . . ., a^= %.
La solution est possible pourvu que les >.< ne soient liés par aucune relation
linéaire à coefficients entiers.
Remarquons que Q est identiquement nul si p est impair.
Phoblème E. — Résoudre les équations
^ ' Zj V dxt Tfyt dyt 717,) -'"*-' j^\ dxi ,ly, dyi ,lxi ) ~ °'
SUR l'intégration des équations. 525
où h\ esl un polynôme homogène donné du deuxième degré par rapport
aux X et aux )•, P un polynôme homogène connu de degré /?, S et Q deux
polynômes homogènes inconnus de degré />.
Faisons le changement de variables ( 1 1 ), les équations ( 1 5 ) deviendront
La seconde de ces équations signifiera que Q est un polynôme entier par
rapport aux produits ^x.xî- Nous sommes donc ramenés au problème
précédent.
Le problème sera doue possible pourvu qu'il n'y ail entre les ),/, aucune
relation linéaire à coefficients entiers. Q est nul, si p est impair.
Problème F. — ■ La fonction F est une série ordonnée suivant les puissances
croissantes des x et des y et commençant par des termes du deuxième degré,
soit
F= K,-hF:,+ Fi-F...,
F^ désignant l'ensemble des termes d'ordre /j.
Il s'agit d'intégrer les équations canoniques
, p. dj:/ _ ifF dvi _ <f?
~di ~ IJyi ' ~dt ~^ Tixi '
Voici dans quelles circonstances on rencontrera ce problème. On a cherché
à étudier les variations séculaires des éléments des planètes de la manière
suivante. On a écrit les équations des perturbations en supprimant dans
la fonction perturbatrice tous les termes périodiques, et l'on s'est proposé
d'intégrer les équations ainsi simplifiées que j'appellerai équations aux
variations séculaires. On sait que Lagrange a effectué cette intégration
on ne conservant dans la fonction perturbatrice que les termes du deuxième
degré par rapport aux excentricités et aux inclinaisons. Les équations étaient
alors linéaires et à coefficients constants. Ce n'était d'ailleurs autre chose
que notre problème C.
Plus tard, Le Verrier a tenu compte des termes du quatrième degré,
Cellérier de ceux du sixième degré. Le procédé que je vais exposer amène,
dans ces calculs, une simplification importante et permet de tenir compte
de toutes les puissances des excentricités et des inclinaisons.
Et, en elTet, si les variables sont convenablement choisies, les équations
aux variations séculaires sont précisément de la forme ( i6).
5a6 SUR l'intégration des équations.
Jo me propose (l'exprimer les .r c!l les »• en fonclion fie <] constantes p/,
et de q arguments (o< qui seront des fonctions linéaires du temps, .ie m'arran-
gerai pour que les X et les y soient développables suivant les puissances
des quantités pA-e'"'"^', pie-"""^.
Soient
(17) a-, = j;) -I- .r" -(-... , r,- = .1 | + 17 -+-. . .
ces développements où x'I el y'' représentent l'ensemlile des termes de degré/»
par rapport aux p/, .
Te dis que le problème équivaut au suivant :
Déterminer les séries (17) de telle façon :
1" qu'en y substituant, à la place des .c et des j', ces développements (17),
F se réduise à une l'onction 9 dépendant seulement des p et indépendante des u ;
2" que
r/S = ^{.li— .r] ) dvi-h (.) ; — ,) i) (/.'■; el r/T = Ix' dy] + v^^ ^?l </f>k
soient des dillérentielles exactes.
S'il en est ainsi, en effet, Lc/ dyi-\- ^' — 1 ipj. c/w/, sera une diil'érentielle
exacte. La forme canonique des équations ne sera donc pas altérée quand
on passera des variables x et y aux variables pj et — \ — 1 w/, ; elles
deviendront donc
'^ — — ■ =0 (d ou p<. = const. ),
''' \'' — 1 rfwf; y — 1 di.->it
. dMk r/F rfo
V ^ 1 — ;— = H r = H — 77-^ — ; = const.,
ce qui montre que les w sont des fonctions linéaires du temps.
Substituons dans F les développements (17) et ordonnons suivant
les puissances des p ; nous aurons
F = e, + 6; -+- . . .
pour le développement de F et
9=!9,-4-9,,^...
pour celui de 9 et, comme; on doit avoir F = 9, nous aurons
Wj n'est autre chose que 1''^, où Xj et yi sont remplacés par x], y]. Si donc,
SUR l'intégration des équations. 527
employant le procédé C, nous faisons le changement «Je variables (11)
ea posant
l'expression
sera une différentielle exacte et
se réduira, en vertu de l'équation (12), à — \ — ii>.xp|, de sorte que
l'équation 0._, ^ o-, se trouvera satisfaite. Soit
S = So -t- S) -I- So -I- S.i -(- S4 -(- . . .
le développement de S suivant les puissances des p. J'observe d'abord que les
premiers termes So, Si et S2 sont nuls et que l'on a
rfS:,= Zx] (/_}■]— Zy-j do:].
D'autre part,
$ étant une fonction connue puisque x\ et )' sont désormais connus. Comme
l'on a
^/S., , dS-.
(iH) ^J = -TT' >T = 7^'
^ ' dy] ' dx-.
..' i
l'équation 0;, = cp:, devient
D'autre pari, ç;, ne dépendant que des p, on auia
ces équations, analogues aux équations (k)), s'intégreront par le procédé E,
ce qui donne S:, ; les équations ( 18) donneront ensuite x\ et j'^.
On trouve ensuite
d?,,= Z{x\dy\-^x\dy\-y\dx\),
d'où, puisque x\ et kJ sont désormais connus.
On obtient ainsi deux équations analogues aux «'quatious (^mj) et (20)
et qui n'en diffèrent que parce que l'indice 3 y est remplacé par l'indice 4-
528 SUR l'intégration des équations.
Ces équations s'intégreront par le procédé E, ce qui donnera S,, et ensuite,
par (i8 bis), x'} et _}"J et ainsi de suite.
PuoBLÈMu: G. — La fonction F a la même signilicalion que dans le problème
précédent.
Trouver 2q fonctions tj et ru des x, et des yi, telles que l'on ait
et que
soit une ditlérentielle exacte.
P représente une fonction connue, Q une fonction inconnue; toutes deux
doivent être développables suivant les puissances des x et des )•.
.le veux également que î, rj et S soient développables de la même manière;
et j'écris les développements de ces cinq fonctions sous la forme
(22) li=W!, ■'•.;= Sr,/;, P^SP/,, Q = SQ/,. S = SS;,.
Je substitue dans les équations (21) les développements (22); j'égale
les termes du premier degré, et j'ai les équations
''/P-i... ^/F,
^J \ fixi (/fi d) i dxi I '
(23) i f/S, = 2i(?° ./)•,• -T,»r/.r,),
équations qui, par le procédé E, donnent S,, E° et y)".
En égalant de même les ternies du deuxième degré, j'obtiens
r/F., , dF,
(24)
■y /dFj dQ^ _ dF^ d(h\ _
^ \ dxi dvi dy, dxi I
qui, par le procédé E, donnent S2, ;,' et rjj ; et ainsi de suite.
SUR l'intégration des équations. 529
llemarquons que, d'après ce que nous avons dit à propos du problème E, la
fonction Q,, est nulle si l'indice p est impair, de même que la fonction 9^ du
problème précédent.
Problème H. — 11 u'j aurait rieu à changer à l'analyse qui précède si les
équations (21 ) étaient remplacées par les suivantes :
(11 bis) <
\ .mJ \ ote; dyi dvi dxi / '
et si l'expression c^S, qui doit être différentielle exacte, s'écrivait
où A,, B|, C, D; sont des fonctions connues des x et des y, développables
suivant les puissances de ces variables, le dèveloppemeiit commençant par
des termes du deuxième degré.
En y substituant les développements (22) et égalant les termes du premier
degré, on retrouverait les équations (23).
En égalant ensuite les termes du deuxième degré, on retrouverait les deux
premières équations (24), car le terme — (Ai;"h- B,r)°), qu'il faudrait ajouter
dans la première d'entre elles, est maintenant connu, puisque ;" et rj," ont été
préalablement déterminés par les équations (2.3). il peut donc rentrer dans $.
La troisième équation (24) deviendrait
r/So= S(f/ dyi- -ri,' dx,) + 1(1," ./C,- r^« r/D,-),
d'où
d?!i .. , -, dS^ . -,
On retrouverait donc la quatrième équation (24) et le calcul continuerait
comme dans le problème G.
Signification du problème H.
Voici comment on peut être conduit à se poser les problèmes G et H.
Reprenons les équations (16) et remplaçons-y F par F — eP,, où £ est une
quantité très petite, dont on peut négliger le carré, cl Pi une sorte de fonction
perturbatrice.
Remplaçons de même dans ces équations xi et v, par Xj-f- e^,-, /,+ £/),-.
H. P. — VII. 6;
53o SUR l'intégration des équations.
Les équations s'écriroiil alors
Nous avions remplacé les équations (16) par les suivantes :
F = 9, ./S = S[(x,- r? ) <l-,H-0-; -.)•,) fixl ].
La première de ces équations va devenir
F-sP = =-£Q,
Q étant une fonction qui comme (p ne doit dépendre que des p; de sorte que la
fonction cp — sQ pourra jouer le même rôle que <p.
Le premier membre de cette équation pourra, en négligeant les quantités de
l'ordre de e'-*, s'écrire
en supposant que dans P, F et ses dérivées, Xi+ et, et j'iH- £vy,- sont remplacés
par Xi et V,.
Nous aurons donc, en égalant les coefficients de £,
Y' / '/F . f/F
1.^ / ,/F , dF \
où l'on reconnaît la première équation (21).
En changeant maintenant .r,-, 1,, S en Xi + Hh yi+vm, S + eU, nous
trouvons
En négligeant e- et en posant
il viendra
di' = 2(5/ ^/r,-— r.tdXj).
Maintenant nous savons que Xt ci yi sont développables suivant les puissances
des xl et des yl .
Prenons les x^ et les j'^' comme variables indépendantes, il viendra
dF dF , r/F dF „
r/.c, dxl dy-i dyl
Xi = x\ -h Dj, /i = yl -4- C-,
SUR l'intégration des équations. 53i
où les développemenls des A;, B,, C,, D; siiivanl les puissances des a-/ et
yl commencent par des termes du second degré.
Nous aurons donc
dS= J:{1 dy] - T,i dxl ) -f- S(=,- dCi- T., rfD,),
et comme Q ne doit dépendre que des o :
•<^ / dVn dQ dFj, (/Q_\ _
jLj\d^ 7fyî~7fyidIi)-"■
^ous reconnaissons les équations (21 bis). i\insi le problème H revient à
l'intégration des équations (16 bis) en supposant £ très petit.
Les équations (16 bis) étant de même forme que les équations (16) (sauf la
présence possible de termes du premier degré dans P), il n'est pas élonnanlque
l'on puisse résoudre le problème H et trouver pour les inconnues \i et r); des
développements procédant suivant les puissances des xl cl des vj et par consé-
quent, des p^e-'"'*' ' .
Je suis maintenant eu mesure d'aborder le problème des trois corps dans
toute sa généralité, et c'est ce que je vais faire en combinant les divers procédés
que je viens d'ex[)Oser.
Choix des variables.
Soient a, e, i, ro, i^ et / le grand axe, l'excentricité, l'inclinaison, la longi-
tude du périhélie, celle du nœud et la longitude moyenne pour la première
planète; tlésignons les mêmes éléments pour la seconde planète parles mêmes
lettres accentuées. Soient (3 et (3' deux coefficients numériques convenablement
choisis (ces coefficients ont été définis dans le Bulletin astronomique,
février 1897) (M et choisissons pour variables
V'2p \/a{i — v'i — *') •"'^'n' = .Si, — V 2[3 v"(' — v'' — ^') sinm =/i>
\/2y \/â'{i — v'i — e'-)ctisra' = a;», — y/2[j'v/a'(i — ^1 — e'-)sirniT' =>'2,
\/2p \a{i — e-) (i — cosi) oosiî = j;:i, — V 2 [j <Ja (1 — e-) (i — cost) sinû =J'3,
y 2p' v/«'(i — e'-) (i — cosT) cosQ'= .r,, — V 2p' v/<ï'(i — e'-) (i — co?(") sinD' = j>'i.
( ' ) Œuvres de H. Poincaré, ce Tome, p. 5oo.
532 SUR l'intégration des équations.
Les équations du mouvemenl preuneiil alors la forme canonique el s'écrivent
./\,
,/F
'/Y,
dV
d.ri
dV
dv,
dV
</r
-./v,'
dl
- d\i'
dl
<v,'
dt
dx,
La fonction F est dôveloppalilo suivant les puissances des masses; pour
mettre ce fait en évidence, nous introduirons un coeflicienl [j. de l'ordre des
masses; chaque masse sera égale à p. multiplié par une quantité finie el F sera
développable suivant les puissances de /jl sous la forme
!•' = Ko -H ;-t I" 1 -+- ;j-'-' F; -i- . . . .
Fo dépendra des X et sera indépendante des Y, des x el des y.
Les autres fonctions F,, ¥■> dépendront de toutes les variables. Par rapport
aux \, ce seront des fonctions périodiques; de plus, elles seront développables
suivant les puissances des x et des y.
Fi étant une fonction périodique des Y, je puis considérer sa valeur moyenne
[F|] définie comme au début de ce travail. ,Je poserai
[F,] = R.
R sera développable suivant les puissances des x et des y el j'aurai
P. = Ro-i- R2-t- R4-1-....
l\p étant l'ensemble des termes d'ordre p. Il n'y a d'ailleurs que des termes
d'ordre pair.
C'est R2 qui jouera le rôle que jouait Fu dans les problèmes E, F, G, etc.,
Forme de la solution.
Nous allons chercher à exprimer nos variables en fonction de six constantes
z,, Zn. Pi, p., p;i, pi et de six arguments fonctions linéaires du temps iVi, «o,
COi , (1)2 , W;[ , (fi;, .
Nous verrons que les (v varient très rapidement el les u très lentement, el
même que tOi se réduit à une constante.
Nos variables devront se développer suivant les puissances de p. :
(26) X,= X»+,a\;+...= SH^'Xf, Y,= S,x/'Yf, .^-^ = SjJi/'^', j,- = ïix/' jf .
Voici quelle sera la forme de ces développements : toutes les fonctions Xf,
Yf , xf , if (p > o) seront des fonctions des w, développables d'autre part
suivant les puissances des pie'""^"*, p/,e~"'"' ' .
SUR L'INTEGRATION DES ÉQUATIONS. 533
Elles dépendront en outre des z d'une manière quelconque.
On aura
X° = ^i-
Enfin les Y° — iv,, les a.", les j-" seront indépendants des w et développables
suivant les puissances des p/,e""^', pte^""' '.
Quand on annulera les p, Y" se réduira à wi, x" el y° à zéro.
Les quantités Xf, etc. étant des fonctions périodiques des w, je pourrai
envisager leur valeur moyenne, définie au début de ce travail, et la désigner
par[Xf].
Voici quelle est la signification de ces diverses quantités.
Les différences Xf — [Xf], . . . représentent les perturbations à courte
période d'ordre/) par rapport aux masses.
La valeur moyenne [Xf] représente les perturbations séculaires d'ordre
p + i. En effet elle ne dépend pas des tv, mais seulement des w : elle variera
donc très lentement; la quantité elle-même est d'ordre/»; mais ses variations
dans un temps fini seront de l'ordre p -\- i .
J'observe enfin que les quantités p par rapport auxquelles nous développerons
sont de l'ordre des excentricités et des inclinaisons.
Je désignerai par u^ et ca les termes du premier degré par rapport aux p dans
le développement de x" et j^)'.
Transformation du problème.
Je dis que le problème peut être remplacé par le suivant : déterminer les
séries (a*)) de telle façon que :
i" La fonction F, quand on y a substitué les séries (26), se réduise à une
fonction es ne dépendant plus que des constantes z e1 0.
2° Les expressions
dS = S[(X,-;,)"'Y,+ (V»- Y,)rf^,-+- {^i- .^l) drtMrl- Jk) dxl],
dj = i;[(4- «0 ^/;;.+ {^i-vD d,n]^ !(«',- j») rf^,-,
dV = I,U/:dvt-h y/ — I yipj. rfco<-
soient des différentielles exactes.
Si, en effet, ces trois différentielles sont exactes, il en sera de même de
SX,f/Y,+ Zx/^dyt— ï^i </«';+ y/— i i;p|. rfu^.
534 s'J" l'intégration des équations.
Si donc on prend comme variables les ;, les iv, les p^ elles — \' — i w/,, la
forme canonique des équations (:<J) ne sera pas altérée et elles deviendront
—7- = -; — = -r^ = o ( c, = const. ). — ;- = — ^ = o ( 0 = const. ),
,Ù (Ar, (/.v, '■ '' ,ù ^/_ , ,/(„^ ^ ' ■"
/Aï*/ (/c /Aox '/-
— j— =■ T-^ = const.; — 7— = ' = const..
ce qui montre que les z et les p sont des constantes, les t\' et les gj des fonctions
linéaires du temps. c. q. f. d.
Substituons dans F les développements (26), et ordonnons suivant les
puissances de fi; nous aurons
F = e„-l- \lSl^-^ )^"-^i-^
Si nous développons de même 9 suivant les puissances de \i. de telle sorte
que o =: 2ijl''9/,, l'équalion F = o nous donnera
©n = Çu, , 6] = '.:i , 0-2 = 3 2, ....
Comme ©o n'est autre chose que Fu, où X, est remplacé pars,, l'équation 0„^ 90
est remplie d'elle-même.
Je développerai de même S suivant les puissances de \i. en écrivant
S = jJl S I -H (Jl- S2 -4- . . .
Théorème de Poisson.
Il vient d'abord, en égalant les termes du premier degré,
rfSi = S(X,' d\] - Y/ dzi^ x\ dyl -~y\ dxl).
D'après nos hypothèses, Y,'' — ivj, ^i-jK*, ^t sont indépendants des tv; on a donc
/A'" d\l . dr\ dxl
rlwi r/iVj me, r/ii',
d'où
-Mais la valeur moyenne de -^ j qui est la dérivée d'une fonction périodique, est
évidemment nulle; on a donc
[X/J = o.
Mais [X,' ] représente, d'après ce que nous avons \ u plus haut, les perturbations
SUR l'intégration des équations. 535
séculaires de X,-, c'est-à-dire du grand axe, qui sont du second ordre par rapport
aux masses.
C'est donc le théorème de Poisson sur V invariabilité des grands axes.
Perturbations séculaires du premier ordre.
Posons
Les Zi étant regardées comme des constantes, il en sera de même des a,- et l'on
aura
(2«j e, = — i:«,\; ^F,.
11 demeure bien entendu que, dans F,, les variables X,-, Y,-, xi, yi doivent
être remplacées par X,", Y", x" el y" ■ En prenant les valeurs moyennes, on
trouve
[e,] = -i;«,[X/]+[F,] = R.
Reprenons l'équation 0i ;= j, et prenons les valeurs moyennes des deux
membres, il vient
(29) R = <pi.
Regardons un instant les zi comme des constantes, il viendra
(30) <ll = ^{xl - u,)dyl+{.-t-yl)dri]
et il faudra déterminer les x'I et y", de façon à satisfaire à l'équation (29) et à
rendre l'expression (3o) ainsi que d{j différentielles exactes.
C'est le problème F, où R, T, U, xl, yl, «<•, vj, jouent le rôle de F, S, T,
Xi, yi, x] . yl-
Nous obtiendrons donc xl etj),! développés suivantles puissances des pe-"*"'.
La fonction T étant ainsi déterminée par le procédé F, on aura
Y» "'T
ce qui donne la perturbation séculaire de l'époque.
Perturbations périodiques du premier ordre.
Reprenons l'équation 0i = cpi, qui peut s'écrire, en tenant compte de (2^)
et (28),
536 SUR L'INTÉGRATION DES ÉQUATIONS.
Le second membre est uiiu toaction périodique des iv donl la valeur moyenne
esi luilli' en venu de l,?-'))-
L'équalion pourra donc s'inlégrer par le procédé A, ce qui donnera S, — [^i ]■
On auia ensuite
Comme les dérivées sont prises ici par rapport aux variables ^,, Y", x'I, yl,
c'est en fonction de ces variables qu'il conviendra d'exprimer Sj et F, et non en
fonction des z, des p, des w et des co; remarquons :
i" Que, \," étant égal à iv, plus une quantité indépendante des w,
(/S, _ (/Si
d^i ~ dYf'
de sorte que notre équation peut être remplacée par la suivante :
V ''Si p.
2" Que toute fonction périodique des tv, est aussi une fonction périodique
des Y° et que sa valeur moyenne par rapport aux V" est la même que par
rapport aux »,.
Le calcul qui précède ne diffère pas d'ailleurs du calcul habituel; le mode
d'exposition seul diffère.
Perturbations séculaires du second ordre.
Déterminons maintenant [X,"J, [Y/], [xl], [yl]-
Nous avons
d^,= Z{\f ./Y » + X; d\l - Y/ ./w + x| dyl - yl dxl + x\ dyl ),
d'où
f/So / dy\ d\\.\
' dwi ' A diVi * dw, I
La valeur moyenne du premier membre est nulle, celle du second terme du
second membre est connue; car on a, par exemple,
SUR l'intégration des équations. 537
équation dans le second membre de laquelle le premier terme est connu et le
second nul.
Donc [Xr] est connu.
Nous avons ensuite l'équation ©5^02. Si nous prenons la valeur moyenne
des deux membres, elle deviendra
■V f/li r , , 'V ''R r 1 n *
D'un autre côté, on trouve
./[S,] = 2([- Y' ] cfz,^[xl] c/yl - [yiyixD,
ou, en regardant pour un instant les z comme des constantes,
Pour pouvoir appliquer le procédé H à ces équations, il convient de prendre
pour variables nouvelles, au lieu des xl et^)°, les «a et les P/,. Toute fonction
développable suivant les puissances des a:° et r° le sera également suivant celles
des Uk et des c/,, et inversement.
On aura alors
dK dK . d\\ dK
dx\ diik dyl dvk
Aa, B/;, Ca, D/, étant des fonctions connues développables suivant les puissances
des w et des f et commençant par des termes du second degré. D'où
1^,1^1]- S-kl^l]--'^[^l]'-M.rl]='^^9.
d[S,] = Z\[xl]( dn + dCk ) + [y'k ] ( duk + r/Di ) j .
D'autre part, (jjo devant être fonction seulement des p satisfera à l'équation
r/s, dW; _ d^ d^ _
duk dvk duk dvk
Nous reconnaissons les équations (21 bis) du problème H où [xj], [j'I], m*,
('/,, R, Ro, 4», 92 jouent respectivement le rôle de Ç,, r),-, x,, j',-, F, F\, P, Q.
Nous pourrons donc intégrer ces équations par le procédé H et nous aurons
[Si], [j?lj. [,>'!] sous la forme de séries ordonnées suivant les puissances
H. V. - VII. 68
538 SUR L'INTÉGRATION DES ÉQUATIONS.
des «i el dos c/,, ou, ce riui revient au même, suivant celles des p<e-"*''^.
L'équation
nous douni'ra eiisuilc les [Y,' ].
Nous connaissons donc toutes les perlurbatioas séculaires du second ordre.
Perturbations périodiques du second ordre.
Reprenons l'équation 0.j ^ o^, qui, les x'., . . . étant désormais connus, peut
s'écrire
Srt,\f = 'I' — ?2.
D'autre part, l'équation (3i) peut désormais s'écrire
Il vient donc
d., - ^^ - *•
Sfltj-j-^ =<I>— Oo.
Le second membre est une fonction périodique connue des w, el la valeur
moyenne en est nulle puisque nous venons précisément de déterminer les
perturbations séculaires du second ordre de façon à annuler cette valeur
moyenne.
F^'équation s'intégrera donc par le procédé A el nous donnera
s._[s.]. \f, v-lVl ^1-14], yl-irn
El ainsi de suite.
Examen d'une difficulté.
Mais une grave difficulté, que j'ai, jusqu'ici, passée sous silence, se présente.
Pour que les procédés F, G, H soient applicables, il faut qu'il n'y ait, entre les
quantités que nous avons appelées /,(, aucune relation linéaire à coefficients
entiers. Or il n'en est pas ainsi dans le Problème des trois corps : l'un des "k/,
est nul.
Il est facile de s'en rendre compte.
En effet, les équations canoniques
(32) rLc^^dH,^ dyi ^ dW.
^ dt dyi dt dxi
SUR L'INTÉGRATION DES ÉQUATIONS. SSg
adinelleiil trois intégrales correspondant aux trois intégrales des aires et qui
peuvent s'obtenir de la façon suivante : R..> est de la forme R'., + R'.j, où R'.,
dépend seulement des excentricités et des inclinaisons, c'est-à-dire des quatre
variables Xt, x-j. yt, r-j et oii R'^ dépend des quatre variables 3:,, x,, j'j, ) -, et
est proportionnel au carré de l'angle infiniment petit des plans des deux
orbites.
On en conclut aisément que les équations (32) admettent pour intégrales
[5 \/7ia:::-¥- pV"'-^! = consl., \i s/ay-:,^ fi' \^'y\ = const.
Ces deux intégrales sont linéaires et leur présence suffit pour montrer que
l'un des X est nul; c'est, en effet, la fonction R qui joue le même rôle que la
fonction F dans le problème F; et c'est Ro qui joue le rôle de F._, dans les
problèmes D et F. Les quantités que nous avons appelées /. sont donc définies à
l'aide des équations (32).
On pourrait donc craindre que la présence d'un coefficienl 1 égal à zéro
n'empêche l'application des procédés ]■'. G, H. Il n'en est rien, et il est aisé de
tournoi' la difficulté de la façon suivante.
Considérons les intégrales des aires et écrivons-les sous la forme suivante :
U = U„, V = V„, W = Wo;'
U, V, VV sont des fonctions données des variables X, Y, x, r; U,,, V,,, W,,
sont des constantes.
Supposons qu'on ait pris pour premier plan de coordonnées le plan du
maximum des aires, de façon que les constantes Un et V„ soient nulles. Posons
F'= F-HU^--f-V2
et considérons les équations canoniques
^ _ ^' 'Jli -_ ^ cir^ _d?' dvi _ d?'
{2bbis) ^^ -rA,' df " û-X,' dt ~ dVi' 'dt-~d^i'
qui sont les équations (20 ") où F est remplacé par F'.
Nous envisagerons celles des intégrales des équations (25) qui sont telles
que U=V^o; on voit immédiatement que ces intégrales appartiennent
également aux équations (26 bis). Nous pouvons donc, au lieu des équa-
tions (2.5), envisager les équations (23 bis) qui sont de même forme, mais
telles qu'aucun des coefficients ?,/, ne soit nul.
La difficulté a donc disparu et le calcul peut se pousser jusqu'au bout sans
jio SUR l'intégration des équations.
oltslacli". Il faut maintonanl, pariiii les inti^grales de (:'.5 bis), distinguer celles
qui conviennenl également aux équations (aj).
Pour cela, remarquons que les équations (aS bis) donneut
—r- = o, — — = WV, -~r- = — 2WU,
dt ' dt ' dt
d'où _
W = const; U-H \^ — i V = C^'^'"i'-i,
C étant une nouvelle constante.
La fonction U -h ^ — i V est donc égale, à un facteur constant près, à une
exponentielle dont l'exposant est une fonction linéaire du temps; de plus, elle
doit être développable suivant les puissances des pe*"'*~': cela ne peut avoir
lieu que si elle est divisible par une expression de la forme
OÙ les a, les [3 et les m sont des entiers.
Dans le développement de U + \/ — iV suivant les puissances des u et
des f, considérons les termes du premier degré; on verrait qu'ils se réduisent
à piC'"'*"' (à un facteur constant près qui n'est pas nul).
Donc
«1 = «5 = aj = pi = P-> = p:; = Pi^ «il = m* ^ o, «1=1
et U + sj — r V est divisible par p^e"»*"'.
De même U — s] — i V est divisible par ^^e~'^'^'~'^.
Les intégrales de (20 bis) qui conviennent à (25) sont celles qui sont telles
que U := V = o ; c'est-à-dire telles que m t ^ c,., = o ; c'est-à-dire telles que p = o
et qui, par conséquent, ne dépendent pas de l'argument co^ ; d'où celte consé-
quence :
Les intégrales des équations (20) ne dépendent pas de six arguments linéaires
par rapport au temps, «'< , n'o, W|, w^, ^■^, w.,, mais de cinq seulement ivi, (Vo
OJ, , W2, co-, .
11 n'est pas nécessaire, pour faire le calcul de ces intégrales, de former les
équations (aS bis); il suffit d'opérer sur les équations (aS) elles-mêmes; la
considération des équations (2.5 bis) n'est qu'un artifice dont je me suis servi
pour démontrer la possibilité du calcul.
Remarque. — Nous venons de voir que les coordonnées des trois corps
sont fonctions de cinq arguments tv,, w.,, 00,, wo, W:,.
SUR L'intégration des équations. 54i
Leurs distances dépendront des différences de ces cinq arguments, c'est-
à-dire de quatre arguments seulement.
Deuxième remarque. — Les intégrales (25 bis) pour lesquelles U et V ne
sont pas nuls à la fois ne conviennent pas au système (2.5); les expressions des
coordonnées en fonction du temps ne sont pas les mêmes avec les équa-
tions (25 bis) et avec les équations (aS); mais les expressions des distances
mutuelles des trois corps sont les mêmes.
Calcul des périodes.
Nous avons vu que les iv et les co sont des fonctions linéaires du temps. Les
quantités
cAr,- rfui/.
-dï = "'■' -df = "*
sont donc des constantes. Le calcul de ces constantes est facile. En effet, nous
avons formé la fonction cp qui dépend des constantes ^, et p\, et nous aurons
"■ — ■-- vt= ---
La fonction » étant développable suivant les puissances de /j. et des p^, il en
sera donc de même de n,- et de v/, ; les n et les v sont représentés par des séries
ordonnées suivant les puissances de |jl et des p| et dont les coefficients
dépendent des Zi.
II est aise de voir que les n et les v sont réels; en effet, les coordonnées des
trois corps doivent êtres réelles; les termes de leurs développements devront
donc être réels ou imaginaires conjugues deux à deux. Or chacun de ces termes
est égal à une constante mulipliée par une exponentielle dont l'exposant est de
la forme
V — I ( /;(| ii'i -t- /^iii'o -I- «1 (Oi -t- «joio + (23(03),
les m et les a étant entiers. Ces exponentielles devront donc être ou réelles, ou
imaginaires conjuguées deux à deux. Si deux exponentielles sont imaginaires
conjuguées, elles devront le rester par continuité quand p. et les p sont très
petits; or, dans ce cas, il est aisé de voir que deux exponentielles sont ima-
ginaires conjuguées quand les exposants sont égaux et de signe contraire, et ne
le sont que dans ce cas.
542 SUR l'intégration des équations.
Dans lout couple d'expoQenlielles conjuguées, les exposants doivent être
égaux et de signe contraire. Cela revient à dire que les w et les '■! (et par
conséquent les n el les v) doivent êtres réels. c. q. v. ».
D'autre pari, il aisé de voir que le développement dos n suivant les puissances
de jj. commence par un terme d'ordre zéro, tandis que le développement des v
commence par un terme d'ordre r.
Il en résulte que les n' varient très rapidement et les m 1res lentement; ce
qui justifie le nom de termes séculaires que nous avons donné aux lermes qui
ne dépendent que des w.
Les quantités «i et /tj représentent ce que l'on pourrait appeler les moyens
mouvements moyens.
Les quantités v sont au contraire de l'ordre des moyens mouvements des
périhélies et des nœuds.
Résumé. — Eu résumé, les coordonnées des trois corps peuveni s'exprimer
par des séries qui procèdent suivant les puissances d'un petit paramètre \j. de
l'ordre des masses et de plusieurs constantes p de l'ordre des excentricités et
des inclinaisons; ces séries sont des fonctions périodiques de cinq arguments
(!■, = n,/ -(- m,-, (0, = v,/ -he),
OÙ les 57, et les e, sont des constantes d'intégration. Les «, el les v, sont des
fonctions de p., des p et de deux nouvelles constantes .^i et z-,. el peuveni
se développer suivant les puissances de p. et des p^.
Les coefficients de nos séries dépendent encore des conslanlcs :;, cl ;.j.
Les carrés de ces constantes z peuvent être assimilés à des grands axes
moyens.
La conslaute ro, correspond à la longitude de l'époque, tandis que les p jouent
un rôle analogue à celui des excentricités et des inclinaisons et les w un rôle
analogue à celui des longitudes des périhélies et des nœuds.
Inutile d'ajouter que ces résultais s'étendent sans changement au cas où
l'on a plus de trois corps.
Ce calcul n'est pas sans analogie avec ceux que j'ai exposés dans les
Chapitres XIV et XV de mon Ouvrage sur les Méthodes nouvelles de la
Mécanique céleste. 11 en dlIFére cependant et j'y ai apporté d'importantes
simplifications.
SUR UNE ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE O
Comptes rendus de l' Académie des Sciences, t. 98, p. 793-790 (3i mars iSSi^).
Dans l'application de sa inélhode générale pour l'étude des mouvements
des corps célestes, M. Gyldén a été conduit à une équation de la forme
suivante :
d\c
(i) -jpr = ?o+a:(fi-i-a;2ç2-(-. . .-(-a;"'Om-i-
où les a sont des séries trigouomélriques. MM. Gyldén et LindstedL ont donné
des procédés d'intégration de celte équation par approximations successives.
Cette circonstance peut donner quelque intérêt à l'étude de cette équation
différentielle.
,Ie supposerai, pour fixer les idées, que le terme tout connu o„ est ider-
liquement nul, et que les autres o ne dépendent que d'un seul argument,
par exemple que ces fonctions soient développées suivant les cosinus et
les sinus des multiples de /, de façon à admettre la période 27r.
Posons
rf.r dy d- x
'dt'' di " 'dï^
J' = -77 ) -y^ = -J77 = Xtfi-h X^^i-h.
Soit maintenant F^ une fonction de j', de y et de t,
(2) F = F.,-t-F3-+-F.,-h...,
où F„, est un polynôme homogène de degré m en x et j, ayant pour coeffi-
cients des fonctions périodiques de / de période de 2ts. Soit ensuite
di' àF àF àF dr . ^ ^
^ ' dt âf à.r- dy dt
(') Voir aux Notes, Séries.
54i SUR UNE ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE.
OÙ «I»,,, t'st MU polMioiiic homogène de degré m en x Ql y, ayant pour coeffi-
cients des fondions périodiques do t. Nous allons chercher à délerniiner
les m premiers termes de la série (a), de façon que les //), premiers termes
de la série (3) soient identiquement nuls. On est conduit à l'équalion
suivante, qui délinit F,„ quand on connaît F._,, F; F,„ _, :
où p varie sous le signe — depuis 2 jusqu'à m — i .
Il semble, au premier abord, que l'intégration de celle équation intro-
duira des termes séculaires dans l'expression de F,„. Il n'en est rien. Les
termes séculaires sont tous nuis.
Il en résulte qu'il existe toujours une série de la forme (2) qui satisfait
i/¥
formellement à l'équalion -^ =: o; mais, CDunne cette série n'est pas conver-
gente, en général, on pourrait croire que l'on ne peut tirer aucune conclusion
de l'existence de cette série.
Ce serait une erreur, cl, pour le faire comprendre, je vais ajouter au
second membre de l'équation (i) un terme '.}/a''jï, de façon que cette équation
devienne
(I bis) -^ =xçi-t-.£'-;92-!-. ..-l-a;"'ç,„-t-...-f-'J/.r/' ( — j
■\i étant une fonction périodique de t de période 27:. Cherchons ensuite à
former une série
F = Fo-HK,-i-...+ F„,-h...
qui satisfasse formellement à l'équation -^ = o. On verrait, dans l'un des
termes F,„ de celte série, la variable t sortir des signes trigonométriques.
On en conclurait l'existence d'une fonction ,/'(-£•, .)', 0 jouissant des pro-
priétés suivantes :
1" C'est un polynôme entier en x et y, dont les coefficients sont dos
fonctions périodiques de t de période 27r.
2" Quand /est très petit, x el y sont très petits et réciproquement, quand x
cl y sont très petits, /'est très petit.
.3" Quand f est inférieur à une certaine limile y,,, sa dérivée lolale ' est
toujours de même signe, par exemple posititive.
SUR UNE ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE. 545
II en résulte que, si la valeur initiale de / est inférieure à fo, f ira en
croissant jusqu'à ce qu'il ait atteint ol dépassé la valeur /'o, et, après avoir
franchi cette limite, il ne pourra jamais redevenir inférieur à f,,- Eu d'autres
termes, si x ei y sont originairement très petits, non seulement ils ne resteront
pas très petits, mais ils ne pourront jamais le redevenir après avoir cessé
de l'être.
Tel est le cas général, et, dans le cas particulier où nous nous étions
placés d'abord, la disparition des termes séculaires prouve précisément
l'impossibilité de trouver une fonction /" dont la dérivée totale : soit toujours
de même signe quand x et )■ sont suffisamment petits.
Il résulte de là et de considérations que je ne puis développer ici que les
quantités x et }' pourront cesser d'être très petites, mais pour le redevenir
ensuite. 11 j a exception, toutefois, quand un certain nombre est conimen-
surable.
Dans le cas où la série (2) serait convergente, x Ql y resteraient toujours
très petits.
H. P. — VII. 69
SUR UNE MÉTHODE DE M. LINDSTEDT
Ihillctin (islroiioiitii/uc, t. 3, p. 57-(ii (févriei' iSSIiJ.
Fj'éqiialioa suivaale :
OÙ y. esl très petit et où cpi, Oo, . . ., o,, sont des sommes de termes trigono-
métriques en t, a été l'objet de travaux nombreux et approfondis, parmi
lesqnels je citerai une mtHhode d'intégration de M. Lindslodl \^Beitrag zur
Intégration der Différent ialgleickungen der Storungstheorie {Mémoires
de V Académie de Saint-Pétersbourg, t. 31, n" i); analyse dans le Bulletin
astronomique, t. I , p. .jo:ï]. Je demanderai la permission de rappeler
i)rièveiueul cette inélliode, en la représentant sous une forme particulière.
Posons
{■!) X = x<s-\- a.i:i-\-. . .+ -j:t Xq,
a;,,, Ti, . . . , x,i étant des sommes de fermes de la forme suivante :
A cos(/« II' -k- ).l -\- il).
Dans celle expression, m est un entier et \v est une variable auxiliaire
égale à
\y = \].t -\- 7J7,
OÙ w est une constante d'intégration el où
;j. = ;j.ii -(- x;j.i H . . . -H av ij.y.
Te dis qu'il sera possible de choisir les fonctions Irigonomélriques Xo,
Xf, ..., x,i et les constantes /j.,,, /-"i, ■••, p,/, de telle sorte que, si l'on
substitue dans l'équation (i) la valeur (2) de x, la dillerence des deux
SUR UNE MÉTHODE DE M. LINDSTEDT. 547
membres de cette ét{uation contienne en facteur a?*', ou, en d'autres
ternies, que cette équation soit satisfaite aux termes près d'ordre q -\- \ ,
y. étant du premier ordre.
En effet, on trouve d'abord aisément
.;„ = cosir, \xo = II.
Ecrivons maintenant l'équation (i) sous la forme suivante, en mettant en
évidence les dérivées partielles de x par rapport à ; et à n\
(^) ^^ +21- ,7777:7, +;-;7:^+«--'-- = ='U-r. + --r=----H--^-"-r/.) = =<F-
Si dans F nous remplaçons x par sa valeur (2), nous pourrons développer
cette fonction F suivant les puissances de a, et il viendra
F = FoH-aFi+a'-F.-t-....
Il est clair que Fo dépendra seulement de Xq et de Xs , V., de Xo, X\ et x^, ....
Posons
Ici encore Vo dépendra de [i-o, V| de ,u,i et [j.,, ....
Posons encore, pour abréger,
, ri- U fl- U d- Il
Am = —!— -+- ■?. fl — — — -H li- - — — n-ti,
(il- dt dw dw-
. _ d'-.ii: d-xii
~ dt dw ' dw-
^Jous aurons alors, pour déterminer successivement les x et les ^, la suite
d'équations suivantes :
A.i'i — vi eus»' = Fo,
Aa-o -+- B; — Vo ro-iir = Fl,
A.r; -(- \>i; — '//■ cil? w = F/(-_
Si j"„, Xi^i . . ., Xk-\ sont connus ainsi que ,a„, /Jii, . . ., p-/,_i, on connaît F^_i
et B/, qui sont des séries trigonométriques. On déterminera ensuite [>-k et par
conséquent v/,, de telle façon que l'équation
A.i-/;. = F^._i -f- v/,- co? (f — B
puisse être satisfaite par une série trigonométrique j-k-
5.{8 SUR UNE MÉTHODE DE M. LINDSTEDT.
Telle osl la métliode 1res simple de M. Lindsledl. Il est aisé de voir
coiiimenl il faut déterminer v<; en ellft. pour que l'équalioa
\,t = \\,
où le second aïonibre est une série irigononiétrique en / et tr puisse être
salisfaite par une série trigonomélrique u, il faut et il suffit que AV ne
contienne ni terme en cosn', ni terme en sinci'. Or nous pouvons disposer
de v/;, de façon à détruire les termes en cos(»'; mais nous ne pourrions pas de
même détruire les termes en sinw, s'il j en avait dans F/,_| — B/..
On voit immédiatement qu'on ne peut en rencontrer dans les premières
approximations; mais il n'est pas évident qu'il en serait de même dans les
approximations suivantes. Aussi M. Lindstedt crovail-il que sa méthode
n'était applicable jusqu'au bout que s'il n'existait aucune relation linéaire à
coefficients entiers entre les coefficients du temps dans les divers termes
de 9(, 92, . . . , 'Jp. Cette restriction qui serait très gênante est inutile; je vais
le démontrer en m'appujaut sur le théorème de Green. Pour cela, je
supposerai d'abord que o,, Oo, ... ne contiennent qu'un seul argument,
c'est-à-dire (en choisissant convenablement l'unité de temps) que
zi;= ^X cos{mC + h) (//). étant entier), 9i( < + 2 !t) = 9i-(<).
Posons
y=^, -" = ''
et regardons x, y el z comme les coordonnées d'un point dans l'espace.
Posons encore
X=f, Y= — n-x -h y.(xfi-^ . , . + xP ^j,), Z=i.
Soient S une surface fermée quelconque, d(,y l'élément de cette surface,
a, b, c les cosinus directeurs de la normale. Le théorème de Green nous
donnera
x<
( X a -(- Y /^ -t- Z c- ) '/m = o,
j
car on voit aisément qu'on a
rfX d\^ dL _
dx dy dz
Pievenons à la méthode de M. Lindstedt et supposons qu'après avoir
conduit avec succès les /.• premières approximations, on soit arrêté à
SUR UNE MÉTHODE DE M. LINDSTEDT. 549
la (A •+ i)""'° par la présence d'un terme S sinir dans F/.-, — B^. Nous
résoudrons alors léquation
\x'i. = Fi_i + v/; cos w — B^- — S sin ic,
en choisissant v/, de façon à détruire les termes en costv dans le second membre.
Alors t\ sera une série trigonométrique en t et iv. Posons maintenant
X =f(t. ic) = aru-l- aoCi + . . .+ a''-i .*•/_! -H a*.2;'^,,
df df
Si nous faisons parcourir à t et m w touies les valeurs comprises entre zéro
et 27:, le point ^, )', z parcourra une certaine surface i; cette surface ne sera
pas fermée, mais elle sera limitée aux deux plans ^ =; o, s = 9.T.. Pour achever
d'enclore un volume, il faudra adjoindre à la surface i une portion de chacun
de ces deux plans: nous aurons alors une sorte de cylindre, avec sa surface
latérale 1, sa bas« B dans le plan c = o. el sa hase B' dans le plan ; = 27r.
L'intégrale / (Xa + V è H-Zc) ofw, étendue à la surface totale de celle sorte
de cylindre, devra être nulle. Mais les intégrales relalivcs aux deux bases se
détruisent, puisque x ç.\. y sont des fondions périodiques de / avec la
période 2(v; donc l'intégrale étendue à la surface 2 esl nulle.
Evaluons celle intégrale d'une autre façon.
Posons, pour abréger,
\ TIw) ^ \ <ll <lw <lw lit )
d'où
div (hv \ cil dw dw r/t /
Il viendra alors
dw \ ill- dt dw dw- j
avec
Y =— «■^/-i-a(/oi-f-/o92 + ...-l-//'9;,).
Si l'on développe Xa+ Y6 + Zc suivant les puissances croissantes de a, il
viendra
Xrt H- Yè-l- Zc = — a-f-MoS sin^n'H- »''■+' 0, -+- a*+i 62 + . ..,
à'iO SUR UNE METHODE DE M. LINDSTEDT.
OÙ 0,. Oj, . . . sont lies séries Irigonométriqiies qu'il esl inutile de déterminer
davantage, et où
Mo '
sin-(i' ■+- n- cos-w
osl le premier leruie du développement de IM suivant les puissances de oc.
Notre intégrale devant être nulle, quel que soil a, les coefficients des
diverses puissances de oc dans le développemenl de celte intégrale devront être
nuls, et ce sera vrai, en particulier, du coefficient de y./i : on devra donc avoir
/
Mo S sin-ii' rfio = o,
et, comme M,|Sin-(v est essentiellement positif, cela ne peut avoir lieu que
si S est nul. Donc, dans la méthode de M. Lindstedt, aucunedes approximations
n'introduira de terme en siniv; donc la méthode n'est jamais en défaut.
J'ai supposé, il est vrai, (jue les séries Irigonométriques (y,, a^, ... ne
contenaient qu'un seul argument; uiais il esl aisé d'étendre le résultat au cas
général. Si, en efi'et, il y en avait deux par exemple et que les termes des o fussent
de la forme A cos [m^( -\- nyt -\- h), m etn étant entiers et [3 et y deux constantes,
et s'il s'introduisait un terme Ssinivà la /f"'""' approximation, S devrait être
nue fnuclion coulniue de y et de y: mais cette loni'liou esl nulle si - est
commensurable, c'est-à-dire si les deux arguments ^e riMluisent à un seul: elle
est donc toujours nulle.
La même analvse pourrait s'étendre aux équations plus générales consi-
dérées par M. r^indsledi, uiais j'ai à peine besoin de dire que la question de
convergence est toujours résiirvée.
SUR LES SÉRIES DE M. LINDSTEDT
Comptes rendus de l'Académie des Scif/ices, t. lOS, p. 21-2^ (7 janvier iSSç)).
Il esl une équation qu'on rencouire souveni en Mécanique céleste ei qui a
déjà fail l'objel de bien tles recherches : c'est la suivante :
(0 '-^, ->-"-? = '^'?(?>^);
n est un nombre incommensurable, ;j. un paramétre très pelil. Quant à o(p, x),
c'est une somme de termes de la forme suivante :
ç( p, .r ) = i; A i'" C(>s(Â.r -+- ai.
m est un entier. A, / et y. sont des coiislaules quelconque^. Nous |ioiirions
toujours poser.
'b( 0. ;/■ I ^ 1 \ CI>«C/.J'-+- 7.). (l'uù Z — - — ^•
' ' III ^ l ■ (/O
M. Liiidstedl a |)rop()S('', pour riiili''j;ralioii de celle ('■qnalion, <les séries qui
ne sont pas convergenles an sens rigoureux du mot, mais qui peuveni reiidie
de grands services dans la pratique, parce que les termes vont d'abord en
décroissant très rapidement et qu'en prenant un pelil nombre de ces termes on
ne commet qu'une erreur assez faible, comme dans la série de Stirling.
Je me propose de présenter la méthode de Liudsledl à un point de vue
nouveau, en la rattachant aux principes des ]'orlesungen ûber Dynamik de
Jacûbi.
Nous pouvons remplacer l'équation ( i ) par les suivantes :
di"''' dt~~"'' '''do'' ~dt~^'
552 SUR LES SÉRIES DE M. LINDSTEDT.
En posant
il vieul
auxquelles ont peut joindre (puisque p est une variable auxiliaire coin-
pliHement arbitraire)
~îït ~ dx'
H = — -i-«2 ^ — |jiJ^-*-/v,
de,
dt ~
d\\ dG dW dx
dn ' dt ~ dp ' dt
d\\
Changeons de variables en posant
'.q . I
-^ sin )•, u = \/inqcosy,
v-
il viendra
Il =/>-+- «2 î — ,aii(ç,jK, x),
dp __dH '!3_ __^ dx _ M dy __ dH
TTt ~~ "dx ' r/t ~~ ITr^ 'dt ~ dp' dt ~ dq '
Les équations différentielles se présentant sous la forme canonique, on voit
qu'il suffit pour les intégrer de connaître l'intégrale complète de l'équation aux
dérivées partielles H = C, où l'on regarde p e\. q comme les dérivées d'une
même fonction -s et où C est une constante arbitraire. Cette équation s'écrit
donc
dz „dz l dz \
Nous allons chercher à développer la fonction inconnue z suivant les
puissances de p, en écrivant
z = Za + \i-Zi-\-\>.-Z«-¥ . . . ,
p =po-h.lJ.pi-+- lJ.''p2-+- ...,
q = q„-h ixq, -i- IX- q^-h . . .,
dZi dzi
^'=777' P'=7I^-
Si dans 'L nous remplaçons q par ce développement, nous trouverons
■J/o dépendra de q„ seulement, ^);^ de q^ et de ^i, 'h-2 de q^- q\ et ^2) 4'^ ^^ ^oj
q^^ qi et </3, .... De plus, les i];,; seront de la forme suivante. Si q^, est supposé
donné, 'J>j pourra se développer suivant les puissances croissantes de ^i.
SUR LES SÉRIES DE M. LINDSTEDT. 553
^.j, . . . , ^,; le coefficient de chaque terme de ce développement sera lui-même
une somme de termes de la forme suivante :
(2) A cos( niy -1- À .<■ -4- a),
m étant un entier, A, /,, et a des constantes quelconques.
Cela posé, on aura pour déterminer successivement les fonctions Z/, la suite
d'équations récurrentes
(3) fJti-i- n-q„= C, pi-i- n''(/, = 'la, ..., pi-h n^qi= iii-f.
Nous prendrons pour y;,, et </„ deux constantes satisfaisant à la première des
équations (3) et nous aurons, par conséquent, z^ = /)„x -\- q»}", la cons-
tante (jg, que nous supposerons différente de zéro, sera notre constante
d'intégration.
Quand on connaîtra z^- -i, :■., .... ^i_i, on connaîtra '^i-^ et l'équation
(4) pi-h rf-(ji=<bi-i
déterminera z;.
Convenons d'appeler, pour abréger, fonction trigonométrique de x el de y
toute somme de termes de la forme (2).
Je dis que /), et '/, seront des fonctions irigonométriques de x et de y.
Supposons, en effet, que cela soit vrai des dérivées de z„, r,, z-^, • . -, ^i-t',
je dis que cela sera vrai des dérivées de Zi.
En effet, cela sera vrai d'abord de 4'/-)) tl^ sorte que l'équation (4) s'écrira
pi -H «- y, = Au -H - A cos ( iiiy -+- X -f -H ï ).
Dans le second membre, j'ai mis en évidence le terme tout connu A,, de la
fonction trigonométrique i]^,-i. Nous tirerons de là
■■r^ A siniiny -h Xx -t- u) v^ A /** cos ( »o' -+- X x -1- ot)
On voit que </,, et par conséquent (y, est une fonction trigonométrique
de X et de y.
Nous possédons donc z sous la forme d'une fonction trigonométrique
de X et de y, dépendant en outre de deux constantes arbitraires C et cj„.
L'intégrale générale de l'équation ( 1 ) est alors
dz dz , dz
' dy dqa ^ dC
c/^ étant une nouvelle constante arbitraire.
H. P. — VII. 7»
554 SUR LES SÉRIES DE M. LINDSTEDT.
Il esl aisé d'on déduire les séries de M. Lindstedl sous la foiniL- que le
savant astronome leur a donnée.
On reniiirqut'ra que celle inélliodo (l'exposition met en évidence In l'orme
purement irigonomélrique de la solution, sans qu'on soit obligé de recourir
au théorème de Green et de l'artilice que j'ai employé dans le Bulletin
astronomique pour démontrer la légitimité de la nnUliode do M. Lindstedt.
Ce que je viens de dire s'étend sans peine à des cas beaucoup plus gi'uéraus,
et, en parliculier, ;iu problème des ti-ois cor|)s. Je dois toutefois faire une
remarque.
Pour toute autre loi d'attraction que celle de Newton, l'application de la
méthode précédente au problème des trois corps ne présenterait aucune
difficulté; avec la loi de Newton, au contraire, elle ne réussirait pas si l'on
prenait pour point de départ l'orbite képléricnne; on est donc obligé de
prendre comme première approximaliou l'une des orbites intermédiaires
de M. Gvldén.
SUR UN PROCÉDÉ DE VÉRIFICATION,
APPLICABLE AU CALCUL DES SÉRIES
DE LA MÉCANIQUE CÉLESTE
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 120, p. 57-59 (i4 janvier iSijS).
Dans mon Ouvrage inlilulo Méthodes nouvelles de la Mécanique céleste,
j'ai montré comment on pouvait représenter les coordonnées des astres par des
séries trigonométriques et je me suis particulièrement étendu sur ce sujet dans
les Chapitres XIV et XV.
Supposons que 1 on étudie le mouvenient de trois corps, par exemple du
Soleil et de deus planètes; nous rapporterons les deus planètes à une origine
mobile mais à des axes de direction fixe; la première planète sera rapportée à
des axes passant par le Scjli'il et la seconde à des axes passant par le centre de
gravité du Soleil et de la première planète.
Soient X\. x-^, r;, les trois coordonni'es de la [iremière planète, X;, x.,, x,-,
celles de la seconde; soient ii, )'.j, j'.. les trois composantes de la ([uantilé de
mouvement de la première planète; soient Vi, ^)'.-,, jiu les mêmes composantes
pour la seconde planète. Il s'agit, bien entendu, des quantités de mouvement
de ces planètes dans le mouvement relatif par rapport aux axes mobiles
auxquels elles sont respectivement rapportées et en leur attribuant des niasses
fictives convenablement choisies qui s'expriment simplement en fonction des
masses réelles.
Dans l'Ouvrage que je viens de citer, j'ai montré que les xi el les )/ peuvent
s'exprimer de la façon suivante : Soit p. un paramètre très petit de l'ordre des
:)56 SUR UN PROCÉDÉ DE VÉRIFICATION.
masses, soient £, el ro,(«= 1,2, . . . , (j) douzes conslanles d'intégration dont
quatre, que j'appelle li, E*, H;,, lu, sont très petites.
Soient «,({ = 1, 2, . . ., 6) six quantités s'exprimant à l'aide de ces cons-
tantes; les n, seront développés suivant les puissances de jj. et de l-j, i;, , t:,, ç,-,;
les coefficients du développement dépendront encore deEi et de 4-..; les», seront
donc ainsi fonctions de p. et des li, mais indépendants des ro,-. Quatre des «, à
savoir «3, n,, /;.,, n,, seront très petits. Les deuxautres, ni et «o, correspondent
aux moyens mouvements; ce sont pour ainsi dire les moyens mou' cments
moyens.
Posons enfin
Alors j'ai montré que les Xi et les r, sont développables suivant les puissances
de ,a, ïn, îi, l:; et ;„; chaque terme du développement est une fonction pério-
dique des oj, de période 27:, el dépend en outre de l, et de ï^.
Les douze constantes ainsi introduites rappellent en quelque sorte les
» éléments absolus » de M. Gyidén; "u et £2 jouent un rôle analogue à celui des
grands axes; î^, ;,, £5, t,-. sont analogues aux excentricités et aux inclinaisons;
'.), et tù2 aux longitudes moyennes; w,, lu,. oi.-,, o),, aux longitudes des périhélies
et des nœuds.
Ces séries jouissent de certaines propriétés que la symétrie rend évidentes.
Ainsi les séries qui représentent j", et >', seront respectivement de la forme
X, = SAiA'^?*»?*;'?'-'?^' cos(/«i (0, -h «iïto.j -i- . . .-h /n,, loo),
_)',■= SBfji^|^?*iÇ*sE{'. sinO/iiMi -t- i/i-.M.-h. . .-h »i,.(Of,).
Les A et les B sont des fonctions de ci et de ij ; les m et les A- sont des
entiers; mais ces entiers ne sont pas quelconques; les A' sont des entiers
positifs, les ;/i peuvent être positifs, négatifs ou nuls; on aura
//Il -+- m- -h . . . -;- m,. = <i.
Enfin I i/ij I (où i^ 3, 4, ' ou '^) sera plus petit que A, et de même parité
que A,.
La constante des forces vives C sera une fonction des i,, ou bien encore
(puisque les m sont six fonctions indépendantes des ;,) ce sera une fonction
des m- Je préfère supposer C exprimé en fonction des «,.
Il est à peini? nécessaire d'ajouter que les séries obtenues ainsi ne sont pas
convergentes, mais qu'elles peuvent néanmoins, à la façon de la série de
Stirling, rendre des services aux astronomes.
SUR UN PROCÈDE DE VERIFICATION. 557
Elles soul donc imporliintcs cl comme les calculs qui y conduisent sont
délicats et difficiles, il n'est pas sans intérêt de connaître des procédés de
vérification.
tin premier procédé consiste à substituer ces séries dans le premier membre
de l'équation des forces vives, ou des é(juations des aires. Ces premiers
membres doivent se réduire à des fonctions des t, seulement.
Mais il y a un autre procédé de vérification, qui ne s'aperçoit pas aussi
immédiatement, et c'est sur ce poiut que je désirerais attirer l'attention.
F^es égalités suivantes doivent être idciiliipKmcnt vérilii'es :
Les H, sont des fonctions des £ seuieuieal, indépendantes des u.
Quant à C, c'est la constante des forct'S vives supposée exprimée en fonction
(les /(,.
< )n peut ajouter, et c'est d ailleurs une conséquence des égalités précé-
dentes, que l'expression ^x/dyi est une différentielle exacte quand on y
regarde les ; comme des constantes et les w comme six variables indépendantes.
SUR LA DIVERGENCE DES SÉRIES
DE LA MÉCANIQUE CÉLESTE
Comptes rendus de V Académie des Sriences. t. lîi, p. 4'.i7-''i09 (2 mars 189C).
M. Hill n publié, dans le Bullclin oj tlie Ainericaii Malheinatical
Society ('), une Noie inlituléo : On the convergence of ihe séries used in the
subject of perturbations, el dont les résiilluls semLleal au premier abord en
contradiction avec ceux ([ue j'ai obtenus. J(> crois donc nécessaire de montrer
que celle conlradiction n'est qu'apparente ; j'ajouterai même que le principal
théorème de M. Hill avait déjà été démontré par moi.
Je rappelle succinctement les propositions que j'ai énoncées [Méthodes nou-
velles de la Mécanique céleste, t. II, Chap. XIII) :
Mettons les éfjuations de la Mécanique céleste sous la forme
</r, _ r/F • r/r, _ ri'F
•' ~Jr ~ Tlfi' ~iÏÏ~~'iJI'
I^a lonclion !•' i-st périodique par rappori aux ), ; elle dépend des x, d'une
manière quelconque. De plus, certains de ses termes sont très pelils par
rappori aux autres, cl nous pouvons mettre en évidence l'ordre de grandeur
de ces dilléreuts termes en introduisant une quantité très petite p. et en déve-
loppant F suivant les puissances de p. sous la forme
F = Fo-i- 1J.F, + ;j.îF2 + ...;
F„ ne dépend pas de y,.
I ' ) Vol. II, janvier 1896, p. ij'i.
SUR LA DIVERGENCE DES SERIES DE LA MECANIQUE CELESTE. Dog
On trouve aIoi> qu'(jn peul satisfaire formellement aux équations (i) par des
séries de la forme
1,- = ir, -i- 'j.\l -+- [J-y,- -h. . .
où les xf et les yf sont des fondions périodiques des quantités
11'; = iiit -i- x^i :
les 5j, sont des constantes d'intégration; les n, sont des constantes (dites
moyens mouvements) qui sont développables en séries ordonnées suivant les
puissances de p..
Les x': ou rf sont eux-mêmes développables en séries de la forme
(3) xf (ou )■* ) = i: A cos(»ii »i -T- /«■> (!■■. -i-. . .— m„u^„-^- h).
On peut alors se demander :
i" Si les séries (3) convergent;
■j." Si [en admettant que les séries (3) convergent et que, par conséquent, on
puisse former les séries (a)] les séries (a) convergent.
Pour simplifier l'exposition de cette discussion, je supposerai deux argu-
ments seulement w, et a v et deux moyens mouvements n, et n^- Commençons
par l'élude des séries (3).
Si le rapport des moyens mouvements est commensurable, un des termes île
la série devient infini ; laissons de côté ce cas.
J'ai montré (p. g6, 97) que les valeurs incommensurables du rapport des
moyens mouvements peuvent se répartir en deux catégories : celles pour
lesquelles la série converge, celles pour lesquelles la série diverge, et que dans
toui intervalle, si petit qu'il soit, il v a des valeurs de la première catégorie el
des valeurs de la deuxième.
J'ai démontré, en particulier, que la série converge pour les valeurs incom-
mensurables dont le carré est commensurable.
C'est ce dernier résultat que retrouve M. Hill par une démonstration de tout
point semblable à la mienne, mais il le généralise en montrant qu'il en est de
même pour toutes les valeurs qui satisfont à une équation algébrique à coeffi-
cients entiers.
11 n'y a donc, on le voit, aucun désaccord.
Le point essentiel n'en subsiste pas moins, quelle que soit l'approximation
56o SUR LA DIVERGENCE DES SERIES DE LA MECANIQUE CÉLESTE.
avec laquelle les moyens inouvemenls seront connus ; nous ne pourrons assigner
une limite supérieure à l'erreur couiniise en s'arrèlanl à un terme de la série.
La convergence de la série ne peut èlre uniforme.
Passons maintenant au second point : je veux dire à In convergence des
séries (2). Cette question n'est pas abordée par M. Ilill.
Il semble d'abord qu'elle ne doive même pas se poser, puisque la conver-
gence des séries (3), quand elle a lieu, n'est pas uniforme. Mais un artifice
très simple permet de former néanmoins les séries (2).
Si, en effet, les fonctions Fj, F-.., ... ne contiennent chacune qu'un nombre
fini de termes, cliacune des séries (3) se réduira égalemi^nt à un nombre fini
de termes. Sa convergence sera donc assurée.
A la vérité, il n'en est pas ainsi quand p. représente une des masses perturba-
trices; il en serait ainsi, au contraire, dans la théorie de la Lune, ou bien
encore si Ton développait à la fois suivant les puissances des masses et des
excentricités.
Dans tous les cas, /j. ne joue d'autre rôle que celui de quantité très petite, et
rien n'empêche de grouper ensemble, sous la notation /-i"F„, tous les termes
dont les coefficients sont des quantités du n'""' ordre de grandeur.
Grâce à cet artifice, les séries (3) deviennent convergentes et il s'agit d'envi-
sager les séries (2).
Malheureusement, ici, le mode de démonstration employé par M. Hill, et
dont je m'étais également servi pour les séries (3), cesse d'être applicable; je
n'ai donc rien à changer à mes conclusions, dont il importe de bien se rappeler
la portée exacte, que j'ai cherché à préciser autant que possible.
SUR LA DIVERGENCE
DES SÉRIES TRIGONOMÉTRIQLES
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 122, p. 557-55<j (g mars 1S9G).
J'ai eu l'occasion de parler de celle queslion à propos d'un travail de
M. Hill inséré dans le BuUeliii of the American Matliematical Sociely.
M. Hill ayant publie, dans le même Recueil ('), un nouvel article sur le même
sujet, je un; vois forcé d'y revenir, car le nialealendu me semble s'être aggravé,
et je crois nécessaire de donner quelques explications complémentaires.
Il s'agil des preuves que j'ai données de la divergence des séries de
M. Lindstedl :
Anollier iiiclliod, dit M. Hill (p. i31), is derived fiom the principic tliat Iwo caraclc-
rislic exponents vanisli for every uniform intégral lliat exists; but ihc intégrais derivable
from tlie séries of Delaunaj', Newcomb and Lindstedt are valid only for a limited range
in tlie \alues of the linear \ariables. For instance, in the prnblem of the three bodies,
if tlic déformation of the triangle formed by thèse bodies is such ihat \ve cannot find
any two sides, one of which sustains to the ollier an invariable relation of greater or
less, we cannot apply the mentioned séries. (Tel serait, par exemple, le cas d'une comète
troublée par Jupiter, si la dislance aphélie est supérieure à celle de Jupiter et la distance
périhélie inférieure à celle de la planète 1.
Ainsi, dans la pensée de M. Hill, les séries convergeraient pourvu que les
variables satisfassent à certaines inégalités, el mon argumenlalion prouverait
seulement qu'elles ne peuvent pas converger [)our toutes les valeurs des
variables sans aucune exception. 11 est aisé de voir, au contraire, que l'argu-
ment conserve sa valeur et permet d'établir que ces séries ne peuvent pas
(') Vol. II, février iSj6, p. 123.
H. P. — VII. 71
562 SUR LA DIVERGENCE DES SERIES TRIGONOMÉTRIQUES.
converger daus toiile réleudue d'un doiniiinu cjuulcoiiquo, jkjuivu qu'il y ait,
dans ce domaine, une solution périodique; or, il y a des solutions périodif|ues
dans lous les iloniaines, si polils qu'ils soient (au moins poui- les \aleurs 1res
petites des masses el des excenlricliés). Si donc les séries convergent, ce ne
peut être ipie pour certaines valeurs discrètes di^s variables et non pour toutes
les valeurs comprises entre certaines limites, quelque resserrées que soient ces
limites.
In tlie lliird place, coullnue M. llill, an appeal is made lo tlie nlleged non existence
i)f analytic and uniform intégrais beyond tliose already known. ( M. Hill expose ensuite
que deux liypolhè*es sont possibles"). Now in case \ve aie obliged to accepl llie (irsl
conclnsion, were il only but once, M. I^oincaré lias demonstraled llie non-exisleuce of
intégrais; I)ut, granling that it is proper in every case to accept the latler conclusion,
thc dcmonslralion fails. Now he déclines lo consider ihe lalter alternative, sayiiig lliat
he does not believe tliai any problem of Dynamics, presenting ilself naturally, occurs
where llie riglit nitmliers of llie menlioned équations would ail vanisli.
J'ai dit, i!n effet {Mélhodes nouvelles de la Mécanique céleste, t. I, p. 245) :
Ces considérations ne préso.nteiil pas, d'ailleurs, iriiUénU pi-atii|ne el je ne les ai pré-
sentées ici que pour être complet cl rigoureux. On peut évidommenl conslruire arlili-
ciellenient des problèmes où ces diverses circonstances se renconlrcronl; mais, dans les
problèmes de Dynamique qui se posent naturellement, il arrivera toujours, ou bien que
toutes les classes seront singulières, ou bien qu'elles seront toutes ordinaires, à l'exception
d'un nombre fini d'entre elles.
La question demeure donc réservée en ce r[ui concerne un problème de
Dynamique ([uelconque, mais, en ce qui concerne le problème des trois corps
en particulier, j'ai démontré, dans le Chapitre VI, n'" 102 et 103, que toutes
les classes sont ordinaires.
La seconde alternative se trouve donc écartée.
Enfin^ M. llill ajoute encore ce (jiii suit :
M. l'oincaié appeals in anolber place to ihe lad lliat ibe IJndsledl seiies, if convergent,
would eslablisb llie non-existence of asymplotic solutions. But tliis observation is irre-
levant for the reason ihat llic domains of the two ibings are quile distinct. In any case
where Lindstcdl séries are applicable, therc arc no asymplotic solutions, and, wlierc
ihere are asymplotic solutions, I,indsledt's séries would be illusory.
M. Hill parait croire (ju il ne peut y avoir de solutions asymplotiqiies que si
les variables satisfont à certaines inégalités; el, eu ellet, il avait dit quel(|ues
pages plus haut :
In ail the cases presenied by aslronomy, where, on accounl of the near appioacb lo
circular motion, a periodic solution can be laken as a firsl approximation, il appears lliat
the squares of ihe cliaracterislic exponenls are real and négative. Thus, lliere is nocall
hère to consider this sort of solution (les solutions asymptotiques).
SUR LA DIVERGENCE DES SERIES TRICONOMÉTRIQUES. 563
Il y a là une erreur manifeste; car, eu se bornant, pour simplitier, au proljléine
dil reitreint (inclinaison nulle, masse de la planole troubl(''e nulle, excentricité
de la planète li-oublante nulle), on voit que dans tout domaine, si petit qu'il
soit, il y a des solutions asyuiplotiques, au moins pour des valeurs suffi-
samment petites des masses perturbatrices.
Si M. Hill il cru le contraire, c'est qu'il n'a envisagé que les solutions pério-
diques de la première sorte; mais l'application de la méthode de Delaunay
suffirait pour mettre en évidence l'existence des solutions asjmptotiques.
SllU
LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES
DES SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES
QU'ON RENCONTRE EN MÉCANIQUE CÉLESTE
liullctui (islroiioiniijuf, l. 15, p. aSg-oiu (août 1898).
1. J'ai exposé, dans le BuUeLin uslronornique (juilleL 1897) ('), une méthode
qui permet de développer les coordonnées des astres en séries ne contenant
que des sinus et des cosinus.
.le voudrais aujourd'hui revenir sur ce sujet pour montrer comment il convient
de grouper les termes afin d'oi)tcnir une convergence aussi rapide que possible
et les diverses particularités que l'on peut mettre en évidence en décomposant
et groupant les termes de ditlérentes manières.
Ce que j'ai à dire s'applique au cas général avec quelques changements de
détail. Néanmoins, pour simplifier et abréger cet exposé, je me bornerai au cas
particulier connu sous le nom àc problème restreint.
.Fe supposerai un corps central S nutoui- duquel circulent une masse Irou-
jjlaute .1 très petite et une mass(; troublée I' inlinimcnt petite. La masse P étant
lulinimetit petite, le mouvement de,) doit obéir aux lois de Kepler; je suppo-
serai l'oriiite de .1 circulaire; l'inclinaison nulle de façon que P se meuve dans
le |)lan de l'orbite de ,J et enfin l'excentricité de P très petite, de faeou (jue P
se meuve dans le même sens que .) daus une orbite sensiblement circulaire.
('; CHiavres de II. l'oincaré. ce Tome, p. 'n-.
SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES. 565
J'appelle a et e le demi-grand axe et rexcentricilé de P; fjt la masse de J,
l l'anomalie moyenne de P et »• la longitude de son périhélie, /' la longitude
de J, et je pose
( X) = v'« — v'" ( I — e- ), x-i = \'a -+- v'"( ' ^ ^'- )'
I -> T, = / — g- -^ /\ o )•.; = / -+- .;■■ — /■.
Je vois alors que les équations du mouvement prennent la forme canonique
(2)
d.r,
flV
dx.
dV
rf)-,
dV
dy.
dF
,l(
'/>,'
dt
dy-, '
dt
dxC
dt
do.-.
F est une fonction di'veloppable suivant les puissances de p- cl périodique par
rapport aux y.
Pour ij. -— o, cette fonction F se réduit à
2 (Xi — ^l)
F„ =
(.Vi-hX-i)-
(à la condition de choisir convenablement les unités de longueur, de masse et
de temps) et ne dépend que des x.
Nous nous trouvons donc dans les conditions du problème B {/hili. aslr.,
t. 14, p. 242) ('). Les résultats obtenus à propos de ce problème sont donc
applicables ici; ils peuvent s'énoncer sous la forme suivante.
Soient ^i, 5^, m,, ra-j quatre constantes d'intégration; soient /ii et n.. deux
nouvelles constantes dépendant de :\. de z-, et de y.,
iVi = «I / -I- ra,, ir., = «2? -+- CT-,.
Les variables x et )■ peuvent se développer en séries |)roc(''dant suivant les
puissances de /jl,
( 3 ) Xi = xf -h ;jLar,' -t- ;j.-.r ? -4- . . . , y, = r" -1- |ji r,' -t- [x-rf -1- . . . .
Les X- et les rf (sauf j'',' et j'" qui sont égaux à iv, et w-j) sont développables
en séries irigonométriques procédant suivant les sinus et les cosinus des
multiples de n'i et ccj, le coefficient de chaque terme dépendant de z, et de :■•,.
Enfin n, et n-, peuvent se développer suivant les puissances de p., chaque
terme étant une fonction de r, et de z-2, de sorte que
(4) «/=/!,"-+- un,' -+-
Nous supposerons d'ailleurs
(') Lor. rit., p. ')iS.
566 SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES.
d'où
La constanle Ziz=a1 est très petite et de l'ordre du carré de rexcenlricilé,
et il n'est pas inutile de remarquer que nos expressions j"f et jf (sauf j" ely°)
peuvent se développer suivant les puissances de yz^ costvi, y^, sinivi, chaque
terme dépendant encore de ivj et de 3-j et étant périodique par rapport à n'^.
'i. Observons d'abord que de ces séries on en peut déduire une infinité
d'autres de même forme.
Remplaçons, en effet, les constantes ; et ro par les développements suivants
procédant suivant les puissances de p. :
(6) Zi-= z^-h 11.:-! -i-ix^Zf-^. . ., i;t,= raf + ,ara,' + ii'-ro?-i-
Les zf et les nrf sont des fonctions de quatre nouvelles constantes z\, z'.,, ro', .
nj'„ ; on a
zp = z'i, T^:- = ht;
et les autres s'', rof sont des fonctions quelconques de z\ et ^'„, de us\ et roi. .
Il est clair que si, dans les séries (3), je remplace les constantes s,- et ro, par
leurs développements (6), puis que j'ordonne de nouveau par rapport à ,u,
j'obtiendrai pour les Xi et les y, de nouveaux développements qui seront de
même forme (jue les séries (3), c'esl-à-dire cpii procéderont d'une part suivant
les [)uissances de ;j., d'autre part suivant les sinus et cosinus des multiples de
et dont les coefficients dépendront des nouvelles constantes z' et ro'.
Le cas le plus remarquable sera celui où ces coefficients dépendront seule-
ment des z' et seront indépendants des m', ainsi qu'il arrivait pour les séries (3)
elles-mêmes.
3. Comment peut se faire le choix si largement arbitraire de ces développe-
ments (6) qui définissent les constantes z'^ et ro-?
On peut d'abord s'arranger [)our que le rapport des deux moyens mouve-
ments rii et n, soit indépendant de jj. et que l'on ait
/Il S -I- (z'i -I- z'.,y
(7)
Les équations (5) nous donnent
s-(z\-i-z;y'
n", — nv, = i .
SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SÉRIES TRICONOMÉTRIQUES. 667
Si nous n'avions pas ainsi une relation entre n" et n", nous pourrions choisir
les développements (6) de telle façon que les moyens mouvements «i et «o
soient tous deux indépendants de p.; malheureusement l'existence de cette
relation s'y oppose.
Soit
n\ — n\= cp(zi, 5o)-
Formons alors les équations
j r 4 I "1
Comme les «* sont des fonctions connues de Zi et x;^, nous pouvons, de ces
équations (8), tirer :.\ et :[. en ibnclions de -i, de z-^ et de p., et il est aisé de
voir que l'on obtient ainsi des développements de la forme (6) (les ;f et
les 5J* dépendant seulement des z' et non pas des ro').
Les équations (8) entraînent d'ailleurs la relation (^).
i. ( )n peut aussi choisir pour les constantes z'^ et ro) les valeurs initiales
des Xi et des y; pour i =: o.
Prenons, en effet, les équations (3) et remplaçons-y t par zéro, x, et yj
par ^j. et ro); nous trouverons ainsi
(y) s;= a-,"-H iJ-i^/ -H u'2x?s- — nj;=j;+ [xj-; -+-n5_r?-h —
Dans les expressions x^ et ^f , les arguments w, et (Vo doivent être remplacés
par cT| cl C7j.
Les seconds membres des équations (y) sont des fonctions connues des 5,
des cj et de fji; pour fx ^ o, ces seconds membres se réduisent à
^i — -■'! J i — ^i-
On tirera donc facilement de ces équ;itions (g) les z et les ra en fonctions
des nouvelles constantes s' et ra' et de p.. sous forme de développements pro-
cédant suivant les puissances de [j. et qui ne seront autre chose que les dévelop-
pements (6) cherchés.
L'inconvénient de ce choix, c'est que les constantes z et les dilTérences w — ro'
dépendent non seulement de ^'i et 5'.,, mais de w', et rcr',. Il n'en était pas ainsi
quand nous procédions comme au n" 3.
11 en résulte que les séries (3) se trouvent remplacées par des séries (3 bis)
568 SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMÉTRIQUES.
de même forme, mais donl les cocfficienls dépendent, non seulement de z\
et 5o, mais de ir, et cj',. Au contraire, en proctidant comme au n" 3, on trouve
des séries de même forme encore et dont les coefficients sont indépendants des
deux constantes rs'.
S. Je me propose d'abord de montrer comment on pourra déduire des
séries (3) les développements auxquels aurait conduit l'application des pro-
cédés de l'ancienne Mécanique céleste.
Adoptons les constantes z' et ro' du n" 4 et envisageons les séries {'.} bis)
obtenues à la lin de ce numéro.
Les équations (4) nous donnent n, et n-^ en fonctions de y-, de ^j et de ^^.
En les combinant avec les équations (6), nous aurons /ti et n^ eu fonctions
de pi, des ;' et des ro'; soit donc
(4 bis) rti = ")" -H iJ. "/' -t- |J--"i" -i- • • • .
Les «/■ seront donnés en fonction des z' et dos nj' et l'on aura
(4 l>is) ",
{z.\-\-z',f 1
Considérons alors les séries
( 3 bis ) Xi = Sa'- x'/ ; r,- = S.u^' j-;* .
Soit A sin(//?i n'i -1- /»^, iv, ) un terme de a;)* ou )|*. Le coefficient A dépend
des z' et des ro'; m, et Wj sont deux entiers; enfin le signe sin pourrait être
remplacé par le signe cos.
Ce terme dépend indirectement de ij., puisque l'on a
«il ir'i -+- »i.>ir'o = (/«i «1 + i>i-in-i)t -h ( Hiiro', + in-iT^'., )
et que, d'après les équations {.\ Ois), ni et n. dépendent de p..
Développons donc ce terme suivant les puissances de p., il viendra
(lo) A siii(mi ir', -I- m^if'z ) = A sin w -h [x \ It m, n\' -h m-,n\-) ('oscj -t- . .'. ,
OÙ
(0 = I, m I /( V' + "'; "'■" )l -h {f>iim\ -h /»■> rn'., ).
Remplaçons maintenant chaque terme dos séries (3 /;/,y) par son dév(;loppe-
ment (lo) et ordonnons de nouveau par rapport à p; nous obtiendrons ainsi
des séries
Citer) Xi = x'i' -+- }J.x'P -^ ii2x"i- -(-..,, J/ = fi" -+- iJ-fi ' + l^-i/r -*-■■■■
Les séries (3 ter) comprennent comme les séries (.'>) des termes j)uremcnl
SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES. 369
Irigonométriques, mais elles comprennent en outre des ternies où le lemps sort
des signes Irigonométriques, tels que le second terme et les lermes suivants
du développement (lo).
Chaque terme est d'ailleurs tout à fait indépendant de f/.
Les séries (3 ter) sont celles auxquelles auraient conduit les anciens
procédés.
G. Nous observerons d'abord que ce rapprochement nous fournit immédia-
tement un théorème applicable aux séries obtenues par les anciens procédés.
Ces séries contiennent des termes non séculaires, ne contenant qu'une ligne
trigonométriqup de niiw'\~\-Tn-,w",, où les w] sont des fonctions linéaires du
temps
iv"= «)" t — Cî;.
Elles contiennent en outre des termes où une pareille ligne Irigonomélrique
est multipliée par t, ou par t- ou par une puissance supT'rieure de t. Si'parons
ces diverses sortes de termes et écrivons par exemple le développement de .Ti,
a:i = 2 A siii 10 -I- / S B cos (•) -H /- 2 C «in w -t- . . . ,
OÙ
(■) := /H, »•'[ -H «);> n'\ -+- II,
Il étant une constante.
Le théorème on question, c'est que les coefficients B. C, etc. peuvent se
déduire des coefficients A à l'aide des formules suivantes :
A A
B =—(/?!, 2i -f- nîiïi), C = fmi xi -I- »!. oL-iY-,
I " " I .■> - ' ^
où y.\ et y., sont les constantes «i — /i," et n^ — h,''.
Ainsi la connaissance de ces deux constantes a, et aocl des termes non sécu-
laires suffit pour donner immédiatement celle de tous les termes séculaires.
On voit de plus que les termes « purement séculaires » contenant une puissance
de t et pas de ligne trigonométrique doivent toujours se détruire quelque loin
qu'on pousse l'approximation.
7. .Si nous cherchons à comparer les séries (3 ter) données par les anciens
procédés avec les séries (3) données par les procédés nouveaux, nous remar-
querons d'abord que les séries (3 ter), ordonnées suivant les puissances de [J-,
II. p. — VII. 72
570 SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMÉTRIQUES.
convergent pourv\i ([ue le lenip.s soil sulTisaminent pelil; la couveigmce cesse
si le temps dt^passe une certaine valeur.
En ce qui concerne les séries (3), nous sommes certains que les premiers
termes convergent assez vite pour les besoins de la pratique; mais nous n'avons
pas le moyen de démontrer que la série converge, même pour les petites valeurs
du temps, au sens que les analystes attachent à ce mot. Nous pouvons affirmer
au contraire que la convergence, si elle a lien, ne saurait èlre uniforme |)our
toutes les valeurs du temps d'uni; part, et d'autre part pour loules les valeurs
des constantes comprises entre certaines limites.
Dans ces conditions, on est tenté de se demander si les méthodes nouvelles
où l'on évite les développements procédant suivant les puissances du temps
présentent des avantages bien réels.
On se rendra mieux compte des cas où les avantages sont réels et de ceux où
ils sont illusoires si l'on prend garde aux rétlexions suivantes :
On peut se proposer deux buts ditYérenls, ou bien représenter les positions
des astres pendant un temps très long avec une approximation médiocre, ou
bien les représenter pendant un temps assez court avec une grande ap[)roxi-
inalion.
Supposons que l'une do séries (3) c<uitienne deux termes Asina/, Bsinp/
et que
A > B, Aa<Bp.
Il pourra très bien se faire que, si l'on se propose le premier but, on doive
tenir compte du premier de ces termes et négliger le second qui est plus petit
si t est assez grand; et qu'au contraire, si l'on se propose le second but, on
doive tenir compte du second de ces termes et négliger le premier qui est plus
petit si Ion ne donne à t que de petites valeurs.
On voit donc que le choix des termes que l'on doit conserver ou négliger ne
peut se faire sans qu'on se soit bien rendu compte du but que l'on cherche à
atteindre.
Supposons donc (ju'on veuille représenter les mouvements pendant un
temps T et avec une approximation II; nous devons négliger le terme Asinc?/,
si A est plus petit f[ue H. ou encore si AaT est plus petit que II.
Il pourra se faire que y.T soit très polit, pas assez cependant pour que le
terme doive être négligé. Dans ce cas, ce terme A sine ^ différera très peu
de k.7.t. On ne voit pas bien alors quel avantage il peut j avoir à luL conserver
la forme Irigonomélrique et s'il ne vaut pas mieux le développer suivant les
SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES. 5yi
puissances de t, en bornanl le dëveloppemenl à un ou deux termes. Un très
grand nombre de lermes, se réduisant, à une constante multipliée par t. t- ou <•',
peuvent alors être réunis en un seul.
Supposons encore que l'on ait un certain nombre de termes
A sin ï. ? ^ A I sin ot; < -+- A 2 siii a-iZ -h. . .-+- A„ sin oc,, t
dont les périodes soient très peu différenles. Si les expressions («/, — a)T sont
assez petites pour qu'on puisse en négliger le carré, on pourra remplacer ces
n -\- I termes par deux termes seulement
( A -t- Al -(-. . .-H A„ ) sin 2/ -H ^ cosy:t[\,(x, — a) + A.i(ï2 — a) -*-...+ A„(a„ — a)],
ce qui sera une simplification évidente. L'approximation plus grande que
semble donner la formule complète serait d'ailleurs le plus souvent illusoire
parce que les périodes ne seraient pas exactement connues.
On voit que dans certains cas on peut avoir intérêt à revenir aux développe-
ments qui procèdent suivant les puissances du temps, et à adopter, pour ainsi
dire, une méthode mixte entre les anciens procédés et les nouveaux. Certains
termes conservent la forinc trigonométriquc, d'autres se développent de manière
à faire sortir 1<' temps des signes sinus et cosinus. Le choix des termes auxquels
la foiiiie trigonométrique doit être conservée dépend du but que l'on se propose.
Au point de vue de la convergence, ces développeuients mixtes seraient
équivalents aux séries (3 ter) des anciens procédés, le temps pendant lequel
ils resteraient convergents étant en général plus grand.
8. Laissons maintenant de côté les anciens procédés "t revenons aux déve-
loppements (3). Nous devrons observer que ces développements contiennent
certains termes qui peuvent être très grands, mais que le plus souvent on peut
obtenir une sorte d<' compensation en groupant les termes d'une manière
convenable.
11 arrivera fréquemment qu'un groupe contiendra des termes très grands et
que la somme des termes d'un même groupe sera néanmoins très petite.
Rappelons, en effet, que les divers lermes des séries (3) ont été obtenus par
une série d'opérations, comprenant des intégrations, des additions, des multi-
plications, des difTérenliations.
Supposons donc que l'on ail à intégrer un terme de la forme Acosa^, on
A sina<
trouvera •
372 SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES.
Si X ost très petit, ce tei'inc sern susceptible de devenir très grand; il ne le
deviendra pas cependant pour les valeurs finies de /, car il sera toujours plus
petit que .Kt.
.... . . Kcoiat
Si nous avions a intogrcr uu tenue Asiai;^, nous trouverions
° a
\ \ ros a /
OU. en aioulant une constante, ■
* X -j.
Chacun de ces deux termes est très grand, mais l'ensemble des deux termes
,, . , . Va/'
est lini et plus petit que — ^
On voit iiuel intérêt il y a à grouper les termes d'une manière convenable.
Parlons maintenant ilu terme Acosa< el supposons qu'une première inté-
, , A sin al
gralion ait donne
Supposons qu'on ail ensuite à multiplier ce lerme par sinp?, ce qui donne
A sinai siii 3' A , ., A , ^^ ^
■ — = — cos ( p — X ) / cos ( ,j -H a ) ? ;
a ■>.»■' a a
puis à intégrer de nouveau ce (pii donne
A siii( [i — a)t A siii( ^ -+- a)/
■), a ( j j — a ) ■> a { [j -+- a )
Si J5 est fini et y. très pelil, chacun de ces deux, termes est très grand: ils ont
tous deux à peu près même période, et si on les réduit ils se compensent presque
exactement, car leur ensemble est de l'ordre de -^ ■
C'est ce qui explique une circonstance qui se présente bien souvent dans le
calcul des perturbations du second ordre. On trouve des termes qui, indivi-
duellement, ont une valeur considérable, mais qui se détruisent presque com-
plètement deux à deux.
Ces exemples suffisent [lour montrer riniluence du groupement des termes
sur la rapidlh' de la convergence.
9. Considérons maintenant les difTérents termes des développements (3) et
voyons quelle est leur forme.
Soit
\j.l' \ ( n?! (fi -h Wo(r->)
co?
l'un de ces lerm(;s. \ ('■tant une f<iiu;tion de c, et :;j.
SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SÉRIES TRIGONOMETRIQUES. 573
Nous pouvons toujours supposer que lus développements (4) se réduisent à
leurs deux premiers termes de telle façon que
«, = «y -H ;JL/( 1, «5= /iS -î- |jL«i
et que
8 -(=,-1-22 y-
soit indépendant de f^ et ne dépende que de Si + Sj.
Si, on effet, il n'en était pas ainsi, nous n'aurions qu'à passer des constantes r
aux constantes z' définies au n" 3.
Cela posé, voyons quelle sera la forme de la fonction A. On sait que les
intégrations successives .introduisent dans cette fonction des diviseurs de la
forme {jin^-h (j.,n",, qi et q . étant des entiers; c'est ce que nous appellerons
les petits diviseurs.
Nous écrirons donc A -- -, Il étant le produit des petits diviseurs et B une
fonction de ;i et z-,. La fonction B reste finie pour toutes les valeurs envisagées
des constantes ;, et z-.. Au contraire, comme certains petits diviseurs peuvent
s'annuler quand -t, est commensurable, la fonction A pourrait devenir infinie.
' II]
Je puis considérer B comme fonction de ^i et Zi+ z-,, ou, ce qui revient au
même, de Ci et de n\. Quant à II, c'est un polynôme entier en ti\, car le petit
diviseur
Si donc je regarde un instant r-, comme une constante, A sera égal à une
fonction de «',', liolomorphe dans le domaine considéré, divisée par un poly-
nôme en n\.
Je puis poser
I! = Cil -t- 1>,
où C est une autre fonction holomorplie en n'[ et D un polynôme d'ordre
moindre que H. 11 vient donc
et si l'on décompose la fraction rationnelle en éléments simples, on aura
décomposé le terme envisagé en plusieurs autres
_ sin l'j siii ,
'■ ' '^ COS ■ ( (/irt'l' -H (^irt" l'' L'OS
où C est une foiiclion holomorplie do 3i cl n" et où les auLres termes con-
tiennenl au numéraleur une louclion l'i, li(il<)mor[)lie en ii seulement et au
dénominateur une puissance entière /i d'un seul |HUil di\iseur.
Si l'on se ra|j[>elle la manière dout les dillérents termes des développe-
ments [Z) ont été obtenus, on verra (jue le |>olvnome H sera le produit d'au
plus -.ip — I petits diviseurs, en ce qui concerne le développement de x^ et x-2,
et d'au plus zp petits diviseurs, en ce qui concerne le développement de yi
et Kj. Ce polynôme est donc au plus de degré 2/? — i (ou 2/)), p étant l'expo-
sant de ,w dans le terme considéré.
Dans chaque terme de (11) l'exposant h est au plus égal à 2 p — i (ou 2/>);
j'ajoute que s'il atteint sa limite 2p — i (ou 2/?), on doit avoir
10. Supposons maintenant que, partant des séries (3), nous décomposions
chaque terme en plusieurs autres par la formule (i i). Nous pourrons répartir
les termes de la série ainsi obtenue de la manière suivante :
Un premier groupe comprendra tous les termes qui ne contiennent au déno-
minateur aucun petit diviseur [tels que le premier terme de l'expression (11)].
Chacun des autres groupes sera formé des divers termes qui contiennent au
dénominateur une puissance d'un même petit diviseur.
Considérons, par exemple, le groupe des termes qui contiennent au dénomi-
nateur une puissance de
et qu'on peut appeler le groupe (//i, q-i).
Chacun des termes du groupe (yi, 7-.. ) contiendra en facteur i^^i où la diffé-
rence 2p — I — A, en ce qui concerne Xi et x-^ (ou 2/? — li en ce qui con-
cerne ri et yo), est positive ou nulle.
Rangeons dans un même sous-groupe les termes où cette diliérence a la
même vah'ur; nous appellerons sous-groupe princij)al celui où celte dilié-
rence est nulle.
Voici ce qui justifie ce groupement. Si ô est très petit et par exemple de
l'ordre de ^/p., certains termes d'ordre élevé par rapport à y. |)ourront devenir
sensibles par suite de la présence d'une puissance de ô au d(''nominat('ur.
L'importance du terme se trouve alors mesurée par la valeur de la diflé-
SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES. 573
reuce 2/> — I — h. Les termes pour lesquels celle différence est nulle sont
évidemment les plus imporlanls; ce sont même, le plus souvent, les seuls dont
on ail à tenir compte.
Les deux nombres (/, et q-2 peuvent toujours être supposés premiers enire
eux, de sorte qu'on peut toujours trouver deux entiers ri et /•■. tels que
■ g'i'-^— <?-2'i = I
el poser
a et j étant deux nouveaux entiers. Nous pourrons classer dans une même
série partielle tous les termes d'un même sous-groupe qui correspondent à une
même valeur de (3.
Le diviseur o étant en eflet très petit, (j,n,~ q.n, est aussi très petit, de
sorte que tous les termes d'une des séries partielles ainsi formées auront à peu
près même période, je veux dire une période voisine do 7- — ■• Lesous-
groupe principal ne contiendra qu'une seule série partielle, car pour ce sous-
groupe on a
— = — ) d ou [j = o.
qx q-i
A part les termes du piemier groupe qui, ne contenant pas de petits divi-
seurs, sont généralement très petits, tous nos termes vont se trouver ainsi
répartis en séries partielles.
Or, il arrive celte circonstance singulière que chacune de ces séries par-
tielles peut être facilement sommée, je veux dire que sa sommation se ramène
à un nombre fini de quadratures.
Généralement' on n'aura à tenir compte que d'un petil nombre de termes
isolés et en outre d'un petit nombre de séries partielles. On peut dire que dans
les cas les plus difficiles traités jusqu'ici on n'a jamais eu à considérer qu'une
seule série partielle provenant d'un seul sous-groupe principal.
C'est là, sous une forme nouvelle, la méthode de I\L Bohlin (|ui se trouve
ainsi rattachée à la méthode qui nous a donné les séries (3) et par elle aux
anciens procédés.
Si l'on se borne à sommer la série [larlielle qui correspond au sous-groupe
principal, et que l'on a seule à envisager en général, on retombe sur la méthode
de Delaunay.
Si les moyens mouvements sont presque commensurables, il peut arriver
576 SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES.
que les si-ries pnrliellos divergeiil. L'i'xpiessioii ;ui;il\ liciuc à kujuelle coaduil
leur suinuiatiou n'en conserve pns moins un sens. C'esl ainsi que l'expres-
sion — -— conserve un sens alois même que, a: étant plus grand que i, la
série I + .r -\- x- + . . . a cessé d'être convergente.
Lors même qu une série partielle diverge, on peut encore légitimement la
remplacer par cette expression iinahtlque. C'est ce qui peiniet aux méthodes
de Dolaunaj et de Bohiin d'être applicables à des cas où l'emploi direct des
séries (3) deviendrait illusoire et même au cas de la libralion où la forme des
orbites est si dillerente de la forme ordinaire.
C'est ainsi que, malgré ces dillérences, ce cas de libration peut encore se
rattacher à la métiiode qui nous a fourni les séries (.1).
11. \ ojons maintenant comment les solutions périodiques et asymptoliques
peuvent se déduire des séries (3). Nous avons vu que nos séries sont dévelop-
pables suivant les puissances de y'^icosn'i, ^/iiisiuwi, les coefficients du
développement dépendant d'ailleurs de z-, et Ho.
Si nous donnons alors à la constante ^i la valeur zéro, nos séries ne contien-
dront plus que l'argument iij ; elles seront périodiques. On retombe ainsi
sur les solutions périodiques de la première sorte.
12. Cherchons maintenant à obtenir les solutions périodiques de la deuxième
sorte. I*our cela reprenons nos séries (3) en supposant comme au n" 1)
0 , I "I "ï
/),= /(," 4- a «;' , — = — - .
Si nous donnons au rapport ,', une valeur comuiensuiable, un tics iielils
1 1 „i> 1
diviseurs Çi n", -{- q-^n", s'annulera, de sorte que certains leimes du développe-
ment pourraient devenir infinis.
Supposons 7x!-, = n et remplaçons la constante ro, par un développement pro-
cédant suivant les puissances de [j.
(\1) CT] ^ ra" -I- ;j.rB] -+■ ;J.'-'m; -t- . . .
et dont les coefficients sont de nouvelles constantes que je me réserve de
dclerniiner plus loin.
Considérons un terme quelconque des séries (3) et remplaçons-y la cons-
tante Wi par son développement (12). Ce terme deviendra développable sui-
vant les puissances de [j.. Développons de même tous les termes des séries (3)
SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES. O77
et ordonnons de nouveau suivant les puissances de p. Nous obtiendrons ainsi
de nouvelles séries que j'appellerai (3a).
Soit
[iP » siii , ,
(çi/j? -+- q-in\ )'' cos
un terme de ces nouvelles séries, le coefficient A ne contenant plus le petit
diviseur (/i«° + q-iTt",.
Pour plus de brièveté dans l'exposition, introduisons quelques dénomi-
nations nouvelles et d'abord définissons ce que nous appellerons V ordre de ce
terme. Pour les termes du développement de Xi et ar-.., ce sera le nombre
2» — h, SI — = ^!-; in — I — /(, SI — f ^*- ■
Pour les termes du développement de yi et )•:., ce sera le nombre
in-> q2 m.1 qi
Cette classification laisse de côté les termes oiî /i := o, qui ne contiennent
pas de petits diviseurs et dont nous n'avons pas à nous occuper.
.l'appellerai termes principaux de chaque ordre les termes du dévelop-
pement de x^ et de x.^ qui sont de cet ordre et qui de plus sont tels que
nu qi
Il n'y aura, d'après cette définition, de termes principaux que dans les ordres
impairs.
Les termes du premier et du second ordre ne dépendent que de xs\ ; ceux du
troisième et du quatrième ordre dépendent de ro° et m\ ; ceux du cinquième et
du sixième ordre de ro", nr) et ^^5\, et ainsi de suite.
L'ensemble des termes principaux du premier ordre dansa^i se présente sous
la forme d'un certain numérateur divisé par q ^ n'\ -\- cj -^ ni . Comme pour tous
ces termes on a
/«i qt n\ ««
/rto qi ii'l n,
il vient
«il «1 -H in-,ii2 = o.
Le coefficient de t disparaît donc dans tous ces termes.
Noire numérateur est donc une constante qui dépend de cî° ; je disposerai
H. P. — VII. 73
D78 SUR LA FAÇON DE GROUPER LES I ERMKS DES SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES.
de BT, de façon à (iniiuler ce nuinérnteur, ce ([ui détermine ra','. Ces termes
pi'iacipaiix, que nous pouvions craindre de voir devenir infinis, disparaissent
donc.
Les termes principaux du premier ordre dans x-, disparaissent ipso fado,
en vertu de l'équation des forces vives.
.Mais ce n'est pas tout : tous les termes du premier et du second ordre dis-
paraissent ipso facto dans les quatre développements .
Considérons maintenant les termes principaux du troisième ordre dans xt]
hnir ensemble est encore égal à un numérateur divisé par qiii] -\- q.,n\. Ce
numérateur se réduit à une constante dépendant de rrr, et ro| ; nous détermi-
nerons T7i\ de façon à le faire disparaître el, avec lui, les ternies principaux;
considérés.
Du même coup, disparaîtront les termes principaux du troisième ordre
dans o-'j et, dans les quatre développements, tous les termes du troisième et du
((ualriéme ordre.
On déterminerait de même w] de façon à annuler les termes principaux du
cinquième ordre dans Xi, ce qui annule du même coup tous les termes du
cinquième et du sixième ordre; el ainsi de suite.
Ainsi disparaîtront tous les termes qui auraient pu devenir infinis; d'ailleurs,
le rapport des moyens mouvements étant commensurable, nos séries ne
dépendent plus que d'un argument unique et les solutions sont périodiques. Il
est à noter que les séries ainsi obtenues sont convergentes, tandis ([ue les
séries (3) ne l'étaient pas, au sens rigouieux du mol.
13. Soit (^ la constante des forces vives; la valeur de C dépendra des deux
constantes ^, et z-^ ou, ce qui revient au même, de «i et «■>. Elle se présentera
sous la forme d'une si'rie ordonnée suivant les puissances de p. et dont les
termes seront des fonctions de Zt el ;.j ou de «i et n...
Dans certains cas, on peut considérer i\ comuie une des données de la ques-
tion. Alors la relation F = C, où le second membre C est regardé comme
donné, sera une relation entre Zi et So, ou entre ni et n<.
On pourra en tirer par exemple n-, en fonction de ii \ sous la forme d'une
série procédant suivant les puissances de [j. el dont les coefficients seront des
fonctions de «,.
1 i. -Nous venons de voir la manière de rt'lrouver les solutions périodiques en
SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES. J79
partant îles séries (3); on pourrait se proposer de retrouver de la même
façon les solutions asymplotiques.
Nous savons en effet qu'en dehors des développements (3) qui procèdent
suivant les sinus et les cosinus des multiples de deux arguments tv, nous pou-
vons représenter les coordonnées du corps troublé par des développements
d'une forme toute différente.
A chaque solution périodique correspond un de ces développements.
Soient, en effet,
Xi= 9,""(NV), cu<yi= ■^rVW), =in,>-,= 0,''-"(W)
les équations d'une solution périodique, où 9,"", '\i°°, 0°" sont des fonctions
périodiques de période 271 d'un argument unique
No et /( sont deux constantes; la première doit être regardée comme donnée, la
seconde est une constante arbitraire d'intégration.
Nous appellerons Co la valeur correspondante de la constante C des forces
vives.
Nous pouvons alors représenter la solution générale sous la forme de déve-
loppements
; Xi= ^(.-Ve»'j''(-^'«^'")''Tr''(W),
(i3) ) C0S7/= i:(Ae«')''(A.'e-a')'''H''''(W),
( sinri= :î:{ ke^' )/'i y e-^'ynt'/'/ (W),
OÙ les fonctions of'', <]>f''' -, 'Jf '' sont des fonctions périodiques de
\V = N/-I- h.
Dans ces développements A, A' et A sont des constantes d'intégration, a et N
sont des constantes données qui peuvent se développer suivant les puissances
du produit AA' et de la différence G — C„.
Si l'on développe les cpf '', ij/f, Of en séries de Fourier, les coefficients de
ces séries seiont également développables suivant les puissances de C — G,,.
Si l'on fait G = Go et qu'on annule l'une des constantes A on A', N se réduit
à la constante Nq définie plus haut et « à une constante a,,.
Il ne reste dans les séries (i3) que les termes où y> = o (ou les termes
où cj = o). On obtient ainsi lus solutions dites nsvinptotiijues : les séries sont
alors convergentes.
58o SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRICONOMÉTRIQUES.
Si les deux constantes A et A' s'annulent à la l'ois, 11 reste seulement
^,= ç»»(\V)
el l'on retombe sur la solution périodique.
15. On peut alors se proposer de voir comment on pourrait passer des déve-
loppements (3) aux développements ( i3).
On remarquera d'abord que ces séries ( 1 3) sont ordonnées suivant les puis-
sances des deux constantes A et A'. On pourrait donc être tenté d'opérer de la
manière suivante : introduire les deux constantes d'intégration A cl A'; déve-
lopper chaque terme des séries (3) suivant les puissances de A et A'; réunir les
termes semblables et ordonner suivant les puissances de ces constantes.
On ne peut pas arriver au résultat par cette voie. On renconirerait des diffi-
cultés analogues à celle qui se présenterait dans l'exemple simple suivant.
Envisageons la série
xe~'' sin 'J.I
1,, ae-"* SU] nït ^=
2 e~°'- cos 'j.t -\- e~-"
La somme de la série est développable suivant les puissances de y. et de /.
11 en est de même de chacun des termes de la série.
Cependant si l'on développe chaque terme de la série, qu'on réunisse les
termes semblables, puis qu'on ordonne suivant les puissances de a. et de t, on
n'obtiendra pas du tout le même développement qu'en développant directement
la somme de la série.
16. Pour bien faire comprendre la façon de passer d'un développement à
l'autre, je prendrai d'abord un exemple simple; je supposerai
V = X, -h ,/f -+- [x cos )i .
On voit tout de suite que Xj doit être une constante puisque -r— est nul. On
a donc
.1; = G — jX COSJ'i
et l'on en lire
J ?YG — iJL cosj']
On voit ainsi que x,, cosyt et sinj'i sont des fonctions doublement pério-
diques de l + h. L'une des périodes que j'appellerai '.) est réelle, l'autre que
j appellerai I'jj' est purement imaginaire.
SUR LA FAÇON DE GROUPER LES TERMES DES SÉRIES TRIGONOMETRIQUES. 5Sl
La l'onction Xi, par exemple, élanl périodique de période o) sera dévelop-
pable par la formule de Fourier suivant les sinus et cosinus des multiples
de ^^^- Le développement sera valable pour toutes les valeurs réelles de t.
D'autre part, cette fonction x, admettant la période iw' sera développable
par celle même formule de Fourier suivant les sinus et cosinus des multiples
de -Ar ou, ce qui revient au même, suivant les puissances des exponen-
tielles e "'' et e "' . Ce développement nouveau ne sera plus valable pour toutes
les valeurs réelles de t, mais seulement pour les valeurs comprises entre t„
et ^ij+o); entre les valeurs <„+w et io+ao), ou entre les valeurs t,i-\-2M
et ^1 4- 3 'i). .... il faudrait le remplacer par d'autres développements de même
forme.
Et bien, le premier de ces dèveloppemenis correspond aux séries (.'!) et le
second aux séries ( i.)).
La théorie des fonctions doublement périodiques nous enseigne plusieurs
moyens de passer de l'un a l'autrr.
La méthode de Delaunay conduit à des équations analogues à celU- que nous
venons de traiter, quand on ne conserve dans la fonction perturbatrice qu'un
seul terme périodique.
17. Dans le cas général, on peut donner des quatre variables x, et y, des
développements d'où l'on peut tirer facilcmrnt d'une parties séries (ii), d'autre
part les séries ( i.'5).
Les quantités Xi, x.,, cosj'i, sinj-,, cos) ;., siu i ■_> seront développées suivant
les puissances de /j., du produit AA' et de la différence C — C„ qui joueront le
rôle de constantes d'intégration. Chaque coefficient de ce développement sera
lui-même développé en série dont les dill'érents termes seront le produit de
deux facteurs.
Le premier de ces facteurs sera le cosinus ou le sinus d'un multiple d'un
certain argument \V.
Le second facteur sera une fonction doublement périodique d'un second
argument W.
Les deux arguments W et W seront des fonctions linéaires du temps.
On aura
W = N/-MI, W'=N'<-t-Il'.
ÔS-.> SUR LA FAÇON D?. GROUPER LES TERMES DES SÉRIES TRICONOMETRIQUES.
Il l'i 11' st'ronl des coivstanlcs d'iiilégniiion. Nous pourrons donner à i\' une
valeur arbitraire.
J'appellerai w el j'ii'ies périodes de la fonclion périodique considérée comme
fonction de W; de sorte que ses périodes seront^ et -^ quand on la regardera
comme fonction de t. Ces périodes seront d'ailleurs les mêmes pour tous les
termes.
Les quantités \, ^, ^ seront dcveloppables suivant les puissances
de.uL, AA', C — C„.
De ce développement, on pourra facilement passer aux séries (3). Il suffira
pour cela de développer chaque fonction doublement périodique suivant les
cosinus et sinus des multiples de — ^ On aura alors des séries procédant
2 - W
suivant les cosinus el sinus des multiples des deux arguments ^\ et j ou,
ce qui revient au même, des multiples des deux arguments
ii-j = «1 i -+- roi. (Il = «2^ -I- ro.>.
si l'on suppose
W = /'i ll'i -I- ri H'.,, W = rj, 1V| -+- q-_ ii'j,
(/i, q.,. i\, r-, étant les quain" entiers définis au n" 10. Ou a alors
.\ = /'i n, -f- riii-i, 11 = /'iro, + /-«ro-i,
N'= i^i «, -)- (y,^,, n'= <7irai H- ^2'32.
Ou retrouve ainsi les séries (3) en regardant AA' et G — G,, comme des
fonctions des constantes c, et z.^.
De ce même développement, on peut passer tout aussi facilement aux
séries {\'.\). Dévi'lo|)|ions, en effet, chaque fonction doublement périodique
■) — W
suivant le-, sinus et cosinus des iiiultlples de "" ? , ou suivant les puissances
des exponentielles e '"' .
On retrouvera les séries ( i.i) en posant
-j: = ^^, a = v''.\.\'e '"' , ..\'= v/AA'e "■.
0)
On me pardonnera la longueur de cet exposé. Bien qu'il ne nous apprenne
rien d'essentiellement nouveau, j'ai pensé qu'il ne serait pas inutile de montrer
comment se rattachent les unes aux autres les diverses séries auxquelles nous
conduisent d'une façon qui paraît d'abord tout à fait indépendante les diffé-
rentes théories proposées.
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE
DE GYLDÉN
Comptes reririus dp C Acnâèrnip des Sciences, t. 138, p. nSS-gôS (rS avril 190 i
Dans un Ouvrage iniitulé Nouvelles recherches sur les si'-ries employées
dans les théories des planètes (Stockholm. im|irinieric contralo, 1892),
Gjldéu a exposé deux mélhodcs qu'il appelle horisticjues ; la première do ces
méthodes soulève d'assez graves objections: M. Backlund et moi, nous avons
montré qu'elle conduisait, dans certains cas, à des résultats inadmissibles et
qu'on ne devait l'employerqu'avec circonspection (Cf. C . R. Acad. Se, t. 132,
p. ôo et 291; Bull, astr., t. I!), p. 4)>)(')- J'ai pensé, en conséquence, qu'il y
avait lieu d'examiner de plus près la seconde de ces méthodes et de la sou-
mettre à la discussion. Rappelons d'abord en quelques mots en quoi elle
consiste.
Gjldén considère (loc. cit., p. 22- etsuiv.) l'équation suivante :
Le coefficient de :;que Gyldén appelle Z est une constante, du moins dans la
partie de l'Ouvrage que je cite (p. 227 à 2?)/{); je jiuis donc prendre les unités
de façon à le réduire à i .
Nous avons
X=— 2A„cosG„, G„= 2X„i^ -I- B„;
les An, B„, /„ ont des valeurs ronslantes données et 2}.,, est voisin de 1 .
( ' ) Le prcniiei' de ces ;irtii-lL's lii:ure au 'l'tune NUI des ('//\ui'rrs. les deux autres sont de
Backlund.
à84 SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN
Gjldén pose
I
'J; et )• étant délinis par les équations
(2) ^_2^2^ = (I_^),= _^3-^
(3)
^' . >^,,_/..,. ,,AV_. 'l _ '^^ ^0-
dv'-
(I — l'')l' = ^i-l-'i)\H — - -^ I - \
Nous appelons v'- une eonstanle choisie de telle sorte que ^\ soit une série
Irigonoiuétrique; et nous devons intégrer (2) et (3) en faisant d'abord '^=^0
dans les seconds membres, puis à la deuxième approximation, en remplaçant,
dans ces seconds membres, i| par la valeur trouvée en première approximation,
et ainsi de suite.
On trouve ainsi :
(4) y=Sa;„cosG„, ,r„ = -— " „,
4 '* n I -I- t' -
et ensuite
(5) .'-=fv-"' ^=i:4(xit:^i....-(^--^^^
La seconde équation (4) et la première équation (5) permettent de calculer
les X et v'- et donnent pour ces quantités des valeurs limitées.
Il est évident qu'on n'a le droit d'opérer ainsi qu'à la condition que les
termes négligés dans les seconds membres de (2) et ( j) soient plus petits que
ceux dont on tient compte. Or, nous avons, dans le second membre de (2), un
terme pour lequel il peut y avoir doule et qu'il convient de discuter; c'est le
dh dy
terme 2-7- -7-; on trouve
dv dv'
Nous ne retiendrons que les termes critiques, c'est-à-dire ceux o\x le coeffi-
cient de i' est voisin de i . 11 suffit pour cela de prendre
(1,+ Gy — G„ ou G; — Gy-+-G/i.
Soient a une quantité de l'ordre de A„, etcr une quantité de l'ordre de 2^„ — i .
Deux cas sont à distinguer : ou bien c' est grand par rapport à ^01.-, et alors x
est de l'ordre - et v- de celui de -^^ > et le terme général de (6) est, au plus, de
l'ordre de
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN. 585
généralement petit par rapport à x ot même, dans certains cas, par rapport
à a; dans ces cas, la méthode horistique est applicable, mais alors elle est inu-
tile, puisque le terme dit horistique v- est très petit par rapport à ^'K\ — i .
Ou bien a^ est petit par rapport à (3(z^, ou est du même ordre; alors x est de
l'ordredet /s; le terme général de (6) est alors (si l'on prend >,H-^/,G,+ G,— G„)
de l'ordre de ^x'' = a.
11 est donc de même ordre que X, c'est-à-dire que les termes dont on lient
compte.
Si nous supposons que X se réduit à un seul terme — AcosG, et que nous
supposions fj négligeabli' devant c^ ; il vient
i' = :j;cosG, -r: = T, — ;> v"-=-x-,
•il = ^^ cos 2 G, -T- = — c sin G, — i- = — : sin 2 G,
i ' dv dv 1
1-r- -^ = Sa;-' sin 2 G sin G = A (cos 3 G — cos G).
dv dv
Il n'y a pas à retenir le terme en cosoG qui n'est pas critique; mais le
terme — A cos G est critique et l'on n'a pas le droit de le négliger, puisqu'il est
juste égal au terme conservé X.
Dans le cas où X se réduit à un seul terme, la méthode horistique convena-
blement modifiée est légitime, Jion pas pour la recherche de la solution
générale de l'équation ( i), mais pour celle d'une solution particulière qui est
celle que j'appelle solution périodique. Cette méthode correctement appli-
quée donne
==+i/y^'^°^^'
38'
tandis que la formule de Gjldén donne
7 = ^/^ cos G.
L'erreur de Gyldén est d'autant plus singulière qu'il a lui-même traité le cas
où X se réduit à un seul terme, par des formules qui deviennent exactes quand
on veut se borner à la solution périodique.
Ce n'est pas méconnaître les services éminents que Gjldén a rendus à la
Science, que de signaler les erreurs qu'il a pu commettre et qui pourraient
H. P. — VII. 74
"iSO SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN.
iromper ses successeurs; je crois que c'est, au contraire, rendre service à sa
mémoire; aussi ne craias-je pas de formuler nellemenl ma conclusion.
Ceux qui \oudront appliquer la uiélhode horislique risquent d'arriver à des
résultats fantastiques; il y a des cn>? où elle peut être inoflTen.sive; il n'y en a
pas oii elle peut être utile.
On voit, a fortiori, combien est vaine l'illusion des personnes qui esjièrent
tirer de la méthode horislique des développements uniformément convergents
au sens géométrique du mol.
Quant à la conclusion finale de l'Ouvrage, à savoir que les termes d'ordre
rdevé de la fonction perturbatrice ne peuvent jamais produire de libralion, elle
est manifestement fausse.
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE
DE GYLDÉN
Acla Afathematica, t. 29, p. 235-2-1 f i3 mars iQoâ).
Introduction.
Gild('<n a rendu de très grands services à la Science; il a créé un certain
nombre de méthodes nouvelles qui ont pu être appliquées avec succès et dans
certains cas substituées avec avantage aux anciens procédés. La plupart des
méthodes qu'il a proposées dans ses premiers écrits étaient correctes; Harzer
et Ih-endel en ont tiré une théorie des petites planètes. Ces méthodes, à la
vérité, n'étaient pas sans inconvénient, elles donnaient lieu à une foule de com-
plications inutiles ; au lieu do prendre le temps pour variable indépendante,
elles prennent la longilude vraie, ou des variables auxiliaires peu diflérenles
de celte longitude, elles introduisent une foule de variables parasites et encom-
brantes. Il en résulte que les équations perdent leur forme canonique, et que,
si l'on veut simplement écrire |)ar exemple l'équation des forces vives, il faut se
livrer à des calculs interminables. J'estime donc que ces méthodes, quelque
intéressantes qu'elles aient été autrefois, n'ont plus aujourd'hui qu'un intérêt
historique, et qu'on ne saurait plus en recommander l'emploi, parce que main-
tenant il }■ en a d'autres, comme par exemple celles de Hill et de Brown qui
ont les mêmes avantages sans avoir les mêmes inconvénients.
Plus lard Gjldén est entré dans une vole nouvelle et a abouti à des résultats
qu'il a rassemblés dans son Ouvrage Nouvelles recherches sur les séries
employées dans les théories des planètes, Stockholm, 1892. Moins heureux
que dans ses premiers travaux, il s'est cette fois complètement trompé.
588 SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE CYLDÉN.
GonsidôroQS une éi[ualion tlilîérenlielle quelconque, taisons passer certains
termes dans le premier membre, d'autres dans le deuxième. En première approxi-
mation, nous rem|)lacerons dans le deuxième membre les fonctions inconnues
par zéro et nous intégrerons les équations ainsi obtenues; en deuxième approxi-
mation nous remplacerons dans le deuxième membre les fonctions inconnues
parleurs valeurs de première approximation, et ainsi de suite. Tel est le principe
fondamental des nouvelles méthodes d'approximation de Gjldéu, comme des
anciennes, et nous le retrouverons partout.
Ce principe est légitime, mais à une condition, c'est que les termes relégués
dans le deuxième membre et négligés en première approximation soient nota-
blement plus petits ou moins importants que les termes conservés dans le
premier membre. Sans cela, il est clair que le développement ne sera pas
convergent. Nous aurons donc à examiner si l'analyse de Gjldén satisfait à
cette condition.
On sait que dans les méthodes ordinaires de la Mécanique céleste, on voit
s'introduire ce qu'on appelle de petits diviseurs, de sorte (jue le coefficient de
certains termes prend la forme -^,^ p étant très petit, et deviennent infinis quand
p s'annule. Gjldén s'eflbrce de prou\er qu'un calcul plus exact doit donner
'- — , V étant une quautilé qui ne s'annule pas, de sorte que le coefficient ne
devient pas infini et reste même très petit. C'est ce qu'il appelle la méthode
horistique, ainsi nommée d'un mot grec d'où vient également horizon.
Il cherche à tirer de là diverses conséquences :
i" Que les séries obtenues en Mécanique céleste sont convergentes si l'on
tient compte des termes horistiques.
2" Que les termes d'ordre élevé de la fonction pertnibatrice ne sauraient
donner lieu au phénomène connu sous le nom de libration.
Ces conséquences sont manifestement fausses; mais j'ai cru longtemps que
l'erreur provenait simplement de ce que Gjldén ne se doutait pas de ce que les
géomètres appellent une série convergente et des précautions minutieuses qu'il
faut prendre dans une déniousiration de convergence.
Je croyais que, si Gjldén est protégé contre la critique par son obscurité
même, cette obscurité empêcherait également qu'on cliorcliàt à appliquer ses
méthodes qui deviendraient ainsi inolTensives et tombeinient dans l'oubli
après sa mort.
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN. àSg
Je me trompais : d'abord ses erreurs commencent, comme nous le verrons
bientôt, dès le début de sou analyse; on ne peut donc le prendre pour guide,
non seulement pour démontrer la convergence des développements, mais même
pour eu calculer approximativement les premiers termes. De plus, certaines
personnes ont voulu appliquer ces méthodes à des problèmes pratiques, et elles
ont été naturellement conduites à l'erreur. D'autres entrepris les affirmations
de Gjldén sur la convergence des séries et les ont présentées comme des vérités
établies.
Il devenait donc nécessaire d'analyser dans ses détails l'Ouvrage cité Nou-
velles recherches... et d'en discuter les conclusions. C'est là l'objet du présent
travail, nous suivrons pas à ipas l'Ouvrage de Gyldén et nous en examinerons
successivement chaque Chapitre.
J'aurais voulu conserver les notations de Gyldén; mais elles sont tellement
compliquées et tellement changeantes que je n'en ai pas eu le courage. Je donne
cependant des indications suffisantes pour que l'on puisse passer facilement
d'une notation à l'autre.
Dans les citations, quand je renvoie à une page ou à un paragraphe désigné
par le signe § ou n" suivi d'un numéro, il faut entendre la page ou le paragraphe
de l'Ouvrage de Gyldén, Nouvelles recherches... Quand je renvoie à un para-
graphe en écrivant le mot paragraphe en toutes lettres, il s'agit d'un paragraphe
du présent travail. Enfin quand je renvoie à mon Ouvrage, Les Méthodes pou-
belles de la Mécanùfue céleste., Paris, Gauthier-Viilars, j'écris simplement
Méthodes nouvelles.
II. — Analyse du Chapitre premier.
Le Chapitre premier est consacré à l'équation
( I ) -^ -H ( , _ a) p — [îp' = - Y cos V.
Gyldén applique à cette équatiou quatre méthodes différentes dont une fondée
sur l'emploi des coefficients indéterminés et trois sur l'emploi des fonctions
elliptiques.
Mais avant d'aller plus loin, disons quels sont les résultats qui sont démontrés
au sujet de cette équation et que Gyldén aurait dû retrouver. Si l'on applique à
ré({uation( i ) la méthode de la variation des constantes arbitraires de Lagrange
D90 SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÊN.
en regardant p el y comme des quanliti^s très petites, on obtient une série pro-
cédant suivant les sinus et les cosinus des multiples de deux arguments
1' V 1 — '■'■-*- const.
oi suivant les puissances de r; cette série où v ligure eu dehors des signes
Irigonométriques est convergente pourvu que c soit suffisamment petit. Je
l'appellerai la série S.
Le ternie général de la série S est donc de la forme Ar"' cos{pv + qw-\-h).
Si nous réunissons tous les termes de la série S qui contiennent en facteur une
des lignes trigonométii(jues d'un même arc/)i' + ^ir, ou peut en faire la somme,
el celle somme a pour valeur Acos (/'c -|- y/'+ A), oùy est un nouvel argument
de la forme
3- étant une nouvelle constante donnée et £ une constante arbitraire d'intégra-
tion. En groupant les termes de cette manière, on obtient une nouvelle série S)
procédant suivant les sinus el les cosinus des multiples des deux arguments c
et f, et ne conlenaui pas p en dehors des signes Irigonométriques. Cette nouvelle
série Si est divergente, au sens que les mathématiciens attachent à ce mot;
elle peut néanmoins être employée dans un butpratique pourvu quece soilavec
circonspection. Elle peut donner une valeur approchée de la fonction inconnue,
si l'on s'arrête à un certain terme.
Cette série S| dépend de deux constantes arliitraires ; la première est £, et
figure dans/: la deuxième peut être choisie de bien des manières ; à l'exemple
de Gyldén nous prendrons le coefficient du terme en cos /' et nous l'appelle-
rons ■/.. Si l'on fait x=;o, tous les termes dépendant de /' disparaissent; la
série Si ne contient plus que l'argument c, elle ne dépend plus de la constante £ ;
grâce à cette réduction, la série S, devient convergente. C'est la solution
périodique.
Supposons que la constante z ne soit pas nulle, mais tiés petite el négligeons
les termes en x^, nous trouvons ainsi
f. = H -+- -/.Il 1 siii /' +- /. II.; siii /',
où H indépendant de x représente la solution périodique que nous venons de
fléfinir et où H, Hi, Ho sont développables suivant les sinus el cosinus des mul-
tiples de l'argument unique v. Cette série représente les solutions très voisines
de la solution périodique (cf. Méthodes nouvelles, Chap. IV) ; elle est conver-
gente ; je l'appellerai Sj.
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN. J9I
Dans les diti'Hieiils leriues de S el de Si ligiirent ce que l'im appelle de petits
diviseurs iairoduils par l'intégration. Parmi eux nuus distinguerons le petit
diviseur y. qui s'introduit dans la sorie S quand on intégre un terme en
w + «(iv — i')et qu'on retrouve dans la série Si déduite de S. Parmi les termes
de S(, conservons seulement ceux qui contiennent a au dénominateur à la
même puissance que ,5 ou ■; au numérateur. L'ensemble de ces ternies formera
une nouvelle série S;,; cette série sera con.'.'ev^ente. C'est celle à laquelle con-
duit la m'uhode de Delaunay. Comment se fait-il cjue la série S;, étant conver-
gente, la série Si soit néanmoins divergente; c'est à cause delà |)résence des
petits diviseurs autres (jue a ; mais comme ces petits diviseurs ne se rencontrent
que dans des termes d'ordre élevé, la série convergente S , nous donnera une
valeur approchée de la fonction inconnue pourvu qu'on ne veuille pas l'appli-
quer pendant un intervalle de temps trop long; c'est là ce qui fait la légitimité
de la méthode de Delaiinav.
Tels sont les résultats qui sont vrais de l'équation ( i ) comme des équations
générales du problème des trois corps et des équations analogues.
Voyons maintenant ce qu'a fait Gjldén; il cherche à satisfaire à l'équation
en posant
p = /. cos / -f- zi cos !■ -+- H
et de façon que U soit petit par rapport aux deux autres termes. 11 désigne
par -(R-) la partie constante de K-, d'où il résulte que (K^) est petit et positif
et il arrive aux é(|uati()ns suivantes [éi|uations (4 I de la page io| :
(■>.) { \ -
'33
— a-i- -jix;— ;- ;5[z^-l-zï-l-(H-j] =— • ■
4 2 /-i
Remarquons pour comparer ces équations à celles de Gyldén, que c, j3, o' et i
représentent ici les 3,, (3:,, i — Ç et i — cr de Gjldén.
Ces équations sont-elles exactes: il suffit pour le voir de les comparer à la
série convergente Sj définie plus haut et que nous savons former.
Soit d'abord x =; o : dans ce cas la série Si ou Sj se réduit à celle qui définit
la solution périodique: le terme le plus gros est le terme
p = /., COSl'.
Alors les conclusions de Gyldén sont exactes et l'on trouve bien
(3) -f!/.;-!-»/.!— Y = o,
ôgî. SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE CYLDÉN.
ce qui est conforme à l'équation (2), puisque x est uul el R 1res petit. Cette
équation (3) limite bien la valeur de xi comme tiyldén l'a remarqué, et c'est
celte remarque qui a été l'origine de tout son travail, où il a vainement cherché
à la généraliser. On voit l'inlluence du terme en [3p'', el une comparaison phy-
sique la fera mieux comprendre. Si ce terme n'existait pas, l'équation (i ) défi-
nirait le mouvement d'un pendule rigoureusement isochrone qui oscillerait sous
l'influence d'une force périodique y cosc. Si cette force se trouve en résonance
avec la période propre du pendule, les oscillations pourront devenir très
grandes. Grâce à l'addition de ce terme, le jiendule n'est plus rigoureusement
isochrone; s'il y a résonance pour les oscillations infiniment petites, l'ampli-
tude croîtra d'abord, mais quand elle sera plus grande, la période propre du
pendule ne sera plus la même, la résonance disparaîtra el l'amplitude cessera
de croître. Les constructeurs de navires ont souvent employé un artifice
analogue.
Si nous supposons au contraire y et xi nuls, l'équation (1) s'intègre très
aisément par les fonctions elliptiques, on pourrait alors former aisément la
première équation (2) en y faisant x, = o et négligeant R, qui est en eflel négli-
geable si X est petit. On reconnaîtrait ici encore que la formule de Gyldén est
exacte. Observons que dans ces deux cas, il n'y a dans p qu'un seul argument,
'i' dans le premier cas, /"dans le deuxième.
Supposons maintenant que /. ne soit pas nul, mais très petit. Quelle devrait
être d'après Gyldén la valeur de (T?Si x est très petit, il en sera de même de R.
On aura donc
( 2 bis) c= = 1 — a — - Px; .
Cherchons maintenant la vraie valeur de tr. Soit p^ la solution périodique; et
p=pj,-|-e; dans ce cas p„ est indépendant de x et £ est de l'ordre dex; nous
pouvons donc négliger s-, ce qui donne
-^-l-(i-«-3[ip§)£ = o
el comme p„ est sensiblement égal à xi cost», cela fait
d'i I ^ rj •. 3 ,^ „ \
-!— -H ( I — a tJx^ [ixf C0S2 f ) £ = o
dv^ \ 2 ' 2 ' /
OU
(4) — -+-£(5r--^,C0S'.)l')='>,
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE CYLDÉN. ôgS
en posant
C'esl là une équation qui a fait l'objet de travaux très nombreux que j'ai résu-
més dans le Chapitre XVII des Méthodes nouvelles.
Soit £ ^ F('^) 1^ solution de l'équation (4) qui se réduit à i et dont la dérivée
se réduit à zéro pour (' = o; on aura
cosa- = F(-).
Développons F(p) suivant les puissances croissantes do </i el de i — q- =7, il
viendra
F(r) = cosc -1- ( - H- ^,' ) i' sin c -t- ^(cosc — cos3i') -H Ui,
OÙ R| contiendra les termes dépendant des puissances plus élevées de t et
de (ji ; parmi ces termes, nous ne conserverons que ceux qui dépendent des
secondes puissances, el qui ne s'annulent pas pour c = ;:. Or nous aurons des
termes en (^sinc, en (cosr — cosSc), en (cost* — cos5i), en c-cosr; nous
n'avons à nous occuper que des derniers qui sont les seuls qui ne s'annulent
pas pour < ^ TT. Or Ri est donné par l'équation
—7— — h H I = ( T -H f/ 1 cos 2 (■ ) ( — h -' ) p sin r -I- -'; ( cos v — cos 3c)-
dv- L V-J 1 / ib' J
Nous pouvons négliger le terme en cost' — cosSc qui ne peut nous donner
un terme en r^cosc. D'autre part
(x + ^1 COilv) V siii c = ( - — ) ''
'/l
sni 1' -I- , i' siii 0 r,
oïl le premier terme seul peut nous donner un terme en i-cosc; il nous suffira
donc d'écrire
d'- H ,
,li--'
--l^-Hh
d'où
en n'exprimant que le terme en r'-cosc. Il vient donc
Or
( I — a)-;:-
cos a:t = — I H •
2
II. r. — VII.
7-'
594 SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN.
Il reste donc
La lormule de Gyldéu donnerait
(l-cî)-= "V = i.(«=-t-3:<px; + ^f3=x}).
Avec la formule de Gyldén, a est toujours réel; avec la vraie formule, c peut
devenir imaginaire, el c'est ce (|ui arrive par exemple si a est positif, (3 négatif
et assez grand. Les différences peuvent être tout à fait énormes; elles ne peuvent
s'expliquer par l'intluence du terme en (R-) qui non seulement devrait être
très petit, mais serait toujours de même signe et, étant toujours réel, donnerait
toujours pour i — a une valeur réelle.
Cherchons d'ailleurs le terme principal de \\. Un calcul simple nous donne
en négligeant les carrés de t et de cji el en posant (7=: i — 5 :
■ Xi COS f + X OOS/ -I- Y. COS( / — 2 (■•) -^
V^2T — q, ■+- s/'ïT-^q,
ce qui nous donne la valeur de R ; le terme le plus important de R, c'est en effet
le terme en cos (f — 2 c). Le rapport du terme en cos (f — 21') au terme en cosy
\^'i'—Qi — V '■'-' + '/i /> I , 11. ■ 1
est -J— Ur le numérateur et le dénominateur sont du même
^1- — qi -H Vît + fyi
ordre de grandeur; donc R n'est pas négligeable devant p,,.
Le seul cas où R serait négligeable devant pn, serait celui où qi serait négli-
geable devant 7, c'est-à-dire (3x'; devant a: c'est-à-dire celui où la considération
du terme en [îp'' est inutile, où les méthodes ordinaires suffisent, où celle de
Gyldén est sans objet.
Gjldéa dit page 17 que R reste même dans les cas exceptionnels de l'ordre
de pn (c'est-à-dire de xcosy+/i cosc), mais qu'elle devient très petite dans les
cas ordinaires, à savoir lorsque la valeur absolue de w est sensiblement plus
grande que l'unité [c'est-à-dire lorsque les trois racines de l'équalion (3) dif-
férent sensilîlement l'une de l'autre]. On peut se demander ce qu'il entend par
sensiblement. Quand il dit que j o) | est sensiblement >i, veut-il dire que
I « I — I par exemple n'est pas très petit, ou que 1 00 j est très grand ?
Dans le premier cas, il se trompe, nous venons de voir que R est du même
ordre de grandeur que p,, pour tontes les valeurs ih^ -^ c'est-à-dire pour toutes
les valeurs de w, sauf pour les très petites valeurs de
71
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN. SgS
Dans le deuiième cas, ce qu'il dit est exact, car si '>> esl liés grand, ~ est
1res petit, mais si ^r est très petit, l'emploi de la méthode n'a plus, comme nous
l'avons dit, aucune raison d'être.
Il semble bien d'ailleurs que sa pensée doit être interprétée de la première
manière. Il sait trop bien le français pour avoir employé une expression
impropre et le contexte semble plutôt favorable à celte inlerprétation.
Est-il vrai du moins que R ne peut jamais être très grand par rapport aux
termes conservés de o ? Oui, si l'on suppose ■/. 1res petit, car alors nous avons
i = ■/-! cos t' -H X. nos/ + ■/.' cos ( /" — a p )
et nous avons donné l'expression du coefficient /.' : c'est le dernier terme qui
représente R. Si nous posons
2''-/ = ./'
cette équation devient
s = ■/.! ros (.' -I- z' cos/'-t- ■/. cos(/' — a c).
On retombe donc sur une expression de méuie forme, mais où le rôle des coef-
ficients X et x' est interverti. On peut donc indifféremment prendre / ou •/.'
pour le coefficient du tonne princi|)al, ou pour celui de R; si l'on convient de
reg irder toujours le plus grand des deux comme repré.senlant le terme principal,
on sera certain que R ne pourra devenir très grand.
Aurait-on la même liberté si x n'étant plus très petit, on devait tenir compte
des puissances supérieures de x ? ( )u aurait alors des termes en 2/ — 3 r, 2/ — r,
etc., et si le coefficient de l'un de ces termes devenait très grand on ne pourrait
plus employer le même artifice. Nous verrons plus loin que cela peut fort bien
arriver.
III. — Cause de l'erreur de Gyldén.
Les conclusions de Gyldén, du Chapitre premier, 5; 1, n° 2, pages 10 à i-
sont donc fausses. Quelle est l'origine de son erreur?
Il envisage l'i'quation (i) et égale dans les deux membres les coefficients de
cosy et cos ('. Six est très petit, nous pouvons écrire
p = X| cosc -I- xcos/"-l- x' cosi' /' — ''l'V
Il vient alors dans 0^ des termes en
(A) cos-i'co?/, cosy, cos'-(/ — 2p)cos/
igC SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN.
l'I on
(B) cos'-i'cos(y' — 2r),
qui peuvont donner un terme en cosf.
Nous avons aussi dans p' des termes eu
(A') eos^c, cos-y'cosc, cos-(/ — 2i')cos('
et en
(B') COSI-' cos_/'cos(/ — 2v),
qui peuvent donner un terme eu cosr. Gjldén tient compte des ternies (A) et
(A'), mais ne tient pas compte des termes (B) et (B') qui sont du même ordre.
Si y. n'étant plus très petit, on ne pouvait plus négliger x-, il y a bien d'autres
termes dont il faudrait tenir compte.
L'introduction des termes négligés ferait perdre aux équations leur forme
« horistique ».
Dans le n" 3, Gyldén fait une tentative pour pousser l'approximation plus
loin. Il arrive ainsi à des formules très compliquées d'où il ne tire rieu; elles
ne lui servent même pas à lui faire découvrir l'erreur commise dans le numéro
précédent. Il se borne à montrer que les résultats du n° 3 concordent approxi-
mativement avec ceux du n" 2, pourvu que la quantité qu'il appelle/page25 soit
très grande. Mais le cas où / est très grand est précisément celui où les vieilles
méthodes classiques s'appliquent sans difficulté et où tout cet appareil est inutile.
,Ie n'ai pu arriver à déterminer quel est le but poursuivi dans le n" 4, et
comme il n'est fait dans la suite aucune application des résultats qui y sont
contenus, je m'abstiendrai d'en analyser ici le contenu.
IV. — Emploi des fonctions elliptiques.
Dans le ^; 2, Gyldén appli(jue une seconde méthode, fondée sur l'emploi des
fonctions elliptiques; nous allons voir qu'elle ne; dilTère pas de la méthode
de Delaunav et qu'elle permet par conséquent d'obtenir correctement une
première approximation. Nous verrons ensuite l'usage que Gyldén cherche à
en faire pour les approximations suivantes.
Posons
f, = g(i'^-\- he-''', Y cos (• = f (e''' ■+- 'i-'").
Substituons dans l'équation ( i) et égalons dans les deux membres les
coefficients de <?"* et e^"'. Nous aurions aussi (i(!s termes en e^'"', mais nous ne
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN. 597
nous en occupons pas parce qu'ils ne sauraient donner naissance à de petits
diviseurs. INÎous obtenons ainsi les deux équations
(5) ,^"-<-2(y= 2^ + 3;i^2/i— J^, h"~2i/i'^xh-h'ipff/r-—l,
où g', g" désignent les dérivées successives de g par rapport à c.
Dans g et h nous ne conserverons que les termes à longue période qui seuls
peuvent donner lieu à de petits diviseurs; mais alors nous pouvons négliger^"
et A" devant »' et /«', et il reste
(6) 2îy= 7.^-1- 3[i^-^/i — J, — 2ï7t'= :</( -hîTié'/iS— X.
da
d~t
dF
dv
dV
Multiplions par /;', et g' , ajoutons et intégrons, il viendra
3
(7) ^gh-^ -?^-^Aî— ;^(/(+^) = const.
On peut ensuite achever l'intégration par les fonctions elliptiques. Telle est,
aux notations prés, la deuxième méthode de Gyldén.
Comparons avec la méthode de Delaunay. Posons
F= i(p"^+p'-)— %^- ^p'-t-Ypcosf' + «,
p' désignant la dérivée de p par rapport à i', et u une variable auxiliaire.
L'équation (i) peut être remplacée par les équations canoniques
-^ =— -^ =_(i_a)p + [îip^— vcosc;
(8) ;
dt ~ 'dïi~ ' lit ~~' ~dv'
Posons p = ^2^cos'j), p'^ ^2^sinti); d'où
F=Çh-;< — y.\ cos- co — [î |- cos* to -+- v y's Ç cos v cos 0),
les équations conserveront avec les variables ^, w ( t c, u la forme canonique.
Si, conformément à la méthode de Delaunaj, nous ne conservons que les
termes à longue période; si par conséquent nous laissons de côté les lermes
en C0S2W, cos4w, cos((' — co), il restera
F = f -+- (^ — - ? — 3 p|2+ I .. ^/^ cos(c ^ 0)).
2 8 2
Soit
il viendra
(9) F = L E — - SE-+ -v v^coss
\3/ • 2 8 ' 2 *
')98 SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN.
el les équations, devant rosier canonujiies, deviendiont
,r: ,/F
j .
de
dF
dt ~ dl "
ï- \ '?^'i"^,
dt
^
,h dF
</: dF
dt "~ f /; ~ ' ■
dt ~ di>
= o.
'Bf -■■'="'
/r?'
Si nous posons
^■=^V^e-'s A = -V2^e'S
on retombera sur les équations (6), d'où il suit que la deuxième méthode de
Gjldon, étant identique à celle de Delannaj, nous donne une première approxi-
mation correcte.
Un voit sans peine que g' el h sont des ('(inclions doublement périodiques
de f. On peut alors construite les équations correctes ((ui lient les quantités
appelées plus haut x, /., et 7; ces équations sont transcendantes et elles n'ont
par conséquent aucun rapport avec les équations (2). A ce point de vue les
conclusions du § 2 sont en contradiction directe avec celles du § ! .
Dira-t-on au moins que les formules concordent quand x est très petit non
seulement dune façon absolue, mais par rapport à X| ? Nous allons voir que non,
et l'analvse que nous venons de donner dans le paragraphe II suffisait d'ailleurs
pour que nous en fussions sûrs d'avance.
Nous allons développer g- el h suivant les puissances de x, et écrire
g- = g-„-h gt-i- ff2-h---, A = A„ -t- /m -H /ii -I- . . . .
où /;„ représente l'ensemble des termes de l'ordre de x". Nous trouvons d'abord
g,.= /,„ = const., z^'ii-t- 3 .1^2= ~
et ensuite
(lo) 2ig\ = ix-h6l-i^l)gi-h:i{-is'l/i,, —■>(■/(', =(xH-6pé'5j/i,+ 3pl//5^|.
Ce sont des équations linéaires à coefficients constants; nous jiourrons y
satisfaire en posant
^i = xe-''"'', //i = x'e-'"'',
ou bien
^1 = x'e'"'', //, = zeN'''.
Ou bien encore en faisant la demi-somme de ces deux solutions particulières;
on obtient ainsi
ç = ■? ga '■'<> f -t- X COS /■ -4- ■/.' CO? ( /■ — 2 f ),
avec
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN. Ogcj
et en substituant dans les équations (lo), on trouve,
Mais c! + 6S o-Jj est ce que nous avons appelé plus haut z, et S^o-J est ce
que nous avons appelé r/i ; il vient ainsi
x(2!; — T)= --qi/.', ■/.'(— 2^ — -) = \q\-'-;
d'où
Il et y- _ V2T — y,— y-i-^lj,
Ces formules sont en concordance avec les résultats du paragraphe 11 et en
désaccord avec les équations (2), c'est-à-dire avec les équations de Gyldén.
Cherchons encore les termes constants de ;:j^-< et lin. Nous avons
— iih'n — {:i.-k-ii\isl)S-^— 3pi'o/'2=6H^o^■l/^l-^- 'i'^^goli].
Nous cherchons seulement les parties constantes de ^2 et h^', nous devons
donc faire g'.,^= h'., = o, g-2-= h^, et remplacer o'j/ti, g] et /;, par leurs parties
constantes. Or nous avons
d'
ou
1 ^. .V /. jV
, , y-y-
partie constante ff[ = partie constante /(i= - )
, ■/.- + "/.'-
partie constante ^i/(i = ; —
d'où
■ ( « + 9 [i 0° 5 ) ^-2 = -4^ ( --c-^ + y"- -h •/.■/.' ).
Or nous allons avoir, non plus x.i = 2 go comme dans l'approximation précé-
dente, mais
Zi = 2^0-*- 2^4-2.
Comparons avec la seconde équation (2) qui peut s'écrire
-«■/.,- ^[îv-î - -.'îy.,(x=-t- ■/.'■-)=- 7
4 ' 2 ' '
en remarquant que x'- n'est pas autre chose que ce que Gyldén appelle (R-).
En première approximation, nous avons
3
axi + - px} = -;, X| = 2gu.
6oo SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN.
Soit X| = 2^o+2â, de sorle que â devrait être égal à ^j. Cela fera en
négligeant o-, ôx-, o/.'- :
3
— U + 9[^^a)S= -p5o(x--l-x'2),
OU reconnaît déjà que la formule est erronée.
V. Discussion de la méthode précédente.
Jusqu'ici les conclusions du i^ 2, d'ailleurs contradictoires avec celles du § 1,
sont correctes, mais Gjldén veut pousser plus loin l'approximation et tenir
compte des termes négliges. Il écrit donc les équations (avec d'autres notations)
(il) lig' — y.g — K^'i>g-h + ^- = M', — lih' — 3.h — (>'fih-g -H -^ = M',
où M' et N' représentent l'ensemble des termes d'abord négligés, et il les intégre
par approximations successives.
J'aurais à faire au sujet de ses conclusions la remarque suivante. Ayant
résolu correctement les équations (6), il constate qu'elles conduisent dans
certains cas à des solutions asjmptotiques.
« Mais, ajoute-t-il page 67, nous verrons dans ce qui suit que la solution
asjmptotique n'appartient pas à notre problème; elle est due uniquement à la
manière d'aborder les approximations. . . ».
Il est évident qu'Ici Gjldén se trompe. Les équations approximatives (6)
admettent un système de solutions asymptotiques et par conséquent une
solution périodique pour laquelle les exposants caractéristiques sont réels et
dilTérents de zéro. Si les équations approximatives admettent une solution
périodique, il en sera de même des équations exactes, qui en diffèrent fort peu;
car si l'on fait varier un système d'équations différentielles d'une manière
continue, une solution périodique ne peut disparaître que quand l'un des
exposants caractéristiques est nul, ce qui n'est pas le cas; de plus cette solution
périodique aura encore des exposants caractéristiques réels, puisqu'ils diffé-
reront très peu de ceux qui correspondent aux équations (6); et l'existence des
exposants caractéristiques réels entraîne celle des solutions asymplotiijues.
Tous ces points sont hors de doute et je les ai établis d'une façon très simple et
rigoureuse dans mes Méthodes nouvelles.
Gyldén cherche à nous donner la démonstration promise d'abord page 71,
puis page nS; il ciierche d'abord à montrer qu'on peut diriger les approxi-
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDEN. 6oi
mations de façon à ne plus rencontrer de solution asjmptolique. Pour cela il
écrit les équations (i i) sous la forme suivante :
2J>'— (ï + £)§• — 6,3^;/* ■
( 1 1 bis )
■■ît'fi' — (x-^ i)h — Ç)'iff/e--h i = N'— e/(,
et il intègre par approximations successives en faisant d'abord les deuxièmes
membres égaux à zéro, remplaçant ensuite les inconnues dans les deuxièmes
membres par les valeurs trouvées en première approximation et ainsi de suite.
Il choisit £ de façon à éviter la solution asymptolique el il se llatte de
pouvoir conduire les approximations suivantes en évitant l'introduction de cette
solution et en aboutissant à une série convergente.
Pour juger cette prétention, il suffit de comparer à un exemple simple.
Soit
-H; -+- ,^= = C0S^'.
ai>-
Nous voyons que si [3 := i , l'équation ne comporte plus de solution pério-
dique et que (' sort des signes trigonomélriques. Croira-t-on que l'on peut
échapper à cette conséquence par l'artifice qui consiste, p étant égal à i , à écrire
l'équation sous la forme
■~ -t- ( I + £ ) p = COS P -H £ p ?
Nous trouvons en première approximation p = o, puis p --_ — --, puis
2C0SI' . îcosc . .~ ,.
p= ) puis p= — ; — j suite manifestement divergente.
Eh bien, (jjldén fait absolument la même chose. H j a page 72 quelques
lignes sur l'ordre de grandeur des quantités introduites. Ces lignes, trop
concises pour être claires, tendent évidemment à prouver que la série obtenue
sera convergente, ou du moins que les termes iront en diminuant.
Or cela n'est pas exact; car si nous supposons M'^N'^o, les équations
(11 bis) se réduisent aux équations (6) et nous savons, Gjldén l'a démontré
lui-même, que ces équations admettent des solutions asymploliques. La série en
question est donc divergente, puisque si elle était convergente, ces solutions
n'existeraient pas.
La série converge-t-elle dans d'autres cas ? Les deuxièmes membres de
(i I bis) peuvent-ils être assez petits pour qu'il en soit ainsi? Cela n'a pas lieu,
H. p. — VII. ,6
()02 SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE CYLDÉN,
nous venons de lo voir (juaiul M' el N' sonl nuls; cela nu poiii rail donc être vrai
que si M' el N' doliiiisaieni les lernu-s les plus iiuporlanls de eg el de e/i. Or il
esl évident ([u'il ne peut pas en cire ainsi (juels ifue soient M' el M'. Eli liien,
dans le raisounemenl de Gjldén, il n'est fail aucune hypothèse sur M' el J\
(ou ce qui revient au même sur ce qu'il appelle M el N). Son raisonnement esl
donc inexact.
Gyldén cherche ensuite à montrer que la solution asjmptotique ne peut pas
servir de point de départ à une véritable approximation (p. 70, 199) parce que
le deuxième terme du développement esl susceptible de devenir infini.
G'esl comme si l'on disait que quand a est petit, \ z n'est |)as une valeur
approchée de y x + a, sous prétexte que si l'on développe suivant les puissances
de x. le deuxième terme du développement est - — el devient inlini pour /. =^ o.
Dans le § 3, Gjldén applique une nouvelle méthode qui ne diffère de la
précédente que par quelques complications nouvelles. II néglige les termes M'
et N' de sorte que les équations (11) se réduisent aux équations (6); nous
venons de voir que ces équatii^ns s'intègrent très aisément par les fonctions
elliptiques. Je n'ai pu arriver à comprendre pourquoi il aljorde ainsi par une
méthode ai^proximative el compliquée un problème qu'il a lui-même résolu par
une méthode rigoureuse el simple.
11 n'y a qu'un passage où il ne dit pas explicitement qu'il néglige M' et IN',
c'est celui de la page gS; mais on doit remarquer qu'il y regarde W comme
une fonction périodique de l'argument unique w, ce qui ne peut s'expliquer
que de deux manières; ou bien s'il néglige M' el M' comme dans le reste du §,
ou bien s'il réduit M' et N' aux termes — g" c^ — /'" qui sont négligés dans les
équations ((i). Dans ce dernier cas, on retomberait sur les équations (12) du
paragraphe suivant, sur lesquelles nous reviendrons.
VI. — Nouvelle méthode de Gyldén.
Dans le § 4, Gvidén emploie encore une nouvelle méthode, fondée également
sur l'emploi des fonctions elliptiques. Elle consiste à développer la solution de
l'équation (1) suivant les puissances de y.
Si l'on appliquait celle méthode dans toute sa rigueur, on trouverait en
première approximation, c'est-à-dire pour y = o, que p est une fonction dou-
blement périodique de c, développable suivant les sinus et les cosinus des
multiples d'un argument unique /= i' + (v, fonction linéaire de c. Dans les
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN. 6o3
approximations siiiv;intes ou Irouverail des termes en nn> -i- rur, m et n étant
des entiers quelconques.
Il s'introduirait aussi des termes séculaires où r sortirait des signes trigono-
métriques, mais Gyldén évite l'inlroduction de ces termes séculaires par
l'artifice suivant :
Il écrit l'équation (i ) sous la forme
-T-^ -t- (l — »' ) : — 3 p'"' = — ",' COS PH-fz — «')=,
a' étant une indéterminée. Dans le deuxième membre, il substilue à la place
de p, d'abord zéro, puis à la deuxième approximation la valeur de p trouvée en
première approximation et plus généralement à la 7;^"'" approximation la
valeur trouvée en (« — ]y'-"ic approximation. Il dispose ensuite de l'indé-
torminée x' à chaque approximation, de façon à faire disparaître les termes en
ces/ qui lui donneraient après intégration des termes séculaires. Cet artifice
est légitime.
De plus, il laisse de côté à chaque approximation les termes en wr + nw où
l'entier m n'a pas la valeur ±; 1 . Ce qui justifie dans une certaine mesure celte
manière de faire, c'est que les termes de la forme c + nw sont ceux où
s'introduit le plus important de tous les petits diviseurs; mais on ne doit pas
oublier que d'autres termes (qu'on ne rencontre pas il est vrai dans les
premières approximations, mais seulement dans les suivantes), introduisent de
nouveaux petits diviseurs encore plus petits, et que c'est précisément à ces
petits diviseurs qu'est due la divergence des séries.
Opérer de la sorte, cela revient à déterminer g et h par les équations
(12) g" + lig' — y.g — (S'fig-li -f- - =0, II" — lilt' — 7.h — ()|î/(-^ -4- -'- = o.
Cette méthode se rapproche de celle de Delaunaj; elle n'est pas plus précise
car les termes par lesquels les équations (12) différent des équations (6) ne
sont pas plus grands et plus importants que les autres termes négligi's.
Il ne faudrait pas croire non plus que Ion obtient par ce procédé tous les
termes en v -\- luv avec leurs coefficients exacts. En effet, il peut s'introduire
à la A'"""' approximation des termes de la forme mr + «t\' (m.">i) dont la
combinaison produira à la (/:-(-/))"'""' approximation un ternie v -\- mv ', si l'on
néglige ces termes à la A-'""' approximation, le coefficient du terme en c -t- inv
ne sera plus exact à la (A +/) )'*"'.
6o4 SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN.
Quoi qu'il cil soit les équations (12) admollent l'intégrale
g' h' —3.gli pi^-/(--t- - (/( + g) = consi.
On ne peut pas en trouver l'intégrale générale; mais pour l'objet poursuivi
par Gvldén, il suffit d'en connaître une solution périodique. Celle solution
périodique existe et le développement correspondant converge, comme il arrive
toujours pour une solution périodique.
Les développements trouvés par Gyldén dans ce § 4 sont donc bien
convergents, ainsi qu'il l'annonce. Ils pourraient être très facilement obtenus
par la théorie des solutions périodiques. Mais dès qu'il voudiait tenir compte
des termes en me + nu', la convergence cesserait.
L'analyse de Gjldén ne nous apprend d'ailleurs rien de plus que la méthode
de Delaunay. Elle n'est pas plus précise; elle n'est pas plus propre à nous
renseigner sur la convergence des développements complets.
VIL — Analyse du deuxième Chapitre.
Passons au Chapitre II et au § o; Gjldén j envisage des équations plus
compliquées où figure dans le premier membre outre la dérivée seconde -t=^ >
un polynôme entier en y et -y- dont les coefficients sont des fonctions connues
de ('. Quant au deuxième membre, c'est une fonction connue de c. Toutes ces
fonctions connues de v sont supposées développables en séries trigono-
métriques.
Gyldén commence par étudier des transformations, permettant de simplifier
cette équation. Je n'expliquerai pas ici le détail de ces transformations. Il arrive
page 187 à l'équation suivante :
^ -+- r, j + roj-2 + r, y= = u,
où Fi, r,, Fj, £2 sont des fonctions connues de c, toutes très petites; mais il
n'énonce pas de résultats assez nets pour qu'on puisse les discuter.
A la page 142, il envisage une équation analogue, mais où Fi est très voisin
de I. La discussion des transformations qu'il lui applique nous entraînerait
lr.)j> loin, j'ai hâte d'arriver à ce qu'il dit page i58 d'une équation plus simple
qui est son équation (Bg),
-hCh- ;i,— p3-n'')2+ %'/:'C-= '-'> V= ('~P)^"+ (1/^) (-- *' /- donnés).
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN. 6o5
Il cherche à satisfaire à celte équation en posant
G = V„+V,4-V,-i-...
et en déterminant les V par une série d'équations qu'il appelle (47) P^ge 170
et qui sont de la forme
'^'^" -+-(i-r^,-fi3ii)v„ = Q„,
du-
Ha étant connu et H étant la partie constante de y)'-.
Laissant de côté, pour simplifier, 3 et /, ainsi que Pf et faisant (3^-
pour lixer les idées, nous voyons que l'équation peut s'écrire
(jjldén s'imagine qu'il obtiendra une première approximation en négligeant
dans le coeflicicni de r les termes périodiques, de sorte que ce coefficient se
réduise à une constante II et que l'équation (i3) devienne
(i3 6;'i) li^ + -(1-^ |l) = o.
dii-
II est important d'examiner si cela est légitime, parce que c'est le principe
même de la méthode horistique.
Soit
ti = 7 COS M -H •;' C05 ( M + 0) ),
où (0 ^ CTc, (T étant petit.
L'équation (i3 bis') nous conduirait alors à une solution de la forme
; = •/. COS u -f- ■/.' COS ( « + 10 )
et alors on aurait sensiblement (à cause de la petitesse de a-)
•fl'- = 3- + I -7^ 1 = /.- -I- y.'- + i /./.' ces 0), II = /.- -t- ■/.'-.
Substituons dans les équations (i3) et (i3 bis). L'équation (i3 bis) donne
(i4) -/.{vr-^ ■/:■-) = •;, —■/ {2 a -h <j- ) + ■/.'{■/.' + y.'-) = y';
d'où Gjldén conclut que z et /.' sont limités. Mais on néglige ainsi la dillerence
entre les premiers membres de (i3) et (i3 bis), c'est-à-dire
•2 -y./.' cosw = y:-/.' COS (m -i- cj 1 -+- y.- y.' eus (m — w) -1- y.'-y.cosu + y. -y. cos((< -I- 2(0).
Si (T est très petit, si y et y' sont comparables entre eux, / et /.' sont du même
ordre de grandeur, ■/.-■/, z-', etc. sont comparables à y et les termes négligés
sont de l'ordre de 12, c'est-à-dire des termes conservés.
6o6 SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE CYLDÉN.
Du reste ou inonlre cela d'iiue fai;oa plus frnppaule en raisonnant comme il
suit :
Faisons (J^ G, vr=y'; les deux équations (i4) ajoutées donnent
■)•/.■'= •;- = 2x'-'= ■;', (■/. -t- ■/.' )' = .'ly.
Mais si a = o, les deux termes de iî se conlondenl en un seul et l'on a
£2 =: aycosu, d'où par la première équation (i4) (qui est alors exacte) :
(■/. + ■/)■•= 27,
résultat coutradicloire avec le précédent.
L'analyse de Gjldén no ressemble donc en rien à une approximation. Mais il
faut se poser la question d'une façon plus large et se demander : Supposons
que Gyidén n'ait pas commis cette erreur et qu'il ait calculé exactement ces
coefficienls /.. ces coefficients auraient-ils été limités?
Soit plus généralement
U = s-;,, cos/„, /„ = u(i -h a„), a„ = s.l„,
.Nous supposons les a,, très petits, £ très petit, X„ et ;-t„ finis.
Nous voyons d'abord que z est une fonction paire de u, de telle fnçon que
pour 11=^0 ses dérivées d'ordre impair s'annulent. iNous désignerons par y, y",
)''^', etc., les valeurs de z et de ses dérivées successives d'ordre pair pour u:= o;
et de même par 12,,, Q,',, etc., les valeurs de 12 et de ses dérivées pour u ^= o.
On trouve ainsi
y + f-^r' = -". (y^^'-^ 27" + /) + (J + j") 7(7+ 2/") = o„-t- f>;.
Or
Y = l/.„, '-'-» = ^"n, y = y = — £ -X„ p„,
l.),, -h i>"„ = — £ S-j-n [J.„, ^ '^' -t- a/' +1 = c- iz,, ,a;„
d'où
— £ 2/.;i -I- ( ix)" = S-,', £ S/.;J- ■+- i;(zu ) ïzf Zv. ■+- 2 £ S7.;jl ) = — Sy,u,
OU si £ est très petit
(Zxy' = Sv, I.(y.,j.)(Zy.y- = -I.yii,
OU enfin
Or si i-;' ^ o, cette expression devient infinie ; d faut donc que l'un des /. au
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN. 607
moins devienne infini (ou pluLôl deux au moins, puisque ix := o). Les coejji-
cients y. ne sont donc pas limités.
Ici encore la mélhode horislitjue est en défaut.
VIII. — Équations de la longitude.
Jusqu'ici Gjldén a (mvisagé surtout les équations dont il se sert pour la
détermination du rayon vecteur. Dans le § 6, il envisage plus parti-
culièrement celles qui lui servent à déterminer la longitude. L'examen de la
méthode horistlque dans ce dernier cas est d'autant plus important qu'on a fait
des tentatives pour l'appliquer, ce qu'on n'a jamais cherché à faire pour le
rajon vecteur.
Un astronome tout à fait éminent, M. Backlund, trop confiant dans les
résultats de Gjldén, s'est même un instant laissé entraîner à des conclusions
inexactes qu'il a rectifiées depuis. M. Stockwell avait déterminé par les
méthodes ordinaires certaines inégalités de la précession ; M. Harzer avait
calculé par les méthodes de Gjldèn une inégalité de la longitude d'IIécube ;
j'entends par les premières méthodes de Gjldén et non par la mélhode
horistique. M. Backlund appliqua à ces deux cas les formules horistiques de
Gjldén, et ces formules lui donnèrent des coefficients trois ou quatre fois plus
petits que ceux qu'avaient obtenus ses devanciers. {Bulletin de V Académie
de Sainl-Pétersbourg., mai igoo.)
Les équations de la longitude, de même que celles de la précession, peuvent
être ramenées à la forme
-j-; = S a sin {nt -\- v) -\- 'iLb ûnpt,
où sin(«^-(-i') est l'un des termes à courte période et où s'xnpt est l'un des
termes à longue période. Pour plus de simplicité, je n'envisagerai qu'un terme
de chaque sorte et j'écrirai
{ 13) -j-; =^ a 9'\n{nl -i- v) -\- b in\pt.
Je supposerai que a et n sont petits, mais b cl p beaucoup plus petits, de
b • 1 I , // ., • 11'^"
sorte que - soit beaucoup plus grand rpie , , et que p- soit comparable a — ■
Posons alors
(10) , = a 5111 ( ni ■+■ l'u )
6o8 SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN.
et
r = l'o + £.
En ni'gligeant le carré de £, on trouve
d-£ , , .
(17) -J-; = «£ COS(/(/ -f- l'o 1 -(- 6 Slll///.
Dans les anciennes méthodes (Stockwell et Harzcr) on néglige le premier
terme (jui est à courte période et l'on écrit
0 .
£ = sin pt.
F'
\ oici maintenant ce que donne la méthode horistique appliquée par M. Back-
lund. On trouve sensiblement
« . ,, , , rt . ,
Cn = un ni, a ou cos («/ + (•,■) = cos«^ H sin-/i^.
/i- n-
L'équation ( i-) devient ainsi
d-s. ! a- . \ , .
—-— = c a cos lit H siii -nt 1 + u sm iit
dV- \ n- j '
ou, si Von conserve seulement la valeur moyenne du coefficient de s :
d-i a- , . „ , ù b'in 11/
-7— = E -i- 0 ^111 ///, a OLi £ = — • •
al- 2/i- '1-
Telles sont les deux analyses entre lesquelles il s'agit de décider; cela est
facile, puisque les équations (16) et (17) peuvent s'intégrer exactement et que
Gjldén lui-même a souvent intégré des équations de même forme dans le cours
de ses recherches.
Cette intégration montre que le terme en sinpl qui est le seul sensible est
réduit à
h sinpl,
£ = ; î
ce (fui est conforme aux résultats obtenus par les anciennes méthodes
{Cf. C. lî. Acad. Se, t. 132, p. 50) (').
Backlund revenant sur la question [(J. /t. Acad. Se, t. 132, p. 291)
découvrit le point faible de l'analyse qu'il avait d'abord suivie; mais il voulut
généreusement prendre la faute tout entière sur lui et disculper fîyldén, sa
Cj C)Euvies de Henri l'oincarè, l. VIll.
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN. 609
conduite dans celte circonstance montre que son caractère est digne de son
talent.
« Gyidén, dit-il, considère dès le début des approximations l'équation
(18) —r- = az coi( nt -+- l'o) ae- sin(n« H- Cn) — -r «£' cos( nt -h Vo) -+- b ain pt
dt- 2 6
(c'est-à-dire qu'il néglige s' et non £-) et il arrive pour le terme en sva.pt à
Il ■ b i\wpt , ,, , , , . (7- .
1 expression — ^) ou v- est sans doute beaucoup plus petit que — -i mais
n'est cependant pas nul. »
Backlund reconnut ensuite [Bull. Aslr., t. 19, p. 433) que la même objection
s'applique non seulement au cas de la précession, mais aussi au cas d'Hécube,
el il ajouta qu'il serait très désirable qu'une analyse plus approfondie conduisit
à la détermination de v'-.
Ce qui résulte de l'analyse précédente, c'est-à-dire de l'intégration exacte de
l'équation (17), c'est que v- s'annule avec b. Voyons comment Gjddén traite
notre équation (18), qui joue un rôle analogue à celui de son équation (12) de
la page 189 {voir p. 189 à 199).
Par une série de transformations assez compliquées, il la ramène à la forme
g_,024?'A..r-96?^(J)V=V,
Y représentant un ensemble de termes connus; c'est son équation (16) de la
page 198. Gyidén réduit ( ;t- ) à sa valeur moyenne, qui est une constante
positive, quitte à faire passer les termes négligés dans le deuxième membre et
à les confondre avec Y. Son équation prend alors la forme
d-v
-iH; — ^y — — Q [équation (17) de la page 198J,
où p est une constante positive et oiî Q est connu. C'est ce terme en ^y qui
permet d'éviter les petits diviseurs et qui joue le rôle de « terme lioristique ».
C'est toujours le même procédé qui consiste à remplacer une des fonctions
qui figure dans nos équations par sa valeur moyenne, et dont nous avons à
plusieurs reprises reconnu l'illégitimité. Mais ici le terme en \-t-) ne joue
qu'un rôle secondaire, car ( -r- ) est beaucoup plus petit que h-,. C'est donc le
terme en h^y qui est le principal terme lioristique ; comment s'est-il introduit
dans les équations de Gyidén? Nous le voyons apparaître à la page 189.
H. P. — VII. 77
6lO SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN.
« D'rtbord, dit Gyldéu, nous en rclranchons le terme dépendant de la partie
constante de V], tonne <|ui se réiniit iininédi.ilenionl avec la fonctiou Z„. »
Voici ce que cela veul dire; reprenons notre équation (là); en posant
comme nous l'avouN fait c = (•„ -j- £, el négligeant £', elle peut s'écrire
■ ^ -*-~jP = a s\\i{/it -\- Vo) -+■ «£ cos( lit -+- t'o j
cic- sml^nl H- l'n) — c'^^" cos (nt -h f o) -{- o sin pt.
Nous avons vu comment cette équation peut se scinder en deux pour donner
les équations (i6) et (18); mais Gyldén ne fait pas tout à fait la même chose;
il scinde l'équation de la façon suivante :
( :fi bis) —j-r = " ( i ) sin ( nt -+- i'„ ;,
(18 bis) -v4 — aecos{nt + i'(i)]= — -«(£'-—/() iin{ iit + c,,)
T-cos(«/ -H Vo) -h o iinpt,
la constante h (jni joue le .rôle de /tj l'iant la valeur moyenne de la fonction
périodique £-.
L'équation (^18 Ois) ne dillere que par les notai ions de l'équation (ly) de la
page 189 de Gyldén. Dans celte équation (12) nous voyons la constante /i-^
figurer deux fois; à savoir dans le deuxième et le troisième terme. (.]et h-, qui
ligure dans le troisième terme, finit dans la suite des transformations par aller
se perdre dans les termes connus Y ; le terme « horistique » de l'équation (l'i)
de Gyldén provient donc uniquement du second ternie de l'équation (12),
c'est-à-dire du terme en Vi. Les lenncs eu s- — /( et en ;', dans la suile de
l'analyse de Gyldén, finissent par se confondre dans les termes connus \ .
Voici donc, en dernière analyse, eu quoi consiste la méthode de Gyldén.
En première approximation on remplacera £-' — /t el £ ' par zéro dans le
deuxième membre de [iHbis) et Ion intégrera (t(ibis) et (iSbis). Dans (lôbis)
on donnera à h une valeur positive quelconque de l'ordre de £-. En deuxième
approximation, on remplacera dans le deuxième menihri' de (iSbis), e- — h
el £^ par leur première valeur approchée; qnani à // on le remplacera
dans {idbis) par la valeur moyenne de la fonction périodi(jue £- obtenue en
première approximation; el ainsi de suile.
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN. 6ll
Cette méthode serait légitime si le terme
(ig) — — sin(/i;-)-('o)
dont on tient compte était plus important que le terme
(20) (£-—/() sin(n< -F i>o)
que l'on néglige. Or le terme le plus important de i est un terme en sin/?^, soit
donc
g = /f i\\\pt.
Le terme (19) dont on tient compte est
— sin( n/ -\r l'o).
4.
Le terme (20) que l'on néglige est
ak- . , ak-
H 5- siii(«; -I- ipt -+- l'o) H ;— siii(/i< — ipt + l'o).
Les coefficients sont du même ordre, les arguments sont à peu près les
mêmes puisque p est beaucoup plus petit que «; l'intégration ne peut intro-
duire de petit diviseur ni en ce qui concerne (19), ni en ce qui concerne (20).
Il n'y a aucune raison pour tenir compte de l'un des termes plutôt que de
l'auli-e.
L'analyse de Gyldén ne peruiet donc pas de trancher la question. Il s'agit
de déterminer le coefficient de iinpt. D'après les anciennes théories il sérail
sensiblement --■ D'après Gyldén il serait -■ où v serait lui-même de
l'ordre de — • Il faut dune faire le calcul en considérant b et w comme très
petits et de telle façon que — ; soit fini : c'est-à-dire développer suivant les
puissances de b et conserver seulement parmi les termes en b" ceux qui
contiennent p-" au dénominateur, c'est précisément ce que l'on fait dans la
méthode de Delaunay ; si nous trouvons — ; pour le coefficient, Gyldén aura
tort, si nous trouvons une fonction de — : oui ne devient pas infinie avec -rj
Gyldén aura raison.
Appliquons donc la méthode de Delaunay ; posons y z=nt-\- c, de sorte que
notre équation devient
'l-'^L ■ , ■
—~ = a sin X. -t- " iiupt.
6l2 SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDEN.
Nous pouvons alors écrire, en introduisant une variable auxiliaire );' :
</y' di . b
— ^ = asiii/, -J^ T=i ■/ cospl.
dt '■ dt ''• p '
Posons (en introduisant deux nûu\elk's variables auxiliaires z et u)
F = - x'"- - - X.' cos; + a cosx. + pu,
nos équations prendront la forme canonique :
d/:
dV
d/ dV
dz dV
du
dF
dt
-^:
dt ~ d/; '
dt = du =^''
dt "
,lz
AppIi(juons la méthode de .lacobi.
Soit une fonction S de la variable -/^ et du paramétre W définie jjar l'équation
Posons ensuite
Nous voyons :
i" que
^ j'=2[0(\V)-«C0S/J.
</x' r/W J ^2(9— rtCOSX.)
y'2
i^ a cos /^ = ç ( W ) ;.
2" que x'<^% — Wû?n' est une différentielle exacte ;
3" que y[, cos;^ et sin;^ sont des fonctions doublement périodiques de tv ;
nous pouvons choisir la fonction cp(W) de façon que la période réelle
soit 27r, et que /;', cos;^ et sin;^ soient développables suivant les sinus et cosinus
des multiples de w.
Il vient alors
F = 9 ( W ) -*- /»a /_' cos z
et les équations conservant la forme canonique s'écrivent
dt ~ dw' dt " ~ rfW ' dt ^ '''
\a fonction F est développable suivant les cosinus et les sinus des multiples
de w et de z. Pour appliquer la méthode de Delaunay, il faul ne conserver
dans F que les termes « à longue période » c'est-à-dire ici ceux qui ne
dépendent pas de iv, mais seulement de z. Pour cela nous n'avons (|u'à
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN. 6l3
réduire '/ à sa valeur moyenne qui est une fonction de W que j'a])pelle ;»;'„, de
sorte que
d'où
d'où
F = ;(W)+/)« — -x'ocos;,
ofW dw b dx'o <lz
w = const., z=pt, iv = — <s'(W)h r-T^sinni.
On voit que w contient un terme en — sin^f qui devient très grand si — ^ est
très grand ; or ■/_, d'après nos hypothèses, est une fonction de ci' qui augmente
de 27r quand iv augmente de 271. S'il y a dans w un terme périodique d'am-
plitude très grande, il y en aura également un dans ;^.
Le phénomène « horistique » ne peut donc se produire comme l'avait cru
Gyldén.
IX. - Examen d'une équation particulière.
Passons maintenant à la page 208 ; nous y trouverons l'équation
/ ^ d-y dy
(21) -T^ -4- uy-ji- = — a sina«.
^ ' du^ ' •' du
(jyldén cherche une solution périodique de cette équation de la foime
y = S/.n sin « !jr/,
n étant entier positif ; on prend plaisir à se trouver en présence d'un problème
aussi simple et aussi nettement posé. •
Gyldén cherche à déterminer les coefficients x„ et il arrive à la (in de la
page 209 à une équation qu'il cherche à discuter.
« Maintenant, dit-il, on supposant que les coefficients •/•,, •/•,, .... ou connus,
ou négligeables, il se comprend que la quantité Z|, qui s'obtient parla résolu-
tion de l'équation précédente du troisième degré, ne surpasse jamais une
certaine limite qui s'approche dautant plus de zéro, que la valeur de ~:7- est
plus petite.
« On aura facilement des résultats semblables relativement aux coefficients xo.
6l4 SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE CYLDÉN.
Pour juger ce rosiillat, développons les deux membres de (21) suivant les
puissances de u, et égalons les coefficients de u, il viendra
a- [ — Sx «2 -H ij. ( Sx/i )- ] = — rt a,
il'uù
(aa)
|x|n2H-,u(S|x|«y->
Si (j est très petit, le second memhie de cette inégalité est très grand, d'où il
suit que les x ne peuvent pas être tous limités.
Dira-t-ou que la série ix est convergente, mais que la série ixn- diverge, de
sorte que le premier membre de l'inégalité peut être très grand, bien que tous
les X soient limités?
Non, car tant ([ue la solution périodique existe, y est une fonction analy-
tique de u, ses dérivées d'ordre quelconque sont des fonctions périodiques
de u et sont comme elles développables en série de Fourier. La série 2 | x | /i'' est
donc convergente quelque grand que soit p. Soil y la plus grande des valeurs
de 71* I X I , l'inégalité (22) nous donnera
ce qui montre que y croît indéfiniment avec
D'ailleurs si, commet le dit Gjldén, x^, x,,, . . . étaient « négligeables », le
premier membre de (22) ne dépendrait plus que de xi et xj et ne contiendrait
plus qu'un nomlire fini de termes. 1! serait donc impossible que xi et xo soient
tous deux limités.
Enfin montrons plus directement encore que y ne peut être limité. Soit M le
maximum de \y\. Intégrons l'équation (21 ) sous la forme
riv M . a
-~ y2 = — en? n u ■
r/u 2 -^ 5
dy
Égalons les coefficients de coso-w dans les deux membres ; dans ■— le coefficient
est plus petit que tto-M, dans »•'- plus petit que ttM-; nous aurons donc
-7 M -i-nM^!->
7.
ce qui montre que M croît indéfiniment avec
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GVLDÉN. 6l5
\. — Équations du rayon vecteur.
J'arrive an § 7, |)ai;e ■?.i'j. \ous y retrouvons l'équalion (i), avec celle
différence que le deuxième membre au lieu de se réduire à un seul terme en
comprend plusieurs de même forme, ilonl je désignerai l'ensemble par X.
Nous avons donc
(23) '|| + (,_a)p_(3p3 = x,
Gyldén écrit ici z au lieu de p; [j;i au lieu de ,3, et Z au lieu de i — a ; mais
dans toute la première partie de son analyse, il suppose Z constant et voisin
de I.
Nous aurons d'ailleurs
X = — S A „ cos G„, G„ = 9 X„ e.
Gyldén, page 229, introduit deux variables nouvelles y et <h et pose
Alors l'équation (aS) est remplacée par les deux équations suivantes [équa-
tions (3) et (4) de Gyldén] :
(.4) _. = (,-^,^K_p-i_^,
(15) g + (,_a-.^)_y = (i + 0.)X + 2 Ji J' + Y,
où Y désigne un ensemble de lermes inutiles à écrire.
Quant à v-, c'est une constante choisie de telle façon que d- soit une série
trigonométrique dont la partie constante est nulle.
L'équation (24) peut être remplacée par la suivante [équation (3') de
Gyldén] :
(2^ bis) __f_ov26 = U,
U étant un ensemble de termes inutiles à écrire.
Voici alors comment Gyldén conduit les approximations. Il fait d'abord
(L =; o dans les deuxièmes membres de (aS) el (a/ibis) et il détermine à l'aide de
ces deux équations y, 'h et v- ; il substitue ensuite ces valeurs des inconnues
dans les deuxièmes membres, ce qui lui fournit des valeurs plus approchées de
ces mêmes inconnues ; et ainsi de suite.
6l6 SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE GYLDÉN.
En première approximation, il trouve
el il a aussi page 2.3o une expression de ']> que je ne transcris pas.
Commençons par comparer avec les résultats du Chapitre premier. Dans ce
Chapitre, le deuxième membre X se réduisait à un seul terme — ycosr; et
(^lyldén s'efforçait d'obtenir l'intégrale générale dépendant d'une constante
arbitraire appelée a;. Il obtenait ainsi l'équation (a) qui, nous l'avons vu, est
fausse en général ; mais quand il se bornait à chercher l'intégrale particulière
qui correspond au cas de o" = o, son équation se réduisait à
(3) 3. ,
jpxi -h axx — y = o
ijui esL exacte.
Dans le Chapitre que nous citons maintenant, Gyldén ne cherche plus
l'intégrale générale, mais seulement l'intégrale particulière dont il vient d'être
question. Donc quand X se réduit à un seul terme, il devrait retrouver l'équa-
tion (3) à la différence des notations près.
Soit donc
X = — Al cos Gi = — Y cos V,
c'est-à-dire
Al = Y, 2X1 = I.
Les formules de la page 280 donnent alors
y = a.-icos0i, Xx = , v^ = — Ba;r, i = — -i — -— cosaOï.
a -I- V- 2 ^ ■ 8 H- 4v2
Observons que d'après l'équation (8) si a et y sont très petits et (3 fini, x^ est
de l'ordre de y/y et par conséquent petit; donc x] et par conséquent <h sont
négligeables devant l'unité. On a donc
P = _X = Xi cos f et 'l'^Xi -ir :îxi — Ai — o
OU
- pa^v ■+- axi — Y = o.
C'est bien une équation de la forme (3); mais elle est incompatible avec
l'équation (3) puisque les coefficients sont différents.
La méthode de Gyldén est donc non seulement illégitime, mais encore en
contradiction avec l'un des rares résultats exacts qu'il avait obtenus anté-
rieurement.
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE DE CYLDÉN. 617
D'où provient celle divergence? Pour que la méthode d'approximation
fût légitime, il faudrait que les termes négligés fussent plus petits que les
termes conservés. Or il n'en est rien, il est aisé que constater que dans le
deuxième membre de (20) le terme ^ -f- -J- que l'on néglige est du même
ordre que le terme X que l'on conserve. El cela est vrai, bien entendu, que X
se réduise à un seul terme, ou en contienne plusieurs (cf. C. R. Acad. Se,
t. 138, p. 933)(').
XI. — Analyse du troisième Chapitre.
Enfin, dans le Chapitre III, Gyldén cherche à appliquer au problème des
trois corps les principes établis dans les deux premiers Chapitres; comme nous
avons vu que ces principes sont faux, il paraît superflu d'en discuter les applica-
tions. Un mot seulement sur la conclusion la plus importante. Les termes les
moins élevés de la fonction perturbatrice peuvent donner lieu au phénomène
connu sous le nom de libralion ; mais il n'en est pas de même des termes
d'ordre élevé; pour ceux-ci, en effet, les termes horistiques prennent une
influence prépondérante et s'opposent à la libralion.
La fausseté de cette conclusion est manifeste. J'ai établi, en effet, par des
démonstrations rigoureuses dans les Méthodes nouvelles :
i" Qu'à chaque terme de la fonction perturbatrice, quelque élevé qu'en soit
l'ordre, correspond un système de solutions périodiques de la deuxième ou de
la troisième sorte ; ces solutions sont développables suivant les puissances des
masses et les séries convergent pourvu que les masses soient assez petites
(Chap. III).
2" Que parmi ces solutions périodiques il j en a autant de stables que
d'instables; que les solutions très voisines d'une solution périodique stable
oscillent autour de cette solution périodique, ce qui donne lieu à la libralion,
que par conséquent un terme quelconque de la fonction perlurbatrice engen-
drera une libralion, à moins que les exposants caractéristiques correspondants
ne soient tous nuls (Chap. IV).
3" Que d'autre part on ne saurait prétendre que pour les termes d'ordre
suffisamment élevé, ces exposants sont nuls. Il suffit pour s'en convaincre de
(') Œuvres de Henri Poincaré, ce Tome, p. 583.
H. P. — VII. 78
6l8 SUR LA METHODE HORISTIQUE DE CYLDÉN.
former les expressions approchées des termes d'ordre élevé de la fonction per
inrbalrice par la méthode de Darboux (Chap. VI, en particulier n° 102).
La conclusion de Gyldén est donc fausse; où s'esl-il trompé? Je ne puis le
dire exactement; il s'appuie sur ce qu'un certain coefficient a est négatif pour
les termes élevés, page aija ; doù tire-t-il cette affirmation, il m'a été impos-
sible de le découvrir; il la déduit sans doute de quelque proposition antérieure
qu'il néglige de rappeler. Quelle est cette proposition, est-ce une de celles
dont nous avons reconnu plus haut la fausseté; est-ce une autre qui m'a
échappé et qui serait alors également fausse, puisqu'elle conduit à une
conclusion inexacte? Je ne puis le savoir.
En résumé, de tout ce grand effort, il ne reste rien.
Quelques-uns des résultats sont manifestement exacts, mais on aurait pu y
arriver par une voie beaucoup plus rapide ; un plus grand nombre sont mani-
festement faux ; la plupart sont énoncés d'une façon trop obscure pour qu'on
puisse décider s'ils sont vrais ou faux.
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE
OBSERVATIONS SUR L'ARTICLE DE M. BACKLUND
Bulletin astronomique, t, 21, p. 292-295 (août :yo4).
Je suis très reconnaissant à M. Baclilund d'avoir présenté (') les théories de-
Gyldén sous une forme claire et nette, qui en rend la discussion facile.
M. Backlund remarque d'abord que j'ai supposé Z=i, tandis qu'on a en
général Z =n: i — (3, |3 étant de l'ordre des masses. On peut néanmoins supposer
Z = I sans restreinte la généralité, car l'écpiation conserve la même forme ([uand
on pose
et à l'aide de cette transformation on peut toujours ramener le coefficient de z
à l'unité.
M. Backlund restreint le second membre aux termes critiques, c'est-à-dire
à ceux 011 les ^j — 2 o- -t- or^ sont très petils par rapport à |3. 11 ajoute en note, et
c'est là le point essentiel, que dans ces conditions les termes en G, — 2 Go,
2 Gi — G-2 ne sont pas critiques.
Il est clair qu'il ne peut y avoir là qu'un lapsus, car si
(i _ 2 5, + a? = ( I - a, )- - ( I - :i iS [i - 2 cTo -1- cri = ( I - j, r- - ( I - po-
sent très petits, il en sera de même de
[,,(,_,,)-(!- 'or—(i-[i)^
puisque, à cause de la petitesse de (3 et de ct, ces trois quantités sont sensible-
ment en progression arithmétique.
(') Bulletin astronomique, t. 21, l'jolt, p. 2'iç)-2y.>.
6ao SUR LA METHODE HORISTIQUE.
Je ne relèverai pas ce (jui chez M. Backlimd n'esL (lu'unc Inadvcrlanco, si ce
iiVUail là précisément l'erreur fondamentale de Gyldén. Il est impossible que
(i, et G2 soient critiques, sans tjue 2 G| — G.j le soil.
Du moment que les termes en a Gi — G^ sont criti(|ues, M. Backlund n'a pas
plus le droit de négliger ^-^z (:■- — ~H) (|iie Gyldén de négliger S3-T7 -y--
M. Backlund arrive ensuite à l'équation qui donne les coefficients x; si je la
rapproche de celle qu'à obtenue Gyldén à la page 228, j'y vois figurer un
termCyjSjH, où Gjldén écrivait ^|3;,H. C'est la formule de M. Backlund qui
est correcte, du moins dans le seul cas où la méthode est légitime.
Dans le cas général, les deux formules sont inexactes, et l'on peut s'en
rendre compte d'une façon élémentaire.
Additionnons les deux équations (3) de M. Backlund. Si nous supposons
A| = Ao, Il = 0-2.
d'où
0, = O.j, X, = /.o.
il vient (en supprimant les indices devenus inutiles)
G x--» H- 2x0= ^ ^•
Mais si
A, = A2, ■71 = 32,
les deux termes en G( et G^ se confondent en un seul; tout doit donc se passer
comme si l'on avait
Al = 2 A. Ao = o, xo = o, X| = 9-x,
d'où
xy-H X, 0, = - Tj
> |j
et enfin
S ■/.■ -h ■? xO = - -s ,
j |j
équation incompatible avec la précédente.
La méthode horistique n'est donc pas légitime dans le cas qui nous occupe.
Quelques mots uiaintcnaut sur les deux remarques ([ui terminentl'article de
M. Backlund.
Il est vrai que Gyldén a dans son premier Chapitre traité le cas des termes
dépendant des constantes d'intégration et d'un terme connu AiCosGi. Il l'a
SUR LA MÉTHODE HORISTIQUE. 62I
même fait par plusieurs inélliodes, mais, parmi ces méthodes, les unes sont
fausses, les autres ne se prêtent pas à la généralisation en question. Cela est
d'ailleurs sans intérêt, puisque nous venons de voir que la méthode est fausse,
même en laissant de côté les termes qui contiennent des constantes d'intégra-
tion.
En ce qui concerne l'application de la méthode horistique à la longitude, j'ai
reconnu qu'il n'y avait pas de coefficient horistique, même quand on tient
compte des termes du troisième ordre. C'est ce (jue j'exposerai dans un
Mémoire plus étendu ( '). L'erreur, dont M. Backlund veut généreusement s'attri-
buer toute la responsabilité, ne lui appartient donc pas. Il s'est conformé aux
principes généraux de la méthode; et s'est servi du mode de raisonnement
préconisé par Gyldén, et dont ce savant avait fait d'autres apjdicalions. Ce
mode de raisonnement consiste à remplacer certains coefficients périodiques
par leur valeur moyenne : c'est ce qu'a fait M. Backlund, c'est ce (ju'avait fait
Gyldén; si l'astronome russe s'est troin|)é, ce n'est pas qu'il eu a mal appliqué
les règles, c'est que ces règles ne valaient rien.
(') Œuvres de Henri Poincaré, te Tome, p. 58-;.
NOTES
Les nombres liguranl eiUio paienllièses renvoient aux Mémoires publiés dans ce
Volume, conforniémenl aux numéros qui leur sont aflTeclés dans la Table des
Matières.
Les did'ërents Mémoires ont été groupés pour la publication selon leur objet
principal. Plusieurs liaitanl de divers sujets, il n'a pas été possible d'adopter le
même giouperaenl dans ces iVotes, qui ont été réparties sous les litres suivants :
Résultats généraux ;
Masses fluides en rolulion:
Principes de Mécanique analytique ;
Séries ;
Solutions périodiques et asymptotiques ;
Intégrales uniformes ;
Invariants intégraux.
11 y a lieu pour chaque sujet de se référer à la rubrique correspoudante, quelle
que soit par ailleurs dans le présent Volume la place du Mémoire où il est traité.
Résultats généraux.
II. l'oincaré a reproduit une grande partie des travaux, recueillis ici, sur les
masses Jluides en rotation, dans ses Ouvrages : Figures d^équilibre d^une masse
fluide, Paris (1902), et Leçons sur les hypolhêses cosmogoniques, Paris (1911),
sans y introduire d'importantes modifications. F. Tisserand en fait état dans le
Tome II de son Traité de Mécanique céleste, Paris (1891). Portant sur un domaine
bien délimité, ils n'ont suscité qu'un nombre restreint de recheiches. On retrouvera
la plupart des références que nous indiquons plus loin, et des détails à leur sujet,
dans le célèbre Traité de H. Lamb, Hydrodynamics, 6' édition, Cambridge (1903)
et New-York (ig^o), dont la bibliographie très complète n'omet que les propres
publications de son auteur.
Des Mémoires de H. Poincaré relatifs au Problème des trois corps, l'essentiel se
trouve concentré dans (21), qui constitue l'ossature des Méthodes nouvelles. A
rencontre de ses autres travaux, dispersés dans des publications variées, celui-ci.
624 NOTES.
destiné au coucours ouvert par le roi de Suède, groupe des éludes exhaustives
sur des sujets inédits. F. Tissbran» a consacré à ce Mémoire le Chapitre XXVII du
Tome l\ de son Traité de Mécanique céleste, Paris (1896). L'Ouvrage de
C. ^ . CiiARLiER, Die Mechanik des llimmels, fait une large place aux résultats
obtenus par H. Poincaré. On trouvera dans Z>j'/i«/w/ca/^_)'i/e/n*, New-York ( 1927),
de G. Birkuoff; Treatise on t/ie Analytical Dynamics, 4° édition, Cambridge
(igSô), de l". T. Wiuttaker; The analytical Foundations of Celestial Mechanics,
Princeton (1941), de A. Wintner, l'exposé des travaux modernes relatifs au pro-
blème des trois corps, auquel ces auteurs ont apporté des contributions essentielles.
I.e dernier Ouvrage cité contient une intéressante bibliographie historique.
On sait que les méthodes imaginées par M. Poincaré pour la Mécanique céleste
n'ont pas jusqu'ici ser\i de base à de nouvelles études des mouvements des planètes.
C'est la difficulté que présente la comparaison de développements faits avec des
variables très dillerentes qui semble principalement s'ojiposer à l'abandon des
variables traditionnelles. 11 y a donc lieu de signaler particulièrement à l'attention
des calculateurs les Mémoires (24), (23), (27), (34), qui, postérieurs à la publication
des Métltodes nouvelles, n'ont pas été l'objet d'une large dillusion [quoique (24) soit
utilisé par Wiuttaker, loc. cit., § l'6~\. On y trouvera : d'une pail un procédé de
réduction du système dillerentiel au douzième ordre qui lui conserve la forme cano-
nique sans compliquei' l'expression de la fonction perturbatrice; d'autre part un
exposé svnlhétique de tous les procédés de résolution utilisés, permeltanl de choisir
celui qui se trouve le mieux adapté à chaque problème et de réaliser éventuellement
le passage de l'un à l'autre.
Masses fluides en rotation.
Figures annulaires. — On remarque, au début de (2), l'absence du terme
^icoscp dans l'équation polaire de la section méridienne de la figure. Ce n'est pas là
une traduction rigoureuse de la condition d'après laquelle le pôle est le centre de
gravité de la section. L'hypothèse, faite plus loin, que les termes en ^ sont négligés
devant les termes en— justifie cependant cette équation : le calcul montrerait en
ellét que (3i s'exprime par une somme de termes de la forme ),' {i, / > i ), lorsque
le pôle des coordonnées est au centre de gravité. Toutefois, il est probable que la
présente approximation ne puisse pas suffire pour l'étude éventuelle de la stabilité
de la figure annulaire.
L'expression du potentiel V qu'on trouve dans (2) y est donnée sans justification.
I^e détail des calculs figure dans (3) cl conduit à une valeur légèrement dilTérente
de l'expression primitive. 11 y a donc lieu de modifier dans (2) toutes les formules
qui suivent celles de l'expression du potentiel (jusqu'à ce que soit abordée l'étude
du problème suivant, relatif à l'équilibre de plusieurs anneaux), conformément aux
indications données dans le Mémoire rectificatif. En particulier, à la valeur donnée
r^ /8R 5^
dans (2) pour w-, il faut substituer l'expression 2 7î g^ log , .
NOTES. 625
L'élude lie la ligure annulaire qui esl faite au paragiaphe o de (6) n'est pas iden-
tique à celle que l'on trouve dans (2); mais on peut confronter les formules (5) et
suivantes données dans (6) avec la formule U = — log 1- . . . + U' figurant
2 To
dans (2); on constate qu'elles sont en léger désaccord, cette divergence ne pouvant
d'ailleurs afl'ecler les conclusions de (6) qui sont de nature qualitative.
On verra dans un Mémoire inséré au Tome \ III des < lEavres qu'en présence d'une
masse centrale et dans les conditions physiques qu'ollre l'anneau de Saluine, la
figure annulaire (qui n'est évidemment pas identique à celles qu'on a considérées
ici) est instable. Ce résultat est reproduit dans ( 13), avec le schéma d'un laisonne-
ment qui doit permettre de le retrouver, et qui s'appliquerait aussi aux figures
annulaires de M""' Kowalewski ; (il s'agit probablement des figures annulaires sans
masse centrale; M""' Kowalewski a considéré les deux cas). Far ailleurs, II. Poincaré
écrit à plusieurs reprises, dans ses Mémoires et ses Ouvrages, que les figures annu-
laires sont instables, sans nouvelle justification. Cette affirmation est sujette à
caution. L'instabilité se déduit en ellet de la considération de deux limites pour la
valeur relative de la densité de l'anneau par rapport à celle de la masse cenliale :
une limite inférieure, obtenue par Poincaré, qui n'est pas douteuse (et qui peut
même être améliorée); une limite supérieure, établie par J. C. Maxwell ( 0« the
Slobilily oj the Motion of Satura s Itings, Cambridge, iSSg) à l'aide de raisonne-
ments peu rigoureux ( ' ) et qui semblent supposer pour le fiuide des propriétés
d'ailleurs non précisées. On ne peut donc considérer comme certain que les figures
annulaires, avec ou sans masse centrale, soient instables dans toutes les conditions;
un nouvel examen en serait utile. L'étude des figures terminales d'une suite de
figures annulaires serait également souhaitable.
Figuies piiiforines. — V.n suivant une séiie d'ellipsoïdes de Jacobi jusqu'au
premier point de bifurcation, H. Poincaré avait d'abord cru [voir dans (6) la fin du
paragraphe 14] à la stabilité de la figure piriforme obtenue. Mais le principe de
l'échange des stabilités, qui avait conduit à ce résultat, n'était pas valable ici,
comme l'a montré K.. Schwarzschild (Inaug. Dissert., Munich, 1896). Reprenant
alors le problème, G. IL Darwim {P/iil. Trans., t. 198A, 1901, p. 3oi) calcule les
axes du jacobien critique pendant que Poincaré (12) établit les formules devant
permettre de décider de la stabilité, calculs qu'efTeclue Darwin (Pliil. Trans.,
t. 200 A, 1902, p. 301 ) et qui font croire à nouveau à la stabilité. Cependant, par
un procédé difiërenl, A. \AS.PO\ifiorv (Mémoires de P Académie de Saint-Pétersbourg,
t. 17, 1905, p. 3) concluait à l'instabilité. C'est à J. II. Jeans que révient le mérite
d'avoir tranché le débat : reprenant le calcul du moment d'inertie de la figure (/'/t//.
Trans., t. 213 A, igiS, p. 27'), il constata que Darwin avait négligé des termes de
Tordre de ceux qu'il avait conservés, reprit les développements, des plus laborieux.
(') En parlicuher, on déduit cette limite d'une certaine inégalité dont on néglige un terme
en vertu d'une inégalité antérieure; or cette dernière a été obtenue dans un problème tout
différent de celui de l'anneau fluide, et n'a a priori aucune raison d'élre maintenue ici.
H. Poincaré reproduit dans ses Hypothèses cosmogoniques (>' édit., p. 33-4*^) une partie de
l'analjse de Maxwell.
11. r. - \ii. 79
(]•>(> NOTES.
el retrouva le lésiillal obtenu par Liapounoll . ( ]^uir aussi .Ieans, Proh/enis uf Cosino-
^ony, Caniliridge, 1919, où les autres figures d'équilibre sont également étudiées,
ainsi que leur évolution).
La ligure pirifonne, instable, évolue par une scission, en deux masses distinctes
au moins. K. Cartan a démontré {Proc. Int. Math. Congr., Toronto, t. 2, 19241
p. 9) que la ligure devient séculairement el ordinairement instable en même temps.
Le phénomène a par suite l'allure du « cataclysme » qu'avait prévu Poincaré, el
il n'v a aucune raison pour que révolution conduise, comme on l'avait primitivement
pensé, à un svstème d'étoile douille à laible excentricité. Au contraire, on peut voir
que l'orbite relative est hyperbolique {cf. II. .1i,kfki:ys, Monlliler iS'otù es /{. A. .V.,
t. 101, 19^7, p. 3',9 et t. i08, 1948, p. 94).
Petit.'! mouKeinents des flinires d^équilibre. — Le procédé employé au para-
graphe 13 de (6), ([ui consiste à « solidilier » le lluide, à en considérer une défor-
mation homogène, el à chercher dans le petit volume balayé au cours de la défor-
mation une fonction harmonique satisfaisant à certaines conditions aux limites, a
reçu de nombreuses applications. Nous ne pouvons qu'en mentionner quelques-unes :
stabilité du sphéroïde de Mac Laurin (Bryan, Darwin); cylindie elliptique (Love);
ellipsoïde de lévolulion élastique (Vilerbi); fluide dans une sphère creuse élastique
(Love); couche mince sur un noyau sphérique (llough).
Résultats dners. — Les résultats relatifs à la limitation de lu vitesse de rotiilion
d'une masse fluide, (2), (6), (10), ont donné lieu à plusieurs extensions. II. Lasib
{llydrody munies, § 372) a montré (]ue la vilesse limite y'a t.o est valable (indépen-
damment de toute question de stabilité) que la masse rencontre l'axe de révolution
ou non. U. Cridi'Ij {Ac-ad. d. Lincei, t. 19, 1910, p. 666) a lamené cette limite
à y/Trp pour les volumes convexes. II. Lamb [Ioc. cit.) a le\é cette restriction de
convexité.
l'oincaré a démonlié d'une façon originale dans (8) et ( 10 j que la sphère est la seule
ligure d'équilibre stable absolu, propriété que Liapounoll' avail établie antérieure-
ment. L. LiciiïENSTEi.N {Berl. lier., 1918, p. iiîo) a prouvé que toute masse lluide
en rotation uniforme admet un plan de symétrie perpendiculaire à l'axe de rotation.
Il en résulte (ju'une masse fluide au repos est nécessairement sphérirpie (cf. T.
Carle.man, Math. Zeitschrifl , 1. 3, 1918, p. 1).
Dans (13), les résultats de la théorie sont étudiés au sujet de leurs ra[)ports avec
les données de l'observation. (]elles-ci ont subi i|uei(|Me é\(jlulloM depuis 1892 :
l'origine de la variation d'éclat des l'ioiles a été rolijet de lli('-ories satisfaisantes
pour toutes les classes de varialjles, sauf cependant les variables irrégulières.
L'interprétation de la vaiiabililé à l'aide des formes jacobiennes est donc périmée;
elle ne saurait en effet convenir aux variables irrégulières. Notons toutefois que la
courbe de lumière Ai', certaines vari(djlrs à ér/z/WM est alleplée parla non-sphéricitt'
accentuée qu'entraînent les forces de maiées pour les masses rapprochées ;
les observations pholométriques (Barnard, von Seeliger), photographiques
(Wood) ont définitivement confirmé la stiiictuie corjiusculaire îles anneaux de
NOTES. 627
Saturne, que la Mécanique céleste faisait prévoir. Il s'agirait de gouttes de glace
très dispersées;
pour raplatisseiiienl de la Terre, on admet depuis les travau.\ de Hayford (1909),
la valeur Les mesures çravimélriques modernes sont eu parfait accord avec ce
297
nombre, issu de mesures géodésiques. La divergence d'avec la valeur déduite par
Poincaré de la précession observée a ainsi disparu.
Principes de mécanique analytique.
Les résultats exposés dans (17) sont justifiés et développés dans le Chapitre XXIX
des Méthodes nome/les. Une restriction à la validité des équations obtenues pour
le mouvement relatif a été faite par A. Wintxer {Sachs. Sitzber., t. 82, 1980,
p. 345).
La condition nécessaire et suffisante pour qiCun changement de variables
conserve la forme hamiltonienne d'un système est que l'expression 'Lj'idxi — ly'idx'i
soit une dillerentielle totale. Cette propriété tient à ce que la relation dillerentielle
exprimée caractérise les transformations de contact, qu'un système hamiltonien
peut être considéré comme traduisant une transformation de conlact infinitésimale
{voir par exemple Wiiittaker, loc. cit., § 123), et que les transformations de contact
constituent un groupe. L'énoncé apparaît pour la première fois sous sa forme précise
en 1897, dans (23). Le caractère suffisant de la condition a été justifié et utilisé
bien antérieurement, par Poincaré lui-même et d'autres auteurs; il peut d'ailleurs
se déduire d'une méthode imaginée par Jacobi {C. R. Acad. Sc.,\.. 5, 1887, p. Gi)
en vue de la cunstilulion de divers changements de variables canoniques. La nécessité
d'une telle relation dillerentielle n'a élé démontrée que récemment, par J. Chazï
( C. R. Acud. Se. t. 225, 1947, p. io4i et t. 226, 1948, p. 19), pour des variables
dépendant ou non du temps.
L'exposé sur la Mécanique de Hertz (18) a trait à l'Ouvrage posthume Die
Prinzipien der Mechanik, Leipzig, 1894. Il s'agit dans cet Ouvrage d'un examen
d'ensemble des fondements de la Mécanique, première étude critique approfondie
qu'on ait faite sur le sujet. La considération de « masses cachées « n'a certes pas été
féconde, mais cet échec n'enlève rien à l'intérêt de l'Ouvrage; celte hypothèse n'en
est pas l'objet essentiel, à l'encontre de ce qu'on pourrait croire d'après (18). La
disparition prématurée de Hertz l'a empêché de parfaire ses raisonnements; on
note en particulier- la faiblesse, non de Vobjection de la boule, mais de son
exposé, fait par l'intermédiaire d'une définition des systèmes holonomes qui n'est
ni suffisante (le déplacement de la boule de A en B peut se faire par un mouvement
complexe, mais d'amplitude \/£, donc infiniment petit), ni nécessaire (on imagine
facilement des systèmes simples, à liaisons solides, dont certains déplacements
infiniment petits exigent un déplacement fini des éléments) pour que le principe de
moindre action soit applicable.
79.
6a8 NOTES.
Séries.
Les précédents \olunies des Œuvres contieniienl dillerenls Mémoires sur les
séries rencontrées en Mécanique céleste; en particulier, sur les séries trigonomé-
triques, voir le Tome IV.
Les travaux recueillis ici sur les séries de Lindstedt-Gyldén sont en général
antérieurs au Tome 11 des Méthodes nouvelles et se retrouvent, remaniés, dans
dilTérenls Cliapities de cet Ouvrage : les Chapitres XI pour (23), XVII pour (28),
IX pour ("29) et (30), XIII pour le paragraphe 21 de (21). De même, sur la vérifi-
cation des séries de la Mécanique céleste (31), voir le Chapitre XXIV du Tome III.
Les vigoureuses critiques [(35), (36), (37)] que H. Poincaré a émises en 1904
et 1900 oonlie la méthode horistiqiie de dyldén ne concernent que les Nouvelles
recherches .... (1892). Il s'était borné dans ses éludes antérieures, mention-
nées plus haut, à piéciser ou compléter certains points des théories de Gyldén.
Cependant, dès 1889, il avait acquis une certaine méfiance à leur égard : les astro-
nomes ayant été alertés [depuis (28), entre autres] au sujet de la divergence possible
de leurs séries, Gyldén s'est attaché à justifier la convergence de celles qu'il obtient
dans son .Mémoire du Tome IX des Acta Mathematira (1887); Poincaré, assuré
qu'elles divergeaient (en général) par la façon dont elles étaient obtenues, s'est
astreint, non sans mauvaise humeur, à l'examen détaillé de ce travail. On trouvera
dans les curieuses lettres qu'il adresse à Miltag-Leffler les 5 février, i et 3 mars 1889,
lettres publiées dans le Tome 38 des Acta Mathemaliia, le récit de ces pénibles
investigations.
L'idée que l'élimination des lermes séculaires ne peut conduire à des séries uni-
formément convergentes aura donc mis vingt années à s'imposer, non sans diffi-
cultés [voir (32), (33), entre autres]. Les séries divergentes effrayent les calculateurs ;
on s'est en général borné, depuis lors, :i utiliser celles qui avaient fait leurs
preuves, et que leurs auteurs (Newcomb, Lindstedt, (iyldén, Hill) n'avaient pas
hésité à introduire puisqu'ils ignoiaient celle divergence, \insi, la lumière ((ue
Poincaré a projetée sur ce terrain difficile en a paradoxalement retardé l'exploration;
ne s'y hasardent ])lus guèie que les chercheuis les moins avertis, sans succès évi-
demment.
L'équation de Gyldén-Lindsledt [étudiée dans (28) et dans le Chapitre XVII des
Méthodes nouvelles; voir aussi Tisserand, loc. cit., t. III, Chap. I] est bien connue
en Phvsique mathématique sous le nom Adéquation de Mathieu ou du cylindre
elliptique. Renvoyons à N. W. Mac Lachlan, Theory of Mathieu functions.
Oxford, 1947, et au Chapitre XIX de Modem Analysis de Wiiittaker et Watson.
Le Théorème II du deuxième paragraphe de (21), {voir aussi Méthodes nou-
velles, t. I, Chap. Il), est devenu classique dans l'étude des systèmes difi'érentiels
avec paramètre, qu'il permaJt d'ed'ectuer :i partir du plus simple d'entre eux.
Dinférentes démonstrations nouvelles et extensions en ont été données. Voir notam-
ment E. Picard, C. li. Arad. Se, t. 118, 189'), p. 760, et Traité d'' Analyse, t. 2,
Chap. XI; et aussi K. Popoff, Mémorial de IWrtillerie française, 1925. M. Mendi':s
(Annal. Obs. Besançon, t. 2, 1986, p. 69) envisage le cas où le paramètre est une
fonction donnée du temps. Le théorème a permis de valider des procédés de calcul
NOTES. 629
nonjusliliés par leurs auteurs, rôle analogue à celui des travaux de Cauchy à l'égard
des développements en série de ses prédécesseurs; voir par exemple H. Bateman,
Partial diflerentialequations . . . , New-York, i944i P- 497» *u sujetd'une équation de
l'aocoustique dont la résolution par Helmhoitz a été ainsi légitimée par C. Srhaefer.
Solutions périodiques et asymptotiques.
C'est en 1878 que paraît le célèbre Mémoire où Hill considère pour la première
fois une solution périodique du Problème des trois corps. Mais il s'agit d'un cas
très particulier (système Terre-Lune), et l'on doit considérer que c'est en i883,
dans (19), que la théorie en prend naissance. Leur existence est établie dans (20),
leur étude faite dans (21) où est introduite la notion d'exposant caractéristique.
Ces travaux sont développés dans le Tome I des Méthodes nouvelles.
Les compléments théoriques aux recherches de Poincaré ont été apportés essen-
tiellement par A. LiAPOUNOFF, dont le Mémoire, datant de 1892, a été traduit en
français par E. Daval'x en 1907 [Annales de la Faculté des Sciences de Toulouse,
(2), t. 9, p. 203-4(59] ; J. H A DAMA RD ( /. Mat II., t. 3, 1897, p. 33i); E. Picard ( Traité
d^ Analyse, vol. 3); et par Poincaré lui-même {voir le Tome VIII de ses Œuvres
au sujet du Théorème de Poincaré- Birliho(f').
C. Charmer, loc. cit., a discuté les orbites périodiques dans les cas les plus acces-
sibles. J. Chazy (Bull, astron., t. l'i', 19491 P- i53), a mis en évidence les pro-
priétés de symétrie présentées par les solutions périodiques de la première sorte.
Whittaker a formé un critère applicable à la découverte de solutions périodiques
du problème restreint (Monthly Notices, t. 62, 1902, p. 186 et 346).
Les solutions asymptotiques ont été étudiées par D. Bichanan ( Trans. of the
Canibr. Phil. Soc, t. 22, p. 3o9) pour les mouvements de Lagrange (triangle
équilatéral ), par L. A. Warrbn {Am.J. of Math., t. 37, 1916, p. 221) pour les
points de libration colinéaires. K. Popoff {Bull, astron., t. 9, 1934, p. 177) a
examiné le cas du problème restreint. Le principe dynamique de prolongement
que Strômgren avait utilisé pour ses recherches numériques {voir plus bas) a été
justifié par A. Wintner {Math. Zeitschri/t, l. Si, i93i, p. 32i et Bull, astron.,
t. 9, 1936, p. aSi).
Les orbites périodiques de deuxième espèce [paragraphe 23 de (21);
Chapitre XXXII des Méthodes nouvelles] ont été construites par Poincaré à partir
d'orbites à chocs, relatives au mouvement de trois corps dont deux sont de masse
nulle. Une sphère d'activité limitant l'intluence relative des deux satellites joue un
rôle discutable dans le raisonnement. P. Sémirot {Chocs et solutions périodiques
dans le problème des trois corps, Thèses, Paris, 1943 ) a montré sur un exemple
simple auquel le procédé de Poincaré aurait dû s'appliquer (attraction par deux
centres fixes) qu'on n'y pouvait déduiie de solutions périodiques dérivant de celle
qu'on obtient lorsqu'une des masses attractives est nulle. L'existence des solutions
périodiques de deuxième espèce du problème des trois corps n'est pas impossible,
mais ne doit pas être considérée comme établie par l'analyse qu'en a faite Poincaré.
Les orbites périodiques et asymptotiques auxquelles conduisent la théorie de la
63o NOTES.
relalivilé généralisée oui été étudiées par \'. IIac.iiiara [Jap. Joiir/i. of As/, and
Geoph., t. 8, u)3i, p. fij); Wiuttakkii {/oc. cit., S 170) en cite quelques résultats.
Les travaux de G. BiiikhofI'' (foc. cit.; voir aussi Bull. Soc. Mailt. France,
vol. 'kO, iç)i-!; Trans. Amer. Math. Soc, vol. 18, 1917) ont généralisé les
recherches de Poincaré pour des systÙTues dynamiques plus généraux, et principa-
lement pour les .'syxtème.'! de PfafJ. Los exposants caractéiistiques [§ 10 de (21 )] en
pailiculier, ou mulliplicaleurs hatnilloniens, se présentent comme un cas particulier
des multiplicateurs pfall'ietis {loc. cit., p. 89). Mais l'œuvre puissante de
G. Birkhoir n'a pas encore fourni d'apport sensible à la Mécanique céleste pi'O-
prement dite.
Différentes études numériques ont été faites dans le cas du problème restreint.
Citons celles qui sont contemporaines des travaux de Poincaré, dues à C. Burrau
(Astr. Marhr., t. 13o, 1894, p. 9.33; voir aussi T. Thiei.e, Astr. ISachr., t. 138,
189Ô, p. i);et à G. Darwi.n [Arta math., t. 21, 1897). Parmi les autres, nous
mentionnerons les plus importantes : un ensemble de recherches faites par
F. H. Mot'LTON et ses collaborateurs {Periodic Orbits, publication n" 161 de
l'Institut Carnegie, Washington, 1920) a permis de mettre en évidence les trajec-
toires de nature spéciale qui séparent les dillérenles classes de solutions pério-
diques; dans un cas particulier du problème restreint (mo^/Wi), un examen
complet des orbites périodiques et asymptotiques a été réalisé de 192'! à i933 par
E. Strô.mc.ren et ses collaborateurs (à ce sujet, voir dans Bull, astron., t. 9, igSS,
p. 87, un exposé de ces travaux et leurs références bibliographiques).
Intégrales uniformes.
La non-existence de nouvelles intégrales analytiques uniformes du problème
restreint des trois corps est établie au paragraphe 22 de (21). L'extension de la
propriété au problème général est faite dans les Méthodes nouvelles (t. I, § 8.'j).
Il est à noter que le théorème de Bruns (1887) sur la non-existence de nouvelles
intégrales algébriques, théorème dont Poincaré a complété la démonstration en 1896
dans (26), était au contraire relatif au problème général; sa validité pour le
problème restreint n'a été reconnue que beaucoup plus tard, par C. L. Siegel,
{Trans. Amer. Math. .Sor., t. 39, igSô, p. 22.5). P. PAi.M.EVf: a étendu la propo-
sition de Poincaré en montrant (C. /?. A<ad. Se, l. 130, 1900, p. 1O99) l"'' suffisait
d'imposer la condition de légulariié par rappoit aux vitesses pour entraîner la non-
existence des intégrales analytiques.
Le domaine d'application du théorème est bien plus réduit que ne pourrait le
faire supposer l'énoncé qu'on en donne habituellement. La démonstration repose
en elTet sur la considération d'un système d'équations dont les seconds membres
sont périodiques par rapport aux variables angulaires. ^^i variables sont fonctions
des éléments osculateurs des mouvements relatifs, lesquels, pour qu'il y ait péiio-
dicité, doivent être essentiellement supposés elliptiques. Or il n'y a en général
aucun moyen de savoir si un mouvement possédant initialement celte propiiété la
conserve indéfiniment. Dans l'espace à douze dimensions des coordonnées et des
vitesses, il n'y a aucun volume en tous les points duquel le théorème puisse
NOTES. 63l
s'appliquer. 'I\ Lévi-Civita l'a noté pour le problème restreiut (Actti inatli., l. 30,
1906, p. 327). J. CiiAZY a mis en évidence un grand nombre de familles d'intégrales
analytiques du problème général des trois corps {Bull, astron., l. 8, 1988, p. l\oZ),
et a fait ressortir la diftërence qu'odre à ce sujet le théorème de Poincaré et celui
de Bruns.
Invariants intégraux.
La notion d'invariant intégral apparaît dans le Chapitre II de (21) en même
temps que sa théorie. On sait que J. Lioivili.e {J . Mtilh., t. 3, i838, p. 3/18) puis
L. BoLTZMANN {Journal de Crelle, t. 73, 1871, p. lu) avaient utilisé pour des
problèmes d'hydrocinétique une intégrale multiple qui n'est autre que le plus
simple des invariants de Poincaré, l'invariant intégral de volume. Bien que ce soit
celui dont l'usage est le plus courant, le champ de ses applications ne sest cons-
titué qu'après que Poincaré Feiît redécouvert (21) en le généralisant.
La théorie des invariants intégraux, que Poincaré lui-même a approfondie dans
le Tome III des Méthodes nouvelles, est aujourd'hui classique. Cilons en deux
Traités (leurs auteurs lui ont apporté par ailleurs une contribution essentielle au
cours de nombreuses recherches): E. Cautan, Leçons sur les rnvuri/ints intégraux,
Paris, 1922; Tu. du Do.nder, Théorie des invariants intégraux-, Paris, 1927. Nous
nous bornerons ici à mentionner une propriété qui peut jouer dans l'étude quanti-
tative des systèmes d'équations diflerentielles un rôle pratique qu'elle ne semble
pas avoir tenu jusqu'ici : E. Goursat a montré (/. Math., 6" séiie, t. \, 1908,
p. 33i) que la connaissance d'un invariant intégral permet d'extraire d'un système
donné un système d'équations plus simple dont toutes les intégrales appartiennent
au système initial.
La première conséquence que Poincaré déduit de sa théorie est exprimée par le
théorème I [§ 8 de (21)] ou théorème de récurrence. Les trajectoires qui y sont
appelées exceptionnelles, et qui forment un ensemble de mesure nulle dans la
région de l'espace à 2rt dimensions oii le théorème s'applique, ne peuvent remplir
aucun continuum fini et fermé quel que soit le nombre de ses dimensions (J. Llïvï,
Les approches dans le problème des trois corps, Thèses, Paris, 1943). Le théorème
de récurrence est à l'origine des recherches (|ui ont conduit G. Biiîkhoff, an
théorème ergodique, dont l'exposé définitif a paru en 1982 {Bull. Amer. Math.
Soc, t. 38, p. 36i). Le théorème ergodique ayant été rattaché directement à la
théorie des ensembles à partir de la notion de mesure de Lebesgue, il n'y a lieu
ici que de le mentionner. Son utilisation pour l'étude des systèmes dillérentiels est
subordonné à l'existence d'une propriété de transitivité dont il est dans le cas
général extrêmement difficile de s'assurer. Une application en a été faite à divers
systèmes de Mécanique céleste, à trois degrés de liberté, pouvant se ramener au
mouvement d'une masse dans un champ de forces de révolution, par II. Fabre
{Bul. astron., t. 10, 1987, p. 297, et t. 11, 1988, p. 17).
L'emploi des invariants intégraux avait conduit Poincaré à des résultats positifs
principalement en ce qui concerne les solutions du problème restreint; il leur avait
reconnu la stabilité à la Poisson. Le problème général des trois corps a lui aussi
bénéficié de cette théorie, dans les travaux de J. Chazv : l'ensemble des trajectoires
632 NOTES.
issues des points iruii cerlain volume de l'espace a douze dimensions des coordon-
nées el des vitesses présente la stabilité à la Poisson; toutes les auties trajectoires
possèdent la propriété de réversibilité , c'est-à-dire que le -mouvement relatif de
deux quelconques des corps est de la même naluro (elliptique, parabolique ou
hyperbolique) pour les valeurs du temps inlînimenl grandes positives et négatives
(7. Mi/th., g" série, t. 8, 1929, p. 353; Bull, nstron., l. 8, igS'i, p. 408). Ces pro-
priétés, jointes h l'élude des points singuliers du système, ont permis à J. Cliazy
{voir les références dans la bibliographie donnée par Wintner, loc. cit.) une classi-
fication el une localisation lelalive de toutes les trajectoires possibles dans le pro-
blème des trois corps. Cette analyse n'a pas d'équivalent parmi celles qu'on a pu
faire au sujet d'autres systèmes dillérentiels d'ordre élevé; elle doit être considérée
comme le développement des résultats el des méthodes du Mémoire (21).
Dirterentes branches de la Physique mathémati(]ue, notamment la Mécanique
statistique, la Théorie cinétique des gaz, la Mécanique atomique, l'Hydrodynamique,
l'Electromagnélisme, font appel aux propriétés des invariants intégraux. La Méca-
nique analytique, grâce à eux, a été dotée par A. LiCHNÉROyvicz {C. R. Acad. Se,
t. 'i\~l, 19^3, p. 660) du principe suivant : quelles que soient les forces mises en
jeu. Vinté'J^rnle qui s^ écrit, avec les notations habituelles.
.//■
2 dpi dq, - ^H dt + IQ, dqi dt.
étendue à la surface balayée au cours d'un déplacement arbitraire des états le long
de leurs trajectoires respectives, est nulle. Ce principe pourra dans l'avenir jouer
un rôle fondamental, comparable à celui qu'a tenu jusqu'ici le principe de moindre
action.
Jacques Lévy.
TABLE DES MATIERES
DU TOME VII.
MÉCANIQUE ANALYTIQUE ET MÉCANIQUE CÉLESTE.
l'agcs.
AVANT-PBOPOS.
Analyse de ses travaux scientiliques, par Henri Poincaré {Acta Malh., t. :Î8, 1921,
p. 104-114) I
Masses fluides en lotalion.
t. Sur rt-(|uilibre d'une masse lluide animée d'un niouxement de rolalinn 1, C. H ■
Acad. Se, l. 100, iS85, p. 346-348) i4
•2. Sur l'équilibre d'une masse lluide animée d'un mouvenienl de rotation (Bull.
astron., t. 2, 1885, p. 109-118) 17
o. Sur l'équilibre d'une masse fluide animée d'un mouvenienl de rotation {Bull.
astron., t. 2, l885, p. 4o5-4i3) 26
i. Sur l'équilibre d'une masse lluide animée d'un mouvement de rotation (C. K.
Acad. Se, t. 100, 188"), p. 1068-1070) 34
5. Sur l'équilibre d'une masse fluide animée d'un niou\ement de rotation {C. B-
Acad. Se, t. 101, i885, p. 307-809) 37
(i. Sur l'équilibre d'une masse fluide animée d'un mouvement de rotation [Acta
Math., t. 7, i885, p. 259-380 ") ^o
7. Sur l'équilibre d'une masse fluide en rotation (C. B. Acad. Se, t. 102, 1886,
p. 970-972) i4t
iS. Sur un théorème de M. Liapounoll', relatif à l'équilibre d'une niasse fluide
(C. B. Acad. Se, t. 104, 1887, p. 622-625) i43
'J. Sur l'équilibre d'une masse hétérogène en rotation {C. R. Acad. Se, t. 106,
1888, p. 1571 -1074) 147
10. Sur l'équilibre d'un fluide en rotation {Bull, astron.. l. 10, 1899, p. 161-169). • ■ "
11. Sur la stabilité de l'équilibre des figures piriformes afl'eclées par une masse
lluide en rotation (Proc. Boy. Soc. London, vol. 69, 1901. p. i i8-i',9) 1J9
l"2. Sur la stabilité de l'équilibre des figures piriformes afteclées par une masse
fluide en rotation {Phil. Trans., A, t. 198, 1901, p. 333-i73) 161
13. Les formes d'éi|uilibre d'une masse fluide en rotation {Bévue générale des
Sciences, t. :i, 1892, p. 809-815) 2o3
Principes de Mécanique analytique.
li. Sur une l'orme nouvelle des équations de la .Mécanique {C. B. Acad. Se,
t. 132, 1901, p. 369-371) 218
IS. Sur une généralisation delà méthode de Jacobi(C B. Acad. Se. t. 149, 1905,
I). I io5-i 108 > 220
634 TABLE DES MATIERES,
Prtges.
Itl. Sur les solutions périodiques cl le |)rinci|io de inoindie aclioii (C. R. Acad.
Se, t. 1-23, 1896, p. 9i5-i)i8) a-î t
17. Les solutions périodiques et le ])rincipe de moindre action (C. H- Acad. Se,
t. 151. 1897, p. 713-71G) ■-'-■'■7
IS. Les idées de Hertz sur la Mécanique {ftei'ue générale des Sciences, l. 8,
««97. !'• 7^1-740 ■ ■«^'
Problème des trois corps.
m. Sur ceitaines M)lulii)ns particulières du problème des trois corps (C. Ft. Acad.
Se, t. 117, i88j, p. 251-2")?.) 25i
-20. Sur certaines solulions particulières du problème des trois corps {Bull, astron.,
t. 1, 1884, p. (i'l-74 ) ■'■33
:2I . Sur le problème des trois corps et les équations de la Dynamique (Mémoire
couronné du Prix de S. M. le roi Oscar II de Suède), {Acta Math., t. 13,
1890, p. 1-270) 26a
-2i'. Sur le problème des trois corps (Bull, astron., t. 8, 1891, p. 12-24) 48o
■23. Sur- l'application de la méthode de M. Lindstedt au problème des trois corps
{C. H. Acad. Se, t. 114, 1892, p. i3o5-i3o9) 49'
21. Sur une forme nouvelle des équations du problème des trois corps (C. R. Aca/l.
Se, t. 1-23, 1890, p. io3i-io35) i9G
•2j. Sur une forme nouvelle des équations du problème des trois corps {Bull, astron.,
I. I i. 1897, p. 53-G7 et Acta Math., t. 21, 1897, p. 8'J-97) &00
■2(j. Sur la métliode de Bruns (C. R. Acad. Se, t. 123, 1896, p. 1224-1228) 5i2
27. Sur l'intégration des équations du problème des trois corps {Bull, astron.,
t. I î. 1897, p. 2'il-270) i)I7
Séries de la Mécanique céleste.
28. Sur une équation diirérentielle (C R. Acad. Se, t. 98, 1884, p. 793-793) 543
29. Sur une méthode de M. Lindstedt {Bull, astron., t. 3, 1886, p. 57-61) 546
30. Sur les séries de M. Lindstedt {C. R. Acad. Se, t. 108, 1889, p. 21-24) 55i
31 . Sur un procédé de vérification, applicable au calcul des séries de la Mécanique
céleste [C. R. Acad. Se, t. 120, 1895, p. 67-59) 555
32. Sur la divergence des séries de la Mécanique céleste {C..R. Acad. Se, t. 122,
1896, p. 497-499 ) ■'^**
33. Sur la divergence des séries trigonométriques (C. R. Acad. Se, t. 122, 1896,
|). 557-559) 56i
3i. Sur la façon de grouper les termes des séries trigonométriques qu'on rencontre
en Mécani^pu; céleste {Bull, astr., t. 1.5, 1898, p. 289-310) 564
33. Sur la méthode horistique de Gyidén (C. R. .icad. Se, t. 138, 1904, p. 933-936). 583
36. Sur la méthode horistique de Gyidén {Acta Math., t. 29, 1905, p. 23-5-27I) 587
37. Sur la méthode horistique : Observations sur un Article de M. Back\und {Bull.
astron., t. 21, 1904, p. 292-295) (J19
iNoTES 624
TaBI.K DKS MATIKHKS 633
PARIS — IMPRIMERIE GAUTIIIEK-VILLARS.
138265-51 Quai des Grantls-Augustins, 55.
|ii;|iùt It'i^iil, [mpriiiicur, njji, ii° '1 1 1
[•épôl légal, l'^iliteur, igôi, n" 393
ACHEVÉ D'nil'RlMER, LK ij DKI'.EMBBE I|l5l